Kikyo se dirigeait vers l’est. Pendant la journée dans un village où on lui avait conseillée de se diriger vers l’est.
-Aryel ? avait dit le chef du village. J’ai déjà entendu parler d’elle. Il paraît qu’elle vivait dans l’est.
-Vivait ? avait dit Kikyo étonnée.
-Oui, il y a 194 ans maintenant qu’elle est morte. Elle avait une apparence humaine, mais nous sommes sûr qu’elle était un taiyôkai…
-Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? demanda Kikyo.
-Ca faisait des siècles qu’elle parcourait le Japon sans vieillir…
-Aryel serait donc un taiyôkai… pensa Kikyo. Mais, non, c’est impossible je l’aurais senti… En plus ça voudrait dire que, du temps de mon vivant, j’avais du sang de taiyôkai en moi…
Elle faillit trébucher, mais elle se rattrapa à une branche.
-Je me demande ce que je trouverais, murmura-elle à elle-même.
Le soleil se leva quand la miko arriva en haut d’une haute colline. Devant elle, à perte de vue, s’étendait une forêt noire. Tout était silencieux. On n’entendait rien. Aucun oiseau ne chantait et aucun insecte ne volait ou rampait.
-Cet endroit est vraiment maléfique ! Je me demande quels genres de monstres habitent ici ! pensa la miko.
Elle descendit de la colline et arriva à la lisière de la forêt. En s’approchant, elle remarqua que tout semblait mort. Les feuilles étaient noires, les troncs et les branches gris foncé et le sol gris clair. Elle s’arrêta.
-Je me demande s’il serait plus prudent de contourner la forêt…mais ça me ferait perdre trop de temps…, pensa-t-elle.
Elle entra dans la forêt et fit quelques pas et s’arrêta à nouveau. Comme rien ne se produisait, elle continua lentement à marcher à travers l’inquiétante forêt.
Après deux heures de marche, la miko regarda autour d’elle. Tous les arbres se ressemblaient, elle n’avait aucun repère. Elle n’avait aperçu aucun point d’eau et, à part les arbres, n’avait vu aucune plante.
-Il n’y a aucun point d’eau et aucune nourriture, aucun être vivant ne peut subsister conclut-elle. Je n’ai donc rien à craindre, à part manquer d’âmes…Hm ?
Elle entendit quelqu’un s’approcher. Rapidement, elle se cacha derrière un arbre et attendit…
Ube créature en os s’approcha. Elle avait en guis de main et de pieds trois longues griffes acérées. Les jambes, les bras et le tronc ressemblaient à ceux des humains, la seule exception était la colonne vertébrale, tellement courbée vers l’avant que la créature était obligée de marcher à quatre pattes. Le crâne était imposant et ressemblait, à s’y méprendre, à celui des reptiles. L’orbite droite était fendue d’une longue cicatrice. La dentition chaotique, ressemblait à celle des requins.
Kikyo fut parcouru de frissons.
-Mais qu’est-ce que cette chose ? pensa-t-elle. Une chose est sûre ce n’est pas un yôkai…et encore moins un hanyô.
La créature s’arrêta à quelques centimètres de l’arbre derrière lequel ce cachait la miko. Elle put sentir l’haleine fétide de l’immonde créature. La créature resta là quelques temps et observa les alentours, puis elle pivote sur elle-même et partit.
-Il faut que je sache d’où vient cette chose ! pensa Kikyo en suivant discrètement la créature.
La créature arriva dans une clairière où se trouvaient quelques unes de ses semblables. Elles étaient toutes identiques. On aurait dit des clones. D’autres créatures beaucoup plus immondes se tenaient à leurs côtés. Elles avaient le tient rose pâle, faisaient au moins quatre mètres de haut et presque autant de large. Elles avaient une petite tête avec des yeux minuscules et leur bouche semblait inexistante. Deux gros bras pendouillaient de chaque côté. Sur l’épaule droite, se dressait un autre bras, minuscule, la main tenant un petit hachoir. Elles étaient seulement vêtues d’un T-shirt déchiré de toutes parts. Les jambes trapues des créatures se terminaient par des pieds d’éléphant. Tous semblaient cousus ensemble. Mais le plus horrible était leur ventre, ouvert, et dont la peau et les organes pendaient lamentablement. A l’intérieur se trouvait une bouche énorme, les dents jaunes acérées et démesurées.
La plus grande des créatures parla, les paroles venant de la bouche ventrale :
-Nous devoir aller lisière forêt. Nous tuer elfes.
-Fooort ! répondit la créature squelettique que la miko avait suivie.
Les créatures s’en allèrent, la miko à leur suite.
-Au moins comme ça, je suis sûre de ne pas tourner en rond, pensa-t-elle.
Les créatures marchèrent pendant deux jours sans s’arrêter. Kikyo avait de plus en plus de mal à les suivre, car les Shinidamashus ne lui apportaient plus aucune âme.
A l’aube du troisième jour, les créatures arrivèrent dans une gigantesque prairie. Au loin on apercevait une forêt verdoyante. Au milieu de la prairie, le sol passait sans transition du gris clair au beau ver vif de l’herbe tendre.
-Etrange, comment est-ce possible d’avoir un si brusque changement de terrain pensa Kikyo.
Elle était restée dans les sous-bois, mais elle entendit des branches craquer un peu partout autour d’elle. La miko n’avait pas trop le choix, elle grimpa à l’arbre à côté d’elle. Elle s’écorcha les mains et les branches basses lui égratignèrent le visage. Arrivée à deux mètres du sol, elle se coucha sur une branche et resta immobile.
Une grande armée passa à côté d’elle, dont la plupart des créatures semblables à celles qu’elle avait suivies. Parmi eux, Kikyo remarqua quelques nécromanciens, personne invoquant des squelettes et lançant des sortilèges.
Les têtes des nécromanciens étaient protégés par des crânes d’ours, de loups ou de jeunes dragons. Ils avaient quatre choses en commun, leurs longues robes mauves déchirées en bas, leurs yeux totalement jaunes, leurs teints verdâtres et leur long bâton surmonté d’un crâne humain.
L’armée était dirigée par une seule personne, un homme montant un cheval-squelette ayant deux longues cornes, légèrement incurvées, de trois mètres. L’homme avait un teint gris et des cheveux, lui arrivant jusqu’aux omoplates, gris clair, presque blanc. Pourtant l’homme devait avoir dans les 20 ans. Ses yeux étaient noirs et froids comme de la glace. Il portait à sa hanche gauche, une grande et longue épée d’un gris sale, dont la lame était tâchée de sang. L’homme portait une cape noire et ses vêtements étaient tellement foncés qu’ils semblaient noirs, mais par endroit, on voyait du mauve.
Personne dans l’armée ne semblait porter d’armure, pourtant la miko s’avait q’il allait y avoir une bataille. Quand l’armée s’arrêta près des créatures que la miko avait suivies, l’homme, sans descendre de son cheval, dit d’une voix forte et profonde :
-Préparez-vous soldats ! Nous devons exterminer ces maudits elfes ! Les morts-vivants ne perdront pas !
La miko tressaillit. Elle avait déjà entendu parler de ce genre de créatures, mais elle n’avait jamais cru à leur existence.
-Ils existent donc vraiment… Et je suis arrivée sur leur territoire. Je comprend pourquoi tout était mort… Mais à quoi bon les craindre ? D’une certaine manière, moi aussi je suis un mort-vivant, pensa la miko. Et des elfes ? Ca aussi, ça existe ? Moi qui ne croyait jamais à ce genre de légendes…
-Ils arrivent, maaaître annonça une des créatures en os.
En effet, au loin on pouvait voir une armée s’approcher. L’armée arriva rapidement. L’homme, brandissant son épée, ordonna :
-Aàà l’attaque !
Les deux armées se rapprochèrent sans cesse l’une de l’autre. Et quand elles furent à quelques centimètres l’une de l’autre, tous crièrent un cri de guerre :
-Aaaaaah !
Les nécromanciens brandissaient leurs bâtons, les créatures en os lacéraient leurs ennemis avec leurs griffes, les créatures géantes attrapaient leurs ennemis, puis les portaient à leurs bouches ventrales et l’homme fendait et découpait ses ennemis avec son épée.
Kikyo put enfin voir à quoi ressemblaient les elfes. Les elfes avaient de longues oreilles pointues et portaient tous des vêtements essentiellement bleus. Ils avaient une peau bleu mauve et des cheveux noirs. L’armée était principalement constituée d’archers et d’elfes montés sur des panthères noires. Les archers visaient et tiraient d’une façon impressionnante, ils ne rataient aucune de leurs cibles et pouvaient en une minute tirer une cinquantaine de flèches. Les arcs étaient plus petits que ceux que la miko connaissait, mais ils étaient plus longs que l’arc de Kagome. Ils étaient recourbés et semblaient faits de bois d’if.
La miko remarqua alors que les archers étaient en fait des femmes elfes. A cause des casques et de l’armure, elle n’avait pu s’en rendre compte. Les elfes qui montaient les panthères également du sexe féminin. Comme armes elles avaient une sorte de petits boomerangs à trois côtés acérés. Les panthères mesuraient deux mètres de haut et avaient des yeux rouges. L’armée semblait être dirigée par deux personnes. Une elfe montant un tigre blanc et un elfe, le seul du sexe masculin, montant un cerf aux poils longs. Les deux bêtes faisaient également deux mètres de haut. La femme elfe tenait une arbalète marron et portait un chapeau bleu aussi long que ses oreilles. L’homme elfe avait deux cornes de cerf à la place des oreilles et avait une longue barbe vert clair et il était le seul à avoir des cheveux vert clair. Deux marques jaunâtres lui zébraient les joues. Son bâton aussi brun que la terre était légèrement tordu.
Les deux armées semblaient de force égale. Malgré les nombreux coups que recevaient les morts-vivants, ils résistaient.
Quand enfin, il ne resta plus que l’homme, deux créatures en os, un elfe montant une panthère et les deux chefs de l’armée elfique, ils arrêtèrent de se battre.
-Vous avez peut-être gagné cette bataille, mais pas la guerre dit l’homme en colère en s’enfuyant dans la forêt noire sur son cheval accompagné des créatures.
-Rentrons Shaina ! ordonna la femme elfe à l’adresse de l’elfe qui montait une panthère.
-Bien maîtresse !
-Attends mon amour… dit l’homme elfe en fixant l’arbre où se trouvait Kikyo.
Il brandit son bâton. Une lumière verte en jaillit et entoura l’arbre mort. Le tronc et les branches devinrent bruns et les feuilles vertes.
-Que…dit Kikyo en sentant l’arbre bouger.
Les racines sortirent de terre et devinrent deux pieds. Les branches s’assemblèrent, attrapant la miko au passage, et formèrent deux bras. Kikyo, prisonnière d’une des mains de l’arbre vivant, essaya de se libérer, mais en vain.
L’arbre s’approcha de l’elfe aux cornes et s’arrêta devant lui.
-Qui es-tu humaine ? Et que fais-tu ici ? demanda-t-il.
Kikyo se sentait au bord de l’étouffement tellement les doigts de l’arbre l’enserraient.
-Je…m’appelle Kikyo…et…je suis à la recherche…d’informations sur…quelqu’un du nom…d’Aryel.
-Aryel, dis-tu ? dit la femme elfe.
-Ou…oui ! J’aimerais savoir…qui elle est vraiment…
-Mon amour ! Amenons-là jusqu’à notre frontière de l’est !,dit la femme elfe à l’adresse de l’homme elfe.
-Très bien, mais elle devra avoir les yeux bandés et ses armes lui seront confisquées… Non, nous allons faire plus simple.
L’arbre serra la miko encore plus fort et Kikyo sentit son arc et son carquois se briser.
-Ca va être mon tour ! pensa Kikyo. Mon corps de terre et d’os ne résistera p…
Elle ne put finir sa phrase, car elle sentit tout son corps craquer…
Dans un chariot se trouvait le corps de la miko.
-Nous serons bientôt arrivés à la frontière maîtresse ! annonça Shaina.
La femme elfe acquiesça et continua d’observer la jeune femme.
-Elle lui ressemble tellement mon amour ! dit tristement la femme elfe.
-Je sais, mais ce n’est pas elle. Elle ne dégage pas la même puissance…et ce corps…cette femme n’est pas humaine assura l’homme elfe. Et ces créatures blanches qui n’arrêtent pas d’aller et venir avec des âmes qui pénètrent dans son corps.
-Je me demande si un jour nous reverrons Aryel… dit rêveusement la femme elfe.
-Qui sait mon amour…qui sait…
Kikyo sortit enfin de sa torpeur et ouvrit les yeux. Elle s’assit en regardant où elle était, remarqua que ses mains étaient craquelées. Elle releva les manches de son kimono et vit avec horreur que ses bras l’étaient également. Le corps entier de la miko était craquelé et menaçait à tout instant de se briser.
-Nous sommes arrivés à notre frontière ! déclara une voix féminine.
Doucement, sans faire un seul mouvement brusque, elle releva la tête et vit la femme elfe. Le chariot s’arrêta. Devant la miko s’étendait une terre aride. Tout était rocailleux, aucune plante n’était en vue. Encore une fois la transition fut nette. D’un côté la forêt verdoyante, de l’autre la terre aride.
-Nous ne pouvons rien faire pour ton corps, mais nous pouvons te donner un arc plus résistant ainsi qu’un carquois et des flèches plus puissantes pour remplacer les armes que tu as perdues, expliqua la femme elfe.
La forme de l’arc était identique à celle de l’arc que Kikyo avait perdu, mais il était d’un brun beaucoup plus foncé. Le carquois, de la même couleur que l’arc, était légèrement plus grand que le précédent et contenait un plus grand nombre de flèches.
-Merci… dit Kikyo en prenant l’arc et le carquois que lui tendait Shaina.
Lentement, elle sortit du chariot et posa pied à terre. Elle devait être extrêmement prudente, le moindre faux mouvement pouvant se révéler fatal.
-La terre aride que tu vois là appartient aux orcs. Si jamais tu en croises un, demande-lui de t’amener à Thrall et essaie de persuader Thrall de t’emmener de t’emmener aux frontières de l’est. Mais surtout fais très attention à ce que tu dis… Les orcs tuent pour un oui ou pour un non. Mais tu pourras parler librement avec Thrall, il ne tue que ses ennemis assura la femme elfe.
-Vous ne m’accompagnez pas ? demanda Kikyo.
-Non, nous devons protéger nos terres contre les morts-vivants. Sinon, j’aurais beaucoup de plaisir à vous accompagner.
-Je comprends…
Shaina, le chariot, la femme elfe et l’homme elfe, que Kikyo remarqua seulement maintenant la présence, disparurent dans la forêt.
Prudemment, Kikyo pivota sur elle-même et fit face à la terre aride…
Quand la nuit tomba, Kikyo, en s’appuyant sur l’arc, fatiguée, remarqua que la lune avait pratiquement totalement décru.
-Avec l’état actuel de mon corps, il me faudra encore trois jours pour traverser cette terre aride pensa-t-elle désespérée.
Elle regarda une nouvelle fois la lune et murmura :
-Inu yasha…il y a cinquante-sept ans j’ai rencontré Aryel. Elle m’avait dit de ne pas tomber amoureuse pendant que je détenais le Shikon no Tama… A présent, je suis sûr d’une chose, Aryel savait que j’allais te rencontrer et que, si jamais je tombais amoureuse de toi, Naraku naîtrait pour me tuer… Naraku connaît Aryel ça voudrait donc dire que Naraku vivait déjà à l’époque où vivait Aryel. Donc quand Onigumo a donné son corps aux yôkais, Naraku en a profité pour se réincarner. Le problème, c’est de savoir quelle relation, ils entretenaient… Mais surtout de savoir ce qu’Aryel a derrière la tête…
Le lendemain matin, Kikyo fut réveillée par le souffle d’une haleine sentant la charogne sur son visage. Quelques instants, elle crut que c’était une créature en os, mais quand elle ouvrit les yeux elle vit un ours imposant. L’ours était aussi brun que son arc. A ses côtés, se trouvait un homme à la peau verte, un orc sans doute. Il portait des vêtements rouges et de hautes bottes brunes. Ses cheveux étaient aussi noirs que les ténèbres et contrastaient bizarrement avec les yeux totalement blancs. Les canines inférieures d’une couleur jaunâtre arrivaient jusqu’en haut des pommettes.
-Qui es-tu étrangère ? demanda l’orc d’une voix caverneuse.
-Je suis Kikyo et je… souhaiterais parler à Thrall ! répondit-elle en essayant de ne pas mettre l’orc en colère.
-Tu as de la chance étrangère, justement je voudrai aller lui parler…
-Mais…il y a un léger problème…dit-elle mal à l’aise.
-Ah oui ? Lequel ? demanda l’orc irrité.
-Mes mouvements doivent être lents si je ne veux pas me retrouver en mille morceaux…
-Ah les humaines ! soupira l’orc. Tu monteras sur l’ours, je vais t’aider.
L’orc porta, avec une étrange délicatesse, la miko et la déposa sur le dos de l’ours. L’ours, sous les ordres de son maître, marchait d’un pas régulier, empêchant la miko d’être secouée.
A la tombé du jour , ils arrivèrent dans un camp. Les tentes étaient toutes pourpres. Les orcs, qui au passage de l’ours, regardaient la miko avec intérêt. Ils avaient tous la peau verte, des yeux blancs et de longues canines inférieures. Les vêtements d’une couleur rouge vif différaient légèrement selon le rang des orcs. Mais la miko n’aurait pu dire à quel rang appartenaient les orcs de ce camp, bien qu’elle sache qu’ils étaient de différents rangs.
L’ours s’arrêta devant une vaste tente.
-Nous sommes arrivés étrangère. Voici la tente où réside Thrall.
-Merci… Pourriez-vous m’aider à descendre ? demanda Kikyo hésitante.
En soupirant l’orc porta Kikyo et la déposa doucement sur le sol. Il souleva le pan de l’entrée et entra.
Un tapis noir couvrait le sol. La tente était éclairée par quelques bougies placées un peu partout. Dans le fond, il y avait une balustrade où se dressait un trône. Mais le trône était vide, il n’y avait personne dans la tente.
Cela ne parut pas gêner l’orc qui continua son chemin et s’arrêta à côté du trône. Cinq minutes plus tard, la miko arriva à son tour près du trône et s’arrêta à côté de l’orc.
-Décidément, il faut que je trouve une solution pour mon corps, car en étant aussi lente je n’ai aucun espoir de pouvoir continuer à survivre dans ce monde… Je serai obligée de retourner dans le royaume des morts, pensa la miko.
Soudain, un orc plus imposant que les autres entra et se dirigea vers le trône où il s’assit. Il semblait très en colère. D’une voix à vous glacer le sang il dit :
-Ces maudits humains ont abandonné leurs postes et ce démon s’est emparé de leur territoire. Si je les tenais ses humains, je leur fracasserais le crâne.
La miko fut parcourue de frissons.
-Je me demande si je ne devrais pas attendre qu’il se calme, se demanda-t-elle.
-C’était justement ce que j’étais venu vous annoncer, Seigneur Thrall, dit l’orc qui avait aidé la miko. Comment l’avez-vous su ?
-En voyant ton ours à l’extérieur, Brom… expliqua Thrall. C’est moi-même qui t’est envoyé là-bas.
Thrall, comme tous les orcs, avait la peau verte, des yeux blancs, et des vêtements rouges. Ses canines inférieures lui arrivant à hauteur du nez. Ses cheveux, encore plus noirs que ceux de Brom, lui arrivaient jusqu’au bas des omoplates.
-Cette humaine voulait vous parler Seigneur ! déclara Brom.
La miko eut la chair de poule, lorsqu’elle croisa le regard de Thrall.
-Que veux-tu ? demanda-t-il.
-Je…je voulais vous demander si…si… vous pourriez m’amener aux frontières de l’est, finit-elle par dire, très mal à l’aise.
-C’est d’accord, mais c’est là où se trouve ce maudit démon… Et pour ton corps tu n’as pas de chance…les humains avec leurs magies auraient pu ressouder ton corps de terre et d’os.
-Co…comment êtes-vous au courant pour mon corps ?
-Nous, les orcs, pouvons sentir la chair et le sang et ton corps est fait à base de terre et d’os, nous pouvons le sentir… Je ne te demande pas qui tu es, mais que cherches-tu ?
-Je veux savoir qui est vraiment Aryel…
Silencieux, Thrall se leva et sortit de la tente. Dix minutes plus tard, il souleva le pan de l’entrée et ordonna :
-Suis-moi étrangère ! Quant à toi Brom, je te confie le commandement pendant mon absence.
Brom acquiesça et ajouta :
-Il va falloir la porter Seigneur, car son corps l’empêche de se mouvoir rapidement.
-Je sais Brom !
Thrall entra dans la tente, s’approcha de la miko et la souleva de terre. Il la porta jusqu’à l’extérieur et le déposa sur le dos d’un loup noir de deux mètres de haut. Thrall monta derrière elle et, d’une main s’accrocha aux longs poils du cou du loup et de l’autre tenait la miko par la taille.
Le loup prit un départ fulgurant qui faillit faire tomber la miko, fort heureusement la main de l’orc l’avait retenue.
Le loup était très rapide et à l’aube, il arriva près de la frontière de l’est.
Comme toujours la transition fut nette, d’un côté la terre aride de l’autre…un terrain enfin normal. Normal, car le terrain des morts-vivants était mort, celui des elfes trop vert et celui des orcs trop aride.
-Il faudra que tu te débrouilles seule, étrangère, moi il faut que je rassemble deux armées. Une pour chasser ce démon et une autre pour partir à la recherche des humains pour leur donner une bonne leçon.
Il déposa la miko sur le sol et s’en alla. La miko prit la direction de l’est. Dans le ciel, au loin, on voyait une fumée sombre.
Il lui fallut deux jours pour arriver dans un village en ruine. Elle s’approcha d’une maison noircie par le feu et entendit une fois profonde derrière elle :
-Qui es-tu étrangère ?
-Décidément, on m’appelle partout de la même manière, pensa-t-elle.
Elle se retourna lentement et vit un drôle de monstre, sans doute le démon. Il avait la même couleur de peau que les elfes et les mêmes longues oreilles. Il portait un bandeau noir sur les yeux et avait deux grandes ailes de chauve-souris, une peau bleue les recouvrait. Ses jambes et ses pieds étaient comme celles des boucs. Ils étaient brun foncés, plus clair cependant que l’arc de la miko. Le démon portait des vêtements noirs et avait de longs cheveux ébène qui lui arrivaient jusqu’à la taille. Il n’avait pas de chienne. Dans chaque main, il tenait une armé formée d’une lame concave de trente centimètres dont le centre était garni de languettes de cuir pour former une poignée.
-Il est aveugle ? murmura Kikyo.
-Je suis aveugle mais pas sourd ! répliqua-t-il d’une voix hautaine.
-C’est vous le démon dont parlait les orcs ? interrogea la miko.
-Je ne suis pas un démon, je suis bien au-delà…
-Qu’êtes-vous donc alors ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
-Ce que je suis ne regarde que moi. En revanche, vous pouvez savoir qu’autrefois j’étais un elfe. Mais à présent, réponds à mes questions… Qui es-tu et que veux-tu ?
-Je suis Kikyo et je cherche des informations sur Aryel.
-Aryel ? Etrange que tu la connaisse, vu qu’elle a disparu il y a 194 ans et que nous l’ayons vus pour la dernière fois il y a 200.
-Nous ?
-Les morts-vivants, les elfes, les orcs, ces humains qui se sont enfuis et moi-même servions Aryel.
-Vous…quoi ? dit Kikyo interloquée.
-Aryel était le meilleur général et le meilleur stratège de tous les temps. Elle n’a jamais perdu une bataille ni une guerre. D’ailleurs il y avait d’autres humains qui étaient également sous ses ordres, mais ils sont tous morts et leurs descendants n’ont jamais entendu parler d’Aryel.
-Est-ce que…est-ce qu’elle était humaine ? demanda Kikyo.
-Oui, elle l’était…
-Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi vous battez-vous les uns contre les autres ?
-Nous nous sommes toujours affrontés. Quand nous nous allions, c’est quand Aryel a besoin de nous…
-Pourriez-vous tout me dire de ce que vous savez sur Aryel ?
-A quoi bon tout vous raconter ? Ca ne servirait à rien. Mais je peux vous amenez à son palais.
-Son palais ?
-Oui, mais d’abord…
Une lumière verte foncé jaillit de sa main droite et entoura la miko. La lumière pénétra dans son corps et toutes les craquelures disparurent.
-Hein ? dit-elle en regardant ses mains.
-A présent suis-moi ! ordonna l’elfe déchu.
Méfiante, la miko le suivit. Le soir, il s’arrêta et dit :
-Nous dormirons ici !
La miko ne dormit que d’un œil. Elle ne faisait pas confiance à ce démon ou quoi qu’il soit.
Le lendemain, ils pénétrèrent dans une forêt dense. Au coucher du soleil, en haut d’une colline, l’elfe déchu s’arrêta. Ecartant quelques branches, la miko vit en contrebas un palais où se reflétait le coucher du soleil.
-Voilà le palais de l’est ! annonça l’elfe déchu.
-Enfin ! Enfin, je suis arrivée ! murmura la miko.
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