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Jeudi 31 mai 2012, 10:05


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 02 - Passage.

Bonjour lecteurs ^^

Voici le deuxième chapitre encore une fois il a été remanié, il est beaucoup plus fourni et détaillé. Lors du précédent chapitre vous avez fait connaissance des héros de cette histoire. Les jeunes gens sont pleins de rêves et de désirs, ils ont soif d'aventures et de reconnaissance dans ce pays où règne la paix.
L’Académie est un rêve pour tous ceux qui souhaitent laisser leur marque, vont ils y arriver ?

Bonne lecture ^^


===========================================================


CHAPITRE 02
Passage

Les alentours de Winrya étaient constitués principalement par des champs et des prairies, quelques bosquets et bois éparses rompaient la monotonie du paysage. Des petits chemins de terre permettaient de se déplacer entre les parcelles de terrain. Les pluies de printemps rendaient souvent la route glissante, leur entretien se faisait par équipe à tour de rôle par tous les villageois.
Les champs étaient entourés par des murets en pierres sèches récoltées au fil du temps par les paysans durant leur travail. Des portails permettaient l’accès aux terres agricoles ou aux pâtures, mais il n’était pas rare de voir un troupeau de vaches ou de moutons qui se promenaient en liberté. Toutes les prairies n’étaient pas clôturées, ce qui entraînait parfois quelques soucis de bon voisinage entre les propriétaires terriens.
Autour du village, plusieurs plans d’eaux étaient reliés les uns aux autres par des ruisseaux. Ils poursuivaient ensuite leur chemin pour aller se jeter dans la Tryncha, la plus importante rivière du comté. Au bord de l’un de ses étangs, Onèan et ses compagnons discutaient dans cette après midi lourde et orageuse. Les jeunes gens étaient tous excités à l’idée de l’arrivée des examinateurs de l’Académie.
- Demain enfin ils seront là, fit Onèan, je n’en pouvais plus d’attendre.
- Nous nous en étions aperçu, répondit Lynaïs en souriant, tu n’arrêtes pas de bouger dans tous les sens, tu ne t’arrêtes jamais.
Le jeune homme regarda son amie en réfléchissant, et il remarqua qu’il s’était machinalement levé pour faire les cent pas. Il rougit en se rasseyant à sa place sous les rires des ses camarades, il ne s’en était même pas rendu compte.
- Ne t’en fais pas, renchérit la jeune fille, je suis aussi excitée que toi-même si j’arrive à me contrôler.
- Encore une méthode d’archer ? Lança Ekart.
- Je dois rester maître de moi-même, c’est tout.
Le plus jeune des compagnons pouffa de rire.
- Vu ton caractère, j’ai du mal à t’imaginer douce et patiente, tu serais plutôt emporté et têtue comme une mule.
- Tu vas voir si je suis têtue !
Elle bondit sur lui en poussant un cri de colère, Ekart se laissa tomber pour accompagner l’assaut sans cesser de rire. Lynaïs se rendit compte qu’elle était entrain de corroborer les propos du jeune homme. Elle se redressa avec toute la dignité dont elle était capable, et se rassit à sa place en se tenant bien droite.
- Tu ne penses vraiment qu’à t’attirer des ennuis, fit Onèan.
- Non, je m’entraîne moi aussi, répondit Ekart, je teste jusqu’où les gens peuvent tenir avant de s’énerver.
- Un jour ta langue t’attirera des problèmes, je te le dis.
Ekart haussa les épaules pour toute réponse. Onèan se tourna alors vers Brom qui était resté silencieux jusqu’à présent, le jeune forgeron n’était pas très démonstratif préférant rester à écouter les autres parler.
- Et bien Brom, et toi tu vas te présenter devant les examinateurs ?
Le jeune homme aux larges épaules secoua négativement la tête.
- Je suis bien ici, j’ai la forge de mon père et un métier, je ne me vois pas partir de Winrya.
- Toujours aussi casanier, lâcha Ekart, tu n’as donc pas envi de voir la capitale et le monde !
Brom sourit.
- Je n’ai pas la même ambition dévorante que toi, ni les rêves d’Onèan et encore moins les désires de Lynaïs, tout ce que je veux est rassemblé ici.
Le jeune forgeron était une personne simple qui ne désirait que peu de chose dans la vie. Son avenir était tout tracé, il reprendrait la forge de son père pour devenir le nouvel artisan du village, sa vie était ainsi.
- Tu viendras nous voir quand même ? Demanda Lynaïs.
- Je serais là, répondit Brom, je tiens à vous encourager, et je veux absolument voir comment va se débrouiller Ekart pour entrer dans l’Académie.
- Tu verras bien, lança le jeune homme en souriant.
Voyant la fin d’après midi arriver, les quatre amis se levèrent pour regagner leur maison. Demain une grande journée les attendait et ils devaient être au mieux de leur forme pour se démarquer par rapport aux autres candidats.


Enfin, le grand jour du passage arriva, les examinateurs de l’Académie étaient arrivés dans la nuit. La meilleure auberge avait été réservée pour eux, ils faisaient force d’autorité, représentant les grandes instances du Conglomérat. La nouvelle de leur prochaine étape avait fait le tour de tout le comté en peu de temps. Dans bien des maisons des familles s’étaient levés tôt pour assister aux passages mais aussi pour voir leurs enfants tenter leur chance. Entrer à l’Académie, c’était pour tous les portes ouvertes vers des carrières prestigieuses.
Onèan s’était levé tôt, il avait poussé son entrainement avec acharnement jusqu’à l’épuisement pour se préparer. Pendant les quelques jours, ses amis l’avaient aidé et soutenu, l’après midi de repos qu’ils avaient pris ensemble avait été d’un grand réconfort pour le jeune homme.
Mais maintenant, le temps était enfin venu de faire ses preuves et de montrer ce dont il était capable. Onèan était encore dans sa chambre, il termina d’enfiler ses bottes et se regarda dans un miroir de pied. Il avait enfilé une tenue légère avec un pantalon de cuir marron, une chemise aux manches courtes et un juste au corps en cuir.
Le jeune homme quitta la glace et se dirigea vers une table contre une fenêtre, il prit alors l’épée que son père lui avait donnée avant de disparaître. Il serra le fourreau dans ses mains en le fixant avec une profonde intensité.
- Je te jure que j’y arriverais, père.
Onèan l’attacha à sa taille avec application, il ne savait pas ce que serait l’épreuve de passage, dépendant entièrement de l’examinateur qu’il aurait en face de lui. Sa préparation achevée, il descendit l’escalier du premier étage pour de rendre dans le hall de la maison. Sa mère était déjà là habillée avec une robe élégante mais sobre, prête à partir. Elle sourit à son fils quand il arriva à sa hauteur, elle le trouva plus assuré, sa démarche avait changé.
- Tu ressembles de plus en plus à ton père.
Onèan rougit, pour ne pas le gêner plus encore, elle changea de sujet en lui tendant un parchemin roulé. Il était fait de papier de très bonne qualité, un sceau était apposé avec les armoiries de sa famille ainsi que celle du Conglomérat, une étoile brillante.
- C’est le document dont je t’ai parlé, fit elle, il est indispensable, il prouve ta noble descendance et ton droit à devenir un chevalier.
Le jeune homme prit le parchemin avec beaucoup de respect. Sa mère le regarda, un mélange de tristesse et de fierté dans les yeux, en faisant ce geste elle ouvrait la porte à un avenir qu’elle aurait préféré éviter pour son fils.
- Aller, la voiture nous attend, lança Dame Mathilde pour rompre le silence.
Ils sortirent tous les deux de la maison dans la cour, ils grimpèrent dans la carriole.
- Attendez-moi ! Cria Imjane en surgissant de la maison.
Elle sauta dans le carrosse en quelques bonds, toute essoufflée, elle avait encore les cheveux défaits et en bataille.
- Imjane, il est encore bien tôt, fit sa mère.
- Mais maman, je veux encourager mon frère.
La femme sourit.
- Bon très bien, mais viens là que je te recoiffe.

Le cocher fouetta les chevaux et le carrosse prit la route qui le mener à Winrya. Onéan garda le silence durant le voyage, il devait rester concentrer pour passer devant les examinateurs de l’Académie.
La voiture attelée arriva rapidement dans le village et s’arrêta dans une rue où elle ne gênerait pas. Déjà, de nombreuses personnes s’étaient rassemblées pour assister aux sélections. Il y avait également beaucoup de jeunes gens qui ne désiraient qu’une seule et même chose : entrer dans l’Académie.
L’Académie, l’école de l’élite de l’Empire, c’est de là que tous les grands du Conglomérat étaient sortis. Elle formait sur des domaines très variés, de l’art de la guerre, aux sciences les plus ardues, en passant par le commerce et la diplomatie. Seuls les meilleurs étaient admis, les jeunes gens les plus prometteurs. Entrer dans l’Académie, une voix qui permettait de connaitre un avenir meilleur, s’élever dans les rangs de la société du Conglomérat, et peut être rencontré l’Empereur dans son palais que les privilégiés décrivaient comme une merveille d’architecture.
Mais pour pouvoir obtenir une telle reconnaissance, il fallait encore pouvoir réussir les tests de qualification d’entrée. Ils étaient une centaine cette fois ci, tous entre 14 et 16 ans à tenter leurs chances pour les sélections, venant de toutes les terres alentours du village. Les examinateurs ne pouvaient pas passer partout, alors il ne fallait pas manquer une de leurs étapes.
Accompagné de sa mère et de sa sœur, Onèan arriva sur la grande place du village où une planche sur des tréteaux avait été dressée. Les habitants faisaient cercle autour pour assister aux différentes épreuves. Tous les gardes du manoir avaient été requis pour s’occuper de la foule, ils paraissaient bien peu en comparaison du nombre de spectateur.
Le jeune homme aperçut ses amis rassemblés non loin des autres candidats. Il laissa sa mère et sa sœur pour les rejoindre et attendre en leur compagnie.
- Onèan te voilà, lança Lynaïs en le voyant approchés
- Bonjour, tu es là aussi Brom ?
Le jeune forgeron hocha la tête.
- Je vous l’avais dit, je voulais être présent pour vous voir.
- Et toi Lynaïs, fit Onèan, ton père n’a pas tenté de te retenir ?
- Il n’a rien à dire, je veux devenir Maître archer, mes frères sont là pour reprendre le commerce.
La famille de Lynaïs était des tisserands reconnus, le père de la jeune fille aurait voulu qu’elle reprenne la suite, mais celle-ci ne le voyait pas de la même façon.
- Vous ne pensez qu’aux armes, intervint Ekart, la diplomatie, voilà l’avenir.
- L’espionnage tu veux dire, fit Brom.
Ekart prit un air choqué.
- Comment peux-tu dire une chose pareille ?
Les jeunes gens se mirent à rire, ils avaient besoin de se détendre. Leur avenir pouvait dépendre de ce test, ils ne pouvaient pas se permettre de rater cette épreuve. Tout autour d’eux, les autres prétendants étaient dans le même état qu’eux, très nerveux, ils trépignaient sur place sans pouvoir se contrôler.

Les examinateurs arrivèrent enfin sortant de l’auberge en fil indigne, tous bien droit, affichant un air supérieur. En quelques instants, le silence se fit parmi les jeunes gens, les autres spectateurs firent de même. Les membres de la délégation venue de l’Académie étaient une dizaine, accompagnés de gens en armes.
Les hommes portaient des vêtements très différents les uns des autres, certains de riches habits, d’autres des tenues de cuirs avec des armes à la main. Il y avait même un homme d’un certain âge portant une tunique cloutée, à sa mise impeccable et son maintien Onèan et tous les spectateurs comprirent qu’il s’agissait d’un chevalier protecteur de l’ordre.
Malgré les vêtements disparates, ils avaient un point commun, une écharpe rayée de rouge, de bleu et d’or, marque de leur statut de professeur à l’Académie. Les examinateurs s’installèrent à leur place à la table dressée, l’un d’entre eux se releva alors pour s’adresser à la foule rassemblée sur la place centrale du village.
- Bonjour à tous, je suis le Professeur Shinjar, membre du conseil des doyens de l’Académie (rajouter le nom dans la liste des professeurs de l’Académie), je serais le juge des sélections pour l’entrée dans notre prestigieuse école.
Il regarda l’assemblée des villageois et des jeunes gens qui allaient passer devant eux.
- Les sélections d’entrée pour l’Académie vont pouvoir commencer, chaque corporation va être appelée, vous n’aurez que peu de temps pour nous prouver votre valeur, il ne tient qu’à vous de nous montrer la meilleure prestation possible.
Il désigna de la main les autres personnes assises à ses cotés.
- Les professeurs seront là pour faire passer une épreuve pour chaque métier, elle décidera de votre inscription.
Sur ces mots il se rassit parmi ses homologues, les sélections pouvaient maintenant réellement débuter. Le membre du conseil de l’institution appela la première corporation, les jeunes gens se présentèrent selon celle-ci. Les premiers à passer montrèrent à quel point les examinateurs étaient exigeants, peu arrivé à satisfaire les juges.
Les postulants pour l’archerie furent appelés, Lynaïs reçut des encouragements de la part de ses amis. Elle était confiante quand à son talent pour tirer à l’arc, elle ne ratait que très rarement la cible qu’elle choisissait.
- Le garçon manqué se présente aussi ?
La jeune fille foudroya du regard un des trois autres postulants qui venait de parler, elle ne le connaissait que trop bien.
- Garde tes sarcasmes pour toi Heren.
Onèan et ses amis avaient des ennemis jurés dans le village, les frères Derois, trois garçons qui ne manquaient jamais de chercher la bagarre. Lynaïs regarda l’arc qu’il tenait dans les mains dédaigneusement.
- Tu ne prends pas ta fronde, tu n’arriveras jamais à toucher une cible comme ça.
Le visage d’Heren s’empourpra de colère.
- Tu ne devrais pas trop fanfaronner, je vais te voir pleurer quand je serais pris et pas toi.
- Nous verrons ça.
L’examinateur en charge de l’archerie fit mettre des cibles en place, la distance était déjà grande, une trentaine de mètre. Les postulants se mirent en ligne et tirèrent leur flèche, Lynaïs mit dans le mille, tout comme Heren qui lui jeta un regard noir. Les cibles furent de nouveau reculées, la difficulté augmentait. A nouveau les jeunes gens visèrent avec soin, cette fois seule deux flèches attinrent la cible malgré la distance.
Ne restant plus que Lynaïs et Heren, le professeur fit reculer une dernière fois les cibles, elles étaient maintenant à une cinquantaine de mètre de distance. Le professeur regarda les deux derniers postulants.
- Cette distance est celle requise au minimum pour rentrer à l’Académie, si vous touchez la cible, vous serez admis, il n’y aura qu’un seul essai.
Heren se présenta en premier, il visa avec application et tira, les yeux rivés sur la cible. Sa flèche frôla la planche de bois et se planta au sol, il poussa un cri de rage en tapant du pied. Il croisa Lynaïs quand elle vint se mettre en place à son tour.
- Tu n’y arriveras jamais avec tes petits bras maigrichons.
La jeune fille ne répondit pas aux provocations du jeune homme. Elle avait besoin avant tout de calme pour ne pas rater son tir. Elle s’était entraînée avec tellement d’acharnement, qu’elle ne se voyait pas échouer si près du but.
Lynaïs prit une profonde inspiration, elle se tourna vers la cible et bandit son arc avec application. Elle retint sa respiration en vivant la plaque de bois et lâcha sa corde qui fit un claquement sec dans l’air. La flèche fila comme le vent pour venir se planter au centre de la cible, les spectateurs applaudirent la prouesse tandis qu’Heren la foudroyait du regard.
Le professeur vint à sa hauteur en souriant.
- Vous avez gagné votre entrée à l’Académie, bravo Mademoiselle Amarra.
- Merci, répondit elle le cœur battant la chamade.
Elle rejoignit les autres personnes qui attendaient pour tenter leur chance à leur tour. Elle reçut des félicitations de toute part, celles d’Onèan et de ses compagnons la touchèrent plus que les autres.

Les examinateurs reprirent alors leur appel pour les différentes castes. Les jeunes gens rivalisaient d’adresse pour tenter de repartir avec le parchemin d’inscription à l’Académie. Ils étaient parfois près à tout pour y entrer, mais seul le talent permettait vraiment d’obtenir le droit de suivre les cours prestigieux de l’Académie.
- Pour la confrérie des Diplomates ! Appela le professeur Shinjar.
- C’est à mon tour, fit Ekart en se grandissant.
Le jeune homme se détacha du groupe à la surprise du maître des examinateurs, il n’aurait pas cru trouver un prétendant à ce métier difficile et ardu dans ce petit village. L’homme fixa avec incrédulité celui qui venait de se présenter. Plutôt chétif et sans rien pour le démarquer, le professeur fut particulièrement intrigué. Etant en charge de l’examen de cette branche, il se pencha en avant de sa chaise.
- Alors jeune homme, vous vous destinez à la diplomatie.
- En effet Professeur Shinjar, je me nomme Ekart Caras.
- Sais-tu au moins les difficultés qui t’attendent ?
Ekart avait compris que le test venait de commencer, il allait lui montrer ce dont il était capable.
- La diplomatie, voilà un métier magnifique, que dis-je, c’est un art tout comme la peinture, la sculpture ou le travail du verre.
Le jeune homme leva les bras au ciel tout en parlant, sous les yeux éberlués des examinateurs.
- Oui c’est un art, qui existe depuis la nuit des temps, manier les mots, jongler avec les puissants, donner d’un coté, reprendre de l’autre. La diplomatie c’est savoir donner pour recevoir en retour sans vraiment se laisser dévorer par celui avec qui vous parler. Alors pour parvenir à ces fins, il faut développer son sens de la répartie et sa verbe volubile, pratiquer la langue des courtisans tout en sachant ce que chaque mot sous entend.
Ekart continua de parler en faisant de grand geste, insistant sur les mots qu’il voulait faire entendre tout particulièrement. Le professeur Shinjar était particulièrement amusé, il écouté de jeune homme qui faisait une démonstration magnifique.
- Flatter sans jamais prendre son interlocuteur pour un idiot, qui pourrait arriver à faire de chacun de ses mots des armes aussi tranchantes que la lame d’une épée. Depuis toujours la parole a réglé bien des conflits, résolus des litiges et permit de faire tomber des citadelles, et toujours dans un seul mort. Quel dirigeant pourrait se targuer d’avoir gagné une guerre sans faire une seule victime ? Celui qui aura parmi ses conseillés le diplomate à la langue la plus affutée.
Ekart s’arrêta soudain de parler en fixant les examinateurs qui eurent un mouvement de recul, même le professeur Shinjar qui s’était pris au jeu.
- Oui messieurs, un diplomate est un artiste, et je viens devant vous pour le devenir moi aussi.
Le jeune homme s’inclina devant les membres du jury qui restèrent bouche bée devant la prestation de ce prétendant. Le professeur au centre se mit à rire à la surprise générale, Ekart ne se départit pas de son sourire pour autant.
- Et bien Mr Caras, il y a bien longtemps que quelqu’un de votre âge ne s’était aussi bien vendu durant son passage devant la commission.
Il se saisit d’un parchemin et lui tendit.
- Je serais heureux de vous avoir dans mes cours.
- Je vous remercie Professeur Shinjar.
Ekart rejoignit ses compagnons dans se départir de son sourire, il savait très bien qu’il n’aurait aucun mal à entrer dans l’Académie. Il suffisait de savoir bien se préparer, et le reste venait dans le même sens.
- Et bien avec cette démonstration, murmura Brom à ses deux amis restés en arrière, il ne va pas arrêter de nous le ressasser.

Les différents groupes se suivirent, les gagnants repartaient la tête haute, le précieux document serré dans leur main. Onèan avait du mal à se contenir, sa catégorie n’avait toujours pas été appelée et il n’en pouvait plus d’attendre. Il écoutait d’une oreille distraite les commentaires que ses camarades faisaient sur les autres participants.
Enfin le professeur Shinjar appela le groupe que le jeune homme attendait depuis plusieurs années maintenant. Onèan se présenta devant les examinateurs qui le fixèrent avec attention, seuls les nobles pouvaient prétendre entrer à l’Académie pour entrer dans l’Ordre.
- Bonjour jeune homme, tu veux donc entrer comme écuyer à l’Académie, lança l’homme.
- Oui Professeur.
- As-tu la preuve de ton noble lignage ?
Le jeune homme tendit le parchemin qu’il gardait dans ses mains, le directeur de la commission lut le document.
- Onèan Terrenoir, le fils de Sir Rodéric Terrenoir, très bien, tu as donc le droit de passer l’épreuve de sélection.
Le professeur replia le document et le rendit à Onèan, ce parchemin était très précieux, il devait rester entre les mains de sa famille. L’homme se tourna alors vers l’homme en armure qui se tenait en retrait.
- Sir Parsian, c’est à vous.
Un homme d’un certain age se leva. Il était habillé d’une tenue de guerrier assez simple avec au pied de grandes bottes noires. Il avait les cheveux poivre et sel, coupés court, son visage était parfaitement rasé, une marque identifiable à tous les chevaliers. Il avait des yeux gris, un peu las, il semblait que l’homme s’ennuyait ferme depuis le début des épreuves. De haute stature, Sir Parsian n’avait pourtant rien perdu de la carrure de sa jeunesse, s’était un guerrier habitué au combat.
Le chevalier se présenta devant Onèan et lui tendit un bâton.
- Laisse ton épée et prend-le.
Le jeune homme obtempéra et se saisit du bâton un peu indécis.
- Alors qu’attends-tu, attaque-moi !
Onèan réfléchit quelques instant, il ne s’attendait pas à passer un test pareil surtout face à un vrai chevalier expérimenté. Mais l’homme semblait l’attendre, il n’avait pas à hésiter plus longtemps, il devait faire ce qu’il lui était demandé.
Le jeune homme serra le bâton entre ses mains et chargea son adversaire en le gardant dans son champ de vision. Sir Parsian fit un petit sourire, le gamin avait l’air fougueux mais il réfléchissait assez pour avoir prit le temps de le jauger un peu. Le chevalier esquiva sa charge d’un simple pas rapide sur le coté et lui donna un coup sur l’épaule.
Furieux, le jeune homme se retourna et repartit de plus belle à l’assaut, mais cette fois en visant le flanc de son adversaire. Sir Parsian feinta à nouveau avec le même geste, mais cette fois Onèan s’y attendait, il effectua une roulade sur le sol et visa les jambes du chevalier.
L’homme sauta en l’air pour éviter le coup, il commençait à prendre un peu plus au sérieux son adversaire. Il retomba sur le sol avec adresse et visa de la pointe de son bâton la tête du jeune homme qui se relevait. Mais Onèan plongea sur le coté, évitant à son tour l’attaque, il n’en resta pas là enchaînant un assaut sur le flanc exposé du chevalier.
Sir Parsian dévia le bâton d’un estoc ample, déséquilibré le jeune homme tenta de se reprendre sur son pied d’appui encore assuré. Le chevalier ne le laissa pas faire, il lui fit un croc en jambe habile en se retournant pour faire face à son adversaire. Onèan ne put conserver son équilibre et il chuta sur le sol, face contre terre, lâchant son bâton.
Alors que le jeune homme voulut se relever mais il senti la pointe de l’arme de Sir Parsian se poser au milieu de son dos. Il avait perdu et baissa la tête, ne cherchant pas à continuer le combat acceptant la défaite. Le bâton se retira de son dos et Onèan se leva, couvert de poussière.
- C’est bon jeune écuyer, tu es vif et tu apprends vite.
Le jeune homme releva la tête, étonné. Le chevalier se tourna vers le jury.
- Il peut entrer à l’Académie.
Le jeune homme n’en croyait pas ses oreilles, il avait pourtant perdu. Sir Parsian, voyant son air abasourdi, lui sourit.
- Il ne suffit pas de se battre pour être chevalier, il faut aussi savoir réfléchir.
Sur ces paroles, Sir Parsian alla se rasseoir à sa place, il savait très bien qu’il n’y aurait pas d’autres candidats pour les écuyers. Déjà le professeur appelait une nouvelle corporation, les examinateurs avaient encore bien du travail avant de pouvoir quitter Winrya et trouver de nouveaux prétendants dans un autre village plus loin. Onèan rejoignit alors ses amis qui lui firent un accueil triomphal. Le jeune homme était encore sous le coup de la surprise, mais il affichait un grand sourire de contentement. Enfin, les portes de l’Académie s’ouvraient devant lui, ses rêves allaient pouvoir se réaliser véritablement.
 
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Il y a 6 commentaires
Mélanie mustang le 20/08/2006 à 14:53:30
C'est génial! J'adore! Je vais lire tout de suite le troisième chapitre!!!
Momo1 le 09/09/2006 à 20:16:15
Je dirai même plus... Je file au suivant ! (en fait, le temps, je vais le prendre maintenant -^^-)
Francois22 le 24/01/2007 à 20:36:01
tres belle scène de combat de sélection

voyont un peu l'apprentissage maintenant
Alexia le 15/03/2007 à 20:29:28
J'ai enfin le temps de lire ton histoire et j'ai bien l'intention d'en lire le plus possible!!!^^
J'espere que la suite et ossi bien ke le debut!!^^
Titedidine80 le 26/06/2007 à 19:49:27
^_^ youpiiiiiii

Ouais bon ça va, je sais que c'est qu'une histoire mais c'est réjouissant quand même
Yuffie le 01/10/2007 à 14:14:23
Vraiment bien ces selections !! C'est toujours aussi bien raconté, j'aime l'imagination debordante dont tu fais preuve ^_^

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