Bonjour les lecteurs ^^
La suite de chevalier, l'Académie ouvre les bras à nos trois jeunes gens de Wynria. Ils sont pleins d'enthousiasme, le passage a été difficile, mais ils ont pu passer au de là des obstacles.
Maintenant les préparatifs pour le départ peuvent commencer.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 03
Départ
Onèan était encore abasourdi par sa réussite aussi soudaine à l’épreuve de passage d’entrée à l’Académie. Au moment où il avait touché le sol, il se croyait déjà recalé, maudissant sa propre maladresse et son impuissance. Mais le revirement de situation l’avait totalement chamboulé, il n’y croyait toujours pas, dans quelques semaines il entrerait dans la grande Académie de Manilaus, la capitale du Conglomérat.
Ses amis l’entourèrent en poussant des cris de joie, sur les trois participants de leur groupe, pas un seul n’avait été refoulé.
- Nous allons tous nous retrouver ensemble à l’Académie, lança Lynaïs.
Elle prit Onèan dans ses bras en le serrant contre elle, le jeune homme rougit malgré lui devenant le centre de la moquerie des deux autres jeunes gens.
- Lâche le Lynaïs, tu vas l’étouffer, plaisanta Brom.
- C’est peut être ce qu’elle désire, renchérit Ekart qui ne cachait pas son sourire.
La jeune fille se recula vivement d’Onèan en s’excusant rapidement, elle dévisagea les deux autres avec colère.
- Les prochaines bêtises que vous diraient, je vous les ferais ravaler avec mes poings.
Brom et Ekart pouffèrent de rire mais ils tentèrent de se calmer tout de même, ils connaissaient assez la jeune fille pour savoir qu’elle était tout à fait capable de faire une telle chose contre eux. Elle n’avait pas peur de se battre contre des garçons plus vieux et plus grand qu’elle, beaucoup l’avait sous estimé à leur dépend.
- Allons pas la peine de se chamailler, nous avons enfin réussit, dans un mois nous serons à Manilaus, lança Onèan.
Ekart et Lynaïs hochèrent la tête à leur tour, des étoiles dans les yeux, la capitale les avait toujours fait rêver comme la plupart des autres jeunes du village.
Alors qu’ils se retiraient des rangs pour ne pas gêner les autres qui attendaient pour passer à leur tour. Une petite fille blonde fonça sur Onèan pour lui sauter dans les bras, le jeune homme faillit tomber à la renverse sous le coup de la surprise.
- Tu as réussi ! Cria Imjane. Je le savais, je l’avais dit à maman que tu y arriverais.
Sa petite sœur le regardait en souriant.
- Même si tu es tombé par terre moi je m’en fiche, tu étais le meilleur.
- Merci, tu es adorable.
Ses amis rejoignirent leurs parents venus les encourager, Onèan avança vers sa mère en tenant Imjane par la main pour qu’elle ne se perde pas. Dame Mathilde l’accueillit avec un chaleureux sourire, elle prit les mains de son garçon dans les siennes.
- Je te félicite Onèan, ton père aurait été fier de toi.
- Moi aussi.
Sa mère affichait son enthousiasme, mais alors pourquoi ses mains étaient elle si froides dans les siennes ?
- Ce soir nous allons organiser une petite fête en l’honneur de ta réussite demain soir, avec nos amis et la famille.
- Tu n’es pas obligée.
Le jeune homme détestait les honneurs et être le centre de l’attention. Dame Mathilde fit un signe négatif de la tête.
- Il n’est pas question qu’un membre de la famille Terrenoir ne soit pas fêté alors qu’il vient de réussir une grande chose. En plus, il y aura une personne que je tiens particulièrement à te présenter.
Intrigué, Onèan fixa sa mère.
- Qui est ce ? Tu ne m’en avais pas parlé.
- Tu verras bien quand il sera là.
Le jeune homme ne dit rien, il ne savait pas qui sa mère allait lui présenter, et cela le laissait perplexe.
Toutes les torches de la grande cour du manoir était allumé, il faisait grand jour comme si le soleil brillait encore dans le ciel alors qu’il était déjà couché depuis quelques heures. Tous les membres de la maisonnée participaient aux réjouissances, serviteurs comme soldats de la milice. Des cousins de la famille étaient venus sur l’invitation de Dame Mathilde, il y avait bien longtemps que les Terrenoir ne s’étaient pas réunis.
Les habitants des Winrya avaient été conviés également, comme le père Ekart qui était l’homme de loi et le comptable du manoir. Il y avait aussi les amis d’Onèan et leur famille, eux aussi à par Brom devait fêter l’entrée de leur enfant à l’Académie.
Des guirlandes avaient été installées au portail et dans les arbres qui bordaient la cour. De grandes tables regorgeaient de nourriture et de vin, Dame Mathilde avait demandé de sortir des tonneaux de la réserve qui dormaient là en entente des grands événements. Elle avait beaucoup travaillé pour organiser cette fête, elle était fière du résultat obtenu.
La personne qu’elle attendait arriva enfin, il s’était habillé d’une manière plus classique pour passer inaperçu. L’homme salua avec chaleur la femme, ils se connaissaient depuis presque une vingtaine d’année.
- Dame Mathilde, comment allez vous ?
- Meanos, je vais bien je vous remercie, toujours aussi rigide il y a bien longtemps que vous ne devriez plus utiliser le « Dame » pour me parler ;
- Je vous respecte trop pour pouvoir m’en empêcher.
La femme sourit avec douceur.
- Je vous remercie d’avoir pu vous libérer.
- Les prochaines étapes n’auront pas besoin de mes services, alors j’ai pu prendre cette soirée assez facilement.
Il chercha des yeux quelque chose.
- Mais où est donc notre prodige ?
- Il est avec ses amis, comme toujours, venez avec moi.
Dame Mathilde mena son invité spécial à travers les autres convives, elle échangea quelques paroles avec eux en passant. L’homme derrière elle admirait la grâce de son hôte, il la trouvait si forte malgré les malheurs, une femme qui forçait le respect.
Après plusieurs minutes de recherche, elle trouva enfin l’endroit où se trouvait son fil, elle se dirigea alors vers lui. Le dos tourné, Onèan ne la vit pas arriver immédiatement, seul Ekart les aperçut, les yeux agrandis de surprise.
- Onèan, je te trouve enfin, lança sa mère en l’abordant.
Le jeune homme se retourna alors, en regardant sa mère.
- Oui qu’y a-t-il ? Demanda-t-il dans le même temps.
Il garda la bouche ouverte en voyant la personne qui se tenait derrière Dame Mathilde. Il reconnut immédiatement le chevalier qui lui avait fait passer l’épreuve, malgré ses vêtements plus discret que son armure habituelle.
- Comment …
- Je t’avais dit que je voulais te présenter quelqu’un d’important l’autre jour, voici Sir Meanos Parsian.
Onèan le fixait avec de la crainte et du respect.
- Bonjour, bredouilla-t-il.
- Ne soit pas timide, fit sa mère c’est un ami de ton père.
A ces mots le jeune homme sentit son cœur faire des bonds dans sa poitrine.
- Vous connaissiez mon père ?
- Ho oui, j’étais déjà professeur, enfin assistant, à l’Académie quand il est entré à son tour dans cette grande institution.
Le jeune homme eu soudain une mine sombre.
- Alors si j’ai réussi l’épreuve …
Sir Parsian secoua la tête.
- Ne crois surtout pas ça, bien sur je t’ai reconnu, tu ressembles beaucoup à ton père, mais je ne t’ai fait aucuns cadeaux. Tu as réussi l’épreuve par tes propres moyens et tes compétences.
Le chevalier posa une main sur l’épaule du jeune homme.
- Tu verras de toute façon, entrer dans l’Académie se n’est pas l’assurance de devenir chevalier.
- Vraiment, fit-il avec étonnement.
Sir Parsian désigna alors Ekart et Lynaïs à ses cotés.
- Tout comme tes deux amis, tu devras te battre et être très assidu aux cours pour pouvoir recevoir ton diplôme, certains étudiants sont renvoyés parfois, mais cela n’arrive que très rarement je vous rassure. Et là encore ce n’est pas toujours dit, en sortant de l’Académie en tant qu’écuyer, tu auras un tuteur qui validera ton entrée au sein de l’ordre.
Les trois jeunes gens se regardèrent, soudain moins confiant qu’ils n’étaient au départ.
- Combien de temps cela prend il pour devenir chevalier alors ? Demanda Onèan.
- Et bien, c’est le temps et tes actes qui en décide, pour un étudiant sortant de l’Académie, je dirais deux ans en moyenne, pour une personne du cursus normal, cela peu prendre beaucoup plus de temps, tu as de la chance.
Onèan soupira, le chemin allait être long, Sir Parsian se redressa tout sourire.
- Allons, pas de défaitismes, il y a beaucoup de travail certes, mais je pense que tu y arriveras. Qu’en pensez vous dame Mathilde ?
Sa mère fit un petit sourire.
- Il est comme son père.
Sir Parsian se mit à rire.
- Alors, j’ai intérêt à le surveiller.
- Vous connaissiez très bien mon père ? Demanda Onèan.
- Ho oui, plus qu’un élève, il est devenu pour moi un ami.
- Pourriez-vous me parler de lui ?
Le chevalier vit alors que non seulement le jeune homme le fixait, mais aussi les trois autres jeunes gens. A force d’avoir entendu parler du père d’Onèan, ils avaient aussi envi de connaitre un peu plus l’histoire et les aventures de cet homme. Sir Parsian mit ses poings sur les hanches en regardant les jeunes gens.
- Je ne sais pas trop ce dont je peux vous parler ?
- Racontez nous des anecdotes, lança Ekart.
Le chevalier se mit à rire bruyamment, sans s’occuper des regards que les gens lui jetaient autour de lui.
- Des anecdotes, avec lui j’en ai à revendre, rien que pendant son année à l’Académie, il a eu de ses idées qui ont bien failli lui coûter sa place.
Onèan ouvrit de grands yeux surpris.
- Quel genre d’idées ?
Comprenant qu’il n’aurait pas du commencer par là avec ces futurs étudiants, l’homme soupira mais il ne pouvait plus reculer.
- Bon alors, déjà, rien que son entrée, il a bien faillit de battre dés le premier jour des cours.
Le jeune homme buvait les paroles du chevalier, même si ce n’était qu’un soir, grâce à sa mère il sentait la mémoire de son père renaître plus brillante que jamais dans son cœur. La nuit ne serait surement pas assez longue pour tout connaitre, mais Onèan garderait en lui chacun des mots qu’il entendrait.
Sir Parsian resta jusqu’au matin au manoir, ayant sa propre monture avec lui, il pouvait très bien rejoindre les autres examinateurs de l’Académie quand il le désirait. Son départ était proche, il terminait d’attacher son sac à la croupe de son cheval, Onèan et sa famille étaient à ses cotés pour le saluer une dernière fois.
Le chevalier avait revêtu son armure, le jeune homme n’avait d’yeux que pour elle, lui aussi en porterait une un jour il en était persuadé. Sir Parsian se tourna vers Dame Mathilde, il afficha un visage serein et souriant.
- Je vous remercie pour votre accueil, c’est toujours un plaisir d’être en votre compagnie.
- Merci à vous d’avoir répondu à mon invitation.
La femme ne recevait pas souvent des invités, et elle était toujours heureuse de revoir les amis de son défunt mari.
- J’espère pourvoir revenir vous voir, je trouverais bien un moyen de m’éclipser de l’école en trouvant un remplaçant.
Le chevalier regarda ensuite le jeune homme qui se tenait bien droit.
- Onèan, je te retrouverais à l’Académie, je pourrais t’aider si tu as besoin mais tu ne seras pas favorisé par rapport aux autres, ne l’oublie pas.
- Je ne désire pas être favorisé Sir Parsian, se ne serait pas juste et pas digne d’un chevalier de l’ordre.
L’homme poussa une exclamation de surprise.
- Et bien, voilà un jeune homme bien sage pour son jeune âge, il y a peut être une chance de faire quelque chose de toi.
Onèan sourit, les paroles du chevalier étaient un compliment pour lui.
- Encore une chose, fit Sir Parsian, si tu pourrais éviter d’ébruiter tout ce que je t’ai dit hier soir sur ton père, je t’en serais gréé.
- Comme la fois où vous l’avez aidé à faire le mur pour aller boire en ville ?
Le chevalier se releva brusquement, les yeux paniqués.
- En particulier ce genre de chose.
- Je garderais cela pour moi, répondit Onèan particulièrement amusé.
Dame Mathilde se mit à rire.
- Vous voilà tributaire d’un jeune homme Meanos.
- J’en ai bien l’impression.
L’homme monta sur son cheval, son armure semblait étinceler sous l’éclat du soleil. Onèan avait la bouche grande ouverte, il se sentait revenu en arrière, au temps où son père était encore en vie quand il partait pour rejoindre sa garnison.
- Portez vous bien Dame Mathilde, toi aussi petite Imjane, ne grandit pas trop vite.
La petite fille fit un grand sourire au chevalier.
- Je te retrouverais à la rentrée à l’Académie Onèan, continue à t’entrainer et à travailler en attendant, tu en auras besoin.
- Merci Sir Parsian, répondit le jeune homme.
Le chevalier les salua une dernière fois de la main avant de prendre la direction du portail. Il disparut sur la route, qui menait vers le village de Winrya et le grand carrefour des chemins vers sa prochaine destination.
Onèan affichait un air déterminé, il allait travailler encore plus dur pendant les dernières semaines avant son départ. Il se tiendrait près à affronter toutes les embuches et toutes les épreuves qu’il aurait à subir à l’Académie. Il les renverserait sur son passage pour atteindre son rêve et suivre les traces de son père.
Son cheval était scellé, prêt au départ, Onèan posa son sac et le positionna sur la croupe de sa monture. Sa mère et sa sœur étaient à la porte de la maison, ainsi que tous les serviteurs et les soldats qui avaient pu se dégager de leur travail. La petite Imjane était en pleurs, le grand frère s’agenouilla pour la prendre dans ses bras.
- La formation ne dure qu’un an, et après je devrais aller dans une garnison, dés que je pourrais je reviendrais au village, tu as ma parole.
- Onèan
La petite fille s’effondra en larme, le jeune homme la consola.
- Je te donnerais des nouvelles, c’est promis.
Il se détacha doucement de la petite fille et se releva pour faire face à sa mère.
- Au revoir mère, je vous promets de faire honneur à notre famille.
- Mon fils.
Dame Mathilde sera son fils dans ses bras.
- Tu as grandi bien trop vite.
Onèan ne savait quoi dire.
- Fait attention à toi.
- Oui mère.
Le regard de sa mère s’embua de larmes.
- Aller va, tu vas être en retard.
Onèan sentit des larmes se former aux coins de ses yeux. Il les ferma et respira, puis il grimpa sur son cheval.
-Au revoir Imjane, prend soin de toi, au revoir mère, au revoir tout le monde.
Il fit un dernier geste de la main dans leur direction, les servantes s’essuyaient les yeux avec des mouchoirs ne cachant pas leur chagrin. Les soldats de la garnison faisaient bonne figure, mais ils avaient tous l’habitude du jeune homme qui venait souvent avec eux dans leur patrouille. Avec la disparition du Seigneur Terrenoir les soldats lui avaient appris à se battre, à tenir à cheval et à se comporter en homme, comme l’aurait fait un père.
Les hommes en armes le saluèrent avec sérieux, lui envoyant des encouragements joyeux pour lui donner du baume au cœur. Onèan les regarda avec beaucoup d’affection, il quittait une partie de sa vie avec ce changement. Il fit volter sa monture rapidement et partit au grand galop en passant par le portail.
Sa mère laissa couler ses larmes en le regardant partir, elle sentait sa fille se presser contre elle est pleurer à chaudes larmes. Elle caressa les cheveux de la petite.
- Et voilà, il est parti, fit Loty Nodia, le chef des soldats et ancien compagnon d’arme du père d’Onèan.
- C’est normal, répondit Dame Mathilde, il doit aussi prendre le chemin de son destin.
- Espérons que tout se passe bien pour lui.
Le sergent se détourna pour vaquer à ses occupations, la femme ne bougeait pas, gardant sa fille contre elle pour la consoler.
- Prend soin de lui Rodéric, je t’en supplie, murmura t’elle, je veux le voir revenir.
Dame Mathilde ferma les yeux et pria de toutes ses forces.
Onèan regardait devant lui, en laissant ses larmes disparaître dans le vent, il ne voulait pas se retourner. Il devait rejoindre la route principale pour retrouver les autres admis, dont ces compagnons. Deux chariots avaient été préparés à l’avance pour le voyage par le village, ils allaient surement rencontrer d’autres petits groupes pour former un convoi par la suite.
Le jeune homme pressa les flancs de sa monture pour rejoindre les autres, là bas il se sentirait moins seul.
Le soir était tombé, les chariots s’étaient arrêtés pour la nuit. Des feux avaient été allumés et des petits groupes se formant autour des foyers de lumière. Bien que l’excitation des jeunes gens était forte, la plupart d’entre eux n’avait encore jamais quitté le village et leurs parents. Les charretiers qui les conduisaient à Manilaus n’en étaient pas à leur première traversée, ils savaient que la première soirée était toujours la plus dure.
Onèan, Lynaïs et Ekart s’étaient réunis autour d’un feu de camp, ils observaient la danse hypnotique des flammes. Ils avaient comme tout les autres un peu de vague à l’âme, Ekart rompit le silence, incapable de ne pas parler.
- Et bien, j’ai l’impression que nous sommes à une veillée funèbre et pas à quelques jours des moments les plus importants de notre vie ?
Ses deux amis sourirent.
- Tu n’as donc pas de cœur de devoir quitter ta famille ? Demanda Lynaïs.
Le jeune homme haussa les épaules.
- Bien sûr que si, mais je ne pense pas que de rester ici avec eux aidera la naissance de ma grande carrière qui m’attend à la capitale.
- Tu es toujours aussi arrogant, lâcha la jeune fille en souriant.
Ekart se redressa offusqué.
- Pour moi se n’est pas de l’arrogance, c’est de l’ambition !
- Tu ne changeras pas, lança Onèan, mais je suis persuadé qu’à l’intérieur tu es triste de quitter tes parents, et qu’eux aussi le sont.
- Evidemment, ma mère pleurait, mais mon père est resté maître de sa personne, toujours bien droit.
- Je vois de qui tu tiens le plus alors.
Les deux jeunes gens se mirent à rire, mais Ekart était très fier de lui et de son caractère. Lynaïs retrouva son souffle, elle prit une brindille et agita les braises à la limite des flammes.
- Mes parents pleuraient aussi, mes frères aussi, j’ai eu du mal à me dépêtrer de Carlo, il restait accroché à mes jambes
- Imjane aussi pleurait, elle va me manquer, j’avais l’habitude de la voir tout le temps avec moi.
- Je te comprends aussi.
Lynaïs et Onèan gardèrent le silence, Ekart qui n’avait pas de frères ni de sœur ne savait pas ce que ressentait ses amis, mais il le comprenait malgré tout. Il reprit la parole pour changer de sujet et remettre un peu de vie dans leur groupe.
- J’ai souvent imaginé la capitale avec les livres que j’ai lus et les histoires que j’ai entendues, j’ai hâte de la voir en vrai.
- Ce sera plus grand que Winrya, c’est assuré, répondit Lynaïs.
- Comment tu peux comparer ce village avec la grande cité de Manilaus !
Ekart ponctua sa phrase de gestes de ses mains.
- A t’entendre nous pourrions penser que tu t’es ennuyé avec nous, lança Onèan.
- Je n’ai jamais dit ça, mais je rêve de voir cette ville, mon père y a vécu durant son enfance, je voudrais voir le palais de l’Empereur.
Lynaïs pouffa de rire.
- Et tu crois franchement que les gardes vont te laisser approcher de la cité impériale ?
- Je ne pourrais pas la voir tout de suite, répondit Ekart, mais une fois que je serais devenu un grand diplomate, les gardes s’inclineront devant moi quand je passerais devant eux.
- Et le voilà parti dans son délire, Brom tu en rates des choses, fit Onèan en levant les yeux au ciel.
Les trois amis rirent de bon cœur, le jeune forgeron allait leur manquer aussi, et encore plus de son coté parce qu’il se retrouvait seul dans le village maintenant. Les autres jeunes gens admis à l’Académie se couchèrent les uns après les autres, ils devaient se coucher tôt pour être en forme pour la route que les attendait demain.
- Nous devrions nous coucher aussi, lança Onèan, nous aurons bien le temps sur la route pour entendre tes rêves de gloires.
- Et encore tu as de la chance, répondit Lynaïs, tu as un cheval donc tu n’es pas tout le temps en sa compagnie.
- Si elle te déplait, je peux toujours monter dans l’autre chariot, fit Ekart.
La jeune fille le regarda en souriant.
- Oh non, si tu n’es pas là, de qui je pourrais bien me moquer.
- Tu vois, tu auras beau dire ce que tu veux, je suis irremplaçable.
- Pitié, s’exclama Lynaïs en levant les bras au ciel.
Ils rejoignirent leur couverture pour prendre du repos, tous avaient en tête les prochains jours et surtout leur arrivée à Manilaus. La capitale était leur destination et l’Académie l’avenir de toute leur vie.
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