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Jeudi 31 mai 2012, 10:05


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 04 - L'Académie.

Bonjour ^^

Le départ du village a été rude pour Onèan, il a rêvé de ce moment, mais quitter sa maison et sa famille fut bien plus difficile qu'il ne l'aurait cru.
Mais enfin voilà l'Académie, la grande école du Conglomérat va se découvrir à leur regard. Onèan et ses amis vont maintenant avancer vers leur rêve respectif.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser un commentaire ^^


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CHAPITRE 04
L’Académie

Manilaus, la capitale du Conglomérat, la cité où résidait la Lumière Divine, l’Empereur, c’était le centre de l’Empire où tout était décidé, où tout se jouait. La ville avait été la toute première créée de toute pièce par l’armée du premier empereur. Sur ses plages, les bateaux de guerre et de transport avaient accosté pour trouver une nouvelle terre d’asile.
La date de la fondation de la cité n’ai pas connu, un obscure brouillard plane que les débuts de la fondation du Conglomérat. Les livres traitant de ce sujet sont très rares, poussant la population à croire que cette cité a toujours existé. Mais le plus important est avant tout le couronnement de la Lumière Divine, Grand Empereur et protecteur du Conglomérat.
Manilaus fut le centre de la propagation de son pouvoir et de la paix qu’elle engendra. Tous les habitants des contrées rêvaient un jour de pouvoir contempler les splendeurs et les richesses de la ville lumière. Un fol espoir vibrait dans tous les individus qui foulaient de leur pas les rues, celui de pouvoir rencontrer la Lumière Divine, pour qu’il leur apporte la fortune et la gloire.
Pour augmenter ce pouvoir d’attraction la ville avait été bâtie autour du Palais Impérial. Il surplombait la cité et le port sur un grand plateau surélevé. Un grand mur d’enceinte séparait le palais et ses immenses jardins du reste de la cité. Il était tout en marbre et en pierre d’une telle blancheur qu’il éblouissait les regards quand le soleil s’y reflétait. Peu de gens étaient autorisés à pénétrer dans l’enceinte du palais et encore moins à rencontrer l’Empereur en personne. Les murs étaient gardés jour et nuit par une garde fidèle à la Lumière Divine les hommes en noir dont tout le monde connaissait l’existante mais que personne n’osait prononcer le nom.
Tout autour de la position du palais, sur des terrasses aménagées depuis des millénaires, se dressaient les maisons des nobles et des riches marchands. Ils avaient construit leur demeure le plus prés possible de l’enceinte du palais pour profiter du rayonnement divin de l’Empereur. Toutes les villas rivalisaient de splendeurs pour montrer à tous leur réussite et leur grandeur.
Enfin, s’étalant sur toute la plaine qui bordait la mer, les quartiers des habitants et des artisans se partageait l’espace jusqu’au port. La population de Manilaus vivait et travaillait, sous la protection de la Lumière Divine. La cité ne dormait jamais, de nombreux marché se tenaient un peu partout dans la ville, tous les quartiers vibraient de vie. Manilaus était un véritable labyrinthe avec ses rues tentaculaires et toutes ses ruelles sombres et ses escaliers étroits.
Dans le port, l’activité était encore plus soutenue, des navires de toutes les villes côtières du Conglomérat y accostaient en permanence, mais aussi des vaisseaux venus de toutes les terres connues. Certaines étaient très lointaines, apportant des denrées exotiques et des richesses rares venant de tous les pays bordant l’Océan Hoëdic.

Manilaus, le centre du pouvoir avec le Palais Impérial, mais d’autres lieux important s’y trouvaient également, la Confrérie de la Lumière, le siège du grand ordre des Chevalier Protecteur, et surtout l’Académie. Elle occupait tout un quartier de la capitale, entouré par de haut mur en pierre pour l’isoler du reste de la ville.
La cité était entourée de puissantes murailles en pierre, maintes fois détruites et reconstruites au fur et à mesure que la ville se développait. Les habitants se demandaient souvent pourquoi ces murs étaient conservés, la paix et la stabilité régnait sur les terres de Conglomérat. Les autorités leur répondirent que l’ordre venait de l’Empereur lui-même, qui ne voulait jamais relâcher sa surveillance contre les nombreux ennemis des terres pacifiées. Le dévouement de la Lumière divine pour la protection de son peuple fit taire rapidement toutes les questions.
Trois forteresses se dressaient tout autour de la cité, elles étaient là pour empêcher toutes attaques venues de l’intérieur des terres. Chacune d’ente elle appartenait à l’un des grands ordres militaires du conglomérat, l’une sous la protection des soldats de l’infanterie régulière, l’une sous la garde de la Chevalerie, et la dernière sous les ordres de la garde personnelle de l’Empereur.
Les bastions protégeaient les trois entrées principales de Manilaus, les seuls endroits qui permettaient de traverser les murailles de la cité. Elles étaient sévèrement gardées, avec plusieurs grilles en fer dont les barreaux avaient la taille d’un bras d’homme adulte. En cas d’agression, les portes pouvaient se fermaient en quelques minutes, la rendant parfaitement impénétrable.
Centre du Conglomérat, les grands axes commerciaux partaient de la cité pour recevoir les biens et les denrées de tout le pays. Des routes pavées avaient été construites à travers le Conglomérat pour relier toutes les régions vers ce centre incontournable. Pour rentrée dans la capitale, il fallait parfois patienter tant le nombre de visiteurs et marchands était importants.

Pourtant, certains jours, il fallait beaucoup de patience et de calme pour pouvoir pénétrer dans Manilaus. Un jour comme la cérémonie de commencement de la nouvelle année d’étude de la grande Académie, le siège du savoir. Des dizaines de caravanes venues de toutes les provinces du Conglomérat arrivaient toutes le même jour, presque au même moment.
- C’est long, fit Lynaïs excédée.
La jeune fille tapait du pied sur le sol rageusement.
- Patience ma bouillante amie, répondit Ekart, une archère ne doit pas garder son calme avant chacun de ses tires.
- Pour les files d’attente, c’est autre chose !
Onèan n’intervint pas pour éviter que la discussion ne s’envenime plus encore, bien qu’il était aussi fatigué que son amie à attendre ici. Le jeune homme avait cessé de regarder à la porte pour voir si la colonne avançait plus vite. La porte Est était complètement bouchée, et apparemment, un cavalier qu’il avait croisé lui avait dit que les portes Nord et Sud étaient dans la même situation.
Après un voyage de près de dix jours sur les routes du Conglomérat, cette attente était presque une torture. Leur groupe d’admis à la grande Académie avait été rejoint par plusieurs autres en cours de route. L’admission dans l’institution du Conglomérat avait lieu une fois par an, et ce jour là entrer et sortir de la ville devenait un parcours du combattant.
Onèan avait les yeux tournés la capitale, le soleil brillait dans le ciel faisant étinceler les toits des plus hauts monuments qu’ils apercevaient par-dessus la muraille. En élevant le regard, il put voir le haut plateau où se trouvait le palais de l’Empereur, la Lumière Divine qui les protégeait tous. Il sembla au jeune homme qu’un deuxième soleil brillait au cœur même de la cité, tant les murs blancs qui entouraient la résidence étincelaient.
- Et Onèan, qu’est ce que tu regardes ainsi ? Demanda Lynaïs.
Le cavalier sursauta en entendant la voix de la jeune fille, il tourna la tête vivement et se retrouva à quelques centimètres du visage de celle-ci. Elle s’était levés dans le chariot pour s’appuyer contre le bord à la même hauteur que son ami, penchée vers lui. Ils restèrent un instant sans bouger, Onèan se rendant compte à quel point ses yeux étaient brillants.
Les deux jeunes gens se reculèrent en même temps, en s’excusant, Ekart ne put s’empêcher de rire en voyant leur manège.
- Vous êtes excellent tous les deux, ce voyage en votre compagnie me plait de plus en plus.
Lynaïs, les joues virant au rouge, donna une claque derrière la tête d’Ekart.
- Quand tu auras fini de te moquer de tout le monde, tu me préviendras.
- Promis, répondit le jeune homme qui se remit à rire, récoltant une nouvelle claque.
Onèan n’osait pas regarder Lynaïs, gêné lui aussi, quand enfin la colonne devant lui de remit à avancer.
- Nous bougeons enfin !
Le conducteur du chariot de retourna alors vers les deux jeunes gens qui se disputaient toujours sous les rires des autres passagers.
- Tous les deux, ce n’est pas bientôt fini ! Je vais vous laisser continuer à pied derrière si cela continue.
- Désolé, lancèrent Ekart et Lynaïs en se remettant à leur place.
Le conducteur hocha la tête satisfait, et il remit en route son chariot d’un appel bref aux deux chevaux de l’attelage. Les gardes des portes les laissèrent passer sans les arrêter, ils devaient laisser passer les futurs étudiants à l’Académie qui étaient attendu pour la cérémonie d’entrée.

Beaucoup parmi les jeunes gens venaient de villages ruraux dans les provinces alentours, peu connaissaient les villes et leur agitation. L’arrivée à Manilaus les plongea immédiatement dans un autre monde, loin des petits groupes de maisons au milieu des champs. Chacune des portes principales donnait accès à une grande avenue assez large pour laisser passer quatre chariots les uns à coté des autres.
Les rues étaient pavés et propres, les trottoirs étaient fait d’une pierre différente pour différencier les passages pour les piétons. Les maisons avaient toutes des façades neuves, en pierre ou en bois, peintes de la même couleur donnant une grande uniformité à la cité. Le blanc dominait, avec quelques touches de crème et d’or, des marchands criaient en direction des passants ventant les mérites de leur produit.
Partout les gens qui les apercevaient les saluaient avec des gestes amicaux, des guirlandes de fleurs étaient accrochées dans les rues. Les nouveaux étudiants de l’Académie découvraient une ville plein de vie et de lumière, l’accueil était chaleureux et festif.
Des hommes en armes guidaient le groupe vers l’endroit où se trouvait la grande école du Conglomérat pour ne pas perdre un seul d’entre eux. Les rues de la cité étaient parfois plus dangereuses qu’elles n’y paraissaient, une jeune personne venue de l’extérieur était une cible rêvée pour les bandits de tous bords.
Les convois traversèrent la grande avenue principale de Manilaus, appelé la Voie du Triomphe, l’axe où venait défiler les troupes devant l’Empereur. Ils arrivèrent dans une grande place circulaire où un monument à la gloire de la Lumière Divine était érigé. Il montrait le premier empereur terrassant ses ennemis par sa force et son pouvoir, la statue fit forte impression auprès des jeunes gens. Ekart aurait bien voulu descendre pour l’étudier de plus près mais le conducteur avait reçu ordre de ne pas stopper son attelage.
Les chariots prirent une nouvelle avenue, plus petites que la précédente, retrouvant les mêmes scènes de liesse, mais également d’autres convois venus de la porte Sud. Un grand mur apparut alors, comme une outre enclave protéger au sein même de la coté, l’Académie se trouvait devant eux.
L’homme qui les avait emmenés depuis le départ de Winrya fit stopper son chariot derrière une file d’autres identiques. Il se tourna vers ses passagers qui le regardaient.
- Vous êtes arrivé à l’Académie, je vous souhaite à tous bonne chance pour cette année, j’espère que vous réussirez.
Les nouveaux étudiants le remercièrent en même temps, l’homme hocha la tête et descendit de son siège pour les aider à descendre. Les jeunes gens étaient intimidés mais aussi particulièrement excités de se retrouver enfin à Manilaus et à l’Académie.
- Onèan, lança le conducteur dans sa direction, tu devrais mettre pied à terre et tenir ton cheval par la bride, il va y avoir du monde et tu pourrais être gêné.
- Merci, je m’en doutais un peu de toute façon.
Le jeune homme descendit de selle, il fut rejoint par Ekart et Lynaïs. Sans un regard en arrière, ils suivirent les autres étudiants qui marchaient dans la même direction. Les portes de l’enceinte de l’Académie étaient face à eux, elles étaient très grandes, toutes en fer forgé. Le nom du prestigieux bâtiment était inscrit en lettre doré au-dessus du portail.

En entrant, les nouveaux étudiants faisaient face à l’imposant bâtiment principal, une grande façade en pierre percée de fenêtres aux sculptures soignées et répétitives. L’enceinte de l’Académie comportait le bâtiment principal qui faisait plusieurs étages de hauteurs sur une largeur presque inimaginable. Il faisait face à une grande cour d’honneur pavé avec un large perron constitué d’une dizaine de marche.
En plus de cette bâtisse, l’Académie possédait plusieurs annexes à l’arrière, des bâtiments à l’architecture plus simple et identique. Ils servaient au fonctionnement de l’école, les dortoirs des élèves et des surveillants, le réfectoire, les réserves, des salles de cours. Un bâtiment plus petit était laissé au seul usage de l’ordre de la Chevalerie, non loin de l’écurie et d’un terrain d’entrainement. Au fond de l’enceinte se trouvait un parc arboré, et un second espace qui servait autant à la détente qu’aux pratiques martiales.
Onèan, Lynaïs et Ekart s’étaient rapprochés les uns des autres sans s’en rendre compte, très impressionnés, essayant de se rassurer. Ils se sentaient écrasés par la force qui se dégageait du lieu. Mais poussés par les autres étudiants, les trois amis avancèrent dans la cour où une foule nombreuse patientait.
L’endroit était plein d’étudiants qui comme eux venaient ici de l’espoir dans le cœur et des rêves emplissant la tête. Tous attendaient, debout au milieu des autres, quelques-uns uns comme Onèan avait un cheval. Certains parlaient entre eux, nouant des amitiés nouvelles, peu avait la chance comme les trois amis de Winrya de connaitre quelqu’un parmi tous les élèves rassemblés dans ce lieu.
Sur le perron en pierre, devant le grand bâtiment, du mobilier avait été mis en place en vue du discourt de bienvenu. Un pupitre en bois sombre trônait au centre, remonté par une petite estrade de bois qui permettait d’être parfaitement bien vu par toute la foule rassemblée. Sur le coté droit, une table et plusieurs chaises étaient disposées, et contre la façade, une dizaine de siège de très belle facture étaient alignées.
Enfin, les portes en bois s’ouvrirent pour laisser sortir les personnes venant accueillir la nouvelle promotion d’étudiant de l’Académie. Des hommes habillés de toge noire en velours apparurent portant sur leur tête le même chapeau plat étrange. A leur cou, une chaine en or était visible portant une médaille, celle-ci était différente selon les personnes. Ils s’assirent sur les sièges contre le mur, les étudiants comprirent qu’ils s’agissaient des professeurs de l’école.
- J’espère qu’ils ne vont pas donner leurs cours avec ces chapeaux ridicules, je ne vais pas arrêter de rire, murmura Ekart.
- Tais toi donc, tu vas nous faire remarquer dés le premier jour, le rabroua Lynaïs.
Après les professeurs, plusieurs personnes surgirent de la porte, des hommes et des femmes en tenue plus ordinaire qui s’installèrent aux tables situées à droite. Ils préparaient déjà de gros registres, l’administration était particulièrement importante pour l’Académie, ses archives remontaient jusqu’à la naissance de l’institution.
L’un des membres du groupe resta debout, les bras croisés près du pupitre. Il était difficile de le rater, l’homme était particulièrement grand, avec une corpulence fine, ses bras et ses jambes semblaient interminables. Il était chauve avec un visage ovale et très long, ses yeux sombres apparaissaient presque totalement noirs. Il était vêtu de manière simple avec une veste vert émeraude, une chaîne en or pendait à son cou, tout comme les professeurs.
Enfin, un dernier personnage apparut sur le perron, il portait une toge identique aux autres professeurs mais la sienne était bordée par de la fourrure argentée. Son visage était sévère avec une barbe noire striée de gris, il écrasait de sa seule présence tous les jeunes gens rassemblés devant lui. Il scruta avec insistance la foule, peu à peu u silence étrange s’installa, seulement troublé par les bruits de la ville alentour.
- Bienvenu à tous pour cette nouvelle promotion de l’Académie, le centre du savoir du Conglomérat, une institution qui existe depuis plusieurs siècles pour éclairer vos jeunes cerveaux en friche.
La remarque fit sourire plus d’une personne dans l’assemblée, l’homme reprit la parole sur un ton moins badin.
- Je m’appelle Maître Garynlos, le directeur de l’Académie. J’ai été nommé à ce poste par l’Empereur pour donner au Conglomérat ses plus illustres représentants.
Le ton solennel de l’homme était teinté de gloire et de respect. Soudain le directeur fixa les étudiants, plusieurs reculèrent malgré eux.
- Je compte bien mener cette mission à son terme et je tiens à vous prévenir tout de suite.
Le regard de Maître Garynlos se durcit.
- L’échec n’est pas permis, de même que le refus d’obéir, en entrant ici vous vous mettez sous les ordres de l’Empereur et de personne d’autre.
Onèan avait un mauvais pressentiment, le directeur ne serait pas au nombre de ses bonnes relations, il en était certain.
- Maintenant, nous allons procéder au partage, reprit l’homme au visage sévère, les différentes corporations vont être énumérées à haute voix. A chaque fois les étudiants sélectionnés seront appelés, vous viendrez signer un registre et des directives vous seront données, suivez-les scrupuleusement.
Les hommes derrière lui se relevèrent.
- J’irai voir chacune des classes pour vous préciser quelques autres points du règlement intérieur de l’Académie.

Sur ces mots le directeur salua de la tête les étudiants et descendit de son estrade. Il marcha directement jusqu’à l’entrée du bâtiment principal et rentra à l’intérieur aussi subbitemlent qu’il était arrivé. Sans rien ajouter, les professeurs réunis derrière se levèrent à leur tour pout suivre le directeur, ils n’avaient même pas parlé ce qui ne semblait pas les déranger outre mesure.
- Le directeur est un drôle de bonhomme je trouve, fit Onèan.
- J’en ai bien l’impression, ajouta Ekart, les autres professeurs le suivent sans rien dire sur les cours ou autre chose.
- Peut être qu’ils préfèrent voir directement avec leurs élèves, lança Lynaïs.
- Peut être, répondit Ekart.
Les trois amis se turent de nouveau comme les autres jeunes gens qui s’étaient mis à murmurer ensemble après l’intervention du directeur. L’homme au crane chauve venait de prendre la place du directeur au pupitre sur l’estrade en bois, son regard était particulièrement sévère quand il le promenait sur la foule. Il prit la parole quand le calme complet fut revenu.
- Je suis Maître Iguare, le Maître des études, vous apprendrez très vite à me connaître, surtout si vous ne respectez pas le règlement de l’Académie.
L’homme balaya la foule du regard.
- Je suis le surveillant en chef des dortoirs et du réfectoire, c’est à moi que vous devrez avoir à faire en cas de désobéissance ou de transgression du règlement.
Le maître des études saisit alors un grand livre avec une couverture en cuir noir que lui tendait l’un des secrétaires de la table proche. De nouveaux murmures s’élevèrent alors parmi les étudiants, Maître Iguare posa violement le livre sur le pupitre coupant court au brouhaha.
- Je veux le silence ! Hurla-t-il d’une voix pleine de colère.
Les élèves rentrèrent la tête dans les épaules, le ton ne méritait pas de répétition.
- Et bien, voilà qui commence sous les meilleurs hospices, murmura Lynaïs.
Onèan sentit l’ironie dans la voix de son amie, il était d’accord avec elle, Iguare était le genre de personne à éviter.
- Il est juste là pour nous effrayer.
Ekart avait parlé sur un ton presque inaudible.
- Ce n’est qu’un fantoche qui veut être sûr que la masse suive ses ordres, personnellement je suis là pour les cours et pas me comporter en mouton docile.
Onèan et Lynaïs écarquillèrent les yeux de surprise.
- Un peu de respect pour l’ordre Ekart, fit le jeune homme.
Son ami haussa seulement les épaules.
- Je ne vois franchement pas pourquoi.
Le maître des études avait reprit son discours.
- Vous êtes la 268ème promotion entrant à l’Académie, à vous de vous montrer respectueux de vos ainés qui vous ont précédé en ces lieux. Je vais appeler chaque groupe dans l’ordre alphabétique, j’énumérerais les noms des admis un à un.
Il fit une pause avant de reprendre.
- A l’appel de votre nom, vous viendrez jusqu’au table sur le perron pour signer le registre et montrer votre convocation reçu lors de vos épreuves. Je ne répéterais pas plus de trois fois les noms des reçus, je vous préviens, si j’en vois après qui n’ont pas entendu leur nom, vous commencerez votre séjour chez nous par un petit tour par mon bureau !
La menace était clair, le silence se fit presque immédiatement dans la foule des étudiants. Satisfait de son effet dissuasif, il ouvrit le livre devant lui et commença à énumérer les noms sur la liste. Plusieurs étudiants arrivèrent essoufflés après le troisième appel, ils étaient copieusement invectivés par Iguare qui gardait leur nom pour les premières retenues.
- Nous devrions nous rapprocher un peu plus, proposa Lynaïs.
- Aurais-tu peur de manquer l’appel ? Plaisanta Ekart.
La jeune fille le foudroya du regard.
- Evidemment que j’en ai peur, je ne suis pas là pour défier l’autorité contrairement à certain ici présent.
Ekart se contenta de sourire.
- J’ai le droit à beaucoup de compliments de ta part aujourd’hui, je t’en remercie.
Excédée, Lynaïs marcha en avant suivi par Onèan qui préférait ne pas intervenir dans les disputes, connaissant le coté impulsif de la jeune fille. Les trois amis n’étaient pas les seuls à vouloir se rapprocher, personne ne voulait connaitre les châtiments que promettait le maître des études. Bien que le seul fait de rester en sa compagnie pendant plusieurs heures devait être un très mauvais souvenir à tous ceux pour qui cela arrivait.
Ekart fut le premier appelé pour le groupe des diplomates, le jeune homme se redressa pour tenter de paraitre qu’il ne l’était réellement.
- Voilà il est temps pour moi de vous laisser dans cette cour, mon destin m’appelle !
- Arrête donc de faire ton intéressant, lança Onèan, et bonne chance à toi.
- Bon courage, renchérit Lynaïs.
- Merci, mais la chance est inutile pour moi, seul compte mon intelligence et mon talent.
Il releva la tête sur ces derniers mots, sûr de lui.
- Tu ne changeras donc jamais, fit la jeune fille.
Ekart se contenta de sourire sans relever, puis il leva la main pour les saluer et partit en direction du perron. Il traversa le rang des premiers étudiants au moment ou maître Iguare lança son troisième appel pour lui.
- Il était temps, lâcha le Maître des études sur un ton sévère.
- J’avais trois appels pour venir, pourquoi na pas profiter jusqu’au bout du temps qui nous est imparti.
Iguare fixa le jeune homme avec intensité.
- Toi, je te tiendrais à l’œil.
- Se sera avec plaisir, répondit Ekart.
Il alla signer le registre sur l’une des tables sur le coté sous le regard médusé du maître des études et du personnel de l’Académie.
- Je sens que je vais me plaire ici, finit le jeune homme avant de prendre la direction indiquée par l’homme qui tenait le registre.
Ces deux amis ne pouvaient pas entendre l’échange qu’avait eu Ekart avec Iguare, mais ils avaient pu voir le changement d’attitude de l’homme.
- Et voilà, dés le premier jour, il s’attire les ennuis, il devrait savoir que nous ne serons pas toujours là l’aider, fit Lynaïs.
- C’est Ekart, répondit simplement Onèan, nous verrons bien ce qui lui arrivera, de toute façon nous l’aiderons, comme nous avons toujours fait.
- Avons-nous le choix ? Lança la jeune fille en soupirant.
Les groupes d’appel se poursuivirent dans le silence, les élèves se pressaient avec impatiente en attendant enfin leur nom. Quelques instants plus tard, Onèan entendit les mots qu’ils avaient espérés depuis tant d’année.
- Pour les Ecuyers de l’Ordre des Chevaliers Protecteur ! Hurla le Maître des études de sa voix puissante.
Les deux jeunes gens se redressèrent en même temps.
- Cette fois c’est à ton tour ! Dit Lynaïs.
Elle se tourna vers lui en souriant.
- Oui, je vais me rapprocher un peu plus, avec mon cheval, j’aurais bien du mal à traverser la foule compact rapidement.
- Tu as raison, cela t’évitera des ennuis avec notre sympathique organisateur.
Onèan afficha un grand sourire à son tour.
- J’espère que tout se passera bien pour toi, fit Lynaïs.
- Pour toi aussi, de toute façon nous allons rester là un an, nous aurons surement l’occasion de nous voir souvent.
Lynaïs s’avança alors subitement vers lui et déposa un rapide baisé sur la joue droite d’Onèan.
- J’en suis persuadée, rajouta t’elle juste après.
Le jeune écuyer était devenu rouge de confusion.
- Oui moi aussi, bredouilla t’il.
Onèan fit un dernier signe de la main à son amie, puis, tenant toujours son cheval par la bride, il se dirigea vers l’entrée du bâtiment principal.
 
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Il y a 4 commentaires
Mélanie mustang le 27/08/2006 à 12:41:09
C'est super! Je vais de suite lire la suite!
Jupiter le 22/10/2006 à 00:57:36
chti chapitre ters sympa et c pas mimi ca qu'il rougi ^^
Titedidine80 le 26/06/2007 à 20:05:31
Ca s'annonce bien tout ça ^_^
L'histoire devient de plus en plus intéressante en s'installant petit à petit
Yuffie le 05/10/2007 à 14:27:23
Toujours aussi bien !!

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