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Jeudi 31 mai 2012, 10:06


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 07 - Si peu de temps.

Bonjour lecteur ^^

Une accusation de vol vient de tomber sur Mel, la jeune fille se trouve prise dans les filets d'un ennemi qu'elle ne peut combattre. Sous les yeux d'Onèan, il a vu le commandant condamner l'étudiante.
Mais le jeune homme est persuadé de son innocence, il va tout faire pour le prouver et sortir son amie de ce guêpier.

Bonne lecture !


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CHAPITRE 07
Si peu de temps


- Sir Parsian, attendez !
Le chevalier se retourna pour faire face à Onèan qui venait de l’interpeller, son visage était plus sombre que d’habitude.
- Que me veux-tu mon garçon ? Je ne peux absolument rien pour ton amie si c’est le but de ta requête.
- Pas du tout Sir Parsian, je veux la défendre moi-même.
L’homme fixa le jeune écuyer.
- Je ne comprends pas.
- Selon le code de la chevalerie, un chevalier accusé d’un crime a le droit d’être défendu par l’un des siens, tant qu’il est de même grade que lui.
- Et tu voudrais la défendre ?
- Oui, fit Onèan avec assurance, je sais qu’elle est innocente et qui est le vrai coupable.
Sir Parsian regardait le jeune homme, il ne savait pas de qui il parlait mais il affichait une grande certitude. Le chevalier ne voulait pas prendre parti, il ne le pouvait pas de toute manière étant un professeur. Il le fixa avec intensité pour s’assurer de ce qui l’attendait si celui-ci prenait cette direction.
- Attention, tu ne peux pas accuser quelqu’un sans preuve.
- Je les trouverais, je m’y emploierais.
- Tu n’as qu’une journée pour en trouver, c’est un délai qui me parait vraiment court pour juger une telle affaire.
- Justement, répondit le jeune homme, je trouve qu’elle a été désignée comme coupable trop rapidement, elle a le droit à une défense juste et honorable.
Sir Parsian poussa une exclamation de dépit, il était vraiment trop têtu pour qu’il arrive à le faire changer d’avis.
- Bon très bien, suis-moi.
Le chevalier entraîna le jeune homme vers le bureau du Capitaine Abastar. Il frappa à la porte et entra dés qu’il en eu l’autorisation. Onèan n’était encore jamais entré dans cette pièce, elle était à l’image du capitaine, meublée de manière stricte avec un bureau, une chaise pour lui et deux autres devant. Sur les murs, des étagères supportaient des livres et des piles de feuilles inconnues, un placard fermé à clef complétaient l’ameublement.
Une grande fenêtre donnait de la lumière à la pièce dont les murs avaient été conservés en pierre nue. Il n’y avait pas de cheminée dans le bureau, il y faisait toujours froid ce qui n’avait pas l’air de déranger le capitaine dans son travail. L’homme leva la tête vers le nouvel arrivant, la colère se lisait encore dans les yeux de celui-ci ;
- Qui y a-t-il Sir Parsian ?
L’instructeur remarqua Onèan et son regard se durcit encore un plus. Il n’avait apparemment toujours pas laissé retomber son courroux causé par l’affaire qui venait de se passer dans sa promotion d’étudiants.
- Je ne veux rien entendre, ma décision est sans appel.
- Justement, intervint Sir Parsian, cet écuyer souhaite défendre l’accusée selon les lois de l’Ordre.
Le regard d’Abastar changea un peu, de la colère était toujours visible, mais elle était apaisée par un intérêt et une certaine curiosité.
- Es-tu sûr de ton choix ?
- Oui Capitaine, dit Onèan avec toute la détermination dont il était capable devant l’intimidant officier.
L’homme réfléchit quelques instants, l’affaire était grave et il avait réagi avec son cœur sans vraiment réfléchir. C’était le gros problème du capitaine Abastar, ses emportements lui avaient coûté bien des promotions par le passé. La requête de l’écuyer le prenait un peu de court, il ne pensait pas qu’il y aurait une personne prête à défendre sa camarade malgré le danger que cela impliquait. Il finit par faire un hochement de la tête en posant les mains jointes sur le bureau devant lui.
- Très bien, je suis d’accord.
Il fixa le jeune écuyer.
- Tu as la journée pour faire la lumière sur cette affaire et seulement une journée, mais si ce soir, au coucher du soleil, tu n’as rien à me dire pour prouver l’innocence de l’écuyer Davard, alors j’appliquerais la sentence.
Onèan affichait un air grave comprenant l’importance de sa mission qui l’attendait maintenant. Intérieurement beaucoup de questions se bousculaient dans sa tête, il était le seul espoir de Mel.
- Bien Capitaine, je ne l’oublierais pas.
- Tu peux aller voir l’accusée, pour que tu puisses l’entendre, à toi de me prouver que j’ai eu tort.

Sir Parsian et Onèan sortirent de la pièce après un garde à vous. Une fois la porte fermée, le chevalier se tourna vers lui, de l’inquiétude sur le visage.
- Tu es sûr de toi.
- Oui tout à fait.
- Tu sais que si tu mens pour sauver ton amie, tu risques le renvoi de l’Académie.
- Si je découvre la vérité, je n’aurais pas besoin de mentir pour prouver son innocence, de toute façon cela ne me serait même pas venu en tête.
Sir Parsian sourit.
- Tu apprends plus vite que je ne pensais.
Onèan le regarda sans comprendre, mais l’homme ne lui en dit pas plus.
- Tu vas déjà aller voir ta protégée, reprit le chevalier.
Ils cheminèrent en silence jusqu’aux dortoirs, là Sir Parsian donna les explications aux gardes pour faire rentrer le jeune homme dans la chambre transformée en prison. Contrairement aux autres étudiants, les élèves écuyers avaient des chambres personnelles petites mais qui permettaient d’avoir un peu plus d’intimité.
Onèan rentra dans la chambre gardée, il n’était encore jamais rentré à l’intérieur. Elle était identique à la sienne au niveau des meubles, un lit, une table avec une chaise simple, une armoire et un coffre au pied du lit. Une petite fenêtre ouverte sur l’extérieur permettait d’avoir de la lumière, mais des barreaux de fer en empêchaient le passage.
Mel était assise sur son lit, elle tentait de se calmer après son excès de fureur lorsqu’elle avait été emmenée. Elle tourna la tête en direction de la porte quand elle s’ouvrit et fixa le nouveau avec étonnement. Sa colère se calma instantanément quand elle reconnu Onèan et non l’un des surveillants qui l’avaient enfermé dans la pièce.
- Mais comment es-tu rentré ? Je n’ai le droit à aucune visite.
Le jeune homme attendit que la porte ne se referme pour se rapprocher du lit. Il prit alors la chaise et s’installa face à la jeune fille pour être à la même hauteur et lui donner quelques explications à sa présence ici.
- J’en ai le droit maintenant car j’ai choisi de te défendre.
Mel écarquilla les yeux, elle savait ce que cela impliqué.
- Tu peux être sanctionné toi aussi, voir renvoyé.
- Je sais que tu es innocente, et il n’est pas question que Cerissac s’en sorte.
- Oui ! C’est lui le coupable.
La jeune fille ferma les poings en tentant de reprendre la maitrise d’elle-même, la colère qu’elle ressentait face à cette injustice était incalculable.
- Pour le moment, reprit Onèan, cela ne sert à rien de t’énerver ainsi, tu dois te calmer d’accord ?
Mel hocha la tête.
- Tu as raison, excuse moi, mais je suis hors de moi en voyant ce qui m’arrive.
- Je sais bien.
La jeune fille baissa la tête quelques instants pour reprendre le contrôle de ses émotions, une fois apaisée, elle répondit à son ami.
- Comment vas-tu prouver mon innocence ?
- C’est mon affaire, mais je t’assure que je trouverais le moyen de faire la lumière sur toute cette affaire.
- Merci.
Les yeux de Mel brillèrent d’un nouvel espoir, elle avait confiance en Onèan pour trouver le coupable.
- En premier lieu, j’ai besoin de savoir ce qui s’est passé cette nuit, tu avais commencé à me dire qu’il t’était arrivé une étrange histoire.
La jeune fille acquiesça.
- Oui, cette nuit, ma garde ne s’est pas passée comme je l’aurais pensé, j’en ai parlé avec un surveillant mais il ne m’a pas cru.
Elle prit une inspiration et commença son récit.
- Au milieu de la nuit, alors que je patrouillais non loin des magasins, j’ai aperçu une ombre dans les couloirs. J’étais étonnée, je ne pensais pas qu’il y avait encore des gens debout à cette heure tardive. Je me suis alors approchée pour savoir qui était là, mais alors que j’allais le voir, l’inconnu s’est enfui.
Mel poussa une exclamation de dépit en secouant la tête.
- C’est là que j’ai fait une erreur, croyant qu’il s’agissait d’un voleur, je lui ai couru après pendant une bonne demi-heure dans les couloirs. L’inconnu semblait bien connaitre les lieux parce qu’il arrivait à trouver des cachettes pour m’échapper. Je n’ai pas pu l’attraper évidemment, d’un coup il a disparu comme par magie, et moi je me retrouvais seule et complètement essoufflée pour rien.
Elle tapa du poing au creux de sa main.
- Je suis persuadée qu’il faisait tout pour m’éloigner des magasins. Même si ce n’était que des ombres j’ai bien compris qu’il y avait plusieurs personnes, j’ai bien cru reconnaitre la silhouette massive d’un des deux acolytes de Keridan, Duncan ou Pearce.
Onèan hocha la tête.
- Ce devait être une diversion pour mieux préparer leur coup, il reste à le prouver maintenant. Tu en as parlé au Capitaine Abastar, qu’en a-t-il dit ?
- Il m’a traité de menteuse et d’affabulatrice, moi une menteuse tu te rends compte !
Le jeune écuyer se mit à réfléchir, cette affaire était clairement un coup monté pour incriminer Mel, mais maintenant il fallait le prouver.
- Mais comment veux-tu trouver la solution en une seule journée ? lança la jeune fille avec énervement. Il faudrait avoir une intelligence hors du commun !
Le jeune homme se redressa brusquement.
- Evidement, lança Onèan, je sais qui peut nous venir en aide.
- Tu connais un enquêteur ?
- Mieux que cela, un futur diplomate !
Il se leva précipitamment.
- Ne t’inquiète pas, je te sortirais de ce mauvais pas je te le jure.
Mel afficha un petit sourire.
- Merci pour ton aide, mais fais bien attention, je ne voudrais pas que tu reçoives un blâme par ma faute.
- Cela ne m’arrivera pas, avec la personne qui va m’aider, je suis sûr de trouver le moyen de te sortir de ce mauvais pas.
Le jeune homme sourit pour la rassurer, il devait d’abord lui montrer qu’elle n’était pas seule à se battre maintenant. Il la salua une dernière fois en affichant un visage confiant, puis il quitta la chambre sans attendre.

Le surveillant l’interpela avant que le jeune écuyer ne parte.
- Et gamin, tu crois vraiment qu’elle n’est pas coupable ?
- Oui j’en suis persuadé.
L’homme ricana.
- Je sens que nous aurons deux personnes châtiées ce soir.
Onèan préféra ignorer les paroles de mauvais augures du surveillant, il n’avait que faire de ces paroles. Il sortit du dortoir et du bâtiment réservé aux écuyers, il se trouvait à droite du bâtiment principal de l’Académie, non loin des écuries.
Le jeune homme lui devait retrouver Ekart, et pour cela il se dirigea vers le grand bâtiment de pierre, il savait que ses courts avaient lieux dans cette partie de l’école. Après s’être renseigné auprès d’un étudiant, il trouva l’amphithéâtre où se tenaient les cours magistraux de la section de diplomatie.
Les élèves étaient en petits groupe, ils n’avaient apparemment rien de prévu pour le moment. Ne voyant pas son ami, il tenta sa chance auprès des élèves présents, mais il fut reçu avec une telle froideur qu’il préféra se passer de leur aide.
L’écuyer savait que son ami aimait se retrouver au calme pour lire, il décida de se diriger vers la bibliothèque de l’Académie. Quand il entra dans la grande salle, il dut se calmer quelques instants pour ne pas faire trop de bruit, le silence était une règle stricte à appliquer dans ces lieux sous peine de se faire exclure.
La bibliothèque était la plus grande qu’il n’avait jamais vu, des étagères pleines de livres montaient jusqu’au plafond de la salle qui était pourtant très haut. Des échelles permettaient d’atteindre les rayonnages les plus hauts, des tables étaient disposées pour permettre aux étudiants de travailler en silence.
Onèan avança à travers les allées bordées d’étagères rempli d’ouvrages. Il n’avait pas pour habitude de venir dans ce genre de lieu, mais il connaissait son ami pour savoir que cette atmosphère lui plaisait. Au détour d’une allée, il finit par le voir, assis à une table sous la caresse du soleil, plongé dans la lecture d’un livre.
- Ekart, appela t’il doucement, bonjour.
Le jeune homme fluet leva les yeux de l’ouvrage qu’il lisait.
- Tiens, Onèan, que fais tu donc dans une bibliothèque ?
- J’ai besoin de ton aide.
- Pour ton amie Mel je suppose.
L’écuyer en fut stupéfait.
- Mais comment …
- Un diplomate doit toujours tout savoir.
- Tu es vraiment la personne dont j’ai besoin, tu veux bien m’aider ?
Ekart réfléchit à peine.
- Evidemment que je vais t’aider, je ne vais pas laisser une pareille occasion de me faire bien voir auprès de mes professeurs.
- Merci Ekart.
Le jeune homme fit un geste vague.
- Pas la peine, c’est clairement une affaire qui sert à discréditer ton amie, tu nous l’as présenté, et je ne pense pas qu’elle soit capable de voler.
- Par contre, nous n’avons qu’une journée pour trouver le vraie coupable, il va falloir être efficace.
Ekart se leva en reposant le livre dans sur une étagère.
- Tu sais très bien à qui tu parles tout de même, ne l’oublie pas s’il te plait.
Onèan sourit, mais il souleva un problème.
- Et pour tes cours ? Moi j’ai eu une dispense particulière parce que je suis le défenseur de Mel.
- Ne t’en fais pas pour ça non plus, je vais m’en occuper.
L’élève diplomate quitta la bibliothèque à grandes enjambées, suivi par l’écuyer qui se demandait bien où son ami l’emmenait. Ils ne quittèrent pas le bâtiment de pierre, frappant à la porte d’un petit bureau situé non loin de l’amphithéâtre de la section de diplomatie. Le professeur Vinte Shinjar les accueillit avec un sourire chaleureux, le bureau était totalement différent de celui du Capitaine Abastar, meublé avec goût, des tentures sur les murs et des œuvres d’art. L’homme aimait son confort et montrait à ses invités qu’il était cultivé et soigné.
- Mr Caras, que me vaut ce plaisir ? Mon cour ne commence que dans une heure pourtant, êtes vous si pressé que ça.
- Je viens vous demander une permission exceptionnelle pour ne pas aller en cours, mon camarade l’Ecuyer Terrenoir de la section des Chevaliers Protecteurs a requis mon aide pour une affaire de justice fort délicate. Je désire bien évidemment l’accepter mais pour cela j’aurais besoin de votre aval.
Le professeur observa le jeune homme, il aimait sa désinvolture et son culot. L’homme avait entendu parler de cette affaire de vole, le capitaine Abastar avait une nouvelle fois montré son impétuosité à rendre une justice expéditive. Le chevalier n’était pas un méchant homme, mais il était parfois trop sanguin.
Vinte Shinjar avait envi de voir ce jeune homme si prometteur à l’œuvre, une enquête pour dénicher des preuves était le meilleur moyen de progresser, bien plus que des cours même les siens.
- Si vous n’oubliez pas de rattraper les cours, je veux bien vous laisser libre à titre exceptionnel.
- Merci beaucoup Professeur Shinjar, répondit Ekart.
Avant que les jeunes gens partent, l’homme les interpela.
- Encore une chose Mr Caras, j’espère que vous dénouerez les fils de cette histoire, je pense que les écuyers Terrenoir et Davard comptent également sur vous.

Ekart sourit en le saluant. Ils se retrouvèrent dans le couloir, libre de leur mouvement, ils allaient pouvoir se mettre au travail. Les deux étudiants se mirent en route tout en parlant pour mettre au point leur stratégie.
- Avant tout, nous devons aller sur le lieu du vol, fit Ekart, c’est là bas que tout s’est joué.
- Tu ne veux pas parler avec Mel pour qu’elle te raconte son histoire.
L’élève diplomate se contenta de secouer la tête.
- Cela ne nous aidera pas pour notre affaire en plus nous perdrons du temps inutilement, résume moi ce qu’elle a dit sur le chemin.
Les deus jeunes gens arrivèrent dans le bâtiment alloué à la chevalerie, les couloirs étaient déserts, la plupart des élèves en classe. Les magasins se trouvaient non loin de la sortie arrière du bâtiment pour permettre aux livraisons de se faire à toutes heures de la journée. Les employés de l’Académie pouvaient aussi aisément s’y rendre.
Un surveillant était posté dans le couloir, une nouveauté qui découlait du vol qui avait été commis dans la nuit précédente. Après s’être identifié, le garde les laissa fouiller à leur guise, leur indiquant dans quel magasin les fournitures avaient été volées. En entrant, Onèan poussa immédiatement une exclamation de surprise.
- Ce n’est pas vrai, l’un des aides du commis général a nettoyé le sol.
- Ils ne devaient pas garder l’endroit intact pour les enquêteurs ? Demanda Ekart.
- Ils n’ont pas du être au courant, mais le plus étrange c’est qu’habituellement le ménage est rarement fait, et surtout pas aussi bien.
- Voilà un excès de zèle bien étrange.
Ekart se frotta le menton en réfléchissant pour lui-même.
- Maintenant toutes les traces ont disparu, fit Onèan dépité.
- Tu as dit qu’ils n’étaient pas vraiment des champion du ménage, cherchons tout de même si des fois un indice leur aurait échappé.
- Très bien.
Ils se mirent tous deux à scruter le sol avec attention, chaque centimètre carré de la pièce furent fouiller pour ne rien laisser passer. Enfin l’élève diplomate souleva un sac et poussa un cri de triomphe.
- La fainéantise nous permet de nous remettre en course, voilà une trace qui a été oublié d’être nettoyé.
Onèan accourut à ses cotés pour voir sa découverte, il s’agissait d’une empreinte de pied faite de boue séchée. En l’observant attentivement, ils reconnurent la trace laissée par une botte à la marque plutôt commune.
- Je la trouve bien large pour l’empreinte d’une jeune fille, dit Ekart.
- La pointure de Mel n’est pas aussi grande.
- La boue est encore un peu humide, elle date de cette nuit à n’en pas douter.
- Mais comment ont-ils pu confondre ces empreintes avec le pied de Mel ?
- Là j’ai peut être une idée, il y avait plusieurs personnes et l’une d’entre elle devait avoir la même pointure que ton amie. Mais ils ont été assez intelligents pour effacer les traces suspectes pour incriminer la demoiselle.
Le jeune homme fluet se pencha vers le sol et il prit un peu de terre séchée entre ses doigts. Il l’effrita lentement et sentit l’odeur qui en résultait, il hocha la tête satisfait de sa découverte et se releva pour faire face à Onèan.
- Cette boue vient d’un endroit bien particulier de l’Académie.
- Comment peux-tu en être si sûr ?
- Sens par toi-même et tu comprendras.
Le jeune homme s’exécuta sur les doigts tendus de son camarade, il fronça les sourcils en reconnaissant à son tour l’odeur caractéristique.
- Je pense savoir d’où elle provient aussi, renchérit l’écuyer.
- Elle sent le crottin de cheval, comme celle derrière les écuries, lança Ekart
- Un lieu parfait pour ne pas être vu.
- Voyons où nous emmènera cette nouvelle piste.
Les deux compagnons sortirent du bâtiment par la porte la plus proche, le surveillant les regarda passer avec suspicion. Une fois à l’extérieur, ils longèrent le mur par l’arrière, un chemin peu emprunté qui était envahi par l’herbe et les gravats.
- Pourquoi nous faire passer par là ? Demanda Onèan.
- Pour passer inaperçu, je n’ai pas envi que quelqu’un nous voit chercher et qu’il prenne soin d’effacer les traces qui peuvent encore y avoir.
L’écuyer ne savait pas où son ami avait pu apprendre tout ce qu’il savait. Il le suivit en silence, prenant garde de ne pas trébucher sur une pierre ou une racine oubliée. De l’autre coté du bâtiment, ils se dirigèrent vers les écuries qui étaient entièrement faite de bois, la seule à l’Académie. Les élèves s’occupaient eux même des montures qui s’y trouvaient, une punition courante donnée par le maître des études en était le nettoyage complet.
Evitant l’entrée, ils découvrirent une petite impasse perdu derrière quelques arbres chétifs. Des ronces foisonnaient le long des murs et une odeur nauséabonde se dégageait du sol humide et verdâtre. L’eau qui servait à nettoyer les box des chevaux passait dans une ouverture pour se déverser là, stagnant dans ce petit réduit.
- Même si l’odeur est peu agréable, voilà un lieu de rendez vous parfait pour préparer un mauvais coup, fit Onèan.
- Ce qu’il y a sur le sol ne m’importe peu, moi ce qui m’intéresse se sont les indices laissés par nos mystérieux personnages.
L’élève diplomate tendit la main pour récupérer un bouton dont les fils s’étaient accrochés dans une ronce.
- Regarde un peu, les épines nous aident, lança Ekart, ce bouton vient de l’uniforme d’un aide de commis de l’Académie
- Et sur le sol, les empreintes de pas sont les même sur dans le magasin avec une deuxième paire, plus grosse, des bottes de soldats plus appropriées à l’un des sbires de ce cher Keridan.
- Voilà qui devient intéressant.
Ekart réfléchit à nouveau.
- Tout tourne autour de cet aide, il travaille dans le magasin et a facilement accès à la clef. Et je trouve son comportement étrange, faire du bon travail d’un seul coup.
- Il faut aller lui rendre une petite visite, lança Onèan.
- Cela s’impose, c’est plus qu’évident.
Les étudiants quittèrent sans regret l’endroit nauséabond à l’arrière des écuries pour s’en retourner vers les magasins de la section de la chevalerie. Ils ne trouvèrent évidemment personne à par le même surveillant que lors de leur première visite. Interrogeant celui-ci, l’homme leur indiqua la direction du bureau du commis général, lui seul serait à même de savoir qui avait fait le travail et où il se trouvait maintenant.

La matinée était bien avancé maintenant, midi approché à grand pas. Onèan commençait à se demander s’ils arriveraient à temps pour sauver Mel. Loin de se préoccuper de cela, Ekart continuait son enquête, se heurtant cette fois à un adversaire de taille et non des moindre, l’administration de l’Académie.
L’élève diplomate dut user de tous ses sourires et ses bons mots pour pouvoir brûler les étapes. Il voulait rencontrer le commis général tout de suite et non attendre qu’il ait terminé un quelconque inventaire. Ils finirent par l’avoir après une heure de combat et de sourire forcé, l’homme plutôt lent d’esprit demanda deux fois l’explication pour bien la comprendre.
- La personne qui s’est occupé des magasins de la section des chevaliers, et bien …
L’homme réfléchit en se grattant la tête, au grand déplaisir d’Onèan qui allait exploser.
- C’est Dref il me semble, oui, Morgan Dref, un aide commis.
- Et où pouvons nous le trouver ?
- A cette heure là, il doit être dans sa chambre dans les dortoirs des employés.
Ils remercièrent le commis général pour se rendre à l’endroit indiqué. Les deux jeunes gens le rencontrèrent enfin là, l’homme en question était assis sur son lit et briquait une paire de botte toute neuve. L’aide commis les remarqua soudain et cacha très vite les bottes sous le lit, il les fixa.
- Que me voulez-vous ? Les élèves ne sont pas autorisés à venir ici.
- C’est bien vous Morgan Dref.
- Oui c’est moi, qu’est ce que cela peut vous faire ?
- Nous enquêtons sur le vol qui a eu lieu cette nuit dans le magasin de la section de la chevalerie, reprit Ekart, et nous voudrions savoir si vous aviez vu quelques choses en particulier, c’est bien vous qui avait fait le ménage ?
- Oui, enfin …
L’aide paniquait visiblement.
- J’ai du travail, laissez-moi tranquille !
Il quitta la pièce précipitamment en bousculant les deux étudiants.
- Je pense que nous avons notre complice, dit Onèan.
Ekart ne dit rien et scruta la pièce, il y avait de nombreux produit de luxe.
- Il y a trop de chose hors de prix ici, pas du tout ce que peut s’offrir un aide commis.
L’élève diplomate semblait avoir trouvé un nouvel indice, les idées se bousculaient dans sa tête à une vitesse qu’il avait lui-même du mal à suivre.
- Onèan, intervint-il soudainement, vas voir ton Capitaine et demande lui de te donner accès à tous les livres de compte des magasins.
- Pourquoi ?
- Vas-y, je t’expliquerais. Je vais chercher Lynaïs, nous ne serons pas trop de trois pour ce qui va suivre.
- Mais qu’est ce que tu as en tête, je voudrais bien que tu m’expliques.
- Plus tard les explications, nous n’avons pas le temps !
- Mais tu crois que je vais pouvoir emprunter les livres de compte des magasins comme cela ?
- Ecoute, tu es grand, débrouille toi un peu.
Onèan écarquilla les yeux.
- Très bien j’y vais, finit il par dire.
- Fais vite, nous nous retrouvons à la bibliothèque.

L’écuyer partit, Ekart continua d’observer la chambre de l’aide commis décidément il y avait quelque chose de pas très clair et il pensait bien arriver à en faire la preuve. Pour le moment il devait aller chercher Lynaïs pour qu’elle les aide à mettre la lumière sur cette affaire.
La requête d’Onèan surprit le capitaine Abastar qui le fixa un peu étonné.
- Que veux-tu faire des livres de comptes ?
L’écuyer arrivait au point faible de son plan, maudissant son ami pour son manque d’explication, il se lança.
- Nous pensons que ce vol cache une affaire plus grave, et c’est en regardant les livres de compte que nous pourrons en avoir le cœur net.
Le chevalier regarda fixement son élève pour tenter d’en avoir un peu plus.
- Bon très bien je te laisse les prendre.
Il prit un parchemin et griffonna quelques mots rapidement à l’aide d’une plume. L’homme tendit le document ainsi écrit à Onèan.
- Donne ce papier au commis général, il sera la preuve que c’est moi qui t’a donné l’autorisation de les prendre.
- Merci Capitaine Abastar.
- Dois-je te rappeler que le temps avance et que la journée touchera bientôt à sa fin.
- Je le sais très bien Capitaine.
L’écuyer salua Abastar et il quitta précipitamment le bureau pour se diriger vers le bâtiment administratif. Heureusement, avec leur premier passage, il savait comment avancer plus rapidement les différents bureaux. Il se retrouva de nouveau chez le commis général qui lut le document rédigé par le capitaine. L’homme hocha les épaules et désigna les livres su l’étagère d’une main lasse.
- Si cela peut te servir pour ton enquête, prend donc ces livres, mais fais-y attention.
- Je vous remercie de votre aide.
Onèan saisit la demi douzaine de livre dans ses bras, ils étaient lourds et épais, se demandant bien ce qui pouvait intéresser Ekart la dedans. Chargé des ouvrages, l’écuyer se dirigea vers la bibliothèque, il y avait plus d’étudiants dans les couloirs, certains cours étaient terminés et les élèves pouvaient se balader dans l’Académie.

Le jeune homme entra dans la bibliothèque toujours aussi silencieuse, mais il y avait tout de même plus de monde. Il marcha dans l’allée principale en cherchant des yeux ses amis, il trouva Ekart qui lui faisait signe. Lynaïs se tenait à ses cotés, elle affichait un grand sourire quand elle vit arriver Onèan.
- Merci, tu as pu venir alors.
- Oui, mes cours étaient terminés, j’ai pu m’échapper à la présence envahissante de ma colocataire de chambrée, et puis je voulais aider Mel aussi, tu sais que la nouvelle se répand dans l’Académie.
- Dans une école où tant de gens cohabitent, c’est normal, répondit l’écuyer.
Il aurait préféré que cela reste secret, mais il ne pouvait pas empêcher les gens de parler entre eux.
- Bon si nous reprenions, coupa Ekart, nous avons du travail, as-tu pu apporter les livres de compte.
Onèan déposa les lourds ouvrages sur la table.
- Comme tu le vois, et maintenant ?
- C’est très simple, nous devons lire avec attention tous ces livres de compte, je suis sûr qu’il y a des irrégularités dans les chiffres.
L’écuyer et l’archère se regardèrent.
- Mais tu te rends compte du travail qui nous attend ? Lança Onèan.
- C’est bien pour ça que nous devons tous s’y mettre rapidement.
Chacun prit un livre de compte.
- Tu soupçonne l’aide commis de détourner une partie des biens de l’Académie ?
- C’est peut être le cas.
- Et en quoi cela va-t-il aider Mel ? Demanda Lynaïs en ouvrant l’ouvrage devant elle.
- Nous aurons un mobile pour la mise en scène.
Les étudiant se mirent à lire ligne par ligne les comptes, les chiffres étaient écrits en petits caractères, mais ils ne se relâchèrent pas. Les heures passèrent sans que rien ne soit découvert, quand brusquement.
- Nous le tenons ! Lança Ekart triomphant.
Ses deux amis l’entourèrent.
- Là le chiffre n’est pas bon, mais c’est habilement caché dans les opérations.
- Mais ce n’est pas assez, fit remarquer Lynaïs.
Onèan se saisit d’un livre de compte qu’il avait vu et montra une page.
- Regarde, c’est exactement le même intitulé, avec le même chiffre.
- Oui, lâcha rayonnant Ekart.
Grâce à la découverte du futur diplomate, ils purent mettre à jours de nombreuses erreurs faites par l’aide commis pour voler les biens de l’Académie. Mais Lynaïs poussa un cri d’alarme.
- Le soleil se couche ! Nous n’avons pas vu le temps passer.
Onèan prit peur.
- Vite, il faut se rendre au terrain d’entrainement.
- Prenez les livres de compte et courez vers le terrain d’entraînement, lança Ekart.
- Mais nous avons seulement la preuve du détournement de fond, comment le relier à notre affaire ? Se demanda l’archère.
- Je dois justement vérifier une dernière chose, je vous rejoints tout de suite après.
Les trois étudiants se séparèrent, l’écuyer et l’archère se mirent à courir vers le lieu où devait se dérouler la sentence. Onèan était mort d’inquiétude, le soleil frôlait la ligne d’horizon.
Arriveraient-ils à temps pour arrêter la main qui tenait le fouet ?


A suivre
 
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Il y a 4 commentaires
Mélanie mustang le 09/09/2006 à 15:27:33
Bravo c'est génial!!! J'ai trop hâte de lire la suite!! Je ne sais pas quand je pourrai la lire, mais je suis impatiente de savoir si ils vont arriver à temps!
Angi le 09/09/2006 à 15:39:11
SUper, j'ai hête de savoir la suite !!!!!!
Jupiter le 22/10/2006 à 13:00:53
super sympa ce petit episode avec des apprenti detective
vite a la suite...
Titedidine80 le 28/06/2007 à 23:44:01
J'ai adoré cette partie là ^_^
Je file lire la suite !

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