L'histoire continue ^^
Maintenant Onèan et ses amis en sont persuadés, Mel n'est pour rien dans ce vol, quelqu'un a voulu la piéger pour profiter du spectacle. Pour le jeune homme, le coupable est facile à trouver, mais sans preuve comment le prouver.
Le danger approche tandis que les minutes s'écoulent, vont ils arriver à temps ?
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 08
Innocente
Ekart avait filé de la bibliothèque sans un regard en arrière, il voulait prouver une nouvelle théorie qu’il s’était fait à la lueur de tous les indices qu’ils avaient amassés. Bien que la preuve des malversations de l’aide commis étaient avérées, il fallait maintenant le relier à Keridan ou à l’un de ses complices. Comprenant les manières peu scrupuleuses de l’homme, il était prés à parier que celui-ci avait gardé quelque chose pour faire chanter son employeur et gagner un peu plus d’argent.
L’élève diplomate traversa les chemins pavés des extérieurs de l’Académie, évitant les quelques étudiants qui trainaient là encore. Il voyait le soleil baisser à l’horizon, le temps commençait à leur manquer et il devait faire vite.
Ekart arriva dans le bâtiment de fonctionnement de l’école et pénétra les dortoirs du personnel. Il croisa quelques employés qui n’eurent pas le temps de l’arrêter tant il courrait vite. Le jeune homme retrouva sans mal la chambre qu’occupait ce Morgan Dref. Il essaya de l’ouvrir mais elle était fermée à clef.
- Il a du partir pour voir le spectacle, murmura Ekart, c’est une chance mais aussi un léger contretemps.
Il commença par chercher si une cachette était possible pour la clef, mais apparemment l’homme la gardait sur lui.
- Et en plus c’est un prudent.
Le jeune homme devint bien se rendre à l’évidence qu’il n’était pas si stupide pour ne pas s’être fait prendre jusqu’à maintenant. Il se demandait bien comme il allait pouvoir s’y prendre pour pourvoir rentrer dans la pièce. Il se mit à tenter de forcer la serrure avec un morceau de fil de fer, il avait lu dans un livre comment s’y prendre.
Hélas entre un livre et la réalité, il y avait un monde qu’Ekart ne tarda pas à découvrir. La serrure ne voulait pas céder et le temps passait vite, de la sueur perlait sur le front du jeune homme qui ne voulait pas abandonner.
Soudain un autre aide commis apparut dans le couloir, il trouva le jeune homme à genou devant la porte. Il l’interpela aussitôt.
- Et toi, que fais-tu ici ?
Ekart se redressa vivement et il se tourna vers le nouveau venu en arborant un grand sourire.
- Vous êtes peut être un ami de Morgan ?
L’homme surpris se redressa.
- Un ami, ce n’est pas vraiment ça, c’est plutôt un collègue.
- Vous n’avez pas l’air de le porter dans votre cœur, justement, je voudrais vous demander votre aide pour que je puisse entrer chez lui.
L’aide commis le regarda avec suspicion.
- Qu’est ce que s’est que cette histoire ? Es tu un voleur ?
Ekart prit l’air offusqué.
- Moi un voleur, c’est plutôt ce Morgan, il m’a prit un coffret d’ébène que je tenais de mon grand père sous prétexte que je n’avais pas le droit de l’avoir. Je sais qu’il n’est pas là et j’aurais bien voulu en profiter pour le récupérer. S’il vous plait, aidez-moi.
L’homme réfléchit quelques instants, puis il acquiesça.
- Si c’est pour lui apprendre la politesse, je veux bien vous aider, j’ai une clef qui me permet d’ouvrir toutes les portes.
L’aide commis sortit un trousseau de clef et en introduisit une dans la serrure de la porte qui céda presque immédiatement.
- Et voilà c’est ouvert !
- Merci, mais si ça ne vous ennuie pas, pourriez vous m’attendre dehors pour refermer la porte à clef derrière moi.
- Bien sûr.
Ekart s’engouffra dans la chambre, il y eu quelques bruit de fouille qui intrigua l’aide commis. Enfin après une dizaine de minute d’attente, le jeune homme en sortit souriant largement.
- Et bien tu en as mis du temps.
- Je suis désolé, il l’avait bien caché.
L’aide commis referma la porte avec application, deux tours de clef sans que rien ne puisse voir que quelqu’un était rentré.
- Je vous remercie pour votre aide, je dois vous laisser, je n’oublierais pas ce que vous avez fait pour moi.
L’aide commis d’eut pas le temps de répondre que déjà Ekart courrait dans les couloirs. Le soleil se couchait, il avait prit trop de temps avec cette porte, le jeune homme accéléra sa course en espérant arriver à temps.
Onèan et Lynaïs quittèrent la bibliothèque aussi vite qu’ils pouvaient, les bras chargés des livres des comptes. Bien qu’ils étaient encombrants, ils avaient absolument besoin d’eux pour faire la preuve des malversations de l’aide commis L’écuyer regarda par la fenêtre avec anxiété, le soleil était encore visible.
- Nous avons encore le temps, lança l’archère.
- Oui, le soleil n’est pas encore couché, nous allons même peut être pouvoir éviter à Mel d’apparaitre en public entre deux gardes.
- Pressons nous alors.
Une personne sortit de l’ombre, il avait entendu ce que disait les deux amis, il devait absolument agir avant qu’il ne soit trop tard.
Les deux étudiants poursuivirent leur route, ils furent soudain arrêtés par un groupe d’élèves qui sortaient de leur salle de classe. Ils se retrouvèrent mêlés aux autres en essayant d’avancer le plus rapidement possible. Ils réussirent à sortir du groupe d’étudiants après une lutte à coup de coude et bousculade.
Ils reprirent leur course, remarquant une porte grande ouverte. Mais avant qu’ils puissent savoir ce qui se passait, quelqu’un se jeta sur Onèan et le poussa sur le coté en emmenant Lynaïs en même temps. Ils tombèrent dans la pièce ouverte, l’un sur l’autre sans pouvoir faire un mouvement. La porte se referma avec un claquement, la clef tournant dans la serrure.
L’écuyer se releva et tenta d’ouvrir la porte, ils étaient enfermés à l’intérieur. Il frappa plusieurs fois la porte en poussant un cri de rage.
- Ouvrez nous !
Un ricanement retentit de l’autre coté de la porte.
- C’est dommage pour ta petite camarade, mais ce soir nous allons voir la couleur de son sang, le prochain sera toi.
Un éclat de rire retentit qui s’éloigna peu à peu, Onèan frappa la porte de toutes ses forces.
- Tu me paieras ça, toi et Keridan aussi !
Lynaïs se releva en poussant un gémissement de douleur.
- J’imagine que nous sommes enfermés.
- Oui, c’était Pearce, l’un des compagnons de Keridan, nous sommes fait avoir.
Seul un peu de lumière filtrait sous la porte, et elle déclinait de plus en plus avec le coucher du soleil.
- Tu vas bien au moins ? Demanda Onèan.
- Juste des bleus, répondit Lynaïs, mais maintenant nous devons sortir, si nous appelons en même temps, il y a bien quelqu’un qui nous ouvrira.
Les deux amis se mirent à appeler du secours en même temps, frappant le plus fort qu’ils pouvaient sur la porte. De longues minutes passèrent sans que personne ne répondent, l’écuyer frappa d’un poing rageur l’ouverture.
- Mais se n’est pas vrai, il n’y a donc pas un seul étudiant.
- Avec la fin des cours, ils préfèrent retourner dans leur chambre ou en salle d’étude.
- Si nous perdons trop de temps, Mel va recevoir les coups de fouet.
- Continuons, lança la jeune fille.
Ils reprirent leurs appels, et cette fois la chance fut avec eux, une personne venait de les entendre et elle s’approcha de la porte.
- Lynaïs c’est toi ?
- Madeline, quelle chance, ouvre nous vite !
- Mais qu’est ce que tu fais la dedans ? C’est un garçon que j’entends avec toi, ce n’est pas autorisé tu sais.
Les deux jeunes gens se regardèrent dans le noir, avec un peu plus de la lumière ils auraient pu voir qu’ils rougissaient autant l’un que l’autre.
- Arrête donc ça et ouvre la porte !
- Bon, bon, je vais t’ouvrir, pas la peine de crier.
La clef tourna dans la serrure libérant enfin les deux étudiants prisonniers.
- Merci Madeline, lança Lynaïs en bondissant hors du placard.
L’apprentie prêtresse écarquilla les yeux en voyant Onèan sortir à son tour.
- Tu étais bien avec un garçon la dedans, mais c’est inter…
- Je t’expliquerais Prénom de la colocataire, nous n’avons pas le temps pour le moment de parler.
Les deux amis reprirent leur course effrénée en voyant le soleil disparaitre lentement à l’horizon. Ils allongèrent le pas en espérant qu’il ne soit pas trop tard avant que la sentence ne soit appliquée.
Le temps filait à une vitesse folle, la journée était passée comme dans un mauvais rêve pour Mel. Après l’étrange nuit, elle avait du affronter le courroux du Capitaine Abastar, puis l’espoir revenu grâce à l’intervention d’Onèan. Mais maintenant, elle voyait la lumière qui déclinait lentement à travers le vitrage de sa fenêtre, et toujours pas de retour de son ami pour lui annoncer une bonne nouvelle. L’attente était un supplice qu’elle avait bien du mal à contenir, elle restait assise sur le lit sans rien pouvoir faire.
La porte s’ouvrit avec un grincement lugubre, Mel tourna la tête le regard plein d’espoir, elle pensait voir son ami tout sourire venu la sortir de son calvaire. Mais ce n’était que Sir Parsian qui venait d’entrer, son visage était sombre, un garde attendait à l’extérieur. Elle comprit rapidement que le temps était passé bien trop rapidement.
- C’est l’heure écuyère Darvard.
- Déjà, mais Onèan n’est pas encore revenu.
- Je suis désolé mais il est trop tard.
Mel sentit la peur l’envahir, un frisson glacé lui parcourut le corps, c’était la première fois qu’elle éprouvait pareille sentiment depuis le début de cette affaire. La jeune fille avait toujours été forte, elle ne pleurait que très rarement. Mais ses nerfs commençaient à la lâcher, assise sur le lit, elle leva les yeux vers le chevalier.
- Sir Parsian, attendez encore un peu, je vous en supplie, il va arriver.
L’homme baissa la tête en soupirant.
- J’ai fait le maximum pour retarder l’échéance, mais je ne peux plus attendre plus longtemps je dois obéir aux ordres.
- Je suis innocente pourtant, croyez moi.
Sir Parsian lança un regard désolé à la jeune fille.
- Je ne demande qu’à te croire ma petite, mais c’est à Onèan de le prouver et hélas il n’est pas là.
- Je suis sûr qu’il va arriver, il n’a pas pu m’abandonner.
Sir Parsian posa une main sur l’épaule de la jeune fille avec douceur.
- Viens, nous marcherons le plus lentement possible.
Vaincue, elle hocha la tête en fermant les yeux, elle prit une profonde inspiration et elle se redressa, bien droite. La jeune fille ouvrit les yeux et fixa Sir Parsian.
- Je vous suis, j’ai fois en Onèan, il arrivera à temps pour m’aider.
- J’espère aussi.
Mel sortit de sa chambre pour suivre le chevalier, le garde vint se placer derrière après avoir prit soin de refermer la porte. Le couloir jusqu’à la porte d’entrée principal parut être infini, chaque pas devenant plus lourd. La jeune fille sentait son cœur battre la chamade, elle avait bien du mal à se calmer.
En descendant l’escalier, ils débouchèrent sur le hall qui donnait sur l’extérieur, une lumière éblouissante éclairait le terrain d’entrainement. Une série de torchères était plantée dans le sol pour délimiter un carré où trônait au centre un poteau. Mel écarquilla les yeux quand elle fut habituée à la lumière.
- Mais il y a du monde.
Sir Parsian n’avait pas voulu le dire immédiatement à la jeune fille.
- Une certaine personne s’est fait un plaisir de faire circuler l’information dans toute l’Académie, je crois même que Maître Garynlos est présent également.
- Le Directeur !
Cette fois s’en était trop pour elle, Mel sentit les larmes naitre aux coins de ses yeux, ses jambes devinrent flageolante, incapable de supporter son poids.
- Je vais jeter le déshonneur sur ma famille.
- Garde la tête haute ma fille, ne laisse pas tes ennemis profiter de ta faiblesse, montres leur que tu es plus forte.
Le chevalier avait parlé sur un ton apaisant.
- Le Capitaine Abastar me dit souvent que je suis trop tendre avec les écuyers mais je m’en fiche bien, j’ai réussi à obtenir auprès de celui ci que tu gardes ta chemise, cela amortira les premiers coups.
Mel regarda le chevalier avec gratitude.
- Merci Sir Parsian.
Elle se calma pour reprendre le contrôle d’elle-même, il avait raison elle ne ferait pas plaisir à Keridan en pleurant devant lui.
- Tu es prête ?
Elle hocha la tête, bien droite.
- Alors allons-y.
Ils pénétrèrent dans la cour, le visage de la jeune fille apparut à la lumière comme figé par un masque de cire. Le soleil commençait à disparaître à l’horizon dans un grand feu d’artifice de rouge et d’orange, mais Mel ne pouvait voir la beauté du spectacle, trop concentrée sur sa démarche et sur les battements de son cœur.
Il y avait là une foule de gens rassemblés remarqua t’elle, beaucoup d’étudiants évidement, de toutes les sections de l’Académie, mais aussi des professeurs et des personnes travaillant dans l’école. La jeune fille remarqua également le visage fermé du Directeur et des autres Maîtres, avec leur longue toge noire.
Le regard de Mel tomba sur Keridan et sa cour, situé évidemment aux premières liges pour admirer le spectacle. Il souriait largement et jetait des plaisanteries pour amuser ses courtisans qui riaient pour s’attirer ses faveurs. Il fixa soudain la jeune fille et elle vit parfaitement le masque de triomphe qu’il affichait avec grand plaisir. Elle aurait voulu se jeter sur lui et le battre comme plâtre pour lui apprendre à vivre, mais elle n’en avait pas la possibilité.
Sir Parsian s’arrêta soudain, Mel faillit le percuter tant elle était préoccupée par le noble et ses manigances. Ils venaient d’arriver au centre du carré, un poteau dressé avec deux anneaux en fer pour y attacher les poignets d’une personne. Elle déglutit difficilement en voyant le mat de torture mais elle réussit tout de même à garder son calme.
Le Capitaine Abastar apparut devant Mel, il posa sur elle un regard dur et lourd de reproche.
- Ecuyère Darvard, vous êtes accusée de vol dans les réserves de l’Académie, en conséquence vous recevrez dix coups de fouet et vous devrez réparer vos actes par votre travail.
La jeune fille se raidit en entendant le verdict, le chevalier n’avait pas changé sa sentence et elle allait bien être appliquée. Malgré sa colère et sa rancœur, elle n’osa pas répondre au capitaine, la jeune fille n’aurait pas pu contenir ses émotions pour tenir des propos cohérents.
- Que la sentence soit exécutée maintenant.
Un garde prit les poignets de Mel pour les attacher aux anneaux de fer, un autre attendait derrière tenant une lanière de cuir durci au soleil. La jeune fille ferma les yeux, plus rien n’empêcherait l’injustice d’être commise. Elle espérait seulement que son père la croirait et lui pardonnerait ce qui allait se passer.
- Arrêtez tout !
Mel retrouva l’espoir, elle ouvrir les yeux en se tortillant sur elle-même pour apercevoir celui qu’elle attendait avec impatience. Onèan était là, il ne l’avait pas oublié, il était en compagnie de son amie Lynaïs qu’il lui avait présenté il y a quelques jours. Le Capitaine Abastar le regardait avec un œil sévère et intransigeant.
- Vous arrivez en retard Ecuyer Terrenoir.
- Le soleil n’est pas encore couché, Capitaine.
La réponse plein de fougue du jeune homme impressionna le chevalier, il décida de laisser le jeune homme s’exprimer.
- Très bien, je vous donne donc la parole, mais attention à ce que tu vas dire, tu pourrais aussi bien partager son sort.
- J’en suis conscient, répondit Onèan.
- Alors as-tu découvert des preuves de l’innocence de l’écuyère Davard ici présente ?
- Oui, Capitaine Abastar.
Le chevalier le regarda avec surprise, des exclamations de surprise parcoururent la foule comme une grande pièce de théâtre. Mel arborait un visage souriant et confiant, elle savait qu’elle pouvait compter sur son aide pour la sortir de ce traquenard.
Parmi les spectateurs, Keridan s’était figé, il regarda Pearce et Duncan à ses cotés qui affichaient une mine sombre. Le directeur de l’Académie, Maître Garynlos, sembla prêter une oreille plus attentive à ce qui allait suivre.
Le capitaine observait le jeune homme, il voyait la confiance et la volonté dans les yeux de celui-ci. Un menteur ne pouvait arborait pareille regard, il se dressa devant lui en le fixant avec intensité.
- Je t’écoute Ecuyer.
Le jeune homme prit une grande bouffée d’oxygène, il devait être précis car le sort de Mel dépendait de la clarté de ses propos. Il savait qu’il pouvait compter sur Lynaïs à ses cotés pour l’épauler, mais Ekart n’était toujours pas ici.
- Sur ma requête et avec votre approbation, je me suis porté volontaire pour assurer la défense de ma camarade. Après quelques recherches, je peux vous affirmer que l’écuyère Darvard ici présente n’a été que la cible d’une odieuse machination qui cache un détournement des biens de l’Académie.
Un brouhaha général suivit sa déclaration, l’aide commis qui était venu assister au spectacle se renfonça dans la foule pour passer inaperçu. L’homme n’aurait jamais imaginé que ces deux fouineurs remontent jusqu’à lui, il avait prit beaucoup de précautions, et son partenaire lui avait juré qu’il ne serait pas inquiété.
Morgan Dref tourna la tête autour de lui, cherchant une échappatoire des yeux, mais il ne pouvait pas s’enfuir sans éveiller les soupçons alors il essaya de se dissimuler au milieu des autres. Keridan de Cerissac changea soudain d’humeur, la joie avait complètement disparu de son visage.
- C’est une grande accusation que tu portes là, attention à tes propos jeune écuyer, reprit Abastar.
Le jeune homme avala sa salive.
- J’ai les preuves dans ses livres de compte.
- Expliquez vous.
Onèan prit une grande inspiration.
- Nous avons commencé notre enquête dans le magasin où le vol a été commis, étrangement toutes les traces avaient été nettoyés consciencieusement. Mais heureusement nous avons tout de même pu trouver une empreinte de pas sur le sol. Elle nous a guidé jusqu’à l’arrière des écuries où là encore les traces étaient bien visibles mais aussi un indice, un bouton d’un uniforme d’aide commis.
Un silence tendu avait envahi la cour, tout le monde voulait savoir ce qu’allait annoncer Onèan.
- Au fait écuyer !
- Tout de suite Capitaine, nous avons décidé de faire des recherches sur l’aide commis en charge de l’approvisionnement de ce magasin. Dés les premières questions l’homme a préféré quitter précipitamment la pièce sans répondre, comme pris en faute. Nous nous sommes alors plonger dans les livres de compte qu’il rédigeait, et nous avons trouvé des irrégularités.
Onèan ouvrit un des ouvrages et montra la ligne de relevés comme preuve de ses dires, Lynaïs lui donna les autres pour confirmer. Le capitaine Abastar regarda attentivement les livres, ses yeux s’illuminèrent de colère.
- Qu’on m’amène cet aide commis !
Il fut poussé sans ménagement dans la cour. L’homme se releva en tremblant en baissant le visage incapable de soutenir le regard du chevalier.
- Alors, gronda Abastar, est ce la vérité ?
Morgan Dref ne pouvait plus le nier, tout avait été découvert de toute manière.
- Oui ! J’ai volé l’Académie, vous ne savez pas quelle misère reçoive les aides commis, mais je ne suis pas le seul, elle aussi s’est une voleuse et je n’y suis pour rien.
Deux gardes l’entouraient maintenant pour qu’il ne s’enfuie pas.
- En quoi cet homme a-t-il un lien avec notre affaire ? Demanda le chevalier en se retournant vers Onèan.
Le jeune homme connut un moment de panique, il ne savait pas comment faire le lien. Mais Ekart apparut soudainement à ses cotés, il portait une paire de bottes usée et boueuse.
- Puis-je me permettre ? Lança le futur diplomate.
- Très bien étudiant, je t’accorde la parole.
Le regard d’Abastar était intrigué.
- Je me nomme Ekart Caras, j’ai offert mon concours pour découvrir la vérité sur cette affaire, je dois dire que les preuves n’ont pas toujours été simples à découvrir.
Le chevalier se racla la gorge en signe d’énervement.
- Je connais la réputation des diplomates pour leur discours alambiqué, mais je ne pense pas que se soit le moment jeune homme.
Voyant que ce n’était pas le moment pour se faire bien voir, Ekart entra dans le vif du sujet avec ce qu’ils avaient découvert.
- Mes camarades ont déjà du vous éclairer sur les irrégularités des comptes de l’Académie, maintenant il nous faut rejoindre ce fait avec l’innocence ce l’Ecuyère Davard. J’ai ici la preuve de ce complot, lança Ekart avec autorité.
Il leva haut ce qu’il tenait dans les mains pour les montrer à tout le monde.
- Ces bottes appartiennent à l’aide commis, elles sont couvertes de boue à l’odeur bien particulière, comme celles des écuries. Mis à part le manque de soin évident que Mr Dref porte à ses affaires, c’est surtout ce qu’il y a à l’intérieur qui est important.
Le jeune homme sourit, Onèan et Lynaïs ne comprenait pas où il voulait en venir, pas plus que l’ensemble des personnes rassemblées ici. Ekart renversa une des bottes d’un geste théâtrale et fit tomber de celle-ci une bourse de pièce d’or bien garnie.
- Voila contre quoi il a acheté son silence et sa fausse déclaration, et regardez bien le blason sur la bourse.
Abastar prit le sachet de cuir et vit un cœur entouré par une couronne soutenu par une serre d’aigle ouverte, l’emblème du Duc de Coeurfer.
- Qui t’a donné ça ? Demanda le chevalier à l’aide commis tremblant.
Le ton de l’homme était sans réplique.
- C’est moi, fit une nouvelle voix.
Duncan avait dit ça en faisant quelques pas en avant.
- J’ai volé la bourse à mon camarade pour payer cet homme pour qu’il dépose dans la chambre de cette fille les fournitures volées.
- Et pourquoi avez-vous fait ça ?
- J’ai voulu la faire condamner par ce qu’elle a osé tenir tête à l’hériter des Coeurfer, j’ai voulu le venger, et de toute façon je ne l’aime pas, cela m’amusait de la voir souffrir.
Des murmures d’étonnement parcoururent l’assemblée, les professeurs firent la grimace. Onèan n’était pas dupe, pas plus que Lynaïs et Ekart, c’était Keridan le coupable, mais Duncan prenait toute la faute sur lui pour épargner le noble.
- Voilà des propos qui m’attriste écuyer Hock, vous ne méritez même pas de faire partie de la Chevalerie.
Abastar s’avança vers lui et le domina de toute sa taille.
- Je vous chasse de la confrérie, vous quitterez demain à l’aube l’Académie pour ne plus jamais y revenir.
Duncan ne dit rien et baissa la tête, puis il réintégra les rangs des spectateurs rassemblés prés de Keridan. Le chevalier se retourna vers Mel et son visage se radoucit.
- Vous êtes lavée de tous soupçons écuyère Darvard, veuillez accepter mes humbles excuses.
- Merci, murmura Mel du soulagement dans la voix.
Elle s’écarta du poteau avec plaisir et se jeta dans les bras d’Onèan en poussant une exclamation de joie, il y eu des rires et des exclamations dans la foules. Les professeurs commencèrent à faire partir les étudiants, il n’y avait plus rien à voir de toute manière.
- Merci beaucoup Onèan.
Le jeune homme était rouge de confusion.
- Je n’étais pas seul tu sais, bredouilla t’il.
Sans quitter les bras d’Onèan, Mel fit un grand sourire à Ekart et à Lynaïs.
- Merci à vous deux également.
- Ce n’est rien, juste un petit entraînement, dit Ekart sur un ton désinvolte.
Lynaïs sourit seulement, mais une petite lumière brillait dans son regard en voyant les deux écuyers dans cette position.
Onèan fixa Keridan, avec un sentiment de triomphe. Le jeune noble tremblait de tout son corps, de la haine pure inscrite sur son visage. Il haïssait encore plus ce petit nobliau de campagne et il ferait tout pour lui nuire. Il se jura de se venger par n’importe qu’elle moyen, cette affaire lui avait coûté un précieux allié.
Le noble serra les poings rageusement, la prochaine fois le visage triomphant serait le sien.
- Ne t’en fait pas Duncan, même si tu quittes l’Académie je te laisserais pas seul.
- Merci Seigneur, répondit le jeune homme sur une voix basse.
- J’enlèverais ce sourire sur tes lèvres Terrenoir.
Keridan de Cerissac pesta une dernière fois avant de quitter le terrain d’entraînement avec sa cour, il devait déjà réfléchir à sa vengeance.
L’endroit se vidant peu à peu des spectateurs, Sir Parsian put se permettre de se rapprocher des étudiants.
- Dis moi Mel, tu n’as pas faim, dit Sir Parsian en approchant.
- Ha si !
Les trois amis se rendirent compte alors qu’il n’avait pas beaucoup mangé de la journée eux non plus. Ils levèrent des yeux pleins d’espoir vers le chevalier qui se mit à rire.
- Je vois, allez suivez moi, je vous emmène en cuisine, il y aura toujours quelques choses pour vous tous.
Les quatre jeune gens suivirent Sir Parsian dans l’Académie.
Dans la cour presque déserte, le capitaine Abastar sentit une main sur son épaule. Il se retourna pour faire face au Directeur.
- Maître Garynlos, je suis désolé pour tout ça.
- Ne vous inquiétez pas Abastar, je ne viens pas pour ça.
Le chevalier haussa un sourcil interrogateur et attendit la suite.
- Comment s’appelle ce jeune homme qui a défendu sa camarade ?
- Onèan Terrenoir, monsieur le Directeur.
- Comme Rodéric Terrenoir.
- C’était son père.
- Tout s’explique alors.
- Il fera un bon chevalier, dit Abastar.
- Je n’en doute pas capitaine.
Maître Garynlos resta songeur quelques instants.
- Je dois vous laisser, j’ai à faire.
- Bonne soirée Monsieur le Directeur.
- A vous aussi Mirsk.
Le Directeur partit à grandes foulées vers ses quartiers.
A suivre
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