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Jeudi 31 mai 2012, 10:07


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 09 - Accident.

Bonjour lecteur ^^

Le procès est terminé, l'innocence de Mel a été prouvé, le coupable, Keridan, n'a pas été inquiété, un de ses compagnons s'est désigné à sa place.
La vie d'étudiant va se poursuivre, mais le noble ne va surement pas en rester là, que réserve t'il à nos héros ?

Bonne lecture et laissez un commentaire s'il vous plait ^^


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CHAPITRE 09
Accident


Plusieurs semaines étaient passées depuis les évènements où Mel avait bien faillit payer pour une faute qu’elle n’avait pas commise. Le départ de Duncan Hock de l’Académie se fit dans le plus grand silence, un soir sans que personne n’en soit témoin. Le Capitaine Abastar avait préféré que tout se passe en petit comité, sans que personne ne soit au courant. L’officier ne voulait pas faire plus d’esclandres qu’il n’y en avait déjà eu. L’ancien écuyer ne parla pas, il resta silencieux tout au long du chemin qui le mena derrière les imposantes grilles de l’Académie.
Pour éviter que les écuyers ne se perdent dans les évènements survenus, le capitaine décida de durcir un peu plus la formation des jeunes gens. L’affaire qui venait d’arriver n’était pas à son goût et il comptait remédier à toutes les petites mésententes entre ses élèves. De toute manière ils seraient tous bien trop fatigués pour essayer de chercher à nuire à son prochain.
Les exercices physiques devinrent de véritables enfers pour les écuyers, chaque marche se transformait en parcours du combattant, les combats au bâton se finissaient avec des bleus. Les élèves qui pensaient pouvoir se reposer pendant les cours du professeur Etaniel en furent pour leur frais. Lui aussi avait reçu des consignes et il les appliquait à la lettre avec un zèle accru. Ses cours magistraux s’enchaînaient avec rapidité, ne laissant que peu de temps mort aux écuyers.
Pour être sûr de les garder toujours attentifs, le professeur faisait des contrôles de connaissances réguliers. Ils pouvaient même arriver en plein milieu du cours ou à la fin, les écuyers avaient donc tout intérêt à rester particulièrement alerte.
Le but du Capitaine Abastar était de soudé le groupe, avec la fatigue et les difficultés, ils devaient obligatoirement s’entraider pour pouvoir y arriver. Peu à peu ses efforts portaient leurs fruits, les écuyers comprenaient mieux l’importance de former un seul bloc pour continuer à avancer. Même si certains des élèves continuaient à n’en faire qu’à leur tête comme le fils du Duc de Cœurfer, mais le capitaine savait très bien qu’il ne pouvait pas faire grand-chose contre le jeune noble.
Justement, l’un des cours du professeur Etaniel se terminait, la salle était silencieuse, les élèves attentifs. La pièce était très simple ne laissant pas vraiment de distraction, des murs en pierre gardé nu avec quelques étagères où étaient posées des livres. Les tables étaient alignées en plusieurs rangés, devant le bureau du professeur qui était posé sur une petite estrade. Il était déjà arrivé que le distrait professeur ne manque de tomber depuis son perchoir.
L’homme était debout face à ses élèves devant le tableau noir, une grande banderole était accrochée sur le mur. Toute une liste de noms était marquée, elle représentait des siècles de l’histoire de la chevalerie du Conglomérat.
- Vous voyez ici la lignée des batailles de l’an 433 de l’ère de la lumière, fit le professeur Etaniel, les grandes invasions barbares ont permis la renommée de bien des chevaliers.
Il regarda par la fenêtre.
- Oh mais je crois que mon cours doit se terminer, le professeur Hogar vous attend sur le terrain d’entraînement.
L’homme regarda une dernière fois ses élèves derrière ses petites lunettes.
- Surtout n’oubliez pas d’apprendre les dates et les noms des principaux chefs des armées des chevaliers des grandes invasions barbares, vous serez interrogés dessus lors de mon prochain cours demain.
Les chaises raclèrent le sol, les écuyers étaient pressés de quitter enfin la salle de cours. Rester des heures assis sur des sièges durs et inconfortables était un supplice pour les élèves. Ils accueillaient le changement de matière avec enthousiasme, un cours d’équitation allait leur changer un peu les idées.
Mel poussa un soupir de soulagement, elle s’étira en levant les bras en l’air, oubliant facilement les bonnes manières. La jeune fille avait trouvé le cours particulièrement ennuyeux et elle ne s’en cachait pas.
- L’histoire de la Chevalerie, toutes ces dates et ces noms mais à quoi cela va-t-il nous servir plus tard ? Lança elle en soupirant.
- Le professeur Etaniel serait content de t’entendre parler ainsi de ce qu’il tente de nous enseigner, répondit Onèan en prenant ses livres à la main.
L’écuyère se tourna vers son ami les poings sur les hanches.
- Parce que tu sais à quoi cela nous sert ?
- Nous devons tout connaître de l’Ordre, et son histoire en fait partie.
- Je ne vois pas en quoi le nom du chef de la troisième cohorte d’une citadelle perdue aux confins des montagnes va nous aider à devenir de meilleur chevalier.
- Evidemment dit comme ça.
- Et bien voilà, tu es enfin d’accord avec moi !
Onèan posa une main de réconfort sur l’épaule de son amie.
- Nous allons pouvoir nous défouler un peu, les chevaux nous attendent.
- Ha oui ! Enfin un peu d’action.
- Je vois que là tu ne te fais pas prier cette fois.
Les jeunes gens rirent de bon cœur en quittant la salle en compagnie de leurs autres camarades tout aussi impatients. Keridan de Cerissac regardait les deux jeunes gens qui discutaient, il était toujours resté sur l’échec de son plan de vengeance. Il avait perdu la face et un allié en même temps, si seulement ce Terrenoir n’avait pas mis son nez.
Le jeune noble avait pu aussi voir les autres amis d’Onèan, ceux là aussi il allait devoir s’en occuper, de simples roturiers qui osaient le défier. Tout à sa colère il marcha rapidement jusqu’aux écuries, distançant les autres élèves qui profitaient de la courte pause entre les cours. Pearce Nofolio le suivait silencieusement, il devait affronter seul les coups de sang du noble, il trouvait déjà le temps long.
- Pourquoi ne pas être resté dehors un peu, nous aurions pu nous reposer un peu, tenta le jeune homme.
- En regardant ces deux imbéciles rirent de bon cœur, rétorqua Keridan, surement pas, j’en peux plus de les voir se pavaner.
Il releva la tête en fulminant, il avait hâte de pouvoir se défouler sur sa monture et d’oublier un peu sa rancune. Il passa devant le box de la monture de son ennemi, il marqua un temps d’arrêt, une idée venait de lui traverser l’esprit. Les yeux lumineux, il se tourna d’un bloc en direction de son compagnon derrière lui.
- Pearce, fais le guet et préviens moi si quelqu’un arrive.
Le jeune homme le regarda sans comprendre.
- Vous avez trouvé une idée pour vous venger ?
- Oui en effet, mais hâte te toi au lieu de rester là, je n’en ai pas pour longtemps mais personne ne doit me voir, c’est bien compris.
Pearce hocha la tête en accourant vers l’entrée de l’écurie, Keridan s’assura que le jeune homme était bien en place avant de faire face à la monture d’Onèan. Un sourire ornait son visage de rapace, une nouvelle vengeance allait pouvoir s’accomplir sans que quelqu’un n’interfère dans ses projets.


Une quinzaine de minute plus tard, les écuyers étaient tous alignés sur le terrain d’entrainement, tenant par la bride leur monture. Il faisait beau et une légère brise soufflée dans l’air, venu de la mer, un temps idéal pour les activités extérieures. Après le temps qu’ils avaient passé en classe, le cours d’équitation était une bouffée d’oxygène.
- Aujourd’hui nous allons perfectionner la technique du saut d’obstacles, fit maître Hogar.
Le professeur était plutôt de taille moyenne, mais il avait une musculature très fine et nerveuse. Sa peau était plutôt mâte du à ses origines étrangères venant de sa mère, ses yeux gris en amande devenaient lumineux quand il montait sur sa monture. Il avait de longs cheveux bruns, maintenus en queue de cheval, elle flottait dans les airs quand il chevauchait.
Sa beauté exotique et ses airs mystérieux en faisaient la coqueluche de toutes l’Académie, toutes les jeunes filles n’avaient d’yeux que pour lui. Les élèves n’étaient pas les seules à le trouver à leur gout, certaines femmes enseignantes à l’école trouvaient toujours un prétexte pour venir voir ses cours. Mais avant tout, Maître Hogar était un cavalier émérite, capable de faire ce qu’il voulait avec un cheval.
Le professeur donna ses ordres, et les étudiants mirent en place les différents obstacles sur les terrains. Là encore, le Capitaine Abastar souhaitait que ses élèves fassent tous eux même, pour ne pas les habituer à laisser les autres le faire pour eux.
Une fois l’ensemble des installations terminées, Maître Hogar monta sur sa monture et fit une démonstration pour ses élèves. Il sauta les obstacles sans le moindre souci, faisant voler son cheval dans un style gracieux mais ferme. Le cheval semblait voler dans les airs, son cavalier épousant parfaitement ses mouvements, l’homme élevait l’équitation comme un art.
Le professeur trottina jusqu’à ses élèves qui attendaient toujours bien alignés devant l’écurie. Il sauta avec adresse de sa selle, il aimait montrer ses prouesses, et il ne se gênait pas pour en rajouter un peu au passage.
- Voila ce que je veux que vous faisiez, surtout prenez votre temps, et si vous ne vous sentez pas bien ce n’est pas grave, l’assurance vient avec l’expérience.
Les étudiants hochèrent la tête sans répondre, l’homme était un professeur très pédagogue. Il ne voulait pas d’accidents ou de chutes durant ses cours, autant pour ses élèves que pour les chevaux qu’ils montaient. En amoureux de ses animaux, il forçait les écuyers à prendre grand soin de leur monture.
- Je sens que je vais encore avoir une mauvaise note, fit Mel.
- Mais non, la rassura Onèan, tu vas t’en sortir.
- Tu dis ça parce que tu es un bon cavalier, moi je préfère me battre avec une épée que de sauter des obstacles.
La jeune fille tordait la longe de sa monture entre ses mains.
- De toute façon, j’ai un mauvais pressentiment.
Onèan la regarda avec étonnement.
- Je ne vois pas pourquoi il y aurait un problème.
- Je ne sais pas, c’est comme ça.
Mel redevint silencieuse en continuant de serrer la longe, de drôles d’idées noires en tête. Maître Hogar prit la liste des élèves sur un carnet et il appela un premier au hasard, sans tenir compte de l’ordre alphabétique. Le premier monta sur sa monture et s’élança sur le parcours après avoir prit une profonde inspiration. Il eut quelques hésitations sur certains obstacles, mais avec les conseils du professeur tout se passa bien.
Rassurés, les autres étudiants avancèrent les uns après les autres quand leur nom fut appelé. Le tour d’Onèan arriva enfin, Maître Hogar souriait en le voyant approcher, le jeune homme était le meilleur cavalier de sa promotion. Il connaissait sa monture parfaitement et il savait comment elle réagissait.
- A vous Ecuyer Terrenoir, montrez moi donc vos prouesses.
Onèan hocha la tête sans montrer sa satisfaction, il ne voulait pas trop en faire malgré les louanges de son professeur. Il se pencha vers l’oreille de son cheval et lui murmura tout bas.
- En avant, quelques obstacles ne devraient pas nous faire reculer.
Onèan talonna sa monture et parti au galop, concentré sur son saut. Il tira sur les rênes et son cheval sauta par-dessus du premier obstacle. Il s’agissait d’une barre en bois simple, ils passèrent bien au dessus sans rencontrer de soucis.
La réception fut rude mais sans problème, il continua à la même allure, l’obstacle suivant se dressait devant lui, une double barre cette fois. Onèan se concentra et fit accélérer de nouveau sa monture prenant le plus de vitesse possible afin de s’assurer un élan confortable. L’écuyer tira sur ses rênes et fit sauter sa monture avec adresse.
Soudain, en plein saut, Onèan sentit sa selle glisser sur les flancs de son destrier. La chute à cette vitesse et à cette hauteur signifiait se rompre le cou ou se faire piétiner par son propre cheval. Il n’avait que quelques secondes pour réagir avant que le malheur n’arrive, mais il n’était pas un débutant.
Le jeune homme enleva ses pieds des étriers et sauta en l’air en s’accrochant fermement au cou de sa monture. La selle se détacha complètement et tomba sur le sol sans gêner la monture ni l’entraver. Le cheval d’Onèan, malgré le déséquilibre, réussit à retomber comme il faut sur le sol. Mais le choc rude de la réception fit perdre prise au jeune homme qui tomba rudement à terre. Une fois encore la chance était avec lui, les sabots n’étaient pas un danger pour lui, trop loin pour le piétiner dans la course.

Des cris de surprise et de peur retentirent parmi les spectateurs, le professeur ne perdit pas de temps à contempler sans bouger. Maître Hogar se précipita vers Onèan avec de grandes enjambées, son visage restant parfaitement calme malgré ce qui venait de se passer. Les autres étudiants le suivirent juste après, Mel en tête qui ne pouvait cacher ses craintes sur son visage.
Le professeur arriva en premier auprès de son élève qui était toujours allongé sur le sol du terrain d’entrainement. Il s’agenouilla prés de l’écuyer, les autres arrivèrent à leur tour, entourant les deux personnes.
- Ecartez vous, gronda Maître Hogar, il a besoin de respirer.
Onèan ouvrit les yeux.
- Ecuyer Terrenoir, vous allez bien ?
- Oui … Oui je crois.
Le jeune homme se rassit en massant son épaule.
- Juste quelques bleus, plus de peur que de mal je pense.
Le professeur était visiblement soulagé.
- Vous allez vous reposer quand même, je vais vous donner un baume pour votre épaule, en tout cas vous êtes un grand cavalier, quelles acrobaties, vous avez évité le pire.
- Je ne comprends pas comment la selle a pu plisser, je l’avais bien serré pourtant.
Onèan avait prit soin de vérifier deux fois les sangles, comme il avait toujours fait avant de monter son cheval.
- Même si nous sommes toujours prudent, des accidents peuvent arriver, répondit le professeur, il y avait peut être une faiblesse dans la sangle.
Mel trouvait cet accident bien étrange, elle connaissait aussi le soin méticuleux que prenait son ami pour préparer son cheval. Il était un bon cavalier qui faisait attention autant à sa monture qu’à son matériel. Machinalement, la jeune fille chercha des yeux celui qui était devenu leur ennemi dans l’Académie.
Keridan avait un visage rempli de colère, les poings serrés, apparemment Pearce, son compagnon, tentait de le calmer avec le plus discrétion possible. Le jeune noble remarqua soudain l’attention de la jeune fille sur lui. Il détourna le regard très vite en faisant mine de regarder ailleurs, imiter par Pearce.
Mel trouvait son comportement plus que suspect, elle devait en avoir le cœur net. La jeune fille trouva la selle tombée au sol non loin de l’obstacle et de l’endroit où avait chuté Onèan. Elle se pencha pour faire mine de la ramasse, en profitant pour regarder les sangles qui avaient causé l’accident.
L’écuyère observa les lanières de cuir, elles devraient être arrachées et effilochées par le temps. Mais elle découvrit avec stupeur que seule l’une d’entre elles était coupée et la marque était propre et nette, comme faite par un couteau. D’ailleurs, la coupure était marquée sur les trois quart de l’épaisseur de la sangle, pour qu’elle puisse tout de même tenir certain choc.
Derrière elle, le professeur aida Onèan à se relever pour l’emmener au bord de la piste, il voulait le soigner sur l’un des bancs.
- Continuez à vous entraîner vous autres, Ecuyère Darvard, je vois que vous avez déjà la selle, ramenez donc la monture de votre camarade s’il vous plait.
Mel leva la tête et acquiesça rapidement, elle trouva l’endroit où il se trouvait pour aller le chercher. La monture était calme malgré l’accident, l’animal se laissa faire quand la jeune fille reposa la selle sur son dos, elle l’accrocha avec l’une des sangles encore en état. Puis elle revint en tenant le cheval par la bride elle regardait les autres écuyers qui s’entraînaient de leur coté, fixant Keridan qui discutait avec Pearce à l’écart.

La jeune fille arriva près d’une barrière et elle accrocha la longe du cheval sur celle-ci. Une fois terminé, elle s’approcha d’Onèan assis sur son banc, le jeune homme était torse nu, Maître Hogar était parti cherché un onguent pour le soigner. Mel en profita pour regarder le jeune homme, elle trouva qu’il n’y avait pas que des malheurs dans cette aventure.
Le jeune homme la voyant faire la fixa.
- Je vois que tu en profites bien.
- Evidemment, je serais bête de ne pas le faire.
Mel sourit alors qu’Onèan rougissait légèrement, voyant sa gêne, elle changea de sujet pour ne pas l’ennuyer plus longtemps.
- Tu vas bien au moins ?
- Oui à peu près, j’ai un peu de mal à lever un bras et je suis légèrement sonné, j’ai l’impression que des cloches sonnent sans relâche dans ma tête.
Mel se pencha vers lui pour qu’il soit seul à entendre.
- J’ai découvert quelque chose sur ta selle et je voudrais te le montrer.
Onèan releva la tête brusquement provoquant un vague de douleur qui augmenta le volume des cloches dans son crâne. Il hocha la tête en grimaçant de douleur les yeux fermés. Quand il put enfin de nouveau les ouvrir, il vit ce que voulait lui montrer son amie, les sangles de sa selle étaient en partie tranchées.
- C’est un couteau qui a fait ça, et surement pas l’usure.
- Je suis arrivée à la même conclusion que toi.
- Et je te parierais que nous connaissons tous les deux le coupable, lança le jeune homme
Elle hocha la tête avant de répondre.
- Mais tu crois qu’il serait capable d’aller jusque là ?
- Il n’a pas hésité à te mettre dans une situation qui aurait pu très mal finir, alors ce genre d’incident et tout à fait à sa porté.
- Nous parlons d’un accident qui aurait pu être mortel.
- C’est bien ce qui m’inquiète.
Mel se releva en croisant les bras sur sa poitrine.
- Tu dois en parler avec le capitaine Abastar, c’est allé trop loin pour une simple querelle.
- Son père est une personne importante dans le Conglomérat, l’un des conseiller de l’Empereur lui même, tu crois franchement qu’il pourra le faire quitter l’Académie.
- Oui mais il intentait à ta vie.
- Et sur quelle preuve je baserais ?
- La selle bien sûr !
- Non, je suis persuadé qu’il trouvera un moyen de s’en sortir, cela ne sert à rien.
Elle soupira en baissant la tête.
- Alors nous ne pouvons rien faire et attendre seulement ses mauvais coups ?
- Je ne vois qu’une chose à faire.
Onèan fixa Mel gravement.
- Comme ferait tout chevalier dont l’honneur a été bafoué.
- Tu veux dire un duel !
Le jeune homme inclina la tête en signe positif.
- Mais nous ne sommes que des écuyers, dit Mel.
- Je ne vois pas ce que ça change.
- C’est très risqué, si nous nous faisons prendre, c’est le renvoi pur et simple.
- Il faut arrêter ça avant que ça prenne trop d’ampleur.
Mel opina à contre cœur, elle devait bien se rendre compte qu’il avait raison.
- Mais tu crois qu’il acceptera.
- Avec son orgueil, je suis sûr que oui.
Onèan regarda la jeune fille droit dans les yeux.
- J’ai besoin d’aide pour ça, tu veux bien me prêter main forte.
- Oui bien sûr, dit elle sans hésiter, moi aussi j’ai des comptes à régler avec lui.
- Alors dés la fin du cours, nous allons voir Keridan.
- Cette histoire pourrait nous emmener dans une direction dont nous ne pourrons pas nous sortir facilement.
Onèan fit un simple signe de la tête, conscient malgré tout des risques encourus, mais il préférait agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

La leçon d’équitation se termina sans qu’aucun nouvel incident ne vienne perturber la bonne marche du cours. Maître Hogar laissa Onèan se reposer un moment, mais celui-ci acheva la leçon parmi ses camarades. Leur journée était terminée, les écuyers n’avaient pas d’autres cours pour cette après midi, ils allaient tous pouvoir souffler.
Onèan et Mel firent face à Keridan avant que celui-ci puisse partir, le jeune noble les regarda d’un air dédaigneux. Pearce s’était rapproché à son tour, mettant sa forte carrure en avant pour éviter tout conflit. Se sentant en force et sûr de lui, Keridan toisa ses adversaires.
- Que me veux-tu petit nobliau de campagne ?
- Je demande réparation.
Keridan se mit à rire.
- Pour ton manque d’équilibre je n’y suis pour rien, ce n’est pas de ma faute si tu ne tiens pas sur un cheval.
- Je sais très bien que c’est toi qui as tranché la sangle, et plutôt que de rendre ça public je te propose autre chose.
Cette fois le jeune noble changea de tout au tout, passant de la moquerie à une haine sourde et sans borne.
- Je vois que tu nous montres là ton vrai visage, fit Mel.
- Je n’ai rien à voir avec toi petite péronnelle, ton père n’est qu’un petit Comte.
Onèan arrêta le bras de la jeune fille avant qu’elle ne puisse le gifler, Pearce avait fait un pas en avant également. La tension était palpable, et mieux valait désamorcer la situation avant que cela ne dégénère en une bagarre.
- Comme je t’ai dit Keridan, reprit Onèan, j’ai une autre solution à notre problème.
- Et quelle est t’elle ?
- Je te provoque en duel suivant les traditions de l’Ordre.
Keridan fut interloqué par la proposition d’Onèan, de même que Pearce prés de lui. Il ne pensait pas qu’une personne de petite noblesse telle que lui oserait le provoquer en duel. La proposition méritait réflexion, il y avait là une chance pour moucher définitivement les grands airs de son adversaire.
Le jeune noble fixa Onèan.
- Avec des témoins, un arbitre, et un combat avec des bâtons, c’est ce que tu proposes ?
Onèan répondit par l’affirmative.
- Et où se tiendrait ce duel ?
- Dans les jardins au fond du domaine, demain soir à minuit.
Keridan réfléchit quelques instants, c’était un endroit calme où personne ne viendrait les ennuyer.
- J’accepte nobliau, je pourrais ainsi te montrer combien je te suis supérieur.
- Tu amèneras trois témoins tout comme moi, je me charge de l’arbitre.
- Tu crois que je vais te laisser le choisir pour qu’il te favorise !
Mel se mit à rire.
- Je trouve que tu devrais avoir plus confiance en une personne honorable comme Onèan plutôt que quelqu’un comme toi qui fait des coups en douce.
La colère se lut dans les yeux de Keridan.
- Tu devrais apprendre à tenir ta langue.
- Je trouverais quelqu’un d’impartiale, coupa Onèan.
- Très bien, tu es assez bête pour ne pas en profiter de toute manière.
Onèan tendit la main à Keridan, il hésita un instant en regardant cette main comme si elle brulait, avant de la serrer dans la sienne.
- Je vais te donner une bonne correction.
- Attends d’être à demain soir pour dire ça.

Ils se séparèrent sur un dernier regard venimeux.
- Et maintenant ? Demanda Mel.
- Nous allons trouver les deux autres témoins.
- Je pense savoir où tu vas les trouver.
Les écuyers quittèrent le terrain d’entraînement pour se diriger en direction du grand bâtiment principal de l’Académie. Beaucoup d’élèves se trouvaient dans le hall et les couloirs, les heures de cours étaient terminées et la plus part d’entre eux voulaient profiter du beau temps. Les deux jeunes gens montèrent l’escalier principal pour se rendre dans la partie réservée à la diplomatie.
La porte de l’amphithéâtre était ouverte, les étudiants étaient en pause pour le moment. Onèan et Mel furent accueillis par des regards hautains, ils se détournèrent d’eux quand ils s’approchèrent.
- Quel ambiance, marmonna la jeune fille à l’oreille de son compagnon.
- Je trouve qu’Ekart est pourtant tout à fait dans son élément.
A l’entrée de la salle, ils découvrirent le jeune homme qui les attendait, ils étaient plutôt surpris de le voir ainsi.
- Comment tu as fait pour savoir que nous allions venir ? Demanda Onèan.
- Mais je ne le savais pas, j’allais seulement sortir prendre l’air. Vous avez besoin de mes dons exceptionnels ?
Le jeune homme se redressait fièrement.
- En quelque sorte, répondit Onèan.
L’écuyer lui fit un rapide résumé de la situation, Ekart souleva un sourcil interrogateur.
- Tu as le chic pour t’attirer des ennuis, quand ils ne te tombent pas dessus, tu vas les chercher.
- Je sais, mais cette fois il faut agir, alors tu voudras bien être l’un de mes témoins.
Le futur diplomate fit claquer sa langue sur son palais.
- Evidemment que je suis d’accord, pour qui tu me prends, je suppose que la dernière personne est Lynaïs.
- Oui en effet, nous allons la voir juste après, lança Onèan, je peux te demander autre chose ?
- Je t’écoute.
- Tu crois que tu pourrais trouver quelqu’un de ta promotion qui pourrait arbitrer de manière impartial le duel.
Ekart répondit sans hésiter.
- Aucun problème, j’ai la personne qu’il te faut, je la ramènerais sans faute.
- Je te remercie, à plus tard.
Les écuyers saluèrent le jeune homme en partant, ils devaient quitter le bâtiment principal pour se rendre à l’arrière de l’Académie. Pour trouver Lynaïs, ils avaient plusieurs solutions, mais cette heure là, elle devait aussi avoir terminé ses cours. Ils décidèrent d’aller voir directement sur le terrain qu’utilisaient les archers pour s’entraîner.
Comme les deux étudiants s’en doutaient, la jeune fille était encore sur le terrain, l’arc à la main. Elle ne les avait pas vus arriver, trop concentrée, ils purent ainsi voir toute l’attention qu’elle portait à chacun de ses tirs. Sa position était bien droite, légèrement cambrée pour assoir sa position. La jeune fille tenait la corde collée près de son œil en visant, ses bras ne tremblaient pas en tenant la pause.
En lâchant la corde, ses cheveux faisaient un mouvement en avant, des gouttes de sueur volant dans les airs. Elle reposa son arc sur le flanc en poussant un soupir de soulagement, elle tourna alors la tête et elle découvrit les deux écuyers.
- Bonjour Onèan, Bonjour Mel, vous êtes là depuis longtemps ?
- Assez pour savoir que tu es d’une concentration sans faille quand tu t’entraînes, répondit l’écuyère en souriant.
Lynaïs s’approcha d’eux en affichant un visage un peu gêné, elle se savait couverte de sueur après toute la journée et elle n’aimait pas se montrer ainsi devant ses amis.
- Vous allez bien ?
- Oui merci, répondit Onèan, nous sommes là pour te demander quelques chose.
Le jeune homme refit le résumé de l’histoire, en ajoutant le rôle d’Ekart qui avait accepté d’être témoin pour le duel.
- Evidemment que je suis avec toi, lança Lynaïs, après ce qu’il t’a fait et aussi à Mel, je veux voir cette ordure mordre la poussière.
Les propos de l’archère étaient toujours aussi bien imagés.
- Merci, répondit Onèan, je savais que je pouvais compter sur toi.
- Nous sommes amis, lança Lynaïs.
Elle sourit avec douceur en regardant l’écuyer.
- Nous devons te laisser, fit le jeune homme, nous sommes attendus pour l’étude, nous disons à demain soir ?
L’archère hocha la tête, les deux écuyers partirent en la laissant seule sur le terrain d’entrainement. Elle les regarda en soupirant.
- Tu nous auras tout fait, lança t’elle, mais bon, je ne peux pas te dire non.
Lynaïs mit son arc sur l’épaule et alla retirer ses flèches de sa cible.

A suivre
 
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Il y a 4 commentaires
Angi le 05/10/2006 à 21:12:00
youpi youpi c'est ce que je dit pour la suite, !!!!!!!!!
Mélanie mustang le 06/10/2006 à 21:09:53
Bravo pour ce nouveau passage! J'adore! Vivement qu'on sache comment se passe le duel!
Jupiter le 22/10/2006 à 14:37:50
cool un duel ^^ keridan va mordre la poussiere
Titedidine80 le 04/07/2007 à 18:45:06
kyaaaa!!!!!
Ca promet des bonnes aventures tout ça

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