Bonjour à vous ^^
Merci de suivre cette fic, j'espère qu'elle vous satisfait, n'hésitez pas à donner votre avis.
Keridan de Cerissac a fait une attaque de trop, Onèan veut en finir une bonne fois pour toute avec le jeune noble. Il sait très bien qu'il ne cessera jamais ses attaque contre lui.
Un duel entre les deux écuyers se préparent, les témoins sont conviés et le combat va pouvoir débuter.
Bonne lecture ^^
==========================================================
CHAPITRE 10
Duel
Les nuages se découvrirent, laissant les rayons de la lune éclairer la pénombre. Des silhouettes sombres avançaient avec précaution dans la nuit, elles longeaient les haies et courraient en silence dans les espaces ouverts, privilégiant les ombres protectrices.
Soudain, le craquement d’une brindille, les silhouettes se figèrent, des pas feutrés se rapprochèrent. Les formes sombres se préparèrent à tout, tendu, courir ou se battre que choisir. Le face à face survient enfin.
- Non mais ça ne va pas, chuchota avec colère Lynaïs, nous faire des peurs pareilles.
- Je suis désolé, s’excusa Onèan, je ne vous voyais pas arriver et nous avons décidé de venir à votre rencontre.
Mel était derrière lui, très amusée.
- Nous avons un peu de retard parce qu’un surveillant faisait du zèle, fit Ekart sur un ton excédé, nous avons du attendre qu’il s’en aille.
Le jeune homme se tourna vers la troisième personne qui les accompagnait
- Je te présente Patinil, ton arbitre.
C’était une jeune fille du même age qu’Onèan, elle portait une longue robe noire avec une cape de la même couleur sur les épaules. Ses habits tranchaient avec son visage d’une blancheur de craie, elle avait des yeux bleus glacials et des mèches de cheveux blonds frisés sortaient de la capuche de sa cape. Elle fit une moue en entendant son nom.
- Je ne suis là uniquement parce que je lui dois un service, je serais neutre dans cette affaire.
- C’est bien ce que j’attends, dit Onèan en un sourire.
Mel s’approcha du groupe.
- Je vous rappelle que nous sommes attendus, il ne serait pas très bien vu d’arriver en retard pour ce genre de rendez vous.
- Oui, allons-y, ajouta seulement l’écuyer.
Les cinq jeunes gens de remirent en route, en silence. Ils longèrent le grand bassin et plongèrent dans les bois du fond du parc. Les rayons blafards de la lune traversaient de temps en temps le feuillage des arbres, éclairant le visage tendu d’Onèan. Il avait passé la journée à se préparer à l’affrontement, le jeune homme connaissait la force de son adversaire, il s’en ventait souvent. Mais Onèan avait un atout, son agilité, qui compensait largement sa force plus réduite.
Enfin, les étudiants débouchèrent dans la clairière qui servirait d’arène de combat pour ce soir. Keridan était déjà là, accompagné de Pearce et de deux autres étudiants arborant la même air de supériorité que le jeune noble. L’adversaire d’Onèan s’appuyait nonchalamment su son bâton, un profond ennui inscrit sur le visage. Il foudroya du regard les nouveaux arrivants.
- Hé bien, vous êtes en retard, j’ai bien cru que tu avais renoncé parce que tu avais trop peu de m’affronter.
- Cesse de fanfaronner Keridan, la seule chose que tu m’inspires est un profond dégoût.
Le jeune noble devint rouge de colère et fit un pas en avant en serrant son arme. Contre toute attente, Patinil s’interposa entre les deux protagonistes, affichant toujours un air glacial et indifférent.
- Je suis ici pour arbitrer un duel, pas pour assister à une vulgaire bagarre, alors un peu de tenue !
Keridan, surpris, ne su quoi dire, pris de court par cette étrange jeune fille, il recula un peu et se remit prés de ses trois compagnons. Patinil se redressa un peu et fixa tour à tour les deux duellistes.
- Ce duel est codifié par la règle de la Chevalerie, chacun a convié trois témoins ?
Onèan et Keridan firent seulement un signe de la tête.
- Le combat se déroulera avec des bâtons d’entraînement, reprit la jeune fille, le premier à déclarer forfait aura perdu.
- Tu as entendu petit nobliau, n’oublie pas de me demander grâce avant de tomber sous mes coups.
Le jeune noble se mit à rire, Onèan ne prêta aucune attention à la pique de son adversaire, il était concentré sur le combat à venir. Il enleva sa cape qu’il tendit à Lynaïs.
- Comment connaît t’elle aussi bien les règles de la Chevalerie ? Demanda Onèan.
- Patinil est quelqu’un de très méticuleux, fit Ekart, elle met un point d’honneur à connaître un sujet à fond avant de l’aborder.
Le jeune homme commença à faire jouer les muscles de ses épaules pour se réchauffer.
- Je n’aime pas son air confiant, dit Mel tout bas.
- Il mijote quelque chose, c’est sûr, ajouta le futur diplomate.
Son regard devint calculateur, il essayait de trouver l’erreur. Lynaïs fit un grand sourire à Onèan.
- Tu vas le battre, il parle plus qu’il ne mord.
- Merci.
L’écuyer se retourna et avança vers Patinil qui attendait, son adversaire en fit autant de son coté, affichant un air supérieur. Ils s’arrêtèrent l’un en face de l’autre, à une longueur de bras à peine, ils se fixaient, prêt à se sauter à la gorge à la première occasion.
- J’arrêterais le combat dés que l’un d’entre vous m’en fera la demande ou quand je le jugerais nécessaire.
Elle le regarda l’un après l’autre et reprit.
- Qui que soit le vainqueur, le perdant devra se plier aux exigences de l’autre, les témoins ici présent seront les garants de respect de cette parole. Leur honneur et le votre y seront engagé.
- Très bien, dit Onèan.
- Tu vas ramper devant moi, répondit Keridan.
La tension était presque palpable, ils se reculèrent de plusieurs pas et se mirent en position de combat. Patinil se retira un peu en arrière à son touret leva un bras. Les témoins des deux cotés de la clairière étaient figés en attente. Onèan et Keridan ne se quittaient pas des yeux, ce soir l’un d’entre eux aller tout perdre.
Enfin la jeune fille abaissa son bras d’un geste sec, comme un couperet, le duel pouvait commencer.
Les deux écuyers se mirent en position de combat et commencèrent à tourner l’un autour de l’autre à une distance raisonnable. Chacun essaya de trouver une faille, aucun des deux n’osaient prendre les devants. Se fut Keridan qui attaqua en premier, et chargea son adversaire, son arme dirigée pour frapper les jambes. Onèan bondit sur le coté et fit une roulade sur la droite. Il se releva aussitôt et visa le flanc découvert du noble, mais celui-ci le bloqua d’un geste vif.
Il s’ensuivit une série d’estocs, bois contre bois, chacun essayant de déstabiliser son adversaire. A ce jeu là, Keridan était le plus fort, Onèan perdit l’équilibre et chuta sur le sol. Il réussit malgré tout à rouler sur le sol très vite en évitant le coup puissant asséné par le jeune noble.
Onèan se releva et se remit en postions de combat, il savait que Keridan était plus fort, seul son agilité pouvait l’aider. Le jeune noble chargea en criant, Onèan effectua une nouvelle roulade sur le sol et réussit à frapper les jambes de son adversaire découverte. Keridan poussa un cri de douleur et tituba mais sans tomber, cela laissa le temps à Onèan de se relever. Le jeune noble le regarda, de la rage dans les yeux.
- Tu esquives mes coups mais tu ne pourras faire éternellement, je vais t’avoir bouseux.
- Tu parles trop.
Onèan attaqua avec rapidité, mais une fois encore Keridan bloqua et repoussa le jeune homme un peu plus loin. Une fois encore, les deux adversaires échangèrent de rapides coups, exploitant toute la surface de clairière, obligeant les témoins à reculer. Le visage du jeune noble n’était que fureur et rage, tandis qu’Onèan arrivait à garder son calme.
Keridan commençait à avoir le souffle court, et son adversaire ne semblait pas être touché par la fatigue. Il devait mettre son plan en route, il allait gagner, cela ne faisait aucun doute. Le jeune noble fit un signe rapide de la tête à Pearce qui lui répondit de la même manière. L’acolyte de Keridan fit alors un signe discret en direction de la forêt sombre, sans que personne ne remarque son manège.
Onèan était concentré sur son combat, ses muscles commençaient à être douloureux, mais il tenait bon. Il voyait bien que son adversaire fatiguait et le temps était son meilleur allié, il aurait bientôt une ouverture et là il l’exploiterait. Soudain il sentit une douleur vive sur son flanc et des étoiles dansèrent devant ses yeux.
Keridan esquissa un sourire discret et attaqua Onèan. Il le frappa de toutes ses forces sur les jambes découvertes de son adversaire. Le jeune homme ne pu rien faire, la douleur trop forte, et s’écroula par terre. Le noble voulut le frapper à nouveau au sol mais Onèan réussit à esquiver en roulant sur lui-même.
- Tu fuis petit nobliau, dit il en riant.
Onèan se releva en grimaçant, sa jambe droite le lançait. Il ne comprenant pas ce qu’il lui était arrivé. Keridan faisait mine de l’attendre en arborant un grand sourire de triomphe, cette assurance intriguait beaucoup Onèan. Il l’attaqua tout de même à nouveau, il ne s’avouait pas vaincu, c’est alors qu’une vive douleur dans le cou le fit chanceler. Le jeune noble en profita pour le frapper à la tête, mais Onèan para in extremis malgré la douleur. Le choc le fit tomber, Keridan chuta également entraîné par son élan. Le noble en profita pour bloquer son bâton sous le cou de son adversaire et essaya de l’étrangler. Onèan frappa Keridan dans le ventre avec son genou et se dégagea. Alors qu’il se relevait, une vive douleur dans le flanc le fit retomber à genou.
- Il y a quelque chose de pas normal, murmura Mel.
- Je suis d’accord, renchérit Lynaïs.
Elle scruta les sous bois.
- Il y a quelqu’un dans les branches, j’en suis sûre.
L’archère se déporta un peu sur la droite et ramassa une pierre en gardant les yeux fixés sur les sous bois. Elle arma son bras soudainement et lança le projectile qu’elle avait ramassé. Un cri de douleur résonna dans la clairière faisant se tourner toutes les têtes. Un homme chuta lourdement en laissant tomber du même coup une sarbacane ouvragée.
- Je vois, fit seulement Patinil.
Pearce avait pâli, tandis que Keridan retenait sa rage.
- Non, cria le noble.
Il se leva brusquement et attaqua Onèan encore à genou sur le sol, de la haine pure dans le regard. Le jeune homme utilisa la colère aveugle de son adversaire, il s’écarta sur le coté et frappa de la pointe de son bâton dans l’estomac de Keridan. Emporté par son élan, il reçut le coup sans pouvoir l’éviter, le souffle coupé, le noble s’écroula sur le sol en gémissant.
Onèan poussa un soupir de soulagement et laissa tomber son bâton en restant à genou. Mel, Ekart et Lynaïs se précipitèrent vers le jeune homme, tandis que seul Pearce alla prés de Keridan. Patinil s’approcha d’eux, affichant un air sévère.
Ses amis aidèrent Onèan à se relever, le noble restait assis sur le sol en se tenant l’estomac en grimaçant.
- Le duel est terminé, dit l’arbitre, le vainqueur est Onèan, et malgré vos manigances.
Keridan ne leva même pas les yeux vers la jeune fille.
- Vous avez bafoué votre honneur en agissant ainsi et vous êtes impardonnable, Onèan Terrenoir peut donc imposer ses conditions.
- Je ne profiterais pas de la situation Cerissac, je te demanderais seulement de nous laisser tranquille, de ne plus chercher à nous nuire.
Le noble serrait les dents.
- Très bien, cracha t’il.
Onèan sourit, et ses amis le félicitèrent, le noble ne serait plus un problème pour lui et tous ces camarades de l’Académie. Keridan réussit enfin à se relever en s’appuyant sur l’épaule de Pearce.
- Tu as de la chance que je n’ai pas gagné, j’aurai été beaucoup moins clément.
- C’est tout ce qui nous séparera toujours, répondit Onèan.
- Je ne peux plus rien te faire ici, fit le noble avec colère, mais sache que je me vengerais un jour, je trouverais le moyen de te faire souffrir et j’y arriverais tu peux en être sûr.
Sur ces dernières paroles, il quitta la clairière, en compagnie de ses témoins et de l’homme tombé de l’arbre.
- Tu vas bien ? Demanda Mel inquiète.
- Oui Oui.
Lynaïs jeta un regard noir à l’écuyère, mais sans dire un mot. Ekart s’approcha d’eux en tenant la sarbacane et une bourse en cuir.
- Il utilisé des épines de Lurteg, elles ne sont pas mortelles mais elles provoquent de vives douleurs, assez pour perdre sa concentration.
- Il a bien faillit le réussir, dit Onèan.
- Il faut reconnaître qu’il est intelligent, renchérit Ekart.
Mel et Lynaïs lui jetèrent un regard lourd de sens.
- Je pense que mon rôle est terminé, fit Patinil.
Ekart effectua une petite courbette devant la jeune fille.
- Tu t’en es très bien sortie, toutes mes félicitations.
Les joues de Patinil rosirent un peu.
- Je pense qu’il est temps de rentrer, fit l’étudiante très gênée.
- Elle a raison, lança Lynaïs, je sens que mon lit m’appelle.
Les cinq jeunes gens quittèrent à leur tour la clairière, Onèan soutenu pas Mel et Lynaïs.
Sortant de l’ombre, un homme les regarda partir.
- Vraiment très prometteur, murmura Maître Garynlos.
Le directeur disparut dans les bois.
A suivre
|