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Jeudi 31 mai 2012, 10:10


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 11 - La fin de l'Académie.

Bonjour à vous ^^

Onèan a remporté son duel face à Keridan, grâce à cette victoire il peut imposer ses règles. La seule chose que désire avoir le jeune homme, c'est la paix pour lui et ses amis.
Ainsi la suite des cours se déroulera sous de meilleures auspices, mais comme tout, l'Académie touche à sa fin et bientôt l'avenir va ouvrir ses bras à tous nos héros.

Bonne lecture !


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CHAPITRE 11
La fin de L'Académie


Avec la défaite de Keridan lors du duel qui l’opposait à Onèan, le jeune noble se fit plus silencieux. Malgré la haine qu’il éprouvait sans cesse en la présence de son ennemi, il devait respecter sa promesse faite sur son honneur. Il enrageait, devenant taciturne et encore plus violent qu’avant, projetant sa colère sur ceux qui l’entouraient. Sa petite cour d’admirateur le suivait toujours, mais ils apprenaient vite à rester prudent en sa présence.
Le respect de cette promesse pesait sur Keridan, le laissant dans des états proches de la folie. Sir Parsian surveillait les agissements du jeune noble pour prévenir les mauvais tours qu’il pouvait essayer sur Onèan ou Mel. Il trouva particulièrement étrange ce revirement complet, il ne comprenait pas pourquoi Keridan faisait tout pour éviter son adversaire.
Le chevalier en avait fait part à Onèan, mais le jeune homme avait seulement sourit sans répondre avant de reprendre son entraînement. Sir Parsian aurait bien voulu connaitre la vérité derrière cet étrange satisfaction. De toute manière, le chevalier avait bien autre chose en tête, les cours s’enchainaient maintenant à un rythme effréné.
Avec le travail que l’ont exigé d’eux, les étudiants n’arrivaient plus à trouver autant de temps pour se retrouver tous ensemble. Tandis que les futurs archers et les élèves écuyers enchaînaient les séances d’entraînement à l’extérieur de Manilaus, les futurs diplomates devaient assister à des cours magistraux avec des hommes influents de la diplomatie du Conglomérat.
Les semaines défilèrent à une telle vitesse que le temps se changea en mois, et la période des examens arriva pour les étudiants. Avec les révisions, les professeurs laissèrent un peu plus de temps aux élèves pour qu’ils puissent travailler, mais aussi se détendre. Bien qu’ils ne pouvaient pas sortir de l’enceinte de l’Académie, ces quelques moments de repos étaient ressentis comme des havres de paix pour tous.
Le petit groupe d’amis en profitèrent pour se réunir, leur cercle s’était agrandi avec la présence de Patinil, l’élève diplomate qui avait arbitré le duel, et de Madeline, l’élève prêtresse qui partageait la chambre de Lynaïs. Ils s’étaient appropriés la clairière où avait eu lieu le duel pour en faire leur lieu de rendez vous, personne ne venait jamais dans ce bosquet. Ils venaient de passer l’après midi à discuter et à se détendre, sans vraiment penser au temps qui filait.
- Qu’il est bon de ne rien faire ! Lança Mel.
La jeune fille se laissa tomber dans l’herbe en poussant un soupir de bonheur.
- Je suis bien d’accord avec toi, renchérit Ekart qui s’était assis contre un arbre, les professeurs deviennent un peu trop collant avec ces examens qui approchent.
- C’est leur rôle je te rappelle, répondit Patinil d’une voix rigide.
Malgré le temps magnifique, la jeune fille n’avait pas remplacé ses longues robes noirs qui descendaient jusqu’au sol. Elle avait seulement abandonné sa cape pour la cacher, son visage pâle et la cascade blonde de ses cheveux dans son dos tranchaient sur le noir de ses vêtements.
- Ne peux-tu pas te détendre un peu ? Fit Ekart. Nous sommes en journée libre, un peu de sourire et de joie, tu sais sourire quand même.
- Evidemment, mais je me préoccupe de mon avenir.
- Allons pas de dispute, intervint Onèan, la journée est trop belle pour cela.
- Je suis tout à fait d’accord avec toi, lança Ekart, mais il faudrait le dire aussi à notre demoiselle de glace.
Patinil se contenta de hausser les épaules, elle se rapprocha tout de même des autres étudiants. Elle s’assit gracieusement sur le sol malgré la longue robe, une habileté acquise avec le temps. Onèan sourit, parvenu à ses fins, il était assis dans l’herbe, Lynaïs était prés de lui avec Madeline collée contre elle comme à son habitude. L’archère se tourna vers sa voisine de chambrée en la fixant.
- Pourquoi tu es toujours contre moi, tu ne trouves pas qu’il fait assez chaud.
Les yeux de Madeline affichèrent de la tristesse.
- Mais je désire profiter de toi le plus longtemps possible, dans quelques jours je ne te verrais plus.
- C’est vrai que juste après tes examens tu pars pour la dernière partie de ton entraînement, fit Mel en se redressant.
Lynaïs hocha la tête sans dire un mot.
- Tu vas voir des elfes, quelle chance ! Reprit l’écuyère les yeux brillant d’excitation.
- Ils interdisent l’accès à leur forêt normalement, commenta Patinil, seul une collaboration avec l’Académie est autorisée.
L’archère releva les genoux pour les serrer tout contre elle.
- Je vais quitter définitivement l’Académie dans deux semaines, je ne reviendrais pas, les diplômes sont remis après la forêt des elfes.
La déception se lisait dans la voix de la jeune fille.
- Quelque chose ne va pas ? Demanda Onèan.
- Même si je suis heureuse de pouvoir recevoir l’enseignement des elfes qui sont passés maître dans le domaine de l’archerie, je suis triste de devoir partir et de ne plus vous voir.
Madeline se serra contre l’archère.
- Moi non plus je ne veux pas que tu partes, je me sentirais tellement seul dans la chambre sans toi.
La tristesse de l’élève prêtresse était réelle et très touchante, même si elle exaspérait Lynaïs, elle devait bien se rendre compte qu’elle lui manquerait un peu également.
- Tu auras surement un autre colocataire, fit Onèan pour la rassurer.
- Et si je n’en ai pas ? Lâcha Madeline.
- Arrête de pleurnicher, maugréa Lynaïs en tentant de desserrer son étreinte, tu n’es plus une enfant que diable.
- Oui …
Sa voix était toute petite, comme une gamine réprimandée par l’un de ses parents. Mel reprit la parole pour laisser Madeline se calmer un peu.
- Je me demande ce que tu vas voir là bas, il y a des tas de rumeurs sur le compte des elfes.
- Je ne pense pas qu’elle pourra vraiment se promener comme elle veut dans les bois, ils sont très farouches ils défendent leurs secrets avec âpreté et par la force s’il faut.
- Tu crois ? Fit Mel un peu déçue.
- Compte sur Pati pour te faire un résumé sur les elfes et leur histoire, lança Ekart, elle en aura pour des heures à parler, elle adore étaler son savoir.
La future diplomate le foudroya du regard.
- Un peu comme toi non ?
- Oh si peu, répondit Ekart avec un air faussement étonné.
En levant la tête, Onèan se rendit compte que le soleil était déjà très bas sur l’horizon, il prévint ses camarades.
- J’ai l’impression qu’il va bientôt être l’heure des premières études pour tout le monde.
- Oh non pas déjà, se lamenta Madeline, je ne veux pas retrouver les salles poussiéreuses du conservatoire.
- Ton professeur ne fait que dormir, lança Patinil, c’est un vieillard en soutane, nous avons le droit à Iguare et sa gentillesse incarnée.
- Bas, ce n’est qu’une outre pleine de vent, il ne fait qu’ouvrir sa bouche pour ne rien dire, lança Ekart.
Les étudiants se levèrent les uns après les autres de leur place, le temps passé ici était très agréable. Lynaïs se redressa lentement, elle sentait un poids énorme dans sa poitrine. Cette après midi était peut être la dernière qu’elle passait en la compagnie de tous ses amis et surtout du plus important, Onèan.
- En avant pour une nouvelle soirée de torture mentale, lança Mel avec désarroi.
- N’exagère pas quand même, répondit Ekart.
Alors que les étudiants quittaient la clairière, Lynaïs saisit la manche d’Onèan dans un geste précipité.
- Oui Lynaïs ?
- Je … Je voudrais te parler.
- Bien sûr, qu’y a-t-il ?
L’archère baissa les yeux cherchant ses mots, elle ne savait pas par où commencer, elle s’était pourtant préparée de longues heures pour ce moment. Elle leva les yeux vers lui, mais elle sentit son cœur battre la chamade, impossible de se contrôler, elle tremblait légèrement.
- Et bien que t’arrive-t-il ?
- Je ne sais pas comment le dire …
L’élève écuyer passa une main sur le coté de son visage pour remettre une mâche de cheveux derrière l’oreille droite de son amie. Elle faillit tomber du sol en poussant une exclamation de stupeur.
- Allons, tu n’as pas besoin de faire tant de manière, lança Onèan, tu n’agis pas ainsi habituellement, mais j’imagine que même ma courageuse amie éprouve parfois de la peur.
Le jeune homme prit l’archère dans ses bras et la serra contre lui.
- Courage, je suis sûr que tu arriveras à les battre tous, tu es la meilleure.
Lynaïs sentit un pincement dans son cœur, elle était heureuse qu’il ne voit pas son visage tant il devait exprimer sa déception. Elle se croyait assez forte pour tout lui avouer, tout lui dire avant d’être séparée de lui pour une très longue période. La jeune fille se laissa aller contre son ami, même si elle n’avait pas pu ouvrir son cœur, elle profitait l’instant présent.
Onèan lâcha lentement la jeune fille en affichant un grand sourire.
- Tu te sens mieux ?
Elle fit un bref signe de la tête, n’osant pas le regarder dans les yeux.
- Merci pour ton soutien.
- Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi.
- Comme je serais là si tu as besoin de moi, répondit Lynaïs.
L’élève écuyer se redressa.
- Allez, nous devrions rejoindre les autres, ils doivent se poser des questions.
Onèan partit en courant pour rattraper les autres, Lynaïs resta un peu seule, elle essuya ses yeux où des larmes commençaient à couler.
- Je t’aime tant, pourquoi je n’arrive pas à te le dire.
La jeune fille chassa ses larmes, et se força à sourire, puis elle courut à la poursuite de ses camarades.


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Deux semaines étaient passées après le départ de Lynaïs pour la forêt des elfes. Ses amis avaient pu venir la voir une dernière fois, l’archère avait été touchée par leur présence. La séparation lui coûtait beaucoup, mais elle n’avait pas le choix pour poursuivre sa formation. Madeline avait été égale à elle-même, pleurant dans les bras de Lynaïs qui n’avait pas osé lui dire de la lâcher.
Après un dernier signe et la promesse de tous se revoir dés qu’ils le pourront, la jeune fille monta dans l’un des chariots qui les emmenaient sur les routes jusqu’à leur destination. Ils partaient pour un voyage d’un peu plus de deux semaines, la forêt de se trouvant à l’extrême sud du Conglomérat.
Mais maintenant, le départ de Lynaïs était presque un lointain souvenir pour les étudiants. Les premiers examens de fin d’étude allaient bientôt débuter pour toutes les corporations d’élèves, une fièvre studieuse envahissait les couloirs et les salles d’études.
Les apprentis prêtres et prêtresses devaient réciter un à un chaque prière du dieu qu’il avait choisi d’honorer. Ils devaient bien sûr connaître les autres rites et l’histoire de principaux cultes du Conglomérat. Les examens incluaient également l’herboristerie, les soins magiques ainsi que les notions de base. Madeline devait travailler plus que les autres, son manque de sérieux lui avait fait perdre des points. Elle n’arrivait pas utiliser la magie de soin des débutants, mais elle ne perdait pas espoir d’y parvenir.
Pour les diplomates, ces examens n’étaient que les premiers, leur formation étant un peu plus longue que celles des autres étudiants de l’Académie. Les matières de ces premiers examens étaient l’histoire du Conglomérat et des pays voisins, les langues étrangères et les matières littéraires générales. Ekart gardait sa nonchalance habituelle, Patinil se sentait particulièrement habituée par son manque de sérieux, elle faisait tout pour se concentrer loin de ses manières étranges.

Pour les écuyers aussi, la grande période des examens venait enfin de débuter, le point culminant de longs mois de travail. Après cette série épreuves théoriques et pratiques, les étudiants seraient envoyés aux quatre coins du Conglomérat avec un tuteur, un membre de l’ordre. L’Académie permettait d’accéder plus rapidement au rang de chevalier, mais le travail demandé était beaucoup plus important.
Les trois premiers jours des examens étaient entièrement consacrés à la théorie, l’histoire de la chevalerie, le code de l’ordre, mais aussi toutes les matières générales. Un chevalier devait être cultivé, avec une maîtrise du langage et de l’écriture impeccable. Ces épreuves étaient éliminatoires au même titre que la maitrise des armes ou de sa monture.
Les élèves furent mis sous pression pendant toute cette période, rien ne leur était épargné. Le Capitaine Abastar débarquait dans la salle de classe subitement en plein examen, les étudiants devaient immédiatement se lever et le saluer. Le chevalier faisait ce petit manège plusieurs fois par jour pour tester l’aptitude des futurs écuyers au respect des règles et à leur capacité à s’adapter malgré le stress.
Ces quelques jours passèrent avec une rapidité sans précédent, laissant les élèves hagard et déboussolés.
- Mais qu’est ce qu’il leur a pris, lança Onèan, j’ai failli me mélanger dans les matières tellement le temps était court.
Mel se tenait la tête entre les mains.
- J’ai un mal de crane, tu ne peux pas savoir.
- J’en ai une vague idée, je t’assure.
Les autres futurs écuyers étaient visiblement dans le même état.
- Nous avons intérêt à nous reposer pour demain, reprit Onèan, les épreuves physiques ne vont pas tarder.
- Tu parles, je me sens déjà complètement vidé.
- Une nuit de sommeil et il n’y paraitra plus rien.
Les deux jeunes gens se levèrent pour regagner leur chambre respective, ils allaient en effet avoir besoin de toutes leurs forces pour affronter la suite.
L’aube à peine levée, les instructeurs passèrent dans les couloirs pour réveiller tout le monde. Les étudiants furent alignés sur le terrain d’entrainement quelques minutes plus tard seulement, portant leur épée au flanc. Les jeunes gens n’avaient pas eu le temps de manger, c’est ce que désirait le Capitaine Abastar.
Les épreuves physiques débutèrent sur l’instant, elles étaient divisées en plusieurs ateliers sur le terrain d’entrainement devant les écuries, mais aussi sur le terrain au fond de l’Académie. L’ordre de la Chevalerie avait fait venir plusieurs membres pour superviser les épreuves et faire office de jury. Les examens portaient sur l’art de l’épée et du bouclier, la tenue de la lance, l’art équestre, et bien évidemment le duel entre les étudiants.
Deux nouveaux jours furent nécessaires pour que tous les étudiants passent l’intégralité des ateliers. Il y eu quelques blessés suite aux combats mais heureusement sans gravité, les chevaliers semblaient satisfaits de la prestation des futurs étudiants.
La dernière grande épreuve allait pouvoir avoir lieux, celle que beaucoup attendait et redoutait à la fois. Elle était connue pour permettre de faire le tri entre les bons éléments et ceux qui ne pourraient pas tenir la cadence de chevalier.
Le matin du sixième et dernier jour d’épreuves, l’ensemble des étudiants de la promotion des écuyers de l’Académie furent réunis à l’extérieur de Manilaus. Des spectateurs étaient venus voir le déroulement de la course d’endurance, la compétition devenue une attraction pour les citadins. Il y avait également le Directeur de l’Académie, Maître Garynlos, accompagné de plusieurs autres anciens de l’école.
La vingtaine d’élève était revêtue de leur vêtement habituel, ils ne portaient aucune arme, pas vraiment nécessaire durant cette épreuve. Ils s’échauffaient en attendant l’annonce du départ, un petit vent froid balayé la région, venu de l’océan tout proche. Onèan était calme et posé, il avait réussi à récupérer ses forces durant la nuit malgré tous les exercices de la veille.
Mel s’approcha de lui pour lui parler tout bas.
- Je ne sais pas ce que tu as fais, mais j’ai remarqué que le directeur n’arrête pas de te regarder.
- Tu es sûre ?
Le jeune homme jeta un regard discret et il aperçut en effet les yeux de Maître Garynlos posé sur lui. L’homme se rendit compte à son tour qu’il était découvert et lança un clin d’œil à l’écuyer avant de regarder ailleurs.
Onèan se demanda bien ce qui arrivait au Directeur de l’Académie pour agir ainsi. Il n’eut pas le temps de se poser plus de question car le Capitaine Abastar se présenta devant ses étudiants. Le chevalier affichait un air satisfait derrière sa rigueur toute militaire.
- Ecuyers, après avoir travaillé durement et respecté les principes de la chevalerie, aujourd’hui vous allez participer à l’épreuve d’endurance qui décidera de votre avenir au sein de l’ordre.
Il dévoila un sac de cuir.
- Vous allez être mis par groupe de deux pour passer cette épreuve, vous devrez vous entraider pour passer les obstacles et arriver le plus vite possible à la fin du parcours. Qu’importe la personne avec qui vous serez, vous devrez absolument travailler ensemble.
Il appuya ses derniers mots en regardant tour à tour Onèan et Keridan, l’inimité entre les deux jeunes gens n’était plus un secret pour personne. Un chevalier de l’ordre réquisitionné pour l’occasion s’approcha du Capitaine Abastar, il tira les noms au hasard. Les groupes se formaient au fur et à mesure que les noms étaient lancés.
- Ecuyer Terrenoir ! Lut le chevalier à haute voix.
Le jeune homme se tendit, Keridan n’avait toujours pas été appelé, il pouvait très bien finir avec lui. L’homme plongea la main dans la bourse de cuir et en retira un morceau de papier. Il le déplia lentement et prit le temps de bien assimiler le nom qui y était inscrit.
- Il fera équipe avec l’Ecuyer Davard.
Mel, toute souriante, se tourna vers son ami, Onèan poussa un soupir de joie.
- Quelle chance, nous voilà ensemble pour la dernière épreuve.
- Oui, je te préfère de loin à Keridan.
Les derniers groupes formaient, des ordres de passage furent mis en place pour éviter que les étudiants se gênent. A chaque départ, une personne faisait basculer un grand sablier gradué pour marquer le temps. Le tour des deux amis arriva, ils se présentèrent sur la ligne de départ, silencieux et concentrés.
Au signal, les jeunes gens s’élancèrent en avant, avec une petite foulée, ils avaient décidé de se ménager au début pour pouvoir accélérer sur la fin. Ils arrivèrent dans un bois où les premiers obstacles se dressèrent sur leur route.
D’abords assez simples, les embuches nécessitaient surtout de l’habileté et de la force physique, marcher sur des poutres, grimper une corde, traverser une rivière sur un pont de corde. Mais les obstacles changèrent soudainement, et les deux amis comprirent pourquoi ils devaient être deux. Devant eux se dressait un mur d’une hauteur bien trop importante pour une personne seule.
- Je crois que je commence à comprendre l’exercice, lança Onèan, si nous ne nous entraidons pas, nous ne pourrons pas passer
- Je vais prendre appui sur toi et une fois en haut je t’aide à monter, fit Mel.
Le jeune homme hocha la tête. Après une tentative manquée, ils réussirent à passer le mur avec quelques efforts et une bonne coordination. Ils se remirent en route, et les obstacles continuèrent, fossé, cordes, construction en bois, rien ne leur fut épargné. Couvert de poussière, de boue et de bleus, les deux amis arrivèrent en vu de l’arrivée. D’autres groupes étaient également proches d’arriver, la difficulté des obstacles avait réduit les écarts entre les jeunes gens.
Onèan et Mel franchirent la ligne ensemble, fatigués mais heureux d’avoir pu parvenir au bout de la dernière épreuve d’endurance. Ils ne faisaient pas parti des premiers de leur promotion, mais ils n’étaient pas les derniers, parvenant à la troisième place. Un à un, les groupes arrivèrent à leur tour, il n’y eut aucun abandon parmi les élèves à la grande satisfaction du Capitaine Abastar.
Le chevalier se présenta devant ses étudiants de nouveau réunis.
- Félicitation à tous, vous avez terminé vos épreuves qui décideront de votre admission au sein de notre ordre.
Onèan sentait son cœur se gonflait de joie, demain il ferait parti des rangs de la chevalerie, se rapprochant un peu plus du rêve de son père.
- Les résultats viendront rapidement, le résultat des épreuves précédentes est déjà connu. Ce soir la grande cérémonie d’admission dans l’ordre de la Chevalerie, le nom de vos tuteurs et votre destination vous seront alors donné. Prenez ces quelques heures pour vous reposer et pour vous préparer, à ce soir.
Le capitaine salua ses étudiants en les laissant regagner l’Académie sous la surveillance de quelques employés de l’école. Les écuyers marchèrent avec empressement, parlant entre eux, ils allaient tous partir vers l’inconnu. Seul Keridan fanfaronnait au milieu de sa cour, sa fatigue subitement disparu.
- Je n’aurais pas besoin de tirer au sort ma place, mon père va me prendre auprès de lui et de l’Empereur.
- Tu vas voir la Lumière Divine, s’extasia une jeune fille prés de lui.
- Evidement, je serais comme mon père son plus fidèle serviteur.
- Arrête donc de dire des sottises mon pauvre Keridan, fit Mel, tu crois vraiment que tu approcheras l’Empereur. Et en plus se vanter d’avoir sa place par ses relations et la puissance de son père n’est pas vraiment quelque chose qui redore ton honneur.
Le noble avança vers le jeune fille, rouge de colère, mais Onèan fixa le jeune homme qui s’arrêta en le voyant.
- Je n’aurais pas à me vautrer dans la boue pour obtenir mon titre de chevalier en tout cas.
Il passa devant Mel sans rien ajouter, mais il regarda Onèan.
- N’oublie pas que mon serment sera terminé une fois que nous aurons quitté l’Académie, je te jure que tu me paieras ça.
- La vengeance ne t’avancera à rien, répondit le jeune homme, mais je me défendrais contre toutes les attaques mais aussi contre celles qu’auront à subir mes amis.
Keridan lui jeta un dernier regard plein de haine puis il partit en trombe, suivi de quelques autres étudiants.
- Tu devrais te méfier de lui, fit Moroe, une autre étudiante, son père est très puissant.
- Il sera bien trop occupé à faire des courbettes et des ronds de jambes pour s’occuper d’Onèan, dit Mel.
Les écuyers se mirent à rire, ils poursuivirent leur route pour regagner leur quartier. Ils allaient avoir beaucoup de travail devant eux, se laver et se changer, faire leur bagage en prévision de leur départ. Demain les élèves devaient se mettre en route en direction de leur nouvelle vie.

Le soir arriva très vite, les étudiants avaient tous revêtu l’uniforme d’écuyer, une tunique de cuir marron sur une chemise blanche, un pantalon noir et des bottes en cuir marron. Il allait recevoir ce soir le signe distinctif des écuyers, un pendentif avec leurs armoiries et celles de la Confrérie de la Lumière. Tous avaient rêvé de cet instant, le moment où ils seraient officiellement devenus membre de la Chevalerie.
La Confrérie de la Lumière avait bâti une immense forteresse, c’était le quartier général de l’Ordre, les plus grands généraux y vivaient mais aussi y étaient enterrés, la crypte était un véritable labyrinthe avec de nombreux pièges pour éloigner les pilleurs de tombes. De nombreuses légendes racontaient qu’il y avait d’immenses richesses dans cette nécropole, mais personne n’était revenu pour le confirmer.
La grande salle de cérémonie était grandiose, la voûte était à une vingtaine de mètre de haut, il y avait de grands vitraux représentant des scènes de batailles glorieuses de la Chevalerie et de ses héros. La salle était comble, les hauts dignitaires de l’ordre étaient là, ainsi que de nombreux nobles de la cours et des environs de Manilaus. La cérémonie du choix n’avait lieux qu’une fois par an, un moment rare où presque tous les grands chevaliers se réunissaient.
Les écuyers étaient un peu effrayés devant tant de splendeur, mais le capitane Abastar et Sir Parsian les aidèrent à avancer. Ils avaient été placés par ordre alphabétique et Onèan se retrouvait dans les derniers, il avala avec difficulté sa salive et pensa à son père, lui aussi avait du affronter les même peurs, il devait être digne de lui. Il se redressa et avança à la suite de ses camarades.
Le capitaine Abastar en tête, ils marchèrent sur un tapis de velours pourpre entre deux rangées de soldats en tenus de cérémonie étincelante. Le chevalier s’arrêta devant l’estrade où les Maîtres de la confrérie suivaient la cérémonie.
- Voici les nouveaux écuyers qui ont réussi toutes les épreuves, ils ont mérité d’entrer dans l’Ordre, pour la gloire de l’Empereur.
Un vieux chevalier en armure se leva, c’était Sir Okante De Laroche Tillère, le Grand Maître de la Confrérie de la Lumière.
- Qu’ils s’avancent vers moi pour recevoir leur récompense.
Un a un, les écuyers se présentèrent devant l’illustre personnage, l’homme leur donnait le pendentif de l’Ordre et il plongeait sa main dans une bourse en cuir, d’où il retirait un morceau de parchemin indiquant le nom du tuteur et le lieu où ils étaient envoyés.
Onèan se présenta à son tour devant le Maître de l’Ordre et s’inclina.
- Ecuyer Terrenoir, fit Sir Okante De Laroche Tillère, tu appartiens maintenant à la Confrérie de la Lumière, ta vie et ton honneur seront pour toujours et à jamais au service de notre Empereur, la Lumière Divine.
- Je jure que mon épée sera toujours au service de la justice et de la Lumière Divine, notre bienfaiteur.
- Que ta fois et ton honneur te guident sur le chemin de la chevalerie.
Le vieux chevalier retira alors un bout de parchemin de la bourse en cuir.
- Ton tuteur sera Sir Edwan Nartero et tu seras envoyé à Paragahi.
Onèan se figea, le cœur battant la chamade, Paragahi était l’ancienne garnison de son père, c’était de là qu’il était parti pour sa dernière mission dans la forêt de Veraï. Le jeune homme en était sûr maintenant, quoi qu’il fasse son destin le ramenait toujours à cette forêt et à la mort de son père.


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La forêt offrait une atmosphère étrange, toujours changeante, la lumière des rayons du soleil alternait avec la pénombre des sous bois. Le vent faisait voler les branches hautes de la cime des arbres, jouant une mélodie ininterrompue.
Lynaïs ressentit une drôle de sensation en pénétrant la première fois dans cette forêt si éloigné de tout. La jeune fille s’arrêtait souvent pour caresser l’écorce d’un arbre, sentant presque le pouls de ces bois anciens. Elle frissonnait quand une brise venue de nulle part lui frôler la nuque, comme un fantôme venu s’amuser à ses dépends.
Il avait fallu un peu plus de deux semaines de voyage pour parvenir jusqu’ici, les professeurs qui les accompagnaient en avaient profité pour leur donner quelques cours pour passer le temps. Tous les élèves maître archer attendaient ce moment avec impatience, les elfes étaient un peuple mystérieux qui aiguisait la curiosité. Peu de chose était connu sur leur compte mais tout le monde était d’accord pour dire qu’il n’y avait pas de meilleurs archers dans tout le Conglomérat.
Durant le voyage, Lynaïs se sentit seule, loin de ses amis. Elle n’aurait pas cru ressentir cette sensation de solitude au milieu de ses autres camarades de classe. Elle faisait tout pour ne pas le monter et pour le moment personne ne s’était aperçu que son sourire cachait sa tristesse.
Plusieurs habitations avaient été construites par l’Académie à l’orée de la forêt des elfes, ils avaient accepté la présence de ses bâtiments, les seuls aussi proche de leurs terres. Une dizaine de personnes y vivaient toute l’année, des bucherons pour la plus part. Les elfes leur désignaient les zones autorisées à l’exploitation, en contrepartie ils devaient entretenir le bois et veiller à toujours replanter des arbres après l’abatage.
L’arrivée des élèves de l’Académie changeait l’ordinaire de cette petite communauté. Une grande maison leur était attribuée, tout le monde logeant dans le même dortoir, un aménagement fut mis en place pour laisser à la seule jeune fille du groupe un peu d’intimité malgré tout.
Après l’installation, les premiers entrainements débutèrent, les élèves devaient reconnaitre le terrain, s’habituer aux conditions climatiques et aux bois. La forêt était si étrange qu’elle n’avait rien de comparable avec les autres existantes dans le Conglomérat. Les arbres semblaient plus anciens, l’air était plus lourd, chargé d’une sensation que les jeunes gens n’arrivaient pas à décrire.
Lynaïs se jeta à corps perdu dans les entraînements physiques et les cours théoriques. Le travail lui faisait oublier la séparation, elle arrivait ainsi à mieux supporter son chagrin et même à ne plus y penser du tout. Les cibles d’entraînement se réduisirent en taille, elles étaient maintenant dissimulées derrière des pierres ou des feuillages. Les élèves devaient ramper, se cacher ou grimper aux arbres pour les toucher.
Quelques jours plus tard, les étudiants virent enfin pour la première fois des elfes. Le soir était tombé sur le campement, les élèves se reposaient autour du feu après une autre journée harassante. Le professeur Hera Boutlef se présenta alors devant eux, dans son habituelle tenue de cuir. Il affichait un grand sourire, il appela ses élèves faisant taire peu à peu les conversassions laissant un silence attentif.
- Les premiers jours ont été durs mais nécessaire pour vous habituer lentement à cette forêt très particulière, mais maintenant nous allons pouvoir commencer la dernière phase de votre entraînement pour devenir des Maîtres Archers.
Il se mit de profil en désignant les ombres, invitant quelqu’un à venir.
- Je vais vous présenter les personnes qui vont faire de vous des archers d’élite.
Apparaissant soudainement dans la lumière du feu, trois elfes se présentèrent devant les étudiants aux regards écarquillés de surprise. Ils étaient tous les trois de taille moyenne, d’une corpulence très fine. Il portait des tenus de cuir qui épousait leur corps à la perfection, des vêtements encore jamais vus dans le Conglomérat.
Leur visage était fin et racé avec des pommettes hautes, la couleur de leur peau allant du blanc pâle au doré. Deux d’entre eux possédaient de long cheveux châtain maintenus en plusieurs tresses, l’un avait les yeux marron tandis que ceux de l’autre était gris. Ils se tenaient un peu en arrière par rapport au premier elfe qui était le plus proche.
Lynaïs l’observa un peu mieux, il avait le même visage racé que les deux autres, mais ses yeux verts semblaient remplis d’une étrange mélancolie, attirant la jeune fille. Ses cheveux étaient blonds et très long, gardés en une queue de cheval. Dans ses mains, il tenait un arc simple mais d’une très belle facture, Lynaïs aurait bien voulu le voir de plus près.
L’elfe en pointe prit la parole rompant le silence et le crépitement des flammes. Sa voix était douce et posée, son visage restait impassible sans aucun trouble visible.
- Bonjour à vous, élèves de l’Académie, je me nomme Maître Guyt’Ji, je vous inculquerais pendant quelques semaines mon savoir.
Il marqua une pause pour regarder chaque visage.
- Je serais aidé de mes deux assistants derrière moi, ainsi que de votre professeur. Je ne vous apprendrais pas à tirer à l’arc, je suppose que vous en êtes tous capable. Je suis là pour vous apprendre à vous dissimuler, à trouver la meilleure position pour tirer, et à juger au mieux vos chances d’atteindre votre cible.
L’elfe se redressa avant de reprendre.
- Ces notions vous sont peut être pour le moment un peu flou, mais vous comprendrez tous au fur et à mesure de mes conseils.
Lynaïs fixait le nouveau venu, elle était particulièrement curieuse de savoir ce que voulait dire l’elfe. Le regard de Maître Guyt’Ji s’arrêta soudain sur la jeune fille, comme si celui-ci se sentait observer. Le temps sembla se figer pendant quelques secondes, Lynaïs finit par baisser la tête en sentant le rouge lui monter aux joues. L’elfe au contraire sembla s’en amuser, il reprit la parole en s’adressant à toute l’assemblée.
- L’entrainement commencera dés demain matin, reposez vous bien, vous en aurez surement besoin.
Il salua les élèves, puis il se tourna vers le professeur d’archerie pour lui serrer la main en esquissant un petit sourire. Les elfes disparurent dans les bois en quelques pas, ne laissant aucune trace sur le sol.
Les discutions reprirent autour du feu, tous étaient excités à l’idée de connaitre ce qui les attendait demain. Lynaïs restait pensive, le regard qu’elle avait échangé avec cet elfe l’avait troublé, quelque chose d’étrange bouillonnait en elle. La jeune fille espérait que les prochains jours lui apportent une réponse à ces interrogations.
 
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Il y a 7 commentaires
Jupiter le 22/10/2006 à 14:56:28
et ben rien a redir c'est genial vivement la suite ^^, qu'est ce qui va arrivé a nos amis???? et el elle est envoyé ou ... et onean que va t il lui arrivé, bref je ve la suite tres rapidement c'est un ordre
Natane le 22/10/2006 à 23:23:41
C'est fini l'Académie ? Je sens les combats qui approchent ...
Angi le 23/10/2006 à 19:49:30
Un looooooooooooooooOooooong chapitre, pour un Looooooooong comme que je fais essayer de faire



Alors, que dire d'autre a part que j'adooooooooore !



C'est un superbre chapitre, tout ton texte en générale
est agréable àlire, et moi j'aime les textes agréables à lire !!!
(Je ne pense aps être la seule d'ailleure ^^ )

Je n'ai pas vue de faute, ce qui est encore un plus !!!!!!!!!!!!!!

DOnc j'adore de A à Z en passant par ç ! (j'adore cette expression elle me fait délirer ! )



Donc rien que pour moi je mettrai 10/10 !

Mais juste pour le fun et la cruauté (Je sais, mes persos déteignenet sur moi ... Je devrais peut être revoir leur caractère ? Non ....
XD)

Donc juste par amour du fun !
9,95 sur 10 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Vivement la suite !!!!!



Mélanie mustang le 02/11/2006 à 15:40:19
C'est vraiment génial!!! Vivement la suite... Mais pauvre Lynaïs... Et dire qu'Onéan a rien pigé... Ah la la je vous jure... Ces mecs, il faut tout leur dire... J'espère qu'elle arrivera un jour à lui avouer son amour...
Facyb le 18/11/2006 à 23:14:26
On m'oblige a ecrire un com alors que je veux lire la suite moiii !!! Toute facon ce que j'ai a te dire c'est comme tous les autres: C EST GENIIIIIIIALLLLLL!!!! et j'en ai marre de lire tes fics geniales faut que j'aille au dodo moi demain je me leve tot! roooo ca suffit maintenant les fan fics qui empeche d'aller se pieuter! Moi une eleve studieuse et tout, au lieu de faire mes devoirs je lis tes superes histoireuh! yen a marre ! je fais la greve des fics bien a partir de maintenant je me met aux histoire pourris !! Bon je te fais un gros bisous pour la suite et contiunus le reste viiiiiiiiteee
Grisonne le 16/02/2007 à 21:25:01
hey hey ! géant jusqu'ici !! j'ai hate de voir la suite là !!! t'écris trop trop bien ^^
Titedidine80 le 04/07/2007 à 19:10:52
un peu long??? Mais non, mais non... c'est parfait
Enfin ça aurait été parfait si on m'avait pas dérangé dans ma lecture (non mais c'est quoi ces gens qui viennnent sonner à votre porte )

Non franchement c'est encore un super chapitre. Bravo!
Niark La force obscure le ramène vers le lieu de la mort de son père... ça promet.

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