Bonjour lecteur ^^
Le départ est proche pour nos héros, Lynaïs fut la première et les autres vont suivre également, partant là où leur futur les porte.
Pour Onèan, cet avenir s'annonce bien étrange, il va suivre les traces de son père, étant envoyé dans son ancienne garnison.
A partir de ce chapitre, nous allons pouvoir l'aventure de nos héros séparément, j'espère que cela vous plaira.
Bonne lecture et laissez des commentaires pour me dire ce que vous pensez de la fic ^^
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CHAPITRE 12
Vérité
Onèan regarda la petite pièce qui lui servait de chambre et de lieu de repos depuis presque un an déjà. Elle était semblable à toutes les autres, un lit, une armoire, une table pour bureau et une chaise. La lumière était donnée par une fenêtre munie de barreaux en acier, elle pouvait s’ouvrir pour faire entrer l’air. La chambre était la même pour tous les autres écuyers, l’Ordre de la chevalerie voulait traiter tous les prétendants sur le même pied d’égalité.
Le jeune homme repensa à ce qui s’était passé depuis son arrivée dans la cour de l’Académie. Il avait travaillé dur pendant de longues années pour parvenir jusqu’ici, pour arriver à atteindre son rêve. Maintenant il n’avait plus besoin d’imaginer sa vie car elle allait bientôt commencer en temps qu’écuyer de l’ordre.
Il s’approcha du lit où était pose son seul et unique sac, il y avait réuni toutes ses affaires. Le départ était tout proche, une question d’heures, peut être moins, la formation à l’Académie était terminée, et la vie d’écuyer pouvait enfin commencer pour tous les étudiants. Il se redressa en regardant une dernière fois cette chambre vide et il poussa un soupir en fermant les yeux.
- Alors qu’est ce que tu fabriques ? Demanda Mel en souriant.
Surpris, Onèan sursauta.
- Rien, un peu de nostalgie peut être.
- Tu trouves que ce placard à balai mérite un quelconque intérêt ?
Le jeune homme sourit.
- Et bien, je vois que tu ne vas pas la regretter.
- Ah ça non, tu peux en être sûr, combien de temps j’ai du passer à cette table pour réviser des dogmes sans intérêts et des dates à n’en plus finir.
- La mémoire des chiffres est apparemment toujours ton grand point faible.
Mel leva les yeux au ciel.
- Aller, l’école c’est fini pour nous, je préfère de loin penser à la vie que se tient devant dorénavant.
Onèan hocha la tête.
- Nous ne serons plus des élèves mais des écuyers.
- Tu as de la chance en plus, tu vas dans une grande ville.
- Paragahi est grande, répondit le jeune homme, j’ai entendu qu’elle était aussi appelé la deuxième capitale du Conglomérat.
- Tu ne seras pas dépaysé toi, lança Mel désespérée.
- L’endroit ne me changera pas trop en effet, c’est juste un peu plus au nord de chez moi, mais toujours prés de la forêt de Veraï.
- Tu as de la chance vraiment.
Le jeune homme regarda son amie avec compassion.
- C’est vrai que pour toi, le soleil de ta région va te manquer là où tu seras envoyé.
- A qui le dis tu, la frontière nord de l’Empire, dans une forteresse sur l’un des rares cols permettant d’accéder au Conglomérat, il y a plus souvent de la neige et de la pluie qu’une douce brise océane.
- Mais les au moins tu auras de l’action là bas, lança Onèan pour lui remonter le moral.
- Oui, j’aurais le choix entre les barbares Taugres, les orcs et les koradjis, j’ai l’embarras du choix, je ne risque pas de m’ennuyer.
- Allons, sortons sur le terrain d’entrainement, la cérémonie de départ va bientôt débuter.
Mel acquiesça, elle retourna dans le couloir où l’attendait son propre sac. Le jeune homme se saisit à son tour de son bagage posé sur le lit, il jeta un dernier regard autour de lui pour vérifier qu’il n’avait rien oublié. Enfin il sortit de la petite chambre qu’il avait occupée en refermant la porte consciencieusement, tournant la page de l’Académie.
Accompagnée de son amie, ils se dirigèrent vers la sortie du bâtiment vers le terrain d’entrainement qui faisait face aux écuries. Le Capitaine Abastar devait faire une intervention pour saluer les écuyers en la présence des autres professeurs de la formation et des instances de l’école. Le Directeur de l’Académie serait bien évidemment présent, il ne ratait jamais le départ de ses élèves de chaque formation.
- Onèan, je peux te demander quelque chose ? Demanda Mel.
- Oui bien sûr.
La jeune fille semblait hésiter, elle n’osait pas parler, son ami lui laissa prendre son temps pour lui parler.
- La neige, c’est si terrible que ça ? Finit-elle par demander.
Le jeune homme éclata de rire.
- Ce n’est pas drôle, je n’ai jamais vu de la neige moi.
- Alors là bas tu vas être servie, à ce que je sais, l’été se résume en une période de deux mois, le reste du temps soit il pleut, soit il neige.
- Mon dieu, pauvre de moi.
Onèan ne put s’empêcher de pouffer de rire à nouveau, la jeune fille donna une claque derrière la tête de son camarade en réponse. Ils arrivèrent enfin sur le terrain d’entraînement en bon dernier comme à leur habitude, le regard du capitaine Abastar en disait long sur ce qu’il pensait du retard des deux jeunes gens.
Une fois tout le monde réuni, le chevalier fit un signe de la tête au directeur. L’homme acquiesça en souriant, puis il se présenta devant les écuyers de la nouvelle promotion de l’Académie. Les spectateurs se turent pour écouter les paroles du maître de l’école, parmi les personnes présentes, Onèan remarqua Ekart et Patinil, même Madeline, l’élève prêtresse était là.
- Jeunes gens, je tiens à tous vous féliciter, commença Maître Garynlos, vous avez brillamment réussi votre passage à l’Académie pour accéder au titre d’écuyer au sein de l’Ordre de la lumière, encore une fois aucun d’entre vous n’a échoué lors de l’épreuve d’endurance, montrant votre courage et votre ténacité.
Il marqua une pause en gardant toujours ce grand sourire sur les lèvres.
- Je sais que vous avez eu des moments difficiles, des doutes même sur votre présence entre ses murs. Vous n’avez plus à hésiter maintenant, vous avez réussi votre examen final et vos professeurs vous ont jugé apte à rejoindre les rangs de la chevalerie.
Il écarta les bras devant lui.
- Aujourd’hui, vous partez pour les quatre coins de l’Empire, pour développer vos talents et devenir de grands Chevaliers. Je suis persuadé que parmi vous se trouvent les futurs grands officiers de l’Ordre pour notre avenir.
Maître Garynlos se redressa en remettant ses mains dans le dos.
- Bonne route à vous, j’espère que vos talents et votre cœur vous guideront vers le chemin de votre destin.
La fin de son discours avec une résonnance étrange, Onèan sentit son cœur se remplir d’une émotion qu’il n’arrivait pas à décrire. Le même sourire accroché aux lèvres, le directeur de l’Académie salua les étudiants d’un bref hochement de la tête. L’homme fit un demi tour sur lui-même et se reprit sa place parmi les spectateurs, laissant le capitaine Abastar parler à son tour.
Le chevalier avait un regard froid et austère, comme à son habitude, mais il brillait aussi d’une fierté intense. Il avait revêtu son armure d’apparats qui brillait au soleil, particulièrement bien entretenu comme les écuyers pouvaient s’attendre du capitaine.
Non loin de lui, les deux autres professeurs de la formation se tenaient bien droit, Sir Parsian avec une armure de cérémonie comme celle du Capitaine, Maître Hogar dans une tenue de cavalier immaculée et le professeur Etaniel dans sa toge noir de professeur.
- Ecuyers de l’ordre, je ne vais pas vous retenir très longtemps, vous me connaissez maintenant je n’aime pas les grand discours. Je voulais juste vous souhaiter bon courage pour la suite de votre parcours, l’Académie n’est qu’un passage durant cotre carrière pour devenir chevalier. Vous rencontrerez d’autres écuyers qui ont du travailler encore plus durement que vous pour parvenir à ce stade, ne vous croyez pas assurer de devenir chevalier sans continuer à travailler comme vous l’avez fait jusqu’à présent.
Le capitaine Abastar avait parlé avec fougue et emportement, il plaçait les efforts et le courage au dessus de tout. L’homme se radoucit pour terminer son intervention sur une note plus douce.
- Vous faites parti de l’Ordre de la Lumière maintenant, soyez en digne et battez vous toujours avec honneur. Je vous souhaite à tous bonne chance.
Le chevalier esquissa un sourire franc, chose rare à voir sur le visage rigide et militaire de cet homme. Il s’effaça à son tour pour laisse les écuyers faire leurs adieux à leur camarade, ils ne se reverraient pas avant un certain temps, et même des années peut être.
Mel et Onèan se rapprochèrent de trois amis qui étaient venu les voir malgré leur propre travail.
- Merci d’être venu, lança le jeune homme en arrivant à leur hauteur.
- Nous n’allions pas manquer votre départ tout de même, répondit Ekart.
Madeline essuyait ses yeux des larmes qui naissaient à leurs coins.
- Je déteste les séparations.
- Les prêtres et les chevaliers se rencontrent souvent, nous nous reverrons, fit Mel pour éviter de la voir fondre en pleur.
- Oui bien évidemment.
La future prêtresse passait des larmes au sourire à une vitesse surprenante.
- Moi aussi j’espère que nous pourrons nous revoir, reprit Onèan.
- Avec nos métiers et nos occupations, il va être difficile de tous nous réunir, lança Ekart.
- En tant que diplomates, nous avons l’occasion de voyager souvent, intervint Patinil, il sera surement plus simple pour nous de vous voir.
- Toujours à prendre du bon temps quoi, claironna Mel.
Les jeunes gens rirent, ils étaient tristes de se séparer mais cela ne servait à rien de se mettre à pleurer.
- Le Conglomérat n’est pas si grand, fit Ekart, quand je serais devenu un grand diplomate je vous ferais tous venir dans ma belle villa pour faire la fête.
Patinil leva les yeux au ciel.
- Et le voilà qui recommence avec ses rêves de grandeurs.
- Il a une imagination débordante, ricana Onèan.
Sir Parsian s’approcha à son tour du groupe de jeunes gens, il voulait saluer le fils de son ami avant qu’il ne quitte l’Académie. Il se présenta souriant aux cotés des deux écuyers, posant lourdement ses deux mains sur leurs épaules.
- Félicitation à vous deux, vous voilà des écuyers maintenant.
- Merci, répondirent en cœur les deux jeunes diplômés.
- Même si ce n’est que le rang d’écuyer, il faut toujours débuter au bas de l’échelle pour mieux progresser ensuite.
Ils hochèrent la tête.
- Onèan, as-tu prévenu ta mère pour lui expliquer où tu seras envoyé ?
- Je lui ai écrit une lettre hier soir, mais je ne pense pas que l’endroit où je vais lui fasse un immense plaisir.
- J’en suis convaincu également, répondit Sir Parsian, mais dame Mathilde sait très bien que le destin guide nos pas, alors c’est à nous de suivre le chemin qu’il nous trace.
- Même quand il vous envoie dans des montagnes sordides et froides, intervint Mel avec une moue dégoûtée.
- Le soleil brille partout, lança Ekart, un peu moins là bas évidemment.
- Arrête, j’en tremble déjà.
Les sourires fleurirent sur les visages en entendant le ton de la voix de la jeune fille totalement désespérée.
- Ne t’inquiète pas, fit Sir Parsian pour la réconforter, je connais ton tuteur, Sir Gaudric, il est très gentil et compréhensif.
Mel fit un pauvre sourire.
- C’est déjà ça.
- Faites attention tous les deux tout de même, dit Sir Parsian, les combats ne sont pas rares et vous n’avez pas eu les meilleurs endroits, en particulier toi Mel. Je suis toujours mal à l’aise quand je vois mes jeunes élèves envoyés dans des zones dangereuses.
- Ne vous inquiétez pas, répondit Onèan, nous nous sommes entraînés et nous avons beaucoup progressé avec vous.
- Le devoir d’un chevalier est de se battre pour le Conglomérat et sa sécurité, renchérit Mel.
L’homme sourit.
- Je dois donc m’incliner devant votre conviction alors.
- La jeunesse est admirable pour sa fougue, intervint une personne qui était arrivée sans un seul bruit.
Le chevalier et les jeunes gens se tournèrent en direction de son de la voix. Ils écarquillèrent les yeux de surprise en voyant le Directeur de l’Académie se présenter devant eux. Les étudiants se sentirent mal à l’aise alors que l’homme affichait un grand sourire.
Sir Parsian se redressa pour saluer le nouveau venu.
- Monsieur le Directeur.
- Sir Parsian, vous êtes toujours aussi engagé dans l’éducation de nos futurs écuyers, vous êtes un atout à notre école à n’en pas douter.
- Merci pour vos éloges, mais ce n’est que mon travail.
Maître Garynlos se tourna vers les jeunes gens.
- Voilà un petit groupe qui ne se séparait jamais dans l’Académie, il ne manque que votre amie archère l’élève Amarra pour compléter le tableau.
Les étudiants se regardèrent surpris, ils ne pensaient pas que le directeur connaissait l’amitié qui les liait, et encore moins que l’homme s’y intéressait.
- Je ne suis pas là pour vous ennuyer outre mesure, ne vous inquiétez pas, reprit le directeur, je suis venu parler avec vous écuyer Terrenoir.
Le jeune homme afficha sa surprise.
- Vous voulez me parler en particulier ? A quel sujet ?
- Venez avec moi, ne craignez rien je ne vais pas vous donner un blâme au quelque chose du même genre.
Le directeur s’éloigna des autres en direction d’un endroit plus tranquille, Onèan regarda ses amis pour Sir Parsian. Le chevalier haussa les épaules.
- Je ne suis pas du tout au courant, va le voir, il n’est pas méchant, un peu étrange seulement.
L’écuyer prit son courage à deux mains et rejoignit Maître Garynlos qui le regardait venir en souriant. Une fois qu’ils furent réunis, le directeur se tourna de manière à montrer son dos à la foule réuni sur le terrain d’entrainement, cachant leur entretien. Voyant la gêne et la suspicion dans l’attitude du jeune homme, il prit la parole d’une voix apaisante.
- Détends toi, jeune Terrenoir, tu n’as rien à craindre de moi, je suis un allié.
Le jeune homme remarqua que le directeur le tutoyait, faisant naitre une grande curiosité chez lui.
- Un allié ?
Le directeur haussa un sourcil.
- Comme je m’y attendais, tu n’es au courant d’absolument rien.
Cette fois, Onèan se tendit, ne comprenant pas ce que voulait dire l’homme.
- Je suis désolé, mais je devrais être au courant de quoi ?
- Qu’importe, je ne peux pas vraiment te parler librement ici, cela serait bien trop dangereux pour moi comme pour toi.
Maître Garynlos plongea ses mains dans une large poche de sa toge pour en sortir un carnet de cuir relié à l’aide d’une boucle en acier permettant de le maintenir fermé. Il le fourra dans les mains du jeune homme qui l’observa de plus près. Il écarquilla les yeux de surprise en reconnaissant l’écriture sur la couverture, Onèan leva les yeux vers le directeur.
- C’est l’écriture de mon père !
- Parle moins fort Onèan, fit Maître Garynlos d’une voix basse, Sir Terrenoir me l’a envoyé juste avant de partir pour cette expédition dans la forêt de Veraï où il a disparu.
- Mais pourquoi à vous et pas à nous, sa famille ?
- Parce qu’il savait que ses affaires seraient fouillées et le livre confisqué.
Le jeune homme marqua une pose, en fixant son interlocuteur.
- Je me souviens que les affaires de mon père étaient en désordre en arrivant au manoir, il était toujours très ordonné habituellement. Ma mère a pensé que s’était du au transport depuis Paragahi jusqu’à chez nous.
- Il a donc bien fait de se méfier.
Maître Garynlos se pencha soudainement sur lui, une expression intense sur le visage.
- Il y a de nombreux secrets et de zones d’ombres qui entourent le Conglomérat, quelques personnes cherchent à les faire ressurgir, ton père était une de ses personnes.
Onèan se raidit, une expression d’incrédulité inscrite sur ses traits.
- Sa disparition a été particulièrement troublante, il avait trouvé quelque chose là bas, et il voulait le prouver en allant dans la forêt de Veraï.
Le jeune homme ne savait pas ce qu’il devait dire, il restait là sans rien faire à écouter le directeur sans oser l’interrompre.
- Tu connais l’Inquisition ?
L’écuyer hocha la tête, tout le monde avait vu au moins une fois les hommes en noir, particulièrement inquiétant. Il était interdit de parler d’eux, il ne fallait surtout pas tenter de leur adresser la parole. Cette secte obscure était comme une rumeur pour le peuple du Conglomérat, un tabou qu’il ne valait mieux pas transgresser.
- Ecoutes moi bien, tu dois absolument te méfier des hommes qui portent le symbole de la serre noire sur fond rouge. Ils traquent les personnes comme ton père ou comme moi qui cherchent à découvrir les anciens secrets cachés par leurs soins.
Ne voyant pas réagir le jeune homme, Maître Garynlos se pencha encore plus vers lui.
- M’as-tu compris ? C’est très important !
- Ou … Oui mais …
- Nous ne pouvons pas vraiment discuter, j’ai pris le risque de te parler à découvert car je n’ai jamais pu te le dire avant, je voulais que tu sois loin de Manilaus avant d’apprendre la vérité sur ton père. Je suis persuadé que l’Inquisition a quelque chose à voir avec la disparition de Sir Terrenoir, ils chercheront surement à s’en prendre à toi aussi. Tu dois donc tout savoir sur ce que cache le pouvoir en place.
Le directeur se releva pour voir si personne ne s’était rapproché d’eux. Assuré d’être toujours hors de porté des oreilles indiscrètes, il reprit la parole.
- Avec ce livre, ton père m’avait adressé une lettre, il voulait que tu apprennes la vérité et que tu poursuives sa quête pour rompre la toile de mensonge et de crimes qui entache le Conglomérat.
Onèan avait bien du mal à comprendre ce que disait Maître Garynlos, il porta une main sur son front en secouant la tête.
- Je suis perdu, vous venez de m’annoncer que mon père était un dissident contre l’Empereur et je dois prendre sa suite. Mais qu’est ce que je suis sensé faire ?
- J’arrive à imaginer ce que tu ressens, je sais que je suis abrupte, mais je n’ai pas le choix. Dans ce livre, tu trouveras tout ce que tu as besoin de savoir, mais sache que le secret que tu vas découvrir remet en question le fondement même du Conglomérat, il cache la souffrance et le meurtre de millier de personnes.
Onèan ne savait plus quoi dire.
- Ne révèle ce secret à personne, c’est risqué pour ta vie et celle de la personne avec qui tu auras parlé, et il peut être un agent de l’Inquisition.
- Mais pourquoi tout ces secrets, et pourquoi moi ?
Maître Garynlos fit un sourire énigmatique.
- La famille des Terrenoirs est spéciale, tu le découvriras très vite. Tout est marqué dans ce livre, tout ce que nous savons déjà, tu peux avoir confiance en moi.
Le jeune homme fixé le livre sans trop se rendre compte de ce qu’il venait d’apprendre. Son père était bien différent de ce qu’il pensait.
- Viens, nous devons revenir vers les autres, repris Maître Garynlos, nous allons attirer l’attention.
Onèan suivit l’homme sans se rendre compte de ce qu’il faisait, toutes ses révélations d’un seul coup l’avaient beaucoup ébranlé.
- Je te laisse là, murmura le directeur, cache le livre, ne le montre à personne, je sais que j’aurais du te parler plus tôt, mais je voulais être sûr que tu sois vraiment à même de poursuivre l’œuvre de ton père. Il a mis dans le livre les moyens que nous prenions pour nous contacter, mais aussi la liste des gens en qui tu peux avoir confiance. Prends bien garde aux personnes qui t’abordent certaines peuvent très bien n’être que des espions à la solde de l’Inquisition.
Sur ces mots, Maître Garynlos le quitta, le laissant debout, le regard fixe, perdu dans la tourmente des révélations. Ses amis le rejoignirent un peu inquiet.
- Ils te voulaient quoi ? Demanda Mel.
Onèan secoua la tête.
- Rien … Il voulait me féliciter pour mes très bons résultats dans la promotion.
Ekart le regarda intensément.
- Tu ne nous dis pas tout là, je me trompe.
- Bien sûr que non, dit précipitent Onèan, pourquoi je le ferais ?
Son attitude étrange fit douter Ekart, mais il préféra ne rien dire. Un chevalier appela Mel, il avait une forte carrure et discutait avec Sir Parsian.
- Il est déjà le temps de se séparer, fit Mel, mon tuteur m’appelle, tu devrais y aller aussi Onèan.
Le jeune homme acquiesça.
- Fais attention à toi Mel.
La jeune fille serra dans ses bras les trois amis qui étaient venus leur dire au revoir. Elle termina en se présentant devant Onèan, un sourire sur les lèvres, juste avant de faire un bon en avant et de l’embrasser soudainement en s’accrochant au cou du jeune homme. Elle le relâcha enfin en souriant de plus belle, il rougissait jusqu’aux oreilles, tandis qu’Ekart et Patinil pouffaient de rire. Madeline gardait la bouche grande ouverte, aussi surprise que gênée.
- Au revoir, j’espère qu’on se reverra bientôt.
Mel fit un dernier clin d’œil à Onèan avant de courir vers son tuteur.
- Au moins elle sait ce qu’elle veut, fit Patinil.
- C’est tellement indécent ! Lança Madeline en fixant l’écuyère de dos.
Ekart éclata de rire.
- Merci Ekart, je me passerais de tes commentaires, marmonna Onèan.
- Mais je suis le seul qui n’a rien dit.
- Je te connais assez pour savoir ce que tu penses.
- Allons, tu ne vas pas te vexer pour un simple baiser, lança le jeune diplomate, en tout cas elle t’a fait un joli au revoir que tu ne vas pas oublier de ci tôt.
Le jeune homme sourit, il avait raison sur ce point là.
- Je vais vous laisser moi aussi, je ne vais pas faire attendre Sir Nartero.
L’heure des adieux était venue, à son tour il prit dans ses bras les deux jeunes filles, Madeline en larmes, et Patinil très digne. Il serra enfin la main d’Ekart dans la sienne en le regardant dans les yeux.
- Notre petit groupe se sépare pour de bon.
- Ainsi va la vie, répondit le futur diplomate, mais quelque chose me dit que nous réussirons à nous retrouver tous ensemble.
Onèan lâcha enfin la main de son ami.
- Bon courage à vous, et j’espère que vous atteindrez aussi votre but.
- Compte la dessus, répondit Ekart en se redressant.
Onèan salua une dernière fois ses deux amis avant de se diriger vers l’écurie où attendait son tuteur. Les adieux faits, son esprit se retrouva de nouveau embrouillé, occupé par les révélations de Maître Garynlos, sur son père et sur ses étranges secrets qui pourraient faire tomber le Conglomérat tout entier.
Le livre de son père, ses notes, tout y était expliqué selon les dires de l’étrange directeur de l’Académie. Une partie de la vie de son père venait de lui être révélé et le jeune homme se rendit compte qu’il n’était qu’en fait qu’un inconnu.
Son destin venait encore de prendre un nouveau tournant et Onèan avait peur du chemin qu’il était entrain d’emprunter. Ce choix pourrait être le plus important de toute sa vie, devait il lire ce livre et connaître ce secret ?
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Bien loin de Manilaus et de l’Académie, le chant des cordes des arcs emplissait l’air d’une mélodie continue. Les élèves maîtres arches s’entraînaient avec diligence sous la surveillance de leurs nouveaux professeurs, les elfes et leur beauté surnaturelle. Ils avaient montré en tout début de journée leur grande maîtrise de l’arc, touchant des cibles que les étudiants auraient cru impossible.
Par petit groupe, les élèves enchaînaient de petits ateliers pour comprendre la science de l’archerie telle que les elfes la concevaient. Lynaïs appréciait particulièrement ce nouveau mode de travail, elle découvrait l’archerie sous sa forme d’art.
La jeune fille arrivait plus rapidement que ces camarades masculins à comprendre ce que voulait expliquer les elfes. La nature de l’archerie n’était pas seulement de prendre une flèche et de viser une cible, il fallait aussi ressentir tout son environnement qui existait autour du projectile. Le vent était bien évidemment important pour savoir où la flèche allait tomber, mais aussi repérer le terrain, la nature de la cible, celle de la flèche, de la corde de l’arc.
Un autre point important était sa propre conscience, pour parvenir à toucher sa cible il fallait soit même en être sûr. Ce dernier point demandait beaucoup plus de travail à ses camarades, tandis que Lynaïs parvenait facilement au bout de quelques instants à un état de concentration parfait.
- Vous avez compris Mademoiselle, lança l’elfe qui l’observait, vous arrivez très facilement à la concentration voulu.
Les autres archers murmurèrent dans son dos, mais la jeune fille s’en fichait bien. Elle se tenait debout bien droite, respirant lentement en relâchant complètement l’air qu’elle avait dans ses poumons.
- Il faut que vous parveniez à laisser toutes vos pensées derrière vous, poursuivit l’elfe.
Lynaïs s’abandonnait totalement à sa formation, il lui était plus facile de vider son esprit ainsi. Même si ses amis lui manquaient beaucoup, elle voulait pouvoir leur montrer qu’elle était devenue une maître archère accomplie.
Non loin du groupe d’élèves en plein travail, Maître Guyt’Ji observait les jeunes gens en compagnie du professeur Hera Boutlef. Les deux hommes se côtoyaient depuis déjà de nombreuses années, grâce à l’Académie. Le professeur avait fait ses classes sous sa houlette comme ses étudiants aujourd’hui, et chaque année à la même période il revenait avec sa classe.
Les deux hommes avaient ainsi tissé des liens d’amitié qui allaient bien au-delà de leur différence d’âge et de race. Un respect mutuel régnait entre eux, ils discutaient souvent des nouveaux étudiants pour sortir les meilleurs du lot.
- Une belle promotion cette année, observa Maître Guyt’Ji.
- Je suis d’accord, j’ai quelques bons éléments en effet, en particulier la seule fille du groupe, elle se défend bien malgré qu’elle soit isolée.
- Je l’avais remarqué également.
Hera Boutlef se tourna vers l’elfe surpris.
- Je ne savais pas que vous vous intéressiez à ce genre de chose.
- Qu’est ce que tu vas encore imaginer, je parlais de son talent pour le tir à l’arc.
Le professeur d’archerie pouffa.
- Désolé, c’était plus fort que moi, mais je dois reconnaitre qu’elle a beaucoup de talent, elle a juste un problème de caractère.
- Pourtant elle ne débrouille bien avec les exercices de concentration, habituellement les humains ont besoin de plus de temps pour comprendre nos principes de concentration.
Maître Guyt’Ji observa les gestes et les mouvements de la jeune fille, ils étaient harmonieux et appliqués. L’elfe sentit que quelque chose d’autre brillait en elle, une sensation qu’il n’aurait pas cru ressentir chez une humaine.
- Comment s’appelle-t-elle ? Demanda le maître archer.
- Lynaïs Amarra, elle vient d’un village du Trynchao.
- Tu pourrais me la laisser cette après midi, je voudrais l’observer d’un peu plus prêt.
Le professeur haussa les épaules.
- Si vous voulez, je lui dirais de rester avec vous en cours particulier, ses camarades ne vont pas apprécier.
- Ils n’ont pas le même talent, répondit Maître Guyt’Ji.
- Je me demande bien ce qu’elle a de spéciale.
- Je ne le sais pas encore, répondit l’elfe en souriant, mais je compte bien le découvrir.
Les deux hommes continuèrent d’observer les élèves en silence.
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