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Jeudi 31 mai 2012, 10:12


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 15 - Apprentissage.

Bonjour à vous ^^

Je reprends la modification des chapitres de chevalier, cette fois nous allons redécouvrir la suite des aventures d'Onèan et de Lynaïs.

Onèan se retrouve au coeur de la deuxième plus grande cité du Conglomérat, l'ennemi politique de la Capitale. Le jeune homme va devoir apprendre à vivre au milieu d'une cité où peu de choses lui sont connus. A chaque coin de rue, il peut tomber sur les hommes de l'Inquisition, l'écuyer va devoir redoubler de prudence.

De son coté, Lynaïs a découvert l'existence de la magie et son affinité pour celle ci. Elle apprend à l'aide d'un maître archer elfe les premiers rudiments de cette force qui lui sont encore étrangère.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 15
Apprentissage


Paragahi, capitale du comté du Downcher était la deuxième plus grande cité du Conglomérat. Elle disputait depuis très longtemps le contrôle de l’Empire avec Manilaus, mais la ville de la Lumière Divine s’était imposée par la présence de l’Empereur entre ses murs. Il se murmurait pourtant que la capitale du Downcher était bien plus ancienne que Manilaus, mais très peu de document l’attestait véritablement.
Paragahi était surnommée la cité forteresse, elle possédait des murailles puissantes qui protégeaient la cité. Elles faisaient une vingtaine de mètre de hauteur, et d’une largeur de plusieurs mètres en tête. Des tours rondes surgissaient du mur régulièrement, surmonté d’une structure en bois et d’un toit conique en ardoise.

A l’origine, l’île formée par les bras de la rivière avait été fortifié pour créer une citadelle infranchissable. Des habitations s’étaient érigées de l’autre coté de la rivière, profitant de la présence militaire. Avec le temps et l’accroissement de la population, les fortifications s’étaient agrandies pour former la ville telle qu’elle était maintenant.
Ces protections imposantes avaient été érigées pour protéger la population de la cité de la proximité d’une menaçante constante. A moins de quelques journées de cheval se trouvait la sombre forêt de Veraï, un danger qui planait au dessus de la tête des habitants. Durant l’histoire, plusieurs batailles s’étaient déroulées au pied de ces remparts, mais jamais Paragahi n’était tombée.
La position de la cité en faisait une base avancée extrêmement importante, elle se situait à seulement quelques journées de cheval de la forêt de Veraï. Elle était ainsi devenue un centre important de la défense de cette partie du Conglomérat, mais aussi une puissance politique non négligeable.

Paragahi disposait de son propre parlement qui décidait de la vie et des engagements de la ville. Les membres de cette institution venaient de la cité elle-même, mais également de la plupart des comtés se trouvant à la frontière de la forêt. Manilaus possédait également plusieurs sièges, la capitale voulait garder un œil sur sa rivale trop ambitieuse.
La ville était malgré tout assez semblable à toutes les autres du Conglomérat, avec une structure bien définie. La zone des habitations s’articulait autour du parlement et des deux grandes portes qui permettaient d’entrer. Les avenues principales étaient larges et entretenues, gardés par des soldats qui y faisaient régner l’ordre. Depuis ces grands axes partaient une multitude de petites rues pavés qui desservaient l’ensemble de la cité. Les maisons en pierre étaient collées les unes contre les autres, la population était bigarrée et cosmopolite.
Paragahi était divisée en deux parties, l’une civil la plus importante, et l’autre militaire à l’emplacement de la citadelle ancienne. Les quartiers militaires étaient accessibles par deux ponts, gardés chacun par l’une des factions représentées dans la ville, l’Ordre de la Chevalerie et l’Inquisition.
Le château des chevaliers faisait face au bastion sombre et obscur de l’Inquisition. Là où l’ordre cherchait les courbes et l’harmonie dans une forteresse éblouissante, l’armée de l’Empereur dévoilait une citadelle froide aux arêtes saillantes, un donjon se dressant en plein milieu. Les personnes qui étaient emmenées à l’intérieur de ce bâtiment en restaient troubler par ce qu’ils avaient ressenti.
Les deux factions cherchaient à assoir leur autorité par rapport à l’autre. Les échanges verbales houleux étaient monnaies courantes entre leurs représentants à l’assemblée de Paragahi. Pour le moment, l’Ordre gardait la main mise sur les affaires militaires de la cité, mais l’Inquisition cherchait les moindres failles pour pouvoir prendre le pouvoir à leur place.

Sir Nartero et Onèan arrivèrent en vu de la grande cité fortifié, le chevalier s’arrêta pour laisser le temps à son écuyer de pouvoir la contempler. Le jeune homme admira la cité, elle paraissait aussi grande que Manilaus, peut être même plus. Les tours surmontées de leur toiture ronde semblaient immenses à ses yeux.
- Je ne pensais pas que Paragahi était aussi grande.
- C’est la rivale de la capitale, je dois avouer que je la préfère, elle a un coté beaucoup moins rigide que Manilaus.
Sir Nartero n’était pas un homme du monde, il savourait pleinement la vie sans chercher à se faire bien voir de ses supérieurs. Le chevalier désirait seulement faire son travail comme il fallait sans devoir faire des ronds de jambe à chacun de ses pas.
- Allons, mettons nous en route, je voudrais que nous arrivions rapidement au château de l’Ordre.
Onèan hocha la tête, il suivit docilement son tuteur qui le guida sur la route. Ils arrivèrent devant la porte Nord Est, l’entrée était grande ouverte et beaucoup moins stricte qu’à Manilaus. Les gardes faisaient tout de même leur travail, mais ils n’avaient pas l’ordre de fouiller chaque chariot.
Sir Nartero salua les soldats en faction qui lui répondirent, le chevalier connaissait énormément de monde dans la cité. Les deux cavaliers remontèrent l’avenue principale qui menait au centre de la cité. Onèan put ainsi contempler la ville, les visages étaient souriants et l’animation battait son plein. Il y avait foule dans les rues, les boutiques et les auberges étaient ouvertes, les vendeurs ventaient la qualité de leur marchandise. Des artisans travaillaient dans la rue, des potiers, des cordonniers, la fumée des cheminées indiquait l’emplacement des forgerons.
- Comme tu peux le voir, il y a pas mal de vie ici, lança le chevalier à son écuyer, tu vas te plaire ici je peux te l’assurer.
Deux jeunes filles regardèrent passer les deux hommes en les fixant avec insistance. Elles se parlèrent à l’oreille en souriant sans les lâcher des yeux, Onèan se sentit gêné et garda le regard braqué devant lui. Sir Nartero se mit à rire bruyamment.
- Pour ces choses là aussi Paragahi est très agréable.
Il se pencha vers le jeune homme avec un sourire complice.
- Je t’emmènerais dans de très bons endroits, les amusements ne manquent pas pour les militaires, et surtout pas pour les chevaliers.
Onèan désigna un grand bâtiment sur sa droite pour changer de sujet.
- Qu’est ce que s’est ?
- Le Parlement de Paragahi, le cité prend ses propres décisions, elle est presque indépendante de la capitale, mais elle doit tout de même lui rendre encore des comptes.
Le jeune homme fixa quelques instants le bâtiment, il était formé par un corps central et deux ailes circulaires. Un grand escalier en pierre permettait de passer les portes en bois sculptés pour entrer à l’intérieur. Des fenêtres innombrables perçaient les façades, le bâtiment était aussi grand que l’Académie de Manilaus.
- Je ne suis encore jamais entré à l’intérieur, précisa le chevalier, mais d’après d’autres personnes qui y sont rentrés les murs et les plafonds sont couverts de peintures, de dorures et de tentures.
Ils poursuivirent leur chemin, traversant toute la zone civil de Paragahi pour arriver sur l’un des ponts qui permettait d’entrée dans la partie militaire. Un groupe de soldats en gardait l’entrée, ils arrêtèrent les deux cavaliers.
Un chevalier en armure s’approcha des nouveaux venus.
- Edwin, tu es enfin de retour de la capitale !
- Curson !
Les deux hommes se firent une chaleureuse accolade.
- Alors voilà le nouveau que tu nous ramènes, tout frais sorti de l’Académie.
- Tout à fait, je te présente Onèan.
Le jeune homme fit un sourire en s’inclinant.
- Il ne te rappelle pas quelqu’un, lança Sir Nartero à son ami.
- C’est vrai que son visage ne m’est pas inconnu.
- C’est le fils de Rodéric Terrenoir
- Je savais bien que je l’avais déjà vu sa tête, tu ressembles beaucoup à ton père.
- On me l’a souvent dit, fit Onèan en baissant la tête.
- Tout à l’heure, nous nous retrouvons à la taverne, que tu me racontes les dernières nouvelles de Paragahi, je dois d’abord présenter mon écuyer au comandant.
- Bien sûr, à la fin de mon service, sans problème.
Les deux amis se séparèrent avec un dernier salut de la main.
- C’est Sir Maloton, un très bon ami, tu peux avoir confiance en lui c’est un homme honorable.
Onèan hocha la tête, il avait bien compris grâce au carnet de son père qu’il valait mieux faire attention aux étrangers. Le jeune homme aurait du mal à faire pleinement confiance à quelqu’un dans cette ville.

Les cavaliers continuèrent d’avancées entre les baraquements et les terrains d’entrainement. L’écuyer fut impressionné de voir toutes les installations qui se trouvaient ici, comme un immense camp militaire où les soldats étaient toujours près au combat. Des hommes courraient sur une piste, aiguillonnés par des officiers vociférant, des archers s’entrainaient sans relâche en visant des cibles éloignés.
Ils arrivèrent enfin à leur destination, le bastion de l’Ordre à Paragahi. Le jeune homme écarquilla les yeux en découvrant le château. Il était plus grand que le bâtiment de l’Académie, un corps central de forme carré avec quatre tours ronde à chaque angle.
Les murs étaient en pierre, des blocs énormes en pied des parements qui diminuaient en montant. Les fenêtres étaient grandes, bardés d’acier pour les protéger, un chemin de ronde était visible sur la partie centrale. Des couvertures en ardoises sombres couvraient les toits, les pointes étant surmontées de grands drapeaux à l’effigie de l’Ordre, une épée munie de deux ailes blanches.
Ils descendirent de leur chevaux et les amenèrent par la bride jusqu’à l’une des grandes écuries qui bordaient le bâtiment. Sir Nartero confia sa monture à un palefrenier, son écuyer en faisait autant. Il pouvait récupérer son cheval quand il voulait, chaque membre de l’ordre avait un box attitré et nominatif.
Sir Nartero salua encore quelques autres chevaliers, puis il fit signe à Onèan de le suivre. Ils entrèrent alors dans le bastion, le hall d’entrée était immense, des personnes marchaient en discutant par petit groupe ou bien seul. La citadelle réunissait tous les membres de l’Ordre sous un même toit, le centre de commandement, les dortoirs et cellules individuelles, les cuisines et les salles de réception.
Onèan aperçu d’autres écuyers qui passaient avec leur tuteur ou à plusieurs, ils ne semblaient pas beaucoup plus âgé que lui. Le jeune homme aurait bien voulu les saluer, mais il n’eut pas le temps d’aller vers eux, Sir Nartero l’entraînant à l’étage. Ils montèrent un grand escalier de pierre sans décoration mais imposant par sa taille et sa droiture.
Arrivée au premier étage, ils prirent le couloir de droite, se dirigeant vers le quartier des officiers. Ils traversèrent plusieurs grandes salles et couloirs avec des tableaux et des tapisseries à la gloire d’anciens chevaliers. De nombreux gardes se trouvaient en faction, ils ne bougeaient pas, restant impassible, mais le jeune homme savait qu’ils étaient toujours prêts à intervenir.
Sir Nartero arriva enfin à une grande porte double. Elles étaient en bois, très ancienne, décoré de sculptures et de gravures aériennes. Le symbole de l’Ordre trônait sur les battants, auréolé de gloire. Le chevalier regarda un instant sa tenue, puis celle de son écuyer, satisfait, il donna quelques coups brefs.
- Entrez, fit une voix forte et autoritaire.
Le chevalier ouvrit la porte et entra dans la pièce, suivi par son écuyer. Le jeune homme découvrit un bureau, le sol était en parquet bois, les murs étaient couverts de tentures épaisses. Des meubles en chêne supportaient des centaines de livres et de rouleaux de parchemin entassés sur les étagères.
Le mobilier se composait d’une grande table avec une dizaine de chaises assortis. Sous la lumière d’une fenêtre, un bureau était installé, sculpté et doré à l’or fin, des cartes et des parchemins s’étalaient sur le dessus.
Sir Nartero salua aussitôt imité par Onèan, impressionné par l’homme qui se tenait derrière le bureau. Il venait de se lever pour saluer les invités qui étaient entrés à l’instant. Le commandant des Chevaliers était grand avec une carrure imposante, il portait une tunique en cuir avec une cotte de maille brillante et une grande cape de velours grise. Il avait une coupe de cheveux stricte de couleur grise, il était rasé avec application, sa peau était brillante et burinée par le temps. Ses yeux étaient bleus, ils exprimaient toute son autorité.
- Ah ! Sir Nartero, voici donc le nouvel écuyer qui vous a été confié.
- Oui Comandant.
L’homme regarda le nouveau venu avec intérêt, il était attentif à tous les écuyers qui venaient dans la citadelle. Il partait du principe que pour devenir un bon chevalier, les postulants devaient être surveillé et entrainé avec soin.
- Je me nomme Sir Edoa De Partdois, commandant de cette forteresse et de l’armée de l’Est du Conglomérat. Quel est ton nom jeune homme ?
- Ecuyer Onèan Terrenoir, Commandant, répondit le jeune homme avec toute la fermeté dont il était capable.
Sir De Partdois observa Onèan.
- Le fils de Sir Terrenoir, voilà une bien étrange coïncidence.
Le chevalier mit ses mains dans son dos en continuant de le regarder.
- Le destin veut qu’il y est un Terrenoir ici, reprit le commandant, Sir Nartero je vous laisse lui expliquer un peu comment nous sommes organisés, il restera à vos cotés pour les patrouilles et les tours de garde.
- A vos ordres mon Commandant.
Sir De Partdois se tourna vers le jeune homme.
- Bienvenu à Paragahi Ecuyer Terrenoir, je ferais en sorte que vous deveniez un grand chevalier comme votre père.
- Merci Commandant.
Ils saluèrent une dernière fois leur supérieur et sortirent de la pièce. En descendant, Sir Nartero donna un coup de coude à Onèan.
- Tu en as de la chance je trouve, tu as fait une bonne impression au commandant, quand je suis arrivé j’ai eu le droit à une corvée supplémentaire, aussi c’est vrai qu’arriver au grand galop dans la cour, ce n’est pas vraiment la meilleur des choses à faire pour une première fois.

Le chevalier éclata de rire accompagné d’Onèan. Ils déposèrent leur affaire dans leur chambre respective, puis Sir Nartero lui fit un peu visité les lieux tout en lui expliquant comment tout fonctionnait. Le jeune homme allait suivre son tuteur durant toutes ses patrouilles et ses tours de garde que se soit à l’intérieur de la cité, comme à l’extérieur.
En plus il aurait des séances d’entraînements aux armes avec différentes personnes en compagnie des autres écuyers. Onèan trouva que sa vie dans la forteresse allait ressembler à celle qu’il avait eue durant sa formation à l’Académie, excepté les cours du professeur Etaniel.
- Généralement, expliqua Sir Nartero, se sont les chevaliers les plus expérimentés qui vous donnent des cours, ils sont d’ailleurs particulièrement inventifs.
- Comment cela ?
Le chevalier sourit.
- Et bien, tu peux tout aussi bien te battre à l’épée contre un autre écuyer de manière classique, ou alors te retrouver pendu à une corde avec l’ordre de te sortir de ce guêpier, ou bien marcher sur une planche avec une vingtaine de mètre de vide sous tes pieds.
Le jeune homme le fixa en écarquillant les yeux.
- Ils peuvent vraiment faire ça ?
- Oui, mais ne t’inquiète pas, il n’y a encore eu aucun décès pendant les entraînements, enfin à ma connaissance.
Sir Nartero éclata de rire en voyant le visage défait de son écuyer.
- Tu te moques de moi si j’ai bien compris.
- Moi, lança innocemment, l’homme, seulement en partie.
Ils poursuivirent leur route, le chevalier montrant ainsi les salles de réfectoires, montrant celles où ils pouvaient se rendre, et celles réservées aux officiers. Il termina sa visite par les salles d’entrainements et les magasins de la citadelle, enfin le chevalier désigna une grande porte qui était fermée.
- Par là se trouve la Grande Salle de Réception, elle est réservée pour les grands évènements ou la remise de décoration. Tu ne t’y rendras pas souvent, et de toute façon elle reste bien souvent fermée comme en ce moment.
Le soir venu, Sir Nartero laissa Onèan rejoindre ses quartiers, dés demain l’écuyer commencerait son tour de garde avec lui. Le jeune homme marcha lentement dans les couloirs, croisant quelques personnes, il prenait garde de les saluer pour ne pas faire d’impair. Pour le moment il ne connaissait personne à par son tuteur et le commandant, il se sentait un peu seul loin de ses repères et de ses amis.
Onèan gagna le secteur réservé aux écuyers, ils avaient une grande salle commune avec des tables et des bancs, servant de salle de repos et d’étude. De celle-ci, des couloirs partaient pour desservir les petites chambres individuelles. Elles étaient semblables aux petites pièces qu’il avait connu à l’Académie, il y était déjà habitué.
Le jeune homme pénétra dans la salle commune, il y avait quelques écuyers qui discutaient entre eux. Ils se tournèrent vers lui à son arrivée, ils étaient trois assis à l’une des tables. Ils avaient cessé leur discussion à l’instant où Onèan était apparu. Un autre écuyer était en retrait, assis à une autre table, observant la scène.
Prenant son courage à deux mains, il se dirigea vers les trois personnes qui le regardaient. Ils se levèrent pour faire face à Onèan, à leur maintien et leur position, le jeune homme comprit que l’accueil n’allait pas être particulièrement chaleureux.
L’écuyer du centre était le plus imposant, il avait une stature proche de celle de son ami forgeron. Malgré tout sa musculature était imposante, l’écuyer devait avoir une grande force. Il avait un visage rond et une peau très clair, ses cheveux étaient châtain coupé court comme de rigueur pour les chevaliers. Les yeux marron, le regard dur, il le fixait les bras croisé sur la poitrine, il semblait plus âgé que les autres.
Son compagnon de droite était plus petit que le premier mais il avait la carrure d’un guerrier. Il se redressait le plus possible pour imposer sa force tout comme son camarade. Son visage était ovale, à la peau blanche, ses yeux était marron et ses cheveux châtain identique à l’écuyer au milieu.
Le dernier sur la gauche était le plus petit des trois, il avait une silhouette plus fine, plus adapté à la vitesse. Ses yeux gris et rond se posaient sur le nouveau venu avec une curiosité qu’il cherchait à cacher. Pour éviter de trop le montrer, il se tenait en retrait par rapport à ses compagnons, appuyé légèrement contre la table.
L’écuyer du milieu lui adressa alors la parole.
- C’est toi le nouvel arrivant parmi les écuyers ?
- Oui en effet, je m’appelle Onèan Terrenoir.
Les regards restèrent plantés sur lui.
- Moi c’est Yurda Nethael, mon voisin de droite se nomme Fared Kilia et celui de gauche Impa Dendeta.
- Je suis content de …
- Tu viens de l’Académie, le coupa l’écuyer du milieu.
La question le surprit un peu, mais Onèan ne voulait pas paraitre mal poli, alors il répondit en toute franchise.
- Oui, je viens de finir ma formation et je suis venu compléter mon entraînement ici avec mon tuteur.
Sans prévenir, Yurda fit plusieurs pas en avant très rapide pour se trouver à quelques centimètres d’Onèan, les yeux pleins de haine.
- Ecoutes moi bien, ce n’est pas parce que tu viens de l’Académie que tu vas nous donner des ordres, c’est bien compris.
Le jeune homme était resté sans bouger, ne s’attendant pas à une telle réaction, il ne savait pas quoi dire. L’écuyer resta quelques instants penché sur lui, ne lâchant pas ses yeux, puis il finit par reculer de nouveau, rejoignant ses deux compagnons.
- Tiens-le toi pour dit, je n’aime pas les nobles dans ton genre.
Les trois écuyers se retournèrent pour quitter la salle commune et regagner leur chambre sans que les deux autres n’interviennent. Onèan resta sur place, abasourdi par ce qui semblait être une agression et une mise en garde.
La personne seule présente également dans la salle commune s’approcha alors du nouveau venu. Il affichait un visage rassurant, il jetait de temps en temps un regard vers le couloir pour s’assurer que les trois autres ne reviennent pas. Une fois à la hauteur d’Onèan, il se permit enfin de parler avec une voix basse, presque en chuchotant.
- Tu vas bien ?
- Oui, même si je ne comprends pas trop.
- Yurda garde une grande rancœur pour les nobles, surtout ceux qui sont passés par l’Académie. Il a lui-même essayé d’y rentrer, mais son accès lui a été refusé parce qu’il n’était qu’une personne du peuple. Il a été obligé de travailler plus dure encore pour devenir écuyer, il en veut à tout ceux qui ont pu suivre la formation qu’il a manqué.
Onèan laissa la tension retombée dans ses épaules en comprenant mieux ce qui venait de se passer.
- Je vois, je cumule les deux choses qu’il déteste le plus en somme.
L’écuyer hocha la tête.
- Au fait, moi c’est Jokus.
- Onèan.
- Oui j’avais entendu quand tu t’es présenté à l’instant, en tout cas, tu n’as rien à craindre de Yurda normalement, il est un peu soupe au lait mais c’est un bon camarade. Par contre si tu as besoin d’aide, ne compte pas trop sur lui je pense.
- Tu as surement raison, il vient de m’en faire une démonstration parfaite.
Le jeune homme se redressa.
- Il faut que je te laisse, fit Jokus, je suis de garde cette nuit, nous nous reverrons pour discuter un peu plus.
- Oui sûrement.
L’écuyer le salua avant de quitter la salle commune pour prendre ses affaires en vu de sa garde nocturne. Onèan rejoignit alors sa chambre de son coté, prenant le couloir qu’avait emprunté les trois autres écuyers précédemment.
Le jeune homme rentra dans sa chambre et ferma précautionneusement la porte, il n’avait pas fait de nouvelle mauvaise rencontre. Il s’assit alors sur son lit pour faire le point sur la première journée qu’il venait de passer dans son nouveau foyer. La fatigue accumulait pas le voyage se faisait sentir après tout ce qu’il avait vu, la découverte de Paragahi, la grande forteresse de l’Ordre, l’organisation des journées.
L’écuyer n’avait pas pu vraiment bien se présenter auprès des autres compagnons avec qui il partagerait les lieux. Sur ceux qu’il avait rencontré, Onèan avait déjà failli provoquer une bagarre sans qu’il ne sache pourquoi. Il sentait que son adaptation à Paragahi et à la vie d’écuyer allait être plus compliquée qu’il ne le croyait.
Onèan enleva ses bottes et s’allongea sur son lit, il repensa au livre de son père, à la magie. Il n’avait même pas pensé à cela durant cette première journée de sa nouvelle vie qui allait débuter entre ces murs. Peut être aurait il plus le temps de s’en préoccuper demain ? Le jeune homme s’endormit soudainement sans vraiment s’en rendre compte.


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Lynaïs fixait la cible, son arc tendu. Elle respirait doucement et très profondément, vidant son esprit de toutes les contraintes. Elle n’entendait plus les bruits de la forêt, le vent dans les feuillages, le chant des oiseaux. Elle était seule au monde, il n’y avait que sa flèche et la cible qu’elle devait atteindre.
Le projectile partit sans crier gare avec une vitesse prodigieuse, il était dirigé par une force inconnue qui fit courber sa trajectoire, frappant la cible voulue, un arbre qui se trouvait à la gauche de la jeune fille de plusieurs mètres.
- Bien, tu as compris.
Lynaïs sourit à son maître.
- J’ai commandé à la flèche de changer de direction et j’ai réussi à le faire.
- Je te l’avais dit qu’à force d’entraînement tu seras capable de faire de très grandes choses.
Depuis deux semaines déjà, Lynaïs suivait les conseils et les directives de Maître Guyt’Ji. Comme il l’avait dit, l’elfe n’avait eu aucun mal à se voir confier la suite de la formation de la jeune fille, et celle-ci ne s’en plaignait pas le moins du monde. Elle n’avait plus à supporter les regards noirs de ses camarades de formation à chaque fois qu’elle parvenait à réussir l’un des exercices donnés avant eux.
La première semaine, Guyt’Ji lui imposa des exercices physiques intensifs, mais aussi des exercices de méditation. Bien que la jeune fille trouva les deux mondes complètement à l’opposé, elle découvrit que les deux disciplines pouvaient très bien devenir complémentaires. Alors que les efforts faisaient souffrir son corps, quelques exercices de respiration lui permettaient d’oublier la douleur pour aller plus loin encore.
Lynaïs avait ainsi atteint le niveau de concentration désiré par son maître. L’elfe voulait avant tout démontrer à la jeune fille qu’elle avait autant besoin d’un corps en parfaite santé mais aussi d’un mental solide. Le tir à l’arc était une affaire de concentration, et sans celle-ci, aucune de ses flèches ne pourrait parvenir à sa cible.
La jeune fille avait appris ainsi à vider son esprit quand elle tirait une flèche, si bien qu’elle pouvait faire corps avec son arme. Elle sentait la tension de la corde au départ, le bois de son arc qui se pliait sous l’effort. Elle imprégnait son esprit la flèche pour guider sa course, la suivre en pensée et changer son vol pour la diriger dans toutes les directions.
Peu à peu, le vieil elfe ouvrait les portes de la magie à son élève, la laissant y entrer à son rythme. Il ne fallait pas qu’elle avance trop vite au risque de perdre beaucoup plus qu’elle pouvait y gagner. Lynaïs l’avait bien compris, elle avait voulu forcer le premier jour avec ses nouveaux dons et elle était tombée inanimée sur le sol, sans force.
- Recommence encore Lynaïs, reprit son maître, et cette fois tu vas augmenter l’angle de tire de façon à toucher ce chêne qui se trouve sur ton flanc.
- Avec un tel angle ?
- Tu peux le faire, il suffit juste que tu te concentres et tout te sera possible.
Elle regarda le chêne avec appréhension.
- Il m’a déjà fallu du temps pour parvenir à tirer cette première flèche, mais là j’imagine qu’il m’en faudra beaucoup plus.
Maître Guyt’Ji était debout derrière la jeune fille, il gardait les bras croisés sur sa poitrine.
- Tu dois prendre le temps de comprendre ce que tu dois faire, en allant lentement tu t’habitues à des sensations nouvelles. Comme chaque chose que tu apprendras dans ta vie, tu auras besoin de temps pour t’y habituer et ainsi la maitriser parfaitement.
Lynaïs comprenait que ces paroles valaient autant pour le tir à l’arc que pour tous les aspects de la vie. Elle avait remarqué que l’elfe ne cherchait pas seulement à former une archer mage, mais il voulait aussi faire évoluer ses pensées. Elle écoutait son nouveau maître avec attention, s’ouvrant à des réflexions qu’elle n’avait encore jamais cherché à avoir.
La jeune fille se positionna sur le coté, fixant l’espace droit devant elle. Elle ferma les yeux pour commencer à se concentrer, pour parvenir au niveau de conscience requis. Pour le tir précédent quelques minutes avaient suffit, mais cette fois elle devait donner un angle droit à la course de sa flèche. Elle prit le temps de vider son esprit, cherchant à faire taire ses doutes et ses peurs. Elle respira longuement et avec application, vidant ses poumons complètement pour laisser partir tout l’air vicié de son corps.
L’archère rouvrit les yeux en gardant la tête droite, elle ne savait pas combien de temps s’était écoulé et elle ne cherchait pas à le savoir. Elle saisit sa flèche et arma son arc avec lenteur et application, la corde se tendit et son arc souple se déploya dans un silence parfait. Elle visualisa sa cible, elle vit parfaitement le chêne qui se trouvait sur sa droite, il n’était pas devant ses yeux, mais visible dans son esprit.
Elle sentit sa main trembler soudainement, la fatigue la frappa subitement sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Elle se reprit pour conserver sa concentration, mais le visage d’Onèan s’imposa dans l’esprit de Lynaïs. La jeune fille écarquilla les yeux de surprise, brisant sa préparation.
La corde claqua dans l’air, la flèche allant se perdre dans les fourrais loin devant elle. Le projectile de traça pas la belle courbe attendue, Elle poussa un soupir de déception en baissant la tête, ses efforts avaient été réduit à néant.
Maître Guyt’Ji regarda son élève.
- Tu t’es laissée emporter par tes émotions et la fatigue.
- Je suis désolée Maître.
L’elfe sentit la douleur de Lynaïs dans sa voix.
- Je t’ai peut être trop demandé pour le moment, il vaut mieux que tu te reposes pour le moment.
- Je peux continuer, je vous assure.
- Ton cœur est envahi par une tristesse et une solitude qui ne vont pas avec la concentration que tu as besoin pour t’entrainer.
La jeune fille baissa la tête.
- Vous avez raison Maître.
- Tu n’as pas à t’inquiéter, tu n’es qu’au début de ton apprentissage, la magie demande de longues heures d’entrainement pour parvenir à la maitriser.
Elle s’inclina devant l’elfe.
- Je vous remercie de m’inculquer votre savoir.
Maître Guyt’Ji posa sa main sur son épaule pour la relever, il eut un léger tressaillement mais elle ne le remarqua pas.
- Tu n’as pas besoin de faire de telle démonstration, je n’en demande pas tant. Va récupérer tes flèches et rejoins ton campement pour te reposer.
Guyt’Ji sourit à son élève et la laissa seule. Elle commença par chercher ses flèches, récupérant d’abord celle sur les cibles. Elle eut besoin de plus de temps pour le projectile qui avait disparu dans les fourrais. Une fois terminé, la jeune fille se rendit à un cours d’eau proche de son lieu d’entrainement, elle l’avait découvert au hasard, un matin en rejoignant son maître.
Lynaïs s’agenouilla alors près de l’eau et s’aspergea le visage, la fraicheur lui fit du bien. Elle retenait à grand peine ses larmes, ses amis lui manquaient, Brom le grand gaillard resté à Winrya, Ekart ce vantard imbu de lui-même, la froide et belle Patinil, Mel qui ne perdait jamais sa bonne humeur, et même Madeline malgré ses exaspérants élans d’affection pour elle.
Mais celui qui lui manquait le plus était Onèan, elle n’avait pas osé lui dire ce qu’elle ressentait pour lui, et maintenant la tristesse pesait sur son cœur. Son visage souriant était apparu devant les yeux de la jeune fille, troublant toute sa concentration.
Lynaïs ne voulait pas pleurer, elle n’était pas le genre de fille qui laissait ses larmes couler aussi facilement. Elle resta à genoux devant le petit ruisseau bondissant sur les rocher, elle garda le silence en regardant l’eau vive défiler sous son regard. Au milieu de la forêt, elle se laissa lentement bercé par le bruit apaisant du ruisseau, tentant de chasser la tristesse et la solitude.
Non loin de là, Maître Guyt’Ji observait son élève, il savait qu’elle avait besoin d’être seule aujourd’hui, mais il avait préféré être sûr que tout se passait bien. L’elfe possédait une capacité innée qu’il n’aimait pas utiliser, les membres de sa famille étaient de grands oracles. Le maître archer pouvait d’un simple contact connaitre des bribes de l’avenir des personnes.
Maître Guyt’Ji détestait son don, et parfois il agissait sans que celui-ci ne le veuille. Il venait justement de se produire ce qu’il redoutait avec son élève. Même comme une simple image, l’elfe avait vu son élève le visage couvert de larme. L’avenir de la jeune fille ne serait pas que sourire, comme il le savait que trop bien, la vie était faite de grands bonheurs mais aussi de malheurs déchirants.
Après un dernier regard de sollicitude, l’elfe s’enfonça dans les bois laissant la jeune fille en paix. Elle avait besoin de se calmer, le repos permettait à l’esprit de s’apaiser. Maître Guyt’Ji disparut entre les arbres pour rejoindre les siens.
 
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Il y a 6 commentaires
Jupiter le 22/11/2006 à 16:51:01
super ce chapitre vite la suite cc'etai trop court
bref un reussite encore une foi

et pauvre lynaïs
Roucht le 25/11/2006 à 09:23:10
C'est un sacré bourreua des coeurs le Onéan quand même! Elles vont en baver les demoiselles .
sinon c'est toujours aussi bien ,tousss toussa ...

heu ,ps: vivement la SUITEUUUUUUUUUUU (!!!)
Mélanie mustang le 25/11/2006 à 11:27:00
Super ce passage! Vivement la suite! Pauvre Lynaïs... Je la plainds...
Angi le 01/12/2006 à 19:24:37
J'ai prit du retard ... Pardon (toute façon si tu me pardonnes pa tu sais qui je t'envois XD)

Bon alors, faison la listes des défauts ...


Arf y en a aps ... moi qui voulait un peu me défouler, vla que c'est raté lol


Non sérieusement (et oui, je suis capable d'être sérieuse, je l'ai déjà prouvé non ? Et puis celui qui a une plainte à propos de ça ... qui basse au bureau des réclamations, ma standardiste est très ouverte au dialogue XD)



Donc c'est super super, et je vais lire la suite ^^
Dark fullmetal le 03/11/2010 à 17:03:14
La pauvre Lynaïs, je la plains T__T J'veux qu'elle lui dise qu'elle l'aime moi ><

Encore un chapitre sympa cela dit ^^ j'aime bien suivre les histoires des différents personnages en parallèle =D J'ai hâte de voir ce que deviennent les autres persos et aussi comment Onèan et Lynaïs vont vivre leurs prochains jours ^^

Bye neeeeee à bientôt =D
Trimor le 07/11/2010 à 01:01:55
Suivre les aventures de tous nos héros prend un peu de temps et demande de l'imagination, mais c'est agréable de voir que cela plaise ^^
Merci encore de suivre dark ^^

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