Bonjour ^^
Poursuivons les aventures des protagonistes de chevaliers, c'est au tour d'Onèan et de Lynaïs de nous montrer leur parcours.
Les débuts du jeune écuyer son chaotique à Paragahi, il doit faire face à une hostilité affirmée de plusieurs de ses camarades au sein de la chevalerie. Armé de son seul courage, notre jeune ami va devoir faire preuve de persévérance pour se faire accepter.
Lynaïs se sent seul loin de ses amis et de celui qu'elle aime. Pour ne pas sombrer elle se jette dans l'exploration de la magie. Elle peut compter sur son maître pour l'aider, mais aussi pour lui faire découvrir tous les aspects de la magie.
Bonne lecture et n'hésitez pas à faire un petit commentaire.
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CHAPITRE 17
Dans l’ombre
Onèan commençait à se faire à la vie à Paragahi, les premiers jours, son adaptation avait été difficile surtout avec les autres écuyers rencontrés au soir de son arrivée. Il avait passé un an à Manilaus, la grande capitale du Conglomérat, lui qui venait de la campagne le choc avait été rude. Mais il n’avait pas quitté l’enceinte de l’école, seulement en quelques rares occasions.
Paragahi était bien différente de la capitale de la lumière très sage et disciplinée, elle vibrait d’une activité propre à sa nature bruyante et tapageuse. En but avec l’autorité de Manilaus, la cité s’était doté d’un commerce puissant et d’un parlement autonome qui gérait toute la vie et l’organisation des comtés Est et Nord du Conglomérat.
Les habitants parlaient fort, les marchands donnaient de la voix pour se faire entendre par-dessus le brouhaha des nombreux petits marchés. La ville comptait également un célèbre quartier du plaisir, nait en même temps que la cité pour faire dépenser l’argent des militaires le plus rapidement possible.
Sir Nartero fit visiter la plus part de la cité à son élève avec un zèle tout particulier. Onèan revint plus d’une fois de ces virées en ville avec des maux de tête mémorables, au grand amusement du chevalier. Il put aussi apprendre à se déplacer seul dans les nombreuses rues et quartiers, le jeune homme voulait garder son autonomie.
Au sein de la confrérie, Onèan rencontra beaucoup de chevalier et d’officiers de la garnison. L’entente était cordiale entre les membres de l’ordre et les soldats de l’armée régulière, il en était bien différent avec les hommes en noir. L’Inquisition agissait le plus souvent seul et sans ordre, d’ailleurs personne n’aurait osé les contredire.
Avec cette présence menaçante perpétuelle, le jeune homme restait sur ses gardes. Le carnet de son père avait été parfaitement clair, il devait rester le plus possible éloigné du bâtiment de l’Inquisition et de tous ses membres. Les paroles de son père revenaient souvent sur les inquisiteurs, des personnes secrètes qui cachaient des pouvoirs très dangereux selon le chevalier.
Mais pour le moment, Onèan n’avait pas encore été en présence de l’un des soldats en noir. Ces journées étaient rythmées par le quotidien de la garnison, levé tôt pour les entrainements, ensuite les corvées, les tours de gardes avec les hommes en arme. Quelques fois les patrouilles les emmenaient à l’extérieur de la ville, presque une promenade pour les soldats tant la région était paisible aux alentours de Paragahi.
Une patrouille avait amené Sir Nartero avec son écuyer à la frontière de la forêt de Veraï. L’attirance qu’éprouvait Onèan était devenue encore plus forte depuis qu’il connaissait le secret de la magie. Il voulait pénétrer dans ses bois pour mener ses propres recherches, mais il se savait encore trop inexpérimenté pour oser braver ses peurs.
Le jeune homme avait rencontré les autres écuyers présents dans la forteresse, ils étaient une trentaine, âgé entre quinze ans et vingt ans. Onèan n’avait pas vraiment créé des liens d’amitié avec eux, et surtout pas avec les trois premiers écuyers qu’ils avaient rencontrés le soir de son arrivée. Jokus était le seul qui l’avait approché spontanément, les autres étaient d’ascendance noble et peu pressé de lui parler.
Justement, ce soir là, Onèan était de garde devant la porte qui menait à la partie commune des écuyers. L’officier en charge de leur instruction leur avait demandé d’organiser des tours de garde. Pour éviter toute dispute les groupes furent tirés au sort pour associer des pairs d’écuyers avec un système de roulement.
Le tirage au sort avait été plutôt défavorable pour Onèan, il se retrouvait au coté de l’un des écuyers qui l’avait interpelé le premier jour. Yurda se tenait à coté de lui affichant un air dégoûté de devoir accompagner le jeune homme. Depuis le début du tour de garde, pas une seule parole n’avait été échangée, un silence pesant régnait. Onèan n’y tenant plus, se tourna vers lui.
- Nous allons rester ainsi pendant toute les deux heures à venir ?
- Pourquoi pas, répondit Yurda.
- Je ne vois pas en quoi cela arrangera le fait que nous soyons de garde cette nuit.
L’écuyer le fixa avec sévérité.
- Ecoute moi bien, j’ai du lutté pour devenir écuyer, j’ai travaillé dure et j’ai souffert pour en arriver là, parce que je ne suis pas noble, cracha t’il, toi tu as suivi l’Académie, tu n’as pas eu besoin de faire des efforts pour y arriver.
- Je vois enfin ce que tu me reproches, répliqua Onèan, pour toi je suis un peu comme la majorité des écuyers qui sont avec nous, des nobles riches qui ne vivent dans le luxe et qui doivent leur présence ici grâce au bon vouloir des connaissances de ses parents ?
Yurda afficha visage sévère sans répondre.
- Je suis désolé de te l’annoncer, mais je n’ai pas de titre de noblesse, nous avons des terres oui, ma mère gère les conflits et la protection d’une petite région, mais tu vois je n’ai pas une centaine de serviteurs pour s’occuper de moi.
- Tu as quand même pu entrer dans l’Académie grâce à ton sang noble.
- Je ne peux pas le nier, mais il ne faut pas croire que la formation est facile, plusieurs des postulants ont été écarté.
Un nouveau silence s’en suivit, Onèan reprit alors la parole.
- Mais j’imagine qu’il faut aussi une grande volonté et beaucoup de courage de tenter sa chance ainsi pour devenir chevalier, j’ai entendu qu’une personne sur trois passe les sélections.
- C’est ce que j’ai vu, répondit Yurda, peut être même un peu plus, les épreuves sont difficiles et exigeantes, la moindre erreur est sanctionnée.
Un début d’échange venait enfin de naitre entre les deux jeunes hommes, Onèan voulut poursuivre un peu plus leur conversation. Son camarade coupa court à ses espoirs en reprenant la parole d’une voix cinglante.
- Nous devrions nous taire, nous avons une garde à assurer.
L’écuyer garda alors le silence, il croyait avoir réussi à franchir la colère de son camarade, mais ce n’était pas encore le cas. Le mutisme reprit entre les deux gardes du couloir, regardant droit devant eux.
Le lendemain, le soleil était à peine levé mais les écuyers étaient tous présents, bien aligné sur trois rangs. Ils avaient enfilé leur tenue d’écuyer, une armure de cuir clouté protégeant le haut des cuisses et serrée à la taille avec une simple chemise de coton dessous, des jambières en cuir et des bottes s’arrêtant sous le genou. A leur ceinture, les jeunes gens arboraient leur épée, ils allaient s’entraîner avec leur équipement complet.
Leur instructeur était un chevalier âgé d’une cinquantaine d’années qui avait connu bien des combats. Ayant perdu un bras sous la hache d’un orc, il aurait pu valoir ses droits à un repos bien mérité, mais il préférait de loin donner des leçons aux futurs membres de l’ordre. L’homme s’appelait Gehor Lortan, il était de grande taille avec un corps de guerrier qui n’avait pas perdu son panache passé.
Malgré la perte d’un bras, sa force et son endurance n’en avaient pas été altéré, bien au contraire. Son plus grand plaisir était de trouver la meilleure manière possible pour faire souffrir ses écuyers, et il était plutôt imaginatif.
- Alors mes braves petits, aujourd’hui je vous ai préparé une petite promenade de santé.
Des murmures parcoururent la foule.
- Et bien, vous n’avez pas l’air d’être en très bonne forme, est ce que certain aurait abusé du doux accueil des tavernes ?
Il sourit un instant en toisant les jeunes gens.
- En plus j’ai une bonne nouvelle, je vais vous accompagner et vous remarquerez que je porte mon armure et mon armement, peut être aurez vous une chance d’arriver avant moi.
Là encore les écuyers n’étaient pas dupes, leur instructeur avait mainte fois fait la preuve que le poids de son armure n’était pas un problème.
- Allons, j’ai fait poster des soldats de corvée sur chaque point pour vous diriger là où il faut passer, n’attendez pas qu’ils vous aident en quoi que se soit, ils ont reçu des ordres très strictes.
Il se redressa devant les jeunes gens et frappa dans ses mains.
- En avant, les remparts vous attendent !
Les écuyers s’élancèrent au pas de course, l’instructeur sur leurs talons, ils commencèrent lentement car ils savaient très bien que l’effort ne faisait que commencer. Les marches en pierre menant aux remparts furent en vue, l’instructeur arriva en premier et les monta rapidement, donnant la cadence à ceux qui suivaient derrière lui.
Ils furent rapidement juchés sur les créneaux, bondissant de l’un à l’autre le vide donnant sur le bras de la rivière sur leur droite. L’exercice avait pour but d’entraîner autant leur endurance que leur équilibre pendant un effort continu. Le premier tour passa rapidement pour tous les écuyers, ils faisaient des exercices physiques quotidiens, ils possédaient tous une parfaite endurance.
Mais avec tous les escaliers à monter et à descendre, les jeunes gens commencèrent à sentir la fatigue, mais pas un seul d’entre eux ne voulait s’arrêter. Stopper dans leur course signifiait une pluie de quolibets de la part de leur instructeur. Onèan gérait son effort, ils n’étaient pas dans les premiers mais il préférait garder des forces pour sa journée de garde qui l’attendait.
Le vent se mêla de la partie au plus mauvais moment de l’entraînement, le passage sur une planche posée entre à l’angle d’une tour au dessus du vide. Gehor Lortan avait marqué une pause pour surveiller les écuyers, il ne voulait pas le moindre accident. Les bourrasques soufflaient rageusement, attrapant de travers les jeunes gens.
Onèan suivait de près Jokus qui était devant lui, son camarade ne semblait pas être endurant. Arrivé sur la planche, il chancela soudainement et tomba en arrière au moment où le jeune homme derrière lui levait le pied pour monter sur le perchoir.
Déséquilibré, Onèan glissa en arrière à son tour, droit sur le vide. Yurda qui le suivait voulut éviter également la chute mais il fit un faut pas en tentant de s’arrêter. Le vent fit le reste et l’écuyer bascula de l’autre coté du mur sous les yeux de ses camarades et de l’instructeur impuissant.
Mais Onèan réussit à conserver son équilibre, il se retourna brusquement et se jeta vers son camarade. Il saisit le poignet tendu de Yurda avant de se coucher sur le créneau en s’accrochant de toutes ses forces au retour de la pierre. Le choc fut brutal pour l’épaule du jeune homme qui craqua, mais ne céda pas malgré le poids de son compagnon dans le vide.
Immédiatement, les autres écuyers se saisirent d’Onèan pour lui éviter d’être emporter par la chute. Le chevalier instructeur bondit à son tour et organisa le sauvetage en donnant des ordres brefs qui claquaient dans l’air.
Avec l’aide de tous, Yurda fut remonté sur le chemin de ronde du rempart, à nouveau hors de danger. Son sauveteur s’assit le dos à la pierre en tenant son épaule endolori par l’impulsion du choc.
- Ecuyer Nethael, vous allez bien ? Demanda Gehor Lortan. Et vous Ecuyer Terrenoir, votre épaule n’est pas démise ?
- Nom Sir Lortan, je ne pense pas, répondit Onèan.
Yurda était debout, le cœur encore battant à tout rompre.
- Je n’ai rien, répondit celui-ci à son tour.
- Joli réflexe Terrenoir, vous venez de sauver la vie à votre camarade.
Le chevalier se tourna alors vers Jokus en affichant un regard noir de colère.
- Ecuyer Di Garius ! Il n’y avait aucune difficulté dans cet exercice, vous aviez bien remarqué que le vent soufflait de travers tout de même ?
Le jeune écuyer hocha la tête sans osé répondre.
- Votre maladresse et votre incompétence a bien faillit coûter la vie à l’un de vos camarades. Attendez-vous à recevoir un blâme pour une action pareille et surement quelques corvées qui vous apprendront à réfléchir un peu plus.
Jokus baissa la tête sous les yeux des autres écuyers, Onèan n’en voulait pas vraiment à son camarade. Mais cette chute aurait pu s’avérer particulièrement dangereuse si celui-ci n’avait pas eu un réflexe aussi rapide.
- Nous allons arrêter pour aujourd’hui, reprit le chevalier, aller vous changer dans vos appartements pour retrouver vos tuteurs.
Il foudroya de nouveau Jokus.
- Mais vous écuyer Di Garius, vous allez me suivre.
Sir Gehor Lortan les quitta en emmenant avec lui l’écuyer qui paraissait soudainement tout petit. Les écuyers descendirent par grappe de la muraille, ils discutaient entre eux de l’accident, certain riant comme si l’affaire n’était pas grave.
Onèan se releva, son épaule le faisait souffrir mais il n’aurait qu’à la ménager pour aujourd’hui. Yurda avait été rejoint par ces deux amis qui ne le quittaient guère, le jeune homme se tourna alors vers son sauveteur. Pour la première fois, Onèan ne vit pas de la colère ou de la rancœur dans son regard.
- Je dois te remercier, sans ton intervention je serais tombé dans le vide. Tu as même pris le risque de tomber toi aussi.
Il lui tendit la main qu’Onèan serra dans la sienne.
- Je n’allais pas te laisser tomber sans rien faire.
Yurda esquissa un sourire.
- Peut être me suis-je tromper sur toi, j’ai tendance à parler sans réfléchir et je m’emporte un peu trop souvent.
- Si peu, se permit Impa, l’un des deux autres écuyers derrière lui, provoquant une exclamation amusé du troisième jeune gens.
Onèan sourit.
- Il faut bien qu’il y est un début à toute chose, même pour l’amitié.
- Nous verrons bien, répondit Yurda.
Il allait prendre l’escalier à son tour, mais il se retourna pour faire face à l’écuyer.
- Encore une chose, méfie toi de ce Jokus Di Garius il est bien plus fourbe que tu ne peux le penser.
- Comment cela ?
Onèan le regarda intrigué.
- Il a bénéficié de beaucoup de privilège durant sa formation, commenta Impa, il a fait pas mal d’erreur sans avoir été inquiété.
- Pour moi cette chute n’avait rien à voir avec un accident, finit Yurda.
Sur ses mots, les trois écuyers quittèrent à leur tour les remparts. Le vent continuait à souffler, mais Onèan ne bougeait pas, il venait peut être de tomber dans un piège dés son arrivée à Paragahi. Il se souvenait d’une phrase inscrite par son père : « l’Inquisition est partout, elle peut se cacher derrière le sourire d’un marchand, la main tendue d’un voyageur, ou l’un de tes camarades ».
Le jeune homme avait relâché sa vigilance un peu trop tôt, il devait se méfier un peu plus. Il n’avait peu être pas donné sa confiance à la bonne personne. Pour le moment, il ne devait pas rester. Il quitta à son tour des remparts pour se rendre dans son dortoir, il se changea rapidement pour effacer les traces de son entraînement.
Rhabillé et reposé pendant quelques instants, Onèan sortit de la forteresse pour se retrouver son tuteur. Sir Nartero l’attendait les bras croisé, il regardait en l’air patientant, l’homme l’accueillit en souriant.
- Enfin, je commençais à m’ennuyer.
Onèan sourit.
- Je suis désolé, j’ai pris un peu trop de temps.
- Il faut que nous soyons à l’heure, sinon Sir Olera va encore ronchonner et nous traiter de jeunes écervelés.
Ils se mirent en route d’un bon pas, ils ne prenaient pas leur monture, ils seraient rendus dans une dizaine de minutes. Sur le chemin, Sir Nartero fit claquer sa langue sur son palais pour prendre la parole.
- Mais dis moi, tu marches sur les traces de ton père toi.
Le jeune homme ne comprit pas.
- Comment ça ?
- Ton petit exploit sur les remparts.
Onèan n’en crut pas ses oreilles.
- Mais comment êtes vous au courant, cela viens juste d’arriver ?
Le chevalier ne pu s’empêcher de rire.
- J’ai mes informateurs, je suis au courant de tout ce qui se passe dans cette forteresse. Mais en tout cas bravo, l’écuyer Nethael a échappé de peu à la mort grâce à toi.
Le jeune homme rentra la tête dans les épaules, il aborda un autre sujets pour éviter de laisser continuer son tuteur.
- Je pourrais vous poser une question ?
- Bien sûr !
- Vous connaissez l’écuyer Jokus Di Garius ?
Sir Nartero réfléchit quelques instants.
- Je crois que c’est un fils d’une famille noble qui n’a plus beaucoup d’argent, elle dépend des autres pour survivre d’après ce que dise les rumeurs. Pourquoi demandes-tu ça ?
- Pour savoir c’est tout.
- C’est vrai que le fils du Baron Di Garius a réussi à rentrer ici grâce à l’influence d’un des hommes qui soutient son père.
Onèan le regarda.
- Qui est ce ?
- Je crois qu’il s’agit d’un Duc.
Le chevalier réfléchit en se tenant le menton.
- Le Duc de Cœurfer voilà, je savais bien que je me souvenais de son nom.
Le jeune homme sursauta en entendant le nom au grand étonnement de son tuteur.
- Qui y a-t-il, tu le connais ?
- Non, non, répondit rapidement Onèan.
Il conserva le silence suivant Sir Nartero, il venait d’avoir confirmation de ses soupçons. L’esprit l’écuyer était en ébullition, voilà qu’il retrouvé ici un allié potentiel à Keridan, la question de la cause de l’accident prenait soudain tout son sens.
Un peu plus tard, dans un coin sombre de la cité, dans le quartier de l’armée, Jokus se déplaçait furtivement le long des murs. Il ne voulait pas que quelqu’un le reconnaisse ici, surtout en sachant la personne qu’il devait rencontrer.
L’écuyer fut enfin au lieu du rendez vous, une silhouette attendait dans l’ombre, habillé d’une grande cape noire.
- Enfin te voilà, fit celle-ci à l’arrivée de Jokus.
- Veuillez me pardonner, j’ai été retardé par mon travail, j’ai eu de nombreuses corvées supplémentaires à faire.
- Je ne veux pas le savoir, soit à l’heure la prochaine fois.
- Très bien Messire.
Jokus s’inclina, son interlocuteur lâcha un grognement dégoûté.
- Pourquoi Terrenoir est il encore vivant ?
- J’ai essayé, je vous jure, mais ce n’est pas facile, et maintenant il m’a à l’œil je crois.
- Nous t’avions dit de faire attention.
La personne dans l’ombre lâcha un juron.
- De toute façon, reprit il, Maître Cerissac a préparé ses plans, il va passer à l’action bientôt.
L’écuyer leva un regard surpris.
- Déjà.
- Il est las d’attendre, il veut que son ennemi paye pour ce qu’il lui a fait subir, il prend donc la suite en main.
L’interlocuteur de Jokus s’avança dans la lumière, Duncan sourit.
- La vie d’Onèan Terrenoir va connaitre une fin plus courte que ce qu’il imagine.
L’agent de l’Inquisition se mit à rire, sous les regards apeurés de Jokus, qui n’osait pas l’interrompre.
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- Maître, nous ne nous entraînons pas aujourd’hui ? Demanda Lynaïs.
Elle se baissa pour passer sous une branche basse.
- Non pas tout de suite, je veux te montrer quelque chose que tu dois voir.
- Sur la magie ?
- Oui Lynaïs, et c’est très important, nous devons aller au cœur de la forêt.
Maître Guyt’Ji n’en dit pas plus et poursuivit son chemin d’un pas décidé, suivi par son élève perplexe. La jeune fille avait retrouvé un peu de sa sérénité depuis la dernière fois, les larmes qu’elle avait versées lui avaient fait du bien. Elle voulait maintenant à tout prix apprendre à se servir de ses dons, pour son Maître, pour ses amis, pour Onèan.
Plongée dans ses pensées, Lynaïs ne vit pas le temps passer, elle fut surprise par l’arrêt de l’elfe devant elle mais réussi à ne pas le percuter.
- Tu es toujours aussi pensives, fit Guyt’Ji, un sourire amusé sur les lèvres.
La jeune fille afficha un sourire gêné.
- Nous sommes arrivés ? Demanda t’elle.
- Oui, derrière cette rangée d’arbre se trouve l’endroit que je voulais te montrer, mais reste bien prés de moi, et tu t’arrêteras quand je te le dirais.
De plus en plus intriguée, Lynaïs fit un signe affirmatif de la tête et attendit la suite. Ils débouchèrent devant une cuvette, cachée par les grands arbres. La jeune fille poussa une exclamation de surprise et de peur mêlée. En contre bas, la végétation était morte, des lianes noires pendaient des branches nues, le sol semblait n’être qu’un grand marécage. Le vent portait les effluves nauséabonds des eaux boueuses, ainsi que des cris de bêtes terrifiantes. Son maître mit une main devant elle pour la stopper.
- Nous n’irons pas plus loin.
- Mais quel est cet endroit ?
L’elfe poussa un soupir à fendre l’âme.
- Ce que tu vois est l’œuvre de la magie noire, elle est l’exacte opposée de celle que je veux t’apprendre, tout comme le jour et la nuit.
Lynaïs fixa la désolation de ces bois.
- La magie noire ?
- La magie possède plusieurs branches qui elle-même se subdivise en des écoles de pouvoir. Toutes ses formes de magies puisent leur force d’un élément ou d’un monde, les elfes la puisent dans la nature et ses forces, les shamans koradjis vont la chercher auprès du monde des esprits.
- Et les humains ?
- Votre interaction est différente encore, vous pouvez accéder à toutes les formes de magies, vous êtes assez polyvalent, généralement les humains la prennent dans la nature que les entoure ou directement dans l’essence même de la magie.
Le discours était très sérieux et compliqué, la jeune fille se demandait où son maître voulait en venir.
- Mais il y a une branche de la magie que tous les peuples craignent mais que tous veulent maîtriser, reprit Guyt’Ji, la magie noire, mère d’une puissance dévastatrice qui dévore votre âme et votre cœur en contrepartie.
Il étendit les bras devant lui et balaya le paysage de la vallée détruite.
- Ce que tu vois devant toi est l’œuvre de cette magie, tu as là toute la mort et la douleur qu’elle peut apporter, elle pervertie l’essence même de la vie.
Maître Guyt’Ji serra les poings.
- Ici avant, se dressait un bosquet magnifique, un centre de prière et de sérénité, les elfes et toutes les autres races bénéfiques venaient de toute la forêt et au de-là pour se reposer en ce lieu.
- Qu’est ce qui est arrivé ?
Le maître archer se tourna vers son élève, les yeux remplis de tristesse.
- Un inquisiteur a réussi un jour à pénétrer au cœur de cette forêt dans ce lieu sacré, il a déchaîné ses foudres et sa haine en jetant une terrible malédiction. Il a détruit toute vie dans la vallée, et avec lui ceux qui la protégeaient et sa gardienne séculaire.
Il avait dit ces dernières paroles des larmes dans les yeux.
- Tu n’aurais pas du revenir ici Olys, fit une douce voix derrière eux.
Lynaïs se retourna et découvrit une belle elfe, ses traits étaient fin et sa peau légèrement doré. Elle avait des yeux verts et ses cheveux étaient retenus en une coiffure compliquée dans sa nuque. Elle portait des vêtements sombres de coureurs des bois, un arc dans le dos et une épée battait son flanc.
- Je sais Pyry, mais je voulais montrer cet endroit à mon élève, pour que cela n’arrive plus.
La guerrière elfe regarda la jeune fille.
- C’est toi l’humaine qui maîtrise la magie, fait attention à toi, l’Inquisition est cruelle encore plus que tu ne crois.
- Nous allons y aller Lynaïs, au revoir Pyry, porte toi bien.
- Porte-toi bien Olys.
Ils quittèrent l’elfe sur un dernier salut, la jeune fille remonta à la hauteur de son professeur.
- Que se passe t’il Maître Guyt’Ji ? Pourquoi a-t-elle dit ça ?
Le vieil elfe s’arrêta.
- Dans ce temple, il y avait une gardienne qui protégeait ce lieu, et elle est morte en essayant de le sauver. Cette gardienne était ma compagne.
Lynaïs se figea, comprenant la tristesse de son Maître.
- Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous rappeler des souvenirs douloureux.
- Se n’est rien, je voulais te montrer cet endroit pour que tu te rendes bien compte de la perfidie de l’Inquisition, c’est le mal personnifié.
La jeune fille hocha la tête.
- Je ferais en sorte que cela ne se reproduise pas, jamais.
Maître Guyt’Ji lui sourit.
- Nous avons encore du travail, mais tu es sur la bonne voix.
L’elfe reprit sa marche, suivi par son élève. Elle ferait tout pour combattre l’Inquisition, elle en faisait le serment.
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