Bonjour lecteurs ^^
La suite de chevalier est arrivée, j'espère qu'elle vous plaira autant que les précédents chapitres.
Ekart et Patinil ont maintenant un véritable objectif avec des informations sûres. Elles leurs ont été données par le Directeur de l'Académie lui même, devenant ainsi ses alliés pour prouver la vérité aux yeux de tous.
Mais un autre défi les attend, ils vont faire leur entrée dans la Congrégation des Diplomates.
Mel veut plus que jamais en savoir plus sur l'Inquisition et ses agissements. Avec l'arrivée de ce petit groupe à la forteresse, elle compte bien en profiter pour en savoir plus. Elle va tout faire pour se rapprocher d'eux et participer à une expédition en leur compagnie.
La jeune fille ne le sait pas encore, mais c'est le mal qui marche à chacun de leur pas, et s'y frotter pourrait avoir des conséquences funestes.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 18
Livres et montagnes
La Congrégation des Diplomates avait été créée par le premier Empereur pour propager l’influence du Conglomérat sur toutes les terres connues, et même au-delà. Grâce à ses diplomates, la Lumière Divine avait créé de grandes routes commerciales.
Il avait fallu du temps pour parvenir à nouer des relations avec l’ensemble des villes états, des royaumes et des petits groupes disséminées sur les terres proches. Grâce aux échanges et aux rencontres, les diplomates avaient pu repousser les frontières connues.
Le Conglomérat utilisait de bien des manières l’ensemble des relations et des informations qu’ils possédaient. Peu à peu, ils avaient créé un réseau d’espions et d’informateurs dans chaque cité et chaque pays. Ainsi, les dirigeants du Conglomérat pouvaient connaitre toutes les conspirations, les nouveautés ou les alliances qui se faisaient et se défaisaient au gré des guerres.
Les diplomates étaient souvent sur la route, voyageant avec des ordres de mission précis. Ils étaient accompagnés par des serviteurs, des gardes armés et de jeunes gens qui devaient récolter les informations pour leur besoin.
Ekart s’était tout de suite senti chez lui dans ce grand bâtiment, les intrigues foisonnaient dans tous les couloirs. Il se trouvait très à l’aise parmi tous ces chuchotements. Il avait quitté sa tenue d’étudiant pour enfiler celle des diplomates, elle ressemblait à celle qu’il possédait avant, mais elle était faite de velours et brodé d’or.
Patinil conservait son caractère glacial et distant, sa beauté froide en faisant une personne très appréciée. Plus d’un diplomate parmi les plus connus et les plus influent aurait désiré l’avoir à leur coté pour l’avoir prés d’eux. Mais la jeune fille n’était pas dupe, et se contentait de rester neutre, conservant sa place qu’elle avait acquise à son entrée.
A leur arrivée, les deux jeunes gens avaient été présentés au Ministre de la Diplomatie, nommé par l’Empereur. L’homme était rusé, il avait consulté la liste des étudiants ayant présenté une candidature, remarquant immédiatement leur profil. En voyant le nombre de travail qu’ils avaient fait à deux, le ministre avait compris qu’il ne valait mieux pas les séparer.
L’homme aurait voulu les garder à son service personnel, mais il avait déjà assez de collaborateurs. Il décida alors de les adjoindre à un service difficile et peu apprécié, la section des terres du Nord. Avec leur sang neuf, ils allaient pouvoir dynamiser un service qui avait bien besoin de nouvelles idées.
Des responsabilités leurs incombaient dorénavant, le chef de la section des terres du Nord leur donnait des travaux de recherches dans des archives anciennes. Loin de les faire reculer, ces nouvelles fonctions faisaient naitre en eux une impitoyable soif de travail, s’attirant la jalousie de leurs comparses plus âgés.
- Je crois que je tiens quelque chose, lança Ekart triomphant.
Il ouvrit un livre qu’il tenait en le posant sur une table, Patinil leva les yeux des documents qu’elle consultait pour voir la trouvaille de son camarade. La lumière dispensée par les quelques fenêtres sales ne permettait pas de déchiffrer correctement les lignes. Elle approcha la lampe qui se trouvait sur la table.
- Regarde ce paragraphe là.
Elle suivit les indications de son ami.
- J’ai bien l’impression que tu as en effet trouvé ce qu’il nous faut, commenta Patinil d’une voix neutre.
- Mais évidemment que c’est le nom du noble de Milicary.
Les jeunes gens avaient reçu comme tache de parvenir à trouver le nom d’une famille d’une lointaine contrée du nord qui avait commercé avec le Conglomérat. Tous les membres étant disparus, le nom s’était perdu dans le temps, mais leur chef voulait absolument retrouver ce nom.
- Au moins ta rapidité nous a économisé une longue recherche au milieu de la poussière et de l’obscurité.
Le ton de la voix de son amie ne semblait pas si enjoué.
- Et bien, tu n’as pas l’air d’être heureuse, pourtant nous sommes exactement là où tu adores passée du temps.
- Ce n’est pas cela, je suis juste un peu distraite.
Ekart fit un grand sourire.
- Je vois que les dernières révélations te travaillent encore.
La jeune fille leva brusquement la tête, et regarda aux alentours si quelqu’un pouvait les entendre parler.
- Il ne faut pas en parler aussi fort, il pourrait y avoir des oreilles indiscrètes.
- Ne t’inquiète pas, nous sommes seules à cette heure tardive, nous avons du passer l’après midi dans ses archives.
Le jeune homme écarta les bras en montrant la pièce sombre.
- Tu vois quelqu’un trainant dans les parages à part deux idiots comme nous ?
Patinil poussa un soupir.
- Il y a des fois où tu m’exaspères vraiment ?
- Oh, seulement des fois ?
La jeune fille le fixa.
- Oui excuse moi, tout le temps je voulais dire.
Ekart ne put s’empêcher de rire.
- Au lieu de rire bêtement, lança Patinil, tu pourrais m’expliquer comment tu fais pour arriver à savoir ce que je pense aussi rapidement.
- Mais pour moi, les gens sont si transparents.
La jeune fille secoua la tête.
- Tu n’es peut être pas préoccupé par ce que nous avons appris ? Demanda-t-elle pour changer de sujet.
- Allons, moi aussi je me suis mis à réfléchir sur notre petite enquête.
- Quand as-tu fait ça ?
- La nuit, très tard quand je n’arrivais pas à dormir.
- Mais tu n’es jamais dans la chambre sur tu as loué ?
Ekart haussa les épaules.
- Non, il est vrai que je ne suis pas souvent dans mon logis, mais le sommeil est une perte de temps.
La jeune fille rentrait chez sa mère tous les soirs depuis qu’elle était entrée dans la Congrégation des Diplomates. Elle pouvait ainsi économiser l’argent d’un loyer et le donner à sa famille pour les aider.
- Tu vas te ruiner la santé à force d’agir ainsi.
Ekart se contenta de faire un geste en l’air.
- Enfin, sinon qu’as-tu découvert dans tes recherches solitaires ? J’espère que tu as été prudent pour ne pas te faire prendre.
- Pour qui me prends-tu ? Evidemment que je suis prudent, je n’ai pas oublié les recommandations de Maître Garynlos. Il nous a assez répété les dangers de poursuivre dans cette voie pour que j’évite de me faire remarquer.
Le jeune homme tira un petit carnet qu’il gardait dans une poche intérieure de son vêtement, ne se voyant pas du tout de l’extérieur.
- J’ai consigné là les quelques bribes que j’ai découvert dans la bibliothèque principale, je n’ai pas vraiment pu orienter mes recherches, le classement est un peu anarchique, il faudrait le revoir en totalité pour s’y retrouver, commenta Ekart.
- Tu croyais peut être qu’il y aurait une rubrique magie ? Le tança Patinil.
- L’ironie te va bien je trouve, il est évident que je ne m’attendais pas à une recherche facile, j’ai pour le moment trouvé des légendes et des rumeurs mais sans aucun fondement. Mais par contre la plupart des bribes d’informations que j’ai trouvées parlaient des terres du Nord et de la grande chaîne de montagnes.
La jeune fille hocha la tête.
- J’ai lu le livre que nous a confié le directeur, et il y a beaucoup de référence aux terres du Nord également, je pense que c’est là que nous devrions orienter nos recherches.
- Nous avons eu de la chance d’être engagé justement dans cette section, fit Ekart, nos recherches seront facilitées.
- C’est presque à se demander si le directeur de l’Académie ne nous aurait pas appuyés pour y rentrer, se demanda Patinil.
- Je ne pense pas, un heureux concours de circonstance surtout.
Ekart se mit à réfléchir avec attention, il calculé dans sa tête toutes les options qui s’offraient à eux.
- Il nous faut pousser nos recherches vers les anciennes archives de cette section, il y a ici une grande source de documents qui ont traversé les ages, il y en a bien quelques uns qui ont échappé à la répression de l’Inquisition.
- Mais comment allons nous faire pour éviter les questions sur ce que nous ferons ?
- Tu ne te souviens pas de ce que nous faisions à l’Académie.
-Travailler la nuit entière, adieux le repos …
Ekart sourit largement.
- Allons nous allons passer de longues soirée ensemble, côte à côte à travailler dans la pénombre, au milieu des vieux livres.
Patinil lui jeta un regard dubitatif.
- Je ne sais pas ce qu’il y a de pire, ne pas dormir toute la nuit, penché sur des livres sentant le moisi, ou alors rester avec toi autant de temps.
Le jeune homme afficha un air profondément choqué.
- Je suis d’une très bonne compagnie, tu ne le sais pas depuis le temps, je te promets tu ne t’ennuieras pas.
Ekart fit un clin d’œil complice, Patinil ne put s’empêcher de pousser un profond soupir de détresse, qui amusa encore plus son ami.
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Des nuages gris stagnaient dans le ciel des montagnes du nord, le vent avait enfin cessé ses hurlements lugubres, seul un léger souffle perdurait, mais bien plus faible que les jours d’avant. La délégation de l’Inquisition avançait d’un pas ferme sur les sentiers de montagne, il se dirigeait vers un de ses villages d’altitude qui parsemait cette zone.
La délégation se composait d’un grand Inquisiteur, de trois Inquisiteurs subalternes et d’une douzaine de soldats vêtus de noir. Ils avaient demandé au fort de leur fournir quelques hommes pour les accompagner et les escorter dans les montagnes. Mel avait tout de suite saisi l’occasion qui se présentait et avait persuadé Sir Gaudric de se porter volontaire. Elle marchait donc à l’avant, en éclaireur, avec quatre autres guerriers, tandis que le chevalier accompagnait le grand Inquisiteur, une vingtaine de soldats supplémentaires de la forteresse suivant le groupe.
Mel voulait savoir ce que venait faire l’Inquisition ici, et malgré tous les avertissements de Sir Gaudric pour l’en dissuader.Ils arrivèrent en vue du premier village, beaucoup d’habitant étaient sortis, pour profiter de l’accalmie du climat.
Ces bourgades étaient installées sur des plateaux assez larges pour que la végétation puisse croitre en dépit du froid et du vent perpétuel. Les habitants étaient pour la plus part des bergers et des mineurs qui arrivaient à vivre dans ses montagnes en se pliant à la volonté de l’altitude. Les gens étaient aussi rude que le climat, suspicieux ils n’aimaient pas les étrangers préférant rester entre eux.
Barigne possédait deux entrées, l’une d’elle venant de la forteresse et du bas des hauts plateaux, l’autre permettant de poursuivre son chemin dans la chaîne montagneuse. Généralement les entrées étaient gardées par des équipes de villageois qui servaient de milice de défense. N’ayant pas de murailles, ils avaient érigé un muret de pierres sèches qui ne laissait passer que deux personnes de front.
Les maisons étaient sur un ou deux étages, construites en bois et en pierre avec des toits à fortes pentes pour éviter que la neige ne s’accumule. Elles étaient de grandes tailles abritant plusieurs familles selon les niveaux. La bourgade vivait en autarcie, elle faisait du commerce avec les autres villages de montagnes et avec les marchands de passage qui bravaient les dangers des montagnes pour échanger leurs produits.
Étant à l’avant, Mel et les quatre soldats qui l’accompagnaient furent accueillis avec le sourire et des grands gestes de la main. La jeune fille faisait là sa première visite dans ce village, elle espérait que tout se passe bien.
Mais lorsque le reste de la troupe fut en vue des gardes à l’entrée, l’ambiance changea radicalement. Les vêtements noirs des hommes de l’Inquisition étaient reconnaissable de très loin, et avec eux leur sinistre réputation.
Les membres de la milice sonnèrent l’alarme presque immédiatement, les habitants qui étaient dehors levèrent soudainement la tête. En peu de temps la place centrale se vida, femmes et enfants s’enfermèrent dans les maisons. Les hommes de Barigne se réunirent sur la place en portant des armes ou des bâtons avec eux.
Mel avait reculé en voyant les villageois près au combat, elle ne comprenait pas un tel changement de comportement de la part des montagnards qui avait été si amicaux au premier abord. Elle ne pouvait pas faire grand-chose à part attendre le reste de la troupe. Elle ne voulait pas avoir à faire usage de ses armes, mais elle n’aurait pas le choix en cas d’agression.
Sir Gaudric arriva au pas de charge en voyant l’attroupement, il fit un signe de tête à son écuyère pour qu’elle se rapproche de lui. Mieux valait resserrer leurs rangs en cas d’attaque, les villageois n’étaient pas des guerriers mais ils étaient bien plus nombreux que la petite troupe de la citadelle du Corbeau.
Loin de prendre peur, le grand inquisiteur s’avança devant les montagnards les mains le long du corps. Il afficha un sourire de plaisir en voyant la scène, il semblait se délecter de la peur visible des habitants. Les trois autres inquisiteurs se déployèrent autour de lui pour appuyer encore son aura sombre et menaçante.
- Qui est le chef du village ? Lança le Grand Inquisiteur.
Il y eu quelques murmures parmi les habitants, un homme sortit alors des rangs sous les regards des villageois.
- C’est moi, Gero Proxin, je suis le chef du village de Barigne.
Il était plutôt petit, mais il possédait une carrure impressionnante avec des épaules larges et des bras musclés. La montagne façonnait les gens dans leur corps et dans leur esprit, une lueur farouche brillait dans les yeux noirs du chef.
- Que venait vous faire ici Inquisiteur ?
Le ton employé par l’homme était porteur de menaces, les soldats en noir se saisirent de leur armes, provoquant un début de panique parmi les villageois rassemblés. Mais le chef resta bien droit lui aussi, ne se préoccupant pas des hommes en armes.
- Je me nomme Mahers Grand Inquisiteur de l’Empereur, je demande un peu plus de respect que ce mépris affiché, mais passons, je ne m’attendais pas à autre chose en venant ici.
Il fixa le chef du village quelques instants avant de reprendre la parole.
- Des rumeurs circulent sur cette zone, et après avoir croisé toutes ses informations récoltées, il semblerait qu’un Pratiquant se trouve non loin d’ici.
Un silence gêné lui répondit en premier lieu, seul le murmure du vent pouvait s’entendre sur la foule rassemblée. Mel se demanda ce que pouvait bien être ce Pratiquant que l’Inquisition cherchait avec autant de force.
- Des rumeurs tu dis, répondit Gero Proxin avec calme, les rumeurs sont comme le vent elles soufflent souvent mais jamais dans la même direction.
Mahers sourit.
- Donc d’après toi, je me serais trompé en venant jusqu’ici.
- Peut être.
- Bien, alors nous allons voir cela ensemble.
Le grand Inquisiteur fit signe à deux soldats de s’emparer de l’homme, qui resta de marbre quand ils se saisirent de lui par les bras. Les villageois se mirent à gronder en faisant un pas en avant pour défendre le prisonnier. Mais les soldats de l’Inquisition brandirent leurs armes dans leur direction montrant qu’ils n’hésiteraient pas à s’en servir contre eux.
- Sir Chevalier, disposez vos hommes aux deux sorties du village, pour que personne ne puissent s’enfuir, est ce bien clair.
- Oui grand Inquisiteur, répondit Sir Gaudric d’une voix neutre.
Les inquisiteurs entraînèrent le chef du village qui regardait droit devant lui sans émettre un son. Le chevalier donna ses ordres aux soldats et partagea la troupe en petit groupe pour chaque chemin du village. Mel regarda son tuteur avec attention.
- Mais ils vont le soumettre à la question, et je ne pense pas qu’ils n’utilisent que des mots pour le faire parler. Nous n’allons rien faire pour empêcher ça ?
- L’Inquisition a tous les droits, si nous intervenons, se sera nous qui seront à sa place.
La jeune fille regarda son tuteur en écarquillant les yeux.
- Mais où est la justice ? Nous brisons notre serment de défendre les habitants du Conglomérat en faisait une chose pareille.
- Ecoute Mel, fit Sir Gaudric d’une voix sévère, je savais très bien ce qui allait se passer en les accompagnants, reste à ta place et ne dit rien, tu n’as que ça à faire de toute manière.
- C’est injuste, murmura t’elle.
La jeune fille garda le visage vers le bas et s’éloigna un peu de la maison où étaient enfermés les hommes en noir et leur prisonnier. Des cris se firent entendre, ceux d’une femme, implorant. Mel se tourna et sera les poings de rage, impuissante, elle ne comprenait pas qu’il existait de telle pratique, elle était révoltée.
Peu de temps après, les inquisiteurs sortirent toujours aussi droit, de leur démarche fier.
- Nous avons les informations, fit le Grand inquisiteur, l’un de mes hommes se mettra à l’avant-garde pour les guider.
Sans attendre de réponse il se dirigea vers la sortie du village qui permettait de poursuivre la route au cœur des montagnes. Sir Gaudric rassembla ses hommes le plus vite possible, tandis que Mel se portait en avant, personne ne pouvait dire non à un ordre d’un inquisiteur. Ils se dirigèrent en marche forcée à travers des routes sinueuses de montagne, grimpant toujours plus haut.
L’inquisiteur, qui avait rejoint les hommes de tête avec Mel, les fit soudain s’arrêter d’un geste impérieux.
- A partir de là, vous restez à votre place, je vous ferais signe d’avancer, pour l’instant nous attendons les autres.
Les hommes en noir arrivèrent peu de temps après, sans Sir Gaudric et les soldats du bastion. La jeune fille regarda le grand Inquisiteur qui la toisa.
- Reste ici avec l’avant-garde écuyère, nous viendrons te chercher après, le reste de la troupe nous attend plus bas.
La troupe de l’inquisition les dépassa et se déploya sur le terrain accidenté en direction d’une série de grotte à peine visible de la position de la jeune fille. Mel se leva un petit peu pour essayer de voir leurs manœuvres, mais un soldat la tira en arrière dans le rocher, l’homme était un vétéran de bien des batailles avec une grande balafre sur la joue.
- Il n’est pas bon de chercher à savoir ce que fait l’Inquisition, lui dit il, mieux vaut ne pas s’en préoccuper.
- Mais que vont-ils faire là bas ?
- Des choses que nous ne devrions pas voir, sinon nous allons aller tout droit dans les cachots de l’Inquisition.
Mel se demandait bien ce qui pouvait faire naitre une telle peur sur les gens, elle garda alors sa position, freinant ses envies de voir ce qui se passait. Soudain des explosions se firent entendre, elle se releva très vite et observa ce qui venait d’arriver, il y avait beaucoup de fumée et la grotte n’était plus visible.
- Mais qu’est ce qui se passe là haut, fit Mel tout haut.
- Franchement je n’ai pas envie d’aller voir.
La jeune fille regarda le soldat.
- Tu ne crois pas que nous n’auront pas d’ennuis si nous ne sommes pas aller au secours des inquisiteurs.
Le guerrier hésita, les paroles de l’écuyère étaient justes, mais un soldat en noir surgit devant eux, sortant de la fumée, couvert de poussière. Mel se leva pour lui faire face, et l’homme la toisa avec un regard méprisant.
- Le Grand inquisiteur Mahers a besoin de porteurs, nous avons des blessés, suivez moi.
La jeune fille garda son calme, ce simple soudard lui donnait des ordres comme si elle n’était qu’une simple domestique. Elle fit signe aux guerriers derrière de la suivre, passant devant le garde en noir sans lui accorder un regard.
Mel marcha droit devant elle, pénétrant dans les nuages de poussière qui commençait juste à se dissiper. En approchant de la grotte, ils virent apparaître sur le sol des traces de flamme, visible aux pierres roussies par endroit. La jeune fille se demanda ce qui avait bien pu faire de telles traces, mais elle ne pouvait pas s’arrêter pour voir de plus prés car un inquisiteur apparut devant elle.
- Le Maître est là bas, prés de l’entrée il vous attend, dépêchez vous.
Ne préférant pas répondre, Mel se présenta devant l’entrée de la grotte, le Grand inquisiteur était là, les vêtements roussis, il était adossé à la paroi grimaçant de douleur.
- Ecuyère, dite à vos hommes de fabriquer une civière pour me porter.
Mel s’exécuta immédiatement, l’homme n’ayant apparemment pas envie de discuter plus. Elle en profita pour observer de prés la grotte, et découvrit des meubles en bois disposait comme une maison. Des étagèrent croulaient sous des pots de terres et des flacons contenant des substances étrangères à la jeune fille. Les soldats de l’Inquisition emportaient tout ce que contenait la grotte avec méthode et attention, sous la houlette d’un Inquisiteur.
- Que regardez vous ? demanda le troisième Inquisiteur en apparaissant devant elle.
- Je me demandais pourquoi nous étions venus jusqu’ici.
- Un dangereux ennemi du Conglomérat était ici, nous n’avons pas pu l’attraper mais il a du abandonner toutes ses possessions, c’est un début de victoire, sortez donc, vous n’avez rien à faire ici, c’est le travail de l’Inquisition.
Le ton de l’homme était sans appel, Mel préféra obtempérer sans discuter. A l’extérieur, elle alla vers ses soldats pour voir si tout était prêt pour la civière.
- Qui était cet ennemi, marmonna la jeune fille.
- Un magicien, fit une voix étouffée.
Mel fixa à nouveau le soldat à la balafre, il avait parlé très bas pour ne pas être entendu par les autres.
- De quoi me parles tu ?
- Il traquait un magicien, les pierres brûlées sont l’impact de boules de feu.
La jeune fille n’en revenait pas, elle ne pouvait détacher son regard du visage du guerrier.
- Mais comment le sais tu ?
- J’ai de l’expérience.
Soudain il se tut en voyant approcher deux gardes de l’Inquisition, l’écuyère comprit pourquoi et joua le jeu.
- Je voudrais en savoir plus, demanda t’elle.
- Tu es bien sûre.
Mel acquiesça vivement.
- C’est dangereux ici, je veux bien t’en dire plus, mais quand nous seront revenu au fort.
- Très bien.
Ils reprirent leur travail, et la civière fut prête. Il y avait aussi deux morts parmi les soldats en noir et un blessé qui marchait de lui-même. Les deux cadavres étaient abandonnés là, au profit des objets qu’ils avaient trouvé dans la grotte. Mel fut outrée par une telle pratique, mais elle se garda bien de contredire les ordre du grand Inquisiteur.
Ils retrouvèrent bientôt le chevalier et les soldats du fort un peu plus bas. Sir Gaudric était inquiet pour son écuyer, il fut soulagé en la voyant arriver. Ils reprirent tous la route de retour vers le bastion, Mel reprenant la tête du cortège avec quatre autres soldats.
La jeune fille avait l’esprit loin des montagnes, elle repensait encore à ce qui s’était passé là haut, prés de la grotte. L’Inquisition avait traqué un magicien et l’avait affronté en les laissant à l’écart. Le Grand inquisiteur n’avait pas hésité à torturer des villageois pour obtenir des informations sur l’endroit où il se cachait.
Quelque chose la fascinait encore plus, la magie des légendes existait réellement. A cette seule pensée ses yeux s’illuminèrent de plaisir.
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