Bonjour à vous ^^
Le chapitre 19 est pour vous, l'histoire prend forme et le danger se rapprochede nos héros.
Onèan a fait la lumière sur les dangers qui l'entoure, et un nom qu'il croyait avoir laissé derrière lui vient de refaire surface. Keridan de Cérissac est de nouveau sur ses traces, l'écuyer n'en doute pas une seule seconde, il veut se venger encore une fois.
Le jeune homme doit rester sur ces gardes, mais cela suffira t'il ?
Lynaïs a découvert le visage sombre de la magie, celui que montre l'Inquisition. cette vision a renforcé sa conviction, elle veut être plus forte pour combattre cette organisation et éviter que de telles monstruosités se reproduisent un jour.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 19
Agresseurs
Les ombres avaient envahi le château, le soleil s’était couché depuis quelques heures déjà. Onèan marchait d’un pas vif dans les couloirs déserts, il maugréait contre ce dernier message à porter à l’officier de garde.
Le jeune homme avait eu encore une journée exténuante, enchaînant les exercices, les gardes et les patrouilles à un rythme soutenu. Il commençait à se demander si sa vie à Paragahi ne serait qu’une suite ininterrompue de tâche à effectuer sans réfléchir. Il comptait se reposer tôt pour être en forme demain matin, une patrouille à l’extérieur de la ville était prévue, un bon moyen pour s’éloigner de la caserne.
Quand il avait vu arriver Jokus, l’écuyer s’était mis instantanément sur ses gardes, en position de défense. Depuis l’accident sur les remparts il y a quelques jours et l’avertissement de Yurda Nethael, il faisait tout pour éviter d’être seul en sa compagnie.
Jokus Di Garius n’avait pas eu l’air très à l‘aise face à son camarade. Le jeune homme n’était de toute façon pas vraiment quelqu’un qui était connu pour son autorité naturelle. Onèan avait eu alors la surprise de se voir confier un message à porter pour l’officier de garde du portail pour la nuit.
Apporter les plis dans toute la forteresse était aussi le travail des écuyers, tout comme la garde de leurs appartements, ils avaient institué des tours de rôle. Evidemment, Onèan était préposé pour porter les missives ce soir là. Il hésita à prendre le document, il était tard, mais il ne pouvait pas la refuser, car le message portait le sceau du Commandant de la garnison. Malgré ses appréhensions et la fatigue du à la journée passée, Onèan avait pris le rouleau de parchemin et s’était mis en route immédiatement.
Pour aller plus vite le jeune homme avait pris des chemins détournés, peu fréquentés mais bien plus rapides pour atteindre l’entrée principale. Ces bottes claquaient sur le sol, le bruit de ses pas se répercutant sur les parois en pierre. Onèan se figea soudain, aux aguets, il avait entendu des pas, mais très faiblement comme étouffé.
- Il y a quelqu’un ? demanda tout haut l’écuyer.
Il n’obtenu aucune réponse, et il reprit son chemin en maudissant à nouveau Jokus pour cette missive de dernière minute. Il entendit alors à nouveau des pas, derrière lui, mais ils ne se cachaient plus cette fois. Onèan se retourna alors et regarda dans le couloir désert, deux silhouettes toutes vêtues de noir apparurent, leur visage dissimulé par des foulards de la même couleur.
Le jeune homme n’eut aucun mal à comprendre qu’ils en avaient après lui. Il s’apprêta à courir dans l’autre direction et il se retourna. Mais il se figea sur place, le visage fermé, deux autres silhouettes en noir lui bloquaient la fuite, Onèan était cerné.
Mais sa malchance ne s’arrêtait pas là, il avait prit le message rapidement sans prendre le temps de s’arrêter dans ses appartements. Il était resté dans la salle commune pour écrire une lettre à sa famille, laissant ses armes dans sa chambre. Le jeune homme se retrouvait contre au moins quatre adversaires sans une épée pour se défendre.
Il fit rapidement le tour de ses possessions, il portait sa tenue de cuir clouté, le message dans une main et son poignard accroché à sa ceinture. Sans attendre, il mit le message dans sa poche et il se saisit de la dague en la tenant lame renversée d’une main ferme sur la garde.
Onèan se positionna alors dos au mur pour protéger ses arrières, et pour montrer qu’il se battrait jusqu’au bout. Les agresseurs se rapprochèrent de lui tout doucement, les yeux brillants, ils portaient tous une épée, leur éclat menaçant dirigé vers Onèan.
Yurda Nethael était assis dans la salle commune des écuyers, l’air pensif. Il lui arrivait souvent de veiller tard pour étudier ou pour lire, le jeune homme tenait à travailler plus que les autres pour combler ses lacunes. Il n’y avait plus grand monde dans la pièce à cette heure, quelques uns qui discutaient entre eux de la journée.
Pourtant Yurda avait noté une curiosité, une personne était resté tard aussi ce qui était très habituel chez lui. Jokus Di Garius se tenait dans un coin sombre de la pièce, cherchant à passer inaperçu. Il semblait très nerveux, bien plus que d’habitude serrant et desserrant les mains sans pouvoir s’arrêter. Pour Yurda, le jeune noble préparait une entourloupe, il en aurait mis sa main à coupée.
Jokus se leva alors pour se rendre dans sa chambre, saisissant cette occasion, l’écuyer le suivit de très prés. Une fois hors de vue des autres écuyers dans la salle commune, il bloqua son camarade dans un coin et le domina de toute sa taille. Il n’avait pas trop à forcer, faisant une tête de plus que sa victime.
- Tu as l’air de quelqu’un qui prépare un sale coup ?
Le pauvre jeune homme se tassa sur lui-même, la peur s’inscrivant dans son regard.
- Mais … Mais non voyons, pour …
Yurda le souleva par le col et le maintint en l’air pour placer son regard à la hauteur du sien.
- Je n’en crois pas un mot.
Jokus poussa un pitoyable gémissement et essaya de se dégager mais en vain, il était beaucoup trop fort pour lui.
- Pi … Pitié, il m’a obligé.
- Qui t’a obligé à faire quoi ? Parle !
- Le seigneur noir, il m’a dit de faire en sorte qu’Onèan se retrouve seul dans les couloirs ce soir, et sachant l’heure, je savais qu’il prendrait les couloirs qui sont désert à cette heure ci.
- Mais que veut-il faire à Onèan ?
Yurda secoua à nouveau Jokus.
- Le tuer, réussit à articuler le jeune homme au milieu de ses larmes.
L’écuyer lâcha alors lourdement le traître sur le sol et il courut chercher ses deux compagnons pour lui prêter main forte. L’écuyer sentait l’adrénaline monter en lui, il espérait qu’ils arriveraient à temps.
Onèan ne savait plus quoi faire, il avait réussi à éviter la plus part des attaques de ses agresseurs, mais il ne savait pas encore combien de temps il pourrait tenir. Le jeune homme ne pouvait pas appeler au secours, cela n’aurait servi à rien, personne ne l’aurait entendu dans cette partie de la forteresse.
Un des assaillants attaqua soudainement, Onèan plongea sur le sol, puis il effectua une roulade sur le sol évitant l’arme d’un deuxième. Il se releva d’un bond, écarta une autre épée avec sa dague, mais il sentit la morsure de l’acier sur sa cuisse gauche découverte. Le jeune homme poussa un cri étouffé et se plaqua à nouveau contre le mur en grimaçant, gardant ses assaillants bien en vue. Il se permit de regarder rapidement sa cuisse, une large plaie s’ouvrait d’où s’échappait déjà beaucoup de sang.
Les assassins se resserrèrent pour attaquer tous de front, maintenant que leur proie était blessée rien ne pourrait plus le sauver. Mais Onèan n’avait pas dit son dernier mot. Il serra les dents de rage et de douleur, puis il se redressa du mieux qu’il pu et fit face aux quatre guerrier en noir.
Soudain ses assaillants attaquèrent tous ensemble comme le jeune homme s’y attendait. Rassemblent toutes ses forces encore disponibles, il se campa sur ses jambes faisant mine de se préparer à la confrontation. Les yeux des assassins brillèrent, croyant que leur proie avait perdu espoir et qu’il affronter sa mort.
Alors que les épées n’étaient plus qu’à quelques centimètres de lui, Onèan se laissa tomber sur le sol et roula sur le sol. Il réussit à éviter les armes grâce à ce stratagème mais sa jambe lui faisait hurler de douleur. Il profita des quelques instants de désorientation de ses agresseurs pour reprendre son souffle. Il n’essaya pas de fuir, avec sa jambe blessée, il n’aurait pas été bien loin de toute manière.
Les hommes en noir se déployèrent à nouveau, cernant Onèan. Cette fois il ne pouvait plus s’enfuir ou esquiver, le jeune homme avala sa salive et serra plus fortement sa dague le regard un peu troublé par la douleur et l’épuisement. A nouveau les assassins se rapprochèrent, Onèan savait que seul un miracle pouvait encore le sauver.
Ils s’arrêtèrent alors, laissant Onèan surpris, il ne pouvait se défendre où esquiver et pourtant ils ne l’achevaient pas. Profitant de ce répit, le jeune homme les apostropha d’une voix forte pour pouvoir gagner un peu de temps.
- Qui êtes-vous ? Que me voulez vous ?
Les agresseurs ricanèrent, les voix étaient étouffés par les foulards qu’ils portaient sur la bouche, le jeune homme ne pouvait pas les reconnaitre.
- Je ne peux plus me défendre, je veux savoir qui veut ma mort.
Il y eut de nouveaux ricanements, mais l’un des assassins ouvrit tout de même sa cape pour dévoiler le blason qui était visible sur sa poitrine. Onèan se redressa en écarquillant les yeux de stupeur, c’était une serre d’aigle noir sur fond rouge.
- L’Inquisition ? Pourquoi suis-je traqué par vous ? Je suis membre de l’Ordre des Chevaliers Protecteurs, je sers l’Empereur et le Conglomérat avec ferveur.
- Tu es un impur, tu dois mourir pour la gloire de l’Empire.
Il avait obtenu enfin une réaction, il ne pouvait pas savoir qui était la personne mais au moins il avait une meilleure idée de ses agresseurs. Le jeune homme était la cible de l’Inquisition, mais pour quelle raison, son père ? Le livre qu’il possédait ? Une indiscrétion d’un de ses camarades ? Tout pouvait être possible avec l’Inquisition, il l’avait bien compris.
- Je ne vois pas de quoi vous m’accuser, répondit Onèan.
- Nous savons très bien qui tu es, et tu vas mourir.
Le ton de la voix était sans appel, l’écuyer était dans une situation désespérée, il n’avait plus aucun recours. Ses agresseurs tendirent alors leur épée vers lui pour le transpercer ensemble, le jeune homme avait récupéré un peu de force, mais c’était loin d’être assez pour les combattre tous ensemble. Il fixa ses assassins dans les yeux pour leur montrer qu’il n’éprouvait aucune crainte, le visage fermé.
Soudain, le claquement sourd de bottes se fit entendre, les assaillants interrompirent leur attaque, indécis. Surgissant l’épée au poing, Yurda apparut dans le couloir, suivi par Impa et Fared qui avait accepté de l’accompagner. Les assassins ne pouvaient se permettre de se lancer dans une bataille rangée, avec le bruit ils pourraient se faire prendre par les soldats de la forteresse. Ils choisirent alors de s’enfuir sans perdre de temps, en prenant l’autre direction.
Onèan poussa un soupir de soulagement et s’adossa au mur en baissant la tête. Les trois sauveurs s’arrêtèrent à sa hauteur, essoufflés d’avoir couru aussi longtemps pour arriver à temps.
- Tout va bien ? Fit Yurda.
Le jeune homme leva la tête et fit un vague sourire à ses trois sauveurs.
- Je pense que oui, j’ai l’impression que vous êtes arrivés juste à temps.
Onèan vacilla sur ses jambes, il avait perdu trop de sang et la tête lui tournait. Yurda le rattrapa avant qu’il ne s’écroule sur le sol en faisant attention à sa jambe blessée.
- Il faut le porter à l’infirmerie tout de suite, lança Fared.
- Et prévenir la garde de l’intrusion de ses assassins, renchérit Impa.
Yurda acquiesça de la tête.
- Toi et moi nous allons le porter à l’infirmerie, Fared va prévenir l’officier de garde, et fais attention qu’ils ne soient pas encore dans les environs.
- Il n’a rien à craindre, fit Onèan d’une voix lasse, c’est moi qu’ils veulent.
- Arrête de parler et économise tes forces, répondit Yurda, nous ne sommes pas arrivée à l’infirmerie tout de suite.
Ils se mirent tous en route vers leur destination respective. Yurda réfléchissait tout en portant Onèan, il avait déjà entendu parler de groupe d’assassins employés par des nobles pour gagner une place dans la hiérarchie. Mais alors pour quoi aurait il visé un simple écuyer et non un officier ?
Des événements étranges se déroulaient entre ses murs depuis quelques temps. Yurda se demanda si la venue de leur camarade avait quelque chose à voir avec tout cela. Mais l’écuyer ne se faisait pas trop de mourrons, il savait très bien où trouver les informations, le traître parlerait et il saurait le fin mot de cette histoire.
Quelques parts dans une autre partie de la forteresse, Jokus sentait la peur lui déchirer les entrailles. Il se tenait le ventre à deux mains en grimaçant et priait les Dieux pour que tout se passe comme il avait été convenu. Jokus savait qu’en parlant il avait trahi son maître, mais Yurda devait sûrement être arrivé trop tard.
Le jeune homme avait quitté la partie allouée aux écuyers pour se rendre à son lieu de rendez vous habituel avec le seigneur noir. Bien qu’il était mort de peur de se promener seul dans cette partie froide et déserte du château, il n’avait pas le choix. Il aurait tant voulu se blottir dans son lit en s’enfouissant la tête sous son oreiller et surtout pas se trouver là.
Des bruits de pas non loin de lui, Jokus sursauta, la peur plus que jamais vissé dans les entrailles. Son cœur battait la chamade et ses genoux se mirent à trembler, personne ne pouvait le trouver ici. Surgissant alors de l’ombre, la forme noire de Duncan se découpa dans la lumière de la lune que diffusait une petite lucarne sur le mur. Le visage du jeune homme se contracta, ses maux de ventre empirèrent.
- Il est mort, fit Jokus sur un ton prudent.
Duncan ne répondit pas immédiatement, il s’approcha de l’écuyer qui recula malgré lui, le regard fixé sur le visage inexpressif du membre de l’Inquisition. Quand il ne fut plus qu’à quelques mètres, Duncan sourit à Jokus coincé contre un mur.
- Terrenoir n’est pas mort, nous avons du fuir face à des écuyers venu le sauver.
Jokus déglutit avec peine.
- Je trouve étrange qu’il est pu nous trouver là par hasard, quelqu’un a du leur dire.
Le jeune homme tremblait.
- Et, continua Duncan, Maître Cerissac en est venu aux mêmes conclusions que moi, il y a un traître dans nos rangs, et se ne peut être que toi.
Le visage de l’écuyer de changea en un masque de terreur pure.
- Non pitié, il m’a forcé, je n’ai rien pu faire, il était trop fort.
Jokus tomba à genou devant Duncan.
- Pitié laissé moi une chance supplémentaire, je vous offrirais la tête de Terrenoir.
Le membre de l’Inquisition le regarda avec dégoût et il plongea son épée dans le corps de l’écuyer. Jokus poussa un gargouillis d’agonie et cracha du sang, ses mains tremblaient.
- L’Inquisition ne s’embarrasse pas des faibles et des traîtres.
Duncan retira son arme d’un coup sec, le corps s’écroula sur le sol, se vidant de son sang sur la pierre. Il essuya le plat de sa lame sur les vêtements du cadavre et s’enfonça dans les ombres sans un regard en arrière.
Onèan s’éveilla en clignant des yeux sous la lumière vive du soleil. Il était allongé sur un lit. Il voulut bouger, quand il sentit une vive douleur qui lui rappela les événements de la soirée, l’attaque dans le couloir. Le jeune homme tourna la tête et compris qu’il avait été emmené dans l’infirmerie du bastion. Sir Nartero apparut à son chevet.
- Tu es réveillé, enfin !
Le chevalier sourit.
- Tu as vraiment de la chance tu sais, si ces écuyers n’étaient pas arrivés à temps, tu serais mort à l’heure qu’il est.
Onèan acquiesça en silence.
- Il y a eu aussi un autre incident cette nuit, renchérit Sir Nartero plus sombre, l’écuyer Di Gardius a été retrouvé assassiné dans une aile de la forteresse, sûrement par les même assassins que tu as combattu, mais je me demande bien pourquoi. Je sens que tu as être à cet endroit au mauvais moment.
Alors que le chevalier continuait à réfléchir à haute voix, Onèan lui avait de sombres pensées. L’Inquisition était la seule responsable de son attaque, et Jokus devait être leur espion au sein des écuyers pour le surveiller et le piéger.
Mais étrangement le nom de Keridan de Cerissac se présenta à son esprit, il connaissait la haine que le jeune noble éprouvait à son égard. Pourrait-il être l’instigateur de cette tentative d’assassinat ? Il faisait même peut être parti du commando venu exécuter l’écuyer dans ce couloir désert de la forteresse.
Un frisson d’angoisse lui parcourut le corps, ils n’avaient pas hésité à tuer l’un de leur allié parce qu’il avait failli à sa tache. Si Keridan était bien derrière cette attaque et qu’il faisait maintenant partie de l’Inquisition, une chose était sûre, il allait devoir combattre un monstre.
Au même moment, à l’intérieur du château siège de l’Inquisition à Paragahi, Keridan fulminait. Il n’avait pas dormi de la nuit pour préparer cette embuscade et tout s’était passé de travers. Sa seule satisfaction était qu’il avait démasqué un traître parmi eux, ce petit écuyer n’était pas fiable, il était content de s’en être débarrassé.
- J’en rage, cria à nouveau Keridan.
Duncan et Pearce préféraient se taire, ils savaient très bien que leur maître avait besoin de se calmer par lui-même. Le jeune noble posa les mains sur son bureau et frappa plusieurs fois du poing sur le bois en criant des insultes sur son ennemi juré.
Soudain un parchemin retint son attention et il se mit à lire rapidement. Un sourire apparut sur ses lèvres, son expression devint presque démoniaque.
- Le destin m’offre une nouvelle chance.
- Et qu’elle est elle ? demanda prudemment Duncan.
Keridan brandit fièrement le parchemin.
- Une expédition va être organisée dans la forêt de Veraï, voilà une bonne occasion pour le faire disparaître, cette forêt est tellement dangereuse pour un pauvre écuyer inexpérimenté.
Le jeune noble éclata de rire.
- Il est normal que le fils finisse comme le père.
Keridan éclata de rire, les yeux brillants de haine et de démence.
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Les semaines étaient passés si rapidement que Lynaïs fut complètement prise au dépourvu quand le professeur Hera Boutlef annonça le début de l’examen final. Elle partageait ses journées entre le campement des élèves de l’Académie et ses heures d’entraînement spéciaux avec Maître Guyt’Ji.
Après la vision du malheur et de la noirceur dont était capable l’Inquisition, la jeune fille s’était plongé totalement dans la maîtrise de la magie. Elle voulait changer la face du Conglomérat et Combattre ceux qui faisaient tant de mal. L’elfe avait bien vu le changement d’attitude de sa jeune élève, il l’avait freiné pour éviter qu’elle ne se blesse en voulant trop bien faire.
Mais en ce jour d’examen, Lynaïs avait une nouvelle préoccupation. Avec la toute dernière épreuve, elle serait considérée comme maître archer de premier rang et devrait prendre ses fonctions dans une caserne. Mais après ce qu’elle avait vécu, ce qu’elle avait appris, l’archère se voyait mal revenir à une vie normale.
Malgré tout, la jeune fille passa les épreuves comme ses camarades pour obtenir son diplôme. Elle n’était pas appréciée par de nombreux élèves de la promotion, ils lui reprochaient les avantages qu’elle tirait de ses cours particuliers avec le maître archer. Bien qu’eux même bénéficiait également du soutien des autres elfes, les élèves archers faisaient tout pour lui mener la vie dure.
Quand elle retournait tous les jours pour dormir au campement de l’Académie, peu de personne lui adressait la parole. Le professeur Boutlef venait la voir pour en apprendre plus sur ses entraînements secrets, Lynaïs lui répondait en omettant au passage tout ce qui avait attrait à la magie comme son maître lui avait dit.
Les soirées étaient devenues bien longues pour la jeune fille, elle restait le plus souvent seul à écrire ou à relire ses cours. Quelques étudiants venaient tout de même lui parler, mais ils voulaient surtout savoir ce qu’elle faisait dans les bois seul avec l’elfe. Des rumeurs naquirent sur le paiement en nature de ses largesses, elle préféra ne pas répondre et se murer dans son silence.
L’examen de fin d’étude de la promotion des Maîtres Archers se déroulait en plusieurs étapes, le tir à l’arc, la connaissance des signaux militaires et des codes et enfin une course dans les bois. La dernière épreuve était la plus difficile, elle était éliminatoire en cas d’échec. Les maîtres archers étaient les éclaireurs de l’armée mais aussi les messagers, ils devaient être capable de se déplacer rapidement, silencieusement et en connaissant le terrain parfaitement.
Lynaïs passa les deux premières étapes haut la main, elle fut classée parmi les premier au tir, les codes lui donnèrent plus de fil à retordre. La course d’orientation se déroula en toute fin d’après midi, elle devait se poursuivre dans la nuit. Les élèves devaient traverser une zone des bois qu’ils avaient maintes fois traversés, mais alors que le soleil était couché, tous les repères changeaient.
La jeune fille savait qu’elle n’aurait aucun soutien des autres élèves, elle ne s’attendait pas de toute façon à en recevoir. La course d’orientation se passait seul, elle se garda bien de démarrer trop vite, elle voulait conserver son souffle. Elle faisait bien, des points de passage avaient été mis en place, et il fallait absolument pointer la position auprès d’examinateurs.
Avec agilité et rapidité, Lynaïs dépassa plusieurs des ses camarades, certains la remarquèrent, d’autres non. Elle se classa dans les tous premiers, comme son professeur et son maître s’y attendaient tous les deux.
Le lendemain, le professeur Hera Boutlef effectua la remise de diplôme, il les félicita les uns après les autres. Il sourit tout particulièrement à la jeune fille, c’était la première fois qu’il avait une élève aussi douée. Lynaïs était affichée aussi une grande joie, mais elle se sentait mal à l’aise, elle allait bientôt devoir quitter la forêt.
- Pourquoi as-tu l’air aussi triste ? Intervint Maître Guyt’Ji.
L’archère sursauta, elle ne l’avait pas entendu approcher. Elle murmura à voix basse pour ne pas être entendu des autres personnes présentes dans le campement.
- Je vais devoir quitter la forêt pour rejoindre ma nouvelle affectation.
- Ah je vois, répondit le maître archer.
Il afficha alors un étrange sourire.
- Et si tu avais la possibilité de rester ici, serais tu prête à le faire ?
La question prit au dépourvu la jeune fille, elle eut du mal à répondre au départ, cherchant ses mots. Puis après quelques instants pour se remettre de la surprise, elle reprit la parole avec les yeux fixés sur l’elfe.
- Je serais heureuse de pouvoir rester, je commence tout juste à contrôler ma magie, j’ai tant à apprendre, hier encore j’ai presque réussi à créer un éclat de lumière sur ma flèche.
Maître Guyt’Ji hocha la tête.
- Je voulais attendre demain pour te le dire, mais je me suis arrangé avec Hera, tu vas pouvoir rester ici.
- Mais comment ?
- Je lui ai demandé de faire en sorte que tu sois déjà prise par une forteresse quelque part, il me devait un service.
- Je … Je vais pouvoir rester dans la forêt pour apprendre votre art.
L’elfe hocha la tête de nouveau, restant calme et posé comme à son habitude. Lynaïs sentit son cœur battre dans sa poitrine, elle avait oublié sa tristesse d’avant pour laisser place à une profonde joie.
Quelques jours plus tard, le campement de l’Académie au creux des bois redevint silencieux. Les maîtres archers de premier rang et leurs professeurs quittèrent l’endroit, ils avaient hâte de retrouver leur famille pour les quelques jours de permission pour montrer leur nouvel insigne.
Les elfes qui avaient participé aux entraînements les saluèrent, Lynaïs se tenait au coté de Maître Guyt’Ji, elle regardait ses anciens camarades partir, elle ne ressentait pas de tristesse. Au contraire elle était particulièrement excitée, elle allait pouvoir se lancer de toutes ses forces dans l’apprentissage de la magie.
Le maître archer se tourna vers son élève.
- Tu n’as pas de regrets ?
- Non aucun, je veux apprendre à maitriser la magie.
L’elfe se redressa, l’un des instructeurs avec lui l’interpela alors.
- Les anciens ne vont pas être content de savoir qu’une humaine du Conglomérat va rester dans l’un de nos villages sylvestres.
- Je m’arrangerais avec eux, j’ai déjà parlé à l’un d’entre eux, j’ai pu le convaincre d’accepter.
- La réponse d’un seul d’entre eux ne suffira pas.
- Je m’en occuperais plus tard.
La jeune fille le regarda.
- Il y a un problème ?
- Rien ne t’en fait pas, suis moi, je t’emmène vers Kelen’Hardel.
- C’est le lieu où vous habitez ?
- Oui, c’est là que je possède mon école.
Ils se mirent dans la forêt, formant une file indienne, Lynaïs se sentait bruyante et pataude en comparaison des elfes. Ils n’étaient que grâce et agilité, évitant les branches mortes au sol, ne laissant aucune trace de leur passage. Les animaux de la forêt étaient invisibles, mais la jeune fille aurait juré que des biches marchaient à coté d’elle sans éprouver de peur.
Une petite heure de marche plus tard, le bruit d’un ruisseau vint rompre le silence des bois. Le village n’était plus très loin, les sentiers étaient visiblement plus fréquentés, le nombre de passage ne pouvait pas passer inaperçu.
Maître Guyt’Ji s’arrêta alors et il regarda son élève qui s’était arrêté derrière lui.
- Derrière cette rangée d’arbres se trouve le village de Kelen’Hardel, je te laisse découvrir par toi-même à quoi il ressemble.
La jeune fille hésita quelques instants en regardant l’écran du feuillage.
- N’es pas peur, tu peux avancer.
Lynaïs prit une profonde inspiration, et elle marcha droit devant elle, les bras en avant, elle écarta les branchages pour découvrir ce qui se cachait derrière.
Des grands chênes plusieurs fois centenaire apparurent à ses yeux, elle se demandait même comment elle n’avait pas pu les voir avant. Le long de leur tronc, dans leurs branchages, des structures faites de bois étaient accrochées, comme suspendues dans les airs. Ils paraissaient presque impossible que des maisons puissent tenir ainsi, et pourtant la jeune fille avait sous les yeux le village de Kelen’Hardel.
Lynaïs aperçut des passerelles de cordes et de bois qui reliaient les arbres entre eux formant une immense toile d’araignée. Elle voyait des elfes marcher tranquillement sur les ponts de lianes, discutant ou vaquant à leurs occupations journalières. Des maisons étaient construites au sol également, ces échoppes de marchands pour la plupart, une ambiance apaisante régnait sur cette bourgade.
La jeune fille écarquillait les yeux en découvrant le tableau qui se déroulait devant ses yeux. Elle n’aurait jamais cru pouvoir un jour voir par elle-même un village sylvestre, la vie lui réservait tant de surprise. Maître Guyt’Ji se rangea à ses cotés en gardant le silence, il observa la réaction de son élèves amusé.
- Alors comment trouves tu Kelen’Hardel ?
- C’est magnifique, je ne pensais pas que les maisons pouvaient être perchées si haut dans les arbres, c’est presque inimaginable.
L’elfe fit un léger sourire.
- Nous sommes en harmonie avec la forêt depuis tant de siècle que nous avons appris à faire corps avec elle. Nos maisons s’intègrent avec les arbres sans les abimer, en les respectant le plus possible.
- J’aimerais que mes amis puissent voir cela un jour.
- Ta présence est déjà exceptionnelle, alors j’imagine mal une troupe d’humains t’accompagner.
Lynaïs devait bien en convenir, elle avait compris que son maître avait très fortement appuyé pour qu’elle soit admise.
- Où vais-je loger ?
- J’ai trouvé une famille qui veut bien t’offrir le gite et le couvert, je dois dire que cela m’arrange un peu parce que c’est là que se trouvent mes deux autres élèves.
- Vous avez d’autres élèves archers ?
Maître Guyt’Ji opina de la tête.
- Croyais tu que tu étais la seule à avoir ce don ?
Elle baissa la tête en rougissant légèrement, sa question était un peu idiote, un professeur n’avait pas qu’un élève.
- J’aurais du réfléchir un peu avant de parler.
- Allons, répondit Maître Guyt’Ji, tu ne pouvais pas le savoir. Je vais t’emmener chez eux pour que tu puisses te présenter, et après nous pourrons-nous consacrer à l’entrainement. Avec ces deux compagnons supplémentaires, tu feras obligatoirement des progrès plus rapides.
Lynaïs hocha la tête, elle reprit son sac qu’elle avait posé à terre en arrivant, puis elle le suivit en silence. Les habitants du village se retournaient sur son passage, ils affichaient une grande surprise. La nouvelle de la venue d’une humaine du Conglomérat n’était pas encore connue, mais elle serait bientôt sur toutes les lèvres.
Un peu perdue, la jeune fille ne quittait pas son maître d’une semelle, elle ne voulait pas se retrouver seule au milieu du village. Elle allait devoir s’habituer à vivre au milieu de personnes qu’elle ne connaissait pas, avec des coutumes et des mœurs bien différentes des siens. Il faudrait peut être du temps pour qu’elle soit bien acceptée parmi eux alors que l’ombre de l’Inquisition laissait un goût amer aux habitants des bois.
Intérieurement elle espérait également être bien reçue par les autres élèves du maître, cela ne pouvait pas être pire que ce qu’elle avait vécu ces dernières semaines avec ses anciens camarades. Lynaïs essayait de se donner du courage en pensant à sa formation, elle était là pour maitriser sa magie et elle se jurait d’y parvenir.
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