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Jeudi 31 mai 2012, 10:15


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 21 - Destin.

Bonjour lecteurs ^^

Comment allez vous ? Voici la suite des aventures de chevalier, nous allons poursuivre avec Onèan et Lynaïs.
Pour notre jeune écuyer, il vient d'échapper de peu à un assassinat, il se remet de ses blessures mais il reste sur ses gardes. Pourtant, le destin va venir frapper à sa porte.
Nous allons ensuite suivre la vie de Lynaïs au milieu des elfes, découvrir le village et les aspects de ce peuple méconnu.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 21
Destin


L’assassinat d’un écuyer dans la forteresse donna lieu à un renforcement presque immédiat de toutes les sentinelles et des patrouilles. Une enquête fut réalisée à la demande des responsables de l’Ordre de la chevalerie. Les écuyers furent tous auditionnés et questionnés, Onèan en premier lieu pour connaitre la raison de cette attaque.
Après quelques jours de recherche, les conclusions de l’enquête furent connues. Il en ressortit que l’écuyer assassiné menait une existence double, faisant un peu de contrebandes et d’échanges d’information. Onèan s’était trouvé sur le chemin des assassins et il avait bien failli être éliminé pour éviter de laisser un témoin.
Bien sûr, le jeune homme ne parla de l’appartenance des hommes à l’Inquisition, ni même de ses propres soupçons. Il allait maintenant redoubler de prudence en choisissant bien les personnes qui l’approcheraient pour parler. Il savait bien qu’il allait surement être mal vu en repoussant certaine personne, mais il ne se ferait pas prendre deux fois au même piège.

Onèan s’était remis assez rapidement de sa blessure. Les soins apportés par les médecins avaient été d’une grande efficacité, et le jeune homme ne ressentait qu’une légère gêne quand il marchait. La douleur disparaîtrait avec le temps, il avait juste besoin d’un peu d’exercice.
Cette tentative d’assassinat avait permis à l’écuyer de se lier d’amitié avec Yurda et ses deux camarades. Les débuts entre eux avaient été difficiles, il était un noble bien différent du monde d’où ils venaient tous les trois. Mais Les trois écuyers n’avaient pas hésité à venir à son secours pour éviter le pire.
Sans l’intervention de Yurda et de ses amis, Onèan serait sûrement mort dans ce couloir désert, aussi seul qu’avait du être l’infortuné Jokus. Les jeunes gens ne se faisaient pas d’illusion sur ce qui lui était arrivé, les assassins l’avaient tué pour qu’il ne parle pas d’eux.
Ce matin pourtant, autre chose retenait l’attention des écuyers, l’ambiance dans la citadelle était lourde. De nombreux messagers faisaient des allers et retours entre les différents centres de commandement. Quelque chose se préparait, c’était certain, les gardes près des grandes salles de réception étaient nerveux.
- Je voudrais bien savoir ce qui se passe, fit Yurda.
Il croisa les bras sur sa poitrine, signe d’un profond énervement chez lui.
- Tu n’es pas le seul je t’assure, renchérit Onèan, Sir Nartero est parti en coup de vent peu après avoir reçu une convocation de la part du Commandant De Partdois, il n’a pas voulu me dire pourquoi.
- Toi aussi, lança Impa, mon tuteur a agi de la même manière, j’ai préféré ne pas l’ennuyer avec mes questions.
Les écuyers trépignaient sur place, ils n’avaient pas reçu d’ordre, et apparemment la plupart des autres également. Enfin après une attente qui parut durer une éternité, les chevaliers revinrent, certains la mine sombre, d’autres brillantes. Sir Nartero vint chercher Onèan.
- Suis-moi, nous devons nous rendre dans le Hall de la Lumière.
Onèan fut surpris, cette pièce n’était utilisée que pour les grandes occasions. Chaque citadelle de l’ordre se devait d’avoir cette pièce, là se passait la remise des médailles, les promotions et les grandes fêtes de la Chevalerie. Il n’y avait pas de dimensions particulières, elle devait avant tout montrer la puissance et pousser au respect.
Le Hall de la Lumière de la forteresse de Paragahi était l’exemple même de la force et de la puissance que la Chevalerie voulait imposer. Très haute de plafond, la voûte n’était qu’une longue suite de courbes artistiques et de sculptures fines. D’immenses vitraux laissaient la pièce inondée par les rayons du soleil, ils représentaient de grands chevaliers, héros de guerres anciennes.
Onèan se sentit comme écrasé en entrant dans le Hall de la Lumière, il avait toujours cette impression de force et de grandeur quand il pénétrait dans cette pièce. De grands piliers soutenaient le plafond, des tentures aux armes de la Chevalerie étaient disposées tout autour. Un tapis de velours rouge sang menait à un autel où un grand trône en marbre était posé, la place de l’Empereur quand il venait à Paragahi. Un siège de moindre importance se tenait à sa droite, l’endroit où s’asseyait le Comandant des Chevaliers.

Sir De Partdois était sur l’estrade, il était bien droit, dans la position toute en rigueur que les chevaliers de l’Ordre de la Lumière se devait d’adopter. Mais il n’était pas seul, à ses cotés se tenait un autre homme, habillé de vêtements noir en soie et en velours. Il avait un port de prince, et il scrutait la salle avec un mépris non dissimulé, s’arrêtant de temps en temps sur une personne pour la détailler longuement.
Le regard du jeune homme était fixé sur le pendentif que le personnage avait mis bien en évidence sur sa poitrine. Il représentait un emblème, une serre d’aigle noire sur un fond rouge. Onèan sentit son cœur battre la chamade, il avala difficilement sa salive.
- L’Inquisition, marmonna le jeune homme.
Il avait soudain la bouche sèche, sa respiration lui était difficile.
- Je vois que tu connais ces oiseaux de mauvais augures, fit Sir Nartero intrigué.
- Même à Winrya, dans mon village éloigné, elle est connue, répondit Onèan, là bas aussi il ne fait pas bon prononcer leur nom à voix haute.
- Ne t’inquiète pas, il n’est pas là pour nous faire des reproches, une grande nouvelle va être annoncée.
- Mais pourquoi seulement nous, je ne vois qu’une trentaine de chevaliers et quelques écuyers ici.
- Attend un peu et tais toi, tu vas tout comprendre
Onèan devint silencieux et attendit la suite. Les derniers chevaliers entrèrent enfin, et les portes furent refermées derrière eux. Le jeune écuyer remarqua alors d’autres silhouettes sombres non loin de l’estrade, une demi-douzaine, il lui sembla que l’une d’entre elle le regardait avec insistance. Il tourna la tête vers eux, et essaya de discerner leur visage, mais les hommes de l’Inquisition avait pris loin de baisser au maximum leur capuche pour ne pas être reconnu.
L’homme en noir sur l’estrade avança d’un pas et frappa dans ses mains pour avoir l’attention de toute l’assemblée. Onèan se fixa alors sur l’étrange personnage, oubliant les autres personnes, il allait enfin savoir à quoi tout cela rimait.
- Bonjour à vous membres de l’Ordre de la Lumière, pour ceux qui ne me connaissent encore, je me nomme Aménor de Lancaster, le Grand Inquisiteur générale en charge de Paragahi et de sa région.
L’homme avait appuyé le nom de sa charge, il marque une pause dans son discours avant de reprendre la parole d’une voix forte qui résonnait dans la salle grandiose.
- Chevalier, vous êtes le bras armé de notre bienfaiteur, la Lumière Divine, elle nous guide dans chacun de nos pas.
Le grand Inquisiteur leva les bras vers la lumière, comme un fanatique.
- Aujourd’hui, la Lumière Divine a décidé de montrer à tous, la puissance de son pouvoir et de tout le Conglomérat. Et c’est vous qu’il a choisi pour accomplir son destin.
Onèan avait du mal à comprendre, cet homme était un vrai fanatique, que voulait-il dire par là ? Sir Nartero ne desserrait pas les dents, le visage impassible, lui si loquace d’habitude, il était réduit au silence, à écouter.
- Oui, c’est avec vous que notre grand bienfaiteur va montrer la force de notre Empire.
Il pointa son doigt vers l’Ouest.
- Dans une semaine, une croisade contre les habitants de la forêt maudite partira pour châtier les impies, Vous serez les rédempteurs qui amèneront la paix du Conglomérat sur ses terres d’ignorant.
Onèan sentit son cœur s’arrêter dans sa poitrine. Il n’entendit même plus le grand discours plein de haine de l’Inquisiteur. Il allait faire parti d’une expédition qui s’enfoncerait dans la forêt de Veraï, là où son père avait disparu sans laisser de trace. L’endroit qu’il redoutait le plus au monde, et pourtant qui l’attirait comme un aimant.
La forêt de Veraï, le nom même semblait l’appeler. Son père y était parti de lui-même pour découvrir le secret de la magie des anciens, une quête qui lui tenait à cœur, mais dont il n’avait jamais parlé à sa famille. Et pourtant il était jamais revenu, la mort l’avait frappé, attaqué par les ennemis du Conglomérat, les sauvages de la forêt.
Onèan sentit soudain une pression sur son épaule qui le fit revenir au monde du présent.
- Viens Onèan, nous n’avons plus rien à faire ici, fit Sir Nartero sur un ton désolé.
- Oui, répondit seulement le jeune homme, l’esprit encore embrouillé.


Parmi les silhouettes sombres prés de l’estrade, l’une d’elle fixait avec attention Onèan qui quittait la salle avec les autres participants de la cérémonie. Keridan ne pouvait s’empêcher de sourire en voyant son ennemi entrer, et avait bien failli pousser un cri de triomphe en observant la mine déconfite de celui-ci quand il avait découvert la vérité.
Il avait réussi sans trop de mal grâce aux relations de son père à faire inscrire Onèan dans la liste des personnes qui prendraient part à l’expédition dans la forêt.
- Maître de Cerissac, fit Duncan avec une voix étouffée, vous avez remporté une grande victoire sur Terrenoir.
- Tout à fait mon ami, son visage livide a été une véritable bénédiction à mon esprit.
Le jeune noble gardait un sourire plaqué sur ses lèvres.
- Que faisons nous maintenant Seigneur ?
- Nous allons attendre patiemment d’être dans la forêt, et là nous en profiterons pour faire disparaître à jamais ce nobliau hors d’état de nuire. Je me ferais un plaisir de lui planter mon épée au plus profond de ses entrailles.
Keridan avait les yeux lumineux d’un dément, ses mains tremblaient presque.
- Et une fois cela fait, je me ferais un plaisir de donner une bonne leçon à tous ses amis, pour leur faire comprendre qui je suis.
Il baissa alors la voix, et prenant un ton noir à glacer le sang, il reprit.
- Je leur apprendrais qu’il ne faut jamais se moquer de moi jamais, je les ferais souffrir le plus possible pour mon plus grand amusement.
Le jeune noble dévoila une rangée de dents blanches de prédateur.


Onèan suivait en silence Sir Nartero, il était encore abasourdi par l’annonce de cette expédition, et surtout sur le fait qu’il en ferait parti. Le jeune homme savait très bien qu’un jour il serait entré dans cette forêt pour découvrir la vérité sur la mort de son père. Mais il n’imaginait pas que ce moment puisse arriver aussi vite.
L’écuyer finit par se reprendre, cela ne servait à rien qu’il se morfonde ainsi. Il se tourna vers son tuteur tout en continuant de marcher.
- Cette expédition me parait bien soudaine, vous ne pensez pas ?
- Si je dois le reconnaitre également, j’ai été pris au dépourvu, d’habitude je sais tout ce qui se passe dans la forteresse, mais là je n’ai absolument rien su.
Sir Nartero tourna vers lui un regard triste.
- Je suis désolé, j’aurais préféré que tu n’y ailles pas, je ne te trouve pas prêt pour aller là bas, et en plus ton père …
- Je sais, fit le jeune homme en baissant la tête.
Il la releva quelques instants après.
- Cela ne changera rien de s’apitoyer sur mon sort, j’ai choisi la voie de la Chevalerie, et ce n’est pas pour me tourner les pouces. Mon père n’aurait pas voulu que je me laisse aller à la tristesse parce que je vais faire mon devoir de Chevalier.
Sir Nartero retrouva son sourire.
- Tu as tout à fait raison, décidément tu ressembles de plus en plus à ton père tu sais.
- Pourquoi ?
- Il était tout à fait du genre à sortir de grandes et belles phrases comme celle-ci pour épater la galerie.
Ils se mirent à rire, complètement détendu.
- Mais J’ai tout de même un seul et unique problème, reprit Onèan.
- Tiens donc, et lequel ?
L’écuyer soupira.
- Comment vais-je annoncer à ma mère dans une lettre que je pars en expédition dans la forêt de Veraï ?
Le chevalier hocha la tête.
- Je pense que tu devras le dire avec beaucoup de diplomatie et de douceur.
- En plus même si j’écris ma lettre ce soir, je ne suis pas sûr qu’elle l'a reçoive avant que je sois parti.
- Ne t’inquiète pas pour ça, écris la ce soir, et je te promets qu’elle l’aura dans deux jours dans ses mains.
- Vous pourriez faire ça ?
- Bien sûr que je le peux, je connais quelques moyens pour acheminer le courrier très rapidement, c’est assez pratique.
- Merci beaucoup Sir Nartero.
- Combien vais-je devoir te le répéter ! Appelle-moi Edwin.
- Très bien Sir Edwin.
Le chevalier se mit à rire de bon cœur et entraîna son écuyer dans les couloirs. Onèan le suivit en silence, malgré ce que lui avait dit son tuteur, il ne voyait vraiment comment il allait annoncer ça à sa mère. Elle allait très mal le prendre, il en était assuré.


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Lynaïs marchait lentement dans les bois, elle écoutait les sons qui provenaient de tout autour d’elle. Les oiseaux lançaient leurs trilles, signalant sa présence, toute la zone alentours savait maintenant qu’elle était là.
La jeune fille s’habituait à son environnement qui était le sien pour cette période de sa vie. La forêt des elfes étaient depuis quelques semaines sa maison, elle apprenait à se diriger sur les sentiers parfois presque invisibles aux yeux des non initiés. Elle croisait parfois des elfes dans les bois durant ses déplacements, elle les saluait avec beaucoup de déférence.
Sa présence dans le village de Kelen’Hardel était connue de tous les habitants, et même au-delà. Maître Guyt’Ji avait eu quelques problèmes avec les dirigeants de la bourgade mais aussi avec les autres dirigeants des villages alentours. Mais grâce à sa notoriété et à ses connaissances, l’instructeur avait pu faire accepter l’humaine.
Lynaïs s’était donc installé chez une famille de Kelen’Hardel qui avait bien voulu l’abriter le temps qu’elle soit parmi eux. Elle qui n’était pas timide habituellement, la jeune fille eut beaucoup de mal à parler au départ. Elle était si loin des siens et de son monde, elle avait besoin de tout réapprendre au milieu d’une population hostile à ceux du Conglomérat.
Le village arboricole était à la fois dans les arbres qu’à leur pied, par chance, celle qui abritait l’archère se trouvait au niveau du sol. L’habitation possédait un étage pour les chambres, au rez-de-chaussée se trouvait une grande pièce qui servait à toute la famille.
Les hôtes de la jeune fille s’appelaient Emolio et Lunia Bandaka, ils étaient tous les deux membres des gardes qui protégeaient les bois. Ils avaient accueilli leur invité avec beaucoup de courtoisie malgré sa race, d’une grande gentillesse ils avaient su voir au de là de leurs différences.

Mais si Maître Guyt’Ji l’avait fait venir ici, il y avait surtout un grand avantage pour lui, ses deux autres élèves habitaient ici aussi. Les Bandaka avaient trois enfants, le plus grand Huan avait déjà une famille, la deuxième Tafie vivait encore avec eux, elle aspirait à devenir une musicienne et elle était encore sous les ordres d’un maître.
Deux autres elfes étaient encore présents, le premier était le dernier enfant des Bandaka, Karez. Le jeune elfe était l’élève du maître depuis quelques années, son don était apparut aux yeux de son professeurs lors d’un concours de tir à l’arc. Il était grand, très fin, presque maigre, il n’avait pas une carrure exceptionnel mais il palliait ce problème avec une grande agilité. Le visage long avec les joues creuses, sa peau était blanche, les cheveux bruns très foncés gardés toujours très courts. Il possédait des yeux marron en amande du à son ascendance elfique.
D’un caractère maussade, Karez n’était pas particulièrement d’une bonne compagnie. Il détestait les humains, et Lynaïs en faisait bien souvent les frais. Le jeune homme ne cachait pas son animosité, mais il restait tout de même correct mais ne cherchant pas à se rapprocher d’elle.
La deuxième personne était une jeune fille qui s’appelait Elifain Nilyre. Elle n’avait aucun lien avec les Bandaka, elle était orpheline depuis qu’elle était toute petite, n’ayant que très peu de souvenir de ses vrais parents. Malgré tout, l’elfe gardait un sourire perpétuel sur les lèvres, une joie de vivre sans fin qui était très communicative.
Elle était particulièrement belle, de taille moyenne pour une jeune demoiselle, elle était menue mais elle possédait des courbes harmonieuses. Son visage était d’une grande finesse avec une peau très pâle, presque translucide. Sa chevelure d’un blond vénitien cascadait dans son dos faisant l’admiration de tous les habitants de Kelen’Hardel. Elle avait des yeux bleus ciel en amande qu’elle tenait de sa mère.
Contrairement à son amie, Elifain s’était tout de suite attaché à cette invitée spéciale, elle voulait tout savoir du monde des humains. Elle avait une curiosité insatiable, l’elfe aimait passer les soirées à écouter les récits de sa nouvelle amie. Les deux jeunes filles partageaient la même chambre, Lynaïs avait pu ainsi mieux s’intégrer et comprendre comment fonctionner le village.

Perdue dans ses pensées, la jeune humaine n’entendit pas le bruissement des branches basses. Une flèche blonde percuta Lynaïs pour la faire tomber dans les buissons tout proche. Un éclat de rire cristallin suivit l’attaque que venait d’essuyer l’archère.
- Je t’ai eu ! Lança Elifain.
La jeune elfe souriait largement, affalée sur sa camarade.
- Je ne t’ai même pas entendu approcher, répondit l’humaine en soupirant.
- Je suis la meilleure.
Son amie n’ayant pas l’air de vouloir bouger, Lynaïs finit par le lui rappeler.
- Elifain, tu pourrais te relever que nous ne soyons pas en retard pour l’entraînement.
- Oh, oui !
Elle se releva enfin, permettant à l’archère de se remettre sur ses pieds en sortant des buissons. De la main, elle enleva les feuilles et la poussière qui la recouvraient, elle vérifia que son arc et ses flèches n’avaient rien. Elifain enleva une brindille qui restait dans les cheveux de son amie en souriant.
- Tu aimes tant cette forêt qu’il faut que tu t’en mettes partout sur toi, c’est vraiment incroyable.
- A qui la faute ?
L’elfe se remit à rire sans retenue, sa fraicheur et sa gaité étaient un soleil qui réchauffait les cœurs les plus glacées. Lynaïs finit par sourire à son tour, elle ne pouvait pas résister à la bonne humeur communicative de sa camarade.

Elles se mirent en route ensemble pour se rendre sur le terrain d’entraînement spécial présenté par Maître Guyt’Ji. Il s’agissait en fait que d’une simple falaise de rocher, l’une des rares qui puissent exister dans cette forêt. Cet endroit était désert, personne ne venant prés d’ici, il n’y avait donc aucun risque de blesser quelqu’un.
Les archers mages pouvaient créer des projectiles d’énergie sur leurs arc, une puissance qu’ils venaient chercher en eux et en ce qui les entourait. Mais au stade de leur apprentissage, les élèves étaient encore bien trop maladroits pour contrôler la force qui se trouvait entre leur main. Ainsi, les flèches pouvaient aussi bien se disperser peu à peu dans l’air pour ne devenir que de simples étincelles. Mais elles étaient parfois aussi puissante qu’un éclair dans le ciel et abattre plusieurs arbres d’un seul coup.
L’elfe avait choisi ce lieu pour apprendre à ces disciples à contrôler leur force, à comprendre comme elle fonctionnait et comme la maîtriser. Le temps pouvait être long entre les premiers échecs et les flèches parfaites. Mais il y avait des risques, user trop de la magie épuisait rapidement les non initiés. Ces séances ne duraient donc que quelques heures par jour pour ménager les jeunes gens.
Les deux jeunes filles arrivèrent dans la clairière fasse à la falaise, la roche noircie par les tirs semblait inébranlable malgré la quantité de coups reçu. Karez se tenait debout contre un arbre en bordure de la trouée, il affichait une moue renfrognée. Il foudroya les arrivantes quand il les aperçut surgissant des bois.
- Vous êtes en retard ! Je suis persuadé que c’est encore cette humaine qui n’est pas capable de se retrouver dans les bois. Heureusement que le maître n’est pas encore là, nous aurions tous pâtis de son incompétence.
L’elfe était toujours acerbe avec Lynaïs qui le fixa à son tour.
- Je ne me suis pas perdue, je voulais vous attendre mais ta mère m’a dit que vous étiez partis devant sans moi.
- Tu m’avais dit que Lynaïs était déjà partie, ajouté Elifain, tu n’es vraiment pas très gentil avec elle, tu pourrais faire un effort.
- Pour une humaine ? N’importe quoi.
Karez détourna la tête.
- Ce que tu peux être entêté quand tu veux !
- Laisse, ce n’est pas grave, répondit la jeune fille.
Elifain la regarda avec surprise.
- Pourquoi l’excuses tu aussi gentiment ?
- Je ne suis pas dans mon monde, j’ai compris que je dois apprendre à rester à ma place, pour une fois que je suis réfléchie, j’en connais plus d’un qui serait étonné à me voir parler ainsi.
Maître Guyt’Ji arriva juste derrière les deux jeunes filles, il salua ses élèves d’un geste de la tête. Tous trois s’inclinèrent devant lui avec déférence, tenant leur arc dans les mains pour commencer la leçon.
- Après l’entrainement de ce matin, nous allons finir la journée avec la magie, commença le maître, nous allons poursuivre la recherche du contrôle de votre pouvoir.
Il désigna la falaise.
- Mettez vous en ligne faite moi pour commencer une série de trois flèches instinctives.
Les élèves obéirent à leur professeur, Lynaïs ferma les yeux pour faire le vide dans sa tête. Elle prit une profonde inspiration et leva son arc, elle prit la corde d’une main ferme et l’amena vers son œil avec une concentration intense. Le projectile de lumière crépitant se forma au fur et à mesure qu’elle bandait son arc.
Comme à chaque fois, elle sentait son cœur faire des bonds dans sa poitrine en voyant la flèche magique entre ses mains. Une chaleur douce l’envahissait, sa tête se remplissant d’étincelles brillantes. Elle lâcha la corde qui claqua dans l’air, le projectile magique fila à une vitesse inimaginable vers la falaise où elle s’écrasa en une explosion retentissante.
Lynaïs sentit un léger vertige, une nouvelle fois elle n’avait pas su doser le pouvoir, mettant bien trop de magie dans le tir. Elle effectua les deux autres tires comme demandé par Maître Guyt’Ji qui se soldèrent par le même constat. Le professeur reprit la parole une fois l’exercice de ses trois élèves terminés.
- Il y a du mieux, mais nous sommes encore loin de ce que doit savoir faire un véritable archer mage.
Il commença par Karez pour commenter leur travail.
- Tu te laisses emporter par ta colère, ta concentration s’en ressent énormément, tu dépenses bien trop d’énergie à chaque fois. Garde ton calme, les sentiments négatifs n’amènent qu’à la douleur et à une haine encore plus forte.
Le jeune homme hocha la tête en silence.
- Lynaïs, tu cherches à trop bien faire, reprit Maître Guyt’Ji, tu as une bonne concentration mais tu es trop lente pour tirer si bien que la magie l’emporte sur ta maîtrise. Détends toi, tu n’y arriveras pas à mieux faire si tu réfléchis trop.
- Je vais essayer, répondit l’humaine.
- Et toi Elifain, tu t’es mieux débrouillée que tes camarades, lança l’elfe, mais ne crois pas que tu as réussi tes essais. Tu manques de concentration, apprend à maîtriser les élans de ton cœur pour parfaire ta maîtrise.
Maître Guyt’Ji mit ses mains derrière son dos et reprit la parole.
- Recommencer à tirer sur la falaise de nouveau en retenant les conseils que je vous ai dit et en les appliquant du mieux que vous le pouvez.
- Oui maître, répondirent les élèves.

Ils se remirent à l’ouvrage avec sérieux, tenant de corriger leurs défauts même s’ils savaient très bien qu’ils ne réussiraient pas en une seule journée. Maître Guyt’Ji restait à leur coté, il les observait avec soin pour observer leur position et déceler les petits défauts. Il intervenait parfois pour leur donner un conseil ou leur rappeler ce que ses élèves devaient faire.
Après seulement deux heures d’un entraînement au rythme soutenu, les jeunes gens étaient en âge. Les visages crispés, ils exprimaient leur douleur et leur fatigue, le professeur savait très bien que pour des novices, dépenser autant de magie était épuisant. Il les arrêta pour qu’ils ne se blessent pas en voulant poursuivre au-delà de leur résistance.
- Il est temps de vous arrêter, vous avez besoin de repos.
Les apprentis archers mages baissèrent leur arc, ils respiraient par la bouche, cherchant leur souffle. Ils ne s’étaient pas vraiment rendu compte de leur véritable fatigue, pris dans leur volonté de bien faire.
- Vous n’êtes encore que des débutants, vous ne devez pas aller plus lin que vos limites.
- Il était temps, je suis épuisé, fit Elifain en poussant un profond soupire de contentement.
- Je suis tout à fait d’accord, renchérit Lynaïs.
- Cela ne m’étonne pas venant d’une humaine.
Karez avait prononcé ces paroles avec froideur et colère, il jetait un regard négligeant à la jeune fille. Sa camarade vint à son secours.
- Quand arrêteras-tu de dire des idioties pareilles ?
Elifain prit le bras de Lynaïs
- Viens, éloignons nous de ce simple d’esprit qui ne sait absolument plus ce qu’il dit, la fatigue sûrement.
L’elfe partit en éclatant de rire, entraînant l’humaine avec elle. Karez était furieux de l’insulte qu’il venait de recevoir, il s’apprêtait à répondre quand Maître Guyt’Ji posa une main sur son épaule.
- Le calme est la première arme d’un maître archer, tu perds beaucoup de ton habileté à l’arc à cause de ça.
L’élève baissa la tête, honteux.
- Désolé Maître, mais …
- Il suffit, lâcha le vieil elfe, Lynaïs est peut être une humaine mais elle est différente des autres, j’ai confiance en elle et en son jugement, elle fera de grandes choses.
Karez se garda le silence, il avait foi en son maître, alors il suivrait ces directives, même si elles allaient à l’encontre de ses principes personnels.
Non loin de là, Elifain avait entraîné la jeune fille prés d’une source pour qu’elles puissent se laver et se rafraîchir après leur entraînement. L’elfe remarqua le visage triste de sa camarade, et lui envoya de l’eau sur le visage, la prenant par surprise.
- Ne fais pas la tête Lynaïs, Karez ne porte pas les humains dans son cœur, ils ont fait trop de mal dans notre forêt, je devrais moi-même être comme lui, mes parents ont été tués par les hommes en noir de l’Inquisition, se sont les parents de Karez qui m’ont élevé.
- Je suis désolée.
La jeune fille avait la mine encore plus sombre.
- Mais tu n’y es pour rien, la preuve je t’aime beaucoup tu sais.
Lynaïs rougit, Elifain se rapprocha de l’humaine et la serra dans ses bras.
- Maintenant à mes yeux tu es devenue une elfe tout comme moi.
L’elfe sourit soudainement et poussa Lynaïs dans l’eau sans que celle-ci ne puisse se rattraper.
- Un bon bain va te rendre le sourire.
Elifain se mit à rire aux éclats.
- Mais je ne serais pas seule dans l’eau.
Lynaïs attrapa l’elfe par la taille et la jeta à son tour dans l’eau. Les deux amies se regardèrent et ne purent s’empêcher de pouffer de rire en voyant la mine trempée de l’autre. Les soucis s’étaient envolés, la vie dans la forêt faisait oublier à Lynaïs toute la tristesse qu’elle avait dans son cœur, elle goûtait à la joie de vivre.

 
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Il y a 2 commentaires
Mélanie mustang le 26/01/2007 à 18:35:24
Bravo encore pour ce nouveau chapitre! Vivement la suite!!
Jupiter le 18/02/2007 à 20:10:21
euh dur de deviné meme avec tous les indice que j'ai en plus XD en tout cas super chapitre

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