CHAPITRE 01
Calasta
L’Océan de Veratou, une gigantesque étendu d’eau, il borde d’innombrables terres, lieu mystérieux, lieu de conquêtes et de rêves impossibles. Les premiers explorateurs avaient bravé l’inconnu pour découvrir se que cachait cet océan aux proportions sans mesures. Il bordait la côte ouest du grand continent, le Padaillan, et allait se perdre loin dans le Nord, dans les mers de glaces flottantes.
Dans cet Océan se trouvait l’Archipel aux Milles Iles, comme si un continent entier avait été morcelé par les Dieux, des milliers de bouts de terres se côtoyaient les uns à côté des autres, du plus petit îlot aux grandes terres formant des petites nations à elle seule. Des centaines de villes marchandes avaient été ainsi créé, transportant des denrées venues des quatre coins de l’Archipel aux Milles Iles mais aussi de la côte Ouest du Padaillan, le continent le plus proche de ces îles.
Personnes n’avaient jamais vraiment réussi à faire une carte de toutes les terres de l’Archipel. Les capitaines des navires qui transitaient dans ses eaux étaient de véritables aventuriers, avec des marins capables de palier tous les dangers de la mer. Mais il n’y avait pas que la nature à affronter, les pirates hantaient ses rivages, mais aussi des indigènes, des créatures venues du fond des mers pour piller et massacrer tout leur content.
- Calasta est en vue, cria la vigie du haut de son mat.
Les voyageurs s’accoudèrent au bastingage pour pouvoir contempler la grande cité. Calasta était un grand port de l’Archipel, elle se trouvait sur l’Ile Emeraude, l’une des plus grande île, ce qui faisait de la ville un important carrefour commercial. Les bateaux venaient de partout, des îles éloignées et du continent. De nombreux grands seigneurs marchands y avaient établi leur empire à partir de la cité. Tazoc Dé Tuyrer était le gouverneur de l’Ile Emeraude, il avait une position extrêmement importante dans l’Archipel, toute une armada de navires de guerre protégeait la région, preuve des largesses du gouverneur.
Les voyageurs regardaient la cité avec admiration et espoir, la plus part venait ici pour trouver du travail et changer de vie. La chance pouvait sourire aux audacieux à Calasta, la richesse et le pouvoir était à porté de mains.
Une belle jeune fille posait un regard différent sur Calasta parmi les voyageurs, elle regardait le grand port avec nostalgie et tristesse. Elle s’appelait Zeïna Dé Feryo, elle venait d’avoir tout juste 16 ans. Ses cheveux étaient blonds et cascadaient dans son dos comme une rivière dorée, ils volaient librement dans le vent. Elle avait une peau blanche et un visage à la douceur des anges. Dans ses yeux bleus, cachés derrière une frange légèrement dégradée, se lisaient les regrets d’une vie oubliée, mais aussi l’éclat de la jeunesse. La jeune fille était vêtue d’une chemise blanche simple et d’une longue jupe noire bordée de velours rouge. De longues bottes noires montaient jusqu’à ses genoux.
Sur le navire, les autres passagers s’étaient demandés pourquoi une jeune fille aussi belle voyageait elle seule. Se mêlant rarement aux autres voyageurs, Zeïna préférait rester dans sa solitude la journée, elle contemplait jusqu’à tard la nuit l’horizon de la mer. Mais aujourd’hui, la jeune fille était avec les autres à regarder la cité de Calasta qui approchait.
- Tiens, notre solitaire est sortie de sa cachette, fit un marchand, tout fier de son bon mot.
La jeune fille se contenta de tourner la tête vers lui, sans répondre, puis elle l’ignora et garda les yeux vers la cité qui grandissait. L’homme devint rouge de honte et de colère, il s’apprêtait à répondre, quand le capitaine du navire lui posa la main sur l’épaule.
- Laissez donc cette jeune fille tranquille.
Le ton du capitaine était sans appel et le marchand alla plus loin, s’éloignant de Zeïna. Le maître à bord s’accouda prés d’elle.
- Merci capitaine, murmura Zeïna.
- Ce n’est rien, j’espère que quelqu’un vous attend là bas.
- C’est ma vie qui m’attend à Calasta.
L’homme fut surpris, mais il avait fort à faire pour accoster son navire au port et prit congé de la jeune fille.
Une heure plus tard, la planche de débarquement était posée sur le quai, et les passagers commencèrent à débarquer. Zeïna préféra attendre que tous soient descendus pour ne pas être gêné par l’empressement des voyageurs. Le capitaine s’approcha à nouveau de la jeune fille.
- Vous n’êtes pas presser de descendre depuis le temps que nous sommes embarqués ?
Zeïna le regarda, affichant un doux sourire, la rendant encore plus belle.
- Je me sens bien sur un bateau, et puis j’évite ainsi la bousculade.
L’homme ne pu s’empêcher de contempler la douceur de cette étrange passagère. La jeune fille prit son sac de voyage et s’apprêta à descendre.
- Attendez, fit le capitaine en s’approchant d’elle, je ne vous ai jamais demandé votre nom ?
- Je m’appelle Zeïna Dé Feryo.
Elle fit un dernier sourire au capitaine et descendit du navire. L’homme en entendant le nom, s’était mis à réfléchir, quand soudain la vérité lui apparut.
- Dé Feryo, comme le Capitaine Rodéric Dé Feryo.
Il accourut à la passerelle pour demander à la jeune fille, mais elle avait déjà disparu dans la foule du quai.
- J’avais peut être à mon bord la fille du Capitaine Dé Feryo.
L’homme secoua la tête en soupirant, une légende ce marin.
Sur les quai, une foule de personnes se côtoyait, toute plus différente les unes des autres. Il y avait bien sûr de nombreux marins, certains en service mais beaucoup aussi en permission, ils allaient dépenser leur argent dans les bars du port. Des bateaux venus de toute l’Archipel venaient débarquer leurs marchandises, les quais débordaient de toutes ses denrées qui demandaient un grand nombre de personnes et de chariots pour les convoyer, soit dans la ville, soit vers d’autres navires en partance vers d’autres cités.
On croisait également les pécheurs venus vendre leurs poissons. Les habitants de Calasta se faufilaient venaient ici pour faire leur marché, voir les arrivées et les départs des navires, saluer des mais ou des parents qui partaient sur l’océan. Les voleurs en tout genre se faisaient une joie d’une telle affluence pour délester de leur bourse les moins prudents. Mais la garde du gouverneur veillait et quiconque se faisait prendre allait croupir dans les cachots de la ville.
Des enfants courraient entre les ballots sur les quais en poussant de grands cris de joie, frôlant les marins au travail. Les moins lestes récoltaient les claques et les coups de pied pour les autres. Les seigneurs marchands fendaient la foule avec leurs gardes du corps, pour aller voir leurs navires et leurs marchandises, promesse de richesse. Ils regardaient les autres personnes avec mépris, jouant de leur rang comme d’une arme pour étaler leur pouvoir.
Zeïna s’était jetée dans la foule comme un navire fendait les vagues. Elle n’était pas habituée à une telle agitation, et bien vite elle perdit toute notion de temps et d’espace, essayant d’éviter les coups de coude. Manquant de peu de se faire renverser par un marin portant un tonneau, la jeune fille décida de s’écarter un peu pour savoir où elle se trouvait. Elle était maintenant au bord du quai, il y avait moins de monde et elle pu respirer un peu. Son sac était lourd et elle commençait à avoir mal au bras. Elle le posa à terre et fit le point.
La jeune fille regarda autour d’elle, les gens étaient pressés, plongés dans leur esprit et leurs préoccupations du moment. Elle n’était qu’une nouvelle arrivante de plus dans cette grande ville qui bouillonnait d’activité telle une ruche. Zeïna n’osait pas arrêter quelqu’un pour lui demander son chemin, indécise. Les mines sévères et fermées des passants n’incitaient pas à discuter avec eux et encore moins les interrompre.
Elle remarqua alors un homme d’un certain age isolé des autres. Il était assis sur une bite d’amarrage du quai et semblait contempler un point lointain dans l’horizon. La jeune fille le détailla du regard. Il était de taille moyenne, quoi qu’un peu plus petit que les autres, il portait des vêtements élimés qui avaient connu de meilleurs jours. Sa carrure était imposante mais un peu empâtée, il avait un visage rond et une peau halée des gens de mer. Un petit bouc broussailleux ornait son menton et il avait une barbe de plusieurs jours qui lui mangeait les joues. Ses cheveux étaient bruns et long noué en tresse à la mode des marins.
Mais ce qui retint l’attention de Zeïna était le regard de l’homme, dans ses yeux gris se lisaient un vide, et une tristesse sans nom. Sa posture prostrée semblait montrer qu’il portait toute la misère du monde sur ses épaules. La jeune fille n’arrivait pas à détacher ses yeux de cet homme à l’allure étrange, elle décida de s’approcher.
Zeïna reprit son sac et marcha vers lui. Elle remarqua sur le sol une bouteille de rhum vide, elle allait rebrousser chemin, mais à nouveau une envie irrésistible de lui parler l’envahit et elle se trouva bientôt à coté de l’homme. Celui-ci n’avait même pas remarqué la présence de la jeune fille et continuait à fixer l’océan devant lui.
- Bonjour, fit Zeïna sur un ton enjoué.
Surpris, l’homme faillit en tomber de son siège, et il la regarda avec un grand étonnement.
- Excusez moi de vous déranger, mais vous pourriez m’aider s’il vous plait.
Il fixait l’étrangère avec incrédulité, personne ne venait jamais lui parler, et voilà qu’une belle jeune fille venait de l’accoster. Elle avait un sourire chaleureux sur les lèvres et son visage semblait rayonné de douceur.
- Pa … Pardon, réussit il à dire.
Sa voix était pâteuse, et il avait un terrible mal à la tête.
- J’aurais besoin de votre aide, renchérit Zeïna, je viens d’arriver et je cherche un endroit particulier.
L’homme continuait à la fixer les yeux écarquillés, la jeune fille ne se départit pas de son sourire.
- Je suis un peu perdu ici, je viens juste d’arriver, je cherche le Comptoir Dé Feryo.
- Dé Feryo, vous dites.
Il essaya de se remettre les idées en place, il n’en revenait toujours pas d’avoir été ainsi abordé, même par une nouvelle arrivante.
- Si mes souvenirs sont exacts, il doit se trouver au coin de la Rue du Nordet qui donne directement sur le quai.
- Vous pourriez m’indiquer le chemin à prendre ? Demanda la jeune fille.
L’homme ne comprenait pas pourquoi il lui parlait, il s’était tant renfermé que cela lui paraissait incroyable. Mais il était complètement sous le charme de cette belle étrangère, son sourire semblait l’hypnotiser.
- Vers le Nord, dit il en pointant la direction de la main, juste après la Taverne de la Rose.
- Merci beaucoup …
Elle semblait chercher quelque chose.
- Je m’appelle Lantis.
- Alors merci beaucoup Lantis
Zeïna fit un dernier sourire plein de chaleur à son interlocuteur et reprit la route vers l’endroit indiqué. L’homme la regardait avec des yeux immenses, il lui avait donné son nom et elle lui avait souri. Depuis que le malheur s’était abattu sur lui, plus personnes n’était venu lui parler et il avait repoussé tout le monde, même ses anciens amis. Seul la bouteille qu’il buvait avait encore de l’importance pour lui aujourd’hui.
Mais il y avait cette jeune fille, à la douceur d’un ange et à la beauté d’une reine. Elle avait redonné de la chaleur dans un cœur qu’il croyait à jamais éteint par la tristesse et le désespoir. Il continuait à la suivre du regard, quand il vit un homme qu’il connaissait très bien l’aborder, Ainor Paret un escroc de la pire espèce. Il lui parla un peu quelques instants affichant un grand sourire, obtenant peu à peu la confiance de la jeune fille.
Lantis savait ce que voulait Paret, il voulait tout simplement dépouiller sa proie de toutes ses richesses et peut être plus, la vente d’esclaves était une pratique courante dans de nombreuses îles de l’Archipel. Sans comprendre pourquoi, Lantis se leva de son siège, les jambes flageolantes et l’esprit encore embrouillé par l’alcool. Il parvint à se maintenir debout malgré sa tête qui lui tournait et avança vers le couple qui s’était mis en marche.
Lantis vit tout de suite deux autres hommes emboîter les pas de Paret, ses deux acolytes, le piège se refermait. Il ne savait pas ce qu’il allait bien faire, mais Lantis se mit en marche et suivit la jeune fille et le traître à son tour.
- Je vous remercie de m’aider, fit Zeïna.
- Il n’y a pas de quoi, répondit Ainor Paret sur un ton mielleux, je ne serais pas un gentleman si je laissais une aussi belle jeune fille seule pour affronter les dangers du port.
La nouvelle arrivante le regarda.
- Que peut il bien m’arriver ici ?
L’homme se mit à rire.
- Beaucoup serait prêt à n’importe quoi pour dépouiller les pauvres gens vous savez, surtout les nouveaux arrivants.
Il avait particulièrement appuyé sur les derniers mots.
- Cela se voit tant que ça que je suis nouvelle ?
Zeïna sourit d’un air candide.
- Nous n’avons pas l’occasion de voir d’aussi belle jeune fille ici, je vous aurez remarqué il y a bien longtemps sinon.
La jeune fille rougit.
- Flatteur.
- Je ne dis que la vérité vous savez.
Ils marchèrent encore un peu, quand Paret lui indiqua une ruelle.
- Nous arriverons plus vite par là, et nous éviterons ainsi la foule du marché aux poissons.
- C’est vous le guide je vous suis.
Ils s’engagèrent alors dans une petite rue sombre, la lumière parvenait difficilement jusqu’au sol. Zeïna se mit à ralentir, elle ne se sentait plus très bien.
- Nous devrions reprendre les quais, je ne me sens pas très bien ici.
- Mais il est trop tard pour ça ma belle.
Le ton de Paret avait subitement changé, et son vrai visage apparut, plein de haine et de suspicion.
- Il ne faut pas croire tout ce qu’on te dit petite idiote.
Zeïna voulut reculer, mais déjà la ruelle était bouchée par deux autres hommes à la mine patibulaire. La jeune fille n’avait pas vu le coup arriver, elle s’était bien faite prendre.
- Aller tu vas gentiment me donner ton sac et tout l’argent que tu as sur toi.
Elle recula d’un pas, gardant un visage impassible.
- Patron, elle est plutôt pas mal, vous ne croyez pas qu’on en aurait un bon prix en la vendant, lança un des deux hommes qui venaient d’arriver.
- Ce n’est pas bête, en plus je suis sûr qu’elle est vierge, une très bonne marchandise, renchérit Paret.
L’homme ricana.
- Tu vas nous suivre bien gentiment alors, de toute façon tu ne peux pas nous résister, et rien ne sert de crier, personne ne t’entendra avec l’agitation du port.
Zeïna était piégée, elle ne voyait pas comment elle allait faire pour se sortir de ce traquenard.
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Coucou ^^
Une grande idée de fic m'a traversé la tête et je n'ai pas pu résister. J'ai toujours voulu faire un texte avec des bateaux et l'océan, alors je me suis laissé aller.
J'espère que cette nouvelle épopée vous plaira, elle se passe dans le même monde que Chevalier et à la même époque, peut être une relation entre les deux ? Qui sait hihi^^
J'ai écrit cette fic pour une amie, elle en est d'ailleurs l'héroïne principale. Je lui dédie ses lignes et toute la fic entière.
Et une petite précision, je vais mener les deux fics de front ne vous inquiètez pas, Chevalier va se poursuivre.
Bisous à tous et bonne lecture
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