"_ Ne te laisse pas abattre, s'il te plait, Morgan...
_ Ne pas me laisser abattre...? Et comment...... Elle ne reviendra pas maintenant, soupira le dénomé Morgan.
Après un silence il continua:
"Je n'ai même pas su empêcher ça d'arriver... je n'ai pas pû la protéger... Je suis un incapable inutile... dit-il d'une voix trainante et emplie de tristesse.
_ Ce n'est pas de ta faute. Je ne veux pas que tu penses ça...
Morgan détourna la tête, signe que cette courte conversation avec sa soeur était close maintenant.
"Morgan...
_ Paloma, laisse-moi s'il te plaît."
Elle soupira, regarda son frère avec des yeux rassurants, à la fois doux et calmes et se leva.
"Ca ira mieux, promets-moi... murmura-t-elle d'une vois chaleureuse à l'intention de son frère abattu.
Paloma sortit en silence de la pièce et referma doucement la porte de bois brûlée par endroits. Morgan se décolla lentement et faiblement de la chaise sur laquelle il étais avachi et avança jusqu'à la fenêtre. Il s'appuya lourdement sur le rebord de celle-ci.
dehors, il voyait la ville... Les habitants oeuvraient déjà à le reconstruction. Seulement quelques jours s'étaient écoulés depuis l'attaque. Et la mort de Lia aussi... Sa fiancée, celle pour qui il aurait été jusqu'à offrir sa vie, mais voilà, elle était partie sans qu'il ne puisse rien y faire... Il était resté là, impuissant face à l'enemi et l'avait vue mourrir sans rien pouvoir entreprendre ne serais-ce que pour la sauver ou lui crier des derniers mots d'amour....
Cette dernière image d'elle se défendant avec courrage resterait à jamais gravée dans sa mémoire fragile. Et à chaque fois qu'il y pensait, son coeur poussait des cris déchirants de détresse.
Jamais il ne pourrait plus aimer ou encore sourire sans le poids de cette culpabilité dans la poitrine ou le souvenir de sa fiancée allongée sur le sol le visage en sang...
Lui, ne participait pas aux travaux de reconstruction, bien trop faible et bléssé pour pouvoir aider sans gêner plus qu'autre chose. Mais cette blessure physique là n'était rien comparée au vide laissé par Lia dans son esprit ...
Quand son voisin, sur le toit de sa maison le salua, Morgan de se contenta de baisser les yeux et d'approuver d'un signe de tête avant de lever simplement la main pour lui renvoyer son salut.
Il se releva difficilement, bien décidé a aller la voir une fois encore puisque c'était la seul chose qui étail susceptible de le réconforter.
Il saisit sa béquille d'ne main faible mais décidée et sortit de la cuisine pour aller dans le hall partiellement détruit en boitant. Sa maison, dans laquelle il vivait avec sa soeur, était encore défigurée par l'attaque mais restait quand même l'une des seules encore habitables, c'est pourquoi dans un avenir proche ils devront sans doute héberger des habitants.Devant la porte d'entrée, il retrouva Paloma qui le regarda avec des yeux qui singnifaient sans doute qu'elle connaissait déjà son intention. Ou plutôt... Elle pensait la connaitre.
Elle lui ouvrit la porte et il lui adressa un léger "Merci".
Ensuite, Morgan, une fois dehors, entreprit de remonter la grande rue principale en travaux. Sur son passage, on le saluait discrètement, on tentait de le réconforter avec des mots rassurants car on savait qu'il avait été le plus touché par la catastrophe, mais aucun de ces mots ne pourrait jamais combler ce vide maintenant.
Plus haut, il croisa le chez du village, un homme massif et agé.
"Bonjour, Morgan. Ca va mieux?" l'interpella-t-il.
Il lui répondit simplement en remuant la tête de droite à gauche.
"D'accord... Je vois. Fais attention à toi."
Morgan leva la main en guise de réponse. Car ce n'était pas le genre de personne a avoir beaucoup de conversation. Il était plutôt un garçon solitaire, qualifié le plus souvent de distant. Et même dans cette petite ville où tous les gens se connaissaient plus ou moins, peu se rapellaient du son de sa voix et le considéraient comme quelqu'un de frois et ténébreux. Il était plutôt grand, fort, mais pas plus que les autres de son âge. On pouvait donc le situer dans une moyenne raisonnable. Il avait de sombres yeux noirs qui lui conféraient un regard presque triste, un peu absent et expressif. Ses cheveux noirs comme le nuit retombaient sur son visage clair et peu souriant en mêches épaisses.
On pouvait dire que c'était un garçon plutôt beau et beaucoup considéraient le fait qu'il soit si froid comme dommage.
Morgan était presque arrivé à son but. Il se tenait, tremblant devant le portail du cimetierre, orné d'un shinigami, dieu de la mort, en fer forgé, l'une des seules pièces qui n'avaient pas été volées. Le dieu fixait Morgan avec ses yeux de rubis rouges encarstrés dans un crâne d'animal à l'air sinistre.
"Shinigami..." songea-t-il
Il entra, non sans difficultés devant la lourdeur du portailet marcha lentement jusqu'à la tombe de sa fiancée. |