Losqu'il rentra, sa soeur était toujours dans le hall, elle remettait en place la décoration et le mobilier détruit.
"Déjà? Ca va un peu mieux... alors...?
Il se contenta de garder le silence, ce qui, d'ordinaire, signifiait "non".
"Tu veux quelque chose? a manger peut-être? Tu n'as rien avalé. Tu veux peut-être que je te fasse couler un bain?
_ Ca ira, répondit-il toujours en murmurant.
_ D'accord. j'y vais."
Mias avant de partir, elle resta quelques minutes à le regarder dans les yeux. Rien si ce n'était ce même regard sombre et profond ne pourrait témoigner de leur fraternité.
Paloma était une jeune fille de quinze ans, une sorte de seconde mère pour Morgan son grand frère. Elle avait des cheveux foncés, noirs aux reflets magnifiquements violets, brillants et souples, longs et légers... Elle avait aussi le même corps fin et le même visage que sa mère. Ses lèvres foncées arboraient le même sourire rassurant aussi. Pour finir, elle avait un regard noir maquillé juste ce qu'il fallait pour sembler profond et si beau... Peut-être était-il aussi un peu fier de sa soeur...? Ou l'amour qu'il pouvait porter à son égard était seulement maternel...
"Merci, dit Morgan faiblement
_ Juste un sourire... Je t'en prie... allez..."
Mais aucune modification dans l'expression décomposée de son visage n'eut lieu. Paloma s'avança vers lui et enlassa son corps tremblant dans ses bras chaleureux. Par dessus son épaule, elle saisit sa main droite, froide. Elle se détacha de lui et regarda son bras entier, à la peau noire comme la nuit, conséquence d'une maladie rare. Une tache noire s'étendait du bout de ses doigts jusqu'à maintenant tout son membre et avançait de plus en plus paralysant lentement son corps. Et quand la tache aura atteint des muscles vitaux, il mourra finalement.
"Jusqu'où ça va?
_ L'épaule.
_ Fais attention.", lui dit-elle en l'embrassant sur la joue avant de disparaitre dans l'ombre du couloir adjacent.
En attendant le retour de sa soeur, il se laissa lourdement tomber sur une chaise dans la cuisine. Il attendit assez longtemps, mais sa patience de fer fit qu'il ne s'en rendit quasiment pas compte. Il était resté plus d'une heure à fixer tristement une photo de Lia dans un cadre fleuri sans même s'en rendre vraiment compte... |