Bonjour cher lecteur ^^
La forêt de Veraï, volet tragique de la vie d'Onèan et voilà qu'il va devoir y entrer avec l'expédition mener par l'Inquisition. Que va t'il lui arriver dans ce bois qui porte de telles significations pour lui ?
Pour Lynaïs, elle va poursuivre son apprentissage de la magie, les cours lui réservent encore des surprises.
Bonne lecteur et merci de lire cette fic ^^
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CHAPITRE 23
A l’orée des bois
La vie dans le village de Wynria poursuivait son rythme lent, bercé par les saisons et les récoltes dans les champs. L’agitation des grandes villes n’était qu’un vague souvenir entre les bâtisses de pierres au toit couvert de chaume.
Un homme passa dans le village en tenant par la bride son cheval, il portait un uniforme militaire de l’Ordre de la lumière. Il saluait les habitants quand il passait à coté d’eux, le cavalier cherchait un endroit bien précis de la bourgade. Il s’arrêta devant la forge, attachant son cheval à une barrière prévue à cet effet.
- Excusez-moi ?! Lança-t’il en entrant dans la bâtisse ouverte.
Harn Hogat reposa son marteau à coté de son ouvrage pour répondre au nouveau venu.
- Bonjour soldat, qu’est ce que je peux faire pour toi.
- Bonjour forgeron, mon cheval boite et je dois reprendre la route pour retourner à Paragahi, rapidement, tu pourrais voir ce qui en retourne.
- Oui évidemment.
Brom avait relevé la tête à son tour en entendant le nom de la ville d’où venait le cavalier. Il s’approcha à son tour des deux hommes, son père avait soulevé la patte du cheval dont il était question. Un caillou avait réussi à se loger juste sous le fer, expliquant la claudication soudaine de l’animal.
- Je vais t’arranger ça rapidement, ne bouge pas.
Pendant que son père allait chercher ses outils, Brom en profita pour parler avec le cavalier.
- Bonjour, j’ai entendu que vous veniez de Paragahi ?
- Oui, je suis messager de l’Ordre.
- J’ai un camarade qui se trouve là bas, Onèan Terrenoir, il est écuyer au service de l’ordre de la lumière.
- Justement c’est une lettre de lui que je devais porter jusqu’au manoir.
Brom afficha un grand sourire, il allait avoir des nouvelles de son ami, il détacha son tablier et le posa sur une table. Son père, qui revenait avec une paire de tenaille et un cure-sabot, le regarda faire surpris.
- Tu t’en vas ?
- Oui, Dame Mathilde a des nouvelles d’Onèan, je vais me renseigner !
Le forgeron laissa partir son fils en souriant, depuis le départ de ses trois amis, le jeune homme avait perdu une partie de sa joie de vivre. Brom n’avait pas vu le visage de son père, il était déjà bien loin de la forge à courir dans les rues de son village.
Le jeune homme fit la route qui le séparait du manoir des Terrenoir en quelques minutes tant il avait hâte d’en apprendre un peu sur son ami. Il voyait les journées passer les unes après les autres dans un ennui complet, ses trois compagnons lui manquaient énormément.
Brom arriva enfin devant le grand portail, il était ouvert comme chaque jour pour permettre à tous les visiteurs de rentrer. Il salua le soldat qui était de faction, celui-ci lui répondit d’un signe de tête, le reconnaissant. Le jeune homme stoppa sa course pour éviter de débouler dans le manoir comme un cheval fou. Il prit une profonde inspiration pour reprendre sa respiration, sa tenue n’était pas particulièrement présentable, mais Dame Mathilde ne lui en voudrait pas.
Le jeune forgeron entra dans le manoir dont la porte était ouverte, il frappa sur l’huis pour signaler sa présence.
- Bonjour, excusez-moi de vous déranger.
N’obtenant aucune réponse, il s’avança dans le hall, la gouvernante de la maison fit alors son apparition.
- Le fils Hogat, qu’est ce que tu viens faire ici ?
- Et bien, j’ai vu qu’un messager de l’Ordre est passé, il n’a pas amené une lettre d’Onèan ?
- Tu as l’œil, va voir dans le petit salon, Dame Mathilde doit se trouver là bas.
Suivant les indications de la gouvernante, Brom s’avança dans le manoir, il savait où se trouvait la pièce indiquée. Il frappa à la porte avant de pénétrer dans le petit salon, Dame Mathilde leva alors le visage en direction du nouveau venu. Le jeune homme comprit en voyant l’expression de la mère de son amie qu’une mauvaise nouvelle était arrivée.
- Bonjour Dame Mathilde, je suis désolé de vous importuner.
- Non je t’en pris.
Elle esquissa un pâle sourire.
- Que me vaut ta visite ?
- J’ai vu un messager de l’ordre, et j’ai cru comprendre qu’il avait apporté une lettre d’Onèan.
- Oui en effet, répondit la maîtresse des lieux, il me parle de son travail, ses gardes, mais surtout il m’a fait une grande annonce.
- Oh ! Que va-t-il faire ?
Le visage de Dame Mathilde s’assombrit soudainement, elle tourna la tête en direction de la fenêtre qui donnait sur l’extérieur.
- Il va faire partie d’une grande expédition au nom du Conglomérat pour pénétrer dans la forêt de Veraï et combattre nos ennemis.
Brom écarquilla les yeux de surprise.
- Mais il n’est qu’écuyer, comment peut il être envoyé là bas ?
- Il doit répondre à l’appel de l’Empereur c’est ainsi.
Le jeune forgeron baissa la tête, il n’arrivait pas à le croire. Dame Mathilde était sous le choc également, elle restait digne malgré la tempête qui faisait rage dans son cœur. Le messager de l’Ordre l’avait surprise, mais elle connaissait ce que voulait dire ce genre de pli.
Dame Mathilde retenait à grand peine la tristesse qui la rongeait, des larmes pointant aux coins de ses yeux. Elle n’allait pas cesser de trembler tant qu’elle n’aurait pas de nouvelles de son fils, de retour de cette forêt maudite. Elle prierait tous les jours pour qu’il revienne vivant.
La femme maudissait le destin qui lui imposait de nouveau cette terrible épreuve, elle espérait ne pas connaitre encore la même tristesse.
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La forêt de Veraï, ce nom hantait les rêves d’Onèan depuis tant d’année, et voilà que maintenant il s’apprêtait à entrer dans ses bois qu’il avait des centaines de fois maudit. Une peur viscérale s’empara de lui et il crut qu’il allait rendre son repas pris quelques heures plus tôt.
- Tu ne va pas bien Onèan, demanda Sir Nartero en voyant son visage pâle.
- Tout va bien, ne vous inquiétez pas.
L’écuyer fit un petit sourire au chevalier, pour faire bonne figure, mais à l’intérieur, il semblait qu’une bataille avait lieu.
- Tu sais, ce n’est pas grave si tu as peur, j’ai ressenti la même chose la première fois que j’ai pénétré dans ses bois, je venais tout juste d’être nommé chevalier, j’en menais pas large je t’assure.
- Merci Sir Nartero, je suis pourtant habitué à sa présence mais je n’ai jamais franchi l’orée des arbres.
- C’est vrai que tu viens d’un village qui est proche de la forêt.
Le jeune homme hocha la tête en silence, le chevalier le regarda quelques instants en silence avant de reprendre la parole.
- J’imagine qu’il n’y a pas que la peur de l’inconnu qui te ronge, je sais ce que représente la forêt de Veraï pour toi, avec la disparition de ton père.
Le visage d’Onèan s’assombrit.
- Aller, courage écuyer, reste bien prés de moi et tout ira bien, reprit Sir Nartero, et puis tu ne vas tout de même pas te mettre à vomir partout, j’ai une réputation à tenir quand même.
Le sourire confiant de son tuteur remontant le moral du jeune homme, il sentait déjà ses forces revenir. Le chevalier plaisantait beaucoup pour détendre l’atmosphère, il cachait ainsi également ses propres craintes.
Cette forêt était pour tous les habitants du Conglomérat le synonyme de peur et de danger. Depuis des siècles les pires histoires provenaient de cet endroit, elles parlaient des koradjis sanguinaires, des hommes bêtes qui n’avaient plus rien d’humain, et de monstres inimaginables et mortels.
Tous les chevaliers et les soldats des forces du Conglomérat savaient qu’ils iraient un jour sous les branches des arbres pour combattre leurs ennemis. Les hommes de l’Inquisition, en prêcheurs convaincus, chantaient les louanges des défenseurs de l’ordre, promettant richesse et pouvoir à ceux qui se battaient pour leur peuple/
Les quelques jours de préparations de la grande expédition furent ponctués de réunions dispensées par des Inquisiteurs. Ils rappelaient à chaque fois l’importance de cette campagne, la défense des habitants, la vengeance des morts passés, la gloire du Conglomérat. Sans arrêt, les hommes en noir avaient martelé leur message jusqu’à ce que chaque mot soit gravé dans les mémoires durant les prochains combats.
Même durant le voyage, le soir lors des bivouacs, un grand inquisiteur passait à chaque foyer pour continuer ses diatribes cinglantes. Ils semblaient à tous les soldats que leurs discours devenaient plus violents, plus acerbes, contre les habitants de la forêt. Développant une haine viscérale contre un ennemi que beaucoup n’avaient encore jamais rencontré.
Onèan avait fait semblant d’écouter pour donner le change et éviter d’être repéré. Il ne voulait pas croire en leur propos maintenant qu’il connaissait la véritable nature de l’Inquisition et de ses dessins obscures. Le jeune homme ne voulait surtout pas se laisser entraîner par les mots et les discours haineux de ces menteurs.
L’écuyer se rendait bien compte de ce que cherchait à faire les hommes en noir, ils désiraient faire naitre une haine sans limite dans le cœur des soldats. Des guerriers remplis de fureur étaient bien plus facilement manipulables que des hommes entraînés qui réfléchissaient avant d’agir.
Pour le moment, Onèan ne se préoccupait plus des inquisiteurs et de leur sbire. La colonne provenant de Paragahi avait commencé à pénétrer dans les bois. Les premiers arbres étaient particulièrement dense, les soldats avaient du couper pas mal de branches pour créer une ouverture suffisante. Les éclaireurs étaient déjà entrés au cœur des bois, le reste de la troupe les suivait en formation serrée.
Sir Nartero et son écuyer se trouvaient à l’avant, légèrement en retrait par rapport à la tête de la colonne. L’orée des arbres approchait le jeune homme se tassa sur sa selle tenant plus fermement les rênes de son cheval. Il sentait que sa monture était aussi nerveuse que lui, il passa une main sur son cou pour tenter de le calmer, et pour reprendre aussi le contrôle de son cœur en même temps.
Les arbres paraissaient vieux et sinistre, les branches étaient crochues comme cherchant à agripper les cavaliers. Onèan baissa la tête au moment de pénétrer dans la forêt de Veraï, il fut surpris de la soudaine obscurité qui l’entourait.
- Les premiers mètres sont particulièrement denses, expliqua Sir Nartero, tout ira mieux quand nous aurons passé cette zone.
Le jeune homme hocha la tête, il ne put s’empêcher de se retourner sur sa selle pour observer une dernière fois la trouée où passait la colonne de soldats. Il se rassit correctement après avoir manqué de vider ses étriers après s’être accroché à une branche. Le silence était pesant, les oiseaux s’étaient tus au moment de leur passage.
Une impression étrange l’envahit, sa peur semblait s’apaiser lentement. Passé les moments de panique, l’écuyer se rendit compte qu’il appréciait l’endroit, comme quelque chose de familier. Ce sentiment le troubla, il avait compris que ne nombreux mystères entouraient ces bois, mais il ne comprenait pas d’où lui venait cette sensation nouvelle.
Onèan continua sa progression au coté de son tuteur, regardant autour de lui pour tenter de repérer un danger ou d’apercevoir l’un des hôtes de cette forêt. L’espoir de trouver un indice sur l’endroit où se trouvait son père le poussait à être plus attentif. Il savait qu’il y avait peu de chance pour qu’il en trouve, mais le jeune homme ne s’en soucier guère.
A une trentaine de mètre de la position de l’écuyer à l’avant, la délégation de l’Inquisition marchait en silence. Ils formaient une marque sombre par rapport aux autres soldats portant armures et cottes de maille. Parmi les éléments de l’Inquisition, des silhouettes vêtues de noir en particulier fixaient Onèan sans se faire remarquer de celui-ci.
- C’est bientôt le moment, murmura Keridan, le regard brillant.
- Dés le premier soir, ce n’est pas un peu dangereux ? Se risqua à remarquer Pearce.
- Evidement, mais je sais que cela ne va pas tarder, les sauvages ont du remarquer que nous sommes entrés dans la forêt et ils vont se regrouper pour nous affronter, et là nous frapperons.
- Comment feront nous ? Demanda Duncan.
- Nous l’isolerons à l’écart du campement, et à trois contre un il n’aura aucune chance, j’aurais enfin ma vengeance.
Keridan serra plus fort les rênes de sa monture, il était pressé de pouvoir enfin tuer cet imbécile de Terrenoir.
Le soir venu, le corps expéditionnaire établit son campement dans les ruines d’un ancien avant poste du Conglomérat, c’était un endroit assez sûr et facilement défendable. La forêt de Veraï semblait vivre d’elle-même, à l’approche de la nuit, des cris et des ululements lugubres montaient de partout. Les soldats des plaines étaient nerveux, ils n’avaient pas l’habitude de se retrouver dans ce genre d’environnement.
Onèan caressait le museau d’un cheval pour le réconforter, les écuyers avaient des corvées à faire pour le compte du groupe. Le jeune homme avait été chargé de s’occuper des chevaux des chevaliers qui faisaient parti de la troupe. Il n’était pas seul pour soigner la cinquantaine de montures, une demi douzaine de soldats était affecté également, ainsi qu’Impa son camarade de la citadelle.
Les deux écuyers avaient presque terminé leur travail, ils s’étaient organisés avec les soldats pour achever plus rapidement leur corvée. Tous étaient pressés d’en avoir fini pour pouvoir enfin se reposer et reprendre des force en vu de la journée de demain.
- Je suis là à tenter de calmer les chevaux, mais j’ai l’impression que s’est surtout moi qu’il faut rassurer, lança Impa.
- Ici nous sommes en sécurité, répondit son camarade, les ruines forment une petite place forte.
- Avec tout ce que nous ont raconté les inquisiteurs, je n’ai pas vraiment hâte de rencontrer les habitants de ses bois.
Impa le va les yeux vers les arbres tout proches.
- Des Koradjis nous observent peut être en ce moment même.
Onèan ne répondit pas et observa à son tour les branches basses. Ils finirent silencieusement leur besogne sans ajouter d’autres mots, le travail leur faisait oublier un peu leur peur. Le jeune Terrenoir avait l’esprit tourné vers son père, dans ces bois reposaient sa dépouille, et la réponse à toutes les questions qu’il avait soulevées dans son carnet. Mais comment faire pour s’éloigner assez longtemps sans porter l’attention sur lui ?
Tout à ses réflexions, Onèan ne vit pas arriver prés d’eux un soldat en noir, à la solde de l’inquisition. La capuche de sa cape baissée au maximum, ainsi habillé, ses traits étaient impossibles à être discerner.
- Ecuyer Terrenoir ? Demanda le nouvel arrivant.
Les deux jeunes gens sursautèrent en entendant le son de la voix de l’homme, ils se tournèrent vers lui.
- C’est moi, fit l’interpellé sur la défensive.
- Par ordre de l’Inquisition, vous devez me suivre j’ai besoin de vous à la tête de quelques soldats à l’extérieur du campement pour une mission spéciale.
Méfiant, Onèan se redressa en fixant le soldat en noir.
- Je suis déjà assigné au soin des chevaux, je dois être remplacé. Sir Nartero est il au courant ?
- Il est déjà au courant et il a donné son accord, maintenant suivez moi sans faire de commentaires.
Onèan ne savait pas ce qu’il devait répondre, une réponse négative l’entrainerait dans une très fâcheuse posture. Mais au contraire, l’idée de partir seul avec un membre de l’Inquisition était loin de lui plaire. La posture du soldat montrait qu’il commençait à s’impatienter, il devait prendre une décision maintenant.
- Très bien, je vous suis.
Onèan prit son épée et une gourde d’eau, il n’avait pas besoin de son bouclier ni de son paquetage. Impa le regardait se préparer en faisant la moue, il arrêta son camarade juste avant que celui-ci ne parte.
- Je n’aime pas ça, c’est étrange que tu sois demander expressément et pas à quelqu’un d’autre.
- Je sais bien, mais je ne peux pas aller contre un ordre de l’Inquisition, se serait bien trop dangereux. Quand tu auras terminé ta tâche, trouve Sir Nartero pour clarifier cette affaire, fait le plus vite que tu peux.
Son ami hocha la tête.
- Tu peux compter sur moi.
L’écuyer quitta son camarade pour suivre le soldat de l’Inquisition silencieux.
Les deux hommes traversèrent à grand pas le camp, les soldats se reposaient en attendant de reprendre la route, tous portaient encore leurs armes. Ils arrivèrent bientôt à la sortie des ruines, gardée par une douzaine de soldats de l’Inquisition, l’officier en noir fit seulement un signe de tête en les laissant passer.
Onèan devenait de plus en plus nerveux, ils partaient seuls dans ses bois où le danger pouvait surgir au détour d’un sentier. Le jeune écuyer serra plus fort la poignée de son arme. Quand les ruines de l’ancien poste avancé disparurent à leur regard, son guide se tourna vers lui et indiqua de la main un arbre un peu plus loin.
- Attend là bas, les autres vont bientôt te rejoindre.
Onèan hésitait à avancer, mais la voix de l’Inquisiteur avait formulé l’ordre sur un ton hargneux qui ne souffrait d’aucun commentaire. Le jeune homme alla dans la direction indiquée, sur ses gardes, son arme prête à être tiré de son fourreau. Il arriva au pied de l’arbre et constata en regardant d’où il venait que son guide avait disparu.
Le temps passé, et personne ne se montraient, à chaque craquement de branche, l’écuyer se redressait prés à tout. Soudainement, surgissant des fourrais, trois silhouettes en noir apparurent devant lui, les épées tendues vers lui. Parmi eux, le jeune homme aperçut son guide, il avait aussitôt pris son arme et s’était adossé à l’arbre derrière lui.
- Enfin, je t’ai au bout de mon épée, petit nobliau.
Cette voix, Onèan la reconnut immédiatement.
- Cerissac.
- Seigneur de Cerissac chien, rugit un des hommes prés de lui.
Keridan l’arrêta avant qu’il ne fonce sur l’écuyer.
- C’est bien moi en effet, répondit il en baissant la capuche de sa cape, et je suppose que tu te souviens de mes deux compagnons, Duncan et Pearce.
Les deux brutes dévoilèrent leur visage à leur tour, l’écuyer ne les avait pas oubliés non plus, la période de l’Académie n’était pas si loin que cela.
- L’Inquisition, je trouve que cela te va bien Keridan, tout aussi fourbe que toi.
- Tu me flattes mon cher, je t’avais dit que je te retrouverais et que je me vengerais, maintenant tu vas payer pour tous les affronts que tu m’as fait subir. Et sache qu’après m’être occupé de toi je ferais en sorte de punir aussi tous tes compagnons, la torture et la mort.
Le noble se mit à rire avec démence, les yeux fous.
- Mais pour l’instant, c’est à ton tour mon petit nobliau.
- Tu as perdu l’esprit Keridan, répondit Onèan, allez vous le laisser agir ainsi, aussi lâchement, ou avez-vous aussi laissé tout honneur derrière vous ?
Pearce eut un mouvement de recul que seul l’écuyer remarqua, mais il se remit en position au coté de son maître et de son compagnon. Duncan n’avait même pas bougé, il affichait un visage fermé et aussi arrogant que le jeune noble.
- Tu cherches seulement à gagner du temps, cela ne sert à rien pauvre idiot, je vais me faire un plaisir de t’embrocher, fit Keridan.
Sur ces mots, il se jeta sur Onèan avec un cri de joie, ses deux autres compagnons en firent de même. Le jeune écuyer repoussa avec difficulté le premier assaut, pliant presque sous la fureur des coups. La haine habité le cœur et l’âme de Keridan, l’écuyer le sentait dans chacun des coups qu’il lui portait. Guidé par des sentiments belliqueux, l’épée cherchait la chair pour le transpercer et faire jaillir le sang.
Le jeune homme enchaîna les parades dans une position précaire, il devait sans cesse accélérer ses passes d’arme pour repousser les assaillants. Il se savait seul et il pouvait être persuadé qu’il n’y aurait personne pour le venir en aide. Il aurait bien du mal à s’en sortir, il le savait, mais il ne voulait pas s’avouer vaincu, jamais. Son épée vola dans les airs et para avec brio les attaques suivantes, malgré le peu d’espace qu’il avait, Onèan arrivait à tenir tête à ses ennemis.
Duncan se fendit soudain sur le coté pour essayer de prendre à revers le jeune homme, alors que Keridan et Pearce le harcelaient toujours avec une vigueur décuplée. Voyant le danger, Onèan prit appui sur l’arbre derrière lui et bondit par-dessus ses attaquants en priant pour que sa manœuvre réussisse.
Les deux combattants devant lui ne s’attendaient pas à une telle manœuvre. Mais Duncan réussit à anticiper un peu l’action de l’écuyer et le blessa à la cuisse droite. Le jeune homme poussa un cri de douleur et se réceptionna tant bien que mal sur le sol en faisant une roulade.
Fort de leur succès, les membres de l’Inquisition chargèrent de plus belle Onèan, qui eu juste le temps de rouler sur le sol pour éviter les coups d’épées mortelles, il en fut quitte pour une nouvelle blessure sur le flanc. Il se releva et para à nouveau les armes de ses ennemis. Mais Onèan savait qu’il devait à tout prix rejoindre le campement, il perdait du sang et il ne pourrait jamais s’en sortir vivant avec de telles blessures. Les assaillants le savaient très bien, et ils le repoussaient en direction de la forêt.
L’écuyer n’avait plus le choix, il devait contre attaquer, ou périr, il mit un genou à terre dans un mouvement fluide et blessa au ventre Pearce qui était face à lui. Le jeune homme effectua une autre roulade sur le sol dans le même élan. Keridan fit un bond sur le coté et tenta de toucher Onèan à terre, mais celui-ci prit appui sur sa main libre et sauta en arrière. Il se releva le souffle court et affronta du regard ses deux derniers assaillants.
- Bien joué petit nobliau, mais même à deux nous allons te tuer facilement, lança Keridan, tu es fatigué, tu n’en as plus pour longtemps.
Les membres de l’Inquisition avancèrent d’un pas décidé sur l’écuyer blessé qui faisait des pas en arrière au fur et à mesure de leur approche. Il ne lui restait que peu d’option, et là, plus d’échappatoire. Soudain son pied ne rencontra que le vide et l’écuyer écarquilla les yeux de surprise. Il s’était trop rapproché de la forêt et il y avait un précipice à cet endroit. Le jeune écuyer tomba dans le vide, les bras tendus, et fut comme avaler par la forêt.
Keridan et Duncan se précipitèrent à l’endroit où avait disparu Onèan, ils ne purent percer la frondaison des arbres.
- Il va falloir descendre pour aller l’achever, gronda le noble.
- Vous croyez qu’il a pu s’en sortir, fit Duncan.
- Avec ce Terrenoir, j’ai appris à me méfier.
Des cris d’alarme retentirent soudainement dans le lointain en direction des ruines, le campement était attaqué.
- Seigneur, nous devons rejoindre le camp immédiatement, les hommes sauvages doivent attaquer.
- Nous n’avons pas le choix, pesta Keridan, nous reviendrons après l’achever, dans l’état qu’il est il ne devrait pas aller loin.
Aidant Pearce à marcher, les membres de l’Inquisition s’empressèrent vers le campement attaqué. Dans le précipice, Onèan revenait doucement à lui, la douleur envahit immédiatement tout son être en une vague immense et incontrôlable. Il serra les dents pour ne pas hurler, sa jambe formait un angle étrange sous son corps et une branche lui avait traversait de par en par le bras gauche. Il était couvert de griffures et de meurtrissures du aux branches, ses manches et son pantalon étaient lacérés. Sa chute avait été amortie par des grandes toiles d’araignée, ce qui lui avait sauvé la vie.
Un horrible bruit de cliquetis et de cris suraigus retentit devant lui. L’écuyer leva péniblement la tête et blêmit d’horreur, une araignée géante s’approchait de lui, son venin coulant de ses mandibules acérées. C’était la terreur de la forêt, ces créatures attendaient généralement à l’affût dans des branches hautes qu’une proie passe à leur portée, et elle lui tombait dessus en lui inoculant un poison mortel. Celle-ci était d’un vert tendre pour mieux se camoufler dans le feuillage, ses quatre paires d’yeux fixaient avec avidité cette proie qui lui était tombé du ciel.
Onèan chercha du regard son épée, elle n’était plus dans sa main ni même dans son champ de vision. Il avait du la perdre en tombant, de toute façon dans l’état où il se trouvait il n’aurait pas pu s’en servir. Le jeune écuyer voyait avec effroi la mort s’approchait inexorablement de lui, au rythme des huit pattes de l’araignée.
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La vie de Lynaïs dans la forêt des elfes poursuivait son cours, elle partageait son temps entre les entraînements de Maître Guyt’Ji et la découverte de la culture des elfes. La jeune fille était devenue coutumière des usages à respecter dans cette forêt qui n’était pas son monde.
La vie de ce peuple tournait autour de leur forêt séculaire, les elfes entretenaient les bosquets et les clairières, respectant la vie qui habitait sous la frondaison. Des patrouilles de guerriers surveillaient les frontières pour éviter aux étrangers de pénétrer dans leur patrie sans qu’ils ne soient au courant.
Au milieu du village de Kelen’Hardel, la présence de Lynaïs n’était plus une curiosité pour les habitants. Certains des villageois commençaient même à se rapprocher de l’humaine pour la connaître un peu mieux. La présence d’Elifain n’était pas étrangère à ce changement, elle ne quittait plus sa nouvelle amie, l’emmenant partout pour lui montrer la vie dans son village.
La jeune fille avait permis à l’archère de se sentir moins isolée dans cet endroit complètement différent de Wynria. Sa famille d’accueil était devenue comme sa deuxième maison, elle s’y sentait chez elle dorénavant. Karez avait laissé s’apaiser sa rancœur contre cette invité avec qui il devait vivre, même s’il était toujours aussi maussade avec l’humaine.
La journée était presque terminée, l’entrainement auprès de leur professeur était achevé, ils revenaient tous les trois au village. La forêt était calme et le ciel parcourut de nuages blancs, les trois jeunes gens discutaient des progrès de chacun. Les élèves archer mage n’arrivaient pas encore tout à fait à maitriser leur magie, mais ils avaient fait d’énormes progrès.
- Je suis vidée, lança Elifain, les exercices sont difficiles.
- Maître Guyt’Ji teste notre endurance, fit Karez.
- Alors pourquoi nous devons courir pendant plusieurs heures dans les bois avant de s’exercer, je suis fatiguée quand nous commençons l’entrainement à l’arc.
- Le maître doit avoir ses raisons.
Le jeune elfe se redressa fièrement.
- Tu es vraiment trop rigide, tu devrais sourire un peu plus je trouve.
- Pour te ressembler ?
- Bas oui, regarde le mien, il n’est pas communicatif.
Elifain ponctua sa tirade d’un de ses sourires dont elle avait le secret. Lynaïs laissa les deux elfes se disputer, elle avait compris qu’ils étaient comme frère et sœur, ce n’était que des chamailleries.
L’archère était préoccupée par autre chose et n’écoutait que d’une oreille discrète l’échage de ses compagnons. Depuis qu’ils avaient quitté le lieu d’entraînement, elle n’arrivait pas à s’enlever une sensation étrange. Son cœur était serré dans un étau étrange, elle avait presque du mal à respirer.
La jeune fille dut s’arrêter contre un arbre, une douleur atroce lui vrilla la poitrine, la main crispait sur l’écorce. Sa vue se brouilla et des images venus d’un endroit bien loin de la forêt où elle se trouvait. Les deux elfes se rendirent compte de l’arrêt de leur amie quand elle poussa un cri déchirant, une main sur la gorge.
- Onèan, cria Lynaïs.
Son cri effraya les oiseaux alentour qui s’enfuirent à tire d’aile. Elifain se retourna brusquement vers son amie. En quelques pas, elle fut à ses côtés pour la soutenir, elle posa une main douce sur sa joue pour qu’elle se calme.
- Que t’arrive-t-il ?
Lynaïs avala sa salive avec difficulté.
- J’ai vu mon ami Onèan, il était blessé, impuissant, une énorme araignée allait le tuer et personne ne pouvait l’aider.
La jeune fille écarquillait les yeux, son cœur battait rapidement presque à exploser. Karez lui-même montrait une inquiétude qu’il ne pouvait pas cacher derrière ses répliques pleines de morgues.
- Tu m’as souvent dit que tu pensais souvent à tes amis, fit calmement Elifain, avec toutes l’énergie que tu as dépensé, ton esprit peu s’égarer.
- Oui, nous nous sommes plus entraînés qu’à l’accoutumée.
Lynaïs se tenait toujours contre l’arbre, elle ne pouvait pas s’enlever le malaise qui s’était emparée de son cœur. Elifain saisit son amie par la taille pour l’aider à se remettre debout et continuer leur chemin de retour.
- Je vais t’aider à revenir au village, là bas nous prendrons un bain et tu iras te reposer, je suis sûre que tu iras mieux après.
La jeune fille hocha la tête, passant son bras sur l’épaule de l’elfe, elle se laissa guider, Karez prit l’arc de l’humaine et emboita leur pas. Lynaïs garda le silence durant la marche, la vision d’Onèan en grand danger lui déchirait le cœur. Elle espérait de toute son âme que se ne soit que des délires de son esprit fatigué par l’entraînement.
La jeune fille essayait de se le convaincre de toutes ses forces pour ne pas s’effondrer.
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