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Jeudi 31 mai 2012, 16:09


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 24 - Au coeur des montagnes.

Bonjour lecteur ^^

Chevalier se poursuit, les aventures au cœur des montagnes démarrent pour nos trois amis. Mais la route est dangereuse et pleine d'embuche, qu'est ce qui attend nos compagnons ?
Les recherches sur la magie peuvent devenir dangereuse, surtout si l'Inquisition s'en mêle.

Bonne lecture et laissez un commentaire si le cœur vous en dit ^^


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CHAPITRE 24
Au cœur des montagnes


L’expédition était maintenant dans les massifs montagneux de la grande chaîne du Nord. Grâce à l’aide de Mel et les bonnes volontés du commandant de la forteresse du corbeau, les deux diplomates avaient pu partir dés le lendemain de leur arrivée. Ce départ précipité avait un lien avec la présence de la délégation de l’Inquisition entre les murs du château.
Lors du diner donné le soir de leur venue, le maître inquisiteur Mayers s’était fortement intéressé au but de leur expédition. Il avait fallu toute la persuasion d’Ekart et son habileté à jouer avec les mots pour arriver à laisser s’étouffer la curiosité de l’homme en noir. Les marchands avaient permis de changer la discussion sur leur grand savoir des routes de montagnes.
Quand le repas fut enfin terminé, les deux jeunes gens étaient heureux de pouvoir se débarrasser des encombrantes questions de l’inquisiteur, quelque chose dans le regard de l’homme gênait Patinil. Ils regagnèrent leur chambre avec une appréhension, surveillant discrètement les ombres derrière eux.
Le départ de la forteresse fut accueillit avec un profond soulagement, le commandant Hyuraze se présenta en personne à la porte du fort pour leur souhaiter un bon voyage. Le chevalier aurait aimé garder ses hôtes un peu plus longtemps, mais il savait que leur mission allait être longue et périlleuse sur ces sentiers de montagne.
Mel marchait en tête de la procession en compagnie de deux autres soldats de la forteresse. Juste derrière le trio suivait les deux diplomates qui étaient à pied maintenant, les chevaux étaient tenus par une longe, transportant le matériel et les vivre. En arrière de l’expédition, le soldat Tyuro et un autre de ses camarades avançaient silencieusement.
L’écuyère avait immédiatement demandé au vieux de soldats de l’aider une fois qu’elle avait appris la préparation de l’expédition. Elle lui faisait confiance, et avec la présence de l’Inquisition dans les murs de la forteresse, les alliés étaient très importants. Bien que réticent au départ, le soldat finit par se laisser convaincre, il allait pouvoir échapper à la routine de l’armée pendant quelques jours.
Caner Tyuro avait réuni autour de lui trois de ses compagnons qui étaient avec lui depuis de nombreuse années. Les trois soldats étaient des vétérans de bien des combats qui partageaient les mêmes idéaux. Le premier s’appelait Dyante Habifa, le plus proche ami du sergent Tyruro, l’un et l’autre s’étaient sauvés la vie des centaines de fois. L’homme était grand et musclé, avec un perpétuel sourire aux lèvres, rempli d’une joie de vivre, il chantait des chansons sans arrêt.
Les deux autres ressemblaient à l’image que les gens du peuple se faisaient des soldats. Grands, taciturnes et obéissant, ils respectaient l’armée et la camaraderie, ne supportant que très peu les manières de l’Inquisition. Le blond s’appelait Dewon Loter, le plus jeune, et le brun se nommait Mund Hasra, maniant une hallebarde comme personne.
Les deux diplomates avaient mis au courant les soldats de leur véritable objectif le troisième soir, une fois qu’ils étaient sûrs de ne pas courir de risque. Intrigué, les hommes accueillirent la nouvelle avec un calme très militaire, ils acceptèrent de poursuivre leur route, préférant attendre de voir ce qui les attendait.
Le sergent Tyuro fut un allié très utile, il avait vite compris qu’ils devaient tous s’éloigner rapidement de la forteresse. Ayant une très bonne connaissance de l’ensemble des sentiers autour du château, l’homme fit emprunter une route plus rapide pour atteindre le premier village de montagne. Le soldat ne savait que trop bien ce que pouvait faire l’Inquisition si elle attrapait des personnes cherchant des choses qu’elles ne devraient pas savoir.

Justement, le village le plus proche pour leur première étape était Barigne, celui là même qui fut le théâtre de l’action des Inquisiteurs. Les membres de l’expédition ne savaient pas comment ils allaient être reçus, ils devaient s’attendre à ne pas être les bienvenus.
Mel profita des campements pour raconter tout ce qui lui était arrivé depuis le départ de l’Académie et leur séparation. Les deux diplomates en firent de même avec leur propre aventure, et surtout leur découverte. L’écuyère ouvrit des yeux surpris en découvrant la double vie du directeur de la grande école. Tout comme les autres étudiants, rien ne pouvait déceler la véritable nature de cet homme aux airs sévères et revêches.
L’expédition fut une pause sur un contrefort d’une falaise, protégé par les rafales de vents froid. Les soldats discutaient sans se cacher, ils prenaient du plaisir à quitter la forteresse dont l’atmosphère était devenue détestable avec l’arrivée de l’Inquisition. Les jeunes gens faisaient le point avant d’arriver dans le village.
- Barigne se trouve plus qu’à une petite demi-heure de marche, nous y serons pour le milieu de matinée, fit Mel.
- Comment t’ont paru les villageois ? Demanda Ekart. Amicaux ou plutôt farouche ?
L’écuyère haussa les épaules.
- Avec la présence des inquisiteurs, je ne peux pas vraiment te dire.
- Nous sommes passé souvent par là avec nos patrouilles, intervint Caner Tyuro, les habitants de Barigne sont des montagnards, des gens rudes et habitués au rigueur de leur environnement.
- Il faut donc s’attendre à avoir des visages fermés à notre arrivée, en conclut Patinil.
- Pas plus qu’ailleurs je dirais, répondit le sergent.
- Mais il n’y aura pas de problème, lança Dyante Habifa, les villageois sont heureux de savoir que des patrouilles de soldats passent par là pour protéger les routes, pourquoi nous recevraient ils mal ?
- Tu es trop confiant, répondit Caner Tyuro, avec notre précédent passage ils seront sur leurs gardes.
- Nous verrons bien une fois sur place, fit Ekart.
Le jeune homme se releva en époussetant sa cape de la poussière du sol dont elle était couverte.
- Remettons nous en route, plus tôt nous seront sur place, plus tôt nous connaitrons la manière dont nous serons reçus.
Les autres personnes hochèrent la tête, les voyageurs se remirent en route pour gravir les dernières pentes qui menaient à l’entrée du village. Ils gardèrent le silence se préparant à ce qui allait arriver, le pire ou le meilleur.

La pente devint moins raide au fur et à mesure de leur approche, le sentier finit par s’ouvrir pour dévoiler un plateau au creux du massif. Barigne s’était créée dans cette zone plus praticable de la montagne, des parties avaient été creusées à même la roche. Les maisons de bois et de pierre affrontaient année après année les tourments des hauteurs sans jamais trembler.
Tout comme leur maison, les habitants de ce village s’étaient créés une carapace impénétrable. Les intempéries, les attaques de brigands ou d’orcs, les dangers étaient nombreux mais ils ne reculaient pas et ne pensaient pas à partir de leur foyer.
L’apparition de l’expédition ne passa pas inaperçue, les guetteurs à l’entrée de Barigne prévinrent l’ensemble de la population bien avant qu’ils soient en vue de la bourgade. La venue des inquisiteurs avait laissé des traces et ils ne se laisseraient plus faire aussi facilement.
Lorsque les deux diplomates et leurs accompagnants s’approchèrent de la place principale du village, un comité d’accueil était aligné. Les montagnards affichaient un air farouche, des lances, des épées et des arbalètes prêtes à servir en cas d’agression. Les soldats de la forteresse se mirent immédiatement sur leur garde, Mel au centre avec les trois autres épéistes à ces cotés, la hallebarde en arrière dressée.
La tension était palpable et un silence pesant avait frappé le village entier, le souffle du vent s’infiltrait entre les maisons comme les plaintes d’un animal blessé. Patinil murmura à l’oreille de son compagnon derrière les soldats.
- Je crois que pour le bon accueil nous repasserons.
- Ce n’est que la première impression, avec l’Inquisition dans les environs, ils sont sur la défensive, c’est tout à fait normal.
La jeune fille leva un sourcil interrogateur.
- Et j’imagine que tu vas nous sortir de là.
- Mais évidemment, ce n’est qu’un cas d’école comme tous ceux que nous avons étudié à l’Académie, je vais te montrer.
Avant que son amie puisse lui répondre, Ekart franchit les rangs des soldats pour se présenter devant les villageois. Il arborait un sourire chaleureux en écartant les bras de son corps pour montrer qu’il n’était pas armé.
- Bonjour villageois de Barigne, voilà un accueil des plus glacials pour une délégation venant de la capitale.
Les hommes ne cillèrent pas, mais ils ne semblaient pas vouloir attaquer, le diplomate comprit qu’ils ne leur feraient aucun mal sauf en cas d’agression directe. Caner Tyuro prit la parole à son tour sans bouger de sa position avec ses compagnons d’arme.
- Habitants de Barigne, c’est ainsi que vous accueillez les soldats de la forteresse du Corbeau, vous ne nous reconnaissez donc pas.
Il y eu un flottement parmi les montagnards, un homme finit par sortir des rangs à son tour, Mel et les soldats reconnurent le chef du village. L’homme avait une épée à sa ceinture mais il ne l’avait pas dégainé. Il croisa les bras sur sa poitrine pour faire face au jeune homme qui s’était adressé en premier à eux.
- Bonjour à vous voyageurs, nous sommes désolés par cet accueil, mais suite à votre dernière venue, nous avons préféré prendre nos précautions.
- Je le comprends tout à fait, répondit aussitôt le jeune homme, vous n’avez rien à craindre, aucun de nous ne fait partie de l’organisation à la serre d’aigle.
Le chef du village tiqua en voyant que son interlocuteur évitait soigneusement de nommer directement l’Inquisition.
- Je me présente, Ekart Caras, diplomate du Conglomérat et ma collègue se nomme Patinil Ojir, diplomate de la congrégation également.
Le jeune homme fit une révérence devant l’homme qui hocha la tête en gardant son visage neutre.
- Gero Proxyn, je suis le maire du village de Barigne.
Il se tourna vers les hommes qui était réuni derrière lui pour leur faire signe que tout allait bien. Les villageois se dispersèrent lentement pour reprendre leur activité, ils faisaient confiance à leur chef pour savoir juger les gens. Pour plus de sécurité, une demi-douzaine de garde était restée avec le maire pour le protéger. Les arbalètes étaient chargées, tenues fermement, montrant qu’ils savaient très bien s’en servir.
Les soldats de la forteresse baissèrent leur arme à leur tour, Mel remit son épée au fourreau, imitée par ses hommes. Elle voulait montrer aux villageois qu’ils n’avaient rien à voir avec l’Inquisition et leur méthode ignoble et inhumaine.
Patinil se rangea au coté d’Ekart en tenant sa besace où elle conservait tous les documents importants. Le jeune homme lui adressa un signe de tête, elle savait avant qu’il ne lui demande ce dont il avait besoin.
Le chef du village reprit la parole une fois l’atmosphère plus détendue et plus propice à une discussion.
- Alors, qu’est ce qu’une délégation de la congrégation des Diplomates vient faire dans nos montagnes inhospitalières ?
- Nous sommes venus renouer les liens commerciaux et amicaux entre vos communautés et le Conglomérat, afin de pouvoir mieux vous protéger et connaître vos besoins.
- Nous venons aussi vérifier la position géographique des villages, ajouta Patinil, et faire un recensement de population.
Le maire hocha la tête.
- Vous allez donc parcourir une grande partie des montagnes pour les besoins de votre mission.
- Pour le moment nous devons rester dans la région qui est sous l’influence de la forteresse du Corbeau, reprit Ekart, d’autres expéditions suivront après la notre.
- C’est un travail long et difficile qui vous attend, j’espère que vous vous êtes bien préparé à la route qui vous attend.
Le jeune homme se fendit d’un sourire.
- Nous avons privilégié la bonne saison pour faire ce voyage, nous aurons quelques mois de beau temps, afin d’éviter les tempêtes de neige.
- Une bonne chose, fit Gero Proxin, venez avec moi, nous serons mieux à parler chez moi qu’à l’extérieur.
- Se serait avec plaisir, répondit Ekart.
- Fort bien, suivez moi, je vais vous guider jusqu’à ma maison.
Les nouveaux arrivants suivirent de prés le chef du village, les gardiens autour d’eux les suivant pas à pas. Ils gardaient leurs arbalètes chargées malgré les bonnes dispositions de Proxin.
- Vous n’avez pas besoin d’un tel dispositif, fit Mel.
- Je préfère rester prudent, répondit l’homme, bien que vous ne soyez pour le moment pas une menace, la montagne vous apprend à garder tous les sens en alerte.

La bourgade située sur le grand plateau comptait une quarantaine de maisons rassemblées les unes contre les autres. Quelques habitants avaient construit leurs habitations en hauteurs, avec des bergeries accolées.
La maison de Gero Proxin était l’une des plus grandes, elle était au centre du village. Large et toujours ouverte, le réez de chaussée était partagé entre une grande salle commune et une cuisine, un ensemble de poutres et de poteaux en bois très ancien. A l’étage, les parties privatives du chef de village et de sa famille occupaient une grande part. Pour le reste, des chambres avaient été aménagées pour les visiteurs et les marchands de passage.
La petite troupe entra dans la pièce principale, une femme les accueillit d’un signe de la tête. Elle portait une robe simple avec un tablier autour de la taille, de petite taille, elle avait une forte carrure et un visage rond. Ses cheveux étaient cachés par un foulard de couleur rouge retombant à l’arrière de son cou.
- Bienvenu à vous voyageur.
Elle affichait un sourire bienveillant sur le visage.
- Dakie, ma femme, elle s’occupera de vos hommes le temps que nous parlions ensemble, si vous le voulez bien.
Ekart et Patinil consultèrent Mel du regard, la jeune fille hocha la tête pour montrer son accord. L’écuyère se tourna vers les soldats de la forteresse pour leur parler.
- Tyuro, profitez en pour vous reposer un peu, nous allons rester ici pendant quelques jours le temps que les diplomates fassent leur travail. Je vais rester avec eux pour les protéger le temps des tractations.
- Très bien, se ne sera pas de refus.
- Restez tout de même à portée de vue.
- Ne vous inquiétez pas, nous allons rester dans la salle commune.
Les soldats se rendirent à une table où leur attendait une bouteille de vin et des verres. Les miliciens armés étaient restés dans la salle, ils s’étaient regroupés par deux dans les coins de la salle, les armes prêtes à servir en cas de besoin.
Proxin prit les jeunes gens pour les emmener sur une autre table, situé prés d’une cheminée. La table était très ancienne, elle avait du voir des centaines de convives s’attablaient autour d’elle. Le mobilier lui-même pouvait raconter la vie de ce village, les hivers rigoureux, les longues soirées près du feu, les discussions entre les gens.
- Si vous voulez vous installer, nous allons voir ces accords commerciaux, fit le chef du village.
Les diplomates s’assirent devant leur interlocuteur, Mel se mit à une extrémité de la table, elle pouvait ainsi voir la porte de sortie et l’escalier menant à l’étage. Bien que la jeune fille ne pensait pas qu’ils courent un danger ici, elle préférait rester prudente à l’image du chef du village.
- Merci pour votre invitation, commença Patinil avec douceur.
- Je ne vous ai pas accueilli avec beaucoup de tact, répondit Gero Proxin, je n’ai rien contre la Congrégation des Diplomates.
Il posa ses mains sur la table et se pencha vers les deux jeunes gens.
- Je vous écoute, quelle est le motif de votre visite ?
Patinil sortit un porte document qu’elle tendit à son camarade, il l’ouvrit pour en sortir un parchemin qu’il donna à Gero Proxin.
- Voici notre ordre de mission, vous verrez qu’il comprend beaucoup de points différents qui correspondent au commerce et à la vie en générale dans ces montagnes.
Le chef du village le consulta avec attention.
- Je comprends mieux votre venue ici, vous êtes venu faire le point sur les populations qui vivent à la frontière du Conglomérat.
- C’est ce qui en ressort en effet, répondit Ekart.
L’homme reposa le document en esquissant un léger sourire.
- Si vous avez trouvé que notre accueil était un peu froid, vous allez voir les autres villages, nous avons encore l’habitude de voir des voyageurs, mais certains n’en voient presque jamais.
- C’est tout à fait possible, répondit le jeune homme, nous ferons preuves de patience.
- Vous avez du courage malgré votre âge, voyons ce que je peux vous dire sur Barigne, se sera une première victoire pour vous.
Aux termes de quelques heures de négociation et de discussion, Gero Proxin accepta de répondre aux questions des diplomates. Même s’il restait parfois vague sur certains points, il fit preuve d’une coopération qui répondait grandement à leur attente. Ekart fit preuve de son charisme pour rompre la glace avec l’homme qu’il venait à peine de rencontrer.
Le chef du village termina leur réunion en signant une charte commerciale, avantageuse pour l’avenir du village. Il y eu un échange de poignée de main et des sourires pour confirmer la bonne entente. Les miliciens de Barigne s’étaient relâchés, avec le temps, ils avaient discuté avec les soldats, allant jusqu’à s’assoir avec eux pour parler.
La femme du village arriva avec des verres, elle les déposa devant les invités et devant son mari. Elle agissait avec une grande discrétion, elle semblait détendre l’atmosphère avec sa seule présence et sa bonhomie.
Les diplomates en avaient terminé avec la première partie du motif de leur venue, maintenant ils voulaient passer à la suite. Mel remarqua alors les échanges de regard entre les deux jeune gens, elle sentit que la suite de leur entretien n’allait pas être la plus facile.
Patinil se tourna vers le chef de village en jouant de son charme pour aborder le sujet avec plus de douceur et de facilité.
- Vous connaissez parfaitement la région ? Demanda la jeune fille.
- Oui en effet, vous avez besoin de quelques indications pour rejoindre le village suivant ?
- Et bien, surtout sur les montagnes et certaines légendes qui circulent, répondit Ekart.
Le jeune homme se pencha sur le sac de son amie à coté de lui et en sortit un livre qu’il posa sur la table bien en évidence. Gero Proxin baissa les yeux pour apercevoir l’ouvrage, il découvrit l’insigne marqué sur la couverture. Il ouvrit des yeux surpris en voyant un sceau qu’il connaissait très bien, les quatre éléments se mêlant les uns les autres en un cycle perpétuel, le sigle de la magie et de ses pratiquants.
Le chef du village reprit immédiatement sa contenance, il devait rester maître de lui-même pour ne donner aucune indication. L’homme laissa l’une de ses mains sous la table, regardant droit devant lui.
- Pourriez-vous être plus clair ?
Les deux diplomates se regardèrent de nouveau, Mel devint nerveuse, elle glissa sa main sur la garde de son épée.
- C’est en rapport avec la gravure sur la couverture de cet ouvrage, fit Ekart.
- Ce dessin ?
Il fit mine de l’observer.
- Je ne vois pas de quoi il parle ? Vous connaissez sa signification.
Patinil et Ekart échangèrent un nouveau regard, ils devaient aller droit au but sinon jamais ils n’auraient de réponse.
- Nous savons que vous connaissez ce sigle, reprit le jeune homme, il représente la magie des montagnes et …
- Nous aurions du être plus vigilant, le coupa Proxin en haussant la voix.
Il retira soudain l’épée cachée sous la table et la brandit devant lui en les menaçant.
- Vous êtes des espions à la solde de l’Inquisition !
- Non attendez, cria Patinil essayant de reprendre le contrôle de la situation, mais il était trop tard.

A la table des soldats de la forteresse, les miliciens avaient bondi sur leurs armes à la mention de l’Inquisition. Les arbalètes furent de nouveau pointées sur les poitrines, les soldats n’avaient même pas pu attraper leurs armes pour se défendre.
Mel avait attrapé la garde de son épée mais avant qu’elle ne la sorte Ekart l’arrêta d’une main en la fixant dans les yeux quelques instants. Il se tourna alors vers Proxin pour éviter un bain de sang inutile. Avec un sang froid incroyable, le jeune homme écarta les bras et présenta sa poitrine devant la pointe de l’épée devant lui.
- Ecoutez nous s’il vous plait, nous ne sommes pas à la solde de l’Inquisition, nous voulons même lutter contre elle !
L’épée ne bougea pas.
- Je n’ai jamais entendu parler de personnes prêtes à se battre contre l’Inquisition.
- Et pourtant c’est la stricte vérité ! Lança le jeune homme. Nous avons découvert la vérité par accident et un homme nous a tout expliqué, alors pour nous avons pris la décision de chercher à combattre l’Inquisition en apprenant la vérité qu’ils nous cachent !
La vérité transparaissait dans les propos du diplomate, mais le chef du village connaissait que trop la malveillance de l’organisation de l’ombre.
- Seul l’Inquisition se préoccupe de la magie, et personne d’autre.
Ekart devait agir, il devait se servir d’un atout qu’il aurait préféré éviter de parler. Il allait devoir franchir la frontière entre la prudence et la folie pour le bien de tous les membres de l’expédition.
- La personne qui nous a donné les indications pour venir ici et Maître Garynlos, le Directeur de l’Académie, je suis sûr que vous connaissez cet homme.
Gero Proxin se figea, il plissa les yeux en scrutant le jeune homme.
- Vous connaissez vraiment Maître Garynlos ?
- Oui, répondit aussitôt Ekart, nous étions à l’Académie il y a encore pas longtemps, nous sommes nouveau dans la congrégation des Diplomates. Vous devez nous croire, je vous fais assez confiance pour oser parler de Maître Garynlos, je fais courir un danger pour cette homme et pour nous tous en vous parlant.
Le chef du village de Barigne hésitait, personne parmi les membres de l’Inquisition ne connaissait la véritable identité du Directeur de l’Académie.
- As-tu une preuve de ce que tu dis ?
Le diplomate se mit à chercher, mais c’est Patinil qui eut la réponse, elle ouvrit son sac pour sortir la copie du livre fourni par le directeur de l’Académie. Elle l’ouvrit devant lui et désigna une écriture sur la page de garde.
- Voici son écriture et les quelques indications qu’il nous a donné avant le départ, voilà notre preuve.
Gero Proxin se risqua à regarder le livre ouvert, il avait déjà vu un billet écrit de la main de Maître Garynlos. L’homme reconnut alors les lettres déliées et les traits droits qu’il traçait à chaque fin de paragraphes. Il baissa alors son épée, Ekart remit ses bras le long de son corps, reprenant son souffle après la tension subite.
- Je peux vous croire, Maître Garynlos ne fait pas confiance à n’importe qui surtout pour ce point là, parler de la magie est bien trop dangereux.
Le chef du village fit signe à ses hommes de baisser leurs arbalètes, les miliciens obéirent, désarmant leurs armes. Les soldats regardaient toujours les villageois avec suspicion, mais Mel leur donna l’ordre de se rassoir à leur tour. Ils avaient réussi à calmer la tension, il ne fallait surtout pas en rajouter.
Le silence revint dans la pièce principale, Dakie se montra par la porte de la cuisine, inquiète, mais Proxin lui indiqua du regard tout aller bien. L’homme déposa son épée sur la table en évidence, il ne comptait plus s’en servir.
- Une nouvelle fois je voudrais vous présenter mes excuses, mais la mention de la magie est pour nous un synonyme pour espion de l’Inquisition.
- Maître Garynlos nous avait prévenu, répondit Patinil, le plus difficile c’est de faire le premier pas.
- Il faut faire très attention en effet, vous avez eu de la chance, je ne suis pas un sympathisant de l’Inquisition, bien au contraire.
Il se tourna vers l’écuyère.
- Mais je pense que vous êtes venu en premier ici par votre biais.
Mel hocha la tête.
- Vous ne vous trompez pas, monsieur Proxin, répondit la jeune fille.
Le chef du village interpela les diplomates.
- Alors quel est l’autre motif de votre venue dans ses montagnes ?
Proxin était direct, les diplomates apprécièrent.
- Nous désirons trouver des informations précises sur la magie et son fonctionnement, nous voulons en apprendre que ce que nous avons trouvé dans les écrits que nous avons découvert, expliqua Ekart, notre but est de montrer la véritable apparence de l’Inquisition et de faire toute la vérité sur leur mensonge.
L’homme écouta le discours passionné du jeune homme, il fit un signe de la tête en poussant un petit soupir.
- Noble idéal pour de tous jeunes diplomate comme vous, mais loin d’être si facile que vous semblez le croire. Ce village vit depuis toujours dans la peur de l’Inquisition et tout comme la plus part des habitants des montagnes. Ils se sont infiltrés partout et je ne pense que pas seule une poignée de personnes peuvent changer les choses.
Proxin poussa un soupir en croisant les bras sur sa poitrine.
- Enfin, si vous avez fait le chemin jusqu’ici, ce n’est pas avec mes paroles que je vais vous faire changer d’avis.
Le chef du village réfléchit quelques instants en regardant son verre devant lui. Il faisait tourner lentement le vin à l’intérieur.
- Je ne connais pas assez de chose sur la magie pour vous aider, seul un magicien pourra vous aider au mieux.
- Vous pouvez organiser une rencontre avec l’un d’entre eux ? Demanda Patinil dans un souffle.
L’homme eut une exclamation amusé.
- Quelle enthousiasme, je pourrais peut être organisé une rencontre avec l’une de ses personnes. Mais comme vous savez, ces personnes cultivent le secret pour survivre loin de l’Inquisition.
- Si nous avons une possibilité de rencontrer un magicien, nous devons la prendre, fit Ekart.
- Très bien, je vais tenter de le contacter, j’espère qu’il ne sera pas trop de mauvaise humeur.
Les trois jeunes gens se regardèrent en souriant, ils avaient réussi bien plus vite que ce qu’ils avaient espéré.
- Ne vous réjouissez pas si vite, je ne sais pas si il va accepter, ce magicien est parfois très caractériel.
- Mais combien de temps cela va-t-il prendre ? Nous ne pouvons rester très longtemps ici sans éveiller les soupçons, fit remarquer Mel.
- Vous aurez la réponse demain matin, n’ayez pas peur, nous avons des moyens de communications bien plus rapides que vous n’imaginez.
Proxin leur fit un clin d’œil amusé et se leva.
- Je reviens tout de suite, profitez du repas et reposez vous, vous êtes mes invités, je reviens tout de suite.
L’homme prit l’escalier qui menait à l’étage, les jeunes gens le regardèrent partir en silence. Une fois qu’il eut disparu, ils se rapprochèrent pour discuter à voix basse.
- Quelle chance, lança Ekart, dés le premier village nous allons avoir les informations que nous désirions.
- Il faut d’abord que le magicien accepte de nous rencontrer, dit Patinil.
Le jeune homme poussa un soupir de frustration.
- Quelle rabat joie tu fais, nous avons tout de même réalisé d’énormes choses.
Mel secoua la tête.
- Nous avons eu beaucoup de chance, c’est sûr, nous avons faillit aller à la catastrophe, c’est une chance que tu as prononcé le nom de Maître Garynlos.
La remarque était juste, et Ekart ne put rien y répondre.
- Allons, voyons le verre à moitié plein et pas le verre à moitié vide.
Il brandit son propre verre en souriant.
- Pensons plutôt à notre prochaine rencontre, nous allons vois un vrai magicien !
Les deux jeunes filles ne purent s’empêcher de soupirer de joie, la magie allait enfin leur être révélée. Ils allaient vois des choses que peut dans le Conglomérat avait été spectateur, cette seule pensée leur fit oublier un instant le danger qu’ils courraient si l’Inquisition venait à les trouver et à les arrêter.


A quelques kilomètres du village, frère Phorse observer le village de Barigne.
- Vous allez rester là, et si ils sortent vous venez me le dire immédiatement, c’est bien compris ?
Le soldat acquiesça sans un mot d’un signe bref de la tête. L’inquisiteur jeta un dernier regard vers le village et étira un fin sourire.
- Je sens que ces impies vont nous mener vers du gros gibier, je les exécuterais au nom de la toute puissante Inquisition, et l’ordre régnera dans le Conglomérat grâce à nous, comme toujours.
Phorse descendit sans bruit vers leur campement.

 
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Il y a 3 commentaires
Alexia le 09/09/2007 à 13:05:02
C'est bien que l'inspiration te sois revenu^^! Bonne continuation =)
Jupiter le 16/09/2007 à 17:18:36
ah enfin voila la suite
et qu'arrive t'il a onean XD vite vite lire la suite
Grisonne le 01/10/2007 à 16:12:27
hey trop bien !!!! j'espère que tu vas pas t'arrêter d'écrire

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