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Jeudi 31 mai 2012, 16:10


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 25 - Ceux qui se cachent dans les bois.

Bonjour ^^

La suite est sous vos yeux, nous poursuivons notre histoire pour votre plaisir je l'espère.
Nous avons quitté Onèan en fâcheuse posture. Attiré dans un guet-apens, Keridan et ses deux ombres ont tenté de mettre fin au jour de l'écuyer. Il est tombé hors de porté de leur épée, mais que va t'il devenir alors que la mort s'approche de lui ?
Lynaïs n'est pas au courant du drame que court son ami, la forêt des elfes est si loin de là où il se trouve maintenant.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 25
Ceux qui se cachent dans les bois


Un rayon de lumière perça la frondaison des arbres et s’attarda sur le visage d’Onèan. Le jeune homme ouvrit péniblement les yeux, une vive douleur l’envahit immédiatement. Il avait du mal à remettre ses idées en place, il ne se souvenait pas de ce qu’il s’était passé, seul lui restait l’image d’une terrifiante araignée géante.
Sa tête lui tournait, il essaya de se relever, mais la douleur le terrassa, et il retomba sur le sol en poussant un gémissement. Il n’avait qu’une seule certitude, il ne se trouvait plus au milieu du piège entre les branches.
A travers le brouillard de douleur, Onèan vit une grande silhouette approchée, et il écarquilla les yeux. C’était une koradji, elle avait une démarche souple, elle semblait voler au dessus du sol. Mi femme mi louve, elle avait un corps humain recouvert d’une douce fourrure ocre pâle avec des zones blanches, sa tête était celle d’un loup avec un museau allongé. Elle avait de longs cheveux châtains retenus en plusieurs tresses mêlées de plumes. Ses yeux étaient fixés sur le blessé, il était violet, comme deux agates jumelles.
Ses vêtements étaient fait de cuir très pratique, une jupe courte qui s’arrêtait à mi cuisse, des bottes souples en daim lui montaient jusqu’au dessus du genou. Sur le haut du corps elle portait un gilet de cuir sans manche s’arrêtant au niveau de l’abdomen. A la ceinture pendait un couteau en os aiguisé, elle ne semblait pas vouloir s’en servir sur le jeune homme.
Onèan observait cette étrange apparition avec un mélange de surprise et d’effroi. Il avait entendu tant d’histoires sur la férocité des non humains qui rodaient à la frontière des terres civilisées. L’hiver, les histoires au coin du feu faisaient le tour des maisons, rappelant aux enfants de ne jamais s’approcher de la forêt maudite.
Mais maintenant l’écuyer était totalement sans défense, il ne pouvait pas se relever et se défendre. Il n’avait même pas la force de lever un bras pour tenter de repousser celle qui pouvait l’égorger à tout instant. Sans savoir les pensées qui agitaient le blessé, la koradji s’agenouilla prés d’Onèan et elle posa une main sur son front.
- Ne bouge pas homme des plaines, tes blessures sont très graves et le poison court encore dans tes veines.
La voix de l’inconnue était plutôt mélodieuse, presque envoûtante. L’écuyer se sentit étrangement bien en écoutant celle qu’il considérait pour un monstre. Il essaya de parler pour répondre à l’inconnue mais aucun son ne sortit de sa gorge sèche. Une nouvelle fois, la koradji posa une main sur le front du blessé sans dire un mot.
Un autre koradji entra dans le champ de vision de l’écuyer, il se tendit immédiatement en l’apercevant. Il était plus grand que la première, avec une fourrure noire et épaisse, des cheveux aussi noirs que son pelage. Il portait des vêtements de cuir adaptés à sa morphologie, un gilet sans manche ouvert sur son torse, un pantalon souple et des bottes de cuir.
Le nouveau venu se tenait droit au dessus du blessé, son regard doré était particulièrement dur. Il n’avait pas l’air d’être soucieux de la santé de l’écuyer, préférant planter sa lance en travers de sa poitrine. Sentant le jeune homme se tendre sous la paume de sa main, la koradji se retourna pour faire face à son compagnon.
- Je suis contre Anya, nous ne pouvons pas l’emmener avec nous, nous devons le laisser prés du campement de ses semblables.
La voix de l’homme était profonde, remplie de menace qu’il ne cherchait pas à cacher.
- Mais ils seront incapables de le sauver, et tu as vu, se sont justement ses semblables qui lui ont fait ça.
- Et alors, se ne sont pas nos affaires, ceux du Conglomérat ne sont que des assassins, qu’ils s’entretuent donc, je n’y vois absolument aucun inconvénient, bien au contraire.
- Nous ne sommes pas comme eux, il va à la mort si nous faisons ça.
La jeune fille fixa son compagnon.
- Ne me regarde pas comme ça.
Mais son regard ne changea pas pour autant.
- D’accord, d’accord, mais je te laisse te débrouiller avec Korahyn, je ne chercherais pas à te soutenir dans ce projet totalement insensé.
L’homme alla vers les arbres et se mit à ramasser des branchages. La jeune fille se pencha vers Onèan.
- Dors homme des plaines, tu as de la chance.
L’écuyer voulut remercier celle qui venait de lui sauver la vie, mais à nouveau il ne put réussir à parler. Une vague de douleur le frappa soudainement, sa vue se brouilla quelques instants après et il sombra dans le néant.


Une chaleur douce se posa sur son front, il sembla à Onèan qu’il revenait d’un gouffre sans fond. Ses yeux papillonnèrent et s’ouvrirent après un dernier clignement plus serré. Le jeune homme s’attendait à être ébloui par une lumière vive, mais l’endroit où il se trouvait était plongé dans une semi pénombre. Il se rendit compte qu’il était allongé dans une hutte faite de branchage, le centre du toit étant percé d’un trou pour laisser s’échapper la fumée du foyer.
Sur son front, une main couverte de poil y était posée doucement, cherchant à connaître la fièvre du patient. L’écuyer leva le regard pour apercevoir la personne qui s’occupait de lui. Il s’agissait d’un koradji âgé, avec une fourrure argenté mais encore très épaisse. Ses cheveux étaient longs, de la même couleur que son pelage, des os, des plumes et des brindilles y étaient mêlés de manière anarchique.
Le koradji était habillé d’un simple pagne en tissu retenu à sa taille par des lanières de cuir. Son regard attira beaucoup le blessé, d’un gris perlé il était comme un puits de sagesse insondable. Il pénétrait l’âme pour la mettre à nu, la laissant offerte à cet étrange personnage.
Voyant son malade enfin réveillé, il retira sa main et il afficha un grand sourire chaleureux pour apaiser l’humain.
- Ne bouge pas jeune Terrenoir, la fièvre est enfin tombée, mais tu as perdu beaucoup de sang et le poison a fragilisé ton corps.
Le jeune homme fut surpris d’entendre son nom dans la bouche de cet étranger qu’il n’avait encore jamais rencontré. Il resta allongé sur sa couche, suivant les conseils du koradji, il ouvrit la bouche pour parler à son tour.
- Où je suis ? Réussit à dire l’écuyer.
Il avait mis longtemps à dire cette phrase, sa voix était roque comme s’il avait crié des heures durant. Le vieux koradji avait attendu patiemment que son patient puisse parler par lui-même après sa perte de conscience.
- Tu te trouves au village des Chênes Noirs, à l’Est de la forêt de Veraï.
- Je … Je ne me souviens plus trop de ce qui m’est arrivé.
Le vieux koradji s’installa à coté de son patient.
- Quels sont tes derniers souvenirs ?
- Le campement, le combat, des cliquetis affreux …
Son interlocuteur hocha la tête.
- Votre campement était sous notre surveillance, notre chef a envoyé des espions discrets pour découvrir ce que vous étiez venu faire ici. Ils ont surpris ton combat contre trois hommes de l’Inquisition visible à leur insigne maudit. Nos éclaireurs ont été les témoins de ta chute dans les fourrais, dans un nid d’araignées géantes.
Il s’arrêta pour laisser le jeune homme assimiler ce qu’il avait dit jusqu’à présent, il reprit la parole quelques instants après.
- Les éclaireurs ont agi par instant, ce qui fut salvateur pour toi, ils ont repoussé les araignées et t’ont tiré de ce piège. Tu étais blessé grièvement, du à la chute et au combat, et les arachnides ont eu le temps de t’empoisonner.
Les yeux du jeune homme s’agrandirent d’effroi, mais le koradji posa une main apaisante sur la poitrine de son patient.
- Tu n’as pas à avoir peur, j’ai pu te donner un contre poison efficace, tu t’es battu pendant trois jours et tu as enfin reprit conscience.
- Je suis resté alité pendant trois jours ! Lança Onèan.
Le koradji acquiesça.
- Tu es un garçon robuste, d’autres seraient morts après pareil traitement.
Le jeune homme ferma les yeux en soupirant, après une telle période de temps sans réapparaitre au campement, il avait dû être déclaré mort. Il voulut se relever, mais le vieil homme le maintint sur le sol d’une main ferme.
- Il est encore bien trop tôt pour chercher à te relever, le poison a affaibli ton corps et tes blessures ne sont pas totalement refermées.
L’écuyer se recoucha à contre cœur, il regarda alors le koradji.
- Comment vous appelez vous ?
- Ah enfin une question intelligente, je m’appelle Oroky, je suis le shaman du clan des Chênes noirs jeune Terrenoir.
A nouveau, il nomma le jeune homme par son nom de famille sans que celui-ci ne lui ai pourtant dit. Il tourna la tête vers le shaman et lui posa la question.
- Comment connaissez-vous mon nom, je l’ai prononcé lors de mon sommeil ?
Oroky sourit au jeune homme.
- Tu n’es pas le premier à arriver chez nous, en arborant ce symbole, j’ai donc déduit ton nom de famille, mais je ne connais pas ton prénom.
Le koradji désigna le médaillon qu’il avait autour du cou.
- Vous avez déjà vu un homme portant le même médaillon dans votre village ?
Le jeune homme avait lancé cette phrase dans un souffle.
- En effet, il y a déjà de nombreuses années.
Onèan sentit un espoir envahir son cœur, il avait peut être retrouvé la trace de son père, il était peut être encore vivant quelque part dans les bois.
- Est il encore ici ? Savez vous où il se trouve ?
Le visage d’Oroky s’assombrit.
- Il n’a pas été plus loin que notre village, il est arrivé comme toi, grièvement blessé, il a longtemps lutté mais les dieux l’ont emporté dans leur domaine quelques jours après. Il appartenait à ta famille ?
L’écuyer vit disparaitre ses derniers espoirs de retrouver le chevalier vivant.
- Oui, c’était mon père, Rodéric Terrenoir, je me nomme Onèan Terrenoir, son fils et l’héritier de son honneur.
Le jeune écuyer sentit son cœur s’effondrer dans un gouffre sans fond, l’espoir qui était né dans son âme venait à jamais de disparaître. Son père était mort, et cette fois il avait la preuve évidente de son trépas.
Oroky comprit que l’annonce de la mort de son père venait de briser douloureusement les rêves du jeune homme. Il reprit la parole d’une voix lente et posée.
- J’avais compris que tu étais son fils.
Onèan le regarda intrigué.
- Il vous a parlé ?
- Oui, nous avons pu échanger quelques mots, cet homme était fort, tout comme toi. Pendant qu’il luttait contre le mal qui le rongeait, il m’a parlé de toi, de sa famille, du Conglomérat et de sa quête de la magie.
- J’ai vu un recueil de ses recherches, mais hélas il est resté avec mon cheval au campement.
- Il m’a aussi parlé des secrets de son nom, ajouta le shaman.
Onèan écarquilla les yeux, il fixa le vieil homme.
- Le secret de mon nom ?
Oroky hocha la tête et continua son explication.
- Les Terrenoir sont une famille au grand passé magique, nous conservons de nombreux secret ici, des légendes qui sont échangés par voix orale ou gravés dans les pierres de quelques lieux sacrés. Le nom de cette famille fait partie des contes anciens.
Le jeune homme essaya à nouveau de se relever.
- J’ai repris les recherches de mon père, je veux découvrir la magie et ces secrets pour poursuivre sa quête de vérité et de justice.
- Calme toi jeune Terrenoir, tu as beaucoup à découvrir et à apprendre.
Oroky posa une main sur l’épaule du jeune homme.
- Demain, Korahyn, le chef du village, viendra te voir, les soldats du Conglomérat sont une malédiction pour nous. Tu dois bien comprendre que beaucoup voit d’un très mauvais œil que tu sois là, et en particulier notre chef.
- Alors que va-t-il se passer pour moi ?
- Pour le moment je ne peux rien te dire, je ne suis pas le seul maître de ton sort, mais sache une chose, je ne suis pas ton ennemi, bien au contraire.
Onèan regarda le vieux koradji, il sentait qu’il pouvait faire confiance en ce shaman. Le jeune homme se recoucha sur la litière de mousse sur laquelle il était allongé. Il avait vraiment besoin de repos, il se sentait fatigué autant physiquement que mentalement.
L’écuyer ferma les yeux et il tenta de retrouver le sommeil pour récupérer le plus de force possible en prévision du lendemain.


Le shaman avait apporté une structure en bois pour que le jeune homme puisse se tenir face à son auditoire. Il y avait face à lui une demi-douzaine de koradjis, cinq d’entre eux étaient très âgés, les anciens du village. Tout comme Oroky, ils possédaient un pelage argenté ou blancs, certains avaient une canne pour s’appuyer. Ils portaient tous une fourrure sur les épaules, les yeux tournés vers le jeune humain.
Le dernier était tout en force et en muscle, très grand, sa fourrure était rousse, comme des flammes bondissantes et ravageuses. Dans ses yeux d’un vert profond brillaient une force de caractère sans pareil qui imposait le respect. Particulièrement charismatique, le koradji savait se faire obéir d’un seul regard. Il portait des vêtements simples, un gilet ouvert dévoilant une poitrine large, un pantalon de tissu et des bottes de cuir complétés sa tenue.
L’homme ne cachait pas son animosité envers l’étranger, il dévoilait de temps en temps une rangée de dents tranchantes. Il croisa les bras sur sa poitrine en se redressant de tout sa taille, déjà grand, il obligeait Onèan à lever la tête pour le voir droit dans les yeux.
- Je m’appelle Korahyn, je suis le chef du village du clan des Chênes noirs, je suis venu avec le conseil des anciens pour savoir ce que nous devions faire de toi, soldats du Conglomérat.
Avant même qu’Onèan puisse prendre la parole, le chef reprit.
- Quand tu es arrivé, cela a remonté de lointains souvenirs, tu es encore jeune mais tu restes un de ces chiens du Conglomérats qui viennent piller nos villages et tuer nos enfants.
L’écuyer eut un mouvement de recul en voyant la haine qui brillait dans les yeux du koradji. Le jeune homme avait tout le temps entendu parler des monstres sanguinaires, et voilà que s’était à son tour d’être traité d’assassins.
- Calme toi Korahyn, intervint Oroky, il ne sait pas tout ce qu’il s’est passé, il ne connaît pas la vérité.
Le chef se calma un peu, son regard moins flamboyant, il laissa échapper une exclamation dédaigneuse.
- Pourquoi prendre le temps de lui parler, il n’est qu’un de ces chiens endoctrinés par l’Inquisition.
- C’est un Terrenoir, tout comme notre précédent visiteur venu du Conglomérat, il peut comprendre ce que nous avons à dire.
Korahyn haussa les épaules.
- Comme tu désires Oroky, veux-tu entendre la vérité, humain ?
La question désarçonna un peu le blessé.
- Oui, finit il par dire après avoir hésité.
- Les soldats de ton pays viennent dans notre forêt pour tuer et piller les villages des koradjis, colportant sur nous les pires des horreurs alors que nous sommes les premières victimes de ces exactions. L’Inquisition commande cette horde sauvage, j’ai vu ce que les inquisiteurs sont capables de faire, et encore je suis loin de pouvoir te dire la vérité telle que j’ai pu y assister.
La révélation laissa Onèan abasourdi, il avait compris que l’Inquisition n’hésitait pas à tuer pour obtenir ce qu’il désirait. Mais il n’était pas seulement question des hommes en noir, mais aussi toutes les forces du Conglomérat y compris les Chevaliers protecteurs. Comment les dirigeants de son pays avaient ils garder tant de mensonges, tant de secrets ?
- Alors jeune humain, comment trouves tu cette vérité ?
Onèan ne savait pas vraiment ce qu’il devait répondre à cette question.
- Tu comprends pourquoi beaucoup de mes compatriotes souhaitent te voir mort, reprit Korahyn, mais notre shaman a voulu que je te laisse en vie et que tu sois soigné. Tu portes le nom du chevalier qui est arrivé dans notre clan, j’ai un peu parlé à ton père il avait un grand cœur, il était différent des autres, et malgré ses blessures cet homme était fort.
Quelques uns parmi les anciens opinèrent en silence.
- Dis-moi pourquoi je devrais te laisser la vie sauve ? Acheva Korahyn d’une voix dur et sans appel.
L’écuyer ferma un instant les yeux pour arriver à trouver les mots qu’il allait dire. Il regarda le shaman qui avait gardé le silence jusqu’à présent, étrangement il affichait un sourire confiant sans la moindre trace de peur ou d’appréhension. Le jeune homme pensait que le vieux koradji parlerait pour lui, mais il n’avait presque pas ouvert la bouche.
Onèan devait se débrouiller seul pour se défendre, et c’était bien le but du shaman et il l’avait compris. Il prit une profonde inspiration pour réunir tout son courage et il leva les yeux vers le chef avec conviction.
- Je suis écuyer de l’ordre de la Lumière, pour devenir un Chevalier Protecteur, pour protéger les innocents, j’ai découvert il y a peu l’existence de la trahison et du mensonge au sein du Conglomérat. Et je me suis juré en la mémoire de mon père de délivrer les habitants de l’Empire de ce carcan d’ombres.
Il prit une inspiration avant de reprendre.
- Je sais que je n’ai que mes mots pour me défendre et pour vous convaincre de ma bonne foi. J’ai déjà perdu des choses irremplaçables à cause de l’Inquisition, je ne veux pas que d’autres enfants vivent la même chose que j’ai vécu.
Le regard d’Onèan plongeait dans celui du koradji, et il chercha à porter tout le poids de ces mots dans ses yeux. Et cette fois, ce fut au tour du chef d’être désarçonné, le jeune homme lui renvoyaient une volonté farouche et sans faille. Il revoyait la même ardeur qu’il pouvait lire dans le regard de Rodéric Terrenoir. Blessé et proche de la mort, jamais ses yeux n’avaient perdu leur farouche désir de se battre.
Korahyn observait ce jeune humain avec la même interrogation qu’il avait eu en voyant le précédent visiteur venu du Conglomérat. Il était le chef du village, il devait prendre les décisions importantes pour protéger les siens. Contrairement à sa logique, il finit par acquiescer en gardant les bras croisés sur sa poitrine.
- Tu pourras rester parmi nous mais tu ne garderas aucune arme sur toi, tu seras toujours accompagné de quelqu’un à chacun de tes déplacements.
- Merci à vous, je serais digne de la confiance que vous acceptez de me donner.
Le chef laissa échapper une expression dédaigneuse.
- Laisse tomber les flatteries, je suis totalement insensible, la personne qui te surveillera sera là dés qu’Oroky donnera son aval pour que tu sortes de cette maison.
Un sourire orna alors les lèvres de Korahyn.
- Je sais déjà qui sera l’heureuse élue qui se chargera de cette tâche.
Il se tourna vers les anciens qui avaient gardé le silence.
- Vous êtes d’accord ?
Ils opinèrent de la tête, ne voyant pas le besoin d’ajouter quelque chose à l’échange qui venait d’avoir lieu.
- Si j’en ai fini ici, reprit le chef du village, je vais m’en aller, j’ai encore beaucoup à faire, surveille le bien Oroky, je compte sur toi.
- Je le ferais, je ne suis pas idiot.
Korahyn haussa les épaules et quitta la maison du shaman, les anciens firent de même non sans saluer le vieux koradji avant de sortir. Ils se retrouvèrent rapidement seul dans la case, le silence revenu.
Oroky aida son patient à se recoucher en retirant la structure en bois qui le maintenait dans une position assise. Une fois à nouveau installé, le shaman regarda l’humain en affichant un sourire entendu.
- Tu as trouvé les mots justes pour convaincre Korahyn, tu ressembles à ton père.
Le jeune homme sourit à son tour.
- Je vous avouerais que je me suis lancé sans vraiment savoir ce qui allait se passer.
- Alors tu as beaucoup de chance, je pense que tu as une bonne étoile qui te guide sur la bonne route à suivre.
Oroky fit un étrange sourire et il sortit à son tour, laissant l’écuyer seul. En peu de temps il venait d’avoir des réponses à quelques unes de ses questions, mais bien d’autres étaient apparues. Après l’Académie et Paragahi, l’expédition l’avait mené au cœur de la forêt de Veraï, au milieu d’un peuple qui haïssait plus que tout les gens du Conglomérat.
Onèan ferma les yeux et pensa à son foyer, Winrya, à sa mère et sa petite sœur, Imjane. Il pensa aussi à ses amis si loin, et poussa un soupir à fendre l’âme.
- Je ne sais vraiment pas quand je pourrais tous vous revoir, si j’ai une route à suivre, j’aurais aimé qu’elle repasse par mon foyer.
Le jeune homme ferma les yeux en soupirant.


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Les trois élèves de Maître Guyt’Ji était assis sur le sol devant la maison des parents de Karez. L’elfe leur avait demandé de préparer des flèches pour les prochains cours mais aussi pour qu’elles puissent servir à l’ensemble de la population.
Bien qu’un peu déroutante, les élèves archers mages s’étaient mis au travail avec application. Maître Guyt’Ji se tenait devant eux pour surveiller le début de leur tâche, il donnait quelques conseils aux jeunes gens pour que les projectiles soient parfait.
Voyant ses élèves affichaient des mines déconfites à la sa demande, l’elfe leur parla tout en continuant à les surveiller.
- Et bien, que d’enthousiasme, vous n’êtes donc pas content de faire pareil ouvrage ?
Les jeunes gens se regardèrent sans savoir que répondre.
- Allons vous pouvez me le dire, je ne me fâcherais pas, reprit Maître Guyt’Ji.
Elifain finit par prendre la parole.
- Pourquoi devons-nous fabriquer des flèches ? Nous savons déjà très bien le faire, même Lynaïs.
- Voilà donc votre souci, fit l’elfe.
Il croisa les bras et les regarda les uns après les autres.
- Quel est le métier que vous apprenez ?
- Archer mage évidemment, répondit Karez.
- Tout à fait, et pour n archer les flèches sont l’un des éléments les plus importants.
- Mais en tant qu’archer mage nous pouvons créer nous même nos flèches avec la magie, lança Lynaïs.
Maître Guyt’Ji hocha la tête.
- Bien sûr, vous pouvez créer des traits de magie pure pour vous battre, mais cela épuise vos forces et votre combativité. Vous devez parvenir à doser l’utilisation de la magie pour ne pas oublier les flèches classiques, ces tiges de bois sont bien plus importantes que le pouvoir qui sommeille en vous.
L’elfe prit une flèche dans le tas et la présenta à ses élèves.
- Regardez ce projectile, que pouvez-vous me dire dessus ?
Les élèves observèrent la flèche, ils ne savaient pas vraiment ce qu’ils pouvaient en dire. Lynaïs se lança en première.
- C’est une tige de noisetier très souple.
- Oui et encore ?
- Elle a la taille parfaite pour servir sur n’importe quel arc, ajouta Karez.
- C’est une bonne flèche tout simplement, finit Elifain en haussant les épaules.
Maître Guyt’Ji attendit qu’il est tous parlé avant de prendre à son tour la parole.
- Vous avez répondu justement, mais ce n’est pas tout, laissez moi vous expliquer.
Il prit la flèche entre ses doigts en la faisant rouler lentement sur elle-même.
- Le noisetier d’où vient cette flèche était jeune, plein de sève et de vie.
Il porta le projectile à son œil pour l’observer de plus prêt.
- Elle est bien droite, sans défaut apparent, elle a un équilibre parfait avec une très légère courbure à peine perceptible. Pour que le projectile aille parfaitement droit, nous allons devoir compenser avec les plumes à l’arrière de celle-ci.
Sous les yeux de ses élèves, Maître Guyt’Ji se mit au travail avec habileté. Il tailla la pointe à l’aide d’un petit couteau aiguisé, il l’approcha des flammes pour la faire noircir et la durcir. Il la retourna ensuite pour ficher les plumes, il ajusta avec patience les éléments pour permettre un vol parfait du projectile.
Une fois son ouvrage terminé, l’elfe présenta aux jeunes gens la flèche terminée. Il affichait un visage serein et posé, sa voix était douce quand il prit la parole.
- Cette flèche n’est peut être qu’une flèche parmi tant d’autre, mais elle doit permettre à celui qui la lancera de ne pas rater sa cible. L’archer qui va l’utiliser fera une entière confiance en celui qui la fabriqué. Est-ce que vous comprenez maintenant ce que j’attends de vous maintenant ?
Les élèves acquiescèrent en silence.
- Ne vous laissez jamais griser par le pouvoir, restez humble sans jamais oublier le fondement même d’un archer.
Il se leva après avoir prononcé ses mots.
- Je dois vous laisser, j’ai une réunion avec les anciens et les chefs de patrouilles, faites votre travail correctement jusqu’à ce que je revienne, je contrôlerais ce que vous avez fait.
Maître Guyt’Ji les salua avant de partir. Les jeunes gens s’appliquèrent à leur ouvrage suivant les instructions de leur professeur. Mais rapidement Elifain ne put garder sa langue, la jeune elfe avait du mal à rester concentrée longtemps.
- Je n’aurais jamais cru que fabriquer des flèches revêtait autant de signification.
- Je n’y avais pas pensé non plus, répondit Lynaïs, si cela peut te rassurer.
Karez taillait consciencieusement la pointe d’une flèche.
- Au moins nous ne perdrons pas notre journée, alors que j’aurais juré le contraire il y a encore quelques instants.
- Le maître ne nous aurait pas fait faire ce travail sans signification, nous n’aurions pas du en douter.
- Te voilà à lancer de grandes phrases ma chère Elifain, lança l’elfe ironique.
- Tu es jaloux c’est tout.
Karez haussa les épaules et se remit au travail.
- Regarde le comment il se vexe facilement, fit la jeune fille à son amie à ses cotés.
Lynaïs sourit sans ajouter plus pour ne pas ennuyer leur compagnon.
- Tu vas mieux au fait, reprit Elifain, tu nous as fait peur il y a quelques jours.
- Ne t’en fait pas, j’avais juste besoin de me reposer, maintenant tout va bien, la mère de Karez m’a donné un remède qui m’a remise sur pied.
La jeune elfe lui sourit avec chaleur, elle s’était beaucoup inquiétée pour son amie humaine et elle était rassurée de la savoir en bonne santé à présent. Lynaïs lui retourna son sourire, elle ne voulait pas lui dire ce qu’elle ressentait pour éviter de l’ennuyer.
L’archère pensait encore à l’image qui était comme gravé dans sa mémoire. Elle voyait tout le temps Onèan aux prises avec cette gigantesque araignée et la mort qui approchait de lui au rythme des huit pattes de la créature. La jeune fille n’avait pas trouvé le sommeil lors de la première nuit qui avait précédé son malaise. Même quatre jours après, elle ressentait encore des frissons et une peur indicible en repensant à la scène.
Lynaïs aurait tout donné pour avoir des nouvelles de celui qu’elle aimait, mais elle ne pouvait qu’espérer qu’il se porte bien. Elle se remit au travail pour oublier ces angoisses, l’esprit occupé était le meilleur remède pour son esprit torturé.
 
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Il y a 4 commentaires
Alexia le 09/09/2007 à 13:14:17
Et ben vivement la suite^^!=) Bonne continuation surtout perd pas l'inspirationnnn veux savoir la suite!!!!
Jupiter le 16/09/2007 à 17:17:33
ah bah depuis le temps que je voulai lire la suite enfin j'ai eu le temps de le faire ^^

un peu courte a mon gout j'aurai voulu lire plus lool ( je suis trop impatiente mdr )

en tout cas super
Grisonne le 01/10/2007 à 16:20:09
haaaaaaaaaaaaa j'adore là !!! je veux la suite maintenant T_T je veux voir ce qui va se passer >< vite vite vite !!!!!!!
Dark fullmetal le 11/11/2010 à 12:40:42
Ils ont la classe ces Koradjies =D et ils sont sympa en plus je trouve ^^ Surtout l'ancien et la demoiselle =) j'espère que ce sera elle qui s'occupera d'Onèan <3
On dirait qu'il est lié d'une manière ou d'une autre à Lynaïs aussi =O j'hâte d'en savoir plus ^^

A bientôt et encore bravo pour ta fic, il y a quelques petites fautes mais je l'adore et m'a accroché =D
Bye neeeeeee ^^

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