And that's all ....?
Même si je me tenais dans cet endroit insolite par le plus grand hasard, quelque chose me disait qu'après cette soirée je ne reverrai plus le monde du même œil. Il y a de ces pressentiments qui nous prennent, se fixent dans notre tête et n'en sortent qu'une fois qu'ils se sont avérés exacts. J'en tenais un beau. Alors, décidant de faire impasse sur ma visite médicale déjà tardive, je déambulais parmi les monticules de terre et de pierres gravées. L'air ambiant était froid, aussi froid sûrement que les corps inertes qui avaient étés entreposés ici. Malgré tout, une fine sueur perlait sur mon visage et des frissons se répandaient sur le long de mes bras, ma nuque, mes reins. Observant les noms inscrits et les photos, je me complaisais dans un humour morbide et cherchais les noms loufoques et les visages parfois grotesques que la mort avait fauchés. Il en faut tellement peu pour amuser un humain. De l'endroit s'échappait un calme absolu, une paix et même une certaine beauté. La nuit isolait le site et seul la lune éclairait les lourdes pierres vieillies, les anges éplorés, les vierges et les Christ. Quelques fleurs libéraient leurs légers parfums et souvent des pétales secs roulaient sur le sol, poussés par le vent.
Oublié dans ma contemplation admirative, il y a longtemps que je m'étais perdu. Soudain épuisé par cette promenade, je m'assis sur une tombe et fermai les yeux. On eut dit que tous ces corps sans vie avaient puisé dans l'énergie de ma faible constitution. Je rouvris les yeux un peu dérouté et observais la photo de la personne à qui appartenait mon banc de fortune. Une face ronde et poupine répondit à mon questionnement. La vie lui avait fuit au bout d'un jour. Choqué je me relevai et regardai les autres tombes. Les portrait de visages joufflus, bouffis, pleurants ou regardant le vide avec incrédulité, m'entouraient. J'étais dans l'espace des nourrissons. L'angoisse s'installa. Ma respiration se fit plus saccadée et difficile, mon estomac noué, une légère nausée agrippa ma gorge. Le parfum des fleurs maintenant me dégoutait et fut très vite remplacé par celui de l'eau stagnante et des plantes pourries. Un scolopendre grimpa le long de ma jambe. Figé sur place, il me sembla que je devenais aussi froid que la pierre, que les corps, que l'air. Je ressentis une déchirure dans mon cœur, l'écho résonna dans mes oreilles. La douleur fut vive, intense. Ma vision bascula, l'oxygène ne rentrait plus dans mes pauvres poumons écrasés par la douleur. Je m'écroulai. Puis des bouffées de chaleur émanèrent de mon torse, accentuant ma nausée. J'étais à deux doigts de vomir. Un craquement se fit, suivit d'un bruit spongieux. Tout devint alors plus sombre. Le bruit s'accéléra, entrecoupé par celui du broyage de quelque chose. Je ne saurais le définir. Du cartilage peut-être ? Le bruit était tellement proche... Puis, éclata à mes tympans un rire caverneux, semblable à un aboiement euphorique. Un chien, une bête monstrueuse badigeonnée de sang entra dans mon champ de vision réduit. la gueule grande ouverte, les yeux enflammés. Il mordillait une fumerole sortant du cratère sanglant sur ma poitrine. Mon âme ! Le chien du diable m'arrachait mon âme ! Un horrible spasme me prit. Je perdis connaissance.
Je me réveillai, un molosse aux grands yeux me fixait, guettant mon réveil. Je hurlai. Logé chez le gardien du cimetière, il m'expliqua qu'il avait été averti par son chien et m'avait retrouvé sans connaissance, une grosse plaie sur mon torse. J'avais du perdre connaissance et dans ma chute me heurter violemment au coin de la tombe, m'ouvrant le torse. J'avais alors alterné délire et état comateux pendant quatre jours.
Ce que j'avais vécu cette nuit là je ne le racontai à personne. depuis chaque fois que l'obscurité engloutissait la ville je me réveillai, mon corps et mon esprit oppressés par le pressentiment de ne pas avoir tout vu, qu'il ne m'avait pas tout prit....
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Je vous présente toutes mes excuses, chers lecteurs éventuels, pour les fautes d'orthographe et les fautes de style. Je n'écris pas souvent donc soyez indulgents ^^. Bisousss à tous |