Chapitre 31 : Retour à l’ère Sengoku
Inu yasha serrait toujours la jeune femme dans ses bras, continuant à se lamenter.
-Tu ne peux pas ! Tu avais enfin retrouvé tes forces… Pourquoi ? Pourquoi as-tu fait ça ?
Il se releva portant le corps de la jeune femme. Il se dirigea lentement vers l’échelle. On aurait pu croire qu’il allait à un enterrement et sait l’impression qu’il avait. Le cœur de la jeune femme avait cessé de battre. Elle était morte dans ses bras !
Koga regardait avec effroi le hanyô emporter le corps d’Aryel. Il avait compris ! Il avait compris qu’elle était morte ! Tremblant de rage, de colère et de désespoir, il voulut se précipiter sur le hanyô pour le tuer sur le champ. Toutefois, Kagome l’attrapa par le bras.
-Non ! Ne lui fais pas de mal ! Il ne voulait pas…
Elle avait les larmes aux yeux et suppliait le yôkai du regard. Elle avait immédiatement compris son intention et elle le comprenait, mais elle ne pouvait pas le laisser faire. Anxieuse, elle se tourna avec lenteur vers la porte qui s’ouvrit. Inu yasha s’avança dans la pièce. Son visage était tiré par la souffrance et le désespoir. Les yeux remplis de larmes, il regarda toutes les personnes présentes dans la salle, espérant que l’un d’eux allait lui dire de ne pas s’inquiéter, qu’Aryel allait bientôt reprendre conscience, mais personne ne prit la parole. Un silence tendu et intenable s’était immédiatement installé lorsque le hanyô était entré.
Finalement, Akari finit par se décider.
-Aryel est morte…morte parce que tu l’as obligée à quitter sa transe…
-Tu insinues que je l’aurais tuée ? grogna-t-il en sentant sa tristesse se transformer en colère et son malheur grandir.
-Sans le vouloir bien sûr…
Le ton qu’avait employé la scientifique déplut au hanyô. Pourtant, tout ce qu’elle voulait c’était qu’il se calme.
-A présent…de grands malheurs vont se produire… Aussi bien ici que dans le passé… continua-t-elle après une légère hésitation. Vous feriez mieux de rentrer chez vous…
Koga, Kagome et Inu yasha se dirigeaient vers le temple en silence. Les personnes qui les avaient croisés les avaient observés avec étonnement et stupéfaction.
Le hanyô et le yôkai marchaient côte à côte fixant sans cesse le visage de la jeune femme sans vie. La jeune fille les suivait un peu plus loin en arrière. Elle se sentait extrêmement mal à l’aise. Elle s’était brusquement souvenue, souvenue que ce jour était un jour spécial.
Ils avaient monté les escaliers et à présent, ils se dirigeaient vers la petite chapelle où se trouvait le puits dévoreur d’os.
-Kagome ! appela la mère de la jeune fille en sortant de la maison. Que je suis heureuse que tu sois là ! Joyeux anniversaire !
Les deux garçons s’arrêtèrent et sans se retourner ils lui parlèrent.
-Bonne anniversaire Kagome ! déclara Koga sans une once d’émotion dans la voix.
-Reste donc ici, nous nous retournons à l’époque Sengoku…il faut que nous fassions les funérailles d’Aryel… décréta le hanyô en continuant son chemin.
Il portait toujours le corps de la jeune femme, Akari lui avait proposé d’enterrer le corps dans ce monde, mais il avait refusé avec l’ardeur du désespoir.
Se sentant abandonnée, Kagome regarda les deux garçons partir. Elle se sentait triste et inquiète. Inu yasha était toujours humain, donc en danger constant à cause des nombreux ennemis qui recherchaient sa mort. Quant à Koga, il risquait de mourir en combattant Naraku. Elle alla s’asseoir dans le salon où l’attendait ses amies et Hojo. D’Ayumi, elle reçut une nouvelle robe pourpre magnifique, d’Eri du parfum de rose et de la mousse pour le bain, de Yumi un bon pour passer deux jours dans un parc d’attraction avec elle et de Hojo des produits médicinaux, des fleurs et une bague que la jeune fille mit immédiatement à son doigt. Elle les remercia avec un sourire triste et soulagée. Elle n’était pas seule ! Elle avait des amis ici, dans son monde à elle. Sans doute serait-elle sortit avec Hojo si elle ne s’était pas approchée du puits il y a aujourd’hui un an de cela. Chassant ses pensées, elle se concentra pour apprécier cette journée.
Un sourire victorieux et un rire mauvais éclata dans la grotte où se trouvait le château de Naraku. Le hanyô avait senti l’énergie d’Aryel disparaître et cela ne pouvait signifier qu’une chose : Aryel était morte !
Il ignorait qui, comment et de quoi elle était morte, mais peu lui importait. Elle était morte c’était tout ce qui comptait. Il se promit personnellement de remercier l’auteur du meurtre ou plutôt de cette bénédiction. Maintenant qu’elle n’était plus, il n’avait plus à s’inquiéter à propos du Shikon no Tama, plus personne ne pouvait l’empêcher de rassembler les morceaux de la perle.
Avec un sourire sadique, il se leva et sortit de la pièce. Kagura vit le hanyô sortir de la pièce. Elle fut légèrement surprise en voyant son visage. Il affichait un sourire cruel et satisfait et semblait débordé d’une joie inébranlable, cependant ses yeux reflétaient une tristesse voilée.
-Qu’est-ce que ça veut dire ? se demanda-t-elle très intriguée.
Naraku remarqua la présence de Kagura et l’interpella :
-Kagura ! Va dire à Gyuno que son travail est terminé, ensuite revient ici et attend mon retour ! J’ai à faire…
Qu’il fasse quelque chose étonna grandement la jeune yôkai. D’habitude il ne se salissait jamais les mains. Pour qu’il se déplace, il fallait que ce qu’il voulait faire soit de la plus haute importance.
-Et bien sûr ! Il ne me dira rien ! pensa-t-elle avec amertume en partant.
Naraku prit le Shikon no Tama presque complet et alla dans la pièce où se trouvait Kanna. Elle était toujours aussi pâle et portait les même vêtements blancs que la dernière fois. Il devait passer à la phase finale, mais d’abord il devait trouver l’assassin.
Il s’agenouilla face à la fillette qui se tenait debout au milieu de la pièce comme à l’accoutumé. La fillette tenait entre ses mains le miroir qui lui faisait office d’arme et de protection.
-Kanna ! Montre-moi celui qui a causé la mort d’Aryel ! ordonna le hanyô, impatient de voir à quoi pouvait bien ressembler l’assassin.
-Gyuno ! appela Kagura.
Elle était agenouillée sur une plume gigantesque qui faisait du surplace à plusieurs mètres au dessus du sol.
Entendant son nom, le garçon leva la tête. Il n’avait cessé de tuer tous ceux qui s’approchaient du puits dévoreur d’os et à présent, le sol était jonché de cadavres puants.
-Qui a-t-il ?
-Ta mission est terminé, Naraku n’a plus besoin de toi à présent !
Après un long soupir de soulagement, Gyuno déclara :
-Ce n’est pas trop tôt !
La peau se déchira en deux et un monstre flasque, répugnant et hideux au teint verdâtre rampa en s’éloignant. Gyuno n’était qu’un monstre informe ressemblant à de la gelé, mais lorsqu’on le voyait ainsi l’on avait envie de vomir.
Il disparut entre les arbres, heureux d’avoir pu quitter ce corps pour lui monstrueux.
Kagura le regarda partir, puis pensa :
-Je n’ai plus qu’à retourner au château à présent…
Elle détestait Naraku. Elle haïssait de ne pouvoir être libre comme le vent.
Remplie de rancune, elle retourna au château où elle était prisonnière depuis si longtemps…
Inu taisho eut l’impression d’être frappé par la foudre de l’intérieur. Il avait toujours ressenti la présence d’Aryel en lui. Pourtant…elle semblait avoir disparu. Et il savait ce que cela signifiait : Aryel était morte !
Il ne pouvait pas y croire ! La jeune femme n’était plus !
La jeune femme qu’il avait rencontré il y a des siècles de cela, lorsqu’elle n’était encore qu’une toute petite fille ! La jeune femme qu’il a d’abord haïe puis prit sous sa protection ! La jeune femme qui, en grandissant, avait toujours été à ses côtés en toute circonstance ! La jeune femme qui avait toujours combattu à ses côtés ! La jeune femme dont il avait fini par tomber amoureux ! Cet amour qui l’avait si souvent fait souffrir en silence de ne pouvoir lui dire ce qu’il éprouvait pour elle ! La jeune femme pour qui il avait offert sa vie ! Et enfin, la jeune femme pour qui il était revenu d’entre les morts, seulement pour elle !
Non ! C’était impossible ! Elle ne pouvait pas être morte !
Son fils aîné remarqua son trouble et se sentait lui-même malheureux, désespéré et incapable de rester tranquille. Il ignorait pourquoi il ressentait ces sensations, il ignorait même ce qu’elles signifiaient. C’était la première fois qu’il les ressentait et il ne savait pas comment se comporter.
Voyant le malaise de son maître et du taiyôkai, Rin s’approcha d’eux et les dévisagea. Leur visage reflétait de l’inquiétude et de la tristesse, ce qui étonna fort la fillette, car c’était la première fois qu’elle voyait le visage de son maître arborer ces expressions.
Cela n’avait pas échappé à Jaken qui observait son maître du coin de l’œil. Il espérait que la gamine se tairait, mais hélas, elle ne put s’empêcher de tirer les deux adultes de leurs pensées.
-Sesshomaru-sama ! Rin voudrait savoir pourquoi vous faites cette tête ?
Sans répondre à la question de l’enfant, le yôkai posa son regard sur elle et la regarda un long moment.
Il écarquilla les yeux lorsqu’il eut l’impression qu’Aryel se trouvait devant lui, lui souriant. Il ferma les yeux et lorsqu’il les rouvrit la jeune femme avait disparu.
-Une vision… murmura-t-il avec soulagement.
Au fond de lui, il ressentait une douleur aigue et un déchirement qui hurlait en lui.
Brusquement il comprit ! Il était arrivé quelque chose de grave à la jeune femme, de très grave ! Il se retourna et observa le ciel qui commençait à s’assombrir de toutes parts. L’on pouvait entendre des loups hurler au loin, les insectes et les oiseaux s’affoler, imités par des petits mammifères. Les omnivores comme les sangliers, les blaireaux et les ours sortaient de la forêt et se rassemblaient autour des villages et des villes avec des carnassiers tel que les renards, les loups, les chats et les chiens. Même les herbivores, d’habitude si tranquilles et si inoffensifs, se préparaient à attaquer.
Les animaux en temps normal ennemis, s’alliaient pour se venger de la race humaine qui avait causé la perte de leur princesse. Cette fois les humains avaient dépassé les bornes, ils ne pouvaient pas leur pardonner.
-Les animaux, la nature et les éléments vont se rebeller… déclara le taiyôkai à voix basse d’un ton tranquille.
Son fils le dévisagea, stupéfait. Ce que disait son père n’avait aucun sens. Cachant son inquiétude, il recommença à observer le ciel. Il était noir d’encre ! Des nuages épais, noirs et orageux le couvraient et même la lumière était noirâtre. Il frémit ! Il avait un mauvais pressentiment, quelque chose de grave allait se produire !
-Tu le sens, n’est-ce pas ? La Terre va montrer qu’il est dangereux de la défier ! proclama Inu taisho en regardant les nuages à son tour.
Sa voix était toujours neutre. Les paroles de son père inquiéta le yôkai. Toutefois, il ne devait le montrer en aucun cas. Lui qui n’avait jamais transparaître une seule émotion, il ne devait pas faillir maintenant ! Il avait déjà montré quelques faiblesses vis à vis d’Aryel. A présent, il ne devait plus jamais se laisser attendrir par qui que ce soit et pour en être sûr, il avait préféré ne plus jamais revoir la jeune femme. Pourtant, en ce moment même, il désirait plus que tout la voir. Il sentait sa nervosité augmenter de seconde en seconde. Cette sensation était très désagréable et il le cacha immédiatement au fond de lui, croyant que ressentir de pareils sentiments ne le rendraient qu’encore plus faible.
-Allons au palais ! ordonna brusquement le taiyôkai. Nous y serons plus en sécurité !
-En sécurité de quoi ? Peu importe l’ennemi, je l’ai toujours vaincu jusqu’ici ! Pourquoi serait-ce différent maintenant ? répliqua son fils.
-Peut-être, mais à présent tu as quelqu’un à protéger ! dit Inu taisho en regardant la petite fille. En plus, jusqu’ici tes ennemis étaient des humains ou des yôkais. Mais maintenant, c’est la Terre elle-même que tu devras affronter. Un ennemi pareil ne peut être vaincu !
-La Terre ? Mais pour quelle raison ?
-Leur princesse a été tuée ! répondit le taiyôkai, la mine sombre.
-Leur ?
-Quand j’ai dit la Terre, je ne parlais pas seulement de la nature, mais également des éléments et des animaux. Autrefois les humains et les yôkais connaissaient son existence au plus profond d’eux, mais en l’oubliant, ils ont oublié qu’ils étaient eux aussi des animaux et ont commencer à se croire supérieur… A présent, nous allons tous payer pour notre folie ! Ils ont trop longtemps patienté et été indulgents !
-Alors allez au palais ne sert à rien !
-Jamais ils ne s’en prendront au palais et ceux qui se trouver à l’intérieur ! Mais si nous sortons…
-Le palais ? Tu veux dire que la princesse serait…
-Oui ! C’est Aryel !
-Mais comment ?
-Je l’ignore ! Elle l’est c’est tout !
Le taiyôkai se retourna et prit la direction du palais. Sans réfléchir, son fils le suivi, ses serviteurs lui emboîtant le pas. Peut-être son père pourrait-il répondre aux nombreuses questions qu’il avait gardé dans un recoin de sa tête depuis des années.
Kikyo retourna au cimetière et observa, comme elle le faisait régulièrement depuis quelques temps, la tombe du dénommé Naraku. Plus elle y pensait, plus elle était certaine qu’il s’agissait du Naraku qui avait causé sa mort. Même si cela n’avait aucun sens, elle en était sûr. A présent, elle devait trouver comment il avait fait pour revenir d’entre les morts et surtout qui avait bien pu le battre !
Elle se sentait étrangement inquiète. Elle avait un mauvais pressentiment et le fait que le hanyô si cher à son cœur ne soit toujours pas de retour augmentait son angoisse. Elle avait appris de la chasseuse de yôkais que le moine nommé Miroku avait disparu depuis plusieurs mois et elle était sûr qu’il n’allait pas réapparaître de si tôt. Il avait dû tomber dans l’un des nombreux pièges qu’offrait cet endroit.
Après un long soupir, elle se releva lentement tenant fermement son arc d’une main et dirigeant l’autre vers son carquois, se mettant en position de combat. |