Le jour se levait à peine et déjà, les oiseaux commençaient à chanter leur douce mélodie, emportée par la brise fraîche du matin. Puis la lueur du soleil réchauffait lentement le feuillage des arbres et les pavés écrus de la ville médiévale de Filien. Et malgré l'heure matinale, les premiers habitants de cette bourgade s'afféraient à leurs activités quotidiennes. Seulement, aujourd'hui était une journée spéciale : elle ouvrirait la semaine dédiée à la fête de la culture et de la musique, qui réunit chaque année des milliers de personnes, venant de toute la région. Et comme chaque année, cette fête débute le premier jour du printemps.
L'animation avait fini par devenir de plus en plus intense à mesure que le soleil montait dans le ciel clair et printanier. Tous les filienois s'étaient finalement rassemblés pour se répartir les différentes tâches afin de préparer le festival. Et tous y mettaient du leur : c'était le seul moment de l'année où il se passait quelque chose d'intéressant dans cette petite ville perdue au plein milieu de la vallée, et bordée par la forêt de Luniver, se trouvant à peine 2 kilomètres plus loin. Cette semaine permettrait à chaque famille de gagner environ le quart de leur gagne-pain annuel ! C'est donc une aubaine pour tous d'y participer et devenir l'artisan le plus apprécié à la fin de cette occasion.
Filien, malgré son isolement, était un village assez actif du fait de son activité artisanale. La forêt se trouvant proche d'ici, les filienois avaient fini par privilégier le travail du bois. La spécialité de la ville étant la création d'instruments de musique, allant de la simple flûte à bec au plus complexe des pianos, avait donné l'idée au maire d'organiser la fête de la culture, artisanale entre autres, et de la musique, que tout le monde ou presque pratiquait à Filien. Et qui disait musique, disait bien entendu danse et chant, ce qui était une raison de plus pour remplir les activités proposées lors du festival.
Cependant, la première année du festival ne fut pas accueillie comme chacun l'aurait souhaité, certainement par le peu de visiteurs, qui n'avaient pas dépassé plus de 500 personnes. La raison était évidemment le manque d'informations données alentours, et un mauvais bouche-à-oreille qui avait fini par détériorer l'information source à mesure qu'elle se répandait. Mais cette erreur ne fût plus alors commise et aujourd'hui, des messagers étaient envoyés chaque année dans tous les villages qui se trouvaient dans la région, rapportant ainsi l'arrivée de la fête culturelle de Filien. Des affiches étaient disposées partout et des avis étaient distribués dans chaque maison. Et chaque année, cet événement est reçu avec le même enthousiasme. Elle donnait l'occasion aux voisins, et plus, de se réunir et s'amuser ensemble ou de faire de nouvelles rencontres, toujours plus agréables (ou pas) les unes que les autres. Cette dernière tendance eut d'ailleurs raison du festival et maintenant, on pouvait assister à beaucoup de mariages improvisés dans Filien durant la semaine de la culture. De plus, cette fête offrait l'opportunité aux jeunes musiciens, en âge de voyager, de se promouvoir et ainsi, être embauchés dans des troupes ambulantes plus ou moins influentes.
Et pourtant, chaque année, depuis l'existence du festival, un musicien refusait toujours les offres d'emploi qu'on lui proposait. Et ce, malgré ses talents et les protestations de sa choriste, qui ne comprenait jamais les intentions de son ami. Quoique... elle en avait quand même une vague idée.
-Léon ! Reviens ici ! Cria, une petite créature ailée, aux couleurs chatoyantes et à la voix fluette.
Le dénommé Léon, de grande taille, à la chevelure violacée et un luth accroché derrière son dos, fanfaronnait gaiement auprès de deux jolies jeunes femmes, qu'il avait interrompu dans leurs tâches.
" Elle ne peut pas me laisser flâner comme je l'entends, c'est pénible ! ", pensa-t-il, une légère lueur d'agacement dans ses yeux bleu azur.
-Veuillez m'excuser mes hirondelles, je dois de ce pas me retirer. Siffla le Casa nova, en faisant une courbette devant ces dames, et s'éloignant vers sa choriste.
Les deux jeunes femmes ricanèrent discrètement et s'afférèrent à nouveau à leurs activités.
-Ce n'est pas vrai ! Il faut toujours que tu sois en train de courir après des jupons ! Pesta l'étrange animal, en voyant arriver son compagnon.
-Oh, ça va, ça va, Orphée. Je ne fais que du repérage, rien de plus. Répondit Léon, en haussant les épaules.
-Tu dis tout le temps la même chose, tu es exaspérant... Soupira la dite Orphée.
Le jeune homme haussa à nouveau les épaules et s'éloigna, le pas dansant. L'animal au regard émeraude, complètement désabusé, le suivit sans plus de conviction que celle d'être à ses côtés afin de connaître un jour la gloire qui devait lui revenir, et ce grâce à sa mélodieuse voix. Mais malgré cela, Orphée était très attachée à lui : elle n'avait que lui après tout. Et l'inverse était vrai aussi, pour son cas, à lui.
Les deux amis s'étaient rencontrés dans la capitale du pays, Guillian. Comme à son habitude, Léon, courtisait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une femme. Son attirance pour le sexe opposé exaspérait toujours ses congénères, au point de provoquer leur colère et de finir par des bagarres en tous genres. Et lorsque le fanfaron ne s'occupait pas de satisfaire ses envies amoureuses, il s'installait sur une caisse ou carrément sur le pavé de la ville pour jouer un air avec son luth, qu'il gardait constamment accroché dans son dos. Et c'est de cette seule façon qu'il réussissait à se nourrir et se loger la nuit afin d'avoir une vie à peu près confortable. Beaucoup de personnes lui offraient l'aumône en le remerciant pour ses talents de musicien. Et pourtant, il lui manquait une chose cruciale pour se faire encore plus apprécier du public : une voix. N'ayant jamais entretenu ses cordes vocales lors de son passage à l'âge adulte, la sienne ressemblait plus à un braillement qu'à autre chose aujourd'hui. Puis un jour il se surprit à penser qu'il lui fallait trouver une personne digne de l'accompagner en chant dans ses prestations. Il se décida donc à auditionner la gente féminine qui répondait à ses avis de recherche. Malgré leurs courbes parfaites et leurs minois séduisants, les jeunes femmes n'avaient pas réussi à emballer le musicien avec leurs voix. Soit elle lui paraissait trop plate, soit trop forte ou soit carrément fausse.
Léon avait passé près d'un mois à rechercher la voix qu'il lui fallait et commençait à perdre patience. Personne n'était donc capable de le satisfaire, dans cette ville pourtant immense ? Il parcourut la capitale encore pendant quelques jours avant d'avoir décidé de se remettre en route, vers une autre ville. En longeant les rues d'un quartier insalubre, il fut tiré de ses pensées en entendant le fredonnement d'une délicieuse mélodie provenant d'un coin sombre du quartier. Il se rapprocha de cet endroit et aperçut avec étonnement deux yeux lumineux en train de flotter dans l'air. A cause de la noirceur des environs, il ne réussissait pas à distinguer ce que cela aurait bien pu être. Il continuait d'écouter le doux fredonnement qu'il appréciait de plus en plus à mesure de l'entendre. Il n'attendit que la fin pour demander qui était à l'origine de cet air. Les yeux flamboyants qui l'avaient fixés alors s'éteignirent brusquement et l'étrangeté à qui ils appartenaient sortie de la pénombre en volant vers Léon. Celui-ci eut un hoquet de stupeur en voyant la créature ailée mais se ressaisit l'instant d'après. Orphée, car c'était elle, tournoya autour de lui et remarqua son luth. Et à la plus grande surprise de Léon, elle lui demanda s'il était musicien. C'est alors qu'elle lui expliqua ensuite qu'elle-même cherchait aussi à trouver un joueur afin de l'accompagner de sa voix harmonieuse. Léon ne pu qu'accepter, ayant parfaitement reconnu les talents artistiques de l'étrange animal, qu'il n'avait jamais trouvé chez les femmes qu'il avait auditionnées. Ainsi commença l'aventure des deux nouveaux amis. Et à chaque fois qu'il firent des haltes dans les différentes villes du pays, ce fut couronné de gloire et d'admiration de la part du public, complètement sous le charme du duo musical.
Leur route les mena finalement ici, à Filien, pour le festival annuel, où ils comptaient bien prouver leur valeur aux habitants et visiteurs du coin. Les deux artistes se contentaient de se produire tout en marchant dans les rues, faisant quelques pauses de temps à autres pour laisser profiter les filienois de leurs compositions. Tous étaient émerveillés de voir que les compères se compléter parfaitement. Les doux accords, que Léon exécutait, offraient la possibilité à Orphée d'exprimer toute la légèreté de ses mélodies. Et le Don Juan ne manquait jamais de charmer les jolies demoiselles entièrement hypnotisées par les chansons qu'elles écoutaient, et ce, sous le regard réprobateur de la bête ailée.
La première journée de la fête s'acheva enfin peu après minuit. Pourtant Léon et Orphée étaient toujours debout, assis à une table d'un des nombreux bar/café du village.
-Bon, je crois qu'on est plutôt bien parti pour se faire une petite fortune. Annonça fièrement le jeune homme, en comptant les pièces d'argent amassées sur la table.
-Oui, d'ici la fin de la semaine, on sera riche ! S'égaya sa partenaire.
-J'espère bien, ma petite.
-Ne m'appelle pas comme ça ! Je ne suis pas petite pour mon espèce, alors boucle-la !
-Allez, allez, tu sais bien que je te taquine. Répondit Léon, en tapotant gentiment la petite (bah oui, elle l'est tout de même) tête d'Orphée, qui boudait à présent.
-Bon, allons dormir, une longue journée nous attend demain. Se ravisa finalement l'être humain, en étirant ses bras vers l'arrière.
Orphée acquiesça et ils ramassèrent donc leur butin puis gagnèrent leur chambre d'hôtel se situant à quelques mètres d'ici.
C'est dans le plus grand calme que la deuxième journée du festival commença. Commerçants et musiciens étaient déjà levés afin de préparer leur journée, qui s'annonçait encore plus remplie que la précédente. Tous les endroits alentours étaient dès à présent conscients du début de la fête et chacun pensait alors y faire un tour, une ou plusieurs fois dans la semaine. Les affaires ne pouvaient donc que marcher pour les participants. Et malgré l'heure matinale, quelques villageois venaient aider les nouveaux préparatifs et les artisans-commerçants n'en étaient que plus enchantés. Ce festival de la culture était décidément une très bonne occasion pour se rapprocher des uns et des autres et était une grande preuve de solidarité et de fraternité. Cependant il existait toujours des troubles-fêtes qui ne faisaient qu'ennuyer la population avec leurs incessantes bagarres en tous genres. Par ailleurs, ils étaient vite expulsés de Filien et la paix revenait rapidement, au grand bonheur de ses bonnes gens.
Le soleil commençaient à se faire haut dans le ciel lorsqu'une silhouette encapuchonnée pénétra dans la ville en franchissant son imposante muraille et son grand portail de pierre polie. Telle une ombre furtive, elle se fondit dans la foule qui, à mesure du temps, se faisait de plus en plus dense. Elle finit par trouver l'endroit de ses désirs et bouscula les personnes la retenant dans la masse afin d'en ressortir, la respiration saccadée. Le commerçant se trouvant dans le stand en question leva les yeux sur l'inconnu, et l'interrogea du regard. Sans pour autant relever sa coiffe, il posa un long objet enroulé dans un tissu écru sur le comptoir :
-Pourrais-tu la réparer ? Lui demanda ce dernier, d'un air sombre. Sa voix trahissait pourtant le sexe de son possesseur. Une femme.
L'homme pris possession de l'objet et le découvrit, laissant apparaître une lance à double tranchant, et ayant une lame en forme de deux lunes dont l'une d'entre elles était brisée. Le commerçant, forgeron apparemment, écarquilla les yeux, stupéfié par une telle arme. C'était la première fois qu'il en voyait une de cette forme.
-Euh... Excusez-moi, mademoiselle, mais je crains ne point pouvoir en faire quoi que ce soit. Je ne sais pas comment reprendre une telle lame, se désola le pauvre homme.
-C'est une lame comme une autre, ce n'est que sa forme qui change. Je ne vois pas où est le problème. Riposta la femme encapuchonnée, acide.
Sur un tel ton, l'homme tressaillit mais se rasséréna.
-Très bien. Je vais voir ce que je peux faire alors. Mais je ne garantis pas le résultat. Vous avez de quoi payer ?
-Pardon ? Questionna l'inconnue, surprise.
-De l'argent, mademoiselle. Je ne travaille pas gratuitement, répliqua le forgeron.
-Non, je n'en ai pas, répondit la jeune femme, impassible.
-Dans ce cas, reprenez votre arme et déguerpissez, se fâcha l'artisan, piqué au vif par l'attitude déconcertante de son interlocutrice. Ce qu'il ne connaissait d'ailleurs pas des autres jeunes demoiselles.
L'apparente guerrière le fixa droit dans les yeux, emplis d'une colère sans nom. Certes elle comprenait qu'il refuse de lui réparer son arme sans rémunération, mais la chasser de cette manière était détestable. L'artisan, face à un regard aussi intense, eut une coulée de sueurs froides dans le dos et déglutit. La jeune femme s'empara rageusement de son arme, furibonde, et tourna les talons, rejoignant à nouveau la foule qui battait son plein à présent.
Non loin de là, la population s'agitait gaiement au rythme de la musique que jouait le beau jeune homme au luth. La mélodie de l'instrument ne pouvait en aucun cas retenir l'envie de ces jeunes personnes de se mouvoir. L'animal ailé à ses côtés s'était prêtée au jeu tout en poussant la chansonnette, complètement emportée par la musique. Il était clair que Léon et sa partenaire hypnotisaient leur public, leur talent jouant en leur faveur. Les pièces de monnaies virevoltaient et atterrissaient dans le chapeau du musicien, retourné et posé à terre et servant de récipient et se remplissant à une vitesse ahurissante. Et c'est dans un tonnerre d'applaudissements et d'ovations que se terminait chaque prestation des deux amis, plus qu'émus et ravis par leur popularité. L'astre diurne avait d'ailleurs atteint son zénith et annonçait une pause déjeuner bien méritée pour tout le monde.
-La journée débute trop bien ! S'exclama le jeune homme au regard azur, tout en agitant son chapeau rempli de pièces luisantes au soleil.
-Oui, nous sommes géniaux ! Surenchérit son amie, voletant autour de lui.
-Allons manger, je meurs de faim. Proposa-t-il, le ventre sujet à quelques troubles intérieurs.
Orphée opina, du même avis et le suivit en direction de la terrasse de restaurant le plus proche. Alors que le musicien traversait la rue pour rejoindre l'autre côté, il se percuta à quelque chose ou plutôt à quelqu'un. Il vacilla et finit par perdre l'équilibre et par atterrir par terre, ses fesses amortissant sa chute. Orphée, n'ayant pas du tout réagi à cause de la rapidité de cette action, écarquilla les yeux et leva la tête à l'endroit où semblait s'être heurté son ami. Elle vit alors une personne entourée d'une cape s'éloigner, quelques mètres plus loin. Léon, encore déboussolé par ce qui venait de se passer, resta assis à terre quelques instants avant de bondir sur ses jambes, frottant son arrière-train douloureux.
-Wouah ! Quel choc, je l'ai pas vu venir le bougre ! S'exclama-t-il, décontenancé.
-Il est parti par là, si tu veux le suivre, lui suggéra l'animal enchanté tout en pointant le bout de la rue.
Il tourna la tête dans la dite direction et hésita. Son ventre lui criait famine mais sa curiosité semblait être plus puissante à ce moment. Après tout, il s'était fait bousculer et aucune excuse ne lui était parvenue à l'oreille, c'était une honte ! Cédant à son agacement, il reprit sa marche mais cette fois-ci, vers le fond de la rue principale, où son agresseur s'était échappé.
-Je vais lui apprendre la politesse à ce délinquant, moi ! S'écria-t-il, le poing en l'air, accélérant le pas.
-Comme tu voudras, soupira sa partenaire, exaspérée.
La course poursuite débutait bien mal pourtant. La foule empêchait nos deux amis à se frayer un chemin et repérer l'inconnu malpoli. Même si Orphée avait la possibilité de la survoler, elle ne le faisait pas, en proie à une amusante situation.
-Orphée, reste pas si bas, bon Dieu ! Tu pourrais m'aider non ?! S'énerva le luthiste.
-Pour quoi faire ? Répondit innocemment son amie, hilare.
-Mais pour le repérer, imbécile !
-Imbécile ?! Si tu veux que je t'aide, t'es mal barré mon vieux ! Répliqua l'animal, vexé.
L'homme se renfrogna, ne voulant en aucun cas qu'elle se fâche et le laisse tomber dans sa quête.
-OK, OK, t'as gagné. S'il te plait, douce Orphée, aurais-tu l'amabilité de voler au-dessus de toutes ces personnes afin de repérer cette affreuse personne ?
-Je ne sais pas...
-Par l'amour du ciel, belle et charmante muse d'Eole... Supplia Léon.
-D'accord ! S'égaya Orphée, ravie.
Ainsi elle battit plus frénétiquement des ailes pour prendre un peu plus d'altitude et inspecter les alentours. Soudain, après quelques secondes, elle repéra l'objet de ses recherches et cria la direction à son partenaire, qui bouscula les personnes lui bouchant la vue. Il parcourut tant bien que mal les quelques mètres le séparant des hautes murailles de la ville, là où son agresseur avait filé, pour finalement sortir de la cité. Orphée l'attendait patiemment et se posa à terre, calmant ses petites ailes, douloureuse par l'effort prodigué précédemment.
-Il est parti vers la forêt, indiqua-t-elle au jeune homme aux cheveux violets.
-Rooh... Quelle veine ! Soupira ce dernier, essoufflé par son parcours du combattant. Elle est loin cette forêt ?
-Aucune idée, répondit Orphée, se tournant vers la forêt de Luniver. Je dirais un ou deux kilomètres à peine...
Léon réfléchit. Soudain, le silence qui s'était installé depuis un petit moment, fut interrompu par les gargouillis du ventre du jeune homme. Il avait affreusement faim.
-Léon, tu as faim, fit remarquer Orphée, perplexe.
-Je sais mais ça m'intrigue... J'ai l'impression que cette personne dégageait quelque chose de... magique ?
La créature flamboyante arqua un sourcil (bien qu'elle en soit dépourvu, mais vous comprenez l'image), circonspecte. Délirait-il ? Si cette personne avait eu un quelconque pouvoir magique, Orphée l'aurait de suite ressenti, de par sa nature elle-même enchantée. Or, rien ne l'avait alerté.
-Bon, on va aller se restaurer et on s'autorisera un petit après-midi repos, qu'en dis-tu, la mouche ? Demanda finalement le musicien.
Elle vit rouge.
-Je t'interdis de m'appeler comme ça, infidèle ! Tonna la dite mouche, hors d'elle.
-Je ne suis pas infidèle ma chère. J'aime juste toutes les femmes du monde, nuance. Sourit-il, le moins du monde vexé, un doigt levé près de son visage.
Orphée soupira, complètement désabusée. Elle n'arriverait jamais à rien avec ce garçon, vraiment. Il était impossible, surtout lorsque l'on évoquait son sujet favori. Et c'est en tournant les talons que celui-ci retourna sur ses pas, pour trouver un parfait restaurant, histoire de calmer la faim qui le tiraillait depuis presque une heure maintenant. Son amie le suivit en ronchonnant. La journée s'annonçait bien difficile finalement... |