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Jeudi 31 mai 2012, 10:33


Voici une histoire écrite par Linine et dont le titre est Entre le Ciel et la Terre - chapitre 03 - Rencontre.

C'est dans une ambiance chaleureuse et pleine d'amusement que le jeune musicien dégustait le succulent repas qui s'offrait à ses sens tandis que sa partenaire l'observait rieuse, déjà rassasiée par le sien, ayant un appétit d'oiseau. Chacun riait, dansait, chantait dans le petit restaurant où s'étaient réfugiés nos deux compagnons. Le patron avait demandé à ce que l'on fasse amener une troupe de troubadours dans sa taverne afin de divertir ses clients durant le festival de Filien. Il était difficile pour Orphée de ne pas se joindre à eux alors qu'ils exerçaient son passe-temps favori. L'envie de se trémousser dans les airs et de pousser la chansonnette étaient trop forts. Et pourtant, elle restait sagement à sa table, fidèle à Léon. Elle ne voulait pas faire avec les autres ce qu'elle aimait faire avec lui. Bien sûr, il était évident qu'il se moquerait de ce qu'elle voulait faire et de ce qu'elle pensait sur cela, en ce moment, et qu'il la laisserait faire comme bon lui semblait. Qu'elle était libre de ses mouvements. Léon n'était pas un tyran à qui il fallait prêter allégeance pour le restant de sa misérable vie. Mais elle ne pouvait pas. Tout simplement. Elle était comme enchainée à lui depuis le jour où ils s'étaient rencontrés. Elle lui appartenait, il avait besoin de sa présence, de sa voix... d'elle. Comme si sa vie en dépendait. " Quelle drôle d'idée ! ", se surpris-t-elle, réfléchissant à ce qu'elle venait d'imaginer. Cela était ridicule. Elle n'avait certainement aucun autre rôle à jouer dans l'existence du nomade que celui de choriste officielle. Et elle était heureuse comme cela. Il ne lui en fallait pas plus.
-Pouah ! S'exclama soudainement Léon, en se tapotant le ventre, visiblement repu et sortant son amie de ses réflexions. J'ai super bien mangé, c'était excellent !
Il afficha un énorme sourire, dévoilant sa parfaite dentition. Orphée lui rendit son sourire, contente de voir qu'il avait enfin terminé son repas. Elle avait besoin de prendre l'air. Ce restaurant commençait à devenir étouffant à cause de toute l'agitation alentour.
-Allons payer, dans ce cas, Léon. Proposa-t-elle, afin de voir son souhait exaucé au plus vite.
-OK ! Lui répondit-il en se levant et récupérant ses effets personnels, qui étaient posés sur une des deux autres chaises de leur table.
Les deux musiciens se dirigèrent donc au comptoir et réclamèrent la note de leur restauration. Une fois le morceau de parchemin en main, Léon fouilla sa sacoche. Enfin... C'est ce qu'il aurait dû faire. Seulement, la sacoche en question était absente de sa place habituelle. Le jeune homme, confus, baissa les yeux pour voir s'il ne l'avait pas déplacé par inadvertance mais de toute évidence, la sacoche avait disparue. L'animal ailé le regardait faire, plus qu'anxieuse. Quelque chose n'allait pas. Léon n'était pas du genre à oublier ses affaires, et encore moins lorsqu'il s'agit de l'endroit où était préservé leur argent. Par mesure de précaution, elle retourna à la table qu'ils avaient occupé quelques minutes auparavant mais ne trouva pas l'objet de ses recherches. Elle retourna donc auprès de son compagnon :
-Elle n'est pas à notre table. Se désola l'animal.
-Bon sang... Je suis sûr que je l'avais ce matin ! J'ai rangé l'argent que l'on a gagné dedans, tout juste après notre prestation !
-Attends... Tu as dit tout juste après ?
Léon la regarda, interrogateur. Qu'avait-elle deviné ? A moins que...
-Oh ! Non ! C'est lui ! Celui qui m'a bousculé tout à l'heure !
-Il a volé ta sacoche ! Renchérit Orphée.
De l'autre côté du comptoir, le barman s'impatientait, tapotant énergiquement le bois avec ses doigts.
-Dites, il arrive quand cet argent ? J'ai d'autres clients à servir, je vous signale ! S'énerva-t-il.
Les deux intéressés tournèrent la tête d'un seul mouvement vers lui, les ramenant soudainement à la dure réalité.
-Euh... Hé bien... C'est-à-dire que... Nous avons un léger problème... Rit nerveusement le jeune homme à la chevelure violette. J'ai perdu la sacoche où se trouvait mon argent et...
-Voleurs ! S'étrangla le propriétaire du restaurant.
-Non non ! Laissez-nous vous expliquer ! Nous vous jurons que ce n'est pas nous les voleurs, mais celui qui a dérobé ma sacoche et notre argent. Nous n'y sommes pour rien !
-Et ? Interrogea l'autre, impatient mais tout de même touché par la sincérité qu'il percevait dans ces paroles.
-Nous vous donnerons ce que l'on vous doit lorsque j'aurai récupéré ma sacoche, je vous le promets, monsieur. S'il vous plait, croyez-nous.
Orphée appuyait cette supplication en hochant frénétiquement la tête, essayant de cacher son angoisse du mieux qu'elle pouvait. Après quelques minutes qui leur semblèrent une éternité, le barman consentit.
-Bon, je veux bien vous croire, mais pas d'entourloupes, compris ?
-COMPTEZ SUR NOUS ! S'exclamèrent les deux musiciens, en chœur.
Sur ce, le maitre du lieu griffonna sur un morceau de papier usé afin de se rappeler la parole de ces deux (mauvais) clients. Ceci fait, il leur demanda de ficher le camp et de faire vite pour ce qui était de l'arrivée de l'argent qui lui était dû.


" Enfin à la maison ", pensa la jeune femme, retirant la capuche qui camouflait son visage bronzé, maintenant soulagé. La foule ne lui réussissait vraiment pas. Elle se sentait mieux seule, c'était certain. La forêt lui convenait parfaitement. Elle était sa maison. Son petit coin de paradis, si on pouvait dire. Marchant vers le tronc imposant d'un arbre aux allures majestueuses, elle déposa sa cape sur l'une de ses longues branches qui pointaient vers le sol, trop lourdes pour profiter de la chaleur et de la lumière des rayons du soleil et posa son arme contre celle-ci, lames vers le haut. Dorénavant, la jeune femme ressemblait davantage à une dame mercenaire. Elle portait de hautes bottes couleur caramel, alors qu'en dessous se dissimulaient une sorte de longues chaussettes sombres s'arrêtant au milieu de ses cuisses. Un léger short clair surmonté d'une grosse ceinture en cuir cachait son intimité tandis qu'un long débardeur rouge, bariolé d'un étrange signe tribal, recouvrait le haut de son corps. Son sein gauche était protégé d'un épais plastron en cuir, attaché sous sa poitrine. Sa gorge était découverte alors qu'une épaulette du même matériau que précédemment était fixé à son épaule droite. Ses bras étaient entourés de longues mitaines noires tandis que sa main droite était protégée d'un gantelet en peau d'animaux. Une étrange cape rouge flottait dans l'air, accrochée à l'épaulette de la solitaire. Enfin, ses longs cheveux bruns clairs étaient attachés en une queue de cheval haute, nouée grâce à un fin ruban de tissu rouge. Mais le détail le plus frappant chez cette étrange personne était de loin la couleur de ses yeux. Tout aussi rouge que la couleur du sang animal. D'un rouge brillant mais sombre d'une hostilité inquiétante. D'une haine dissimulée depuis trop longtemps.
Shyna agrippa une fine branche de l'arbre centenaire et prit une impulsion sur ses jambes, longues et puissantes. Elle sauta et atterrit, accroupie, sur une branche beaucoup plus épaisse. Elle se releva, parfaitement en équilibre. Elle marcha tout le long de la ramification pour finalement arriver sur une petite plateforme en bois élevée et posée sur une dizaine de branches toutes aussi imposantes que celle où la gardienne de Luniver était perchée. Celle-ci monta dessus et s'assit, le dos appuyé contre une sorte de paroi rocheuse. Elle poussa un soupir. Elle n'était toujours pas calmée de son entrevue de ce matin. Ce forgeron avait été d'une grossièreté ! Ils étaient tous pareils, de toute façon. Elle n'était pas surprise mais cela continuait à lui taper sur le système malgré tout. Finalement, elle passa son bras derrière elle, cherchant quelque chose. Après quelques secondes, sa main réapparut tenant une petite sacoche en cuir. Vu son boursoufflement, elle était bien remplie. Shyna étira ses lèvres en un rictus malsain.
-Quelle chance d'être tombée sur un de ces musiciens tant aimés. Ironisa-t-elle, à moitié dégoutée, en soupesant la poche en cuir, évaluant la valeur qu'elle pouvait bien contenir.
Les pièces de monnaie s'entrechoquaient en un bruit plaisant, selon elle. Elle aurait suffisant d'argent pour faire réparer sa lance.
-Il ne le méritait sûrement pas, cet argent de toute façon. Tant pis pour lui. Cracha-t-elle, en lançant la sacoche à l'autre bout de la plateforme, qui tomba sur le bois dans un bruit sourd. Je retournerai voir ce forgeron de malheur demain.
Elle s'arrêta de penser à voix haute. Elle n'arrivait pas à comprendre.
-En quoi l'argent est-il si important aux yeux de cette... société ? On vit pourtant bien mieux sans... Ce ne sont que des imbéciles. Affirma l'amazone, certaine de ses propos.
La vie était pure et simple, en forêt, sans se soucier de tous les problèmes qu'attirent la vie en communauté. Aucun doute : vivre en marginale était la meilleure solution. Pour elle.


Le soleil avait fui son zénith depuis un moment déjà. La chaleur du printemps était agréable et la brise assez légère pour la réguler. La foule des visiteurs du festival était encore plus importante qu'au matin, annonçant la période la plus fructueuse de la journée. Pourtant, deux participants ne se joignaient plus aux festivités, leurs esprits occupés par un tout autre problème.
-Je te jure que si je retrouve ce bandit, je lui ferai sa fête ! Clama haut et fort Léon, le poing levé vers le ciel pâle, tout en zigzaguant entre les personnes.
-Bah, on sait qu'il se trouve dans la forêt de Luniver, en ce moment, non ? Répliqua son amie ailée, afin d'éclairer sa lanterne.
Il se tapa le haut du front avec la paume de sa main.
-Ah mais oui ! Exact ! J'avais complètement oublié qu'on l'avait poursuivi ce midi.
Orphée soupira. La mémoire du troubadour était vraiment déplorable.
-Bien. Allons dans cette forêt, dans ce cas. Élucida-t-il.
-Mais... Elle est immense cette forêt ! S'exclama l'animal enchanté. On ne le retrouvera jamais.
Léon s'arrêta pour réfléchir. Certes, ça n'allait pas être simple. Mais son irritation était telle qu'il s'en contre-fichait : il allait le retrouver et lui montrer le respect qui lui était dû.
-Nous allons y aller quand même ! Je veux récupérer l'argent de notre gagne pain. Et tant pis si cela devra nous prendre des heures.
Orphée soupira (pour ne pas changer) et ne put que se résoudre à l'accompagner. Il fallait bien quelqu'un pour le surveiller après tout. Ils mirent donc le cap vers la sortie de Filien tout en emportant quelques provisions, au cas où ils leur seraient impossible de retrouver le chemin du retour, une fois dans les bois.
Ce ne fut que près d'une heure plus tard qu'ils arrivèrent enfin à l'orée de Luniver. Les musiciens s'arrêtèrent un instant afin de contempler l'immensité du lieu et toute la splendeur qui en émanait. Ils ne pouvait que l'affirmer : la forêt de Luniver était magnifique. Ses arbres, en plein bourgeonnement étaient déjà majestueux, des couleurs verdoyantes et brunâtres les entourant, ainsi que les arbustes et les tapis de fleurs qui les entouraient. La mélodie des oiseaux résonnait dans l'ensemble des bois tandis que de petits rongeurs couraient ça et là pour leur simple plaisir ou à la recherche de fruits à déguster. Les nomades finirent par s'arracher de leur contemplation et revinrent soudain à la réalité. Ils étaient venus ici pour une bonne raison et il était hors de question de s'en détourner. Ils entrèrent donc dans la forêt paisible.
-Wouah... Je ne savais pas qu'une telle forêt existait. S'extasia Léon, en tournant la tête de tout côté.
-J'ai entendu quelques légendes sur cette forêt. Annonça son acolyte ailée.
-Ah oui ? Tu me les racontes ?
-Hé bien... On dit qu'ici vit une déesse, au cœur des bois, dans une clairière féerique. Elle serait la protectrice de cette terre, qu'elle chérirait plus qu'elle-même. Chaque insecte, chaque mousse, tout ce qui nous entoure serait sous sa bénédiction divine. C'est pour ça que Luniver serait si grandiose, majestueuse. Mais depuis quelques années, la forêt dépérit peu à peu... La magie qui était autrefois si présente ici est en train de diminuer au fur et à mesure du temps. Comme si la déesse avait abandonné ce lieu, qu'elle était censée chérir plus que tout.
Le jeune homme l'écouta silencieusement, surpris par le ton grave qu'avait adopté Orphée. Il savait que tout ce qui touchait à la magie l'affectait énormément. Elle faisait elle-même partie de ce monde et il respectait tout cela, même s'il ne croyait pas en ces contes et légendes qui accompagnent son existence.
-Pourtant, reprit-elle, je sens beaucoup d'énergie magique nous envelopper. Elle est puissante, mais n'a certainement pas la même puissance que celle qu'aurait un dieu.
-Hé, si ça se trouve, ce bandit qui m'a volé, c'est cette déesse ! S'écria Léon, une sourire narquois sur les lèvres.
-Quoi ?! Ne raconte pas de bêtises ! Les dieux ne sont pas des voleurs ! Leur âme est plus pure que le blanc ! C'est impossible !! S'enflamma l'animal flamboyant, en hérissant ses poils et émanant une étrange chaleur entoure d'elle.
-Hé, du calme Orph', c'était une blague. Se renfrogna le musicien, à moitié hilare, en levant les mains de façon innocente.
-Humph, imbécile ! Bouda son amie.
La promenade de nos deux compagnons continua ainsi durant près de deux heures dans la même ambiance amicale. Ils avaient beaucoup marché mais n'avaient rencontré que des rongeurs et quelques biches durant leur trajet. Aucune trace humaine à l'horizon. Léon soupira. Sa motivation du début d'après-midi était tombée à son niveau zéro, dorénavant. Orphée, quant à elle, avait les ailes douloureuses et une pause bien méritée lui était essentielle.
-Léon... Et si on s'arrêtait un moment, par pitié ? Supplia-t-elle au musicien.
-Tu as raison, reposons-nous. Approuva ce dernier.
Le jeune homme s'avança vers un arbre et y prit appuie pour s'y laisser glisser le long de son tronc et s'assoir sur l'herbe fraiche des bois. Comme cela faisait du bien à ses jambes, qu'il ne sentait presque plus tellement il avait marché ! Orphée ne se fit pas prier non plus et atterrit avec légèreté sur le sol verdoyant. Elle replia ses ailes sur son dos, et posa sa petite tête à terre afin de mieux se reposer. Quant à son compagnon, il détacha la sangle retenant son luth et le plaça contre lui afin de gratter les fines cordes un instant. Une douce mélodie s'éleva dans l'air, rompant ainsi le silence dû en ce lieu naturel. Orphée fredonna à son tour au rythme de la musique, les enveloppant d'une ambiance calme et sereine.
A quelques mètres de là, pourtant, une silhouette élancée s'activait. Cela faisait plusieurs minutes qu'elle se balançait de branche en branche et d'arbre en arbre. Elle avait entendu des sons étrangers à la forêt, et cela ne lui plaisait pas du tout. Aucun étranger n'avait le droit de venir s'introduire à Luniver. Personne. Soudain elle entendit des notes flotter dans l'air, une chanson s'élever. Des humains. La jeune femme ralentit sa course. Il n'était pas question qu'elle se fasse repérer, et souhaitait par dessus tout mettre une bonne frousse à ces intrus. Elle sauta avec grâce sur la mousse humide étendue au sol, sans émettre le moindre bruit, puis s'accroupit et se dirigea vers la source de musique. Arrivée à destination, elle grimpa à nouveau à l'arbre où semblait s'être adossés les étrangers. Du haut de son perchoir, Shyna put alors distinguer leurs traits. Du moins, d'une vue en plongée. Il y avait un homme, aux cheveux étrangement violets, longs et attachés en une petite queue de cheval et un chapeau en cuir lui tombait dans le dos. C'était lui qui jouait de l'instrument bombé à corde. A ses côtés était allongé un drôle d'animal, de petite taille. Sa fourrure était en dégradé de couleurs chaudes, allant du rouge jusqu'au jaune. Son dos était pourvu de petites ailes et sa queue était particulièrement touffue. La marginale respira profondément. De quel droit s'autorisaient-ils à s'amuser ici ?! Luniver était sa maison, un lieu sacré que personne ne pouvait fouler autres que les animaux, sa mère adoptive et elle. Cela n'allait pas se passer comme ça. Lentement, elle empoigna le manche de sa lance, à la lame à demi-cassée, puis la pointa vers les deux drôles en dessous d'elle. Shyna reprit une forte inspiration et déclara d'une voix forte :
-Que faites-vous ici, étrangers ?
Pris par surprise, Léon et Orphée sursautèrent d'un même mouvement. Chacun d'eux cessa son activité et releva la tête, complètement ahuris. Alors que le jeune musicien apercevait la lance que l'on pointait vers lui, il se leva prudemment et recula lentement. Son cœur battait la chamade et sa respiration lui faisait défaut. Quelle frayeur ! Léon considéra plus longuement le sujet qui lui avait causé cette si grande frousse. Perchée sur une branche, le visage à moitié dissimulé par les feuillages de l'arbre, une jeune femme, habillée d'une drôle de façon, le regardait de haut. Une lueur rougeâtre illuminait son regard, et ses traits étaient tirés. Elle était visiblement irritée mais n'en faisait rien paraître. Sa posture était droite et son visage dur, dépourvu d'émotions. Son arme était aiguisée, malgré la lame brisée qu'il apercevait. Pris par une soudaine admiration, le musicien fit un pas en avant sans vraiment s'en rendre compte.
-Pas un geste, homme ! S'écria Shyna, toujours aussi rigide.
Léon s'arrêta, le souffle court. Le dernier mot qu'avait prononcé l'inconnue était rempli d'une profonde amertume et de haine.
-Euh... Jeune demoiselle...
-Que faites-vous ici, étrangers ? Réitéra cette dernière, en coupant la parole au jeune homme, de moins en moins patiente.
Orphée, restée silencieuse depuis le début de l'échange, se plaça devant Léon en voletant.
-Nous cherchons quelqu'un. Expliqua-t-elle à l'amazone, d'une voix presque tremblante.
-Il n'y a personne ici.
Un silence s'installa alors entre les trois personnes. Shyna continuait à les observer d'un œil méfiant. L'homme aux cheveux violacés lui rappelait vaguement quelqu'un... Elle scruta le reste de son accoutrement. Une cape surmontée d'un court manteau, tous deux de couleurs caramels, lui couvrait les épaules. En dessous se distinguait une tunique bleue aux bordures beiges, et entourée d'une épaisse ceinture marrons. Le haut de ses bras étaient recouvert par des manches sombres et ses mains entourées de tissus de même couleur. Et bizarrement, un anneau ornait son pouce droit. Il portait également un pantalon clair et des bottes en cuirs, couvertes d'un tissu sombre.
Aucun doute : c'était l'homme a qui elle avait dérobé la bourse. Quelle ironie. Elle ne pensait pas qu'il se rendrait compte aussi vite de sa disparition. Et pourtant, elle sentait qu'elle n'allait pas se débarrasser de lui rapidement. Quelque chose lui disait dans le regard bleu qu'il lui lançait que cette rencontre allait changer son destin.
 
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