Nos compères se dirigèrent vers l’Est, comme leur avait conseillé le vieux sage Pomab, les espoirs, certains de vengeance ou d’autres de retrouvailles avec un être cher qui avait disparu, était dans tout les cœurs, les craintes par contre commençaient à se dissiper, car au fur et à mesure qu’ils avançaient leur confiance en eux, en leurs talents et leur solidarité croissaient. Devant eux se dressait une forêt d’arbres épineux et à l’entrée de ce bois des pics étaient plantés à terre, on apercevait à leurs extrémités des têtes avec divers lambeaux de tissus.
« C’est très accueillant par ici…, annonça Fujisawa d’un air ironique.
- C’est sûr qu’on n’est pas les bienvenus, comme tous ceux qui sont passés par là apparemment, je me demande quel genre d’êtres vit en ces lieux, se demanda Tetsu.
- Je crois en avoir entendu parler, mais ce ne sont que des rumeurs, déclara Ryoji.
- Bah dit toujours, répondit Namiko.
- On raconte que cette forêt abrite un peuple qui n’a connu que la violence, ils se cachent ici depuis des siècles, sans aucun contact avec les autres, mais on dit également qu’ils ne sont plus humains, ils se sont transformés, après avoir pactisé avec le chef suprême des démons, en bêtes encore plus assoiffées de sang, ils ne savent presque plus distinguer les humains des bêtes sauvages, tous ceux qui les ont croisés ont fini comme les crânes que vous pouvez voir, expliqua-t-il.
- C’est pas très joyeux… ça me fait peur…, déclara Namiko en commençant à serrer le bras du jeune ténébreux contre elle.
- Ne t’inquiète pas, ce ne sont que des racontars, ce n’est qu’une histoire inventée, c’est le cas pour la plupart, donc les pics et les têtes de morts ne doivent être qu’une ruse pour qu’on ne voit pas ce que dissimule cette forêt, et puis de toute façon il n’y a pas d’autre chemin, dit Ryoji.
- Bon… allez courage, on a vu pire, enfin… pour le moment, conclut Fujisawa. »
Et ils pénétrèrent dans ce lieu inquiétant, après avoir parcouru quelques kilomètres un bruit d’hurlements étranges se fit de plus en plus proche, cela les inquiétait car ils savaient qu’ils ne pouvaient emprunter que ce chemin, c’était Tetsu qui les guidait, Fujisawa lui demanda d’un air riant comment cela se faisait qu’il connaissait l’endroit et il lui répondit qu’il ne le savait pas lui-même qu’une intuition profonde le dirigeait, cela commença à faire peur à Namiko, être mené par un intuition n’était pas très sûr et encore moins prudent à son goût, mais Ryoji, qui sentait que la crainte commençait à nourrir son cœur, la rassura car il lui dit que l’intuition du jeune soldat était le fruit d’une vie antérieure, car lorsqu’une raison nous pousse à aller quelque part mais que l’on ne sait pas pourquoi, c’est l’esprit d’une autre vie qui nous montre le chemin. Tetsu avait entendu l’explication de Ryoji et il conclut que c’était un très bon raisonnement. Les cris incessants se transformèrent en prières noires, ils se cachèrent derrière des buissons épineux et ils observèrent la tribu qu’ils venaient de découvrir, des chamanes maléfiques étaient bien là, les rumeurs étaient donc vraies, mais une question leur vint tout à coup, si ce que l’on racontait était la vérité alors c’est que quelqu’un était déjà revenu de cette terre maudite ; ils restèrent un long moment à scruter leurs moindres faits et gestes lorsque qu’une petite fille les aperçut, elle marcha jusqu’à eux et les regarda ; prise de panique Fujisawa la prit et lui mit sa main sur la bouche.
« Ecoute moi bien petite, ne cris pas, ne te débats pas car nous ne vous voulons aucun mal, c’est plutôt nous qui avons peur de vous, je te relâche si tu me jures que tu ne crieras pas – l’enfant fit un signe d’approbation et Fujisawa la relâcha -. Bien on va d’abord faire les présentations, je m’appelle Fujisawa, voici Namiko, Ryoji et Tetsu, nous venons de très loin, les raisons qui nous ont poussés à venir jusqu’ici sont, je pense, trop complexes pour toi, tu es trop jeune mais comment t’appelles-tu et quel âge as-tu ? questionna-t-elle.
- J’ai six ans et je me nomme Nanao, pourquoi êtes-vous derrière ces buissons si vous n’avez rien à vous reprochez, si c’est la crainte de finir comme les crânes en début de forêt n’ayez craintes, ces gens avaient essayé de détruire ma race, mais je ne sens pas de haine ou d’intentions malveillantes en vous, alors accompagnez-moi, je vais vous conduire jusque chez notre chef, tout à fait entre nous, c’est mon papa. »
Et ils traversèrent le village sous les regards curieux et les messes basses des habitants, une grande hutte se dressait devant eux, on reconnaissait que c’était celle du chef car il y avait des ornements dignes des rois ou bien même des grands princes ; il les accueillit comme il le fallait, tous s’assirent autour d’un feu, les vieux sages s’étaient joints à eux.
« Bienvenus étrangers, ma fille m’a tout raconté, je me nomme Ashitaka vous n’avez pas encore trouvé d’embûches sur votre chemin car jusqu’ici il n’y a rien de dangereux, mais au-delà de ce petit village paisible il y a des montres immenses et terriblement forts ; soyez sur vos gardes. Mon peuple est un des rares à ne pas vouloir avoir de contact avec les autres tribus, ou nations si on emploie des mots contemporain, peut importe, là n’est pas la question. Pourquoi empruntez-vous un chemin si périlleux ?
- Ce n’est pas très complexe, on ne connaît que celui là, pour tout vous dire, Tetsu ne connaît que celui là, déclare Fujisawa.
- Comment une femme peut-elle parler en présence d’homme ?? demanda Ashitaka.
- Il veut m’interdire de parler comme au moyen âge ?! Non mais ça va pas ! interposa-t-elle, je ne dis pas de changer vos coutumes mais là c’est pas une coutume, c’est de l’évolution psychologique !
- Hum… Je ferais une exception pour vous car vous n’êtes pas d’ici, bien alors suivez ce jeune garçon mais soyez sur vos gardes, nous vous laisserons passer, mais pour quelles raisons vous faut-il passer par ici ?
- Nous devons arrêter le Prince Noir avant qu’il ne détruise le monde, répondit Leorio.
- Le… Pr…Prince…Noir…. ce barbare ! Les têtes que vous avez vues bordant la lisière du bois sont les crânes de ses soldats qui ont essayé de saccager la forêt et d’exterminer notre peuplade, c’est notre ennemi le plus féroce, s’exclama-t-il.
- On avait un peu remarqué que vous en vouliez à quelqu’un mais on ne savait pas qui jusqu’à présent, et notre ennemi est commun, répliqua le jeune ténébreux
- Oui, nous allons donc vous donner du ravitaillement, dites-nous ce dont vous avez besoin nous vous le fournirons, dit le chef.
- C’est très aimable, nous n’avons besoin que de provisions, déclara Leorio. »
Ashitaka fit porter des sacs de nourritures, essentiellement des fruits et des légumes, un peu de laitage et quelques morceaux de viandes salés pour les conserver, ils passèrent la nuit dans le petit village, la petite fille qui les avait conduits les rejoint et leur dit que son père les invitait à venir passer la nuit dans sa hutte, et par la même occasion ils apprirent le prénom de cette petite, c’était Meira. Ils se présentèrent devant la tente, entrèrent et saluèrent le maître et la maîtresse de maison. Avant le lever du soleil ils reprirent leur route en remerciant tout le village. Même durant la journée il faisait très sombre, des bruits étranges venaient perturber le silence de mort qui régnait. Une intersection se présentait à eux, avant qu’ils ne purent réfléchir à quoi que ce soit un monstre apparût devant ces derniers, des yeux injectés de sang, l’animal plein de fureur se jetait sur nos compagnons et ils se défendirent, Tetsu usa de ses sort, Ryoji, Fujisawa et Leorio dégainèrent leurs épées, quand à Namiko elle restait passive, le regard dans le vide, lorsqu’elle repris conscience et qu’elle vit sa blessure. Une colère monta en elle, elle se mit à flotter dans les airs, ses yeux devinrent pourpres et une aura noire l’entourait, lorsque Tetsu vit ça il commença à avoir peur car à Garnazia elle avait été dans le même état. Rien ni personne ne l’arrêtait, elle murmurait des paroles dans un langage inconnu, tous étaient inquiets, Fujisawa demanda ce qui lui arrivait mais les raisons de cette transformation leurs étaient à tous inconnues car elle n’en avait jamais parlé ; une lumière jaillit de son corps et dès qu’on put y voir clair la bête n’était plus, il ne restait que ses os. La petite mage perdit conscience, le jeune ténébreux décida de la porter sur son dos pour ne pas perdre de temps, il fallait qu’ils avancent le plus possible avant la tombée de la nuit. Lorsque la lune pointa ils se mirent tous d’accord pour établir leur campement dans les arbres, cela leur semblait plus sûre, ils s’installèrent et Ryoji s’occupa de la jeune demoiselle, quand elle revint à elle il lui expliqua ce qui lui était arrivé, elle fut troublée car cela recommençait et elle était incontrôlable. Mais il la rassura et lui dit qu’il ne fallait plus y penser et dormir parce qu’un long périple les attendait. Le lendemain ils purent enfin sortir de la forêt sans trop d’encombre et Namiko avait retrouvé son tonus habituel, cela rendait le sourire à tout le monde. Le chef de la tribu leur avait conseillé de faire un détour vers Koijiki, une ville située dans les hautes montagnes d’Avredest, là un vieux sage pourrait leur indiquer l’endroit où les pierres doivent êtres posées pour leur indiquer la route précise et pour qu’ils sachent quels dangers les guettent ou ce qui les attends.
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