Nos compagnons se trouvèrent dans un situation critique, leurs complices vampires furent décimés, le Prince Noir et le Chevalier Ténébreux ne faisaient qu’un et il semblerait qu’il connaissait Ryoji.
Nos deux protagonistes se regardèrent fixement, le jeune ténébreux essaya de comprendre ce qui lui arrivait mais trop de pensées virent à lui. Il tenta de faire le vide pour y voir plus clair mais rien n’y faisait. Son passé ressurgit et des images qu’il semblait avoir oubliées refient surface. Tourmenté il ne savait que faire.
« Tu ne te sens pas bien ? Tu es tourmenté, laisse-moi apaiser tes souffrances, ta mort sera rapide…
- Jamais je ne te laisserai faire. Quitte à mourir je préfère me battre et protéger les idéaux que je suis venu défendre. Nous t’avons cherché trop longtemps pour repartir bredouille et laisser le mal se répandre sur cette terre. Alors prépare-toi !
- Ryoji, non ! Tu n’es pas en état tu le sais parfaitement alors arrête avant qu’il ne soit trop tard ! Je t’en supplie je ne veux pas que tu meures ! dit Namiko les yeux larmoyant et prête à fondre en larmes
- Laisse moi faire, je reviendrai… je te le promets je tuerai ce salop, je vengerai ces gens que nous avons vu périr.
- Ryoji je t’avertis si tu meures je viendrai te botter les fesses peut importe où tu te trouves ! s’écria Fujisawa qui était, elle aussi sur le point de craquer. »
Elle prit Namiko dans ses bras, puis elle eut une idée pour compenser très largement le handicap qu’avait le jeune ténébreux. Elle proposa de réunir leurs forces afin de prêter leurs forces et pouvoirs à Ryoji, mais pour cela il fallait que les êtres élémentaires soient conscients car leur aide était plus qu’indispensable. Ils les délivrèrent tout d’abord de leur cage. Ils essayèrent de les réveiller par tous les moyens qu’ils leur passaient par la tête, mais rien à faire, elles restaient inconscientes. Namiko fondit de nouveau en larmes, le désespoir que son tendre amour lui revienne semblait à des lieux d’elle. Les larmes perlaient le long de ses joues d’un rose pâle, seulement quelques unes tombèrent sur son être élémentaire. La grande peine qui dévorait son cœur fut ressentie par Quadoni qui ouvrit difficilement les yeux. Elle expliqua que les larmes de Namiko l’avaient réveillée car elle était l’être de l’eau, par conséquent il fallait en faire de même pour les autres. Leur énergie était au plus bas, si leurs maîtres leur insufflaient un peu de la leur alors elles seraient en pleine forme. Après cela les petits êtres donnèrent les directives que tous suivirent à la lettre. Une lueur se dégagea d’eux. Pendant ce temps, Ryoji avait commencé son combat. Il avait du mal à bien anticiper les mouvements de son adversaire car son esprit était trop préoccupé par les faits nouveaux qu’il venait d’apprendre. Bien entendu son adversaire en profita grandement. Mais il se ressaisit tant bien que mal. Il était blessé, tout son corps était recouvert de sang qui venait de part et d’autres de ses entailles.
« Si seulement je pouvais utiliser tous ces coups accumulés pour renvoyer cette puissance d’un coup…
- Mais c’est possible Ryoji, si tu me permets de t’aider tu peux y arriver.
- Comment ? C’est impossible non ?
- Après tout ce que tu as vu tu ne sais donc pas que rien n’est impossible ? Laisse toi envahir de cette douleur que tu ressens, imagine-toi dans le pire des mondes, laisse ta colère monter mais ne la déverse pas comme telle. Tu dois la contrôler et la laisser prendre forme. Y arrives-tu ?
- Oui j’y arrive mais…
- Ne pose pas de questions, laisse moi te guider. Maintenant pense à une chose, un animal peut-être ou une créature provenant de ton imagination si tu le désires, et laisse ton énergie prendre sa forme.
- Très bien et maintenant ?
- Et bien tu n’as plus qu’à utiliser la nouvelle arme que tu maîtries mais attention il faut que tu restes concentré sinon tu devras tout reprendre de zéro, bonne chance mon ami.
- Merci qui que tu sois. A présent tu vas payer pour tes méfaits !
- Tu penses m’impressionner ? Tu n’es qu’un fou qui parle seul ! »
Tout à coup apparut un être magnifique dans une lumière presque éblouissante. Ce n’était rien de connu jusqu’à lors. Elle avait un corps humain mais ses yeux semblaient être aussi profond et mystérieux que l’océan, ses cheveux flottaient somptueusement, ils étaient violets. Sa peau était pigmentée d’un gris très pâle et ses mouvements étaient harmonieux. Une voix feutrée lui dit :
« Que dois-je faire, maître ? »
Ryoji lui répondit qu’elle ne devait pas l’appeler ainsi car il ne se considérait pas comme tel. Tous étaient subjugués par la créature qui venait de faire son apparition. Le jeune ténébreux compris qu’il fallait qu’il se serve de ce moment de dispersion pour pouvoir attaquer et ainsi prendre le dessus. Mais le tigre ne dormait que d’un œil. Le Chevalier Noir dégaina son épée et trancha l’humanoïde. Il croyait qu’il en avait fini avec cela mais sur le visage d’habitude impassible de Ryoji se dessinait un sourire presque sadique. Il fit réapparaître la jeune femme et lui dit de l’attaquer avec ses Lamevan. Le Prince Noir tenta d’esquiver l’attaque mais rien à faire elles le suivaient ; il essaya de les briser mais il échoua une fois encore. Il se dit alors que la magie ne pouvait être vaincue que par la magie. Il lança alors des boules enflammées pour contrer les attaques et ce fut un succès.
« Très bien je sais maintenant comment vaincre ton être enchanté et comment parer ses attaques tu es un homme mort petit ! »
Il s’élança et attaqua l’être lumineux de toute sa magie mais cela ne la détruisait pas. Il se demanda pourquoi il arrivait à parer les attaques mais pas à la vaincre.
Alors que les deux adversaires se battaient avec acharnement. Tous les amis de Ryoji ainsi que leurs êtres élémentaires avaient accumulé assez de force pour vaincre quinze armées. Ils lui en firent don seulement après ils s’écroulèrent par terre, vidés de toute leur force.
« Merci mes compagnons, je vous promets d’en user avec soin. »
Il reprit le duel avec encore plus d’acharnement car il savait qu’il était maintenant en position de force. Seulement son adversaire n’avait pas déployé toute sa force et il donna du fil à retordre à Ryoji. Épuisé par ses blessures, son corps se mouvait étrangement, il semblait qu’il ne le contrôlait plus, l’instinct avait pris le dessus. Il avait perdu tellement de sang que son cerveau n’arrivait plus à commander correctement ses mouvements et ça lui fût fatal. Son ennemi, ayant remarqué cette faiblesse et ce manque d’attention, en profita pour lui donner le coup de grâce. Un rire presque étouffé, comme s’il allait pleuré, se fit entendre et résonna dans la pièce. Cela réveilla brusquement Namiko, elle espérait voir celui qu’elle chérissait, en effet elle le vit mais il était mort. Elle se précipita sur son corps inanimé et pleura, ses larmes coulaient à profusion mais sa peine ne s’estompait pas. La rage se mêla à son malheur et le Prince Noir sentit émerger d’elle une aura plus que terrifiante. La jeune fille se releva le visage caché par ses cheveux, ses bras frêles tombant le long de son corps. Elle avançait vers l’assassin de son aimé.
« Monstre ! Tu l’as tué, qu’as-tu ressenti ? J’en suis certaine, avoue ! Ça t’a exalté ! Tu me dégoûtes, pourquoi tu l’as tué ?!! Apparemment tu le connaissais… comment peut-on ne rien ressentir, pas un remord sur le décès de quelqu’un qui t’était proche ?!! Tu vas me le payer cher. Il était ma seule famille. »
Elle s’éleva dans les airs mais ça n’était plus la gentille petite Namiko que l’on avait connu jusqu’à lors. Que lui arrivait-il ? Le reste de la troupe se réveilla peu à peu, voyant d’un côté Ryoji gisant à terre et de l’autre Namiko flotter et entourée d’une aura noire, comme l’était son cœur à ce moment.
« Oh non… Namiko résiste à cela je t’en pris !!! s’écria Fujisawa
- Mais qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’elle a ?
- C’est son secret… elle n’en avait parlé qu’à moi et elle avait peur que vous ne la voyez ainsi. Elle se transforme en une sorte de démon vengeur, rien ne peut l’arrêter… Tetsu… c’était bien elle qui avait tué tous les soldats le jour où on t’a trouvé.
- C’est… assez inattendu… mais… non en fait on ne peut rien faire c’est vrai, seule la résurrection de Ryoji la calmerait et encore ce n’est pas sûr. »
Son apparence changea complètement mais on pouvait constater que malgré sa transformation elle gardait son corps et son visage d’antan. Mais elle faisait peur, son regard était sombre et sa voix était plus sèche. Des ailes étaient apparues dans son dos, un ange déchu était devant eux. Le Prince Noir riait aux éclats, ça n’était pas un ange médiocre qui allait le vaincre ou lui faire peur ! Néanmoins le visage de Namiko esquissait un sourire provocateur, une légère vague de folie envahit son ennemi et il se précipita sur elle pour la tuer. Sous le regard éberlué de ses compagnons elle esquiva l’attaque avec une facilité qu’on ne lui connaissait pas jusqu’à lors.
« Vulgaire insecte tu croyais m’abattre avec ça ?! Elle m’a libéré et ça n’est pas pour rien, je ressens sa peine, la douleur que tu lui a infligée et crois moi tu vas le payer, je ne suis pas Namiko, celle qui est frêle et quasi inoffensive. Non, je suis Sakayuko, une créature s’approchant plus de l’ange déchu que du démon. Tu vas périr et tu n’auras même pas compris comment j’aurais fait. »
Elle fondit sur lui, elle n’avait besoin d’aucune arme, ses griffes acérées lui suffisaient amplement. Elle lui trancha un bras et elle lui demanda s’il ressentait alors une quelconque émotion, un sentiment de douleur, il lui répondit qu’il ne sentait rien, il n’était plus humain à présent. Cela l’exaspéra et elle finit par le démembrer petit à petit, elle ne voulait pas le montrer mais cela la répugnait d’employer de telles méthodes. Et comme son adversaire ne cessait de se taire elle lui enfonça ses serres dans le ventre puis laissa tomber le corps ensanglanté. Elle redescendit la tête baissée, le regard vide. Comment avait-elle pu être aussi cruelle ? La rage avait pris le dessus, son désir de vengeance aussi. La noirceur de son âme l’avait rabaissée au niveau des êtres qu’elle détestait par dessus tout. Ses amis s’approchèrent d’elle mais il n’y a que Fujisawa qui osa la prendre dans ses bras comme si Namiko avait repris possession de son corps. Elle tenta de la consoler et d’apaiser sa peine, ça n’était pas sa faute et elle lui montra qu’elle aurait fait la même chose à sa place.
« C’est du joli… mon assassin pleure… ça n’est pas très glorieux vous ne… trouvez pas ?
- Ta gueule vil démon ! Tu ne peux pas nous comprendre, tu as perdu toute humanité ! s’écria Fujisawa
- Détrom… détrompe toi, je ne suis pas celui que… que vous croyez. En fait… je suis… oh… Ry... Ryoji tu…
- Regardez il semblerait qu’il respire »
Namiko se précipita sur le corps de son amant. Il n’en était rien, elle posa la tête sur son abdomen et ferma les yeux. Elle priait de toutes ses forces pour qu’un miracle vienne mais au fond d’elle, elle savait que rien ne pouvait se produire. Seulement elle sentit un battement, très faible mais assez régulier. Elle se concentra pour écouter de plus près et elle put ressentir que son cœur battait toujours, il n’était donc pas mort mais presque… Elle essaya de le soigner grâce à la magie qui lui restait et il put, tant bien que mal, se relever, la jeune demoiselle le soutenait et elle revint auprès du corps de leur opposant.
« Oh… Ryoji… tu es vivant…
- Et alors qu’est-ce que ça peut vous faire ?!! Je vous rappelle que vous avez tenté de le tuer…
- Certes mais… je n’étais pas tout à fait… moi-même. En fait… j’ai une chose importante… à te…dire. Je… tes parents… ne sont pas morts… du moins ta mère… est toujours vivante…
- Où est-elle ?! C’est toi qui la retiens prisonnière ??!!!
- Pas tout à fait… en fait c’est… c’est moi…
- Vous êtes un homme… ça n’est pas possible…
- Mais si regarde… ça n’était qu’un corps d’emprunt pour… dissimuler…ma vé…véritable nature… - son corps se transforma et à la place de celui qu’on pensait être le Prince Noir apparut une vieille femme –
- Mais… pourquoi…
- On m’avait fait prisonnière et j’avais pu m’enfuir, mais… je suis tombée sur cette orbe.. qui a pris… possession de moi… et puis tu connais la suite… je suis fière de toi… tu es devenu un jeune homme bien portant, beau et tu… as su te trouver… une compagne… que puis-je demander de plus… tu me combles… et maintenant tout mon empire va disparaître… avec moi… je l’ai programmé ainsi… ad… »
Ce fût sur ces dernières paroles inachevées que s’éteignit la mère de Ryoji, le jeune garçon, bouleversé par ce qu’il venait d’apprendre, laissa paraître quelques larmes tomber le long de ses joues. Mais il se dit que sa défunte mère pouvait à présent reposer en paix.
Peu de temps après ces évènements tous les habitants des villes détruites décidèrent de sortir de leur cachette. Ils avaient appris que le mal avait été vaincu ; nos jeunes compagnons décidèrent d’aider les villageois et ils durent prendre des chemins séparés. Tous s’unirent pour que les travaux avancent le plus vite possible et faire des bâtiments encore plus beaux qu’auparavant. Ceci permit à tous les hommes d’être plus soudés et ainsi de vivre mieux ensemble. Les épreuves qu’ils avaient dû affronter les avait rapprochés plus qu’ils ne le croyaient mais cela n’empêchait pas quelques querelles. La paix était donc revenue dans le monde. Nos jeunes héros purent couler des jours heureux, et malgré la distance ils se réunirent souvent pour discuter, assis dans l’herbe, comme dans le temps.
Namiko et Ryoji s’étaient mariés, c’est eux qui ont inauguré le premier mariage de la nouvelle église. Ils attendaient un heureux évènement, lorsqu’ils annoncèrent la nouvelle à leurs amis, tous étaient stupéfaits et remplis de joie. Ils comptaient fonder une belle famille et vivre heureux. Ils voulaient raconter leur histoire aux générations futures pour qu’ils n’oublient pas que le bonheur qu’ils connaissent n’est pas tombé du ciel.
Fujisawa et Tetsu étaient… comme avant : toujours en train de se chamailler pour un rien mais s’aimant avec la même passion. Ils ne s’étaient pas encore mariés. Ils ne savaient pas si ça leur apporterait quelque chose en plus.
Léorio quant à lui avait formé un clan de loup garou. Il avait sillonné le monde afin de réunir un maximum de ses congénères et tous votèrent à l’unanimité qu’il devait être le chef. Il s’était trouvé une charmante compagne, chez eux la coutume n’était pas de se marier, donc ils ne l’étaient pas mais on pouvait voir qu’il était certainement un des hommes le plus heureux du monde.
Quelques fois ils allaient dans l’endroit consacré aux défunts. On y avait enterré tous les morts au combat, pauvres, riches, aucune différence n’était faite. Ils y avaient même enterré la mère de Ryoji, malgré ce qu’elle avait fait, elle avait été une mère qui avait été arrachée de son enfant.
FIN |