Pourquoi vivre ?
C’est là que j’ai compris.
- Elle a eu un accident c’est ça. Elle m’avait prévenu, un jour, j’allais lui servir. Bah, de toute façon pour ce à quoi se résume ma vie c’est de bon cœur que je sauve la sienne. J’en ai ras le bol de moisir ici. Elle a fait une over-dose ? Elle m’a dit qu’elle se droguait de temps à autre. Ou elle a fait un coma éthylique ? Elle m’a dit qu’elle buvait pas mal lors de soirée.
- Elle a eu un accident, expliqua-t-il, je suis son ami.
Il se rendit compte à mon comportement, que le fait de mourir ne m’importait peu. Cela l’intriguait et moi, c’était le fait qu’il était venu me voir qui m’intriguait. Je lui ai donc demandé.
- Pourquoi es-tu venu ? Pour m’annoncer la nouvelle, c’est bizarre. Les gens ne semblent pas se soucier de ce qu’il peut nous arriver.
Il m’a expliqué qu’il était contre le clonage, que d’un instant à l’autre on allait m’emmener pour soigner Lilée, qu’il refusait de me voir servir ainsi. Il voulait m’aider. C’est alors que je lui expliquais que j’avais une théorie totalement différente de la sienne. De toute façon, il fallait que l’une de nous y passe et qu’il fût préférable que ce soit moi puisque personne ne m’attendait nulle part contrairement à elle. Mon argument ne le convaincu pas du tout.
- Je vais te dire quelque chose m’expliqua-t-il, j’apprécie énormément Lilée mais tu n’es en aucun cas res-ponsable de sa participation à cette course. Elle est la cause de ce qui lui est arrivé, tu n’as pas à en payer les consé-quences.
J’ai eu beau lui dire que de tout façon rien n’y faisait, j’étais née clone, visiblement c’était une catégorie de la population qui devait suivre son destin. Un destin tout particulier. Née pour lui sauver la vie, c’est comme ça.
- Ce n’est pas possible d’être aussi tête de mule que ça ! S’énerva-t-il. On dirait Lilée, tu t’es résignée à mourir et tu n’en as plus rien à faire.
- Si tu t’énerves moi aussi je vais m’énerver ! Tu veux que je fasse quoi ? Que j’hurle ? Lilée m’a dit que c’était du double vitrage et que l’on ne risquait pas de m’entendre… Je peux taper sur les murs aussi, mais je t’assure qu’à part me donner des bleus ça n’a jamais rien fait avancer.
Criscioss me fit un grand sourire.
- Je suis arrivé comment à ton avis ? Me demanda-t-il.
- Un point pour toi.
Il me prit la main et m’entraina dehors.
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