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Jeudi 31 mai 2012, 12:03


Voici une histoire écrite par Ti-ole et dont le titre est Mémoire d'une speed - chapitre 05 - Chez lui.

Chez lui

Il me mit à l’abri chez lui.
Il me conseilla de ne pas bouger de sa chambre et qu’il ne valait mieux pas que son père ou sa mère me voit. Il me rassura en me disant qu’il serait revenu avant eux. Lui, il fallait qu’il retourne à l’hôpital. Maintenant que j’étais sauve, il s’inquiétait pour Lilée. Je m’assis sur son lit puis fatiguée m’allongea afin de me reposer. Cette sortie m’avait secoué, il fallait que je digère les évènements et que je me remette de tout ce que j’avais aperçu. Tant de chose que je n’imaginais même pas.
Des choses incompréhensibles me passaient par la tête. Après tout, j’étais dehors, en dehors de ma cage ! J’avais fait le tour de sa maison après son départ et avant de me coucher. Je me rendis compte que le mot « mai-son » ne correspondait pas vraiment à ce que j’avais visité. D’abord j’avais jamais vu de maison mais je savais, comme une intuition, qu’il fallait que j’emploie le terme d’« appartement », un grand « appartement ». Un espace beaucoup plus grand que le lieu où j’avais pu vivre auparavant.
Il me raconta à son retour comment ça s’était passé à l’hôpital. Lilée s’était tout de même réveillée, elle n’avait pas reçu la greffe attendu. Ils avaient dû trouver un autre donneur compatible étant donné que son clone, moi, était introuvable. Criscioss était resté trois heures là-bas. A son réveil Lilée avait pu être soutenu par deux personnes qu’elle connaissait, lui et Mathias. Elle avait le sourire mais cela n’empêcha pas Criscioss d’être de très mauvaise humeur. Mais bon, comme il me dit : « je n’allais pas l’attaquer dès son réveil ». Il avait pris soin d’elle, au moins autant que les infirmières, et était parti lorsque les visites furent finies. Il n’avait pas osé avouer à Mathias que c’était lui qui avait fait échappé le clone de Lilée. Moi, en fait. Il redoutait un peu se réaction. Il était donc rentré me voir, comme il me l’avait promis. Il pénétra dans la chambre et me trouva endormie sur son lit. Il ne me réveilla pas, piqua un cousin dans la chambre d’ami, une couverture et décida de lui aussi entamer une sieste pour digérer tous les évènements passés. Il était repassé aux étages inférieurs afin de jeter un œil au bureau. Grâce à son badge il put les fouiller autant qu’il le voulait. Il avait récupéré des informations, notamment deux, les deux dossiers qui l’intéressaient celui de son clone et celui du clone de Lilée. Quand il se réveilla il sentit une bonne odeur de toast grillé. Il se dirigea à l’odeur et arriva dans la cuisine.
- Déjà levé ? Je t’ai préparé des toasts !
Je m’empressai de les lui coller sous le nez pour l’insister à en prendre.
- Hey ! Il m’a l’air très bon. Comment ce fait-il que tu saches cuisiner ? Enfin… ma question est maladroite …
Il était tout à coup très gêné par sa réflexion.
- Ne t’inquiètes pas, je vais t’expliquer. En fait, c’est tout bête ! Il faut bien qu’ils nous occupent toute la journée là bas, alors j’ai appris toutes sortes de chose, comme la cuisine. Tu me diras ce que tu en penses !
Le four sonna et je pus sortir les muffins. Visiblement, il semblait que j’étonnais Criscioss.
- Ben, tu m’épates ! Me dit-il.
Il m’expliqua après que ce qu’il l’avait plus étonné en moi était ma familiarité. Je ne me posais pas de ques-tions, je déambulais dans sa maison sans aucun malaise, je cuisinais…
Il engouffra les muffins que je lui avais présentés après les toasts, et me présenta un dossier.
- Voilà, j’ai trouvé ça hier et je tenais à te le montrer.
- C’est quoi, lui demandais-je en saisissant le dossier.
- En fait, c’est ton dossier que j’ai trouvé à l’hôpital.
- Alors je m’appelle lo-21. Ce qui correspond pour la première lettre au prénom du client, la deuxième le nom de famille. Le numéro doit être aléatoire. J’ai été crée le 16 Aout. Je suis de sexe féminin !! Ouahhh, on en apprend des choses… Sinon ça je passe…Il y a pas mal de donnée sur Lilée aussi.
Pendant que je m’occupais à lire mon dossier, comme si je me découvrais, Criscioss me dévisageait. Peut-être cherchait-il à se rassurer en se disant qu’il avait fait le bon choix ? Peut-être chercher-t-il les similitudes entre Lilée et moi, comme un jeu de 7 différences.
- C’est marrant de te voir, tu es exactement comme elle, me dit-il. Enfin, elle est blonde alors que toi tu es brune. Mais ça ne m’étonne pas : de toute façon, elle change toujours la coloration de ses cheveux.
- Je crois aussi qu’elle s’est fait lisser les cheveux ? Lui demandais-je comme si s’était un des détails des plus importants.
- Ouais… Acquiesça-t-il avec un petit sourire. En fait, elle est très proche de toi physiquement, mais menta-lement, je suis content que tu n’ais pas hérité de son arrogance. Tu es plus naïve, mais ne vois pas cela comme un reproche. C’est normal vu la vie que tu as mené jusqu’ici ! D’ailleurs, cela se voit que tu n’as pas été élevée dans une famille riche.
Comme je tiquais sur cette remarque, il se reprit.
- Enfin, je veux dire qu’on le voit bien que ton éducation n’est pas celle d’une enfant pourrie gâtée.
Il arrêta de parler pour éviter de me blesser, voyant que je m’amusais de son malaise il enchaîna :
- T’es différente quoi…
- T’es un peu comme elle, toi.
- Comment cela ?
- Un enfant pourri gâté lui répondis-je du tac au tac.
Il encaissa et me répondit,
- On peut dire que tu es directe.
- Ben je sais pas, je ne connais pas d’autres appartements que le tien donc je ne peux pas affirmer ce que je te dis. Cela dit, quand j’observe un peu l’intérieur et même quand je compare l’extérieur du bâtiment à ceux que l’on a vu en venant ici, il y a pas photo, je pense que tu dois faire parti de personne bien situé dans la … je cherchais mes mots.
- la société, tu es une bonne observatrice, compléta-t-il en souriant.
- Désolée, mais jusque là la « société » je ne connaissais pas. Par ailleurs, ce qui est bizarre c’est que les mots dont je n’ai jamais entendu parlé, et que je n’ai jamais utilisé, me semblent tout de même familier.
- Le clonage fait parti de mon programme scolaire, pour ce qui est de la théorie. Je ne connais pas grand chose sur le clonage humain mais de ce que j’ai pu en comprendre, les scientifiques ne peuvent effacer de ta mé-moire tout ce qui leur plait pas ; tels que les notions sur l’amour, la société, les gens… Ils ne peuvent que les mettre de côté en quelque sorte. Mais, si quelqu’un t’en parle, tu as un genre de déclic. Tout les mots, ces notions dont je te parle en fin de compte, te reviennent. D’un sens c’est pratique, c’est d’ailleurs pour cela que découvrir mon appartement, un peu l’extérieur, tous les objets, ne t’a pas fait un choc. Tout cela t’était en fait familier parce que Lilée les connaissaient. L’exemple même c’est que tu as fait la cuisine ce matin, je suppose pourtant que les aliments n’étaient pas les mêmes ? Le paquet de sucre ne ressemblait pas à celui que l’on t’a toujours donné ? Pourtant tu as cuisiné, utilisé les plaques chauffantes alors qu’elles étaient différentes de celles que tu utilisais. De ce que j’ai pu comprendre, ils se servent de cela pour ne pas éveiller vos soupçons, pour ne pas que vous cherchiez à vous enfuir. En vous cachant tout ça, ils peuvent mieux vous contrôler et vous garder.
- Nous séquestrer, le coupais-je avec un sourire.
- Vous séquestrer, oui, reprit-il, sans que vous ayez envi d’aller dehors, parce que vous ne savez pas ce que vous loupez. Là cela éveille uniquement votre curiosité. Que vous soyez ignorant est bénéfique pour eux, pour vous maintenir sous contrôle. C’est d’ailleurs pour cela que les visites de Lilée étaient mal vues, elles provoquait des déclics chez toi alors que les scientifiques ne veulent pas que cela arrive.
- Pourquoi l’ont-ils laissé venir me voir alors ?
- Je suppose qu’à partir du moment où les clients payent cher pour avoir un clone de manière illégale, ils ont plus ou moins tous les droits sur celui-ci. Les petites crises de Lilée pour voir son clone ont donc dû être tolérées.
- Tu sais, ses visites, même si ses intentions étaient « mauvaises », elles m’ont été bénéfiques. Je ne peux pas lui en vouloir. De toute façon, sans elle je ne saurais pas vivante…
Ma réflexion le fit réfléchir. Après un bref silence il me demanda :
- Elle t’a expliqué pourquoi elle venait te voir ?
- Au début elle m’a simplement expliqué ce que j’étais, elle répondait à mes questions. Elle voyait bien que tout se chamboulait dans ma tête. Puis, peu à peu, elle a cherché à me faire peur. Elle me disait que ma vie ne tenait qu’à un fil, qu’un jour je lui servirais, que j’étais une réserve à organes, sa réserve à organes. Elle voyait que cela me faisait ni chaud ni froid, ça l’énervait. Puis lors de notre deuxième rencontre comme je te l’avais expliqué je l’ai rembarré et elle n’est plus jamais revenue. Je suppose que je ne l’amusais plus.
- Bizarrement, cela ne m’étonne pas d’elle, me répondit-il avec une grimace qui en disait long sur la personnalité de ma maîtresse.
- Je ne te comprends pas, tu me dis qu’elle joue avec les gens, que tu ne supportes pas son arrogance, que c’est une fille pourrie gâtée et pourtant… c’est ton amie.
- Malgré tous ses défauts Lilée sait être une fille vraiment agréable quand elle le veut. Je la connais depuis que j’ai quatre ans et je sais de quoi je parle. On a passé de très bons moments avec Mathias et elle. Elle a beaucoup changé mais de temps en temps, on se retrouve comme avant, et rien que pour ces moments là, je ne saurais perdre son amitié.
- Je peux réussir à comprendre alors.
- Tu m’as dit qu’elle t’a parlé de moi, elle t’a dit quoi ? Me demanda t-il curieux.
- Ben, elle m’a dit qu’elle n’était pas la seule à avoir un clone, ses copains en avaient aussi. Elle vous a nom-mé. Elle m’a parlé un peu de toi mais je me rappelle plus à quel sujet. Tiens ! En parlant de ça. C’est vrai que tu as un clone ?
- Je l’ai appris hier, me dit-il, en détournant la tête.
- Tu comptes faire quoi ? Lui ais-je lancé comme si j’impliquais qu’il se devait de faire quelque chose.
- La situation est compliquée, il y a toi déjà, je ne peux pas me permettre d’héberger deux clones à la maison alors que c’est de l’hôpital de mon père que je vous ai fait sortir. Je ne sais pas quoi faire. Je mets mon père dans une situation difficile et en plus j’ai le culot de ramener ces soucis à la maison. Nan, je peux vraiment pas me permettre de le sortir de là-bas tout de suite.
- Qu’est ce que tu vas faire de moi ?
- Honnêtement, je n’en ais aucune idée, mais une chose est sure : je ne vais pas t’abandonner maintenant, me répondit-il en me prenant la main. Écoute : je vais devoir retourner à l’hôpital voir l’état de Lilée. Il ne faut pas que tu restes ici, mon père et ma mère vont bien finir par rentrer. Je vais te confier à un ami qui ne connaît pas Lilée comme ça il ne se doutera de rien.
- Je suppose que tu as confiance en lui si tu veux me confier à lui.
- Entièrement, me répondit-il fièrement.
- Alors pourquoi ne pas dire la vérité ?
- Il est hors de question que je lui parle des clones, on ne sait jamais. S’il refuse de me dépanner en t’accueillant je serrais vraiment dans le pétrin. En plus il faut que je trouve un moyen de sortir mon clone de là-bas. Alors, il faut absolument que je me sois …
- débarrassé de moi, le coupais-je.
- Ce n’est pas ce que j’allais dire.
- Je comprends parfaitement que tu sois dans l’embarras par ma faute.
- Nan, je ne veux pas que tu croies ça. C’est moi qui t’ai sorti de là-bas. Je savais ce que je faisais et je dois assumer.
Il ne m’avait absolument pas convainque, il était sincère avec moi, il voulait m’aider mais je voyais bien que la situation le dépassait. Comment aurait-il pu prévoir tout cela alors qu’il n’avait réfléchi qu’une demi-seconde avant de me faire évader ? C’était une idée farfelue qu’il se devait d’assumer, mais il se gardait bien de m’avouer son embarras…
Il me conduisit chez son ami, un garçon très agréable. En route il m’expliqua qu’il me présenterait comme si j’étais Lilée. Je ne voulu pas l’embêter d’avantage en faisant un caprice, mais le fait de me faire passer pour Lilée –même si le garçon en question ne la connaissait pas– ne m’enchantait pas du tout . Un peu tetûe, et consciente du fait que je n’allais pas trop envenimer la situation, je n’avais vraiment aucune envie de me faire appeler : Lilée. Si bien que lorsque son ami me demanda mon nom, je lui répondis Lou. Criscioss fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire. Il partit aussitôt pour l’hôpital. Il ne me raconta pas ce qu’il y fit puisqu’à son retour, j’étais déjà partie. Le garçon qui m’hébergea l’après midi fut très agréable. Il me laissa sa cuisine, je pus lui préparer deux trois pâtisseries qu’il mangea avec un grand sourire.
Il habitait dans un petit apart’ quasiment tout en haut de l’immeuble. La vue y était assez impressionnante. Il me proposa de me reposer dans sa chambre si je le souhaitais. J’y alla pour consulter en toute discrétion le dossier que Criscioss m’avait laissé. Plusieurs pages m’intriguaient, visiblement elles ne faisaient pas parties de mon dossier.

Il semblait que le père de Criscioss avait un projet bien plus grand pour le clonage. Une sorte de petite ville semblait être en voie de création dans un lieu inhabité.
C’est pour ça que je suis partie, mais pas seulement, je refusais d’être un poids pour Criscioss. Il était clair qu’il lui fallait de l’espace pour pouvoir s’occuper de son clone, alors après tout ce qu’il avait fait pour moi je lui devais bien cela.
 
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