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Jeudi 31 mai 2012, 12:03


Voici une histoire écrite par Ti-ole et dont le titre est Mémoire d'une speed - chapitre 10 - Surpise !!.

Surprise !!

Quelques jours passèrent. Au fur et à mesure que l’absence de son père se prolongeait, mon installation temporaire chez Criscioss continuait. Je me sentais assez faible et je passais plus d’un tiers du temps à dormir. Criscioss quand à lui était au petit soin avec moi. Il s’occupait de moi non-stop hormis lorsqu’il partait rendre visite à Lilée toujours à l’hôpital. J’avoue que cette situation me paraissait spéciale, non pas qu’être dorlotée me déplaisait, après tant de solitude c’était assez agréable mais il me restait comme une sensation de lâcheté que je ne m’expliquais pas encore. Le dernier jour que je passai chez lui fut un samedi. La matinée avait été parfaite. Je ne m’étais pas levée tard contrairement aux premiers jours de la semaine et Criscioss m’avait fait découvrir que nombreuses choses via le réseau galax7. Au fond, rien ne me surprenait vraiment puisque le lien que j’entretenais avec Lilée m’avais habitué ou m’habituait au jour le jour à toutes ces nouveautés. Après le repas du midi, pour nous occuper nous avions commencé un peu de gym sur son tapis de course. Après 14h, il m’avait prévenu qu’il se rendrait à l’hôpital pour voir son clone et Lilée par la même occasion. Nous étions en pleine conversation lorsque l’interphone se déclencha. Criscioss se dirigea vers la porte et en prenant soin de ne pas se tromper de bouton il actionna la commande de dialogue.
- John ! S’étonna-t-il en voyant son image.
- Je suis venu te voir, tu m’ouvres s’il te plait.
Criscioss me fit un signe et je retournai dans sa chambre. J’entendis la porte s’ouvrir et je me collai à la porte pour écouter la conversation.
- Lilée, s’écria Criscioss. Que fais-tu ici ? John tu aurais pu me dire qu’elle était avec toi. Tu as eu le droit de sortir ? Plus calmement continua-t-il. C’est gentil d’être passé me voir, j’ignorais que tu sortais aujourd’hui.
La jeune fille qu’il appelait Lilée se mit à parler et je pus admettre que sa voix semblait être semblable à la mienne.
- Contente de voir que tu t’inquiètes pour moi. Mais cesse dont ton petit jeu Criscioss. Fais la sortir ! Ordonna-t-elle d’un ton sec.
- Qui ? De quoi tu parles ? S’étonna Criscioss.
- Te fous pas de ma gueule Cris. Dis lui de venir !
- Mais de qui tu parles Lilée…
- Qui avait le badge qui permettait d’accéder à n’importe qu’elle pièce de l’hôpital en cas d’urgence.
- Qui était assez con pour faire une connerie pareille ? Compléta John.
- De quoi vous parlez ? Cria Criscioss qui feignait de comprendre.
- Dis à mon putain de clone de ramener sa gueule ! Enchaîna Lilée sur le même ton.
Un silence se fit entendre, plus un mot, plus un seul mot… Un silence de mort qui m’angoissait. J’imaginais la scène qui pouvait se passer de l’autre côté de la porte. Des regards pleins de haines devaient s’échanger. Je rompis le silence par le grincement de la porte et m’immobilisa sur le pas de la porte. Deux regards venaient de se poser sur moi. Celui de Criscioss notamment, qui fuyait la scène et détournait la tête vers ses anciens compagnons. Je quittai la chambre et m’approcha d’eux. Lilée allait se jeter sur moi mais Criscioss lui attrapa le bras. John allait s’interposer mais alors que Criscioss lâcha Lilée.
- Je ne te raconte pas ma surprise lorsque j’ai appelé Samy au téléphone pour parler à sa sœur, et qu’il m’a appris qu’il avait un scoop, que toi et Lilée vous étiez ensemble, qu’il venait de vous voir à l’instant chez toi. Le plus surprenant était que Lilée, la vraie, insista-t-il, était juste à côté de moi… La suite n’était pas difficile à comprendre, enchaîna-t-il et nous avons bien du confirmer l’hypothèse par laquelle…
- Tu nous avais trahi, coupa Lilée, tu m’avais trahie. Et la plus belle des trahisons n’est ce pas ?
- Samy, soupira Criscioss qui ne savait que répondre, Samy…
- Tu as mis ma vie en danger pour te taper mon clone, assena Lilée. Bravo, lança-t-elle avec mépris.
- C’est ce que tu crois, s’étonna Criscioss, tu me fais pitié Lilée.
- Alors si c’est pas pour une histoire de cul pourquoi l’as-tu fait échapper alors que tu savais pertinemment qu’elle m’était nécessaire pour mon opération.
- Parce que justement, je savais pertinemment qu’elle était nécessaire pour ton opération ! Répéta plus fort Criscioss.
- Une vie pour une vie, fit remarquer John. Un clone n’a pas de passé, pas d’avenir. Lilée est bien là elle, en chair et en os.
- C’est faux ! Tu es le premier à combattre l’injustice John. Le clonage est une injustice !
- Oui, mais je ne réfléchit pas ainsi, pas quand il s’agit de mes amis ! Rétorqua-t-il sèchement.
- Lilée a eu un accident parce qu’elle concourait dans une course débile !
- Et après, rétorqua Lilée. Un clone est une réserve à organe, rien de plus !
- J’en ai rien à faire de vos réprimandes, j’ai fait ce qu’il me semblait juste. Dénoncez-moi faîtes ce qu’il vous plait je n’en ai strictement rien à faire…
- Tu m’avais dit que tu avais une autre priorité que Lilée, lorsqu’elle était retombée dans le coma, ne me dit pas que c’était juste pour t’occuper du clone ?
- Le clone s’appelle Lou, grognais-je.
- On t’a pas sonné toi ! Lança Lilée. Lou, rigola-t-elle, on aura tout entendu. Depuis quand les clones s’autorisent à se donner des petits noms.
- Laisses-là tranquille ! Rétorqua Criscioss. Pour ta gouverne John, lorsque Lilée est retombée dans le coma l’effet s’est tout de suite répercuté sur Lou.
- Et après ? S’enquit Lilée. Quelle importance ?
- Vous entretenez un lien. Toi et Lou ! Cela n’est pas normal ! Elle n’est pas simplement ton clone. Elle souffre lorsque tu souffres, elle…
- Original, le coupa Lilée.
- C’est tout ce que ça t’évoque, s’interloqua Criscioss.
- Tu veux que je pleure pour les souffrances que je cause à mon clone, tu me fais rire Criscioss.
- Et toi tu me fais pitié. Sortez de chez moi ! Cria-t-il. Dénoncez-moi, allez voir les flics, mon père… Ce que vous voulez mais dégagez de chez moi !
- Pas sans elle, répondit calmement Lilée.
- Je ne te laisserais pas partir avec elle.
- Moi non plus !
John qui jusque là m’observait et ne s’initiait plus dans la conversation détourna son regard vers Lilée.
- Laissons-les !
- Pardon ?
- On s’en va, répéta John. Avoir un clone est puni par la loi, tu veux faire quoi ? Porter plainte et TE retrouver en taule, c’est ce que tu souhaites ?
- Merci de ton soutien John… soupira Lilée.
Puis ils sont partis, pour Lilée c’était d’un pas rapide et claquant, pour John c’était sur de l’amertume. Ce fut peut-être une déchirure pour Criscioss mais je ne puis le dire avec certitude, cependant il était évident que la scène qui venait de se produire mettait fin aux doutes de Criscioss. Je ne savais absolument pas où me mettre, Criscioss s’était enfermé dans sa chambre et moi je restais impuissante, assise sur le canapé. Plusieurs points se bousculaient en moi mais une chose refaisait surface, ce besoin de fuir très loin. Ce fut au moment où j’ouvris la porte que Criscioss décida de sortir de sa chambre. Pas de bol… Il s’approcha de moi le regard sombre.
- Encore envie de t’enfuir loin, envie de liberté ?
- Je ne peux pas te dire que je n’y ai pas songé sérieusement répondis-je en souriant tout en relâchant la poignée de la porte.
- Tu te sens emprisonnée à mes côtés ? demanda-t-il tranquillement.
- Tout cela devient trop grave et je veux être la seule à payer le prix de ma liberté.
Je refermai la porte et suivis Criscioss qui partait s’asseoir nonchalamment dans le canapé.
- J’assume mes actes.
- Et j’assumerais les miens. Tu as perdu deux amis par ma faute.
- Si je les ai perdus c’est qu’ils n’étaient pas mes amis vraisemblablement.
- C’est possible mais Criscioss écoutes-moi cette fois ! Tu es déjà allé trop loin… Je vais partir, commencer à vivre et ma vie, ta vie continuera normalement et c’est normal ! Nous n’avons rien fait de mal.
- Lou, soupira Criscioss, il est inutile que tu partes, ils ne peuvent rien contre nous ! S’exclama-t-il. Nous sommes intouchables puisque nous sommes du côté de la loi et ceux qui pratiquent le clonage, mon père, Lilée et tous les autres sont les coupables.
- Ils ne me lâcheront jamais Criscioss.
- Ils ne nous lâcherons jamais. Mais qu’importe ! Tout au plus John et Lilée me dénonceront auprès de mon père. Il suffit donc de partir de cet apart’ et ils ne nous retrouverons pas.
Son sourire et son enthousiasme me réchauffaient le cœur mais cela n’avait pas beaucoup d’importance puisque nous n’allions pas pouvoir fuir toute notre vie.
 
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