CHAPITRE 03
L'Aurore Boréale
Ce navire ne semblait pas avoir changé depuis le dernier jour sur ce quai qu’elle l’avait vu disparaître. Il avait toujours ces courbes élégantes d’une étrave faite pour fendre les vagues et battre des records de vitesse. La proue était ornée de l’image d’une sirène, les bras tendus vers le large comme offrant une offrande à la mer, le visage souriant de la demoiselle était celui de la mère de Zeïna lors de son mariage avec son père.
La poupe était plus large, elle accueillait les cabines du capitaine et des officiers. La cabine principale, celle du capitaine, avait une grande fenêtre en fer forgé qui donnait sur l’océan, spectacle enchanteur et toujours changeant des vagues.
Deux grands mats se lançaient à l’assaut du ciel, les voiles déployaient comme des châteaux au tour flamboyante. Sur le mât avant, le plus grand, il y avait le nid de pie pour la vigie. Son père l’avait emmené là haut, une vue si belle, contre son père, le puissant marin.
Mais ce qui était le plus important était une partie du vaisseau invisible, la quille du navire, l’élément vital, était fait d’un seul arbre venu d’une lointaine contrée nordique que son père avait ramené d’un de ses voyages. Ce bois rendait le vaisseau unique, il avançait plus vite dans le vent, il réagissait mieux aux tempêtes, et son père lui avait même dit que le navire l’avait prévenu de dangers imminents, comme un être vivant.
Quand enfin Zeïna fut sur le pont de l’Aurore, elle poussa un profond soupir de soulagement et de contentement, elle avait réussi, elle était revenue sur son navire. La jeune fille posa la main sur le bastingage comme une caresse de bienvenue.
- Qu’est ce que vous faites ici vous ? Ce navire n’est pas à vendre et ce n’est pas un lieu de promenade pour les touristes !
Un homme venait d’apparaître devant eux, il était venu du fond du navire pour hurler des invectives aux deux nouveaux venus. Il était de taille moyenne, mais avec une forte carrure, d’un age mûr il était complètement chauve. Un des ses yeux étaient caché derrière un bandeau, et sa peau avait le hâle des gens de mer habitué au soleil. Ses vêtements étaient crasseux mais dans le ton de cet homme respirait l’autorité.
- Je vous ai dit de descendre, vous êtes sur une propriété privée.
Zeïna se tourna vers l’homme avec un grand sourire.
- Alors Portyd, tu ne me reconnais pas, tu étais pourtant fier de me faire sauter sur tes genoux quand j’étais enfant.
Le marin marqua tout de suite un temps arrêt et écarquilla son œil valide de stupeur.
- Zeïna … C’est vous ?
- Moi-même ! Je suis de retour.
Le marin s’approcha alors et son visage s’adoucit.
- Je n’aurais jamais cru vous revoir de ci tôt. Votre mère est avec vous ?
- Non je suis venu seul, je suis venu reprendre les rênes des affaires du comptoir, et le navire.
- Vous êtes venue faire quoi ?
Portyd attrapa le bastingage du bateau pour na pas tomber, il venait d’avoir un sacré choc.
- Vous comptez vraiment prendre les commandes du navire et partir sur les mers ?
Zeïna désigna le pendentif autour de son cou.
- J’ai pris la charge de Capitaine marchand, et je compte redonner au comptoir Dé Feryo toute sa gloire d’antan.
Le second soupira.
- Un grand projet mais très difficile, sur le navire il ne reste que 6 hommes en plus de moi, ceux que j’ai pu conservé de l’équipage de ton père en particulier le vieux Oraf et les jumeaux Vatys. Mais il nous faudra beaucoup plus d’hommes, et il nous faudra de l’argent également, beaucoup d’argent. Et encore il nous faudra trouver une cargaison de marchandise à transporter, peu nous ferons confiance.
- Pour l’argent j’en ai amené un peu qui pourra nous lancer, et les hommes d’équipage se recrutent. Pour les marchandises, il y aura toujours un chargement, il faut y croire.
Dans les yeux de Zeïna, le second voyait brillait une lumière qu’il n’avait pas vu briller depuis bien longtemps, à part dans les yeux du Capitaine Rodéric Dé Feryo. Il se prit à nouveau y croire, quelque chose qu’il ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Il remarqua alors l’homme qui l’accompagnait.
- Que fait il avec vous ce porte malheur ?
Lantis eu un mouvement de recul, ces mots il les avait entendu si souvent. Mais Zeïna vola à son secours immédiatement.
- C’est mon garde du corps, j’ai toute confiance en lui.
- Tu ne connais pas cet homme et sa réputation, c’est Lantis Alaster, la malchance le poursuit, il serait même à la solde des pirates un sale informateur.
Les mains de Lantis se fermèrent et ses traits se crispèrent, il subissait tant de chose mais jamais il n’accepterait de se faire appeler traître. Il allait se jeter sur le second mais à nouveau la jeune fille se glissa entre eux.
- A partir d’aujourd’hui le passé doit être oublié, je regarde l’avenir, et si je peux aider quelqu’un à changer avec moi, je le ferais. Il a été honnête avec moi et m’a aidé, ce qui est pour moi le plus important.
Portyd renifla bruyamment et préféra abandonner.
- Que comptez vous faire ?
- Pour l’instant faire le bilan général de l’état du comptoir et faire savoir que l’Aurore Boréale va reprendre la mer en tant que navire marchand. J’irais l’inscrire aux bureaux du port dés demain matin, et je me mettrais immédiatement à la recherche d’un équipage.
- Et bien vous voilà plein d’entrain, je vais vous faire faire le tour du navire, vous jugerez vous-même de l’état de celui ci.
Le second entraîna la jeune fille et son garde du corps à travers les entrailles du navire, passant par toutes les zones du bateau. La calle était bien vide, mais elle était propre et la charpente du navire était dans un très bon état.
Ils rencontrèrent tous les membres du navire encore présent, le charpentier du navire, Olaf, présent depuis la construction et le lancement du vaisseau, les deux jumeaux Vatis, Elrand et Jarou, de vrais singes dans les gréements, et tout le reste des marins encore présent, tous assez âgé mais fidèles au bateau.
Elle s’arrêta dans la cabine de son père, sa future cabine. Grand et spacieuse en comparaison du reste du navire, une table, deux chaises, des étagère pleine de carte et de livre de navigation, un vieux coffre de marin, et un lit petit mais rien qu’à elle, un vrai luxe en mer. Tant de souvenirs, Zeïna revoyait son père à cette table, traçant la route du navire, sous les yeux de sa fille, qui apprenait tout ce qu’il disait.
La jeune fille sentit les larmes naître dans ses yeux, tant de douleur derrière tant de joie, mais elle se ressaisi, elle devait être forte pour redonner toute l’honneur de son père et de son navire. Zeïna se tourna vers Portyd et Lantis devant son bureau, elle mit les mains sur la table et les regarda fixement.
- Maintenant, nous avons du travail, Monsieur Odell, vous allez me préparer le navire pour qu’il puisse prendre la mer pendant que je me chargerais de recruter un équipage et de trouver un chargement.
- Bien mademoiselle Dé Feryo.
- Pas mademoiselle monsieur Odell, Capitaine.
Portyd sourit.
- Bien Capitaine.
Zeïna descendit du navire, plus confiante que jamais, en entendant les ordres criés par son second plein de verbe. Lantis gardait le silence, toujours perturbé par les paroles du second, il finit par prendre la parole.
- Mademoiselle, je dois vous parler.
La jeune fille se tourna vers lui avec un grand sourire.
- Je dois vous dire pourquoi j’ai mauvaise réputation, vous devez savoir avant de m’engager.
- Si tu veux, mais tu n’es pas obligé.
- j’y tiens, j’étais le chef d’un groupe de mercenaires qui protégeait les navires marchands, mais un jour lors d’une attaque de pirates, ils furent trop nombreux, j’ai vu mes compagnons tomber les uns après les autres, et je n’ai survécu que par miracle, un accident me jeta à la mer. Je fus sauver par un autre bateau, mais dés mon retour, des rumeurs circulèrent sur mon compte, j’aurais vendu le navire aux pirates contre de l’or. J’ai sombré alors dans l’alcool et la haine.
La voix de Lantis s’était éteinte soudain.
- Mais je vous jure je n’ai rien fait, je n’ai jamais vendu, je suis seulement coupable de ne pas avoir pu sauver mes camarades et les marchands que j’escortais.
Zeïna le regarda tristement et avec douceur.
- Qu’importe le passé, je suis là pour reprendre le présent pour en faire l’avenir, et si je peux t’aider à reprendre le tien, c’est ce qui a de plus important pour moi.
Lantis resta quelques instants sans voix, par la gentillesse et la compassion de cette jeune fille.
- Merci beaucoup, merci.
- De rien, j’ai confiance en toi, je retourne au comptoir, pour faire l’inventaire de ce qui reste, rejoints moi demain matin à l’aube, j’aurais besoin de toi pour aller à la capitainerie et pour recruter nos premiers membres d’équipage.
- Très bien, je serais là.
Alors que la jeune fille se dirigeait vers le comptoir, Lantis la regardait, elle avait réussi à rendre l’espoir dans son cœur. Quelque chose qu’i ne croyait plus possible, il avait envi de se battre pour se projet.
L’homme se jura de ne jamais abandonner cette jeune fille, il donnerait sa vie pour elle sans hésiter.
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Reprise enfin de la suite de mes posts pour mes chapitres sur Océan
Je sais que ça faisait un moment ^^
Profitez bien de la suite je vais les reprendre de manière plus soutenu
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