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Jeudi 31 mai 2012, 17:23


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 26 - L'ermite de la montagne.

Bonjour lecteur ^^

Je dois commencer à me répéter, mais je vous remercie de suivre cette histoire, j'espère qu'elle vous plait autant que j'ai pris de plaisir à l'écrire.
Reprenons un peu notre fic, l'écuyère et les deux diplomates ont enfin trouvé un piste concrète, ils vont rencontrer un véritable magicien grâce au chef du village de Barigne.
Ils ont tous les trois des rêves pleins la tête, et ils vont peut être pouvoir enfin toucher ce qui est encore pour eux qu'un mythe.

Bonne lecture, et pensez à mettre un petit commentaire, cela fait toujours plaisir ^^


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CHAPITRE 26
L'ermite de la montagne


Le village était encore endormi le jour naissant apparaissait à peine au sommet des montagnes autour du haut plateau. La maison du maire de Barigne vibrait d’une activité bien différente du reste de la bourgade.
Une petite expédition était en préparation, Gero Proxin se trouvait au réez de chaussée de la grande habitation. Il discutait avec sa femme pour lui expliquer les détails de leur voyage et le temps qu’ils mettraient avant de revenir.
De leur coté, les jeunes gens tenaient également une réunion avec les soldats de la forteresse. Les quatre hommes allaient devoir rester sur place et cette situation n’était pas faite pour les rassurer.
- Vous êtes sûr que nous devons rester ici, ces montagnes ne sont pas sûres, lança le sergent Caner Tyuro.
Les soldats acquiescèrent.
- Je sais que ce n’est pas prudent, mais nous n’avons pas le choix, répondit Ekart, la personne que nous devons rencontrer a été formel.
- Je serais sur mes gardes, ajouta Mel, je ne les lâcherais pas.
Les hommes étaient des vétérans, ils connaissaient la montagne et ses dangers. Avec la présence de l’Inquisition, le piège pouvait se refermer à chaque tournant.
- Que devons nous faire en attendant ? Demanda Tyuro.
- Restez dans la maison du maire, évitez de sortir. Je sais que je vous oblige à être enfermé toute une partie de la journée, mais je préfère éviter qu’un voyageur vous voie.
Le soldat hocha la tête.
- Nous suivrons les ordres, nous allons nous installer dans la salle commune et patienter. Si vous n’êtes toujours pas arrivé au soir, nous partirons à votre recherche avec ou sans l’aide des villageois s’il le faut.
- Vous n’aurez rien à craindre, intervint Proxin en apparaissant à coté du groupe venu de la forteresse.
Tous se tournèrent vers le maire.
- J’ai prévenu les membres de la milice, si nous ne sommes pas revenus avant ce soir, ils lanceront une expédition pour nous retrouver. Êtes-vous rassurés ainsi ?
Caner Tyuro fit un geste de la tête pour répondre, sans parler.
- Ma femme s’occupera de vous, votre séjour parmi nous se passera sous les meilleurs auspices.
Le maire regarda les trois jeunes gens.
- Vous êtes prêt à partir ?
- Oui, fit Ekart, nous avons prit le stricte minimum comme vous nous avez demandé.
- Bien, maintenant nous allons sortir par la porte de derrière, je préfère que personne ne voit par où nous allons passer pour notre rendez vous.
- Vous pensez qu’il y aurait des espions parmi la population de Barigne, demanda Patinil.
Il secoua négativement la tête.
- Pas à cet endroit, j’ai confiance en tous les habitants, mais je préfère préserver le secret de notre route. Je veux éviter que d’autre personne que moi connaisse ce chemin et encours les foudres de l’Inquisition.
- Vous voulez leur éviter ce qui s’est passé, fit Mel.
- Entre autre, répondit Gero Proxin sombrement.
Après ces derniers mots, l’homme salua sa femme et partit en direction de l’arrière de la maison. Les trois jeunes gens lui emboitèrent le pas, ils étaient excités par leur rencontre prochaine avec un magicien en chair et en os.


Quatre silhouettes grimpaient lentement les pentes abruptes des montagnes depuis la naissance de l’aube, le maire qui les guidait voulait prendre le maximum de discrétion pour aller voir le magicien caché. Il savait que même si tout semblait tranquille mieux valait être sur ses gardes.
Les trois jeune gens marchaient juste après leur guide, ils étaient pressés de faire enfin cette rencontre. Ils avaient passé une partie de la nuit à imaginer leur entrevue, les diplomates avaient préparé une série de questions sans vraiment savoir si celui-ci accepterait d’y répondre.
Le sentier était presque imperceptible, il était caché grâce aux rochers et aux failles, seule une personne de la région pouvait le suivre sans risquer de se perdre. Le chemin grimpait en pente raide la montagne, s’enfonçant un peu plus dans les cimes inexplorées.
L’endroit était parfait pour se cacher, partout il y avait des grottes dans les parois pour s’abriter, des trous pour se camoufler et les quelques buissons épars permettaient d’avoir un peu de bois de chauffage. L’hiver, la montagne était encore plus inaccessibles, une véritable forteresse naturelle.
Le maire s’arrêta sur un haut plateau pour faire une pause, tout le monde en avait bien besoin. Le vent s’était levé et le froid mordant sapait les forces, un endroit à l’abri des bourrasques était une véritable aubaine.
- Nous ne sommes plus très loin du lieu du rendez vous, indiqua leur guide.
- Nous n’allons pas chez le magicien ? Demanda Patinil.
- Il préfère garder secret son emplacement, il y a trop à perdre pour lui.
- J’ai vu ce que l’Inquisition inflige aux grottes aménagées qu’ils découvrent, expliqua l’écuyère.
Le maire se tourna vers elle.
- Vous avez assisté à un combat de magie ?
- Non, je suis restée à l’arrière avec les soldats de la forteresse qui m’accompagnaient, les inquisiteurs ne voulaient pas que nous puissions voir la bataille et les moyens employés.
La jeune fille acquiesça.
- J’ai remarqué que le sol des traces de feux sur la pierre, comme si des armes de siège avaient bombardés la montagne.
- C’est la magie qui a laissé ce genre d’impact, je ne suis pas vraiment au courant de ce qu’elle peut réellement faire.
Il se tourna alors vers les deux diplomates qui les écoutaient.
- Je vous le dit tout de suite, ne vous attendez pas à ce que la personne que vous allez voir vous vous en parle plus.
Ils furent déçus, ayant entendu la description donnée par leur amie, ils auraient bien aimé en connaitre plus sur l’utilisation de la magie. Mel observa les environs, dans le paysage régnait la pierre de toute sorte, les immenses montagnes de la Grande Chaîne du Nord imposaient leur puissance aux regards des voyageurs.
- Je commence à comprendre pourquoi l’Inquisition ne les trouve pas par ici, commenta Mel, c’est vraiment impossible de venir avec une armée.
- L’environnement fait partie de la sauvegarde des derniers écueils de magie qui restent dans ces montagnes. Mais sans le secret qui règne parmi les montagnards, rien de tout ça ne pourrait être conservé, expliqua Gero Proxin.
Pour la première fois de sa vie, Ekart se sentait nerveux, il ne maîtrisait pas la situation, devant suivre une autre personne. Il détestait n’être qu’un pantin manipulé par les autres, même si dans ce cas il pouvait avoir confiance en cet homme qui les guidait. Il avait feuilleté un carnet sur les histoires des montagnes pour passer le temps, mais sans vraiment être attentif à ce qu’il faisait.
Le jeune homme ne savait pas qui serait la personne qu’ils auraient en face, un vieil ermite fou, un espion de l’Inquisition, un être non humain ? Il n’arrivait pas à réfléchir de manière cohérente, ce qui le frustrait encore davantage.
- Ekart, tu viens nous repartons, lui dit Patinil en s’approchant de lui.
Il sursauta à la surprise de son amie qui ne l’avait encore jamais vu aussi nerveux, elle s’en amusa immédiatement.
- Et bien, tu es dans un drôle d’état.
- Ne t’inquiète pas tout va bien, c’est le froid qui me rend léthargique, un peu comme toi quand nous sommes arrivés dans ces montagnes.
- Tu détournes la conversation pour ne pas me répondre.
- Chacun sa défense, moi l’ironie, et toi la froideur.
La jeune diplomate se retourna en se retenant de répondre à cet arrogant personnage, Ekart sourit, une petite plaisanterie lui remontait toujours le moral. Il se remit en marche pour rattraper les autres qui avait déjà reprit leur progression.

Après une bonne heure de marche avec de l’escalade en prime, le petit groupe arriva sur un nouveau plateau, bien plus grand que le précédent. Un petit lac s’était formé au centre, une dizaine de grottes percées les parois de la montagne, il y avait même un petit bois fait de sapins étriqués. L’endroit était parfait pour permettre un refuge de montagne bien pratique pour les fugitifs en quête de protection et de tranquillité.
Le maire leur fit signe d’avancer, ils se rapprochèrent du lac dont l’eau était limpide, des poissons sautés par instant pour attraper des insectes en plein vol. Leur guide s’arrêta à la troisième grotte, puis il regarda à l’intérieur quelques instants avant de se retourner vers les jeunes gens.
- Il n’est pas encore arrivé, nous allons attendre quelques temps ici.
- J’espère qu’il ne tardera pas, le vent est glacé, lança Mel.
- A l’intérieur de la grotte nous serons plus à l’aise.
Ils s’installèrent à l’entrée à l’abri du froid et attendirent. Gero Proxin resta visible au plus proche de l’extérieur pour voir arriver le magicien. Les diplomates et l’écuyère s’installèrent tant bien que mal dans la grotte sombre, soit contre le mur, soit sur le sol. Le temps filait lentement, dans un silence tendu seulement interrompu par la plainte infini du vent.
Mel ne cachait pas son impatience, elle n’aimait pas rester à rien faire et faisait les cent pas dans la grotte. Elle avait peur de rester dans cet endroit, il n’y avait qu’une seule sortie, le fond de la grotte n’était pas visible. Si les hommes de l’Inquisition se montraient, ils n’auraient pas beaucoup d’échappatoire.
- Je trouve ça trop long, s’impatienta l’écuyère, il y a quelque chose qui ne va pas.
- Un peu de patience Mel, ne va pas imaginer le pire.
Patinil avait parlé sans regarder la jeune fille, elle était plongée dans son carnet de notes.
- Mais c’est frustrant de rester là à attendre, vous ne trouvez pas.
- Je suis d’accord avec toi, répondit Ekart, mais cela ne sert à rien de s’énerver ou de s’emporter ainsi, il ne va pas arriver plus vite.
- Je suis une guerrière, l’inaction me rend malade.
- Nous avions remarqué, fit le jeune homme avec un rire amusé.
Mel aperçut le sourire du diplomate.
- Parce que toi tu n’es pas impatient de voir ce magicien.
- Bien sûr que si, mais je me contrôle comme nous l’avons appris.
L’écuyère soupira de frustration.
- C’est impossible d’avoir le dernier mot avec toi ?
- Il est agaçant n’est ce pas, renchérit Patinil en relevant la tête.
Au lieu de prendre mal les paroles de son amie, il prit cela pour un compliment et afficha un sourire encore plus grand. Le maire les interrompit en se retournant vers eux.
- Le voilà.
Ekart se raidit faisant disparaître son sourire, Patinil se leva d’un seul coup manquant de s’assommer sur la paroi de la grotte. Mel quand à elle s’était arrêtée sur place, une expression de joie et de curiosité mêlée.

L’homme avança à l’extérieur et accueillit leur visiteur, les trois jeunes gens n’entendaient que la voix de leur guide. Enfin des pas se rapprochèrent et les deux personnes entrèrent dans la grotte. Le magicien était de taille moyenne, aux cheveux gris longs retenus en queue de cheval, Il avait une barbe grise bien taillé. Il avait un léger embonpoint avec un visage aux traits sévères.
Ses vêtements étaient simples comme n’importe quel montagnard, mais quelques détails le rendaient différents, une cape de très bonne facture, une amulette en or autour du coup et un bâton parcouru de runes étranges.
- Vous avez de la chance le vent est plutôt calme, lança tranquillement le magicien en s’étirant.
Le jeune diplomate fut un peu décontenancé, il ne s’attendait pas à voir une personne avec une apparence aussi normal. Il en était de même pour ses amies qui étaient tout aussi étonnées, ne sachant pas comment réagir.
- Et bien, je vous vois avec de drôle de figure, vous vous attendiez à quoi, un costume bariolé avec des lumières partout, ou bien un chapeau pointu.
Le magicien se mit à rire bruyamment en se tapant que le ventre, Gero Proxin sourit à ses côtés. Il n’avait rien dit sur la véritable apparence du magicien pour voir leur réaction, les deux hommes étaient des amis de longue date.
- Trêve de plaisanterie, je ne pense pas que vous avez fait tout ce chemin pour m’entendre vous moquez de moi.
Ekart reprit ses esprits en premier et répondit aussitôt.
- Merci d’avoir accepté cette entrevue, je me nomme Ekart Caras je suis diplomate, et voici Patinil Ojyr une consoeur diplomate et Mel Davard une écuyère de l’ordre de la lumière.
Les deux jeunes filles saluèrent le mage à l’annonce de leur nom.
- Nertas, c’est mon nom de mage, j’ai accepté ce rendez vous seulement parce que vous connaissiez Maître Garynlos de Manilaus, sinon je n’aurais pas daigné me montrer soyez en sûr.
Il s’appuya sur son bâton face à ces visiteurs, et il reprit la parole.
- Alors pourquoi vouliez-vous me voir ? Vous êtes bien jeune pour risquez vos vies avec l’Inquisition, ou alors complètement inconscient, un peu des deux selon mon avis.
Ekart avait pris la parole au départ de leur rencontre, mais maintenant il ne savait pas vraiment par quoi commencer. Patinil prit alors la parole, elle était particulièrement curieuse de recevoir certaines réponses à ses nombreuses questions.
- Je me permets de prendre la parole, nous ne sommes ni fous, ni inconscients, nous souhaitons en apprendre plus sur la magie.
- Dans un but de connaissances ? Voyez vous ça, je ne vous crois pas, vous ne feriez pas autant de chemin pour tout cela. Allez droit au but ma petite demoiselle.
La jeune fille fit la moue devant la familiarité de l’homme, elle reprit la parole en expliquant plus clairement ce qu’ils désiraient.
- Nous avons découvert la magie depuis peu de temps, grâce à l’aide de Maître Garynlos, nous avons compris l’injustice qui règne au sein même du Conglomérat. L’Inquisition tient au creux de sa main la vie de centaines milliers de personnes, lui donnant le droit de tuer au nom d’un pouvoir occulte. Notre but en venant vous voir est d’en apprendre plus sur la magie et de connaître un moyen de palier cette injustice.
Le magicien avait écouté sans rien dire la tirade de la jeune fille. Quand elle eut terminé, il regarda les trois jeunes gens devant lui, il ne savait pas comment réagir. L’homme avait vu passé de tout dans ces montagnes, mais pas encore de tels énergumènes.
- Je dois dire que vous êtes étrange, la jeunesse j’imagine, c’est un bel idéal que voilà, mais c’est impossible à réaliser.
- Et pourquoi cela ? Demanda Ekart.
- Ce n’est pas quelques jeunes comme vous qui allez changer des siècles de censure et de meurtres.
- Il n’y a pas que nous, renchérit le diplomate, Maître Garynlos le directeur de l’Académie plante les graines de ce renouveau, un autre de nos amis cherche de son côté les preuves. Et je pense que vous ne devez pas avoir vu beaucoup de personnes qui cherchent la vérité, voilà le début du changement.
Nertas était de plus en plus amusé.
- Tu as bien choisi ton métier jeune homme, tu es un baratineur de première, et en plus tu es plutôt convainquant. Mais fait attention, tu es encore bien jeune et la fourberie possède bien des visages.
- Pouvez-vous nous parler de la magie ? Demanda Mel prenant la parole pour la première fois.
- Tu es pressée, mais tu as raison, je ne compte pas rester bien longtemps se serait dangereux. Alors qu’est ce que je pourrais vous dire sur la magie, il y a beaucoup à dire mais je vais la décrire au mieux. La magie est toute autour de nous, elle puise sa force dans la vie même. Certaines personnes sont capables de puiser cette énergie pour en modeler des sortilèges, se sont les magiciens.
Patinil s’était assise pour prendre des notes, elle prit la parole.
- Pourquoi les dirigeants du Conglomérat ont voulu la cacher ?
- La peur, il ne pouvait pas la contrôler. Mais ce qui est paradoxale, c’est que ceux qui essayent de la faire disparaître l’utilisent à leur tour pour mener leur projet à terme.
La révélation fit sursauter les trois jeunes gens, alors que le mage se contentait de prendre une gorgée d’alcool de la flasque tendue par le maire resté debout près de lui.
- Les Inquisiteurs pratiquent la magie ? Fit Ekart abasourdi.
- Pas tous évidemment, seuls les plus puissants parmi l’organisation sont capables de l’utiliser. Mais elle a une origine différente de la notre, elle est pervertie, c’est de la magie sombre et affreuse.
Le ton prit par le magicien donna des frissons à Patinil, elle n’aurait pas cru qu’elle est à affronter des pouvoirs dont elle ne pouvait pas se défendre. Mais la jeune fille ne perdait pas son temps pour autant, elle notait tous ce qu’elle entendait.
- Pour vous expliquer, reprit Nertas, la magie nait de plusieurs domaines, celle des humains est polyvalente, elle puisse dans toutes les forces qui l’entourent, l’eau, la terre, l’air, le feu, il n’y a pas de domaine en particulier.
- Vous dites celles des humaines, mais il y a d’autres utilisateurs ? Questionna la jeune fille qui continuait à prendre le fil de la conversation.
Le mage se mit à rire en se tapant sur la cuisse.
- Que crois-tu jeune demoiselle, que seul les humains sont capable de faire de la magie ? Nous ne sommes que des enfants qui manipulons une force bien plus ancienne que nous. Les elfes possèdent une magie en accord avec la nature, elle est très puissante, faisant partie de leur vie et de leur monde. Elle suit les mêmes préceptes que nous, à savoir les quatre éléments majeurs.
Nertas était dans une bonne disposition, il enchaîna de lui-même sur la suite de son explication sans attendre les questions des jeunes gens.
- La magie montre bien d’autres visages, les koradjis font appel à la force des esprits de la nature. Il y a également une forme de magie aussi ancienne que celle des elfes plus au Sud des territoires du Conglomérat, mais celle-ci nous est totalement étrangère, presque comme une simple légende.
Patinil n’avait pas cessé d’écrire tandis qu’Ekart avait gardé le silence pour pouvoir comprendre chaque parole du long discours du mage. L’écuyère n’était pas en reste, elle regardait le personnage avec des grands yeux pleins de curiosité.
- Il y a encore beaucoup de magicien aujourd’hui ? Demanda Mel sans pouvoir se retenir de prendre la parole.
Nertas observa la jeune fille avec amusement.
- Ainsi même toi la guerrière tu t’intéresses à ce sujet ?
L’écuyère se mit à rougir d’embarras.
- Je vais répondre à ta question, dans ses montagnes, nous avons un refuge naturel, mais ils sont toujours à notre poursuite. Il y a pas longtemps, les hommes de l’Inquisition ont réussi à retrouvé la trace d’une des grottes qui servaient de refuge à un camarade qui vivait dans les montagnes.
Mel se tendit, elle connaissait l’histoire de ce combat.
- Le mage a pu s’en sortir j’espère ?
- Oui, il a été prévenu avant leur arrivée grâce à Proxin, même si il a du subir un interrogatoire à la mode de ses infâmes personnages.
Le maire afficha un air sombre, il avait encore des douleurs dans les bras pour lui rappeler ce moment particulièrement difficile.
- Je crois d’ailleurs que tu en faisais parti mademoiselle l’écuyère, fit le mage en regardant dans sa direction.
La jeune fille hocha la tête ne cachant pas sa présence avec l’Inquisition.
- Je faisais parti du contingent qui accompagnait les Inquisiteurs dans la montagne, mais je n’ai absolument rien fait contre le mage, j’aurais préféré prendre les armes contre eux.
- Je te crois jeunes fille, pas la peine d’en faire trop, tes propos sont sincères.
- Mais s’ils ont réussi à trouver les traces de l’uns des mages, reprit Patinil, les autres mages sont peut être en danger ?
Nertas fit un simple geste dans les airs.
- Ce n’est pas avec la découverte d’une grotte presque vide qu’ils pourront remonter plus loin. Nous avons un réseau de communication et de surveillance bien plus important que vous n’imaginez. Sur ce point je ne vous en parlerais pas plus, je tiens aussi à garder quelques petites informations secrètes n’est ce pas ?
- C’est tout à fait compréhensif, répondit Ekart sur un ton posé.
Il savait que le mage aurait pu ne rien leur dire, il n’allait pas lui en vouloir de conserver quelques détails cruciaux pour leur survie. Il reprit la parole sans attendre, une question venant de naitre dans ses pensées.
- Si nous voulons réunir le plus de témoignages et de preuves, nous avons besoin de savoir où nous pouvons trouver des utilisateurs de la magie ?
- Cette information est très délicate à donner.
- Je le sais bien, répondit le jeune homme, mais c’est en rencontrant ceux qui pratiquent la magie que nous ferons éclater la vérité.
En voyant le visage fermé de leur interlocuteur, le diplomate rajouta avec une voix malicieuse dans sa direction.
- Si vous ne nous faisiez pas confiance, auriez-vous accepté de vous montre et de nous parler à visage couvert comme actuellement ?
Le magicien sourit.
- Décidément, tu es vraiment fait pour être diplomate, je n’ai jamais vu un aussi beau parleur depuis quelques temps.
Il reprit sa respiration et le fil de ses pensées pour lui répondre.
- La forêt de Veraï est un centre de la magie ancienne encore très actif, là bas se trouve des personnes ayant des connaissances millénaires, le peuple des koradjis dont je vous ai parlé il y a peu en début de notre conversation.
Les jeunes gens se regardèrent avec appréhension, ils se commencèrent à se demander s’ils allaient devoir pénétrer ses bois à la triste réputation.
- Je suis un peu surprise, fit Patinil, les autorités ont toujours dépeint les koradjis comme un peuple sanguinaire et barbare à l’image des Taugres ou des Orcs.
- L’Inquisition cache habilement ses secrets depuis des siècles pour mieux endormir tout le monde. Les koradjis sont un peuple bien plus pacifique que vous imaginez, ils sont devenus des ennemis du Conglomérat par la seule volonté de l’Inquisition.
- Alors pourquoi les elfes ne sont ils pas catalogués de la même manière, lança Ekart.
- Voilà une très bonne question jeune homme, les elfes possèdent une magie qui leur est propre, c’est elle qui protège leur peuple de l’avidité de l’Inquisition. Un compromis a été trouvé il y a des siècles instaurant une paix précaire qui pourrait se rompre à tout moment selon le bon vouloir de l’ordre à la serre d’aigle.
Nertas se saisit de la flasque du maire pour en avaler une bonne rasade revigorante avant de continuer.
- Et enfin il y a encore les magiciens dans le Conglomérat, vivant dans la clandestinité et cachés par des sympathisants comme Maître Garynlos qui a tant fait pour nous.
- Et dans ces montagnes, nous ne pourrions pas rencontrer d’autres mages ? Demanda Patinil.
Le magicien poussa un soupir.
- Avez-vous vu la difficulté pour me voir, alors imaginez pour les autres qui sont surement moins sociable que moi.
- Nous tenterons notre chance tout de même, ici nous sommes encore libre de nos mouvements, merci pour votre franchise, répondit Ekart avec déférence.
Nertas laissa échapper une exclamation amusée.
- Je me suis permis de lancer un sort sur vous avant d’entrer pour voir si vous disiez la vérité, j’ai pu ainsi me rassurer.
Le magicien se mit à rire à gorge déployée devant leur mine déconfite. Il se leva alors en redonnant la bouteille vide au maire, il avait eu le temps de la boire entièrement.
- Je ne peux m’attarder plus longtemps, l’Inquisition a parfois des moyens assez spéciaux pour nous repérer.
- Il est dommage que vous ne puissiez pas rester plus longtemps, fit le jeune noble avec son ton diplomatique.
- Pas besoin de prendre des gants avec moi mon gars, mais si je peux vous donner un conseil, faites très attention, les gens de l’Inquisition n’hésitent pas torturer et à tuer pour parvenir à leurs fins.
Un froid accueillit les propos de Nertas.
- Avancez doucement, la prudence et la discrétion sont importantes. Je pars en premier si cela ne vous gêne pas, attendez quelques instants avant de partir à votre tour.
- Nous poursuivons notre voyage vers les autres villages des montagnes des environs, peut être pourrons nous nous revoir ? Demanda Patinil.
- Cela m’étonnerait beaucoup.
L’homme remit la capuche de sa cape et se retourna une dernière fois.
- Bon courage à vous, au revoir.
Sans attendre de réponse, il disparut rapidement au dehors comme emporté par le vent glacial. Dans la grotte, le silence s’imposa, en peu de temps les trois jeunes gens venaient d’apprendre des choses inimaginables.
Gero Proxin garda le silence pour les laisser se remettre de leur entrevue, puis il finit par intervenir après avoir regarder à l’extérieur.
- Je ne voudrais pas vous presser, mais si nous voulons rentrer avant la nuit, il vaudrait mieux repartir maintenant.
- Vous avez raison, lança Mel qui connaissait le climat des montagnes, nous aurons tout le temps pour mettre toutes nos idées en place.
Patinil se releva en rangeant son précieux carnet de note dans une poche secrète de sa sacoche.
- Allons-y.
Le maire sortit de la grotte, suivi des trois camarades, ils étaient perdus dans leur pensée, perdus dans un monde qu’ils n’auraient jamais imaginé découvrir.

 
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