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Jeudi 31 mai 2012, 17:24


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 27 - Parmi eux.

Bonjour à vous ^^

La suite de chevalier est avancée, j'espère qu'elle vous plaira autant que j'ai pris plaisir à l'écrire.
Onèan a reçu l'autorisation de rester dans le village, il va même pouvoir se déplacer dans les rues, mais il sera escorter à chaque instant par un gardien qu'il ne connait pas encore. Qu'importe pour le jeune homme, le voilà un peu plus libre même au coeur de la forêt de Veraï.
De son coté, Lynaïs voit la fin de son apprentissage d'archer mage, elle va maintenant apprendre par elle même à maîtriser ses pouvoirs. Une occasion de retourner dans son village qui lui manque tant.

Bonne lecture à vous ^^


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CHEVALIER 27
Parmi eux


Le soleil filtrait à travers les espaces entre les branchages qui formaient le toit. Onèan leva une main pour couvrir ses yeux, il avait mal dormi, trop de questions en tête. Il ressentait une vive douleur là où les épées de Keridan et ses acolytes l’avaient blessé. Il avait encore la tête qui tournait et il se sentait d’une faiblesse extrême, un contre coup du poison reçu par l’araignée géante.
Le jeune homme savait que son état allait s’améliorer au fur et à mesure que les minutes passaient. Il lui fallait juste s’habituer, la douleur commençait également à lui être coutumière, elle devenait la compagne de ses journées.
Après sa rencontre avec le conseil des anciens et le chef du clan des Chênes noirs, Onèan avait passé la plus grande partie de la journée à somnoler. Il avait besoin de sommeil pour que son corps guérisse des blessures reçues. Il trouvait le temps long mais il ne pouvait pas faire autrement, il se trouvait dans la forêt de Veraï, entouré par les ennemis du Conglomérat.
L’écuyer tourna la tête pour voir ce qui l’entourait, c’était la première journée qu’il pouvait le faire sans s’évanouir de douleur au moindre geste. La hutte était simple, elle comportait deux pièces, l’une servant de cuisine et de salon de réception, et l’autre de chambre.
Dans la partie principale, l’ensemble de la pièce était agencé autour d’un feu dont la fumée était évacuée par un orifice pratiqué dans le toit. Des étagères et des tables étaient disposées contre les murs, elles croulaient sous le poids des végétaux, pots en terre et bocaux de toutes tailles. Deux fenêtres permettaient à la lumière du jour de parvenir jusqu’à l’intérieur, mais des longues tiges séchant obstruaient les ouvertures.

La tenture se releva à l’entrée, laissant la lumière inonder l’intérieur de l’habitation. Onèan regarda dans cette direction, il reconnut le shaman qui s’était occupé de lui depuis qu’il était arrivé dans le village des Chênes Noirs.
- Te voilà réveillé jeune homme, comment te sens-tu ?
- Mieux aujourd’hui, ma tête tourne un peu et la douleur est toujours présente, mais elle est supportable. Je suis toujours un peu perdu mais pour le reste tout à l’air d’aller mieux.
Le vieux Koradji sourit.
- Je comprends, mais tu vas pouvoir sortir d’ici à partir d’aujourd’hui.
A cette nouvelle, Onèan se redressa sur sa couche en se tenant sur un coude, il poussa un petit gémissement sur le coup de la douleur.
- Doucement, doucement, pas besoin de tant de précipitation, tu pourras marcher un peu.
- Pourtant, je ressens encore les effets des blessures, répondit Onèan en se recouchant sur sa litière.
- Se remettre debout et marcher le plus tôt possible permet à ton corps de se renforcer et d’accélérer la guérison par lui-même.
L’écuyer opina de la tête.
- Je ne suis pas mécontent de pouvoir mettre le nez dehors, je vais pouvoir prendre enfin un peu d’air frais.
- Ma maison te déplairait elle ?
- Non, non, se rattrapa aussitôt le jeune homme, c’est juste que l’endroit manque un peu de … lumière.
Le vieux kordaji regarda autour de lui sans comprendre ce que lui expliquait son patient.
- J’y vois très bien pour ma part, je ne vois pas pourquoi tu dis ça, en plus j’ai besoin de la pénombre pour quelques unes de mes préparations.
Le jeune homme changea de sujet pour ne pas ennuyer plus son médecin.
- Quand vais-je pouvoir sortir ?
- Dans quelques instants, mais tu seras accompagné comme l’a demandé Korahyn.
- Je sais, il a été catégorique sur ce point là et je n’irais pas à son encontre.
Le shaman se mit ranger plusieurs de ces mortiers sur les étagères tout en poursuivant la conversation avec son patient.
- Même si j’ai eu beau dire que tu n’allais pas pouvoir aller bien loin dans l’état où tu te trouvais, ce jeune borné n’a pas voulu entendre mes arguments.
Le jeune homme sourit en entendant comment parler le vieux koradji du chef du clan. Le shaman n’avait pas l’air d’être une personne particulièrement raisonnable, et le dénommé Korahyn devait avoir fort à faire avec lui.
- J’imagine que je serais suivi par deux gardes armés pour m’empêcher de m’échapper, avança Onèan.
Oroky se mit à rire doucement.
- Je crois que tu n’y es pas du tout, je pense que tu vas être surpris.
Il s’approcha de son patient et retira la couverture que le couvrait, il observa les bandages et les cataplasmes qu’il avait posé.
- Avant que tu ne sortes, je vais changer des pansements et nettoyer tes plaies, ainsi tu seras tranquille pour le reste de la journée.
Onèan hocha la tête, il se coucha bien droit sur la litière de feuillage en fermant les yeux sachant à quoi il devait s’attendre. Avec des mains expertes malgré son âge, le shaman retira les bandages avec application, un peu de sang avait encore coulé mais les plaies étaient parfaitement saines.
L’écuyer serra les dents pour ne pas crier, la douleur était encore vive et les soins le lui rappelaient. Sans s’arrêter, Oroky nettoya avec attention les plaies et il appliqua une patte cicatrisante de sa fabrication. Il la savait très efficace, elle apaisait la souffrance et permettait aux plaies de se refermer plus rapidement.
Une fois les blessures à l’épée soignées et propres, il se mit au travail sur la morsure d’araignée. La marque des deux crocs était visible, deux trous proches avec la peau verdâtre sur tout le bras. Malgré l’aspect, le shaman était confiant, le poison avait été purifié dans les veines du jeune homme, sa chair était marquée et elle avait besoin de se régénérer.
La jambe d’Onèan était retenue entre deux morceaux de bois solidement attachés à celle-ci. La fracture n’avait pas posé de mal au shaman, il l’avait réduite pendant que le jeune homme était évanoui pour lui éviter des souffrances inutiles. Maintenant, il ne fallait plus que du temps et de la patience pour qu’il remarche de nouveau.
Les soins terminés, Oroky aida son patient à se rhabiller pour sa prochaine sortie. Son armure de cuir d’écuyer lui avait été retiré, elle se trouvait non loin de lui dans la hutte du shaman. Il portait sur lui un pantalon de lin simple et une chemise ainsi qu’une botte sur sa jambe valide.
Sa chemise était déchirée en plusieurs endroits, une des jambes de son pantalon était déchirée pour faire passer les attelles. Ses vêtements avaient connu des jours meilleurs mais il n’en possédait pas d’autre pour le moment.
- Tes blessures se résorbent lentement, tu auras besoin de temps pour qu’elles soient totalement remises.
- Et pour ma jambe ?
- Elle a été brisée nettement, une chance car j’ai pu la réduire très facilement, tu retrouveras complètement ta mobilité dans quelques semaines.
Le jeune homme regarda sa jambe prise dans la structure de bois, elle était rouge et gonflée.
- Je ne peux que vous croire.
- C’est impressionnant pour le moment, mais tu verras, mes soins sont efficaces.

Le shaman se tourna vers l’entrée et afficha un grand sourire.
- Je crois que ton gardien est arrivé, entre Anya s’il te plait.
Une jeune koradji souleva la tenture pour pénétrer dans l’habitation. Malgré ses souvenirs un peu embrouillés, il reconnut la jeune fille qui l’avait secouru juste après son combat contre ses ennemis. Elle était vêtue différemment de la première fois qu’il l’avait aperçue, elle portait un pagne court en tissu avec les pieds nus. Sur le haut de son corps, elle avait une simple brassière de tissu retenu par des cordelettes sur les cotés et devant.
Sa mise se complétait d’un collier d’ambre et de perle à son coup, ses cheveux étaient laissés détachés en une cascade brune dans son dos. Le jeune homme ne pouvait détacher son regard de la nouvelle venue, un sentiment étrange au creux de la poitrine. Mais en l’observant mieux il comprit à sa posture que la jeune fille était loin d’être de bonne humeur.
- Dire que je peux passer mon après midi dans les bois, me voilà coincé au village comme ce matin avec les corvées de ma tante.
- C’est une décision de notre chef Anya, répondit le shaman avec malice, c’est toi qui as pris sur toi de le ramener ici, à toi de prendre soin de lui.
La jeune fille soupira, elle devait bien avouer qu’il avait raison, elle avait pris la décision de le sauver au mépris du danger.
- Très bien, très bien, pas la peine de me le rappeler.
Elle regarda le jeune humain couché sur le sol en mettant ses mains sur les hanches.
- J’espère au moins que tu peux marcher par toi-même.
Comprenant qu’elle s’adressait à lui, Onèan réagit après un temps d’hésitation.
- Je ne sais pas, je n’ai pas encore essayé.
Oroky montra une béquille qu’il avait fabriquée le matin même.
- Avec ce soutien, tu pourras marcher seul, tu as besoin de reprendre des forces et se sera le meilleur moyen.
- Merci beaucoup.
- De rien, je soigne mes patients du début jusqu’à la fin et je fais en sorte qu’il se remette le mieux possible.
Il se tourna vers Anya.
- Je compte sur toi pour que tu l’aides à se déplacer, il a perdu beaucoup de sang et il n’a plus la même force qu’avant.
- Je l’ai ramené ici, ce n’est pas pour le laisser tomber devant tout le monde.
Le vieux koradji aida Onèan à se relever en le soutenant, la position debout lui demander beaucoup d’effort. L’écuyer saisit la béquille puis il essaya de se relever, ses bras et ses jambes tremblaient. Son visage était crispé par la douleur, mais il s’entêta, il ne voulait pas se montrer faible devant les koradjis.
Ses efforts portèrent leur fruit, il se redressa de toute sa taille, de la sueur perlant sur son front. Il fit au départ quelques pas hésitants, puis sa démarche fut plus assurée pour qu’il arrive à rejoindre la jeune fille.
- Je pense que ça devrait aller.
Le shaman hocha la tête, il s’adressa à sa gardienne.
- Accompagne le dans le village, et fais le un peu visiter, il va passer quelques temps parmi nous alors autant qu’il s’accoutume à son nouvel environnement.
- Très bien Oroky, aller suis moi l’humain.
Anya quitta la maison sans attendre, Onèan regarda dans la direction de l’entrée la bouche bée. Il se tourna vers le vieux koradji qui se contenta de soulever les épaules en souriant malicieusement.

Le jeune homme poussa un profond soupir, il lui emboita le pas, n’ayant pas d’autre choix que d’obéir. Il n’oublia pas de saluer le shaman avant de sortir et il passa la tenture de l’entrée pour apparaitre au grand jour. Il ferma les yeux en sentant la caresse du vent et le soleil chaud qui réchauffait son corps endolori.
La koradji se tenait au milieu du chemin, elle attendait celui qu’elle devait accompagner à tout instant dans le village. Elle lui fit un signe de la tête et ils commencèrent leur visite. Sa démarche était souple et harmonieuse, bien que cette tâche lui soit rébarbative, elle fit en sorte de marcher lentement pour ne pas semer le blessé.
Onèan la suivait en s’appuyant sur la béquille confectionnée par Oroky, il ouvrait des yeux plein de surprise en découvrant le véritable visage des sauvages ennemis du Conglomérat. Le village était formé d’une centaine de maisons en bois, les unes contres les autres avec parfois un petit jardin qui les entourait.
Des chemins formaient des rues que les habitants empruntaient pour vaquer à leur occupation. L’écuyer voyait des femmes discuter entre elle, des enfants qui jouaient en poussant des cris stridents, riant aux éclats. Il n’y avait pas trace de gardes, les koradjis ne voyaient pas le besoin de mettre des hommes armés au milieu du village. Des éclaireurs étaient disposés autour du village pour surveiller les alentours et prévenir tous les dangers.
En arrivant sur une place plus grande que les autres, il vit plusieurs échoppes, des marchands de toute sorte, une taverne où les gens se réunissaient pour parler et même un étal de forgeron reconnaissable au foyer rougeoyant. Avec les rires, les cris des enfants et toute la vie réunit ici, le jeune homme se crut de retour dans son village de Winrya, avec ses amis.
Des souvenirs assaillirent sa mémoire sans prévenir, il semblait si lointain après tout ce qui lui était arrivé. Il sentit son cœur se crisper, mais il refoula ses sentiments pour les garder en lui. La jeune fille remarqua le trouble dans les yeux de l’humain.
- Un problème ? La douleur est peut être trop forte, nous pouvons retourner chez le vieux Oroky si tu veux.
- Non, tout va bien, j’étais perdu dans mes pensées.
- Elle ne devait pas être si belle que ça, ton visage exprimait beaucoup de tristesse.
Onèan était surpris par la justesse des paroles de la koradji, elle l‘avait percé à jours.
- Un peu de nostalgie, mais ne t’inquiète pas tout va bien.
Le sourire du jeune homme embarrassa visiblement sa gardienne, elle tourna la tête pour cacher son visage.
- Continuons, lança t’elle sans se retourner.
Ils reprirent leur périple, Anya était la seule à parler, décrivant la vie de son clan et les endroits. Les habitants réagissaient à sa venue, soit la peur l’emportait les mères cachant leurs enfants, soit la colère rendait les regards noirs et plein de courroux. Plus d’une fois, Onèan sentit cette haine reculant d’un pas, mais la jeune koradji était à ses côtés, pour montrer aux habitants qu’il n’était pas libre et que tout le monde ne risquait rien.
Après une petite heure de marche, la jeune fille proposé au jeune écuyer de s’asseoir sur un tronc d’arbre. Il était installé dans une clairière d’où jaillissait une petite fontaine qui alimentait tout le village. Des mères venaient remplir des jarres d’eau tandis que les enfants jouaient aux bords de l’étang en riant aux éclats.
Onèan s’assit sur le tronc en poussant un soupir, il commençait à ressentir la douleur de ses blessures. Cette pause était la bienvenue, Anya s’installa à coté de lui, le jeune homme l’observa à la dérober. Elle regardait les enfants qui jouaient devant eux, elle se tenait légèrement fléchie, les bras posés sur ses genoux. Son visage était doux, son aspect de loup était complément occulté par la tendresse qui se lisait dans ses yeux violet.
La koradji se tourna vers lui soudainement, le jeune homme détourna les yeux brutalement.
- Pourquoi me regardes-tu ?
Onèan était gêné.
- Depuis que je suis là, c’est la première fois que je vois un membre de ta race aussi près de moi et aussi longtemps.
- Tu sais, pour moi aussi, j’évite les humains habituellement.
Le ton ferme de la jeune fille rendit l’atmosphère plus lourde. Pendant un petit moment seul les rires des enfants troublaient le silence.
- Désolé, finit par reprendre Anya, les humains sont fourbes et cruels, j’ai vu tant de chose que j’ai du mal à faire la part des choses.
L’aveu de la jeune fille troubla Onèan qui se recroquevilla un peu sur lui-même.
- Je …
- Je sais que tu n’es pour rien dans tout ce qui est arrivé, tu n’as rien à craindre de moi, dit la jeune koradji, sinon pourquoi je t’aurais secouru ? J’aurais bien pu t’achever là et aujourd’hui je serais tranquille.
- C’est loin de me rassurer, je dois dire.
- Pour quoi cela ? Demanda-t-elle en souriant.
Les deux jeune gens rirent, l’écuyer se détendit.
- Nous ne nous sommes même pas présenté, je m’appelle Onèan Terrenoir
- Anya du clan des Chênes noirs.
- Merci de m’avoir permis de sortir de la cabane de votre shaman, j’avais besoin de prendre un peu d’air.
- Moi aussi, je ne supporte pas de rester enfermé.
Les deux jeunes gens se mirent à discuter, la koradji dépassant sa haine et l’écuyer oubliant sa peur et ses doutes. Le temps passa sans qu’ils ne s’en aperçoivent, en regardant le soleil Anya poussa une exclamation de surprise.
- J’ai oublié, je dois aller chercher des baies et des herbes en forêt pour ma tante, je lui ai promis et je n’ai pas vu le temps filé.
- Rentrons vite alors.
Les deux jeunes gens se dépêchèrent pour retourner à la case du shaman. Il était entrain de préparer des herbes médicinales. Avant qu’elle ne parte, Onèan interpella Anya.
- Tu reviendras demain ?
- Oui, je suis ta gardienne, je suis coincée avec toi encore de nombreux jours. Je serais là demain après midi, le matin je suis occupée avec ma tante.
- Alors à demain.
- A demain hu…
Elle hésita un instant avant de se raviser.
- A demain Onèan, en espérant que tu puisses tenir plus longtemps le rythme.
L’écuyer la regarda partir un peu mieux rassuré qu’il a quelques heures, il avait rencontré une personne amicale et avec qui il pouvait parler. Malgré qu’il soit perdu en pleine forêt de Veraï, il avait retrouvé le moral, le jeune homme allait devoir se faire à cette vie de toute façon, il ne savait pas quand il rentrait chez lui.


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L’ultime épreuve était arrivé pour les élèves de Maître Guyt’Ji, après de longues journées d’un entrainement intensif sous sa houlette, ils allaient devenir des archers mages. Mais pour parvenir à être reconnu comme tel, les jeunes gens devaient passer un dernier test dont ils ne connaissaient absolument rien.
Elifain avait tenté d’en apprendre plus auprès d’un ancien élève de l’elfe, mais l’homme ne lui avait rien révélé. Le secret était gardé depuis de nombreuses années, et même face aux sourires de la jeune fille il ne pouvait pas être dévoilé.
La nuit était tombée depuis quelques heures, le ciel était clair et la lune venait de se lever. Les jeunes gens étaient réunis devant la falaise où chaque jour ils s’étaient entraînés à parfaire la maitrise de leur magie.
L’endroit qui leur semblait si familier habituellement avait pris une allure étrange pour cette dernière nuit. Des flambeaux avaient été disposés le long du sentier menant à la falaise, ils délimitaient ensuite un cercle de feu.
Les élèves avaient revêtu les tenus que portaient les mages archers de la forêt des elfes. Elles étaient différentes selon le sexe, les jeunes filles avaient un body noir couvrant la peau nu. Un plastron de cuir au niveau de la poitrine jusqu’en bas des cotes. Pour le bas, elles portaient une jupe courte fendue devant pour laisser libre les mouvements, une ceinture la maintenant à la taille.
Des bottes en cuir allant jusqu’au genou étaient adaptées selon la personne, avec des collants jusqu’à mis cuisse attachée au body à l’aide de porte-jarretelles. Sur les bras, des gants en tissu noir montaient jusqu’au bras, une protection en cuir sur les avant bras. En complément de la tenue, une protection en cuir épais était accrochée à l’épaule droite.
Karez avait une tenue similaire, la différence se situait au niveau du plastron qui était couvrait le ventre et un short court. Le jeune homme avait reçu sa tenue de son père qui l’avait confectionné en secret pour lui. Il faisait attention au moindre de ses pas pour ne pas l’abimer, au grand amusement de ses amies.
Les trois jeunes gens s’étaient réunis aux abords de la clairière illuminée, ils attendaient que leur maître apparaisse. Ils restaient silencieux, se demandant ce qui allait se passer durant cette étrange et mystérieuse cérémonie.
Surgissant de l’ombre, Maître Guyt’Ji apparut devant ses élèves, affichant le même air neutre sur son visage. Il avait revêtu également la tenue d’archer mage, ressemblant à celle de Karez à quelques détails prêts sur les ornements.
Les trois élèves le saluèrent avec déférence, en se courbant devant lui. L’elfe sourit et attendit qu’ils soient relevés pour prendre la parole.
- Ce soir, vous allez devenir de véritable archer mage, détenteur d’une magie et d’un pouvoir que seul vous êtes capable de maîtriser.
Il écarta les bras devant eux.
- En ce lieux vous avait découvert votre force, vous avez appris à la dompter pour en faire une arme, elle fait maintenant partie de votre vie. Mais ils vous restent à savoir une chose pour devenir membre à part entière de cette caste exigeante, l’élément de votre magie.
- Un élément maître ? Demanda Elifain.
L’elfe hocha la tête.
- Chacun de vous possède une affinité propre à un type de magie, cette cérémonie vous permettra de la découvrir.
Maître Guyt’Ji se pencha sur le sol et saisit un petit bol en bois. Poli avec soin, sa surface était presque aussi brillante qu’un miroir, aucune inscription n’était visible. L’elfe présenta le récipient devant ses élèves.
- Ce bol a été façonné par le tout premier mage archer du village, c’est une relique au grand pouvoir qui fera la vérité sur le fond de votre âme.
Il saisit le récipient et le présenta devant lui.
- Karez, viens tu seras le premier.
Le jeune homme approcha de son maître, son visage était figé.
- Tiens le bol entre tes mains et concentre-toi comme lors de tes tires, l’élément principal de ta magie apparaitra alors sous nos yeux.
Le jeune homme saisit délicatement le bol, il se sentit ridicule en tenant se ridicule récipient ainsi. Mais obéissant à son maître, il se concentra avec soin, imaginant son arc entre ses mains et la magie l’envahir.
Presque aussitôt, une flamme verte naquit dans le bol, brillant avec vivacité au creux du bol vide. Maître Guyt’Ji regarda le jeune homme dans les yeux.
- Ton élément est la terre, ce qui ne m’étonne pas, ta concentration est grande mais comme elle tu es capable de colère sans égale.
Karez hocha la tête, redonnant la relique à son professeur. Elifain se présenta à sa suite, elle se concentra à son tour en tenant fermement le bol. Cette fois une flamme blanche naquit dans le bois, elle bougeait rapidement et en tout sens comme mu d’une vie propre.
- Encore une fois, voilà une évidence, fit Maître Guyt’Ji, pour toi c’est l’air, soufflant où bon lui semble, espiègle et joueur. Un élément puissant qui demande beaucoup de travail pour le maitriser complètement.
Le tour de Lynaïs arriva, la jeune fille se redressa brutalement, elle se sentait anxieuse de ne pas réussir la cérémonie. Elle respira profondément et se présenta devant son maître, tentant de garder des pensées sereines. L’elfe voyait bien le malaise de son élève, il la regarda avec douceur pour la rassurer.
- Tu n’as pas à t’inquiéter, garde ton calme et fais la même chose qu’habituellement.
- Très bien maître.
Lynaïs tendit les mains pour recevoir le bol, le bois était doux sous ses doigts, une étrange chaleur en émanait. La jeune fille se concentra, elle sentait presque l’arc et la flèche prête à être tirée. La magie l’envahit, partant du fond de son cœur jusqu’à l’ensemble de son corps.
Des picotements caractéristiques naquirent dans ses doigts pour se diffuser dans le bol. La relique réagit presque aussitôt, une flamme rouge bondissante apparut projetant une lueur orangé sur le visage de l’humaine.
- Le feu, indomptable et puissant, expliqua le maître, il est la vie et la mort, manipule le avec sagesse et il deviendra ton allié, laisse le te dominer et il sera ta perte.
Sur ces mots, il reprit le bol, la magie disparut du récipient, redevenant un simple ustensile en bois poli. Maître Guyt’Ji leva les yeux devant ses trois élèves réunis devant lui, il afficha pour la première fois un visage serein.
- La découverte de la nature de votre magie fait de vous des archers mages à part entière, vous devez user de vos pouvoirs avec parcimonie.
Il marqua une pause avant de reprendre.
- Dés demain, votre voyage initiatique commencera, comme tous les autres jeunes avant vous. Nous nous retrouverons demain pour que je vous donne les dernières recommandations, pour ce soir reposez vous et fêtez votre réussite.
Les jeunes gens hochèrent la tête, Elifain hésita un instant avant de prendre la parole.
- Maître Guyt’Ji, pourquoi vouloir garder le silence sur cette cérémonie, il n’y a rien de vraiment dangereux.
L’elfe fit alors l’un de ses rares sourires.
- Je trouve ça toujours très drôle de voir mes élèves trembler en pensant à cette dernière soirée.
Ils écarquillèrent les yeux de surprise, avant de rire suivi par leur professeur. Demain, ils partiraient à l’aventure sur les routes du Conglomérat.


La dernière sangle se referma avec un claquement sec, Lynaïs avait terminé de préparer ses affaires. Aujourd’hui elle quittait la patrie des elfes pour retourner à la vie du Conglomérat. La jeune fille était un peu triste, elle avait passé ici parmi les plus beaux moments de sa vie. Elle ressortait grandie de son initiation, et maintenant elle devait atteindre un but, rendre un peu de justice dans ces contrées après tout le mal qu’elle avait découvert.
Elle souleva son sac et passa la tête par la bandoulière, ajustant la sangle de cuir au creux de son épaule. Sur l’autre elle avait son nouvel arc en bois d’if, un cadeau de son maître pour la fin de son apprentissage auprès de lui. Elle le chérirait comme le plus grand de ses trésors, il était né de la main des meilleurs artisans en archerie qui existent sur le continent.
Lynaïs quitta la chambre qu’elle partageait avec Elifain depuis qu’elle était arrivée dans le village des elfes. Dehors, la famille de Karez qui l’avait accueillit s’était réunie pour saluer ceux qui allaient quitter leur foyer. D’autres elfes étaient là également, une nouvelle génération d’archers mages allait achever sa formation, un événement qu’ils ne voulaient pas rater.
Elle s’arrêta quelques instants pour saluer les parents de Karez qui se tenait à la porte de leur maison.
- Je voudrais vous remercier de vous avoir accueilli sous votre toit.
Lunia Bandaka, la mère du jeune homme, lui sourit avec douceur.
- Se fut un plaisir, tu seras toujours la bienvenue.
- Tu es devenue comme Elifain, un membre de notre famille, rajouta Emolio Bandaka le père.
La jeune fille fut gênée d’entendre tant de compliments.
- Merci encore, portez vous bien.
Ils hochèrent la tête en souriant. Elle se retourna pour rejoindre sa place au coté de ses deux compagnon. Karez et Elfain lui firent signe de se rapprocher, ils avaient un sac à leur pied. Sur l’insistance de Maître Guyt’Ji, les trois jeunes gens partiraient ensemble pour se soutenir mutuellement. Les élèves quittaient leur patrie seul habituellement, mais une exception avait été faite pour cette fois seulement.
L’elfe se présenta devant eux, ses yeux étaient remplis d’une fierté qu’il avait du mal à cacher.
- Bonjour à vous mes élèves, aujourd’hui est le grand départ pour votre voyage initiatique qui complétera votre formation.
- Excusez-moi de mon ignorance, fit Lynaïs, mais pourquoi partir pour le Conglomérat ? Ce n’est pas un ennemi pour les elfes ?
- Cela fait aussi partie de la formation, nous considérons que les jeunes elfes doivent connaître et comprendre le monde qui les entoure. Je voulais profiter de la chance que tu es là pour les guider, ils seront ainsi moins intimider par les villes et les autres humains. J’espère également qu’ils éviteront les ennuis avec les hommes en noir.
Elifain rayonnait de joie, elle sautait presque sur place sans pouvoir se contrôler. Karez était plus renfermé, plus calme, il n’appréciait pas de quitter sa forêt et son village mais il devait le faire pour devenir un archer mage reconnu par sa patrie.
- Je serais heureuse de vous guider dans le Conglomérat, répondit Lynaïs, je pourrais ainsi vous présenter mes amis, et vous montrer Winrya mon village.
- J’ai hâte d’y être, lança joyeusement la jeune elfe.
Les deux jeunes filles étaient pleine d’entrain à la perspective de ce voyage, Karez ressentit malgré tout un peu d’enthousiasme, il ne s’était encore jamais trop éloigné des frontières de leur patrie, il se demandait bien à quoi ressemblait une grande ville humaine. Maître Guyt’Ji était satisfait de la bonne tournure des choses, il était aussi beaucoup rassuré même s’il ne voulait pas le montrer à ses élèves.
- Allons, il vous faut partir, prenez garde à vous et n’oubliez surtout pas, ne faite usage de la magie que seulement si c’est nécessaire pour sauver vos vies. C’est un ordre formel, vous avez bien compris ?
Les trois jeunes gens acquiescèrent en silence, leur maître avait pris un ton très autoritaire dans la voix qu’ils n’avaient jamais entendu sortir de sa bouche. Ils comprenaient combien il était important de garder cette force secrète, pour éviter de s’attirer les foudres de l’Inquisition.
- Faîtes bon voyage, repris le vieil elfe avec une voix plus douce, soutenez vous les uns les autres, la coopération est la clef de tout.
Les deux elfes et l’humaine saluèrent une dernière fois leur maître avec beaucoup de respect et ils quittèrent la cité des sylves pour s’enfoncer dans les bois, en direction des territoires du Conglomérat. Ils étaient accompagnés par les encouragements des habitants du village, ils souhaitaient un bon voyage à leurs enfants espérant qu’il se passe sous le meilleur jour.
Parmi les elfes rassemblés, une silhouette se rapprocha de Guyt’Ji, c’était Pyry, la forestière gardienne de la frontière de la zone maudite.
- Tes élèves sont donc partis, lança t’elle à sa hauteur.
- Oui, une nouvelle fois j’ai formé de jeunes archer-mages, même si ils ont encore beaucoup à apprendre, ils doivent le faire d’eux même maintenant.
- C’est étrange que tu leur as dis de partir avec elle, ce n’est pas dans les coutumes des voyages initiatiques d’être en groupe.
- J’ai mes raisons.
- Toi, tu as vu des images de leur avenir, je me trompe ?
Maître Guyt’Ji n’était pas seulement archer, il faisait aussi partie d’une famille de prophète. Il voyait parfois des bribes de la vie passée, présente et future des personnes qu’il côtoyait. Le vieil elfe hocha la tête par l’affirmative à la question de la forestière.
- Tu ne leur en as rien dit !
- Je n’ai pas le droit de changer le destin d’une personne, je peux seulement faire en sorte qu’il se déroule le mieux possible.
Pyry soupira, elle connaissait depuis trop longtemps son ami pour savoir qu’il ne voulait pas parler de les découvertes qu’il faisait à l’aide de son don.
- J’espère que tout ira pour le mieux pour eux tout de même.
- Ils feront un long voyage, je peux te l’assurer.
Sur ses paroles énigmatiques, le maître archer se retourna pour marcher un peu, il y avait longtemps qu’il n’avait pas prit le temps de se promener dans le village.

 
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Il y a 3 commentaires
Dark fullmetal le 11/11/2010 à 13:48:20
Héhé! J'suis content que ce soit Anya qui s'occupe d'Onèan =D en plus on dirait qu'il lui plait même s'il est humain <3 En tout cas le courant passe bien entre eux ça me fait plaisir ^^

Maintenant j'espère que Lynaïs va rejoindre les autres pendant son voyage =D
A bientôt =) Byee neeeee ^^
Trimor le 11/11/2010 à 22:52:17
Je te remercie encore pour tes passages et tes commentaires sur ma fic.
C'est vraiment agréable de voir que mes écrits puissent plaire

J'ai lu tes commentaires, et je reconnais que l'orthographe et moi, ça fait deux. Je suis un écrivain qui n'est pas fort en français, je suis un matheux XD

J'espère que la suite te plaira tout autant, profites en ^^
Dark fullmetal le 18/11/2010 à 17:40:46
Bah tu sais, pour l'orthographe on ne va pas te blâmer non plus =) surtout si tu es un matheux xD Moi c'est tout l'inverse: les maths et moi ça fait deux ^^' ahahah!

T'en fais pas, ta fic me plait =) et ça m'étonnerait que ce soit différent pour la suite ^^ D'ailleurs je m'y met tout de suite! J'étais venu voir si j'avais bien lu ce chapitre et je vois un commentaire de l'auteur, j'étais content =D
Hihi allez je vais profiter de la suite comme tu me le dis si bien =) a plus tard ^^

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