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Jeudi 31 mai 2012, 17:25


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 09 - Le beau temps après la tempête.

CHAPITRE 09
Le beau temps après la tempête


Zeïna ouvrit doucement les yeux, la lumière du jour illuminait sa cabine comme une cascade. La chaleur du soleil était un ravissement pur pour son corps fatigué, elle ressentait encore dans sa chair la meurtrissure du froid. Le bout de ses doigts était encore glacé et elle avait les membres complètement engourdis. Ses mains lui faisaient mal, elles la brûlaient atrocement, les souvenirs de la nuit revenaient doucement.
La jeune fille était allongée dans son lit, ses vêtements trempés n’étaient pas là, ils avaient du être emmené quelque part pour qu’ils sèchent. Elle portait simplement une chemise propre, elle se demanda qui l’avait habillé, elle ne se souvenait plus de rien juste après avoir dit à Portyd de prendre le commandement.

Un ronronnement se fit soudainement entendre le plus fort qu’elle n’avait jamais entendu, elle se releva pour voir d’où il provenait. La jeune fille vit alors un chat blanc corpulent étendu de tout son long sur son bureau, profitant du soleil. Le chat prenait un bain de chaleur, affalé sur ses cartes, sans aucunes préoccupations pour les précieux plans étendus là.
- Mais qu’est ce que tu fais là toi ?
- Vous êtes enfin réveillé Capitaine.

Zeïna tourna la tête surprise, c’était Hina, la jeune fille qui lui avait été attribuée en tant que serviteur. Elle affichait un grand sourire en portant un plateau plein de nourriture.
- J’espère que votre sommeil vous a été profitable, vous étiez dans un tel état hier quand vous êtes arrivés.
- Hier ? J’ai dormi une journée et une nuit complète !
- Et oui, mais ne vous inquiétez pas, le second a pris le navire en charge, et personne ne vous en tient rigueur, vous êtes une héroïne sur le bateau !

La jeune fille avait du mal à remettre ses idées en place. Elle se releva doucement de son lit pour s’asseoir sur le lit, les jambes touchant le plancher. Hina s’était approchée pour aider son capitaine pour l’aider au cas où. Elle remarqua alors pour la première fois qu’elle n’était pas vraiment plus âgée qu’elle. Vêtue seulement d’une chemise, une jambe replié sous elle et les cheveux en bataille, Zeïna ressemblait à n’importe qu’elle adolescente normal. Hina se prit à la regarder avec plus d’intensité, décrivant sa silhouette, son visage.

Hina détourna vivement les yeux quand son capitaine la regarda à son tour, ses yeux bleus adoucis par la lumière du matin.
- Dis moi Hina, qu’est ce que fait ce chat sur mes cartes ?
- Ho ! Mozemio a réussi à rentrer là, je me demande comment il a fait ça. C’est le chat du bord Capitaine notre chasseur de rats et la mascotte de l’Aurore. J’ai l’impression qu’il adore votre bureau pour dormir.
La jeune fille se mit à rire avec fraîcheur, faisant sourire Zeïna. Celle-ci décida de quitter son lit et rejoindre sa table pour manger. Elle sentit ses jambes fléchirent sous son poids, encore trop faible. Zeïna se rattrapa à la paroi proche et Hina apparut à son coté pour la soutenir.
- J’ai l’impression que je suis encore un peu faible.
- Je vais vous aider, ne vous inquiétez pas.

Elle s’installa à son bureau, Hina poussa le chat qui y était couché, celui-ci alla se recoucher dans le lit encore chaud. La jeune fille débarrassa les cartes et servit son capitaine, elle mangea avec appétit, Zeïna se rendit compte qu’elle n’avait pas mangé depuis très longtemps.
Une fois le repas terminé, la jeune fille s’habilla rapidement, elle trouva ses vêtements prêts sur le lit, et ses bottes sèches et cirées. Zeïna regarda Hina avec surprise, celle-ci se contentant de ranger le repas sur un plateau en sifflotant un air des rues.

La jeune capitaine observa son reflet dans le miroir de sa cabine, elle trouvait qu’elle avait changé, son port était plus droit, plus rigide. Son visage était pourtant toujours le même, mais ses yeux étaient plus affirmés. Son médaillon aux armoiries de sa famille semblait brillait plus fort sous la lumière crue du soleil.
- Vous voulez que je vous dise Capitaine, lança Hina avant de sortir de la cabine, en une nuit vous avez gagné plus de chose que des gens en une vie.
La jeune fille des rues lança un clin d’œil à Zeïna avant de partir vers les cuisines toujours en chantonnant un de ses airs préférés. Le Capitaine sourit, elle sentait aussi qu’elle avait beaucoup gagné en une seule nuit. Elle ajusta son chapeau sur sa tête et monta sur le pont.

Zeïna fut accueilli par une douce brise, elle sourit au soleil. Elle s’avança avec assurance vers Portid qui était à la barre.
- Bonjour Capitaine, vous voilà réveillé vous vous êtes bien reposés j’espère ?
- Très bien Monsieur Odell, je vois que le navire est comme neuf comme si la tempête n’avait pas eu lieu.
- Il y a eu pas mal de boulot sur les voiles, mais tout l’équipage s’est bien comporté.
- Des blessés durant la tempête, ce jeune mousse par exemple.
- Le mieux est d’aller voir l’infirmerie, répondit Portyd, en plus du mousse nous avons aussi une luxure de l’épaule et un homme ouvert sur le bras droit et la tête par un cordage, mais nous avons évité le pire.
- Je vais à l’infirmerie alors.
- Très bien Capitaine, et si je peux me permettre …
- Oui Monsieur Odell ?
- Vous n’aurez plus à craindre l’obéissance de l’équipage.

Zeïna retourna le sourire de son second, elle avait gagné énormément en une seule nuit. Elle descendit l’escalier du pont supérieur pour prendre la porte menant à l’intérieur du navire. Sur le chemin elle croisa plusieurs marins affairés et pas un seul n’hésita pour la saluer, un respect nouveau brillait dans leur regard.
Dés qu’elle quitta le pont pour plonger dans le navire, la pénombre l’entoura mais elle connaissait parfaitement le navire. Quelques lampes étaient disposaient dans le couloir, mais par crainte des incendies elles étaient scellées contre les parois. La jeune fille passa les quartiers des officiers du bord et au bout du couloir, il y avait deux portes, celle de droite menait à la cabine du commis au magasin et celle de gauche à l’infirmerie du bord.

Zeïna entra dans la pièce et fut immédiatement saisit par l’odeur qui y régnait, de la sueur, du sang et de la peur.
- Bonjour Capitaine, fit Gouran Dé Hydalis en la voyant.
Le médecin avait eu des moments difficiles, il portait les mêmes vêtements qu’il y a deux jours. Son visage avait les trais tirés et de grosses cernes apparaissaient sous ses yeux. Sa perruque était depuis longtemps posée sur une table, elle n’aurait pas tenu longtemps sur sa tête avec toute l’agitation de toute manière.
- Vous ne vous êtes pas beaucoup reposé ces derniers temps mon pauvre Gouran, comment vont vos malades ?
- Dormir, j’en aurais bien besoin je dois dire, pour mes malades et bien, pour le moment ça peut aller, la luxure à l’épaule de Lornas était facile à soigner, par contre se sont les deux autres.

Il désigna deux lits de fortune qui prenaient une bonne part de la place, dans un coin sur une couche improvisée l’homme à l’épaule entravée était simplement accoudé à la cloison. Sur le premier lit, un homme d’age mûr avait la tête enroulée dans un linge rougi par le sang, un de ses bras portait également un bandage avec une trace écarlate.
- Niter, un ancien prisonnier, il ne s’est pas écarté à temps, commenta le médecin, j’ai bien cru le voir passer, il avait perdu tant de sang, une artère était touchée, mais maintenant il va mieux.
- Et pour le mousse ? Demanda Zeïna en désignant le dernier lit.
- Le petit Sark, c’est lui qui m’inquiète le plus, je lui ai donné une drogue pour calmer ses douleur, mais l’ai peur qu’il perde sa jambe. Il a été coincé entre deux caisses, sa jambe a été prise entre elles. J’ai pu la remettre en place et arrêter l’hémorragie, mais je crois que je vais devoir la remettre à nouveau.
La jeune femme frémit en pensant à la douleur du garçon.
- Si vous avez besoin de quelques choses dite le moi.
- C’est simple, de la lumière et de l’air frais, et un bateau qui bouge le moins possible. Je dois faire l’opération le plus vite possible avant que la gangrène n’arrive, aujourd’hui serait le mieux.
Zeïna prit sa décision immédiatement.
- Prenez un peu de repos, dés cette après midi, je vais faire en sorte que vous aillez tout ce que vous avez demandé.
- Très bien Capitaine.


Quelques heures plus tard, une grande agitation régnait sur le pont du navire, la cale principale avait été ouverte pour laisser le soleil pénétrer dans les entrailles du bateau. Portyd, le second, donnait ses ordres à quelques marins pour terminer de ranger les planches. Tous les hommes qui n’étaient pas de quart ou qui pouvait quitter leur poste étaient réunis là, leur regard dirigeait vers le bas.
La capitaine était aux premiers rang, à ses côtés Lantis et Cryanne.
- Tout est prêt, fit le second en se rangeant près des autres officiers.
- Très bien, qu’on amène le blessé.

La voix de la jeune fille était autoritaire, elle arrivait à garder la tête froide. Le kadji et l’homme lézard, les plus forts à bord, arrivèrent dans la lumière portant une civière où le mousse était allongé, couvert par un drap. Gouran Dé Hydalis était déjà là, il avait fait préparé une planche posée sur deux tonneaux, se serait sa table d’opération. Ces instruments étaient alignés près à servir, Nefrita Hagus, la commis du magasin venu avec Cryanne, s’était portée volontaire pour assisté le médecin.
- Je n’aime pas trop ce qu’il veut faire, dit Portyd, le pauvre gosse peut très bien mourir à cause de la douleur.
- Il faut avoir confiance en Gouran, répondit Lantis, c’est un très bon médecin.
Le second haussa les épaules.
- J’ai déjà vu les dégâts de la gangrène, l’amputation serait la solution la plus rapide.
- Si il y a une possibilité de sauver la jambe de ce mousse, je veux la saisir, intervint Zeïna.
La jeune fille fixait la table d’opération, c’était son choix de maître à bord, elle espérait avoir pris le bon.

L’enfant fut posé le plus délicatement sur la planche, et le drap fut retiré. Gouran écouta son cœur quelques instants, il devait s’assurer que son patient était le mieux possible. Le bateau était sur une mer calme et plusieurs ancres dérivantes avait été jetées pour le stabiliser un peu plus.
- Bon, nous allons commencer, fit le médecin.
Sa voix n’était pas très assuré, mais ses mains ne tremblaient pas.
- Vous deux, maintenez le sur la table, il ne faut pas qu’il bouge, même si je l’ai drogué pour qu’il dorme, la douleur peut très bien le réveiller.
Les deux marins acquiescèrent en silence et se placèrent de chaque coté de la table. Gouran prit un couteau et trancha le bandage le plus doucement possible. Il écarta délicatement le tissu faisant apparaitre l’horrible plaie, le médecin ne l’avait pas encore refermait parce qu’il avait compris qu’il devait encore déplacer la jambe.
- Madame Hagus, gardez le haut de sa jambe bien en place.
- Comme ce ci ? Demanda t’elle en se plaçant.
- Oui très bien, nous allons pouvoir y aller.

Un silence pesant régnait sur le navire, le bruit des vagues contre les flancs du navire en était presque assourdissant. Gouran Dé Hydalis prit une profonde inspiration avant de saisir la jambe du jeune garçon avec fermeté. Il devait faire le plus vite possible et le plus précisément pour pouvoir recoudre au mieux les chairs déchirées ensuite.
Se remémorant une dernière fois les gestes à faire en tête, il se lança.

D’un geste rapide et précis il tira sur la jambe avant de la tourner pour que l’os reprenne sa place exacte. Au début le mousse ne cilla puis soudain il essaya de se cambrer en poussant un cri aigu de douleur. Le kadji était le plus prés de la tête du blessé, il réagit immédiatement. Il mit un morceau de bois dans la bouche de l’enfant et lui murmura quelques paroles en le fixant dans les yeux. Sark mordit de toute la force de sa douleur qu’il pouvait, ces cris étaient encore audible, mais beaucoup moins fort.
De son côté, Gouran était occupé à recoudre le plus vite possible la jambe du mousse, il avait à peine entendu les cris de son patient, concentré dans sa tache, faisant confiance à ses assistants. Ses gestes étaient précis et rapide, de la sueur perlait sur son front. Rarement il avait été aussi concentré durant une opération, oubliant complètement ce qui s’était passé ces derniers mois, la seule chose qui le préoccupait était de sauver son patient et sa jambe.

Le médecin avait terminé la suture, il nettoya la plait et se remit à l’ouvrage pour refermer le plaie de la jambe. Sark ne bougeait plus, il avait sombré dans l’inconscience, Nefrita Hagus en profitait pour passer les instruments au docteur affairé. L’ensemble des spectateurs retenait leur souffle, ce qu’ils voyaient semblaient presque irréelle.
Enfin après de très longues minutes intenses, Gouran se releva enfin, soupirant de soulagement. Il prit le poul de son patient et hocha la tête satisfait.
- Ramenez le dans l’infirmerie, il va avoir besoin de repos.

Les marins attendirent que le blessé quitte la cale ouverte pour exprimer leur joie. Le médecin avait réussi à sauver la jambe du mousse. Portyd respira un grand coup, se rendant compte qu’il avait retenu sa respiration plus longtemps qu’il n’avait cru. Zeïna souriait, soulagée que l’enfant soit vivant.
- Je vous avez dit que Gouran était un grand médecin, fit Lantis.
- Après ça qui en douterait, répondit Cryanne.
La capitaine releva la tête.
- Maintenant que cela est réglé, Mr Odell mettez un peu d’ordre sur le navire, nous devons atteindre notre escale rapidement.
- Oui Capitaine !

Le second hurla les ordres qu’il avait reçu, les marins bondirent sur place pour regagner son poste. Les ancres étaient remontées tandis que les gabiers partaient à l’assaut des mâts pour déployer toute les voiles sous les encouragements de l’ancienne chef de bande perché sur une vergue.
- Que les hommes libres remettent un peu d’ordre dans la cale et referment l’écoutille, ordonna Zeïna.
Elle se pencha alors vers le bas.
- Félicitation Docteur Dé Hydalis.

Gouran était appuyé contre une caisse, ses jambes avaient failli se dérober après tant d’effort. Nefrita Hagus était près de lui, elle avait eu peur qu’il s’écroule comprenant son état. Il leva les yeux vers la jeune fille.
- Merci Capitaine, répondit il en souriant.
Il baissa la tête relachant un peu plus la pression.
- Tout va bien ? Demanda la commis du navire. Un petit remontant vous ferez du bien je pense.
- Je vous avouerais que j’en aurais bien besoin.
- Suivez moi alors, je vais prendre une bouteille de rhum de la réserve, la capitaine ne dira rien.
- Un verre coupé avec de l’eau suffira, dit fermement le médecin.
Nefrita le regarda un peu intriguée, mais elle sourit en hochant la tête sans rien dire. Gouran suivit la femme vers sa cabine, cette opération avait été une révélation pour lui. Un grand changement allait s’opérer maintenant, il fallait aller de l’avant et l’Aurore serait sa renaissance.


Zeïna était rassurée aussi, avec la tempête et cette bonne décision, son autorité était bien assise. Son équipage s’améliorait chaque jour, et elle pouvait s’appuyer sur des personnes sûres. Elle remarqua alors que quelqu’un était allongé sur le pont, Hina Langue-dorée était à genoux à coté de lui tentant de le ranimer semblait-il. Elle s’approcha intriguée.
- Que se passe t’il ici ? Demanda t’elle.
Hina était surprise, elle ne pouvait pas cacher ce qui était arrivée.
- Ce n’est rien, fit elle essayant de gagner un peu de temps, il a eu un petit étourdissement.
La capitaine s’aperçut alors que c’était Alek, le jeune cuisinier.
- Je crois qu’il ne supporte pas trop la vue du sang en de telle quantité, fit la jeune fille génée.
Zeïna soupira, apparemment il y avait encore du travail.


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Chapitre neuf est arrivé, car comme toujours après un coup de tabac le soleil réapparait ^^
J'espère qu'il vous plaira
Bonne lecture !
 
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