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Jeudi 31 mai 2012, 17:26


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 31 - Combat et désespoir.

Bonjour ami lecteur ^^

C'est reparti pour les modifications de mes chapitres, je vous mets une nouvelle petite couche, juste quelques chapitres en plus hihi
Nous allons maintenant reprendre les aventures d'Onèan et de Lynaïs, chacun de leur coté vive leur aventure, si éloigné et pourtant si proche.

Bonne lecture et un petit commentaire fait toujours plaisir, merci à l'avance ^^


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CHAPITRE 31
Combat et désespoir


Souffle court, Onèan courrait en adoptant sa respiration en prenant de longues bouffées d’air, suivant les longues foulées d’Anya. Il lui semblait que des ailes lui avaient poussé dans le dos tant elle était rapide. Ses pieds se posaient à peine sur le sol, prenant des appuis sûrs, elle connaissait parfaitement la route. Ici la jeune koradji avait joué des heures durant avec ses camarades, explorant chaque recoin de la zone entourant le village.
L’écuyer maudissait tous ces jours à ne rien faire sur un banc ou sur une litière. Il avait perdu beaucoup de son endurance, il allait devoir se remettre à l’entraînement durement. Pour le moment le jeune homme se fichait bien de la douleur, il ne connaissait pas ce qu’était un ours hibou mais il se doutait bien que cette créature était dangereuse, surtout pour des enfants sans défense.
A cette heure là, la plus part des chasseurs était parti en patrouille dans la forêt, ou bien pour trouver quelques proies pour le repas. Les deux jeunes gens étaient pour le moment la seule chance des enfants. Intérieurement, Onèan espérait que le monstre n’était pas à l’endroit où se trouvait les petits koradjis.
Anya fit une pause sur le chemin, les jambes fléchies elle levait le museau pour sentir l’air autour d’elle. Elle poussa un grognement.
- Je sens l’odeur de l’ours hibou, il n’est pas loin.
L’écuyer venait juste de se mettre à la hauteur de la koradji, la bouche ouverte pour récupérer le plus rapidement possible.
- Est-il loin d’ici ?
- Malheureusement non, il est même tout prés, dépêchons nous.

Elle reprit sa course folle, bondissant de plus belle, elle monta sur un arbre abattu et se retourna pour aider l’écuyer. Il saisit sa main aussitôt pour la ralentir le moins possible, il passa l’obstacle avec moins de difficulté. Sans attendre les deux jeunes gens se remirent en route. Le sentier forestier s’ouvrait un peu plus loin, ils étaient enfin arrivés à la rivière de rocher.
Le site était particulièrement étrange aux yeux du jeune homme, la grande formation traversait toute la forêt sur une longue distance. Les rochers de granite allaient de la taille d’un poing jusqu’à atteindre celle d’une maison.
Dans un chaos complet, ils étaient mélangés là, posés parfois dans des positions étranges et branlantes. Un mince ruisseau passait parfois en pied qui pouvait cacher de profondes crevasses qui se perdait dans une pénombre insondable.
Un cri d’enfant raisonna dans le chaos naturel, Anya se tourna immédiatement en direction de l’appel.
- L’ours hibou est là bas, il faut sauver les enfants.
- Attend …
Sans écouter le jeune homme, elle partit en trombe sur les rochers, volant par-dessus les trous béants formés par les pierres. Onèan pesta contre l’impatience de son amie, elle n’avait qu’un poignard à la ceinture qu’elle n’avait même pas en main. Quand à lui, à part sa canne, il n’avait absolument rien pour se défendre, et face à un ours un véritable suicide.
Mais il y avait un autre problème qui se présentait à l’écuyer, il ne savait vraiment pas à quoi ressemblait un ours hibou. Il se lança tout de même à la poursuite de son amie en direction de la source des cris qui retentissaient toujours aussi fort. Maintenant ils étaient accompagnés par des grognements stridents des plus étranges, jamais le jeune homme n’avait entendu quelque chose de pareil. Il chassa ses doutes et ses craintes, il devait absolument aider les enfants et les sortir de ce mauvais pas.
Onèan grimpa sur un rocher aussi haut qu’un homme, utilisant toutes la force des ses bras pour soulager sa jambe convalescente. En atteignant enfin le sommet, il découvrit enfin le monstre qu’ils appelaient un ours hibou. La créature était bien plus grande qu’un ours normal, il faisait bien plus de deux mètres de haut quand il se tenait debout sur ses pattes arrière. Sa tête était celle d’un hibou avec un petit bec en forme de crochets, une petite houppelande de plumes complété son étrange apparence.
Au dessus de l’animal, une petite cache en hauteur restait hors de porté des griffes. Là les enfants s’étaient réfugiés, pelotonnés les uns contre les autres, une lance artisanale était la seule arme qu’ils semblaient opposés. Elle ne faisait guère le poids face à l’épaisse toison de l’attaquant et à ses armes terrifiantes. L’écuyer ne voyait pas Anya, elle était pourtant arrivée avant lui normalement, il ne comprenait pas.

Soudain, l’ours hibou se retourna, de la bave aux lèvres, il venait de se rendre compte de la présence du jeune homme. Onèan devait faire face à ce monstre avec simplement une canne en bois pour marcher. Il ne devait pas réfléchir plus longtemps car la bête poussa un hurlement terrifiant et se précipita sur lui, sous les regards horrifiés des petits koradjis.
L’écuyer fit face, sa béquille tenue à deux mains devant lui. Il sauta du mieux qu’il pouvait face à un premier coup de pattes et abattit sa canne de toutes ses forces sur la tête de l’ours. Avec une chance inouïe, il toucha l’œil de l’animal qui poussa un cri de souffrance en se dressant de toute sa hauteur. Onèan était écrasé par la puissance et la taille impressionnante du monstre. Il comprit dans quel pétrin il venait de se mettre quand l’animal le fixa de son œil valide, c’était lui sa proie maintenant.
Le jeune homme n’avait plus qu’une seule possibilité, s’enfuir le plus rapidement possible pour échapper aux griffes acérées. Il s’appuya sur sa jambe valide pour soulager l’autre encore convalescente et sauta du haut du rocher où il se tenait. La réception sur le sol fut rude, une intense douleur le traversa jusqu’au sommet du crane.
L’ours hibou bondit sur la pierre l’instant d’après que le jeune homme l’ait quitté. Il plongea à la poursuite de sa proie avec une rage sans borne, l’animal poussait des cris effroyables une bave abondante coulant de sa bouche. L’ours donnait des coups de pattes sur les rochers pour atteindre l’écuyer en faisant voler des éclats arrachés au passage.
Le jeune homme multipliait les pas sur le coté pour changer de direction. Il arrivait à tenir à distance le monstre en faisant des bonds prodigieux qu’il n’aurait lui-même pas cru possible avec sa jambe encore faible. La peur faisait naître en lui des ressources de courage et d’agilité qui lui sauvait la vie durant sa course effennée.
L’écuyer ne s’avouait pas vaincu malgré le danger, il n’avait pas survécu à toutes ses épreuves pour finir ici. Il avait encore tant de chose à faire, ses amis à revoir, des questions qui demandaient des réponses. Il puisait au cœur même de son âme pour accélérer encore tout en cherchant un moyen de sortir de ce piège mortel.

- Onèan, par ici ! Cria Anya en apparaissant enfin.
L’écuyer, un peu surprit, eut juste le temps de prendre appui sur sa jambe valide pour changer brusquement la direction de sa course. Malgré ses précautions une vive douleur lui vrilla son autre jambe, elle commençait à ne plus tenir le choc, les blessures étaient encore trop récentes. Il fit en sorte de ne pas y penser et il poursuivit sa course dans la direction indiquée par son amie.
Onèan déboucha sur une étroite passe, il écarquilla les yeux, jamais il n’arriverait à semer la créature dans ce piège. Il faillit s’arrêter sur place pour essayer de changer de direction pour sauver sa vie quand une corde apparut devant ses yeux.
- Grimpe vite !
Le jeune homme saisit à deux mains la corde et il s’élança vivement à la force des bras pour se mettre hors de porter. L’ours hibou déboucha dans la passe et se leva pour atteindre sa proie, mais il ne put qu’effleurer de ses griffes la jambe blessée de sa proie. Des sillons sanglants apparurent sous le coup, Onèan poussa un cri de douleur, il serra plus fort la corde pour ne pas la lâcher.
Anya poussa sur une branche de bois qui lui servait de levier, elle avait préparé un piège aussi rapidement qu’elle avait pu. Des pierres tombèrent sur l’ours qui ne put les éviter, le fracas de la chute fut accompagné des hurlements de la bête.
Sans se préoccuper de l’ours, la jeune koradji se porta au secours de son ami qui était étendu sur la pierre non loin d’elle. Onèan cherchait à retrouver son souffle, son pantalon était déchiré en bas droite mais les griffes n’avaient pas pénétrer profondément la chair, traçant quatre sillons rouges qui coagulait déjà.
- Tu vas bien ? Lança-t-elle en s’agenouillant prés de lui.
- Oui …
Il chercha à nouveau sa respiration en se rasseyant, il fit la grimace en posant sa jambe blessée sur la pierre. Les pansements étaient déchirés laissant apparaitre la chair déjà marquée par les précédentes blessures reçues.
- C’est encore la même qui a été touché, Oroky ne va pas être très content.
- Tu es sûr que ça va ?
L’inquiétude était réelle dans la voix d’Anya.
- Ne t’en fait pas, mais tu m’as fait peur en me laissant seul face à ce monstre.
- J’avais besoin de temps pour préparer mon piège.
- Et il a bien fonctionné.
Comme pour faire échos aux paroles de l’écuyer, un hurlement de bête retentit et des griffes apparurent au bord du rocher. La koradji aida son amie à se lever pour fuir la nouvelle menace, elle pensait pourtant qu’il allait rester quelques temps inconscient. La tête massive de l’ours hibou se montra à son tour, une partie de son visage n’était plus qu’une plaie béante. Une autre entaille était visible sur son flanc droit mais elle ne semblait pas le gêner pour se hisser vers ses proies. Des filets de bave mêlés de sang coulaient encore plus abondamment le long de sa gueule.

Les deux jeunes gens sautèrent sur une autre pierre proche, et se mirent à courir, ils devaient avant tout l’éloigner des enfants. Sur un autre bon, Onèan perdit l’équilibre et fut rattrapé par Anya, elle comprit qu’avec les blessures de son ami, ils ne pouvaient pas espérer s’enfuir. L’ours hibou les talonnaient, mais lui aussi semblait malgré tout souffrir de ses multiples blessures.
Le monstre allait bondir sur le refuge des jeunes gens impuissants quand une lance fendit l’air pour pénétrer profondément le poitrail de la bête. L’ours poussa un hurlement de douleur, une autre suivit la première, puis une troisième, toutes firent mouche. Enfin la créature fit quelques pas d’une démarche chancelante, et elle s’effondra de tout son poids en un dernier soupir d’agonie.
Trois chasseurs koradjis sortirent des bois tout proche, deux d’entre eux s’approchèrent de l’ours mort tandis que le dernier s’arrêta à la hauteur d’Anya. Les hommes étaient taillés pour se battre, ils arboraient des muscles saillants et des griffes acérées. Les regards brillants, l’adrénaline coulait encore dans leur veine après le court combat.
La jeune fille reconnue l’un des chasseurs qui étaient venus à leur secours, il était un de ses amis d’enfance.
- Ban, je suis heureuse de te voir.
Le koradji hocha la tête.
- Nous avons été prévenu par le village, tu as de la chance que nous étions rentrés de patrouille plus tôt.
En regardant derrière la jeune fille, il reconnut l’humain sur le sol qui s’appuyait qu’un coude pour soulager sa blessure. Ses yeux se firent soudainement plus durs, la présence de leur ennemi si loin du village n’aurait jamais du arriver.
- Que fait-il en dehors du village ? Je croyais que tu devais faire en sorte qu’il ne le quitte pas.
- Il m’a suivi pour sauver les enfants.
- C’était strictement interdit même en pareille circonstance, et tu le sais parfaitement bien. Il aurait pu s’échapper et prévenir ses semblables sur le lieu exact du village, nous aurions été tous condamné.
Anya le fixa avec colère.
- Il a risqué sa vie pour sauver les enfants et c’est tout ce que tu trouves à lui dire, mais qu’est ce qui te passe par la tête ?!
- Il y a des lois qui règlent nos vies et des obligations pour le bien de tous, les humains sont nos ennemis et il était sous ta garde. Cet ordre venait de Korahyn lui-même, tu as désobéi en connaissant parfaitement les dangers qui pouvaient en résulter.
Ban pointa sa lance sur la poitrine d’Onèan qui n’osait plus faire un seul geste, le jeune homme fixait la pointe de l’arme avec incrédulité.
- Je n’ai pas le choix je vais devoir vous ramener au village et faire part de ta désobéissance à notre chef.
Il foudroya du regard Anya.
- Au moment où tu as voulu sauver cet humain, j’ai su que tu faisais une bêtise, mais maintenant je me rends compte à quel point tu t’es montrée bien naïve. Je ne sais pas ce que cette chose t’a fait, mais j’espère que nous pourrons tout de même sauver ton esprit.
Anya écarquilla les yeux de surprise et de colère.
- Pour qui te prends-tu pour oser me dire des paroles pareilles ?! Je ne vais pas me laisser insulter de la sorte sans rien dire.
Elle allait bondir sur le guerrier quand l’écuyer l’arrêta en posant une main sur sa jambe près de lui. La koraji le regarda, ne comprenant pas son geste, le jeune homme secoua la tête pour lui faire signe de se calmer. Elle se surprit en retrouvant ses esprits, elle ne pouvait pas se battre contre le chasseur.
- Aide le à se relever, je vais vous escorter jusqu’au village.
Ban avait prononcé ses paroles avec froideur, ils comprirent que se n’était pas une demande mais un ordre qui ne demandait aucun refus. Anya se pencha vers Onèan et l’aida à se relever en passant sur la poitrine de l’écuyer. Les deux jeunes gens échangèrent un regard inquiet, ils n’auraient jamais imaginé que cette affaire allait se terminer ainsi.


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Sir Parsian fut surpris de voir des elfes face à lui, mais la peine qui se voyait dans son regard ne s’effaçait pas pour autant. Il semblait à Lynaïs que le chevalier venait de vieillir d’une dizaine d’année en l’espace de quelques mois. L’homme avait du mal à se tenir droit, la vaillance et le courage semblaient l’avoir quitté.
- Que se passe-t-il ? Articula difficilement la jeune fille devant le chevalier.
Sir Parsian chercha quelques instants dans sa mémoire pour se rappeler l’identité de celle qui lui faisait face. Il se rappela alors sa présence à l’Académie, il était si bouleversé qu’il en oubliait presque les noms sur les visages qu’il croisait.
- Tu t’appelles Lynaïs Amarra si je me souviens bien.
Elle hocha la tête d’un coup sec.
- Je … Commença le chevalier.
Une longue plainte raisonna soudainement dans l’air, un gémissement déchirant venu du plus profond d’un cœur meurtri à jamais. L’archère reconnut la voix de Dame Mathilde Terrenoir, la mère de son ami écuyer. Sir Parsian baissa la tête en fermant les yeux, tentant de ne pas pleurer à son tour.
- Qu’est ce qui se passe à la fin ?! Lança Lynaïs, la colère et tristesse se mêlant dans chacun de ses mots.
Le chevalier releva la tête, son visage était impassible mais ses yeux étaient rougis par les larmes qu’il retenait à grand peine en entendant les pleurs de la femme qui était devenue une amie avec le temps et les épreuves.
- Je … Je suis venu porté une triste nouvelle, ton ami, le jeune Onèan, a été porté disparu lors d’une expédition dans la forêt de Veraï. Une attaque de leur campement a eu lieu contre les hommes sauvages, et il a été porté manquant.
La jeune fille resta de marbre, ne prononçant aucune parole, ne montrant aucune réaction. Sir Parsian était affligé par le chagrin et la perte du jeune homme, il affrontait la tristesse comme un chevalier de l’ordre.
- Je suis désolé de t’annoncer cela ainsi, je ne dois pas rester, je …
Il se retourna pour reprendre son cheval, il s’arrêta restant le dos tourné à la jeune fille qui ne bougeait toujours pas malgré la nouvelle.
- Je sais bien qu’aucune de mes paroles ne t’aideront, mais sache que je partage ta souffrance, j’avais pris ce gamin pour le fils que je n’ai jamais eu, je porterais son deuil jusqu’à la fin de mes jours.
Le chevalier monta sur sa monture pour quitter le manoir, pour s’éloigner des pleurs d’une mère à jamais inconsolable.

Lynaïs restait figé sur place, elle n’avait pas bougé même quand le chevalier était parti, restant droite, sans réaction. Les deux elfes, juste derrière elle, n’osaient pas parler, l’annonce avait été brutale et inattendue même pour eux.
Par la porte restait ouverte, les pleurs d’une petite fille se mêlaient à ceux de la mère. L’archère reconnaissait Imjane, la sœur de son ami avait cru avoir enfin des nouvelles de son frère, elle s’était précipitée pour questionner le chevalier. La petite fille était maintenant effondrée contre sa mère, des sillons de larmes coulant sur chacune de ses joues comme des rivières de tristesse infinie.
La gouvernante de la maison apparut sur le seuil, elle n’eut aucun mal à reconnaitre la jeune fille qui se tenant à la porte. Son visage était aussi triste que celui du chevalier, elle avait élevé Onèan au même titre que sa propre mère.
- Ma petite Lynaïs, je suis désolée mais je ne pense pas que Dame Mathilde pourra te rencontrer.
Voyant le visage livide et sans vie, la femme fit un pas vers l’archère.
- Tu vas bien, rentre quelques instants pour t’assoir.
Sans répondre, Lynaïs se retourna et elle se mit en marche en direction de la sortie du domaine, passant entre ses deux amis. Elifain et Brom la regardèrent avec inquiétude, aucun changement n’était visible chez la jeune fille.
La gouvernante pressa un main contre sa bouche pour réprimer un gémissement de tristesse, les larmes apparaissant de nouveau.
- S’il vous plait, demanda t’elle aux deux elfes encore présent la voix entrecoupée de sanglot, si elle est votre amie ne la laissez pas seule, la pauvre va avoir besoin de votre aide.
- Ne vous inquiétez pas, répondit vivement Elifain, nous allons la suivre.
La jeune fille salua la femme d’un signe de la tête, Karez en fit de même tout aussi rapidement. Ils se retournèrent vivement pour rattraper Lynaïs qui avait atteint la grille d’entrée du mur qui entourait la propriété des Terrenoir.
Karez se porta à la hauteur de la jeune fille pour l’interpeller.
- Lynaïs où vas-tu ?
La demande de l’elfe n’obtint aucune réponse, la jeune humaine poursuivit sa route en prenant la direction de la campagne entourant le village, à l’opposée des maisons. Elifain tenta sa chance à son tour pour essayer de la faire réagir.
- Où comptes-tu aller s’il te plait ?
Il n’y eu pas plus de réponse avec elle qu’avec son compagnon, ils étaient totalement ignoré par leur amie. Mais ils comprenaient la douleur qu’elle devait ressentir, en quelques instants elle venait de perdre son meilleur ami.
Leur marche se poursuivit, Lynaïs devant qui marchait comme un automate et les deux elfes qui la suivaient de prés pour ne pas la perdre de vue. Ils ne rencontrèrent personne sur la route, ils quittèrent même la grande route pour des petits sentiers entre les champs, envahis par les mauvaises herbes.
La jeune fille et ses deux compagnons atteignirent un endroit que Lynaïs connaissait bien un arbre solitaire sur une colline. Ce chêne qui trônait sur le petit monticule de la plaine agricole était très important pour elle et ses amis du village, ils se rejoignaient toujours ici quand ils voulaient se réunir autrefois.
Lynaïs ne bougeait plus maintenant, debout à côté du tronc, toujours sans dire un mot. Les deux elfes étaient toujours avec elle, ils n’avaient pas encore osé réessayer de lui parler, pas même entre eux. Karez se tourna vers Elifain et la fixa en silence.
- Que veux tu que je fasse, répondit la jeune elfe à son ami avec une voix basse.
- Je pense que tu devrais retenter de lui parler, vous étiez plus proche l’une de l’autre au moi, tu ne crois pas, murmura Karez.
Elle devait donner raison à son camarade, elle se porta à la hauteur de Lynaïs. Elifain se sentit submergée par la tristesse, les joues de l’humaine étaient parcourues par deux sillons de larmes discontinues. Pourtant son visage restait le même, toujours impassible, les yeux dirigés vers un lieu impossible à voir.
- Nous sommes là si tu as besoin d’aide, murmura la jeune elfe.
Lynaïs ne répondit pas tout de suite, mais elle serra soudainement son poing et frappa le tronc de l’arbre proche d’elle en poussant un cri de frustration et de tristesse. Son hurlement déchirant se répercuta dans la campagne vide, ses larmes volant dans les airs en fines gouttelettes autour de sa tête. La jeune fille continua à marteler le tronc toujours en poussant des cris poignants.
Elifain saisit la main pour l’arrêter et l’appuya contre sa poitrine, Lynaïs se tourna vers elle le visage mêlant la colère et la tristesse. Elle se rendit compte que la jeune elfe pleurait également, l’humaine écarquilla les yeux de surprise.
- Arrête de te faire mal, articula Elifain entre deux sanglots, s’il te plait.
La main blessée de Lynaïs commençait à maculer de sang gilet de cuir de l’elfe, l’humaine laissa retomber sa colère, ses épaules fléchissant.
- Je suis désolée.
Les deux jeunes filles se serrèrent l’une contre l’autre, pleurant doucement ensemble. Karez gênait ne savait vraiment plus où se mettre, le rouge lui était monté aux joues. Pour ne pas le montrer il se retourna les bras croisés sur la poitrine.

Après quelques minutes sans qu’une parole ne soit échangée, Lynaïs s’écarta de l’elfe le visage apaisé.
- Merci Elifain
- De rien, répondit-elle en essuyant une dernière larme passagère, je ne supportais pas de te voir ainsi.
La jeune fille fit un petit sourire.
- J’ai perdu le contrôle.
- C’est un peu ce que j’ai l’impression, lança Karez en la regardant.
Toutes traces de son embarras passé avait disparu, Lynaïs allait lui répondre mais elle s’abstint. Elle avait compris que son ami essayé seulement de l’aider à se changer les idées, l’humaine fit un petit signe de tête à Karez qui le rendit sans pourtant changé d’expression.
- Maintenant, nous devrions revenir au village, reprit Elifain, tu as besoin de voir du monde.
Elle hocha la tête et se laissa guider vers Winrya. Tandis que les deux elfes discutaient entre eux, Lynaïs était en pleine réflexion. L’annonce de la disparition de son ami l’avait complètement retourné, elle n’était pas préparée à pareille annonce. Son cœur souffrait à chaque souffle, son amour de toujours n’était plus et plus jamais elle ne pensait retrouver la joie de vivre.
Ses pensées revinrent au temps passé avec lui, les jeux innocents, les sentiments qui étaient nés peu à peu, les liens qui s’étaient resserrés. Quelques part, Lynaïs n’arrivait pas à se mettre dans la tête qu’elle ne le reverrait plus. A cette seule pensée, de nouvelles larmes naquirent dans ses yeux, la mort faisait partie de la vie, elle essayait de se convaincre en vain.
Pourtant maintenant qu’elle avait repris une partie de ses moyens, elle réfléchissait bien plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru et surtout d’une manière très sérieuse. Un déclic venait de se passer dans sa tête comme pour débloquer sa réflexion.
Le chevalier n’avait pas annoncé la mort d’Onèan, mais seulement sa disparition durant l’expédition. Même si à ce moment là une escarmouche contre les sauvages de la forêt avait eu lieu, rien ne prouvait que le jeune homme était mort. Plus elle y pensait, plus la vérité apparaissait clairement dans ses pensées, il y avait un espoir que l’écuyer soit encore en vie. Elle en était sûre, il était vivant là bas et elle devait aller le sauver.
Lynaïs s’arrêta d’un seul coup, ses deux amis poursuivaient leur marche pendant plusieurs pas avant de se rendre compte de son arrêt. Ils se retournèrent en même temps, croyant voir de nouveau la jeune fille effondrée par le chagrin.
- Pourquoi t’arrêtes-tu ? Lança Elifain vivement et avec inquiétude. Tu vas bien ?
- Il n’y a pas idées de s’arrêter ainsi, renchérit Karez, tu aurais du nous prévenir.
La jeune fille fixa les elfes.
- Demain nous partons en direction de Paragahi.
- Quoi !? S’exclamèrent-ils dans un bel ensemble.
La nouvelle les désarçonna.
- Mais que veux-tu faire là bas ? Demanda Karez.
- Je sais que la disparition de ton ami te pèse, renchérit Elifain, mais à quoi bon …
- Onèan est vivant.
Karez se planta devant elle.
- Tu as entendu ce qu’à dit le chevalier, ne vas pas courir après des chimères.
- Il est vivant, je le sais, je le sens.
Toute la conviction de la jeune fille transparaissait dans ses paroles, elle regarda ses compagnons avec intensité.
- Je suis sûr qu’il est vivant, rien ne prouve qu’il soit mort, ils n’ont pas retrouvé son corps.
- La forêt de Veraï est très dangereuse, pas seulement à cause des animaux, mais aussi ses habitants, répondit le jeune elfe.
- Et pourquoi ne serait-il pas vivant ? Lança alors avec hésitation Elifain.
Son ami la scruta incrédule.
- Oui, reprit elle, Lynaïs a raison il peut avoir survécu, tous les deux sont proches, et seul des proches peuvent ressentir la disparition de l’autre.
Elle venait de faire mention d’une ancienne croyance elfique selon laquelle deux personnes particulièrement proches pouvaient ressentir la présence de l’autre même sur de grande distance. Karez restait muet pour le moment, mais il savait que cette histoire de lien de cœur et d’âme s’était bien souvent vérifiée.
- Et alors, que comptes-tu faire à Paragahi ? Demanda-t-il su un ton volontairement neutre.
- Trouver une personne qui a été là bas pour qu’elle nous guide à l’endroit où a disparu Onèan, de là nous partirons à la recherche d’indices.
L’humaine prit la main de ses deux camarades dans les siennes.
- Est-ce que vous voulez bien m’accompagner ?
- La question ne se pose même pas, répondit Elifain en souriant.
Les deux jeunes filles se figèrent sur Karez avec la même intensité, bien que son esprit était habité par le doute, il sentait tout le poids de leur regard sur lui.
- Pas la peine de me fixer comme ça, bien sûr que je viens, je ne vais pas laisser Elifain seule avec toi dans la forêt de Veraï
- Merci mes amis !
Le sourire illumina de nouveau les traits de Lynaïs, Karez ne put s’empêcher de rougir à nouveau, et cette fois il ne pouvait pas se cacher. Elifain ne perdit pas cette chance de se moquer de son ami qui poussa des grognements gênés en se retournant, poursuivit par le rire mélodieux de la jeune elfe.
Lynaïs était bien droite au milieu des champs, elle laissa son regard se porter vers la sombre forêt de Veraï qu’elle pouvait voir de là où elle se trouvait. Rien ni personne ne pouvait lui faire changer d’avis, Onèan était vivant et elle partirait à sa recherche. Un nouvel espoir fit briller encore plus intensément ses yeux.

 
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Il y a 1 commentaire
Dark fullmetal le 18/11/2010 à 19:16:11
Décidément Onèan tombe toujours dans le pétrin =/ il a aidé Anya à sauver les enfants pourtant, il aurait dû être remercier par le koradji >=O Halàlà...
Ca fait mal de voir Lynaïs comme ça =( heureusement que ses compagnons ont pu lui remonter le moral ^^ maintenant il ne reste plus qu'à voir ce qu'elle va faire pour retrouver Onèan =)

Bye neeee à bientôt ^^

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