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Jeudi 31 mai 2012, 17:27


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 32 - Ce qu'ils sont capable de faire.

Bonjour ^^

La suite de Chevalier est maintenant sous vos yeux.
Revenons dans nos montagnes, l'expédition diplomatique s'est heurtée à une terrible épreuve, l'enlèvement de Patinil. Ils ont réussi à les trouver et a récupérer leur amie, mais elle a subit une torture ignoble entre leurs mains.
Quel suite prendra leur voyage maintenant ?

Merci de suivre la fic
Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 32
Ce qu'ils sont capable de faire


Le soleil disparaissait lentement à l’horizon, les derniers rayons tentant de transpercer la brume qui entourait les sommets des montagnes. Dans le village, la vie semblait s’être arrêtée comme après une longue veillée funèbre, les habitants sortaient du brouillard comme des fantômes pour rentrer précipitamment chez eux. Ils n’étaient jamais seul soit par deux ou par trois, depuis l’attaque de l’Inquisition personne n’était tranquille.
La garde à l’entrée du village avait été doublée, en plus des risques de combats, ils avaient un invité très important. Les soldats de la forteresse montaient une surveillance accrue au réez de chaussée de la bâtisse. Malgré le manque de discrétion, Mel avait préféré prendre le maximum de sécurité pour ne pas être surpris par une soudaine attaque.
Ils étaient tous dans cet état depuis leur retour des montagnes, nerveux et très fatigué. L’écuyère et le jeune diplomate avaient pansé les plaies de leur amie avec l’aide de Nertas. Patinil n’avait pas reprit connaissance, il était préférable au vu des blessures qu’elle avait reçu. Même le chef du village n’avait que rarement observé un tel acharnement, pourtant il avait vu et lui-même expérimenté la torture infligé par l’Inquisition.
La jeune rescapée fut mise sur une civière improvisée avec les matériaux trouvés sur place. Avec de nombreuses précautions, le groupe repartit vers le village dans un silence pesant, marchant le plus vite possible sans se préoccuper du danger du chemin. Le mage avait à nouveau lancé son sort de lumière pour les guider le mieux possible.
Le retour s’était fait au levé du soleil, accueillit par les villageois armés et près à en découdre. Gero Proxin avait recueilli la délégation venue de la forteresse, pour soigner au mieux la rescapée et les blessés de l’attaque. Le mage avait du mettre dehors Ekart et Mel pour qu’il se repose au lieu de rester au chevet de Patinil. Le vieil homme savait très bien qu’ils étaient tous les deux très fatigués et une seule personne en danger suffisait à l’occuper pour de long moment.
La journée passa, dans la même ambiance que lors du retour de l’équipe de sauvetage. Avec la fin du jour, la maison semblait reprendre vie lentement, alors que la lumière déclinait doucement. Ekart marchait droit devant lui, la tête pleine de questions et d’inquiétudes. Il n’avait pas beaucoup dormi, presque pas en fait, le jeune homme avait couché sur le papier tout ce qui s’était passé jusqu’à présent. Pour lui, travailler était le seul moyen pour ne pas penser à son amie.
Ekart tomba nez à nez avec Mel qui arrivait en sens inverse. L’écuyère arborait elle aussi un visage fatigué avec des cernes noirs sous les yeux. Elle avait failli percuter le jeune homme, stoppant net en comprenant qu’il se trouvait en face d’elle.
- Désolé je ne t’avais pas vu, fit Mel d’une petite voix
- Je ne suis pas mieux placé que toi, j’étais un peu perdu.
Le diplomate leva la tête vers la porte de la chambre visible à l’étage.
- Tu as des nouvelles ?
- Non aucune, j’allais te poser la même question.
Gero Proxin aperçut les deux jeunes gens qui se trouvaient dans la salle commune. Il s’approcha de ceux-ci avec douceur pour ne pas les déranger, il prit la parole.
- Bonsoir, j’espère que vous avez pu vous reposer un peu.
Mel fit un signe négatif de la tête.
- Pas vraiment, répondit Ekart à haute voix, Nertas est il réapparut ?
- Juste une fois pour me demander à manger, sinon rien de plus, il ne m’a même pas parlé de l’état de votre amie.
En voyant la mine défaite des ces interlocuteurs, le chef du village les rassura immédiatement sur ses propos.
- Mais ne vous inquiétez pas, je connais Nertas c’est un très bon guérisseur.
Les deux jeunes gens hochèrent la tête sans répondre. Le chef du village sortit pour faire une dernière fois le tour du village après les avoir salué. Ils restèrent un moment à regarder la porte fermée, ils se sentaient impuissants. Mel finit par aller voir les soldats de la forteresse en faction, Ekart quand à lui se dirigea vers sa chambre pour se perdre dans son travail.

La jeune fille sentit l’air frais sur son visage fatigué, elle avait vraiment besoin de prendre l’air. Elle n’avait connu aucun repos sur le lot de sa chambre, l’image de son amie couverte de sang et de meurtrissures hantait ses pensées. Dés que l’écuyère fermait les yeux, les horribles blessures apparaissaient, toujours plus horribles.
Mel se dirigea vers l’entrée principale du village, les soldats de la forteresse s’étaient joints aux miliciens pour renforcer leur défense. Elle les retrouva à leur poste, Caner Tyuro affichait un air plus sérieux qu’à l’accoutumée. Gero Proxin se trouvait parmi les villageois, il venait se rendre compte des derniers mouvements observés.
- Bonsoir Ecuyère Davard.
- Bonsoir Sergent, j’espère que vous avez tout de même pris un peu de repos.
- Autant que vous, j’ai l’impression.
Les deux autres soldats à ses cotés affichèrent un petit sourire.
- Des nouvelles de la petite diplomate ? Questionna Caner Tyuro doucement.
- Non, pas pour le moment, le mage la soigne toujours et il n’est pas redescendu au réez de chaussée.
Le sergent fit un simple signe de la tête, il ne voulait pas ennuyer la jeune fille sur un sujet qui était sensible. Il reprit la parole après quelques instants de silence pour poser une nouvelle question à laquelle il venait de penser.
- Et comment va Dewon ?
Il parlait du soldat qui avait été blessé pendant l’attaque.
- Il est au lit, avec interdiction de se lever jusqu’à demain, répondit Mel, mais il est hors de danger.
- S’il ne bouge pas, lança Mund Hasra, ce qui est presque impossible pour Dewon.
Les soldats se mirent à rire, la jeune fille se permit de sourire, elle avait bien besoin d’un peu de bonne humeur après ce qui était arrivé.
- Et pour cette garde, qu’en est-il pour le moment ? Reprit l’écuyère.
- Rien à signaler, répondit Tyuro, du moins à l’entrée.
- Et plus loin ?
Gero Proxin répondit à la jeune fille en intervenant dans la conversation.
- Nous avons envoyé une patrouille en avant pour surveiller les environs, ils sont revenus il y a peu de temps, ils n’ont rien vu d’anormal.
- Le groupe de l’Inquisition que nous avons éliminé était donc le seul.
- Il y a tout lieu de le croire.
Mel était rassurée, même si elle ne serait pleinement rassurée que quand Patinil sera totalement sortie d’affaire. Ils continuèrent à parler ainsi pendant quelques temps, les villageois comme les membres de la délégation de la forteresse avaient besoin de parler pour tenter d’oublier les dernières heures de tension.


Un peu plus tard dans la maison de Gero Proxin, la chambre de Patinil s’ouvrit pour laisser passer le mage. Il referma consciencieusement la porte sans faire de bruit et descendit dans la grande salle du réez de chaussée. Il s’assit sur un fauteuil en soupirant, il était fatigué et il avait besoin de prendre un peu de repos.
L’écuyère entra alors dans la maison, en compagnie du chef du village et de Caner Tyuro. En voyant le mage installé dans un siège, Mel se jeta littéralement sur lui en courrant presque. Elle manqua de peu de trébucher sur un tapis avant de saisir le dossier du fauteuil en se penchant vers l’homme.
- Comment va Patinil ? Demanda-t-elle dans un souffle.
Nertas ouvrit paresseusement un œil vers l’écuyère, il n’aimait pas trop être dérangé aussi brusquement quand il était autant fatigué.
- Bonsoir jeune fille, je suis content de te voir en pleine forme.
Comprenant qu’elle avait été un peu trop directe, Mel se redressa en baissant un peu la tête, gênée.
- Désolé, je n’aurais pas du me précipiter autant.
- Se n’est rien, tu es inquiète pour ton amie.
Soudain, déboulant d’une pièce proche où il travaillait, Ekart accourut vers les voix qu’il avait entendues. Il regarda tout le monde réuni et se fixa sur le mage.
- Comment va-t-elle ? Lança-t-il avec empressement.
Nertas secoua la tête.
- La jeunesse d’aujourd’hui n’a plu aucun respect pour ses aînés.
Mel regarda Ekart avec insistance, il n’avait pas envi de s’embarrasser avec des politesses. Malgré tout, le jeune homme était un diplomate et il devait garder une certaine prestance même dans l’angoisse. Et en plus, il avait une réputation à tenir, surtout face au mage qui était le premier qu’il avait rencontré.
- Je suis désolé, mais son état me préoccupe beaucoup, c’est une collaboratrice et une très proche amie.
- J’avais compris tu sais, tu n’as pas besoin de me le rappeler je l’avais très bien saisi sans que tu me le dises.
Il fit une pause dans sa phrase pour reprendre sa respiration, puis il ajouta sur un air faussement grognon.
- Tout d’abord asseyez vous tous, je me déboîte le cou à vous regarder d’en bas, vous n’avez donc aucune pitié pour un vieil homme fatigué qui vous a tant aidé.
Le mage désigna les sièges prés de lui pour inviter tout le monde à s’asseoir. Les deux jeunes gens et le chef du village prirent un siège, le soldat préféra rester debout contre un mur les bras croisés sur la poitrine.

- Bien, maintenant je me sens mieux, je n’ai plus besoin d’être plié en deux à vous regarder.
Voyant que son trait d’humour ne rencontrait que très peu d’échos, Nertas fit un petit sourire en coin.
- Je crois que je devrais aller droit au but, votre amie est en vie, elle se repose pour le moment, elle en a grand besoin.
Ekart poussa un profond soupir de soulagement, il se détendit enfin après tout se temps. Mel esquissa un sourire, elle était rassurée, l’écuyère avait eu tellement peur pour son amie.
- Est-ce qu’elle a reprit conscience ? Demanda la jeune fille.
- Non, j’ai fait en sorte qu’elle reste endormie tout le long de mes soins, elle a tant du souffrir que je me demande déjà comment elle a fait pour résister à ce genre de traitement.
Un silence pesant s’installa, ils avaient du mal à comprendre ce qu’avait enduré la jeune fille. Mais au vu du ton prit par le mage, ils comprenaient que les tortures infligées étaient particulièrement infâme.
- A son réveil, pensez vous qu’elle pourra parler normalement ? Demanda Ekart.
- Son esprit est fort, répondit Nertas, elle a réussi à garder le silence malgré le traitement de l’Inquisition. Je pense qu’elle devrait s’en relever, mais il vaudra mieux la surveiller les premiers jours pour être sûr qu’elle ne fasse rien de déraisonnable.
Mel écoutait l’échange avec intérêt, elle voulait être capable d’aider la jeune fille une fois qu’elle se réveillerait. L’écuyère baissa alors le visage, une nouvelle question venait de lui traverser l’esprit. Elle releva la tête et prit la parole pour avoir une réponse à l’interrogation qui lui brulait les lèvres.
- Va-t-elle garder les cicatrices sur le visage ?
Les personnes présentes se remémorèrent en pensées les horribles coupures et blessures qui parcourraient la peau de la jeune diplomate.
- J’ai fait ce que je pouvais pour arrêter les saignements et refermer les plaies, mais je ne peux pas promettre des choses impossibles. Les marques des tenailles et des couteaux resteront encore très longtemps inscrite sur la peau de son corps.
Mel sentit un frisson lui parcourir l’échine du dos, son amie était jeune et très belle. Elle allait maintenant devoir vivre avec les cicatrices qui parcouraient sa peau. Une vie difficile se préparait pour la diplomate, une vie où elle devrait arriver à accepter cette nouvelle apparence malgré les traces des sévices reçues.
Nertas fixa tour à tour les deux jeunes gens avec intensité, il attira rapidement leur attention. Le mage se mit alors à les sermonner comme il l’avait déjà fait dans la grotte perdue dans la montagne lors de leur toute première rencontre.
- M’avez-vous compris maintenant, vous souvenez vous de ce que je vous avez dit que nous nous sommes vus.
Ekart et Mel n’osèrent pas faire un geste.
- Voilà pourquoi je vous ai mis en garde, voilà ce que l’Inquisition est capable, reprit le mage, ils n’ont aucun scrupule et aucune hésitation à torturer, à frapper et même à tuer pour obtenir ce qu’ils veulent.
Il se pencha vers le diplomate et l’écuyère.
- Votre amie a eu de la chance, mais il n’y en aura peut être pas d’autre, arrêtez vos recherches pour votre bien et votre vie. Retournez dans vos maisons et vivez loin des secrets et des dangers, je dis ça pour sauver vos vies !
La voix du mage était dure pour bien leur faire comprendre ce qu’il voulait dire. Il avait tenté de leur expliquer ce qu’ils les attendaient, mais avec cet incident il espérait avoir été enfin compris par ces têtes de bois.
- Bien au contraire de vos propos et vos mise en garde, j’ai plutôt envi de poursuivre dans la voie que j’ai emprunté, lâcha Ekart après un instant de réflexion.
Nertas le fixa avec incrédulité, la bouche ouverte sous le coup de la surprise. Il ne s’attendait pas à la réponse qu’il venait de recevoir de la part du diplomate.
- As-tu bien écouté ce que je t’ai dit à l’instant ? Tu n’étais donc pas avec nous quand nous avons trouvé ton amie, presque totalement nue, accrochée à une pierre, le corps torturé et massacré par l’inquisiteur.
Le jeune homme changea soudain d’expression, ses yeux s’assombrirent sous le coup de la colère.
- Evidemment que j’étais là, lança t’il, j’ai vu ce qu’ils ont osé faire à ma camarade, j’ai vu le sang, j’ai entendu ses cris, mais croyez vous que la solution es de reculer comme des lapins devant le chien des chasseurs ?
Le mage s’était tassé dans son siège sans le vouloir, il était abasourdi par le ton employé. Ekart poursuivit son discours après s’être calmé, il redevint maitre de lui-même en laissant ses muscles se détendre.
- Nous avons été trop loin pour abandonner maintenant, nous ne pouvons pas les laisser gagner aussi facilement.
- Gagner, de quoi parles tu ? Mais ce qui est arrivé à ton amie ne te fait pas réagir.
Le mage s’était leva de son siège pour faire face au jeune diplomate. Mel regardait les deux personnes tour à tour, elle avait comprit les risques mais il est vrai qu’elle ne s’attendait pas à une telle ampleur. Ce qui était arrivé à Patinil était la preuve du pouvoir de l’Inquisition et des moyens ignobles qu’ils utilisaient.
- C’est comme si les dieux lui avaient offert une deuxième vie, reprit Nertas, y compris pour toi et ta camarade écuyère, vas-tu attendre que ton autre camarade passe par le même calvaire, ou bien toi ?
Un silence pensant s’installa dans la pièce, le face à face entre Ekart et le mage se poursuivit. Puis Nertas alla se rassoire dans son siège ou bout d’un moment en poussant un soupir de lassitude.
- J’étais là cette fois mais peut être pas la prochaine.
- Nous devons être plus prudent, je l’ai bien compris, mais s’arrêter dés la première difficulté sera une preuve de notre lâcheté et de notre manque de courage. Nous savions qu’il y aurait des obstacles, mais aucun n’est véritablement insurmontable.
- Tu me parles de courage, lança le mage, il ne faut pas confondre témérité et idiotie !
Ekart grogna de dépit, il fit un geste en l’air devant son interlocuteur pour signifier son manque total d’intérêt. Nertas allait reprendre la parole avec une nouvelle pique contre son adversaire quand quelqu’un intervint dans leur joute verbale.

- Il ne faut pas tout laisser tomber maintenant, fit une voix roque et fatiguée derrière lui.
Les personnes présentes dans le petit salon se retournèrent pour découvrir Patinil, le visage couvert de pansement, elle portait autour de ses épaules une couverture qui la recouvrait complètement. Elle était descendue de l’escalier en entendant les voix qui se disputaient en bas dans la salle commune. La jeune fille tremblait en restant debout dans les marches, elle n’avait pas encore récupéré des mauvais traitements.
- Patinil, lança Mel surprise et heureuse de la voir.
L’écuyère se leva pour rejoindre la jeune fille, elle l’entoura de ses bras pour l’aider à descendre les dernières marches. Avec beaucoup de précaution, Mel l’installant dans le fauteuil qu’elle occupait depuis le début de la conversation. Patinil échangea un sourire avec son amie, avant de porter son attention sur le mage.
- Je ne voulais pas que tu te lèves déjà, tu as besoin de repos, lança Nertas en prenant une pipe sous ses vêtements.
- J’en avais assez de rester allongée sans réagir alors que des gens parlaient à ma place pour prendre des décisions trop importantes.
Elle se tourna vers Ekart et poursuivit.
- Nous ne devons pas arrêter nos recherches, nous devons aller au bout pour les combattre et montrer tout ce qu’ils nous ont caché.
- Et ce qui t’es arrivée, commença le mage.
- C’est du passé, coupa sèchement Patinil, je ne veux pas que cet … Incident vienne stopper notre recherche de la vérité. Et même si vous tentez de nous arrêter, je continuerais, je ne veux pas que leurs actions restent impunies.
Tout en parlant elle s’était redressée en élevant la voix, ses blessures la rappelèrent à l’ordre et elle trembla en toussant, se recroquevillant sur son siège. Mel lui prit la main, elle ne pouvait pas la soulager mais au moins l’aider à ne pas se sentir seule. La diplomate sourit à sa camarade, elle appréciait le contact de la peau chaude de l’écuyère contre la sienne.
- Tu as raison, reprit Ekart, nous sommes justement seulement au début de notre enquête, et maintenant nos preuves sont encore plus nombreuses et flagrantes.
Le diplomate regarda sa camarade, ils avaient le même regard et rien ne les ferait changer.
- Vous êtes vraiment des têtes de mule, lâcha Nertas.
- C’est un trait de mon caractère que l’on me reproche souvent, répondit Ekart, et j’ai l’impression qu’il à tendance à toucher ceux qui m’entourent.
Il avait reprit toute sa superbe et sa prestance, il avait réussi à effacer les heures d’angoisse qu’il avait vécu.
- Faites comme bon vous semble, moi je n’ai plus rien à vous dire, ramenez votre amie dans son lit, elle a besoin de repos.
Le mage tira une profonde bouffée de sa pipe, plongeant dans une intense réflexion qui achevait la discussion. Mel se leva et aida Patinil à se remettre debout malgré sa fatigue et les tremblements de ses jambes. Elles grimpèrent les escaliers, en prenant tout leur temps, Ekart était avec elles juste derrière.
Ils installèrent la blessée dans son lit, en reprenant la couverture pour la mettre sur le lit. Les deux camarades aperçurent quelques uns des bandages qui recouvraient son corps. Ils ne purent s’empêcher de faire la grimace qui n’échappa pas à Patinil.
- Ne faites pas cette tête, je vais bien, c’est douloureux mais supportable.
- Patinil tu es sûre de ton choix ?
Ekart avait parlé sans détour, il n’y avait pas à passer par quatre chemins.
- Jamais je ne pourrais oublier ce qui est arrivé …
La jeune fille frémit en se souvenant de cette terrible nuit.
- Mais je ne veux pas me renfermer sur moi-même, je vais me battre contre eux avec toutes mes forces pour que plus jamais cela n’arrive à quelqu’un.
La haine brillait dans les yeux de Patinil, elle si froide et si calma affichait un regard bien différent. Mel était surprise, il avait du mal à imaginer ce qu’elle avait enduré, mais la diplomate était très forte pour ne pas s’effondrer.
- Tu ne seras pas seule, je vais continuer à me battre à tes cotés pour que cette vérité soit dévoilée au grand jour, répondit Ekart.
- Je le savais bien.
- Pour le moment, intervint Mel, tu dois te reposer Patinil. Tu as besoin de récupérer après les blessures que tu as reçu.
Docilement, la jeune fille se recoucha dans son lit, se laissant border par ses amies. Bien qu’elle n’aimait pas se laisser aller, Patinil sentait déjà ses forces l’abandonner à nouveau. Le sommeil la rattrapait peu à peu, et la chaleur du lit l’appelait lentement. Elle sourit à ses camarades près d’elle.
- Merci pour votre aide.
- Tu as besoin de nous pour le moment, profites en, Ekart ne sera pas aussi gentil très longtemps.
Le jeune homme regarda ses compagnes en faisant mine d’être offusqué, elles se mirent à rire. Un peu de détente faisait du bien, surtout après ses longues heures difficiles. Ils laissèrent la jeune fille s’endormir, refermant la porte sans faire de bruit.

En descendant, les deux adolescents retrouvèrent le chef du village et le soldat de la forteresse. Le magicien avait disparu, la fumée de sa pipe stagnait dans l’air en volute tranquille. Ekart le chercha du regard où il pouvait se trouver.
- Il est parti se reposer, lança Gero Proxin pour répondre à sa question muette, il en avait bien besoin.
Le soldat de la forteresse bougea enfin et s’approcha des jeunes gens.
- Et maintenant, que faisons-nous ? Demanda Tyuro. J’ai bien compris que nous allions poursuivre notre route malgré tout, mais je pense que nous devons savoir exactement où nous nous rendons à chaque étape que nous ferons.
Mel opina de la tête, les paroles du sergent étaient justes, ils ne devaient plus se laisser guider par leur élan. Au contraire, les voyageurs devaient faire preuve de minuties et de préparations pour éviter d’autres ennuis.
- Vous avez raison Sergent Tyuro, nous allons devoir être beaucoup plus rigoureux, répondit l’écuyère.
Elle se tourna vers Ekart.
- Tu as une liste des villages que tu dois visiter ?
- Oui, sur un document dans mes bagages.
- Nous devons attendre que Patinil se remette de ses blessures, pendant ce laps de temps nous devrions étudier notre route et préparer plusieurs itinéraires jusqu’aux différents villages.
Le diplomate et le soldat acquiescèrent, Gero Proxin intervint pour enchérir sur les paroles de la jeune fille.
- Je devrais pouvoir vous aider, mes connaissances des montagnes sont assez bonnes et je peux également compter sur plusieurs bergers de Barigne qui en savent encore plus.
- Si vous pouviez nous aider, nous accepterions avec plaisir, répondit Ekart.
Le chef du village afficha un sourire entendu.
- Encore une petit chose, reprit Mel, pour l’incident avec le groupe de l’Inquisition, nous devrions nous assurer qu’il n’y a pas de risques pour votre village.
Gero Proxin fit un signe négatif de la tête.
- Rassurez-vous, nous connaissons des zones fortement accidentées où il est impossible de retrouver des cadavres. Même leur magie ne pourrait les aider à les découvrir, l’Inquisition ne pourra jamais savoir où ils se trouvent.
- Nous vous faisons confiance, fit Ekart.
Le jeune homme avait très vite compris que les habitants de Barigne étaient des alliés de poids durant leur quête.
- Il faudra vous méfiez des autres villages que vous allez traverser, reprit Gero Proxin, ici nous sommes de fervents opposants à l’Inquisition, mais ailleurs les espions sont légions.
Le diplomate hocha la tête.
- Il est sûr que nous aurons affaire à des hommes de cette organisation, se sera à nous de noyer le poisson tout en récoltant des indices et des informations.
- C’est un jeu dangereux, lança Caner Tyuro.
Le sergent n’aimait pas les jeux de pouvoir dans l’ombre, faire les espions n’était pas dans ses habitudes.
- Je suis d’accord avec lui, renchérit Mel, nous allons courir de grands risques.
- L’Inquisition vit dans le secret, elle prospère dans les endroits sombres et tortueux, à nous de savoir nager dans ses eaux troubles, expliqua Ekart. Laissez à Patinil et à moi nous occuper de cette partie de l’affaire, je compte sur vous pour nous protéger en cas de soucis.
La jeune fille fit la moue, ce plan comportait des failles qui ne manqueraient pas de leur faire courir des risques insensés. Mais pour le moment, ils n’avaient pas d’autres choix que de suivre une ligne de conduite dangereuse pour échapper à l’Inquisition.
- Nous allons avoir besoin de bien organiser notre route pour les prochains jours, finit par dire Mel.
- Ne t’en fais pas, répondit le jeune homme, ce qui est arrivé à Patinil ne se reproduira plus, je peux te l’assurer.
Une lumière de défi brillait dans les pupilles du diplomate, il avait perdu une bataille mais la guerre était loin d’être terminée en voyant la flamme qui illuminait son regard. Gero Proxin prit alors la parole pour changer de sujet et détendre l’atmosphère.
- Pour l’instant, oublions un peu tous nos malheurs et allons nous restaurer un peu, qu’en pensez vous ?
Les deux jeunes gens et le soldat firent un signe de la tête, ils n’avaient pas mangé grand-chose de la journée et leurs estomacs criaient famine.
- Je vais faire appeler vos deux autres compagnons qui sont encore dehors, ma femme a préparé une de ses spécialités, une tourte de mouton, vous allez voir, elle est fameuse dans tout le village.
Le chef du village entraîna ses invités en direction d’une table de la salle commune. Ils se détendirent lentement en relâchant la pression des dernières heures. Pour ce soir, les voyageurs laissèrent de coté le danger pour prendre un repos bien mérité, le combat contre l’Inquisition pouvait attendre un peu.
Ekart avait un nouvel objectif en tête, se venger de l’organisation à la serre d’aigle. Le jeune homme allait commencer une partie d’échec contre les inquisiteurs et les espions en mettant ses pièces en place une à une. Le diplomate avait déjà en tête quelques petites idées qui mettraient du piquant dans la bataille. Il avait hâte de débuter cette partie d’échec avec l’Inquisition, il s’en réjouissait même par avance.

 
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