Bonjour ^^
Chapitre 36, retour dans les montagnes du Nord, pour en savoir un peu plus sur cette mystérieuse personne qui leur en apprendra plus sur la magie.
L'aventure ne fait que commencer pour les trois jeunes gens.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 36
La cité perdue
Ekart n’avait pas beaucoup dormi cette nuit encore, il s’étira un instant en laissant échapper un large bâillement. Bien qu’il paraissait fatigué, il était habitué à passer des nuits très courte. Depuis qu’il savait lire, le jeune homme aimait consulter tous les livres que contenait la riche bibliothèque de son père.
Le diplomate trouvait que dormir était perdre son temps, il avait habitué son propre corps à résister à la fatigue. Mais cette fois, son excitation était la seule responsable qui l’avait tenu éveillé. Aujourd’hui, lui et ses deux amies allaient rencontrer une personne qui pouvait leur apprendre plus sur la magie et ses secrets.
Le jeune homme avait déjà pris son petit déjeuner et il attendait dehors que ses amies le rejoignent. Il avait vu Nessira Handaé un peu plus tôt, elle leur avait donné rendez vous sur la place du lavoir. La femme lui avait bien heureusement donné quelques indications, le lieu se trouvait sur une terrasse juste au dessus de celle où se trouvait la maison de la chef du village.
Patinil et Mel sortirent enfin, l’écuyère était souriante alors que la diplomate paraissait plus froide que jamais. Ekart le remarqua tout de suite, mais il préféra ne rien dire pour ne pas la gêner. Il était capable de comprendre son état rien qu’en la regardant, les blessures marquaient son corps mais aussi le fond de son âme.
Démontrant son idée, elle était encore habillée de manière à ne rien montrer de son corps. La jeune fille avait forcé sur le maquillage pour mieux camoufler les cicatrices qu’elle arborait que le visage.
- Bonjour vous deux.
- Bonjour Ekart, répondit Mel, tu n’as pas l’air d’avoir beaucoup dormi.
Le jeune homme n’aurait pas cru que ses yeux étaient aussi marqués, il se redressa en affichant un visage impérieux.
- Je ne dors jamais beaucoup, c’est une perte de temps qui ne me donnera jamais la place que je mérite.
- Tu veux dire que tu es insomniaque, renchérit Patinil, pas la peine de nous faire une telle déclaration.
Le jeune diplomate sourit en se coulant tel un serpent vers son ennemi.
- Je crois que toi aussi tu es plutôt du genre à ne pas dormir.
- A cause de qui ? Tu m’entraînes tout le temps dans des situations qui m’empêchent de me repose tranquillement.
Ekart se contenta de rire. Mel prit la parole pour changer de sujet et éviter qu’une nouvelle joute verbale commence entre les deux diplomates.
- J’ai laissé quartier libre à Tyuro et à ses hommes, ils méritent de prendre un peu de repos après ces derniers jours sans cesse sur leurs gardes.
- Tu as bien fait, commenta Ekart, nous n’aurons que très rarement l’occasion de trouver des endroits aussi sûrs durant notre quête.
- Et maintenant ? Demanda Patinil.
- J’ai vu la chef du village ce matin, reprit le diplomate, nous avons rendez vous avec elle près du grand lavoir.
- Et où se trouve-t-il ? Questionna l’écuyère.
Ekart pencha la tête sur le coté en observant son amie.
- Tu crois que je n’aurais pas posé cette question avant que notre hôte sorte ce matin, je sais exactement son emplacement, il est situé sur l’une des terrasses supérieures que forme le village, celle juste au dessus normalement.
- Ne peux-tu pas répondre une seule fois normalement, comme tout le monde, lança Patinil excédée.
- Oh si, j’en suis tout à fait capable, mais honnêtement, je trouve que c’est beaucoup moins drôle.
Mel leva les yeux en l’air.
- Partons pour notre rendez vous, ça vaut mieux.
Les trois amis se mirent en route, les escaliers qui menaient aux différents étages de la cité étaient parfaitement visibles pour ne pas se perdre. Les marches avaient été taillées à même le rocher, il avait fallu de longues années de travaux pour les créer. A chaque fois que le village voyait sa population augmenter, une nouvelle terrasse était créée à la force de leurs mains.
Les maisons étaient serrées les unes contre les autres, certaines communiquaient entre elle grâce à des couloirs. Construites en pierre, elles étaient là pour durée face au climat rude des montagnes. Des marchands vendaient des légumes et des fruits issus des terrasses les plus hautes, plus proches du soleil. Des systèmes de monte charge avaient été créés pour descendre les plus grosses charges ou les animaux.
Le village était autonome, plusieurs sources d’eau dévalaient les pentes pour former par endroit des petits bassins ornementés. Des canaux partaient de ces pièces d’eau pour distribuer l’eau dans toutes les terrasses. Les habitants des cimes savaient se débrouiller et ils étaient capables d’une très grande ingéniosité pour résoudre les problèmes au quotidien.
Il était presque difficile à croire qu’un tel lieu de paix existait dans ses montagnes hostiles. Le rempart à l’entrée était le plus grand gage de sureté pour conserver le paradis intact malgré la nature dangereuse et imprévisible de la chaîne montagneuse.
Pour conserver cette tranquillité et se préparer à toutes éventualités, un précédent chef du village avait construit une grande forge. Il y avait autant d’armes que de matériel agricole qui pouvait sortir de cet endroit, prête à servir en cas d’agression. Près de la fabrique, des entrées de mines parsemaient le flanc rocheux, bien que moins riche que certaines grandes cités minières, le produit des recherches suffisait largement à combler les besoins de Grangorff.
Ekart était particulièrement admiratif de voir comment le village arrivait à survivre malgré le danger qui les entourait. Il prenait des notes dans son carnet, de son coté sa camarade faisait des croquis rapides pour montrer l’organisation du village.
- Patinil, il faudra rester discret sur leurs défenses, fit le jeune diplomate.
- J’allais justement te le dire aussi, mieux vaux garder pour nous tous ce que nous observons dans ces montagnes.
Le jeune homme désigna son carnet.
- Avec toutes ces notes, j’écrirais un récit complet de notre voyage, mais pas avant que l’Inquisition ne soit disparue, se serait bien trop dangereux.
- Si nous avons le malheur de parler de ce que nous voyons, renchérit Mel, l’Inquisition pourrait décider de les attaquer pour éliminer un danger potentiel.
- Je doute qu’ils veuillent s’en prendre à un simple village de montagne, fit remarquer Ekart.
- Restons prudent, commenta Patinil.
Mel acquiesça de la tête et rajouta.
- Il est bon de savoir que nous aurons toujours un lieu pour protéger en cas de problème dans cette zone. Si nous avons besoin de nous cacher quelques temps, c’est un endroit parfait pour éviter les rencontres et se faire oublier.
- Il ne faudrait pas leur apporter des risques supplémentaires, lança la diplomate, ils n’ont pas à pâtir de nos problèmes.
- Nous verrons bien le cas échéant, répondit Ekart, reprenons notre route, je ne pense pas que Nessira Handaé soit une personne particulièrement patiente.
- Aurais-tu peur de notre hôte ? Se moqua l’écuyère.
Le jeune homme se redressa, montrant un visage offusqué.
- Certainement pas, je pense seulement que nous devons agir avec tact et déférence pour entretenir de bonnes relations avec notre allié futur.
Mel et Patinil se regardèrent en échangeant un regard complice, elles étaient arrivées à la même conclusion en même temps. Leur ami n’était pas à l’aise avec une femme plus âgée qui lui tenait tête.
- Nous devrions en profiter je trouve, murmura Mel avec malice.
- Tu crois ? Avec lui, la vengeance sera au centuple.
- Et alors, nous n’avons pas le droit de nous amuser un peu de temps en temps aussi ?
- Oh peut être, fit Patinil soudain songeuse.
Ekart ne comprenait pas leur échange, mais il se doutait bien qu’il était le centre de leur discussion.
- Quand ces demoiselles auront terminé leurs messes basses, peut être pourrions nous poursuivre notre chemin.
- Et bien, je te trouve bien presser de couper la parole, lança l’écuyère.
- Que les femmes sont agaçantes, surtout quand elles sont si jeunes.
- Mais pour qui te prends-tu ? Répondit Mel. Je crois que tu es le moins âgé d’entre nous, je me trompe.
Ekart se défila et évita la réponse en faisant un vague geste en l’air avant se remettre en route.
- Il est vraiment énervant parfois, lança l’écuyère rageusement.
- Je sais, soupira Patinil, allons y.
Les deux jeunes filles rattrapèrent leur compagnon à grandes enjambées pour ne pas se faire distancer. Ils grimpèrent plusieurs escaliers, observant la vie des villageois qui s’offraient à leur regard. Les habitants étaient heureux, les enfants jouaient dans les rues sans se préoccuper des dangers. Mais ils se méfiaient d’eux, il n’y eut que quelques bonjours polis et des indications quand les jeunes gens demandaient leur chemin, mais rien de plus.
Enfin, le grand lavoir était en vu, il était formé de plusieurs bassins reliés les uns aux autres par des écluses et de petits canaux. Chaque bassin possédait une structure en pierre surmontée de poutre en bois formant des toits pour abriter les femmes venues laver leur linge. Il y régnait une grande agitation, les éclats de rires succédaient aux éclats de voix.
Nessira Handaé vint à leur rencontre en les voyant arriver, elle avait plus l’apparence d’une chef de guerre avec son épée battant son flanc qu’une personne gérant un paisible village de montagne.
- Bien vous voilà, j’ai bien cru que je devais venir vous chercher chez moi.
- Bonjour Madame Handaé, fit poliment Patinil en s’inclinant légèrement.
- Relève toi ma fille, allons pas besoin de cérémonie avec moi, appelle moi Nessira, et c’est la même chose pour vous.
Le ton était ferme, comme celui d’une mère avec ses enfants.
- Où allons nous Nessira ? reprit Ekart en appuyant sur le prénom.
La femme regarda le jeune homme.
- Tu me rappelles un de mes fils, toujours à vouloir aiguillonner les autres, fais attention tout diplomate que tu es je te remettrais dans le rang.
Ekart se contenta de sourire négligemment mais son dos était bien raide montrant qu’il luttait contre lui-même. A ses côtés les deux jeunes filles pouffèrent de rire, elles avaient vu juste, et elles ne se génèrent pas pour se moquer de lui. Le jeune homme les traita par le mépris, évitant pour une fois de répondre.
Nessira Handaé laissa échapper un soupir amusé, se rappelant ses jeunes années et ses frasques. Elle revint au présent et à son rôle, elle désigna une terrasse qui paraissait perdue dans les hauteurs.
- Nous allons là haut, la personne que je vous présentais habite une maison près des champs où il élève ses brebis. J’espère que vous êtes en forme !
Mel regarda l’endroit de leur destination et lâcha un petit gémissement de désespoir.
- Dire que je croyais que nous allions enfin pouvoir nous reposer un peu.
- Dis-toi que se n’est qu’une promenade d’agrément, répondit Ekart.
- C’est toi le petit scribouillard qui va me donner une leçon d’endurance ? J’ai bien l’impression que toi aussi tu vas avoir du mal à arriver en haut.
Le jeune homme désigna sa tête.
- Tout est là ma chère, tout est dans la tête, il suffit de le vouloir pour le croire.
- Quand tu auras fini de nous rabattre les oreilles avec tes grands discours, intervint Nessira Handaé, nous pourrons nous mettre en route.
Ekart se tut soudainement, trouvant dans le silence un moyen de se faire oublier. Mel afficha un visage rayonnant.
- Tout compte fait, j’ai hâte de poursuivre notre ascension.
Le petit groupe se mit en route avec entrain dans la bonne humeur et le silence. Plus ils montaient moins ils voyaient de personne, pourtant les escaliers étaient toujours aussi large. La pente devint abrupte, même avec des marches la progression s’avéra éprouvante, même pour l’écuyère habituée aux marches longues.
Enfin, après ce qui sembla aux trois jeunes gens une interminable montée, ils arrivèrent devant un grand plateau dégagé. Ils débouchèrent alors dans une prairie d’herbe haute et grasse à la surprise des membres de l’expédition.
- Comment peut on trouver une si belle prairie à cette hauteur ? Demanda Mel en caressant une touffe d’herbes.
- Nous avons aménagé depuis des années toutes ses terrasses, répondit la chef du village, nous avons peu à peu transformé une terre ingrate en une zone de culture unique.
- C’est une grande force dans cette région, fit remarquer Ekart.
- Oui en effet, j’espère que je peux vous faire confiance pour garder tout cela secret.
Elle fixa le petit groupe avec insistance.
- Tout comme Proxim, vous pouvez nous faire confiance, lança Patinil, nous en resterons sur notre mission et rien de plus.
Nessira Handaé hocha la tête satisfaite de la réponse, elle reprit la parole.
- Bien continuons, nous devons aller vers ces maisons là bas.
Elle désigna un petit groupe de bâtiment situé non loin de l’escalier, ils s’y dirigèrent par un petit sentier pavé au milieu de la prairie. Ils furent accueillis par un jeune garçon tenant un bâton de berger, il salua les nouveaux arrivants.
- Tuino, tu sais où se trouve le père Manda, j’ai prévenu hier soir que je lui amenais du monde.
- Il est dans ses champs à l’arrière de la maison avec ses moutons.
- Merci mon grand, et bon courage pour le travail.
- Merci Nessira.
Suivant les indications du petit berger, ils contournèrent les maisons. Là, un verger avait été planté, au pied des arbres des moutons paissaient tranquillement sous la garde d’un vieil homme qui s’appuyait sur son bâton.
- Père Manda, c’est moi !
Nessira Handaé s’approcha de lui, il l’accueillit chaleureusement les bras ouvert en la serrant contre lui. L’homme avait un visage marqué par les années qu’il avait vu passer, parsemé de rides qui formaient comme une toile d’araignées. Ses yeux étaient noirs comme du charbon, il possédait une longue chevelure blanche qu’il gardait attaché dans son dos. Il était grand et mince, avec des membres secs parcourus de muscles saillants. Ses mains étaient grandes et calleuses, elles serraient un vieux bâton de berger sillonné de motifs torsadés.
Le vieil homme se tourna alors vers les personnes qui accompagnaient Nessira, en les détaillants de la tête au pied.
- C’est donc eux les fameux visiteurs venus du Conglomérats que tu voulais me faire rencontrer.
- Oui en effet, j’espère que je ne vous dérange pas.
- Oh non ma fille, je suis toujours heureux d’avoir de la visite.
La femme sourit et se recula légèrement, laissant les jeunes gens se présentaient eux même. Ekart prit les devants comme à son habitude.
- Merci à vous de prendre sur votre temps pour nous parler, nous sommes venus de Manilaus, voici Patinil Ojyr diplomate et Mel Darvard une écuyère de l’ordre de la lumière.
Il désigna chacune des jeunes filles en les nommant, elles s’inclinèrent tour à tour.
- Quand à moi je m’appelle Ekart Caras je suis diplomate également.
Le vieil homme les salua de la tête.
- Moi c’est Manda Guerani, mais tout le monde m’appelle Père Manda, alors pourquoi êtes vous venu jusqu’ici pour parler à un simple vieillard comme moi ?
- Nous avons apprit par Nessira que vous étiez en quelque sorte la mémoire de ses montagnes, lança Patinil.
Le Père Manda se mit à rire.
- Je ne pensais pas être vieux à ce point là, mais c’est vrai que j’ai vu passé bien des printemps. Mais si je peux vous aider je le ferais avec plaisir.
Les jeunes gens se regardèrent un instant, hésitant à prendre la parole, Patinil fit un pas en avant et Ekart hocha la tête en la laissant parler.
- Notre voyage dans ces montagnes est officiellement un recensement des habitants et la signature de contrats commerciaux. Mais nous sommes ici dans un but officieux, nous voulons réunir des informations sur la magie.
Le sourire disparut sur les lèvres de Manda, mais Nessira Handaé intervint pour éviter les problèmes.
- C’est bon tu peux leur parler, ils sont envoyés par Proxim du village de Barigne, ils ne travaillent pas pour l’Inquisition.
- Si c’est Proxim qui les a envoyés, je peux vous faire confiance. Cet homme est un grand défenseur de la montagne et de notre liberté, tout comme son père avant lui.
L’homme poussa un soupir en frappant le sol de son bâton.
- Maudite Inquisition, c’est qu’elle nous a mené la vie si dire, même encore aujourd’hui. Le père de Proxin les a même combattu l’arme à la main pour les chasser de Barigne, le pauvre y a laissé la vie, mais il a gardé son honneur.
Il cracha sur le sol.
- Je ne peux pas en dire autant de ces hommes en noirs, ils utilisent la menace et la torture pour parvenir à leur fin, tout ça pour le pouvoir, toujours plus de pouvoir entre leurs doigts couverts de sang. Ils cachent à la face du monde et de tout le conglomérat l’existence de la magie, comme une obsession.
- Notre but est de rendre public son existence pour changer le Conglomérat et venger les morts, reprit Patinil.
Le vieux berger hocha la tête.
- Je ne pense pas être quelqu’un qui en connaît tant que ça sur la magie pour vous aider. Il faudrait que vous voyiez des mages pour vous aider.
Ekart intervint à son tour.
- Nous avons déjà rencontré un sorcier, mais il a été plutôt avare d’indices.
- Le secret est leur seule survie contre l’Inquisition.
Le vieil homme marcha vers un banc de pierre près de la maison, les autres le suivirent sans bruit le laissant faire.
- Je me fatigue vite en restant ainsi debout.
- Il n’y a pas de problème, répondit Patinil.
Il observa un instant la jeune fille.
- Je vois que vous avez déjà eu le malheur de faire la rencontre de l’Inquisition.
Patinil se redressa soudainement en remarquant que son foulard avait glissé, elle le remit précipitamment en faisant un pas en arrière. Le père Manda remarqua sa réaction, il la comprit sans mal, préférant ne pas aller plus loin. Il reprit un peu son souffle avant de continuer, les jeunes gens et la chef du village le laissant faire.
- Sur ce que je me souviens de la magie, il y a quelque chose qui m’a toujours fasciné, une légende qui parlait d’une cité, une ville perdue dans la montagne protégée par un sortilège qui la rendait complètement invisible. Là, les mages pouvaient pratiquer leur art sans avoir peur d’être ennuyé par l’Inquisition.
- Une cité entière où la magie est étudiée au grand jour ! Lança Mel interloquée.
- Ce que je vous parle est une simple légende, je ne sais pas si c’est vrai.
- Nous suivons des légendes depuis le départ de notre quête, fit remarquer Ekart.
Le berger ricana doucement.
- La jeunesse, belle jeunesse, j’étais comme vous il y a bien des années, rempli de curiosité et de questions. Quand j’étais plus jeune, mon propre grand père m’a raconté qu’il avait pu s’y rendre une fois, il avait traversé plusieurs hauts cols pour l’atteindre. Ils étaient guidés pas un mage, car seul eux sont capable de vous emmener jusque là bas.
- Si nous vous montrions une carte, est ce que vous pourriez nous montrer l’endroit selon les souvenirs de votre grand père ? Demanda le diplomate.
Le père Manda se mit à réfléchir avant d’hocher lentement la tête.
- Je pense.
Le jeune homme se tourna vers Patinil, sans lever le visage, elle fouilla dans sa sacoche et elle en sortit une carte. Ekart s’en saisit et il la déplia devant leur interlocuteur pour qu’il puisse la voir complètement. Le Père Manda chercha à se repérer, trouvant l’emplacement de son village, puis il indiqua une zone montagneuse qui ne comportait aucune indication.
- C’est par là, d’après ce que je me souviens ils sont passés par ici et par là, reprit le vieil homme.
Nerissa Handaé regarda par dessus l’épaule du jeune homme.
- Ce n’est pas une route très facile.
- Alors là c’est sûr, fit le berger, sans un guide c’est même presque impossible. Mais je vous répète je ne peux rien vous promettre, je n’ai aucune preuve à vous fournir.
- C’est déjà beaucoup pour nous, répondit Ekart, pour mener à bien notre projet c’est dans cette cité que nous pourrons trouver les personnes qui nous renseignerons sur la magie et nous aiderons à en savoir plus.
- Merci pour votre aide, fit Mel avec enthousiasme.
Le vieil homme se leva alors de son banc et marcha jusqu’à Patinil qui était restée un peu en arrière. Avec beaucoup de douceur, il caressa la joue de la jeune fille affectueusement.
- Le temps efface les douleurs de la vie, garde ton joli sourire jeune fille.
Patinil eut un mouvement de recul, mais la voix calme du vieil homme l’apaisa. Elle sentait la peau rude de sa main sur sa joue parcourut de cicatrices. Elle fit juste un hochement de tête mais elle préféra ne rien répondre, un peu chamboulée.
- Je dois vous laisser, fit Manda en se tournant vers les autres, je dois surveiller mes moutons.
- Merci, lança Ekart en s’inclinant, vos informations nous seront très utiles.
- Comme quoi, même un vieil homme peut encore aider malgré son grand âge.
Le berger se rendit à pas léger vers les arbres où il se trouvait au départ pour surveiller son troupeau comme il avait toujours fait depuis des années déjà. Les jeunes gens et la chef du village se mire en route de leur coté, ils reprirent la route en sens inverse pour redescendre vers les terrasses d’habitation.
Tout en marchant, Nessira Handaé secoua la tête en poussant une exclamation pleine de dépit.
- Vous voulez vraiment vous dirigez vers ces montagnes isolées pour suivre la piste d’une vague cité dont personne ne connaît vraiment l’emplacement.
- Oui, fit Ekart sans hésiter.
- Mais sans guide vous allez au devant de grands dangers.
- Elle a raison, reprit Mel, nous ne connaissons pas assez la montagne pour y aller sans une aide extérieure.
- Peut être pourriez vous nous aider encore une fois ? Demanda le jeune homme en affichant un sourire de circonstance.
Nessira Handaé fixa le diplomate.
- J’ai l’impression que tu commences à prendre de l’assurance avec moi, mais quelque par j’étais persuadé que tu allais me demander ce genre de chose.
Ekart ne put s’empêcher de se redresser en affichant un air supérieur.
- Je sais très bien cacher mes sentiments, ou montrer ceux que je désire.
La chef du village se tourna vers les deux jeunes filles derrière eux.
- Il est vraiment toujours comme ça ?
- Malheureusement, répondit Patinil, je me demande encore comment il fait.
Souriante malgré tout, la femme se mit à réfléchir tout de même à la demande formulée. Elle leva alors une main en poussant une exclamation de surprise.
- Mais évidemment, j’avais oublié cette personne, j’ai bien quelqu’un qui pourrait vous guider, mais j’ai besoin de lui parler avant, il doit revenir dans la soirée, je pourrais lui demander de vous accompagner.
- Merci de vos efforts, fit Ekart, nous sommes plus que jamais vos tributaires, et j’espère pouvoir rendre tout ce que vous nous offrez.
- Voilà, un peu de politesse et d’humilité ne fait jamais de mal à personne, lança la chef de village.
- De juste parole, enchaina Mel en s’esclaffant.
Le jeune homme hocha la tête, ne cherchant pas à avoir le dernier mot.
- Pour le moment, profitez de l’hospitalité de Grangorff, dit Nessira Handaé, un peu de repos en prévision de votre voyage ne peut que vous être profitable.
- Nous préparons aussi notre voyage ainsi, répondit l’écuyère.
- Les habitants et les marchands du village vous aideront, je passerais le mot pour que vous ne soyez pas arnaqué.
- Charmante attention, lança Ekart.
Ils poursuivirent leur route en continuant de discuter, malgré son coté renfermé, la femme espérait bien parvenir à aider ces voyageurs un peu rêveur. Mais intérieurement, elle souhaitait que ses jeunes gens viennent à bout de leur quête.
Le soir venu, Patinil était seule dans sa chambre, elle était vêtue d’une simple chemise de nuit. Elle regarda son image que lui renvoyait la glace, elle voyait la peau de son visage parcouru par les cicatrices du à la torture. Elle suivait du doigt leur tracée déchirant de leur couleur rouge la pâleur de son teint.
La jeune fille garda la main sur sa joue, là où la main du vieux berger s’était posée. Elle croyait encore sentir la peau rêche de l’homme sur son visage, ses paroles raisonnaient encore dans sa tête, garder son sourire, comment pourrait elle faire maintenant ?
Des coups furent frappés à la porte, la jeune fille sursauta sur place, son cœur battant la chamade. Elle saisit sa cape qui était posée sur le lit à coté, elle se couvrit immédiatement avant de répondre.
- Entrez.
Mel passa la porte et la referma derrière elle.
- Je viens voir si tu vas bien, demanda l’écuyère en souriant.
- Tu n’as plus besoin de venir ainsi, je vais très bien.
Elle afficha un grand sourire à son tour, mais elle resserra les pans de la cape qu’elle portait de manière incontrôlable. Mel remarqua son geste, la jeune fille comprit que son amie n’allait pas aussi bien qu’elle voulait bien lui dire.
- Devant moi, tu n’as pas besoin de te cacher, je t’ai soigné pendant de longues journées.
Patinil se retourna soudainement, Mel surprise se rapprocha de la jeune diplomate. Elle vit alors des larmes couler sur son visage. Comprenant pourquoi elle pleurait, l’écuyère n’en rajouta pas et la prit dans ses bras.
Elles restèrent de longues minutes ainsi, l’une rassurant l’autre. Mel sentait le corps de son ami secoué par les sanglots, ce visage de son amie, personne n’avait jamais du le voir, elle était la seule. L’écuyère se promit que si un jour elle devait douter de sa quête, elle grava dans sa tête ce moment là, pour lui redonner encore plus de courage de châtier une bonne fois pour toute l’Inquisition pour ce qu’elle avait fait.
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