Bonjour à vous ^^
Chevalier continue, la fic avance dévoilant les aventures de nos héros.
C'est au tour d'Oroky d'entrer dans en scène, il doit maintenant convaincre le reste du village de la place d'Onèan parmi eux.
Le groupe de sauvetage arrive à Paragahi, première étape pour découvrir la vérité sur la disparition.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 37
Arrivée et nouveau départ
Oroky reprenait lentement sa respiration, il avait réussi à faire le tour du village en un temps record. Réunir le conseil des anciens et toutes les personnes importantes du clan des Chênes noirs en une si courte période était un véritable exploit. Il savait que l’assemblée n’était pas en sa faveur, la plus part des personnes présentes affichaient leur hostilité flagrante.
Mais malgré tout, le shaman avait tout de même quelques appuis parmi les membres du clan. Il put s’en apercevoir quand un de ces vieux amis lui apprit que pendant qu’il réunissait les membres du conseil, Korahyn avait de son coté harangué ses partisans pour se battre contre le vieux koradji.
Loin de céder aux découragements et à la peur, Oroky n’était pas inquiet, il savait très bien que cet impétueux personnage allait préparer quelque chose après l’affront qu’il avait reçu. Mais il était jeune, et le shaman allait lui montrer que lui aussi pouvait encore se battre malgré son âge. Il voyait bien plus de chose qu’il ne voulait bien le montrer.
Le koradji pénétra dans la grande maison du conseil, la seule et unique battisse du village qui était construite pour traverser le temps et les générations. Chaque clan possédait ce genre d’endroit, décoré selon les origines du clan et les dons qui lui étaient propre. Les murs étaient en pierre et la charpente en poutre de chêne plus que centenaire, la couverture était faite de fagot d’herbes séchées.
Sur les murs, des sculptures en chênes représentaient les dieux et des paysages de forêts, grands artistes, les membres des Chênes Noirs étaient capables de créer des chefs d’œuvre avec le bois. A coté des sculptures trônaient des trophées de guerre et de chasse, des cranes d’ours et de bêtes monstrueuses côtoyaient des armes prises lors de batailles contre le Conglomérat.
Ce bâtiment était appelé la Maison des ancêtres, toutes les décisions les plus importantes étaient prises pour la tribu. En ce lieu chargé de souvenir par le poids des années, de ce que décidaient les anciens et les guerriers du village, dépendaient bien souvent de l’avenir de tout le peuple des koradjis. Des messagers partaient dans toute la forêt pour porter les nouvelles et les décisions prises lors des assemblées.
Oroky approcha de l’entrée et jeta un coup d’œil discret à l’intérieur de la Maison des anciens. Il comprit alors que le combat serait rude et sans merci suite à ces quelques observations. Des petites groupes de koradjis venus de tout le village étaient réunis pour discuter ensemble, certains à voix basse, d’autres en criant. L’atmosphère était électrique, et ce n’est pas Korahyn qui allait faire baisser la tension ambiante. Il était près de son siège avec ses plus virulents partisans, il continuait de lancer des diatribes acerbes pour mieux convaincre les personnes présentes.
Mais rien ne pouvait perturber le shaman, il avait des connaissances que peut d’entre eux possédaient, même parmi les anciens du village. Et surtout il savait soigner ses entrées quand il avait besoin, quelques ingrédients bien choisis feraient l’affaire. Il prit une profonde respiration pour clamer son esprit et aborder de la meilleure façon cette confrontation. Le vieux koradji ouvrit les yeux largement, affichant un sourire carnassier et se jeta dans l’arène.
Une explosion retentit soudainement, prenant tout le monde de court, une vive lumière envahit la salle comme un éclair dans un ciel sombre d’orage. La plus part des personnes présentes sursautèrent sous le coup de l’émotion, seul les plus anciens et le chef ne bougèrent pas, connaissant les petits tours du shaman.
Oroky sortit du nuage blanc, il affichait un visage sévère couvert de peintures tribales. Il faisait claquer sa cape en faisant chaque pas, frappant durement le sol de son bâton couvert de plumes et de bourses étranges.
Le vieux koradji s’avança avec détermination jusqu’au milieu de la pièce, faisant reculer les personnes présentes sur son passage. Les autres koradjis se mirent en place, les membres du conseil à le chef à leur place, et le reste des spectateurs sur les cotés et derrière le shaman.
D’autres personnes rentraient encore dans la grande bâtisse, rarement autant de monde n’était venu pour une réunion extraordinaire du conseil du village. Encore un signe pour Oroky que s’était le moment ou jamais de faire avancer son peuple.
Korahyn se tenait debout devant son siège, les anciens membres du conseil assit en arc de cercle de chaque coté. Le chef du village avait pris la place de son père que depuis une dizaine d’année, à la mort de celui-ci, il avait du attendre plusieurs années avant de lui succéder, jugé encore trop jeune.
Les membres du conseil des anciens étaient au nombre de six, trois hommes et trois femmes, élu par le clan pour leur sagesse et leur expérience. Oroky pouvait compter sur une bonne partie du conseil, amis de longues dates, il avait bien souvent sauvé leur vie ou celle d’un membre de leur famille.
A droite du siège du chef se trouvait Tilor l’Ancien, le membre le plus âgé, Arga, devenue aveugle à cause d’une maladie mais qui gardait toute sa sagesse, et Meikie sa sœur qui vivait avec elle. De l’autre coté, les deux premiers koradjis se nommaient Loroad et Dasia, marié depuis tant d’année que personne ne se souvenait de les avoir vus séparé.
Mais le shaman devait garder une personne à l’œil en particulier, le tout dernier membre du conseil : Mohuty. Le vieux koradji était buté et entêté, il l’affrontait bien souvent sur tous les terrains. Il connaissait assez son adversaire pour profiter des moindre de ses faiblesse pour lui faire perdre la face, surtout devant le conseil des anciens et tout le village réuni.
En venant se placer devant le conseil, Oroky fixa son adversaire le plus farouche. Comme il s’y attendait celui-ci lui renvoya son regard de défi, la joute allait pouvoir commencer.
Korahyn attendit que le silence se fasse de lui-même dans le grand bâtiment. Il prit alors la parole en premier comme le voulait la coutume ancestrale de la Maison des ancêtres.
- Nous sommes réunis aujourd’hui pour un conseil extraordinaire sur la demande du Shaman du clan des Chênes noirs.
Les regards se tournèrent vers le vieux koradji, mais celui-ci resta de marbre, attendant d’avoir la parole.
- Nous espérons maintenant qu’il s’explique sur la demande qu’il voulait exposer à nous tous, et j’imagine qu’elle est d’importance.
Le chef savait très bien pourquoi le shaman avait demandé ce conseil, comme beaucoup de personnes, mais il se devait de le laisser en parler en premier.
- Shaman Oroky.
- Merci Chef Korahyn.
Le vieux koradji fit un pas en avant et écarta les bras pour se grandir encore plus.
- Habitant des clans des Chênes noirs, membres du conseil, je vous ai réuni aujourd’hui pour faire suite aux événements qui sont arrivés.
Il fit quelques pas de plus, en faisant claquer son bâton.
- L’arrivée de ce jeune humain est l’augure que nous attendions depuis longtemps, comme le précédent humain qui est passé ici, qui n’était autre que son père.
Les murmures qui avaient commencé à naître s’étaient transformés en grondement de reproche et d’incompréhension. Les humains étaient leurs ennemis de toujours, et entendre dire qu’ils étaient maintenant le signe des Dieux, s’était bien trop pour eux. Le chef poussa un hurlement pour réclamer le silence, il reprit la parole ensuite.
- Quelles sont ses balivernes que tu nous racontes là ? Les humains sont nos ennemis, ils ne cherchent qu’à nous tuer et nous pourchasser dans nos foyers.
- Oui, coupa immédiatement le shaman, l’Inquisition nous chasse, mais tous les habitants du Conglomérat ne sont pas comme ça, Onèan Terrenoir l’a prouvé en risquant sa vie pour sauver des enfants de notre village.
- Ce n’est qu’un parmi tant d’autre, répondit le chef haineux, ils sont mauvais et nous devons les repousser pour éviter qu’ils ne viennent détruire nos maisons et tuer nos familles !
Des murmures d’assentiments lui répondirent, il savait très bien que la colère était ancrée dans son peuple.
- Il est vraiment étrange qu’un augure concerne un humain, renchérit Mohuty, la parole des Dieux est parfois ambigüe me semble t’il.
Oroky ne s’attendait pas à une attaque aussi directe de son adversaire. Avant de mieux s’expliquer, il décida de muselets cet ennemi en premier.
- Ancien Mohuty, je ne savais pas que vous étiez shaman vous aussi, auriez vous eu vent d’un message divin ? Je serais évidemment fort aise d’en connaitre la teneur pour suivre ses enseignements.
Le vieux koradji fixa avec haine le shaman, il venait de le piéger.
- Je ne pense pas être mieux placé que toi Oroky pour en décrypter la teneur, je n’ai pas été initié aux secrets et aux arcanes de la magie.
Mohuty dévoila ses dents en grognant, mais il se rassit, ne cherchant pas à avoir le dernier mot pour cette fois. Oroky se hâta de reprendre la parole pour ne pas perdre l’attention de tous, il n’allait pas laisser ce genre d’intervention faire capoter son plan.
- Il y a quelques temps un autre humain est arrivé dans notre village, il se nommait Rodéric Terrenoir, il maniait la magie ancestrale comme les chevaliers de l’ancien temps. La prophétie parle de leur retour qui sera le signe du début du renouveau de notre peuple.
Les anciens hochèrent alors la tête, même Mohuty malgré son animosité, cette vieille prophétie datait d’une époque révolue que beaucoup n’avait jamais entendu parler. Mais tout comme le shaman ils connaissaient le pouvoir de leurs dieux et de leur justesse, traversant les siècles.
Oroky venait de remporter une première bataille, Korahyn le comprenait bien et il serrait les dents. Le koradji n’avait même pas pu défendre son point de vu, l’intervention de l’ancien Mohuty qu’il pensait excellente l’avait totalement desservi.
- Nous sommes à l’aube de faire un grand pas pour notre peuple, reprit le shaman, voulez vous ignorer les signes que les dieux nous envoient ?
Les spectateurs se mirent à parler entre eux, les koradjis étaient un peuple superstitieux, ils ne désobéissaient pas à leurs Dieux. Pourtant, malgré ses craintes, Korahyn tenta une nouvelle attaque pour déstabiliser son adversaire.
- A ce que j’ai pu observer et entendre, cet humain ne pratique pas la magie, en quoi serait-il le signe de grands changements sans cela ?
Oroky sourit, une estocade de plus qui allait l’aider à se hausser un peu plus pour atteindre son but.
- Mais elle coule dans ses veines, dans son sang, c’est le fils de Rodéric Terrenoir, il a le même pouvoir, il faut juste lui apprendre à la contrôler.
- Des promesses, mais il n’y a aucune certitude.
- Le sang porte la trace des précédentes générations, comme le tien qui est baigné par le courage et la force de notre ancien chef.
Oroky avait fait mouche avec l’orgueil de Korahyn, son père était mort les armes à la main en défendant le clan. Il était devenu une légende pour les koradjis, une marque de courage et de respect. Le chef était dans l’impasse, il ne pouvait pas le contredire sur une chose qu’il aimait répéter pour imposer son autorité.
- Et comment pourrait-il apprendre la magie ? Demanda Tilor l’ancien.
Sa remarque fit acquiescer l’ensemble des membres du conseil, Korahyn sourit en pensant avoir une nouvelle arme contre le projet fou du shaman.
- Rien de plus facile, je suis là.
Des exclamations de surprise retentirent, le vieux koradji enchaîna sans laisser le temps à quelqu’un de réagir avant lui.
- Je lui apprendrais, mes connaissances sont bien largement suffisantes pour apprendre la magie à un humain. Quand bien même sa nature est différente de nous, le sang et son héritage combleront le vide qu’il pourrait y avoir. Je demande l’accord du conseil pour suivre la voie que les Dieux nous ont tracé.
La déclaration souleva de nouveau des murmures dans les spectateurs, le shaman savait qu’il était temps pour lui de conclure.
- Nobles anciens du Clan des Chênes Noirs, Chef Oroky, c’est à vous maintenant de choisir l’avenir des koradjis, soyez ceux dont on se souviendra comme les héros qui ont prit cette décision pour le bien de tout un peuple !
La déclaration forte et puissante du chaman frappa le conseil de plein fouet, le chef faillit retomber sur son siège sous le coup de la surprise. La foule présente dans la Maison des ancêtres ne parlait plus, abasourdi par la diatribe.
Tous les regards se tournèrent alors vers l’estrade, les anciens se consultaient du regard, échangeant des paroles à voix basse. Mohuty n’était visiblement pas d’accord avec la déclaration du shaman, ses paroles sonnaient avec l’accent de la colère. Les autres avaient le visage penché, rempli d’une réflexion à laquelle ils ne s’attendaient pas.
Les délibérations étaient parfois longues, elles pouvaient même durer pendant plusieurs jours d’affilé sans que rien ne ressorte. Mais il s’agissait là d’une assemblée extraordinaire, demandée en urgence, les membres du conseil devaient donc prendre une décision rapide.
Les palabres durèrent de longues minutes pendant lesquelles Oroky parvenait à maitriser son sang. Il affichait bien un calme parfait, mais dans sa tête une multitude de questions venait s’inviter dans ses pensées. Il ne doutait pas du chemin qu’il était entrain de prendre, mais plutôt de sa capacité à réussir ce qu’il voulait entreprendre.
Enfin, les membres du conseil se retournèrent pour faire face au shaman qui n’avait pas bougé. Korahyn était renfrogné, comme à son habitude, assis sur son siège, il fixait l’espace droit devant lui. Tilor l’Ancien, le plus âgé de tous, prit la parole pour donner le contenu des délibérations de l’assemblée.
- Nous avons du réfléchir rapidement à ta demande, il est difficile de savoir si nous prenons la bonne décision en si peu de temps.
Le vieil homme prit une nouvelle inspiration avant de continuer.
- Shaman Oroky, le conseil des anciens vous autorise à apprendre la magie à ce jeune humain, puissions nous ainsi découvrir la véritable destinée que les Dieux souhaitent nous voir prendre.
Un grand murmure d’étonnement et de surprise parcourut la foule des spectateurs, ils venaient assurément de voir un important bouleversement pour le clan et pour tous les koradjis. Un humain allait être initié aux secrets de la magie, venant du Conglomérat.
Le shaman avait remporté cette bataille, il était parvenu à ses fins sans pour autant se mettre en but aux lois de son peuple. Mais il devait également penser à la fierté de son chef qui venait d’être désavoué, il ne voulait pas que son autorité soit remise en doute.
- Je vous remercie membres du conseil, Chef, votre décision sera le renouveau de notre peuple, un nouveau départ pour nous tous et ça grâce à vous.
Le shaman s’inclina devant le conseil avec respect, Korahyn se redressa, il sortait de cet affrontement perdant, mais il gardait la tête haute malgré tout. Le koradji regarda le shaman avec respect, bien que vainqueur il lui avait donné l’opportunité de conserver son autorité. Le vieux Oroky était bien plus rusé qu’il y paraissait.
La maison des ancêtres se vida tout doucement, les groupes de villageois discutaient tout en marchant. La silhouette vociférant de Mohuty fendait la foule, pas un seul ne voulait se trouver face à lui quand il était dans cet état.
Les discussions reprirent après le passage de l’ancien, elle avait toute le même sujet, l’assemblée et la décision qui venait d’être prise. L’existante de la magie n’était pas un secret pour les koradjis, des clans l’utilisaient même fréquemment. Le shaman des Chênes Noirs était le seul à la pratiquer ici mais il était connu pour être un des plus puissants. La nouvelle qu’un humain, l’un de leurs ennemis, allait apprendre la magie avec ce maître mettait tout le monde en émois. La forêt serait bientôt parcourue de messagers portant la nouvelle à tous les autres clans alentours.
De son côté, Oroky attendait patiemment que la salle se vide, il n’aimait pas la foule et la bousculade et il préférait rester où il était pour le moment. Korahyn s’approcha de lui, il n’y avait plus de colère sur son visage, mais plus de l’incompréhension et de la stupeur.
- Félicitation, fit il rapidement.
Le vieux koradji se retourna vers lui.
- Merci, même si c’est inutile, je ne prends pas de plaisir à devoir t’affronter.
La réponse était directe mais elle était franche, Korahyn appréciait le vieil homme pour cela.
- Je suis trop impulsif je le sais bien, mais les humains nous ont apporté seulement le malheur et la destruction, j’ai du mal à me contrôler à leur seule vue.
- Je sais ce que nous endurons tous les jours, vivre dans la peur d’une attaque de l’Inquisition et défendre son foyer coûte que coûte. Mais les dieux m’ont prévenu que de grands changements allaient bientôt arriver, et que l’instigateur sera un voyageur venu de loin.
- Et pourquoi lui en personne ? Demanda le chef du clan. Des voyageurs il y en a bien d’autre, comme le précédent chevalier il y a quelques années.
Oroky sourit.
- J’ai envi de te dire que je me suis laissé guider par mon instinct, mais aussi par les derniers mots d’un père prononcés pour son fils.
Korahyn secoua la tête en soupirant.
- J’ai cru pouvoir de combattre par les mots, j’ai bien l’impression que ce terrain n’est pas le plus évident pour venir à bout de toi.
- Tu es encore jeune, l’expérience s’acquiert avec le temps. Dés qu’Onèan sera remis, je compte commencer son entraînement en dehors du village.
Le chef fit la moue, mais le shaman le remarqua tout de suite et enchaîna.
- Ne t’inquiète pas, je prendrais Anya avec moi en plus pour le surveiller, j’ai des projets également pour cette jeune fille, est ce que cela te va ?
- Tu as réponse à tout à ce que je vois.
Oroky se mit à rire, il salua le chef une dernière fois et sortit de la salle à son tour. Les anciens en profitèrent pour lui parler mais le shaman ne les écoutait à peine, il avait tant de chose à préparer et tout ce le rendait presque fébrile.
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Paragahi, bien que plus petite que Manilaus la capitale du Conglomérat, démontrait sa force avec ces remparts imposants munis de tour de garde. Lynaïs et ses compagnons se sentaient petits face à la grandeur des fortifications. Brom était le plus impressionné, lui qui n’avait jamais quitté son village il allait de surprise en surprise.
- Pourquoi de si puissantes défenses ? Demanda le jeune forgeron.
- D’après ce que je sais, c’est un ancien grand bastion des chevaliers qui sait grandement développé, répondit Lynaïs.
- Un siège aurait tôt fait de faire tomber cette ville comme un fruit trop mûr, lança Karez, les humains sont vraiment stupides de s’enfermer dans une cité les uns sur les autres.
Du dégoût pointait dans sa voix, l’elfe ne comprenant pas pourquoi les gens du Conglomérat se réunissaient dans les villes.
- Tu sous-estimes les chevaliers protecteurs, lança l’archère, ils sont de très bon soldats qui ne laisseront pas une ville tombée ainsi.
L’elfe haussa les épaules.
- De toute façon, ça ne change pas moins de vue sur ce genre de cité, elle est bien trop grande et trop bruyante à mon gout.
- Pour une fois je suis d’accord avec toi Karez, répondit Brom.
Le jeune homme appréhendait un peu de se retrouver dans un tel environnement.
- Ecoutez, restons bien ensemble, reprit Lynaïs, ne restons pas ici sans bouger.
Leur groupe arriva à l’une des entrées de Paragahi, les gardes de la ville les arrêtèrent immédiatement pour les contrôler. Ils ne passaient pas inaperçus, deux jeunes gens accompagnés par deux elfes étaient rares par ici. Les jeunes gens durent montrer leur papier pour pouvoir avancer, le brevet de maître archer que possédait la jeune fille était un sésame qui ouvrait une bonne partie des portes.
Elifain remarqua un homme en armure à l’arrière des gardes, il avait la tête baissée appuyé contre le mur. Elle se figea en le décrivant du regard, il paraissait jeune et pourtant sa posture montrait un homme fatigué et sans force. Elle sentait sa tristesse sans avoir besoin de lui parler, la jeune fille se pencha vers Lynaïs à coté d’elle.
- Regarde cet homme là bas, je perçois le chagrin qui habite son cœur jusqu’ici.
La jeune fille regarda dans la direction que lui indiquait son ami. Elle remarqua ce chevalier en armure, il ne semblait pas à sa place ici. L’homme regardait les gens qui passaient avec un détachement complet, se moquant bien de sa garde.
- J’ai une drôle d’impression, fit elle avec lenteur.
- Tu sens aussi sa tristesse ?
- Non, ce n’est pas ça, je crois que je le connais, et pourtant je ne parviens pas à me souvenir.
- En tout cas, lança Elifain, je ne pensais pas que les chevaliers du Conglomérat pouvait être aussi morose.
- Il reste des hommes comme tout le monde, répondit son amie, mais c’est étonnant je dois avouer.
- Et bien vous venez ?
L’appel de Karez leur rappela la présence des deux jeunes hommes qui les attendaient pour pénétrer dans la cité. Ils se mirent en route dans les grandes artères qui menaient directement vers le quartier des marchands et de toutes les auberges qui accueillaient les voyageurs de passage dans la ville.
Les habitants se retournaient à leur passage, ils discutaient en les fixant du regard. Les deus elfes ne se sentaient pas bien au milieu de cette foule, Lynaïs et Brom le comprenaient. Il n’y avait pas tant d’hostilité que cela dans les yeux des passants, mais une curiosité exacerbée et un sans-gêne flagrant.
La jeune fille repéra enfin une auberge acceptable qu’un voyageur lui avait indiquée sur la route. Sans attendre, elle dirigea immédiatement le petit groupe vers elle. Le patron de l’établissement les fixa quelques instants, mais la couleur de l’or le fit changer d’humeur tout de suite.
Les voyageurs prirent deux chambres, une pour les filles et l’autre pour les deux garçons. Une fois installés et leurs affaires mis à l’abri, les quatre jeunes gens se réunirent à une table dans la salle commune.
- Maintenant nous voilà à Paragahi, que faisons-nous à présent ? Demanda Brom.
- Nous sommes à l’endroit où la piste d’Onèan commence, répondit Lynaïs.
- Et tu comptes la remonter comment ? Fit Karez, très septique.
- C’était une opération militaire, c’est donc normalement là bas que nous trouverons les premiers indices.
L’archère avait réfléchi à cette question depuis quelques jours alors qu’ils approchaient de la cité. Elle manquait de préparation mais elle est pleine de courage et de détermination.
- Tu crois vraiment qu’ils ne donneront les indications en leur demandant poliment, ironisa Karez.
- Je ne suis pas idiote, jamais ils ne me permettront d’en savoir plus, surtout que le lieu est la forêt de Veraï. Non j’ai une autre idée, je vais essayer d’entrer en contact avec des écuyers. Ils connaîtront sûrement Onèan et ils pourront nous aider à trouver un début pour nos recherches.
L’elfe s’adossa au dossier de son siège.
- Oui, pourquoi pas, votre ami a l’air d’être quelqu’un qui s’entend avec tout le monde, nous trouverons bien l’un de ses camarades.
- En le connaissant, c’est même sûr renchérit, Brom.
Karez croisa les bras sur sa poitrine.
- Par contre, nous n’allons pas être particulièrement utiles, les soldats ne laisseront jamais des elfes approcher de leur garnison.
- Je pense bien que oui, répondit Lynaïs.
Elifain poussa un grognement d’énervement.
- Oh non, je veux visiter la ville moi, rester enfermée ici pas question.
- Il faut te faire une raison, répondit Karez, le repos est obligatoire et fortement recommandé.
- Pantouflard !
Lynaïs se leva alors.
- Mettons nous au travail tout de suite, nous allons avoir besoin de temps pour approcher le secteur des écuyers.
- Oui, renchérit Brom, et plus vite nous aurons les indices, plus vite nous quitterons cette ville qui est bien trop grande.
Elifain affichait une moue boudeuse, alors que son compagnon s’étirait sur sa chaise, pas mécontent de pouvoir profiter d’un peu de tranquillité. Laissant les elfes se reposer à l’abri des regards, les deux amis quittèrent l’auberge et ils se dirigèrent vers le quartier des militaires.
Comme à l’entrée de Paragahi, le métier de Lynaïs lui permit de passer le premier barrage et d’entrée dans le quartier militaire. L’agitation n’était pas aussi grande que de l’autre coté de la muraille, mais des groupes de soldats de toutes les corporations.
Deux hommes en livré noir apparurent dans la rue, l’archère se tendit en les voyant avancer vers eux. Ils passèrent sans arrêter à coté des jeunes gens non sans laisser à la jeune fille un frisson dans le dos.
- Pourquoi as-tu réagi ainsi ? Murmura Brom.
- Ces hommes étaient de l’Inquisition, se sont eux nos ennemis, il faut s’en méfier tout particulièrement.
- Ce n’est pas en faisant une tête aussi effroyable que tu as faite à l’instant que tu pourras passée inaperçue.
- Je dois mieux me contrôler, poursuivons notre route.
Les deux jeunes gens prirent soin de ne pas les gêner dans leurs exercices. La prudence et la discrétion étaient leur meilleur atout pour ne pas attirer l’attention. Ils cherchèrent le donjon des chevaliers, ils le découvrirent en suivant deux hommes en armure qui discutaient. L’entrée était gardée, et ils ne pourraient pas passer cette fois.
- Et maintenant, murmura Brom.
- Je ne vois pas comment nous pouvons entrer sans passer par la porte, mais ils ne nous laisseront jamais entrer sans un motif valable.
- Et c’est maintenant que tu t’en aperçois ?
- C’était un peu la faille du plan, réfléchissons un peu nous allons trouver une solution, j’en suis persuadée.
Les deux jeunes gens continuèrent à observer le bâtiment, sans se rendre compte que quelqu’un arrivait sur eux.
- Et vous deux, que faites vous là ? Demanda l’homme les poings sur les hanches.
Ils se retournèrent d’un bloc, ils se trouvaient face à un chevalier en armure. Lynaïs se rendit compte que se n’était pas n’importe quel homme, s’était celui qu’elle avait remarqué à la grande porte d’entrée de l’enceinte de la cité.
- Je suis Sir Nartero Chevalier Protecteur, je voudrais bien savoir en quoi ce bâtiment vous intéresse t’il ?
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