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Jeudi 31 mai 2012, 17:30


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 38 - Le guide.

Bonjour à vous ^^

La montagne ça vous gagne XD En tout cas, elle permet à Ekart, Patinil et Mel à découvrir les secrets de la magie.
Ils vont découvrir leur guide qui les mènera vers cette mystérieuse ville où la magie est reine. Mais est ce un piège tendu par l'Inquisition ?

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 38
Le guide


Les nuits dans les montagnes sont courtes, dormir dans un lit confortable est la meilleure manière de la laisser passer. Avec le lever du jour, l’animation dans le village de Gangorff renaissait, les gens sortants des maisons pour se rendre à leur travail.
Malgré le froid, les habitants n’hésitaient pas à braver le vent et les températures glacées sans se départir de leur sourire. Parmi les personnes qui se trouvaient en dehors en dépit de l’heure tardive, les voyageurs venus de la forteresse allaient prendre le départ pour un nouveau périple dans les montagnes.
La petite troupe s’était réunie sur le chemin qui menait en direction du rempart qui protégeait le village des attaques extérieures. Un peu plus en contrebas, le terrain permettait une meilleure défense en cas d’envahissement par un ennemi. Il faisait gagnait un peu plus de temps aux villageois pour évacuer la bourgade.
Pour le moment, les membres de l’expédition diplomatique patientaient en resserrant les pans de leur cape. Le poney était déjà chargé, près pour la longue route qui les attendait. Les soldats restaient stoïques, habitués à ces départs matinaux et rapides. Tyuro s’approcha de Mel pour lui parler.
- Nous sommes près à partir, qu’attendons-nous encore ?
- Notre guide, promis par Nessira pour aller au cœur des montagnes.
- Pour aller vers cette cité perdue …
Il y avait du mépris dans la voix du soldat.
- Je sais que cette histoire ne vous plait pas.
- Ce n’est pas seulement cela, mais nous parlons là d’une légende, personne ne peut nous assurer qu’elle existe !
- Depuis le départ, après quoi courrons-nous ?
La question surprit le sergent qui fixa l’écuyère.
- Je ne vois pas ce que vous voulez dire ?
- Et bien, nous avons des pistes, des indices, de vagues idées, alors pourquoi ne pas continuer ainsi.
Caner Tyuro laissa échapper un soupir amusé.
- J’espère seulement que tout cela ne va pas nous mener vers des ennuis encore plus grands.
- Pire que l’Inquisition, peut être ?
- Fort possible dans cette zone dont personne ne connait vraiment la géographie.
Les paroles du soldat étaient lugubres, mais Mel ne se laissa pas emporter par le défaitisme de l’homme. Elle avait comprit que derrière son coté très sombre, elle pouvait compter sur lui en cas de problème. Les deux diplomates discutaient ensemble en échangeant des documents sur les notes qu’ils avaient prises la soirée d’avant. Ils ne semblaient pas gênés par le vent, couvrant les parchemins pour ne pas qu’ils s’envolent.

Le groupe attendait ici à la demande de la chef du village de Grangorff, elle devait ramener le guide pour leur prochaine étape. Ils ne l’avaient encore jamais rencontré mais la femme leur avait assuré qu’il était de confiance.
Enfin après une petite attente, deux personnes apparurent, venant du village tout près. La première était Nessira Handaé, l’autre était sûrement le guide, avec une démarche étrange. Les voyageurs écarquillèrent les yeux en découvrant un personnage auquel ils ne s’attendaient pas à découvrir.
L’homme était assez âgé, ne ressemblant pas vraiment à l’image qu’ils s’étaient faits de lui. D’une petite taille, il s’appuyait sur un bâton de marche noueux. Il était frêle et portait une simple tunique de tissu grossier, une grande cape verte et un chapeau de feutre surmonté d’une plume complétait l’étrange apparence de l’homme.
Son visage était parcouru de quelques rides, en particulier autour des yeux et sur les tempes. Le regard sombre, il n’avait pas l’apparence jovial des montagnards, il ressemblait plutôt à un bandit de grand chemin avec les cheveux longs et gris retenus par un bandeau en tissu.
Patinil et Mel se regardèrent, très surprises, Caner Tyuro s’était renfrogné presque à l’instant où il n’avait aperçu. Ekart afficha un visage souriant, même s’il ne savait pas vraiment à quoi s’attendre avec cet étrange personnage. La chef du village s’avança vers eux de sa démarche volontaire, le port de tête bien droit.
- Je vous ai ramené la personne qui peut vous emmener là bas, n’ayez aucunes craintes il est très fiable.
- Nous vous faisons confiance, il va sans dire, répondit le diplomate en la saluant à son arrivée.
La chef esquissa un sourire.
- Tant de belles paroles de si bon matin, c’est trop. Maître ? Appela-t-elle en se retournant.
L’homme lança une exclamation rageuse.
- Il était temps, merci Nessira, je m’appelle Maître Hannero, je vous emmènerais là vous voulez aller. Je vous arrête tout de suite, je fais ça uniquement pour Nessira à qui je devais une faveur.
Le guide était direct et il entendait se faire comprendre.
- Pour le voyage, reprit-il, la zone que vous voulez atteindre est loin d’être particulièrement accessible et surtout elle n’est peu connue, même pour moi.
Il se mit à réfléchir.
- Je connais quelques vieilles routes qui pourraient très bien faire l’affaire, mais évidemment devant de telles difficultés le montant de la prime sera d’autant plus grand.
Ekart comprit alors où il voulait en venir.
- Bien sûr vous serez payé en conséquence, une moitié maintenant et l’autre quand nous serons de retour sur place.
- Plus malin que je ne le pensais ces citadins, je suis d’accord, quarante pièces d’or tout de suite, la même somme quand je vous ramènerai ici.
La somme était importante, les deux diplomates se regardèrent pour se mettre d’accord. Ils avaient une bourse sur eux pour couvrir les frais de voyage, leur argent allait être amputé d’une bonne partie.
- Si nous disions trente pièces d’or ?
- Tu me prends pour qui gamin, je dois vivre moi.
- Bon alors trente cinq et je ne reviendrais pas sur le montant, proposa Ekart.
- L’affaire est entendue alors.
Les deux hommes se serrèrent la main pour sceller leur accord. Mel se pencha vers Patinil à ses cotés.
- Vous avez une telle somme d’argent sur vous ?
- Et même plus, mais garde le pour toi s’il te plait je ne voudrais pas que ça s’ébruite, lui répondit la jeune fille à voix basse.
Le vieil homme fit claquer sa canne sur le sol.
- Bon en avant, profitons que le temps est à peu près bon pour avancer, nous ne savons pas si nous aurons la chance d’avoir ce temps là tout au long de notre voyage.
Le guide se mit en marche d’un bon pas, qui dénotait avec son apparence frêle.
- Vous devriez le suivre, il est plutôt rapide et pas très patient quand il guide des groupes de voyageurs, fit remarquer la chef du village de Grangorff..
- Vu le caractère qu’il nous a montré, je vous crois, répondit Mel, portez vous bien Nessira, et merci.
Les soldats la suivirent après un dernier salut au chef du village qui leur rendit en souriant. Les deux diplomates s’arrêtèrent à la hauteur de Nessira.
- Merci pour votre aide, fit Patinil en s’inclinant légèrement.
- De rien, mais faite bien attention la route ne sera pas de tout repos.
- Nous reviendrons ici à notre retour, lança Ekart, au revoir Maîtresse Handaé.
La femme soupira.
- Toujours sans gène à ce que je vois.
Les deux jeunes gens rattrapèrent leurs compagnons de route pour quitter le village. Le portail s’ouvrit avec un grincement, le voyage pouvait commencer.


Une nouvelle rafale de vent souleva la couverture qui protégeait l’entrée, laissant l’air glacé pénétrer dans la grotte. Mel se jeta sur celle-ci aidé par un soldat pour la remettre en place. Ils s’étaient réfugiés dans une petite grotte depuis quelques jours, une tempête s’était abattue sur eux. De la pluie glacée mêlée à de la neige tombait sans arrêt et sortir dans ces conditions étaient tout bonnement suicidaire.
Tout le monde tentait de patienter comme ils pouvaient, mais être enfermé dans un espace clos comme celui là n’était pas simple. Il n’y avait eu pour l’instant aucun conflit mais les disputes pouvaient éclater à tout moment tant l’atmosphère était lourde.
Mel se rassit près d’Ekart et de Patinil qui travaillaient sur leur quête.
- La tempête n’a pas l’air de se calmer.
- D’après notre guide, un tel temps peu durer une semaine parfois, répondit Ekart.
Un silence lourd suivit sa réponse, l’écuyère reprit la parole.
- Allons, je suis persuadé que le temps repassera au beau demain au plus tard.
- Espérons-le, dit Patinil, nos provisions sont limitées.
Le groupe était parti de Grangorff depuis une semaine déjà et ils avaient eu nombres d’embûches. Deux jours après leur départ, un éboulement avait manqué d’emporter l’arrière de la colonne, le poney les sauva, sentant le danger il avait tenté de s’emballer les obligeant à s’éloigner.
Les sentiers devinrent abrupts, les pierres roulant sous les pas manquant de faire glisser les hommes et la bête de bât. L’écuyère et les soldats de la forteresse parvenaient à suivre le rythme imposé par le guide.
Au contraire, les deux diplomates venus de Manilaus, peu habitué à de telle marche, sentirent la fatigue leur couper peu à peur leur moyen. Chaque pause était accueillie avec un concert de soupirs de soulagement, même le sol le plus dure pouvait se transformer en une couche aussi douce qu’un lit moelleux.
Pourtant, avec les jours, même les soldats commençaient à sentir la fatigue les envahir à leur tour. Dewon Loter se tordit une cheville sur un rocher qui se déroba sous son pied, Caner Tyuro le rattrapa de justesse avant qu’ils ne tombent dans le précipice.

Enfin depuis hier, le temps avait changé subitement une terrible tempête avait débuté, laissant tomber des trombes d’eau glacées sur le groupe. L’expédition avait été stoppée nette, par chance le guide connaissait un bon abri dans ces montagnes, une grotte salvatrice permit à tous de se mettre hors de portée des bourrasques mordantes.
Ekart s’étira en s’adossant contre la paroi de pierre.
- Je n’en peux plus d’attendre, je déteste rester en place comme ça.
- Avons-nous le choix, répondit Patinil, avec ce temps c’est impossible d’avancer.
Le jeune homme se pencha vers les deux jeunes filles.
- Avez-vous ressenti le changement de temps ?
- C’est vrai qu’il n’y avait pas de signe avant coureur, reprit Mel, mais je suis dans les montagnes depuis quelques temps et parfois le temps peut changer très vite.
Elle se tourna vers le sergent qui se trouvait non loin d’eux.
- Tyuro, avez-vous déjà vu une tempête pareille ?
- Dans ses montagnes, tout est possible, répondit le soldat d’une voix calme et posée.
L’écuyère se rassit en direction de ses amis.
- Vous voyez, nous sommes dans une région pleine de surprise.
- Tout de même, reprit Ekart, je trouve ça étrange.
- Je dois admettre que la situation est étonnante, répondit Patinil, il y a des signes normalement, le vent qui tourne juste avant par exemple, ou alors les nuages qui deviennent menaçant, mais là il n’y avait absolument rien, tout était normal.
- Voilà, c’est exactement ce que je voulais dire, il y a trop de circonstances exceptionnelles pour que se soit normal, lança le jeune homme.
- Où veux-tu en venir ? Demanda la diplomate en le regardant.
Il sourit.
- Tu te souviens de ce qu’avait dit le vieux berger, la cité est protégée par la magie et j’ai bien l’impression que nous en avons là l’exemple de cette protection.
La surprise de ses deux amies laissa place rapidement à la réflexion, l’idée n’était pas si mauvaise qu’elles ne l’auraient cru.
- Mais alors que pouvons nous y faire ? Demanda Mel.
- Pour le moment attendre, mais j’ai une petite idée, fit Ekart, énigmatique.
Il se tut, laissant les deux jeunes filles dans l’incompréhension complète. Mais le sourire de leur ami en disait long sur la certitude qu’il avait sur son projet secret. Le campement replongea dans le silence, seul le changement des gardes à l’entrée de la grotte rythmait le temps.
Une autre nuit et un autre jour passèrent sans que le temps au dehors ne change, les rafales fouettaient la couverture qui protégeait l’entrée sans relâche.
Enfin, les étoiles apparurent entre les nuages et le vent retomba doucement, ne soufflant plus qu’en une petite brise légère. Le guide vint voir les trois jeunes gens.
- Demain nous pourrons repartir, mais je pense qu’avec nos réserves de nourriture nous devrions rentrer à Grangorff.
Ekart s’empressa de répondre avant que l’une des jeunes filles ne le fasse.
- Nous pouvons encore continuer, nous n’avons pas atteint la zone que nous voulions voir.
- Vous savez une autre tempête pourrait arriver, répondit Maître Hannero.
- Nous sommes dans la belle saison, je voudrais que nous poursuivions.
Le vieil homme le fixa un instant, puis il finit par pousser un juron.
- Bas de toute façon, vous n’en faites qu’à votre tête, très bien nous poursuivrons dans la direction que vous m’avez demandée.

Ils se remirent en route le lendemain en faisant attention à la route, les chutes de neige et de pluie avaient rendu les pierres glissantes. Le soleil de retour, l’expédition eue la chance de découvrir une ancienne route que même le guide ne semblait pas avoir souvenir. Ekart restait en tête hocha la tête en souriant, son pressentiment était plus fort que jamais, mais il mettait son plan à exécution, disparaissant de temps en temps sans rien dire.
Les voyageurs marchèrent rapidement et ils firent même un bond sur la carte, atteignant enfin la zone inconnue que les diplomates souhaitaient voir. Il n’y eu aucun incident venant contrarié leur visite, mais le guide devenait de plus en plus nerveux. Le vieil homme bougon était devenu irascible, il parlait tout seul en faisant de grands gestes.
Le campement fut dressé à l’abri du vent contre une paroi, le guide s’était un peu isolé des autres. Les trois jeunes gens étaient ensemble près d’un maigre feu, Patinil secoua reposa un petit carnet.
- Je ne sais pas si la décision de continuer et la bonne, nos réserves sont faibles.
Le jeune homme se contenta de sourire.
- Ne t’inquiète pas, je pense que nous sommes beaucoup plus proche que vous pensez.
- Mais comment peux-tu en être si sûr ? Demanda-t-elle.
- Tu verras.
- Et pourquoi tu pars sans rien dire ? Où vas-tu ?
- Pour le moment je ne peux rien te dire, je t’expliquerais tout bientôt.
Une fois encore, il n’en ajouta pas plus, Mel et Patinil commençaient à trouver ses sourires plutôt agaçants mais que pouvaient elle y faire de plus.
Le lendemain, l’expédition se remit en route, sous les commandes du guide qui s’arrêtait souvent pour chercher sa route. Ekart observait son petit manège avec attention, cherchant à déceler le vrai du faux.
- Ekart, murmura Mel, pourquoi tu l’observes comme ça ?
- Je me renseigne.
La réponse énigmatique du jeune homme laissa l’écuyère sans comprendre. Le diplomate s’éclipsait souvent, sans que ces compagnons comprennent réellement pourquoi. Maître Hannero lui était inquiet de le voir ainsi disparaître, il ne pouvait pas le suivre sans échapper à l’attention des autres membres de l’expédition. La situation était devenue incontrôlable pour le guide, mais lui aussi avait des cartes à jouer.
Un grand fracas retentit dans la montagne, proche de leur position, les arrêtant net, le vieil homme sourit sous sa capuche à l’abri des regards.
- Un éboulement dans les sommets je suppose, lança Maître Hannero à la question muette des autres proches de lui.
- Heureusement nous n’étions pas là bas, renchérit Caner Tyuro.
- Tu as raison mon gars, mais je ne pense pas que la route soit intact.
Comme pour faire échos aux paroles du guide, quelques pas plus loin, la route était devenue une montagne de rochers infranchissables.
- Je m’y attendais, nous ne pouvons plus passer.
Les membres de l’expédition regardaient le mur de pierre, impuissants.
- Et je parie que c’était la seule route, lança ironiquement Ekart.
- Par ici jeune homme, la montagne est traîtresse et je peux t’assurer que les chemins sont rares, et donc oui ce col était le seul praticable.
Mel donna un coup de pied dans une pierre au sol.
- Nous voilà bien avancé, nous n’avons plus qu’à retourner à Grangorff
- Je ne crois pas, lança Ekart.
Il se plaça devant le guide, les poings sur les hanches.
- Qu’est ce que tout cela veut dire ? Demanda Maître Hannero, sur la défensive.
- Ekart, calme toi il y a eu un éboulement, il n’y peut rien ! Fit Patinil.
Le jeune homme sourit.
- Je pense au contraire qu’il sait beaucoup de chose, étant donné que cela fait deux jours que nous tournons en rond sans vraiment avancer !
Le vieil homme qui était resté stoïque prêta une oreille plus attentive au discours, un peu plus tendu.
- Mais comment peux-tu affirmer ça ? Demanda Patinil. Tu ne connais pas la montagne.
- Oh non je ne la connais pas, mais à chaque fois que je m’éloignais je faisais des observations du paysage, en notant la position des sommets que je voyais. J’avais un drôle de pressentiment, et je me suis rendu compte que nous tournions en rond, les mêmes montagnes nous entourent depuis deux jours.
Cette fois le guide regardait fixement le diplomate, il ne répondait toujours pas. Les autres membres de l’expédition ne savaient pas trop comment réagir, Caner Tyuro s’était rapproché du guide, au cas où celui-ci chercherait à fuir. Même si le soldat n’avait pas remarqué lui-même la supercherie, il savait le jeune homme était très intelligent et qu’il ne parlait pas pour ne rien dire.
- Je n’ai absolument rien vu, lança Mel, pourtant je suis en poste dans cette région depuis quelques mois.
Les autres soldats se regardèrent à leur tour, eux même dans ces montagnes depuis quelques années ne l’avaient pas remarqué. Ekart fit un sourire plein de fierté en fixant le vieil homme à son tour.
- Notre homme est habile, il a fait en sorte de prendre toujours un chemin différent à chaque fois, et ainsi impossible de démasquer la supercherie.

Maître Hannero se redressa alors, ils remarquèrent pour la première fois qu’il était plus grand qu’il en avait l’air. Le vieil homme sourit en regardant le diplomate.
- Tu es vraiment intelligent, tu es le premier à réussir à percer mon petit manège, Sedenta eventara !
Il disparut soudainement et réapparut quelques mètres plus loin, hors de porté des armes des soldats. Les jeunes gens comprirent tout de suite qu’ils avaient à faire à un magicien qui cachait son apparence pour circuler parmi les gens des villages.
- Vous êtes un mage, lança Patinil.
- Bien vu jeune demoiselle, et je ne m’attendais pas à devoir dévoiler ma vraie nature à vos yeux.
- Vous saviez très bien que vous nous recherchions, reprit la diplomate, pourquoi ne pas vous être présenté tout de suite.
- Je ne suis pas là pour prendre de tels risques, aurais-tu oublié le danger qui nous entoure ?
Profitant de l’échange, Mel donna des ordres silencieux, et les soldats se déployèrent lentement en éventail pour encercler la position du vieil homme. L’écuyère resta à droite de Patinil et Ekart de l’autre coté.
- Vous n’avez pas besoin d’en faire tant, lança soudain le mage, j’ai remarqué vos déplacements messieurs
Les guerriers stoppèrent leur progression, ils étaient découverts, il était donc inutile de tenter de se rapprocher plus encore. Mais les soldats ne changeaient pas de position pour autant, ils n’hésiteraient pas à charger en cas d’ouvertures.
- De toute façon je vais devoir vous effacer la mémoire, j’en suis désolé mais vous ne pouvez pas aller plus loin.
Sans attendre de réponse, il se mit à incanter, préparant son sort d’oubli, les soldats s’élancèrent sur le mage mais ils furent repoussés par un champ de force invisible, de la surprise se peignant sur leur visage. Ekart devait agir vite pour ne pas perdre tout ce qu’ils avaient découvert jusqu’à présent.
- Nous ne travaillons pas pour l’Inquisition, nous voulons lutter contre elle au contraire, c’est le but de notre voyage.
- Nous avons déjà combattu un groupe d’entre eux prés de Barigne, renchérit Mel.
Mais Maître Hannero continuait son sort, et apparemment il avait presque terminé.
- Le mage Nertas nous a prêté main forte pendant l’attaque, reprit Ekart, nous l’avions rencontré un peu avant non loin de ce même village.
Cette fois le vieil homme s’arrêta net.
- Vous connaissez Nertas ? Il vous a parlé même.
- Oui, répondit le diplomate, un groupe de l’Inquisition s’en était prit au village et à une personne de notre expédition, il nous a accompagné pour les combattre et la délivrer.
Le guide était en pleine réflexion, les trois jeunes gens espérèrent qu’ils avaient réussi à le convaincre.
- Je dois me renseigner avant, je reviens dans un petit moment, dans votre intérêt ne bougez pas d’ici, je ne pense pas que vous arriveriez à revenir par vous-même au village de Grangorff.
Sur ces mots le mage disparut dans un éclair, laissant les membres de l’expédition seule. Caner Tyuro qui s’était relevé s’approcha de Mel.
- Il faudrait en profiter pour partir ?
- Nous ne pouvons pas, à moins que tu connaisses le chemin de retour.

L’écuyère avait marqué un point, ils s’installèrent tous pour attendre en silence. Personne ne savait pas comment tout cela allait finir, même Ekart commençait à se poser des questions. Après un long moment sans que rien ne se passe, une nouvelle lumière éclaira la petite vallée encaissée où ils se trouvaient. Tout le monde se leva, Mel et les soldats la main posés sur la garde de leur épée, les deux diplomates s’avancèrent au devant de la lueur.
Deux personnes apparurent, le premier était Maître Hannero et ils eurent la surprise de voir Nertas à ses côtés. Le mage avait une mine renfrognée, encore plus que d’habitude.
- Ce n’est pas possible, lança t’il en voyant les jeunes gens, vous avez réussi à venir jusqu’ici, mais qu’est ce qui t’a prit de les amener Hannero.
- Je ne fais que mon travail de guide, je ne pouvais pas savoir.
- Bonjour Nertas, lança Ekart en souriant.
- Vous êtes des coriaces, vraiment.
Hannero se tourna vers Nertas.
- Nous faisons quoi alors, le sort d’oubli ?
- Ils ne sont pas de l’Inquisition, je peux te l’assurer, et ils sont tellement têtus qu’ils reviendront par ici à coup sûr même sans l’aide d’un guide. Autant les faire entrer dans la cité, j’en prends la responsabilité.
- Tu crois que les membres du Concile vont l’accepter ?
- Nous allons prendre des précautions.
Nertas regarda les jeunes gens.
- Vous avez de la chance que je sois en ville en ce moment, je vous emmène à Alantaria.
Ekart, Patinil et Mel se congratulèrent, ils avaient réussi à trouver la cité perdue des mages et ils pouvaient même y rentrer. Les secrets de la magie se découvraient peu à peu à leurs yeux.
 
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