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Jeudi 31 mai 2012, 17:30


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Océan - chapitre 17 - L'Aurore aiguise ses griffes.

CHAPITRE 17
L'Aurore aiguise ses griffes



Cryanne avait du user de toute son autorité naturelle et d’un maximum de persuasion pour pousser les marins à quitter l’ambiance festives des tavernes et retourner rapidement au navire. Elle avait réussi malgré tout à réunir tout l’équipage, non sans mal pour certain bien trop éméché pour marcher seul. Zeïna ne tint pas compte de certains de ces comportements une fois les hommes revenus, elle était assez préoccupée pour le moment pour en rajouter avec des problèmes de disciplines.

Les inventaires de Portyd et de Lantis furent fait rapidement et avec précision. Ils envoyèrent immédiatement des messages avec des équipes de marins les plus sobres aux arsenaux pour récupérer ce qu’il manquait dans les cales du navire. Le garde du corps fit en sorte de cacher le surplus d’armes dans les caisses de marchandises pour ne pas éveiller les soupçons sur le port tout juste en éveil. Très peu à bord connaissait la raison de toute cette agitation, ceux qui en savaient quelques bribes sur l’histoire gardaient le silence sur les ordres du capitaine.
- La prochaine marée est pour quand ? Demanda Zeïna en approchant de Portyd.
- Elle sera parfaite pour sortir du port dans moins d’une heure.
- Préparez le départ à ce moment là alors, je veux que tous les marins qui ne soit pas de quart terminent de ranger les calles pour que tout soit à sa place.
- Très bien capitaine, si je peux me permettre ?
Zeïna hocha la tête.
- Quand comptez vous le dire à l’équipage ? Demanda le second à voix basse. Ils commencent à se poser pas mal de questions.
- Je m’en doute, fait passer le mot à l’équipage une fois que nous auront atteint la pleine mer, je veux tout le monde sur le pont, je ferais une déclaration à tous à ce moment là.
- Je passerais le message aux chefs d’équipe pour qu’il soit répété à tous.
L’homme quitta la jeune fille, hurlant des ordres à plein poumon faisant bondir les marins à son passage telle une tornade. Zeïna traversa le pont à son tour, donnant des ordres également. Elle réfléchissait à son discours, elle devait choisir ses mots avec prudence, avec une telle menace la peur pouvait faire tourner la tête à tous les hommes, même les plus aguerris et les plus expérimentés.

Toutes les voiles déployées, l’Aurore Boréale quitta le port, profitant d’une bonne marée alors que le soleil commençait à peine à poindre. Une légère brise venue de la terre faisait gonfler joliment gonfler les voiles. Le navire prit rapidement de la vitesse, plongeant son étrave dans les vagues du grand océan.
Le second avait bien fait passer le message, tout l’équipage était rassemblé sur le pont inférieur. Ils s’étaient rassemblés en petit groupe discutant, la plus part avait hâte de savoir pourquoi ils avaient du quitter le port aussi vite. Du haut du pont supérieur, les mains posées sur la rambarde, la capitaine pouvait voir chaque marin de l’équipage. Elle pouvait lire dans leurs yeux de l’appréhension et de la nervosité.
Heureusement à ses côtés, les trois officiers du bord faisaient bloc, lui redonnant un peu de courage en ces heures difficiles. Elle en avait bien besoin pour ce qui allait suivre. Enfin la jeune fille prit une profonde inspiration avant de commencer à parler.

- Bonjour à vous tous, je sais que notre départ a été quelques peu précipité, nous devions rester une journée de plus au port.
Un grand silence régnait sur le pont, les marins s’étaient regroupés levant les yeux vers leur capitaine. Ils attendaient impatiemment qu’il s’explique.
- Je me dois d’être franche avec vous, ce départ précipité est du au fait que nous avons apprit il y a peu que nous sommes la cible de pirates.
La jeune fille avait été directe, utilisant une voix plus forte et plus grave qu’à l’accoutumée. La déclaration fut accueillie d’abord avec de l’incrédulité, puis peu à peu des murmures s’élevèrent gonflant comme une tempête en approche.
- Silence ! Cria Portyd avec toute l’autorité dont il était capable.
Les marins se turent subitement en fixant le second avec un peu de craintes.
- Merci Mr Odell, reprit Zeïna, je vais tout vous expliquer.
La capitaine se redressa en faisant claquer sa langue sur son palais pour s’éclaircir la gorge.
- Nous pensons que les esclavagistes que nous avons chassés sur l’ile de Nerth avaient un protecteur. Quand ils sont revenus à leur base, ils ont prévenu cet homme qui a décidé de se venger de nous par n’importe qu’elle moyen, y compris de nous couler.
- Nous connaissons son identité ? Demanda un des marins faisant l’écho de tous ses camarades.
Zeïna redoutait que quelqu’un lui pose cette question. Lantis, Cryanne et Portyd regardèrent la jeune fille, mais elle avait décidé d’être franche et elle le resterait jusqu’au bout.
- C’est le « Démon »

Des exclamation suivirent la réponse, la panique gagnait l’équipage rapidement, tout le monde connaissait la terrible réputation de l’infâme pirate. Certains commençaient même à se détacher du groupe, semblant trouver un moyen de fuir pour retourner en direction du port encore proche.
- Silence ! Hurla Zeïna pour ramener le calme.
Le ton sans réplique qu’elle utilisa stoppa toutes paroles et tous gestes, c’était la première fois que l’équipage l’entendait l’utiliser. Elle avait tout autant surpris les officiers qui en restaient bouche bée.
- Moi aussi je connais sa réputation, reprit une nouvelle fois Zeïna sur une voix plus douce, il est normal que vous ayez peur mais je ne veux pas que le bateau perde toute discipline !
Elle prit une grande respiration avant de poursuivre dans un silence presque complet.
- Si nous prenions peur et préférions nous se cacher, c’est toute cette campagne qui tomberait à l’eau, c’est toutes vos volontés et votre courage à faire avancer ce navire qui serait perdu. Est-ce que vous préférez que dans tous les marins dans tous les ports de l’Archipel vous prennent pour des poltrons choisissant de se cacher dans le premier trou venu !
La remarque avait fait mouche chez les marins, jamais ils n’accepteraient qu’ils soient pris pour des couards ou des lâches.
- Alors qu’avez-vous décidez ? Demanda Mahalo le chef des anciens esclaves repris aux pirates avec une voix forte.
- Nous allons nous battre et continuer de naviguer d’ile en ile pour y faire du commerce. Je vais juste modifier le travail des quarts des après en. A partir d’aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre tous les marins libres de quart devront s’entrainer avec une arme sous les ordres de Mr Alaster.
Lantis fit un pas en avant pour appuyer les propos de son capitaine.
- Je ferais en sorte que chacun d’entre vous soyez capable de vous défendre avec un sabre ou avec une pique.
Zeïna remercia d’un signe de la tête le garde du corps pour son intervention, il avait un peu plus rassuré les marins qui les écoutaient.
- J’en ai terminé avec mon discours, je sais que dorénavant une menace plane sur nous mais j’attends que rien ne perturbe la bonne marche du navire. Vous pouvez reprendre votre travail, merci de m’avoir écouté.

Les hommes d’équipage de dispersèrent par petit groupe, ceux de quart sur le pont à leur poste, les autres discutant de ce qu’ils venaient d’apprendre. La jeune fille soupira en baissant la tête, laissant doucement la pression retombée. Elle avait réussi à tenir tout au long du discours avec une voix forte, posée, et juste. Elle se tourna vers ses officiers.
- Je trouve que cela s’est mieux passé que prévu.
Portyd fit la grimace.
- C’est au contraire maintenant que nous allons savoir si ils vont l’accepter sans rechigner.
- Je suis de quart, reprit Cryanne, je ferais attention à ce qu’ils vont faire. Si il faut je parlerais avec eux pour les rassurer et les encourager.
- Si tu as besoin, je serais avec Lantis pour le maniement des armes, répondit le second.
- Mais c’est qu’il s’inquièterait pour moi en plus, comme c’est mignon.
La métis fit un petit clin d’œil au second qui faillit s’étouffer de colère sans pour autant dire un mot.
- Je reste sur le pont, intervint Zeïna, ainsi je leur montrerais que je ne suis pas du tout intimidé par la menace.
- Bon très bien comme vous le souhaitez, s’inclina Portyd.
Les deux hommes quittèrent le pont supérieur pour se diriger vers l’entrepont pour rassembler les hommes. Ils allaient former des équipes selon les quarts, il devait connaitre le niveau des marins avant tout. Cryanne se pencha vers la capitaine.
- Je vais aller voir sur le pont pour organiser les hommes, je vous laisse la barre ?
- Oui, je resterais ici.
Zeïna s’approcha de la barre et la saisit après avoir fait un signe au marin qui la tenait auparavant. Elle serra les deux mains avec assurance sur le bois, elle dirigerait l’Aurore Boréale au travers de toutes les tempêtes, même les pires. La jeune fille en avait fait la promesse à la mort de son père et elle ne la romprait jamais.


Malgré les paroles pessimistes du second, les marins se comportèrent bien. Il y eu quelques rumeurs, mais elles moururent assez vite grâce à la vigilance des officiers et du capitaine. Avec l’entrainement spécial de Lantis, tous les membres de l’équipage apprirent à se servir d’une arme. La plus part d’entre eux savait déjà se défendre, un marin devait savoir réagir dans n’importe qu’elle situation et protéger le navire était aussi important sur ces mers parfois très dangereuses.
Zeïna était fière de son bateau et des ses hommes, elle savait très bien que quoi qu’il arrive, elle pouvait compter sur eux. Pour le moment l’Aurore Boréale n’avait croisé la route d’aucuns autres navires depuis qu’ils avaient quitté le port il y a une semaine.
Même si la jeune fille affichait un grand sourire et un visage plein de confiance, elle était loin de ressentir une telle assurance réellement. Elle avait perdu en grande partie le sommeil et l’appétit, malgré les efforts d’Hina qui l’incitait à manger. Pourtant Zeïna se devait de garder sa dignité pour montrer l’exemple à tous.

La jeune fille avait pris pour habitude de marcher sur le pont supérieur à l’air libre, sur la promenade arrière les mains dans le dos. Dans le ciel des nuages passaient les uns derrière les autres poussés par un vent d’ouest généreux. La mer était plutôt calme avec une faible houle, des conditions idéales pour naviguer.
L’officier de quart était Portyd, il se tenait à la barre tandis que les marins tendaient les cordages et réajustaient les voiles. Sur le pont inférieur, Lantis continuait à donner des cours de maniement d’armes, une vingtaine de marins se battaient en duel avec férocité.
Dans le nid de pie, l’homme oiseau scrutait l’horizon, alternant avec le lissage des plumes de ses ailes avec son bec. Il s’était installé comme dans son royaume, il aimait particulièrement dominait tout l’océan de cette place, embrassant le large paysage qui lui était offert comme une bénédiction.
Loan prenait avec beaucoup de sérieux son travail, surtout depuis qu’il connaissait la menace qui planait sur le navire. Il tournait régulièrement sur lui-même pour pouvoir observer tout autour du navire. L’homme oiseau se retourna de sa place pour regarder en direction de l’arrière, laissant le vent le fouettait le visage. Soudain les plumes sur sa tête se dressèrent, il se pencha en avant se perchant sur la rambarde du nid de pie. Ses serres s’enfoncèrent dan el bois pour le retenir face au balancement régulier de la houle.
Au loin, un navire venait d’apparaitre, un simple point lointain pour les humains, mais pour lui l’image était bien plus clair. Le bateau avait mis toutes ses voiles dehors, son étrave plongeant profondément sous l’impulsion du vent. Loan se baissa en avant sans quitter pour autant le rebord du nid de pie.
- Rrrrrrrrroaaaaaaa ! Pourrrrr le pont, navirrrrrre en vu par l’arrrrrrièrrrre !

L’annonce fit l’effet d’un coup de tonnerre sur le pont. Les marins qui s’entrainaient suspendirent leurs armes, ceux dans la voilure tentaient de l’apercevoir à leur tour. Zeîna réagit promptement à l’appel, elle saisit sa lunette à sa ceinture et scruta l’horizon. Elle ne tarda pas à le repérer à son tour. La jeune fille en pouvait pas voir clairement à quoi il pouvait ressembler exactement, et encore moins distinguer son pavillon.
- Alors capitaine ? Demanda le second, un peu fébrile.
- Pour le moment, il est encore trop loin pour se faire une idée, il faut attendre qu’il se rapproche un peu plus. Ne modifiez rien à notre cap et restons calme.
- Très bien capitaine.
Elle s’approcha de la rambarde pour regarder en direction du pont inférieur.
- Poursuivez l’entrainement Mr Alaster.
- A vos ordres, répondit Lantis, allez vous autres, reprenez !
Zeïna mit ses mains en porte-voix devant sa bouche.
- Loan, continuez de les observer.
- Oui caaaaapitaine !

La jeune fille remarqua que beaucoup de marins étaient sortis de l’entrepont pour tenter d’apercevoir le navire. Elle ne pouvait pas les blâmer, elle aussi n’allait surement pas le quitter des yeux pendant un moment.
Le calme revint sur le pont, la jeune fille resta sur l’arrière pour observer le navire inconnu. L’entraînement aux armes avait été abrégé par Lantis, il n’arrivait plus à garder l’attention des marins. Plus le temps passait, plus la goélette se rapprochait gagnant même en vitesse selon les calculs du capitaine. La blancheur éclatante des voiles était maintenant visible à l’œil nu, occupant l’attention de tout le monde sur l’Aurore.

Zeïna ne tenant plus en place grimpa le mat pour observer l’avancée du bateau depuis le nid de pie. La compagnie de l’étrange homme oiseau ne la dérangeait pas.
- Ils viennent de border deux voiles supplémentaires sur les vergues, murmura la jeune fille en regardant à travers sa lunette.
- Ils vont trrrrrès vite.
- Trop vite pour un simple navire marchand
- Beaucoup de monde sur le pont aussi.
Elle fixa Loan.
- Tu peux les distinguer ?
- Oui, trrrrès nombrrrrreux.
- Il n’y a plus à hésiter alors.
La jeune fille descendit le plus vite possible du mat, courant presque sur le pont faisant se lever toutes têtes.
- Mr Odell, sonnez le branle bas, je prends la barre.
- Alors se sont des pirates ?
- Il n’y a plus à en douter.
Le second bondit de sa place après avoir donné la barre à son capitaine, il cria les ordres avec force. Le navire entier vibra de toute part, le bruit des pas des marins résonnèrent jusqu’aux oreilles de l’homme oiseau perché dans le mat.
- Toutes voiles dehors, lança la jeune fille, nous allons voir si ils peuvent rivaliser avec nous.
La poursuite pouvait commencer


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Les pirates ont retrouvé leur proie, la curée va commencer pour le chasseur, mais il arrive que la proie soit plus dangereuse que l'on croit
Bonne lecture ^^
 
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