Bonjour lecteur ^^
Mel, Patinil et Ekart sont à la porte de la grande cité cachée des mages. Mais il faut qu'ils obtiennent l'accord d'y entrer et surtout l'accord de pouvoir y rester. Comment à son habitude, Ekart est confiant, mais les jeunes filles sont plus prudentes, seul le temps pourra leur répondre.
Bonne lecture, et laissez un commentaire si vous le désirez ^^
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CHAPITRE 40
Une cité mystérieuse
Les deux mages discutaient entre eux depuis maintenant une dizaine de minutes. Ils semblaient se disputer sur la manière de les faire pénétrer dans la vallée cachée. Non loin de là, les trois jeunes gens et les soldats de la forteresse patientaient nerveusement. Les guerriers restaient sombres, ils ne se sentaient pas vraiment à l’aise avec cette histoire de ville que personne ne pouvait voir.
Les diplomates et l’écuyère étaient dans un état bien différent, tout excité ils avaient bien du mal à tenir en place sans s’approcher des magiciens. Ils voulaient commencer sans attendre leur enquête sur la magie, et savoir qu’ils étaient si proches de leur but n’arrangeait pas leur impatience déjà bien entamée.
- Je voudrais bien savoir de quoi ils parlent, fit Ekart en tendant le cou.
- Mieux vaut ne rien faire et attendre qu’ils terminent leurs préparatifs, répondit Patinil plus sérieuse.
- Mais tu n’es pas curieuse ?
- Nous ne pouvons pas les mettre en colère alors reste ici.
Le diplomate regarda sa camarade un peu surpris.
- Et bien, te voilà bien rigide.
- Désolée, répondit la jeune fille, j’ai peur que nous restions à quelques pas de notre but.
- Tu n’as pas à t’en faire, avec notre ami Nertas tout se passera bien.
- Votre ami ?
Le magicien était arrivé à la hauteur du groupe derrière le dos d’Ekart qui ne l’avait pas entendu venir. Le jeune homme se retourna sans se départir de son sourire.
- Bien sûr notre ami, nous avons passé le stade des simples familiarités ensemble non ?
Nertas soupira en regardant les jeunes gens.
- Vous ne savez pas dans quel pétrin vous me mettez.
- Nous imaginons que la cité des mages ne doit pas être montrée, répondit Patinil, l’Inquisition est difficile à duper.
Elle souhaitait avant tout apaiser le mage pour éviter toutes vagues vis-à-vis des propos de son compagnon.
- Jeune fille, je vois que malgré votre mauvaise aventure vous continuez à poursuivre votre quête.
- Nous vous l’avions dit, fit Patinil, nous ne nous arrêterions pas maintenant.
- Vous êtes vraiment incurable.
Le mage secoua la tête en souriant.
- Pour le moment, vous n’avez pas besoin de vous inquiéter.
Les jeunes gens sentirent immédiatement leur anxiété s’apaiser.
- Vous avez pu trouver un terrain d’entente ? Demanda Ekart.
- En quelques sortes, je me suis mis d’accord avec mon camarade qui vous a accompagné jusqu’ici pour vous mener à la cité. Par contre il y aura quelques précautions à prendre, vous devrez me faire confiance.
- Avec vous, nous n’avons rien à craindre, lança le jeune homme.
Le mage porta sa main sur son front en soupirant.
- Bien trop de confiance.
- Il en faut pour avancer, répondit Ekart.
Mel prit la parole pour tenter de faire oublier les grands airs de leur ami.
- Nous pourrons emmener nos bagages également.
- Oui sans problème, fit le mage.
Les soldats se remirent en rang, l’un d’eux tenant le poney par une bride, les jeunes gens ne mirent pas beaucoup de temps pour se préparer. Une fois tous prés au départ, Nertas fouilla dans sa poche et en sortant plusieurs bandes de tissus.
- Je vais devoir vous bander les yeux, c’est un ordre qui ne peut pas être discuté.
- Mais comment allons nous pouvoir marcher sans tomber ? Demanda Mel un peu inquiète.
- Ne vous en faites pas, vous ne risquez rien, le chemin est complètement différent des cols de montagnes.
Le mage se tut sans en rajouter plus, laissant volontairement le groupe dans l’inconnue.
- Ce n’est pas prudent, fit Caner Tyuro, nous ne savons pas où ils nous emmènent.
- Je n’ai pas envi de me balader les yeux bander dans la montagne, renchérit Mund Hasra sur un ton sombre.
Nertas tenait toujours ses bandeaux dans sa main tendue, sans bouger.
- Il n’est pas question de discuter, trancha Maître Hanero, c’est les yeux bandés ou vous ne passerez pas.
Ekart leva les bras en l’air.
- Je ne pense pas que nous avons le choix, c’est un ordre pas une simple demande, allons soyons raisonnable.
- Et bien c’est la première fois que je te verrais respecter un ordre toi, lança Patinil.
- J’aime bien affronter les règles, mais je sais aussi m’y plier quand il le faut.
- Je voudrais bien savoir si nous n’allons pas être précipité dans un ravin si tôt la vue ôtée, lança Mund Hasra.
Maître Hanero fixa le soldat.
- Nous n’avons pas les méthodes de l’Inquisition, faites nous confiance.
Le soldat finit par se laisser faire et il accepta le bandeau comme le reste des membres de l’expédition diplomatique. Ils se mirent en rang de manière à ce que les deux mages puissent attacher les morceaux de tissus. Nertas vérifia que tous les voyageurs ne pouvaient absolument rien voir, alors que son homologue préparait déjà son voyage.
Une fois tout en place, ils firent avancer leur petite procession. Ekart se focalisa sur son environnement pour tenter de percer les secrets de cette route qu’ils ne pouvaient pas voir.
D’abord, seul le vent sifflant des montagnes se faisait entendre ainsi que le pas des voyageurs sur le sentier caillouteux. Soudain le jeune homme sentit sur tout son corps des picotements étranges, un frisson le parcourut des pieds à la tête. Mais la sensation disparut très vite, laissant un étrange sentiment d’apaisement, comme si les voyageurs avaient changé de monde.
Le diplomate leva le bras pour enlever son bandeau, poussé par la curiosité, mais il se rappela où il se trouvait. Il baissa la main en soupirant, peut être au retour il pourrait voir vraiment ce qui se passait à la frontière de cette vallée cachée aux yeux du monde.
Le groupe poursuivit son avancée, marchand droit devant eux en gardant une main posée sur l’épaule de la personne devant eux. Soudain ils furent arrêtés par un ordre de Nertas, il discuta avec une autre personne qu’ils ne connaissaient pas. Les voix n’étaient pas encore assez fortes pour qu’ils discernent quelque chose, mais peu après le mage reprit la parole près des voyageurs.
- Nous avons fait la première partie du voyage, vous devez conserver vos bandeaux sur vos yeux, c’est sans condition.
Le mage fit une pause avant de reprendre la parole.
- A partie de maintenant, vous allez monter sur un véhicule, nous arriverons plus rapidement en ville et se sera moins dangereux pour vous qui avez les yeux bandés que de descendre un sentier de montagne.
- Nous pourrions savoir sur quoi vous nous embarquez ? Demanda Ekart.
Nertas se mit à rire.
- Jeune homme, vous avez fait preuve de beaucoup de raison depuis le départ, continuez donc à faire preuve de cette même capacité pour la suite.
Remis à sa place, le diplomate se permet de sourire, il avait tenté sa chance et il avait raté son coup une nouvelle fois. Malgré tout, il était loin d’être le seul à éprouver une furieuse envie de retirer ce morceau de tissu qui leur cachait la vue.
Un par un, Nertas et Hanero les prirent par les mains pour les installer sur des bancs en bois. Les voyageurs tentèrent de deviner où ils se trouvaient, il n’y avait pas un seul mouvement perceptible. Ils essayèrent d’écouter pour découvrir la nature des montures, mais là encore ils n’entendirent absolument rien.
Une fois tous assis et totalement intrigué, les mages montèrent à leur tour avec le groupe de voyageur.
- Nous pouvons partir, lança Nertas, si j’ai un conseil, restez bien assis à votre siège et évitez de vous pencher.
- Oui, ne bougez pas, rajouta Maître Hanero, je n’ai pas envi d’aller chercher l’un d’entre vous au pied d’une falaise. S’il y a encore quelque chose à récupérer bien évidemment, cela va de soit.
Loin de les rassurer, les voyageurs s’agrippèrent au rebord de leur siège, au grand amusement du guide. Ils sentirent une impulsion soudaine qui manqua de les faire tomber de leur siège, malgré leur prise. Aucun hennissement de chevaux n’avait été entendu, ils se demandèrent bien comment avancer cet étrange chariot.
Se retenant à ce qu’ils pouvaient, les voyageurs s’accrochèrent en serrant les dents entendant clairement les rires moqueurs des mages derrière eux. Mel était bien la seule à rester bien droite, un sourire aux lèvres, appréciant ce sentiment nouveau qu’elle découvrait.
Le véhicule avançait comme un bateau sur une rivière dont le courant était rapide, mais tout était sous contrôle, aucun tangage, ni aucun roulis. Seul le sifflement du vent était perceptible par les passagers aux yeux bandés. L’air se réchauffait au fur et à mesure, ils descendaient des montagnes pour rejoindre une vallée au climat plus agréable.
Après un temps que les voyageurs n’auraient pu quantifier, le véhicule s’arrêta enfin avec un grincement aigu et un léger à-coup surprenant de nouveau les voyageurs. A nouveau, les deux mages qui les accompagnaient les firent descendre un après l’autre, sans dire un mot. Ils firent une dernière marche en ligne sur un sol lisse, des dalles en pierre ou un chemin pavé.
Une porte s’ouvrit devant eux au son des charnières, ils pénétrèrent dans une pièce, les yeux toujours bandés. Une fois celle-ci refermée, Nertas prit la parole avec une voix posée et calme, pour les faire attendre encore un peu plus longtemps.
- Nous sommes arrivés dans une pièce close que vous ne pourrez pas quitter pour le moment.
Les voyageurs piétinèrent sur place, montrant leur agacement.
- Un problème ? Demanda le mage avec amusement.
- Nous voudrions bien pouvoir voir où nous allons passer un peu de temps, lança Ekart en appuyant la fin de sa phrase.
- Oh, évidemment, vous pouvez enlever vos bandeaux, j’avais oublié que vous les portiez encore sur vos yeux.
Les voyageurs retirèrent ce qui leur masquait la vue avec empressement, trouvant la blague de mauvais goût, mais heureux de pouvoir enfin retrouver la vue. Ils découvrirent alors une pièce spacieuse, agrémenté de fauteuils et de canapés en tissu aux couleurs chatoyantes.
La décoration était de goût avec des vases et des tableaux représentant des paysages divers et variés. Des vitraux colorés sans teint permettaient à la lumière d’illuminer la pièce, mais l’extérieur n’était pas visible à travers les vitres.
- C’est une salle où nous accueillons les invités venus de l’extérieur, reprit le mage avec un peu plus de sérieux.
Le diplomate donna quelques coups sur les vitraux.
- Je comprends maintenant pourquoi nous ne pouvons pas voir ce qui se passe au dehors, toujours pour la sécurité.
Nertas sourit.
- L’esprit toujours aussi vif à ce que je vois.
- Et pour nos bagages ? Demanda Patinil.
- Le poney a été conduit dans une écurie bordant la maison, toutes les affaires qu’il porte vous seront restituer tout de suite.
La jeune fille hocha la tête. Bien qu’elle avait les documents les plus secrets dans son sac, elle n’aimait pas voir ses bagages sans pouvoir les surveiller.
- Et maintenant ? Demanda Mel.
- Hanero est parti à la rencontre des maîtres du Concile des Sages, ils doivent vous rencontrer avant toute chose.
- Qui sont-ils ? Questionna Ekart.
- Trois mages, élus par leur pair, qui prennent les décisions importantes pour le bien de tout Alantaria.
- Ils veulent savoir si nous sommes des espions, lança Patinil.
- En partie, jeune demoiselle, mais ils veulent aussi s’assurer que vous êtes de confiance, mon avis seul ne suffit pas.
Le jeune diplomate inclina légèrement la tête devant le mage, surprenant celui-ci.
- Merci pour votre aide, sans vous nous serions encore entrain de tourner dans la montagne sans savoir que nous étions si proches de notre but.
- Et bien, te voilà bien attentionné tout d’un coup.
- Nous sommes les premiers diplomates du Conglomérat à venir ici, répondit Ekart, je pense que nous devons faire en sorte de nouer de nouveaux liens avec la communauté des mages, surtout si nous voulons instaurer des changements.
L’intelligence du jeune homme surprit encore une fois Nertas, il allait avoir un grand avenir il n’en doutait pas.
- Pour le moment vous devez rester ici, je vais moi aussi me porter à leur rencontre, vous pouvez profiter de la pièce pour vous reposez en attendant la venue du Concile. Je voudrais aussi vous demander une requête, vous allez devoir laisser vos armes dans le vestibule pour que quelqu’un puisse les récupérer.
Mel et les soldats de la forteresse se tendirent immédiatement, l’écuyère s’avança devant eux pour parler.
- Nous sommes donc prisonniers tout compte fait.
- Vous êtes nos invités, je le répète, répondit Nertas, mais la sécurité des maître du Concile passe aussi par votre bonne volonté.
Ekart posa une main sur l’épaule de la jeune fille.
- Obéis, tu ne dois pas t’inquiéter, il ne nous arrivera absolument rien.
- J’ai reçu l’ordre de vous protéger, si moi et mes hommes n’avons plus d’armes, comment allons-nous exécuter notre mission ?
- S’il te plait, intervint Patinil, fais nous confiance.
Mel hésita, puis elle finit par s’incliner en soupirant.
- Très bien, sergent Tyuro et vous autres, laissez vos armes à l’entrée.
Les soldats de la forteresse obéirent à contre cœur, ils n’aimaient pas être dépouillés de la sorte en terrain inconnu. Mais tout comme la jeune fille, ils avaient toujours une dague cachée pour se défendre au cas où, ils n’étaient pas non plus imprudents.
Une fois cette dernière modalité effectuée, le mage marcha jusqu’à la porte. Il l’ouvrit, laissant entrer deux soldats qui se saisirent des armes pour les emmener en dehors de la pièce. La main toujours sur la poignée de la porte, il se tourna vers les voyageurs avant de sortir pour suivre les gardes.
- Une dernière chose, n’essayez pas de sortir ou bien vous aurez encore plus de problèmes que vous n’osez imaginer.
Sur cette dernière remarque, il quitta la pièce en fermant la porte trop rapidement pour qu’ils puissent voir ce qui se trouvait dans la pièce où les gardes avaient emporté leurs armes.
- Nous voilà mal embarqué, lança Caner Tyuro en soupirant.
- Sans arme et dans une pièce clause, nous ne pouvons pas faire pire, renchérit Dyante Habifa.
- Il faut attendre, nous n’avons pas le choix, prenez du repos pour le moment, commanda Mel aux soldats qui les accompagnaient depuis la forteresse.
- De toute façon, il n’y a rien d’autres à faire, répondit le sergent en secouant la tête.
Chacun se trouva une place, prenant du repos mais sans relâcher leur attention. L’écuyère rejoignit les deux diplomates installés sur un canapé, elle les trouva en pleine discussion.
- Tu crois vraiment créer un lien diplomatique entre le Conglomérat et la cité ? Fit Patinil surprise.
- Bien sûr que oui, je suis plus que sérieux.
- Mais tu sais bien que s’est impossible, le secret est leur survie.
Ekart fit un geste agacé en levant les yeux.
- Je sais bien tout ça, mais je te rappelle que nous voulons changer le Conglomérat et son fonctionnement, mais une fois que la magie sera découverte il faudra bien des gens pour faire un lien entre eux et le reste du Conglomérat.
- Tu es un arriviste, lança Mel une fois près d’eux.
- J’ai l’esprit pratique c’est tout, et je pense à ma carrière et à la tienne aussi ma chère Patinil, car tu profiteras tout comme moi de notre avenir en perspective.
La jeune fille n’en croyait pas ses oreilles.
- Tu crois que tout va se faire rapidement ?
- Je pense que l’avenir nous réserve bien plus de surprise que nous ne pouvons tenter d’apercevoir.
- Tu as des dons de voyances ? Demanda Patinil.
- Non je crois en notre force de persuasion, elle ne nous a pas fait défauts jusqu’à présent.
Le jeune homme se redressa fièrement.
- Tu marques un point je dois dire, répondit la diplomate.
La poignée de la porte s’abaissa, les jeunes gens se levèrent faisant face à l’ouverture. Les soldats firent de même, se tenant près à intervenir au cas où, l’entraînement était une chose difficile à oublier pour ses vétérans.
Un groupe de personnes entra dans la pièce, Nertas et Maître Hanero était parmi eux plein de sérieux. Avec eux, rois autres personnes étaient entrées, ils ne les avaient jamais vus mais il n’y avait besoin de réfléchir bien loin pour imaginer qu’il s’agissait des maîtres du Concile.
Le premier à l’extrême droite était un vieil homme à la barbe fournie, plutôt petit il tenait un grand bâton qui brillait légèrement à son extrémité. Son visage était rond et parcouru de grandes rides, ses yeux marron paraissaient fatigués. Il portait une grande robe bleue avec des bordures en fourrure blanche, sa capuche rabattue en arrière révélait un crâne chauve marqué d’une tâche de naissance.
La personne la plus à droite était une grande et belle femme, ses cheveux étaient argentés adroitement coiffé à l’aide d’une grande tresse mêlant des bandes de tissus dorées. Elle portait des vêtements coûteux faits d’une soie aussi fine qu’une toile d’araignée. Elle se tenait bien droite, les mains jointes devant elle en attente du début de la conversation. Bien que d’une apparence jeune, une grande sagesse se lisait dans son regard, ses yeux émeraude se posaient sur chaque personne présente les analysant les unes après les autres.
Le dernier était celui qui retenait le plus l’attention, il avait un visage juvénile et souriant. De taille moyenne, il portait une simple toge jaune sans capuche, une cape blanche ornée de motifs en flamme attachée à ses épaules. Il tenait un grand bâton blanc muni d’une crosse en forme de feuilles de chêne. La peau de son visage était légèrement halée, ses cheveux bruns étaient coupés court et ses yeux d’un bleu profond, presque envoûtant.
Les mages étaient rassemblés devant les voyageurs qui ne savaient pas vraiment comment ouvrir la conversation. C’est le jeune homme du milieu qui parla en premier, faisant un premier pas en avant, avec le même sourire sur les lèvres.
- Bienvenu à Alantaria, je me nomme Endarius Premier Maître du Concile des Sages de la cité.
Les membres de la délégation venues de la forteresse ne s’attendait pas à trouver une personne aussi jeune être à cette position.
- Je pense que vous deviez vous attendre à trouver à ma place une personne plus âgée mais il ne faut pas vous arrêter à l’apparence.
La surprise passé, à son tour, le jeune diplomate fit les présentations pour son groupe devant les nouveaux venus.
- Bonjour, répondit il, je m’appelle Ekart Carras, je suis diplomate pour le compte du Conglomérat, voici Patinil Ojyr diplomate également, et Mel Darvard écuyère de l’ordre des Chevaliers protecteur avec ses hommes, le sergent Caner Tyuro, les soldats Dyante Habifa, Dewon Loter et Mund Hasra.
Les mages laissèrent le jeune homme faire les présentations, un silence s’installa dans la salle après la tirade de celui-ci. C’est à nouveau le chef du Concile qui prit la parole, sa voix modulée était parfaitement posée avec de l’amusement évident.
- Maintenant que vous vous êtes présenté passons tout de suite au motif de votre présence ici. Nous avons eu un résumé par notre confrère Nertas et je suis étonné de voir que vous avez réussi à atteindre la cité cachée aussi rapidement.
- Ce que nous voudrons savoir surtout c’est si vous représentez une menace pour nous, intervint subitement la femme.
Sa voix était pleine de menace évidente.
- Allons, allons, il n’est pas encore le moment d’arriver à de telles extrémités, reprit Endarius, je vous présente Malna second maître du Concile et Norin troisième maître, plutôt silencieux mais toujours de très bon conseil.
Chacun hocha la tête à l’annonce de son nom.
- Je comprends que vous soyez réticente à notre venue Second Maître Malna, fit Patinil en prenant la parole pour la première fois, nous avons compris depuis le début de notre quête que bien des obstacles pouvaient joncher notre route, mais aussi que le secret est la plus grande arme que vous possédez contre l’Inquisition.
- La seule qui est véritablement efficace, répondit Norin avec une voix douce.
- Qu’êtes vous venu chercher ici ? Demanda le Premier Maître du Concile.
- Nous sommes venus chercher des réponses, reprit Ekart.
- Beaucoup de gens ont des questions mais peu de personnes trouvent les réponses, et vous pensez que vous deviez venir jusqu’ici pour les trouver.
Endarius fit quelques pas dans la salle en direction d’une fenêtre, la main sur le menton. Le diplomate n’osait pas reprendre la parole, il consulta des yeux Patinil et Mel. Elles ne savaient pas plus ce qu’il devait faire maintenant, il devait attendre que le mage reprenne la parole.
Le Premier Maître du Concile se retourna soudainement devant les voyageurs les faisant sursauter.
- Alors Malna, qu’as-tu appris ?
- Ils sont tous sincère, la plus part sont plein de curiosité et celui là est vraiment d’une arrogance presque aussi grande que la tienne, dit elle en désignant Ekart.
Endarius ne put s’empêcher de rire, les voyageurs comprenant que la magicienne avait jeté un sort pour lire dans leur pensée à leur insu.
- Et maintenant, seriez plus enclin à nous faire confiance, intervint le jeune diplomate sans relever la remarque de la magicienne.
- En effet, une sacrée arrogance, reprit Endarius amusé.
Il marcha de nouveau jusqu’aux autres mages.
- Je pense que vous êtes sincère aussi, ce que nous a appris Nertas prouve bien que vous n’êtes pas des espions de l’Inquisition. Mais nous gardons nos secrets depuis trop d’année pour le montrer aux premiers venus.
- Je le comprends bien, répondit le jeune homme.
- Pour le moment je préfère que vous soyez assigné à résidence ici.
Le mage fit un geste en l’air en lâchant quelques mots, une porte apparut dans la paroi. Mel ne put s’empêcher de pousser une exclamation de joie en voyant la magie à l’œuvre, elle était venue pour la voir à l’œuvre.
- A l’étage vous trouverez des appartements pour vous tous, des repas vous seront amenés.
- Combien de temps resterons-nous ici ? Demanda Mel.
- Nous devons réunir le Concile tout entier pour trancher sur la suite à donner à votre venue, répondit Malna avec une voix rude.
- Je ne pense pas que cela prenne énormément de temps, répondit Endarius, vous serez fixé demain ou le jour d’après au plus tard.
- Mais comment allons nous défendre notre point de vue ? Reprit Ekart. Il faudrait qu’un de nous deux viennent se présenter aux membres du Concile et …
Endarius leva une main pour l’arrêter.
- Nertas sera votre représentant.
Le mage poussa un soupire à fendre l’âme.
- Me voilà de nouveau embarqué avec ceux là, mais qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça.
- Tu es trop gentil Nertas, je te l’ai souvent répété, lança Endarius très amusé.
Les membres du Concile des sages quittèrent la pièce laissant les deux mages avec les voyageurs.
- Maintenant, lança Ekart, il va falloir préparer le discours que notre ami vas lire aux membres du Concile.
- D’un part je ne suis pas votre ami, répondit Nertas, et d’autre part, je vais faire en sorte que vous soyez à mes cotés pour le lire, il n’est pas question que je fasse tout le travail à votre place, se serait bien trop facile.
- Nous pourrons sortir alors ! Intervint Mel les yeux brillants.
- Pour parler au concile, se serait bien évidemment plus facile, tu ne penses pas ?
Maître Hanero qui était encore présent lâcha un rire sonore.
- Mon pauvre Nertas, j’ai l’impression que ceux là, tu n’es pas prés de t’en débarrasser, ils te collent aux semelles comme de la boue d’un chemin de terre.
- Qu’est ce qui t’a pris de les amener ici toi ?!
Les deux mages se disputaient à coup de phrases assassines et de jeux de mots à rendre fou n’importe qui. Ekart riait de ce spectacle, même les autres ne pouvaient s’empêcher de pouffer de rire en les voyant se disputer.
- Nous allons avoir une très longue journée j’en ai bien peur, commenta Patinil.
Elle avait déjà saisi un carnet de sa besace, tandis que les deux mages ne parvenaient pas à stopper leur échange. De très longues heures les attendaient, la jeune fille poussa un soupir à fendre l’âme.
- Et il est sensé nous défendre, nous sommes vraiment mal partis.
- Mais non, tout va bien se passer, répondit Ekart avec assurance.
Un nouveau soupir franchit les lèvres de Patinil, résignée.
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