CHAPITRE 19
Un choix à faire
Le calme régnait dans le port de Nogen, la nuit était tombée sur les quais. Les lampes huiles brulaient en haut des poteaux pour éclairer les rues de cette douce soirée. Comme dans tous les ports, les marins arrivaient dans la journée venaient le soir prendre du bon temps avant de reprendre la mer et les longs jours sur l’océan.
Tous les navires dans la rade étaient illuminés par de petites lanternes pour signaler leur position. Non loin du quai, dans une eau plus profonde, l’Aurore Boréale avait jeté son ancre à l’abri de la digue en pierre qui fermait la passe. Le bateau était arrivé en toute fin d’après midi, les habitants de Nogen avaient trouvé surprenant de voir arrivé un navire encore toute voile dehors en entrant dans le port.
Après une longue course et une poursuite harassante avec des pirates, l’équipage était heureux de trouver la protection du port et surtout de pouvoir se reposer enfin sans craindre pour leur vie. Bien qu’aucune permission à terre ne fût autorisée, ils prenaient tout de même un repos bien mérité et les repas de viande fraiche venu des magasins du port les rendaient encore plus satisfait.
Dans sa cabine, Zeïna faisait le point avec les officiers du bord, ils devaient déjà préparer la suite du voyage et trouver une route qui leur permette de poursuivre leur commerce sans risquer le navire et leur vie.
- Nous avons pu vendre une partie de la cargaison à un bon prix, commença Zeïna, même si j’aurais préféré arriver directement à Keloa pour le faire.
- Je tiens à souligner que nous avons aussi trouvé de quoi embarquer jusqu’à cette prochaine étape dans ce port, fit Nefrita Hagus.
En plus des trois officiers du bord, la commis du bord et le médecin avait été convié. Plus de personne permettait de trouver plus de solutions à leur problème.
- Si il n’y avait que le commerce, je pense que nous n’aurions pas besoin de faire cette réunion, remarqua Portyd, mais le problème majeur ce sont ces pirates qui nous courent après !
- Nous sommes dans son territoire de chasse de toute façon.
Lantis désigna la zone sur la carte dépliée sur le bureau.
- Nous ne pouvons pas faire autrement de toute façon.
- J’ai pensé à une route simple et plus directe que prévu pour quitter au plus vite la zone, reprit Zeïna, nous irons jusqu’à Keloa, c’est une étape obligée faire du commerce, et ensuite navigué directement en direction du sud pour gagner des eaux hors de porté du « Démon », vers Mertag et le Royaume des Bauers.
Toutes les personnes se mirent à réfléchir à la proposition de la capitaine, Cryanne prit la parole.
- Ce qu’il faut se demander c’est avant tout est ce que notre ennemi nous poursuivra jusque là bas ? Il parait bien remonté et il pourrait nous suivre dans le sud.
- C’est un navire pirate, son équipage ne le suivra pas aussi loin sans argent, remarqua Lantis, si ses hommes commenceront à se plaindre il devra faire machine arrière. De plus d’autres grands pirates naviguent dans le sud de l’Archipel et je ne pense pas qu’ils apprécieront de voir un concurrent empiéter sur leur territoire.
- Mon idée est donc validée ? Demanda la jeune fille en le regardant.
Chacun hocha la tête en silence, ils ne pouvaient pas espérer mieux de toute façon. Même si les personnes présentes avaient l’impression de fuir comme des poules mouillées, ils ne pouvaient pas risquer un affrontement avec un pirate aussi fort. Gouran dé Hydalis prit la parole en se raclant la gorge.
- Puis je savoir combien de temps nous allons rester ici ?
- Le moins de temps possible, une journée moins serait mieux, pour quelle raison ? Fit Zeïna.
- Je voudrais pouvoir acheter des fournitures et des remèdes pour ma pharmacie, nous manquerons de fourniture et je préfère en prévoir un petit stock en cas de problèmes.
- Je comprends, je ferais préparer une barque pour vous emmener à terre demain. Si quelques choses manquent dans les cales, je voudrais que tout soit près pour demain soir pour partir à l’aube le lendemain.
- J’ai fait un inventaire complet avant d’arriver au port, lança Nefrita Hagus, je sais déjà ce que nous avons besoin.
- Que tout soit près pour le départ après demain au lever du soleil, vous pouvez disposer.
Ils saluèrent le capitaine et quittèrent la cabine en silence, il allait tous prendre du repos car demain le travail ne manquerait pas.
Le soleil se leva timidement, noyée dans la brume matinale. Pourtant sur les quais l’activité battait son plein, le cri des marins répondait au appel des chalands pour charger les navires. Les barques à fond plat faisaient des aller et retour entre les navires pour charger des calles et remplir d’autres.
Du coté de l’Aurore, la même effervescence régnait à son bord. Sous la surveillance de Cryanne, les marins allaient de vergues en vergues pour vérifier chaque cordage et chaque élément de la mature. Avec la course effrénée des quelques jours les mats avaient souffert, il fallait réparer et reconsolider l’ensemble pour éviter les accidents.
Sur le pont, d’autres équipes de marins étaient affairées, certains pour charger le navire et le décharger au grès des barques et des chalands, d’autres pour réparer le navire surtout la coque et refaire son étanchéité. Le bateau avait prit beaucoup d’eau au cours des derniers voyages et un nettoyage complet du fond de cale était nécessaire pour donner au navire toute sa vitesse et sa vivacité.
Zeïna était sur le pont, elle allait de groupe en groupe pour vérifier que tout était fait selon ses ordres et ses exigences. Sur les autres navires la silhouette frêle et menue de la jeune fille faisait sourire, mais sur l’Aurore Boréale, elle était considérée comme le capitaine et pas un membre de l’équipage n’aurait osé dire le contraire. Zeïna était satisfaite de l’attitude de ses hommes, malgré le danger pas un seul n’avait tenté de s’enfuir à terre.
En levant les yeux, elle aperçut un petit brick qui quittait la rade pour s’en aller en pleine mer. Ce n’était pas vraiment le meilleur moment pour partir, la marée n’était pas favorable mais apparemment le capitaine de ce navire devait être pressé. Le brick avait lancé toutes ses voiles prenant peu à peu de la vitesse malgré les vagues qui venaient frapper son étrave.
La matinée passa très vite, le travail ne manquant pas, les marins ne virent pas défiler les heures. Se fut l’appel du déjeuné qui rappela à tous que midi venait de sonner, Alek Baldi, le jeune cuisinier embarqué à Calasta, avait profité de la tranquillité de l’escale pour dresser sa cuisine sur le pont. L’humeur était bon enfant, et tout le monde appréciait les repas du cuistot. Bien que jeune, Alek avait comprit comment contenté ses hommes affamés.
Zeïna était retournée dans sa cabine pour prendre son repas, elle voulait trouver un peu d’intimité après tout ce travail. Le privilège du capitaine était le bienvenu pour la jeune fille, elle avait ouvert les fenêtres de la poupe pour laisser une douce brise envahir sa cabine. Hina avait déjà reprit son plateau avec une discrétion exemplaire, laissant la capitaine profiter de son moment de paix. Elle ferma les yeux, sentant sur son visage la douce caresse du vent.
Une soudaine agitation régna sur le navire, coupant la quiétude de la jeune fille. Les bruit ne venaient pas du travail à bord, elle en avait l’habitude, mais des cris et des appels étaient audibles. Sans attendre elle saisit son chapeau et grimpa les marches qui menaient au pont quatre à quatre en respirant à peine.
Arrivée sur le pont, elle aborda Lantis qui était près de là.
- Que se passe t’il ? demanda la jeune fille.
- Le brick qui est parti ce matin, il vient de rentrer au port, les voiles déchirées et avec des marques d’incendies à bord.
Zeïna monta sur le pont supérieur pour l’observer à son tour. En effet, le brick avait bien souffert, la plus part de ses voiles étaient déchirées avec de nombreux trous ça et là. Sur le pont se n’était pas mieux, des départs d’incendies avaient été arrêtés en de nombreux endroits, certains des marins sur le pont portait des bandages couverts de sang.
- Qu’une barque soit mise à l’eau immédiatement, lança t’elle, Mr dé Hydalis, préparez votre trousse et votre matériel vous allez leur prêter main forte.
L’embarcation partit quelques minutes plus tard avec une troupe de marin accompagnant le médecin. Les hommes tiraient fort sur leurs rames pour faire prendre la plus de vitesse possible à la barque afin d’arriver rapidement. De l’Aurore, l’équipage pu voir la chaloupe toucher le bord et les hommes grimper à bord. Du port et des autres navires, de petites embarcations similaires avaient fait le même chemin pour les aider.
Tous attendaient de savoir pourquoi le brick était revenu aussi vite et dans un tel état. La rumeur se propagea rapidement comme une tornade au milieu d’un village, une goélette pirate les avait attaqué à peine sorti de la rade. Un autre navire de commerce arrivant avait été de la même manière abordé mais ils avaient eu moins de chance. C’est grâce à ce coup du sort que le brick avait pu s’enfuir de leurs griffes.
Sur l’Aurore Boréale, la nouvelle avait glacée l’ambiance, eux qui se croyaient en sécurité dans le port, il n’en était rien. Tous avaient les yeux tournés vers Zeïna, elle se mordait les lèvres de colère, elle ne s’attendait pas à les voir les rattraper aussi rapidement.
- Capitaine que faisons-nous ? Demanda Portyd. Ils sont là pour nous, c’est sûr.
- Je le sais bien, répondit la jeune fille, mais j’espérais que nous avions plus de temps.
- Là bas, cria un des marins à la proue, une barque entre dans la rade.
La chaloupe tanguait sous le coup des vagues, il y avait une dizaine d’hommes à son bord, visiblement mal en point. A nouveau, plusieurs embarcations partirent du port pour les prendre en remorque et les ramener en sécurité sur le quai.
- Mr Alaster, prenez l’autre chaloupe et allez voir ce qui se passe.
La deuxième barque de l’Aurore quitta le bord pour se rendre à terre, Lantis bondit sur le quai et se porta à l’attroupement qui s’était formé autour de l’embarcation venu de la pleine mer.
- Il y a du grabuge là bas, remarqua Portyd.
En effet, Lantis était pris à parti par plusieurs personnes, obligeant le garde du corps à sauter dans sa barque et repartir précipitamment. Ils attendirent son retour pour en savoir plus sur ce qui s’était passé.
- Que se passe-t-il Mr Alaster ? Demanda Zeïna en le voyant réapparaitre à bord.
La jeune fille avait peur que sa mauvaise réputation avait atteint le port.
- Ces hommes venaient de l’autre bateau de commerce attaqué, ils ont délivré un message de la part des pirates.
- Et quel était-il ?
Lantis hésitait visiblement.
- Au fait s’il vous plait.
- Ils demandent que l’Aurore Boréale sorte du port pour les affronter ou alors ils attaqueront tous les bateaux qui tenteront de rentrer ou de sortir de la rade, navires de commerce ou bien pécheurs.
La menace était clair, et elle comprenait mieux la réaction des gens sur le quai à l’encontre de Lantis. Mais maintenant ils n’avaient plus le choix, toute la vie du port dépendait de leur choix. Tous les yeux étaient braqués sur la jeune fille, elle sentait tout le poids de la décision sur elle, mais elle ne devait pas reculer.
A son tour Zeïna les regarda, tous ses hommes sur le pont, elle voyait leur visage fermé et leur colère. Elle savait qu’ils avaient peur mais s’était à elle de leur donner des ordres, que se soit difficile ou non, elle était le capitaine de l’Aurore Boréale.
- Je pense que vous avez tous compris, lança Zeïna, les pirates nous ont retrouvé et ils tiennent en otage le port tout entier à cause de nous.
Le silence régnait sur le navire.
- Nous n’avons plus le choix, si nous ne les attaquons pas maintenant nous mettrions en danger la vie de bien d’autres personnes qui n’ont rien à voir dans cette histoire. J’ai décidé que nous allions nous battre pour leur montrer que nous ne nous laisserons pas faire par ces pirates qui utilisent ce genre de méthode pour parvenir à leur fin.
Sa voix ne tremblait pas, de toute façon, il n’y avait plus d’option, il n’y avait plus à hésiter de toute manière.
- Vous avez peut être peur, je le comprends bien, c’est pourquoi je vous donne le choix, soit vous restez avec nous et vous battrez à nos cotés, soit vous pouvez partir, je vous donnerais votre solde et vous quitterez le navire.
Elle prit un profonde respiration.
- Sachez que je ne vous en voudrais pas si vous partez, je ne vous jugerais pas, mais sachez qui si vous reculez maintenant vous reculerez tout le reste de votre vie. Prenez vos responsabilités et battez vous avec nous tous pour montrer à ses pirates qui nous sommes.
La jeune fille se grandit et les fixa avec une grande intensité. Parmi l’équipage les hommes réfléchissaient, tous savaient qu’ils allaient devoir affronter des pirates sans aucuns état d’âme, ils vivaient seulement pour tuer et gagner de l’argent. Les anciens membres du gang de Calasta regardèrent leur chef, Cryanne les regarda l’un après l’autre avec le sourire, leur montrant qu’elle avait déjà fait son choix.
Les minutes défilèrent sans que personne ne bouge, deux marins se regardèrent à l’avant, d’anciens reprit de justice que la jeune fille avait sorti de prison, ils s’apprêtaient à faire un pas en avant, mais ils renoncèrent et restèrent parmi les autres.
Zeïna n’en crut pas ses yeux, pas un seul n’avait décidé de partir. Elle pensait qu’il y en aurait au moins quelques uns, mais pourtant tous étaient là, devant elle à attendre ses ordres. La capitaine en eut presque les larmes aux yeux, mais se n’était pas le moment de s’attendrir. Elle frappa fort la rambarde du pont supérieur du plat des deux mains.
- Si votre décision à tous est prise, préparez vous tous au combat, débarrassez moi le pont de tout ce qui peut gêner, je vais mettre à votre disposition de quoi écrire si vous voulez faire une dernière lettre à vos proches.
Les marins se mirent immédiatement au travail avec nervosité et appréhension.
- Mr Odell, Mme Tolado, je veux que le navire soit près à appareiller dans deux heures, je veux vois l’Aurore propre et briquée comme pour une parade, je veux qu’elle soit magnifique pour le combat.
- A vos ordres capitaine, répondit le second, vous pourrez vous voir sur le pont comme dans une glace.
- Je vais à terre pour rassurer les autorités, Mr Alaster vous allez venir avec moi, je voudrais que vous fassiez quelques choses à terre.
Lantis acquiesça d’un hochement de tête.
- Vous allez essayer de trouver des volontaires pour nous aider dans ce combat, les navires pirates ont toujours un équipage très nombreux.
- Je ne sais pas si se sera facile dans un si court laps de temps.
- Je suis sûre que la rumeur du bateau pirate dans la rade a fait le tour de la ville, vous n’aurez pas besoin de vous perdre en longue explications, les volontaires viendront à vous.
- Je ferais de mon mieux.
- Bien allons à terre.
Ils descendirent dans une chaloupe qui les emmena jusqu’au quai, l’arrivée de Zeïna était attendue car le gouverneur du port était là. De la peur était visible sur son visage, comme sur celui de nombreuses personnes réuni autour de lui. Avant de monter sur le quai, la jeune fille se tourna une dernier fois vers le garde du corps.
- Va directement à la prison, tu auras plus de chance là bas.
- Je ferais en sorte d’être au navire avec les volontaires dans moins de deux heures
- Prend ton temps.
Ils se séparèrent sur le quai, Lantis marchant à grandes enjambées vers les tavernes du port, et Zeïna se portant vers le gouverneur affolé.
Le bateau était prés, le pont était brossé et débarrasser de tout ce qui l’encombrait, les cuivres brillaient comme au jour du lancement du navire. Portyd avait fait un travail parfait avec ses hommes. Sur le pont, les marins étaient nerveux et cherchaient à s’occuper par tous les moyens. Zeïna était revenu des quais après une longue discussion avec le gouverneur, ce couard avait demandé qu’ils quittent le port au plus vite. Quand la jeune fille avait demandé s’il pouvait lui apporter un peu d’aide, le gouverneur avait clairement dit qu’il restait neutre dans cette affaire.
- L’Aurore est fin prête capitaine, lança le second en arrivant à sa hauteur.
- Bon travail Mr Odell.
- J’imagine que nous n’avons rien à attendre des autorités de ce port.
- Vous avez bien deviné.
- Ils sont trop peureux pour oser le faire, intervint Cryanne en s’approchant à son tour.
Portyd fit un vague geste en l’air.
- Laissons les et partons d’ici, qu’attendons nous d’ailleurs ?
- Le retour de Mr Alaster du port.
- Je crois qu’il arrive répondit la métis en regardant en direction des quais, et il n’a pas l’air seul.
- Il y aurait encore un peu de courage dans ce port de couard.
Un chaland accosta l’Aurore pour permettre aux passagers de monter à bord, Lantis passa le premier et les nouveaux venus grimpèrent à leur tour. Il ferait les présentations en fonction de leur arrivée.
Les premiers étaient deux grands kadjis, tout en muscle tout comme Archord, les deux avait un pelage de lion avec des crinières fournis, l’un plutôt brun alors que l’autre était plus blond. Chacun portait dans leur dos des épées si grandes que peu d’hommes à bord aurait su les manier.
- Voici Harnes et Moju deux frères kadjis qui gagnent leur vie en se battant, ils ont bien voulu me suivre quand je leur ai dit que nous avions dans notre équipage un kadji tout comme eux.
Zeïna ne dit rien, elle était impressionnée par la première trouvaille du garde du corps. Mais déjà un autre homme monta à bord, plutôt âgé, il portait de très longues moustaches qui retombait bien en dessous de sa bouche. Il avait des vêtements de tissu simple comme les marins avec une ceinture de cuir autour de la taille où était accroché deux haches d’abordage. Il se pencha en arrière et aida une autre personne à monter, à la surprise générale s’était une petite fille qui ne devait pas avoir plus d’un dizaine d’année. Elle était habillée d’une cape à capuche ne laissant voir que son visage juvénile et ses pieds très fins. L’homme se présenta de lui-même, il avait un fort accent venu du Nord de l’Archipel.
- Je m’appelle Sarn Hacknel, je suis un chasseur de pirate, je voulais me tirer de cette ville d’hypocrites, même si il faut que je me batte, je ferais tout pour partir.
- Et pourquoi avoir emmené cette enfant ? Demanda Zeïna. Ce n’est pas un voyage d’agrément.
- C’était la seule condition de ma venue, c’est une jeune orpheline que j’ai adopté, je ne voulais pas la laisser en arrière. De toute façon, je vous prouverais que vous avez bien fait de me prendre contre ces pirates.
- Très bien, elle ira dans la cambuse avec le médecin pendant le combat, c’est là qu’elle sera le plus en sécurité
Quatre autres hommes embarquèrent en voyant leurs vêtements roussis et tachés de sang, il n’y avait pas à douter qu’ils venaient du bateau qui avait coulé.
- Bonjour Capitaine Ghoef j’étais quartier maître sur le vaisseau qui a coulé, et comme mes gars j’ai qu’une envie, c’est de rendre à ces pirates la monnaie de leur pièce.
Zeïna hocha la tête, elle les comprenait parfaitement.
- Mr Alaster, faites inscrire leur nom sur le registre de l’équipage.
Elle se tourna vers les marins réunis que le pont.
- Mr Odell, nous levons l’ancre, il ne faudrait pas nous faire attendre trop longtemps.
- A vos ordres Capitaine, répondit le second, allez tout le monde à vos postes, levez l’ancre toutes voiles dehors.
Alors qu’une agitation sans pareil secoué le navire, Zeïna restait bien droite sur le pont supérieur, elle regardait droit devant elle. Elle regardait droit vers son avenir et celui de tout l’équipage, il n’y avait qu’une chose à faire, remporter la victoire. Une rafale de vent fit voler une mèche de ses cheveux qui battit devant ses yeux devenus comme deux saphirs jumeaux.
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Le combat ne peut plus être évité, il doit avoir lieux et rien ne pourra l'empêcher. Mais un animal aux aboies est parfois bien plus dangereux que le prédateur qui l'accule.
Bonne lecture et à très vite pour la suite ^^ |