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Jeudi 31 mai 2012, 17:30


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 41 - Serment devant une tombe - Ceux qui croient en lui.

Bonjour ^^

Je suis très heureux de vous offrir ce nouveau chapitre de Chevalier, j'espère qu'il vous plaira autant que j'ai apprécié l'écrire.
Je vous laisse avec Onèan, Anya et Lynaïs, pour vous montrer leurs nouvelles aventures.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 41
Serment devant une tombe - Ceux qui croient en lui


Onèan ne bougeait plus, il restait debout face au tumulus. Toute sa vie, il avait espéré et redouté ce moment où il découvrirait la vérité sur la mort de son père. L’écuyer refoulait ses larmes, il ne voulait pas se laisser aller à la tristesse. Il avait rêvé de le revoir vivant, un rêve d’enfant que le temps avait mué tout doucement en réalité.
Il s’approcha de la tombe, il mit un genou à terre et posa une main à plat sur les pierres qui recouvraient la tombe.
- Tu ne m’as jamais dit comment était mort mon père ? Demanda Onèan.
- Je voulais attendre ce moment pour t’en parler.
Le vieux kordaji s’appuya sur son bâton, il réfléchit quelques instants pour se remémorer le temps passé. Anya gardait le silence, elle trouvait qu’elle n’était pas à sa place. Pourtant elle désirait connaître l’histoire du père de son ami pour se sentir plus proche de lui.
- Le jour où j’ai rencontré ton père pour la première fois était un jour funeste pour notre peuple, une terrible attaque avait eu lieu, un groupe important de l’Inquisition accompagné par des soldats de l’armée du Conglomérat avait pénétré au cœur des bois.
Oroky devint sombre à ce souvenir chargé de larmes et de douleur.
- Les clans s’étaient réunis pour les repousser, pour éviter qu’un autre village subisse encore la haine de l’Inquisition, tout comme le tien où tu habitais avec tes parents Anya.
La jeune fille avait le cœur serré, le monde s’était écroulé pour elle au moment de l’attaque. Elle avait eu de la chance, dans son malheur et maintenant la jeune fille avait retrouvé la paix auprès de sa tante et du clan des Chênes Noirs.
Le shaman reprit l’explication, tandis que l’écuyer était toujours à genoux la main posée sur la tombe de son père.
- Nos guerriers repoussèrent peu à peu les soldats humains, j’étais en arrière occupé à soigner les blesser, j’ai du m’enfoncer dans les bois pour trouver des plantes pour les soins, je n’en avais plus assez. C’est alors que je suis tombé sur une scène étrange, même moi qui connais le monde de la magie je n’en revenais pas.
Oroky serra les mains sur son bâton.
- Il y avait tout un groupe de l’Inquisition, des inquisiteurs et des soldats en noir, ils se battaient contre une petite troupe de soldats du Conglomérat. Ils étaient peu à peu abattus par leur adversaire, ne restant que quelques poches éparses de résistance. Et pourtant, au milieu de cette déroute, j’ai pu voir la résistance héroïque d’un homme seul contre tous, encerclée il se battait avec panache, c’était un chevalier protecteur.
- Mon père, fit Onèan sans se lever.
- Oui, ton père, il se battait seul contre eux tous, plusieurs soldats gisaient morts sur le sol. Voyant qu’il tenait tête à ses hommes un grand Inquisiteur est sorti du rang et il s’est mis à lancer des imprécations sombres, une attaque de magie noire. Pourtant ton père ne s’est pas départi de son sourire, à son tour il a prononcé des paroles anciennes d’une voix puissante, et le feu a entouré son épée bondissante comme vivante.
- Il utilisait la magie, lança le jeune homme en le regardant avec surprise.
- Et d’une façon prodigieuse, leur combat était si intense que les autres inquisiteurs et soldats avaient préféré reculer à l’abri. Pendant un moment, les deux hommes se sont tenus tête mais peu à peu le chevalier prenait le pas sur le grand Inquisiteur. Je l’ai vu ployer sous les coups, il était facile de voir qui serait le gagnant. Mais …
Onèan et Anya étaient suspendus aux lèvres d’Oroky.
- Mais l’Inquisiteur a agi en traître, profitant d’un moment d’inattention du chevalier, il fit apparaître une lame au bout de sa botte et la plongea dans l’abdomen de son adversaire. Blessé grièvement, l’homme perdit le contrôle de son sort et une boule de feu explosa au milieu de la clairière.
Il reprit son souffle un instant, l’intensité de ses souvenirs le laissait presque tremblant.
- Je suis resté caché tout le long de l’affrontement, regardant ce titanesque combat. Après l’explosion j’ai osé leva la tête pour voir ce qui s’était passé, et là j’ai vu ton père étendu près de ma cachette. Le souffle de la déflagration l’avait propulsé jusqu’à moi. Sans vraiment comprendre, je suis allé porter secours à ce chevalier, le transportant loin de la clairière.
Il y avait des années de ça, mais pourtant, le souvenir était si vivant pour le vieil homme.
- Mais alors, tu as fait la même chose que moi, s’exclama Anya.
- Et oui, tu me ressembles pour cela, une tête de mule avec un cœur trop grand pour sa poitrine.
- Que s’est il passé au sein du clan avec mon père parmi eux ? Demanda Onèan.
- Tu peux imaginer que je ne fus pas vraiment bien reçu avec un humain sur les bras. Mais contre l’avis du chef du village de l’époque, le père de Korahyn, je me suis mis à soigner cet homme du mieux que j’ai pu. Au départ il se portait de mieux en mieux, me parlant de sa vie et du Conglomérat. Le chef et les anciens ont accepté sa présence, venant lui parler à leur tour.
- Et ce n’était pas lui la personne de la légende, fit remarquer la jeune fille.
- J’y ai pensé aussi, mais quelque chose me disait que ce n’était pas le bon moment. Mais malgré tout, nous avons cru voir naître l’espoir de retrouver l’ancien monde, celui qui existait avant l’arrivée de l’Empereur et de l’Inquisition. La magie était vivante, elle rythmait le quotidien des gens et les Mages Paladins faisaient en sorte de garder l’équilibre entre le bien et le mal.
Onèan écoutait avec attention, il apprenait enfin l’histoire de son père et cette énergie qu’il portait en lui.
- Hélas, continua le shaman, une semaine après son arrivée dans le village, son état à soudainement empiré, la magie du mal avait fait son œuvre de sape. Un poison envahissait son corps le tuant peu à peu. Je n’ai rien pu faire et je n’ai pu qu’assister à son agonie en apaisant au mieux ses douleurs.

La chute était difficile à entendre, son père avait souffert loin de son foyer, de sa famille. Un sort bien triste pour un homme comme lui.
- Il n’a rien dit avant de mourir ? Demanda l’écuyer.
- J’ai recueilli moi-même ses dernières paroles, elles étaient pour sa famille, toi, ta sœur et ta mère, il regrettait de n’avoir pas été plus présent pour vous tous.
Le jeune homme baissa les yeux pour cacher les larmes qui se mirent à couler.
- Il a aussi rajouté quelque chose, il m’a demandé une requête, il savait que tu allais venir jusqu’ici et il m’a fait promettre dans un dernier souffle.
Onèan releva la tête en faisant disparaître ses larmes d’un revers de la manche.
- Quelle était t’elle ?
- Lève-toi s’il te plait.
L’écuyer se leva, intrigué par le ton de la voix très cérémonieux du shaman. Il fit face à Oroky qui plongea la main dans son mystérieux manteau. Il tira d’un endroit improbable un long fourreau de cuir aux bordures cousues d’or.
Le jeune homme ne put retenir une exclamation de surprise en voyant l’objet. Il reconnut immédiatement l’épée que tenait le vieux koradji, la garde en argent était gravée d’une salamandre accrochée à une dague, l’armoirie ancienne des Terrenoir.
- Je suppose que tu la reconnais.
- C’est l’arme de mon père ?
- En effet, une arme de famille qui est utilisée depuis des siècles par les Terrenoir, maintenant elle est à toi comme me l’a demandé ton père dans ses dernières paroles.
Onèan saisit l’arme en tremblant, il l’avait tant de fois à la ceinture de son père ou dans le manoir. Il n’avait jamais osé la sortir de son fourreau, mais maintenant elle était à lui, son héritage. Il prit la garde de l’épée d’une main ferme et sortit l’arme lentement. Elle était faite d’un acier pur, la lame brillait comme si elle venait juste de sortir de la forge de son créateur. Le jeune homme laissa jouer la lumière sur le tranchant aiguisé de l’épée.
- Cette arme est d’une grande puissance, prends en grand soin.
- Tu peux en être sûr Oroky.
Le jeune homme se tourna vers la tombe et tendit l’arme en direction de la tombe, ses yeux étaient devenus plus durs. Une nouvelle détermination brillait maintenant dans son regard.
- Je jure sur cette épée de te venger père, j’en fais le serment aujourd’hui et je n’aurais de cesse de tout faire pour le respecter.
Le shaman sourit, Anya avait du mal à garder son calme, son cœur battait la chamade au point qu’elle sentait un bourdonnement dans ses oreilles.
- Maintenant que tu as pris la mesure de ce qui t’attend, reprit le shaman, je pense que tu es près à apprendre à te servir de cette épée.
L’écuyer le regarda étrangement.
- Mais je sais manier une épée.
Oroky se mit à rire.
- Tu crois que tu sais te servir de cette épée ? Je vais t’apprendre que derrière une simple lame d’acier se cache la puissance séculaire des Terrenoir.
- La puissance séculaire ?
- Je vais éveiller en toi la salamandre.
Onèan ne comprenait pas ce que voulait dire le shaman, mais il devait connaître la magie pour lui donner la force nécessaire de venger son père et tous ceux qui souffraient à cause de l’Inquisition. Une nouvelle initiation commençait pour le jeune homme, une page vierge était prête à se remplir.


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Les portes du bastion de l’ordre des Chevaliers Protecteurs s’ouvrirent, Sir Nartero en profita pour échanger quelques plaisanteries avec le garde en faction. Ils n’avaient même pas contrôlé l’identité des deux jeunes gens qui accompagnaient le chevalier. Lynaïs et Brom avaient retenu leur respiration en passant entre les soldats, mais rien n’était arrivé.
- Bienvenu chez moi, lança en souriant Sir Nartero.
Un grand vestibule s’offrait à leurs yeux, des vitraux donnaient une touche colorée à l’ambiance austère des lieux. Des tentures et des boucliers décoraient les murs, évoquant le nom de grands chevaliers ou des batailles anciennes auréolant de gloire la confrérie. Un grand escalier menaient aux étages, il était massif et très large entièrement fait de pierres taillées
Brom leva la tête vers le plafond de l’entrée, voyant les poutres massives du plancher haut. Il imagina le nombre d’arbres qu’il avait fallu couper pour faire un tel bâtiment.
- Suivez moi de près, avec la taille du bâtiment je ne voudrais pas que vous vous retrouviez nez à nez avec un officier ou même le commandant de la place.
Les deux jeunes gens se rapprochèrent de lui au grand amusement du chevalier.
- Pas besoin de me coller comme ça, je plaisantais, il y a quelques temps que je ne me suis pas autant amusé. D’ailleurs je ne vous ai pas encore demandé votre nom ?
- Je suis désolé, nous ne nous sommes même pas présenté, je m’appelle Lynaïs Amarra et voici Brom Hogat.
Sir Nartero sourit.
- Maintenant nous ne sommes plus des étrangers.
- Où nous emmenez vous maintenant ? Demanda la jeune fille.
- Je vais vous présenter des écuyers, des amis d’Onèan, je pense qu’ils pourront vous en dire plus sur lui.
Suivant Sir Nartero, ils grimpèrent le grand escalier pour atteindre l’étage. Plusieurs chevaliers les croisèrent, certains saluaient leur guide d’autres affichaient une allure dédaigneuse des nobles. L’homme leur demanda de l’attendre un moment dans le couloir puis il entra dans un bureau ouvert.
Brom tendit l’oreille pour surprendre la conversation, Lynaïs essayant de l’imiter. Le brusque retour de Sir Nartero les fit sursauter, manquant de les faire tomber.
- Une mauvaise habitude d’écouter aux portes vous savez.
Les deux jeunes gens baissèrent un peu la tête.
- Il y a pas de mal, reprit Sir Nartero, je faisais pareil à votre âge, et encore je pense que j’étais pire. Je sais maintenant où se trouve les écuyers que je veux vous présenter, vous avez de la chance ils sont de repos pour le moment, nous allons voir directement dans les chambres des écuyers.
A nouveau, ils prirent un escalier et plusieurs couloirs, changeant d’ailes du bâtiment. Après un dernier poste de garde, ils arrivèrent dans une salle commune, plusieurs tables étaient installées avec des bancs, et quelques armoires et étagères complétaient la décoration intérieure.
- C’est le réfectoire des écuyers, leur dortoir sont juste à coté, je vais les chercher attendez moi là.

Le chevalier laissa les deux jeunes gens seuls dans la salle, leur permettant de voir un peu ce qui les entourait.
- Et bien, voilà l’environnement d’Onèan, lança Brom, ce n’est pas très gai.
- C’est une caserne militaire, ils n’ont jamais eu beaucoup de goût, répondit Lynaïs.
Elle fit quelques pas, touchant un table en passant, elle s’approcha d’une fenêtre pour observer le paysage. Depuis la baie, une partie de la cité de Paragahi était visible, une forêt de toit d’où s’élevait le panache des cheminées.
- Je me demande bien qui il veut nous présenter ? Fit Brom en s’approchant.
- Je ne sais pas non plus, mais je pense que nous pouvons lui faire confiance, ce chevalier ne s’est pas moqué de nous, et en plus Onèan était son écuyer.
- Quand même, je me sentirais mieux une fois que nous aurons retrouvé l’auberge.
- Pour le retrouver, nous devons venir ici.
Lynaïs avait parlé d’une voix ferme, elle ne comptait pas s’arrêter après tout ce qu’elle avait déjà fait. Pas tant qu’elle n’aurait pas trouvé un indice sur l’emplacement de la disparition de son ami dans la forêt de Veraï.
- Et puis reprit elle, ici nous sommes à l’abri de l’Inquisition, ils n’oseront pas venir entre ces murs.
- C’est vrai qu’ils ne se montreront pas directement, mais ils peuvent très bien se cacher.
La jeune fille regarda son ami.
- Je sais que tu fais preuve de toujours énormément de prudence, mais dans une si grande ville nous passerons inaperçus.
- Je me méfie de leur manigance, répondit Brom, j’ai écouté vos récits, et je les crois bien capable de faire appel à des espions pour trouver ceux qu’ils cherchent.
L’archère devait avouer qu’il n’avait pas tout à fait tord.
- Tu marques un point, faisons attention, mais pour le moment, des amis d’Onèan ne seront pas à la solde de l’Inquisition.
- Sur ce point là je suis d’accord.

Sir Nartero réapparut alors dans la salle commune, trois écuyers le suivaient. Ils n’avaient pas l’air enthousiaste à venir leur parler, n’étant pas de garde ni à l’entrainement, ils préféraient de loin se reposer pendant leur quartier libre.
- J’espère ne pas avoir été trop long, lança le chevalier en arrivant.
Lynaïs fit un signe négatif de la tête sans parler, l’homme se tourna vers les trois écuyers qui l’accompagnaient.
- Voici des amis d’Onèan, Lynaïs Amarra et Brom Hogat, ils viennent de son village natal dans le Trynchao.
Les trois jeunes hommes les regardèrent sans comprendre.
- Et alors il faut aussi que je vous présente peut être ? Lança Sir Nartero en mettant ses poings sur les hanches.
Le jeune homme que se tenait au milieu prit alors la parole.
- Désolé, nous sommes juste un peu étonnés de voir des personnes pour Onèan venir nous voir. Je m’appelle Yurda Nethael, mes camarades sont Impa Dandeta et Fared Kilia.
L’écuyer désigna les deux jeunes hommes derrière lui en donnant leur nom.
- Comme je vous ai dit à l’instant, nous sommes un peu surpris de vous voir ici, reprit Yurda, surtout après ce qui s’est passé pendant l’expédition.
A ce souvenir sombre, les écuyers baissèrent la tête, Impa Dandeta était le plus touché, il l’avait accompagné et n’avait rien pu faire.
- Merci d’accepter de nous parler tout de même, lança Lynaïs, nous sommes venu vous demander si vous saviez comment s’était passé cette disparition.
Yurda regarda ses camarades, le mystère planait sur ce qui s’était réellement passé. Depuis l’expédition, ils avaient beaucoup réfléchi, et des zones d’ombre bien étranges étaient alors apparues à leurs yeux.
- Je ne pense que vous devriez trop chercher, répondit Sir Nartero, il y a des implications très graves dans l’affaire.
- Comment ça ? Demanda la jeune fille en fronçant les sourcils.
Le chevalier hésitait, tout comme les autres personnes présentes. Les deux jeunes gens sentirent que quelque chose leur faisait peur.
- Nous désirons juste savoir ce qui s’est passé lors de cette attaque ? Reprit Lynaïs. Sir Parsian qui nous a annoncé la nouvelle n’a pas prit le temps de nous en parler.
Impa finit par prendre la parole.
- Je faisais parti de l’expédition avec lui pour aller au cœur de cette maudire forêt. Juste avant l’attaque, la colonne s’était arrêtée dans les ruines d’une ancienne forteresse pour bivouaquer pour la nuit. Onèan et moi étions de corvée pour s’occuper des chevaux, aidés par quelques soldats qui n’avaient pu se soustraire à la besogne. Mais en plein travail, Onèan a été appelé pour faire une mission sur un ordre de …
Il marqua une pause qui attira l’attention de Lynaïs.
- Un problème.
Le jeune homme regarda ses amis puis le chevalier qui était avec eux. Ils étaient tous plus ou moins inquiet, ils ne voulaient apparemment pas aborder un sujet bien précis.
- Sur ordre de qui a-t-il été appelé ? Demanda une nouvelle fois la jeune fille avec des soupçons dans la voix.
Sir Nartero fit un signe de la tête à Impa pour qu’il continuer, celui-ci se tourna vers les deux visiteurs pour reprendre la parole.
- Un peu après, des hommes sauvages nous ont attaqués, dans le début de panique tout le monde s’est mélangé. Mais une fois l’appel fait après les combats, nous nous sommes aperçus de sa disparition, ainsi que de plusieurs soldats. Ils avaient fait une reconnaissance en forêt et ils sont tombés sur nos ennemis, ils n’ont eu aucune chance.
Le jeune homme baissa la tête en évitant le regard des deux amis de Winrya. Lynaïs n’attendit pas plus longtemps pour intervenir. Lynaïs sentait la colère monter en elle, il ne lui avait pas répondu et elle comptait bien avoir enfin une explication.
- Sur ordres de qui il a du faire cette reconnaissance, vous Sir Nartero ?
Le chevalier le va brusquement la tête, il était pris au dépourvu. Les écuyers le regardaient, ils cherchaient eux même à éviter de répondre à la question. Sir Nartero soupira en laissant tomber ses épaules.
- Je n’ai pas donné l’ordre, j’ai du moi-même me plier à ceux d’un autre.
- De qui il provenait alors ?
L’insistance de la jeune fille fit sortir de ses gonds le chevalier.
- Mais enfin à quoi bon cela va-t-il t’avancer de le savoir ?!
- Je veux connaitre la vérité ! Répondit Lynaïs sur le même ton.
Ils s’affrontèrent du regard pendant quelques instants, aucun des deux ne voulant céder à l’autre face à lui. Sir Nartero se redressa pour reprendre son calme, il s’était laissé emporté contre une gamine. Il prit une profonde inspiration pour apaiser sa colère et regarda l’archère.
- Ce que je vais te dire ne doit pas sortir d’ici.
- Je vous écoute, répondit seulement Lynaïs
L’homme soupira.
- L’ordre venait d’un officier de l’Inquisition qui se trouvait avec nous durant l’expédition, finit par lâcher le chevalier à contre cœur.

La jeune fille prit la réponse de plein fouet, elle comprenait maintenant pourquoi tant de mystère existait autour de sa disparition. Brom restait silencieux, il avait eu le temps d’être mis au courant pour cette organisation par sa camarade durant le chemin, ainsi que l’existence de la magie. Il avait d’ailleurs failli ne pas la croire avant qu’elle ne lui fasse une démonstration.
Pour la première fois, il voyait vraiment de ses yeux la crainte que cette organisation pouvait imposer à ceux qui la côtoyait. Le jeune forgeron venait de comprendre réellement ce que leur quête impliquait, et les risques qu’ils encourraient.
- C’est lui qui a demandé qu’Onèan soit envoyé en mission de reconnaissance, reprit Lynaïs, pourquoi avez-vous laissé faire ça ?
La colère de la jeune fille était perceptible, Sir Nartero comprit qu’elle en savait assez sur l’Inquisition pour être inquiété. Mais il devait lui faire comprendre la réalité des choses, et le danger de se frotter à la serre d’aigle.
- Mademoiselle, je ne voudrais pas faire preuve de grossièreté avec toi, mais c’est la réalité du monde dans lequel nous vivons. Je ne suis qu’un chevalier de petite noblesse, même pas un officier de haut rang, je ne peux pas m’opposer à eux. Peu de gens le peuvent d’ailleurs, je ne sais même pas si le Commandant De Partdois en est capable.
Lynaïs réfléchit quelques instants puis elle se tourna vers Brom, échangeant un regard avec lui. Ses yeux brillaient d’une nouvelle intensité.
- Maintenant j’en suis persuadé, lâcha l’archère, Onèan est bien vivant quelque part dans cette forêt.
Le chevalier et les écuyers la regardèrent avec des yeux étonnés.
- Tu crois qu’il est encore vivant ? Demanda Sir Nartero avec incrédulité.
- Je ne le crois pas, j’en suis sûre ! Je le sentirais si il était mort, il a besoin d’aide et nous allons le sauver.
- Moi aussi j’en suis sûr, renchérit Brom.
Sir Nartero se prit la tête entre les mains pour essayer de remettre ses idées en place. Les écuyers échangeaient des regards incrédules devant l’affirmation soudaine de la jeune fille, ils n’en revenaient pas.
- Alors vous ne plaisantiez pas en disant aller dans la forêt de Veraï ? Fit le chevalier.
Un signe négatif de la tête de leur part fut la seule réponse.
- Mais vous ne savez pas où ils sont entrés.
- Je le sais, lança Impa en faisant un pas en avant, et …
Il hésitait visiblement, avant de se lancer avec force.
- Je vous accompagnerais là bas pour le chercher !
L’annonce de l’écuyer laissa tout le monde sans voix.
- Depuis que je suis revenu je me sens coupable, expliqua Impa, et je compte bien faire en sorte de me racheter. Vous pouvez compter sur moi, je vous y conduirais.
Yurda poussa un grognement.
- Je vais bien être obligé d’y aller moi aussi, je ne vais le laisser se battre sans moi.
- Tu crois que tu pourras partir sans moi ? Lança Fared Kilia. J’en suis aussi !
Sir Nartero se redressa, les poings sur les hanches.
- Mais vous croyez que je vais vous laisser partir comme ça, et vos devoirs dans la forteresse et dans la confrérie ? Yurda tu dois être ordonné chevalier dans peu de temps, tu es plus âgé que les autres, si tu fais ça tu vas perdre tes chances.
Le jeune homme hésita un instant, il avait tant travaillé pour en arriver là, mais il ne voulait pas laisser ses camarades sans lui.
- Désolé mais je vais dans la forêt moi aussi.
- Vous ne pouvez pas quitter la garnison comme ça sur un coup de tête.
- Nous le savons bien, reprit Yurda, à moins que vous interveniez auprès de nos supérieurs en inventant un prétexte quelconque.
Le chevalier le fixa, se demandant s’il était sérieux, mais il remarqua alors que tous les cinq le regardaient de la même manière. Sir Nartero fit un pas en arrière, il se sentait en infériorité numérique avec tous ces jeunes gens. Il baissa alors les bras, il ne pouvait pas lutter contre une détermination aussi forte. Lui-même mourrait d’envi de les accompagner, mais il ne le pouvait pas, il avait des devoirs trop important ici.
- Bon je trouverais quelque chose, mais ça ne pourra pas tenir très longtemps je vous préviens.
- Merci Sir Nartero, lança Lynaïs en le gratifiant d’un baiser sur la joue.
La surprise se peignit sur le visage de l’homme, le rouge lui montant aux joues.
- Je m’occupe du reste, reprit le chevalier, mais faites bien attention cette forêt est dangereuse et …
Il hésita, puis finit par rajouter.
- Ramenez-moi mon écuyer que je lui passe un savon pour son retard.
Tout le monde se mit à rire, l’expédition de sauvetage était maintenant au complet. La prochaine destination était la forêt de Veraï.

 
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