Bonjour à vous ^^
Après le serment d'Onèan sur la tombe de son père, vient maintenant le temps de l’apprentissage de la magie pour l'écuyer. Qu'importe la difficulté, il fera tout pour parvenir à la maitriser et à faire de cette force une arme contre l'Inquisition.
De leur coté, Lynaïs a pu réunir une petite troupe pour les aider dans leur recherche et le sauvetage d'Onèan. Mais dans cette ville, il faut se méfier de tout le monde, et l'Inquisition a des yeux partout.
Bonne lecture, et laissez un commentaire s'il vous plait ^^
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CHAPITRE 43
Apprentissage - Découvert
Le lendemain de la découverte de la tombe de son père, Onèan était de retour dans les bois. Le jour n’était pas encore levé quand Oroky lui fit quitter le village des Chênes noirs, toujours accompagné d’Anya. Ils avaient refait le même chemin que la veille pour retourner dans la vallée cacher au cœur de la forêt.
Le jour se levait à peine quand ils arrivèrent, la lumière du matin illuminait l’endroit, tentant de percer la brume qui s’élevait du lac. L’endroit était paisible, la magie semblait surgir du sol pour envahir l’atmosphère.
L’écuyer avait laissé l’épée reçue en héritage de son père disparu. Oroky lui avait dit qu’elle ne serait pas encore utile pour le moment. Korahyn avait changé de couleur en voyant le jeune homme qui portait une épée dans le dos. Le shaman avait du faire preuve de toute sa persuasion pour expliquer au koradji que cette arme était un héritage de famille.
Le chef du village avait accepté qu’il garde l’épée à la seule condition qu’il soit toujours au courant quand l’humain la prendrait pour se rendre dans les bois. Onèan s’était plié de bonne grâce à la demande du guerrier, il était déjà heureux de pouvoir la garder avec lui.
Le jeune homme avait hâte de commencer son entrainement avec le shaman bien qu’il se demandait bien ce qu’il devait faire pour apprendre à la maîtriser. Avec son épée, il ne comprenait pas ce qu’il allait bien pouvoir en faire. L’écuyer ne ressentait rien de particulier quand il la tenait par la garde.
Après toutes les révélations de la veille, Anya n’avait pas vraiment réussi à bien dormir cette nuit. Elle repensait tout le temps à l’histoire d’Oroky, cette attaque de l’Inquisition tout comme celle qui avait détruite son village. Elle avait comprit que pour trouver ceux qui faisaient tant souffrir son peuple, elle devait suivre l’humain qui désirait lui aussi se venger d’eux.
Mais intérieurement, la jeune fille sentait que ce n’était pas la seule raison qui la poussait à suivre l’écuyer. Elle n’arrivait pas encore à comprendre ce qui agitait son esprit de cette manière, une sensation étrange qu’elle ne connaissait pas. C’était une raison supplémentaire pour les suivre, pour en apprendre plus sur elle-même.
- Oroky t’a parlé de ce qui t’attend ? Demanda Anya.
- Absolument rien du tout, il m’a seulement dit de prendre l’épée avec moi.
- Tu as senti quelque chose de différent quand tu la tiens.
- Rien de différents avec une autre arme, je ne dois pas savoir comme m’en servir correctement.
Le jeune homme sourit.
- Je n’aurais jamais cru dire cela un jour.
Le shaman ne se préoccupait pas des deux jeunes gens pour le moment. Il s’était arrêté au pied d’un grand chêne qui étalait ses branches tout autour de lui comme le toit d’une maison. Il fouillait dans son sac, sortant des sachets d’herbes et des petites fioles en terre cuite.
- Je me demande bien ce qu’il nous prépare, reprit Onèan.
- Les seules fois où je l’ai vu sortir autant de chose de son sac c’est lors des grandes cérémonies.
- Et il en faisait quoi ?
- Il prépare des mixtures étranges qui ont parfois des odeurs atroces.
- Il ne va pas nous faire boire une de ses potions j’espère.
Anya le regarda en écarquillant les yeux.
- Voilà une très mauvaise idée.
Les deux jeunes gens n’osaient pas s’approcher de lui de peur de le perturber dans ses préparatifs. Enfin, il posa son sac satisfait en regardant toutes ses fioles alignées devant lui. Oroky se retourna d’un bloc face à eux les faisant sursauter.
- Et bien que se passe-t-il ? Demanda le shaman.
- Tu nous as surpris c’est tout, répondit en souriant la koradji.
- A la bonne heure, nous allons pouvoir commencer.
Onèan se redressa, qu’importe la difficulté de l’entrainement il réussirait à apprendre ce que lui enseignerait le shaman. Il prit un grand récipient qu’il avait fait porter par l’écuyer durant le voyage de l’aller.
- Anya, pourrais tu me remplir ce récipient d’eau s’il te plait.
La jeune fille opina de la tête en le prenant.
- Toi Onèan prépare moi un feu dans ce foyer là bas.
Il désigna un petit cercle de pierre tout près de l’arbre aux larges branches.
L’écuyer obtempéra sans broncher, il se demandait vraiment où voulait en venir le shaman. Tandis qu’il préparait un feu, Oroky installa un trépied au dessus du foyer. Les flammes naquirent sous les efforts du jeune homme qui alla rassembler du bois mort pour entretenir le feu. Anya revint avec la bassine remplit d’eau et l’installa sur le trépied au dessus du foyer.
Sous les yeux intrigués des jeunes gens, le shaman commença à préparer une potion avec les herbes et les poudres qu’il avait sorti un peu avant. Il tourna sa préparation à l’aide d’une cuillère en bois, de temps en temps il penchait la tête au dessus de sa préparation, murmurant des paroles incompréhensibles.
Après de longues minutes d’attente Oroky se releva en souriant, la peur d’Onèan et d’Anya grandit en repensant à leur discussion. La couleur de l’eau dans le récipient ne leur inspirait aucune confiance.
- Voilà c’est prêt maintenant.
- Qu’est ce que s’est ? Demanda l’écuyer avec rétisence.
La koradji humait le parfum reconnaissant dans la préparation des herbes médicinales et aromatiques qu’utilisait sa tante.
- Est-ce un breuvage qui me permettra de comprendre à me servir de l’épée que vous m’avez confié, reprit Onèan.
- Tu es bien impatient jeune homme, mais je vais te dire ce qu’est cette décoction.
Il prit la bassine pour la sortir du feu, puis il alla la poser devant un rocher plat sous l’arbre qui servait de siège. Les deux jeunes gens le suivaient pas à pas pour ne rien manquer des explications du shaman, leur curiosité n’en pouvant plus.
- Ceci, fit le vieil homme en désignant la bassine, et mon bain de pied !
Anya et Onèan poussèrent une exclamation de surprise en même temps, manquant de tomber à la renverse sous l’effet de l’annonce du koradji.
- C’est seulement ça ! Lança l’écuyer déçu.
- Je souffre de corps au pied, répondit Oroky, c’est très douloureux tu sais.
- Mais et pour apprendre à me servir de la magie, que dois je faire ?
- A oui s’est vrai.
Il désigna d’autres pierres plates au soleil devant lui.
- Vous allez laisser vos affaires ici et enlever vos bottes, et ensuite vous vous installerez sur ces pierres là-bas.
- Et une fois assis que faisons-nous ? Demanda Anya.
- Vous allez méditer.
La réponse désarçonna de nouveau les jeunes gens.
- Méditer, reprit Onèan.
- Oui, c’est bien ce que j’ai dit, je veux que vous méditiez jusqu’à ce que je vous dise de vous arrêter.
Le jeune homme était près à tout, mais il ne s’attendait vraiment pas à ce genre de situation. Mais il obtempéra, il déboucla sa ceinture pour laisser son épée puis il enleva ses bottes, rejoignant Anya qui était déjà là bas. Ils s’installèrent chacun sur une pierre non loin de l’autre, puis ils regardèrent Oroky. Le vieil homme avait pris place sur son propre siège, poussant un soupir de soulagement quand ses pieds entrèrent dans l’eau.
- Qu’attendez vous, lança t’il alors, fermez les yeux et méditez !
L’écuyer soupira lui aussi de frustration mais il obéit de nouveau et ferma les yeux en essayant de faire le vide en lui. Il se rendit bien vite compte que la tâche serait loin d’être facile, il y avait tellement de pensées qui se bousculaient dans sa tête que les faire taire était presque hypothétique.
Onèan entrouvrit les yeux, le shaman était à demi endormi à l’ombre de son arbre. Le jeune homme tourna légèrement la tête apercevant Anya à coté de lui. Elle paraissait sereine, le visage apaisé, sa poitrine se soulevait doucement au rythme de sa respiration. L’écuyer ne put s’empêcher de laisser attarder son regard sur elle, il s’était habitué à sa présence, à la voir. Elle apaisait ses craintes en quelques mots, il aimait être seul avec elle à parler de leur vie respective.
Le jeune homme entendit le shaman bougé et il se remit immédiatement en place, face à l’arbre, espérant qu’il ne l’avait pas vu. Après quelques minutes sans que rien ne se passe, l’écuyer relâcha ses épaules. Il devait tenter de se concentrer un peu plus, il ne voulait pas mettre en colère son professeur même s’il trouvait que cet exercice était étrange.
Tout doucement, Onèan laissa ses questions s’effaçaient dans sa tête. Il lui fallut bien du temps pour faire le vide, mais avec un peu de rigueur, il y parvint avec succès. Le jeune homme se laissa bercer lentement par le rythme de sa respiration et des battements de son cœur. Il se rendit alors compte qu’une nouvelle sensation l’envahissait. D’abord comme un simple murmure, Onèan crût que toute la forêt l’entourait complètement.
Son corps vibrait au son des bois, il laissa son cœur battre à la même cadence que celui-ci. Peu à peu son esprit sembla se détacher de son corps et il s’envola au dessus de la vallée. Il vit Anya près de lui, puis toute la plaine, le lac apparut à son tour, les stèles, les tombes. Son esprit s’était éveillé au à la vie même de la vallée, ouvrant les portes de son âme au bois et à ses résidents.
Tout en se lassant bercer par toutes ses nouvelles sensations, une chaleur naquit en lui tandis qu’il se rapprochait de son corps. Plus il revenait vers le sol, plus la chaleur devenait grande et puissante en lui. Mais il se rendit compte que malgré la chaleur, il ne souffrait pas il la trouvait même agréable, comme un souvenir ancien qui se rappelait à lui.
Bientôt tout son corps brûlait de cette chaleur, il était devenu comme une flamme vivante. Le jeune homme regarda ses mains transparentes, il voyait le flux de magie qui coulait dans ses veines parcourant son corps. Il écarquilla les yeux, allant de surprise en surprise, il commençait même à comprendre pourquoi Oroky lui avait demandé de faire cela.
Une douleur lui vrilla le crâne soudainement, Onèan poussa un cri mais aucun son ne sortit de sa bouche spectrale. Il fut attiré vers son corps de manière irrésistible, et il plongea sur son enveloppe charnelle en un claquement bref.
L’écuyer redevenu lui-même, il s’affaissa sur le sol en tenant sa tête entre les mains. Oroky avait sentit le danger arriver, il était déjà debout avant que le jeune homme ne retourne dans son corps et il fut rapidement près de lui, un genou à terre. Anya quitta à son tour son état de méditation pour se précipiter auprès de son ami.
- Respire, dit doucement le shaman, tu dois retrouver ton calme.
Onèan essayait de reprendre son souffle mais la douleur était presque insupportable.
- Qu’est ce qui se passe ? Lança la jeune fille inquiète.
- Ce n’est rien, la magie est parfois une découverte douloureuse pour le corps.
L’écuyer se remettait lentement, il s’assit en s’aidant d’une main, sans lâcher sa tête. Oroky fouilla dans sa sacoche et en sortit une petite fiole en terre cuite.
- Bois une gorgée de ça, une seule.
Le jeune homme prit la bouteille et avala le remède. Il se mit à tousser en poussant un râle de dégoût, redonnant la fiole au shaman.
- C’est imbuvable, qu’est ce que s’est ?
- Il ne vaut mieux pas que tu le saches, je t’assure.
Onèan préféra ne pas en savoir plus, sachant qu’il n’y avait pas seulement des herbes dans ses décoctions.
- Tu vas mieux ? Demanda Anya à genou également.
- Oui je crois, la douleur est partie.
- Je ne pensais pas que cela arriverait si tôt.
Les jeunes gens regardèrent Oroky pour l’inviter à continuer, le vieux koradji soupira en s’asseyant sur le sol.
- La magie est une partie de nous même, elle est endormie en chacun de nous, mais pour certaines personnes cette magie est plus forte et elle peut être utilisée par leur possesseur. En toi, la magie est puissante mais elle n’est qu’un animal sauvage, indomptable et dangereuse. Tu viens d’en faire l’expérience, un peu brutalement je dois dire, je ne pensais pas que cette magie ancestrale mettrait si peu de temps à renaître.
- J’aurais préféré être prévenu à l’avance, répondit Onèan.
- Si je t’avais prévenu, il t’aurait fallu beaucoup plus de temps pour découvrir ton élément et ta magie, d’ailleurs qu’as-tu vu ?
L’écuyer lui raconta brièvement ce qui s’était passé, le shaman hochant la tête de temps en temps sans interrompre son élève.
- La feu est ton élément, j’en suis assuré maintenant même si je n’en douté pas, et toi Anya qu’as-tu vu ?
La jeune fille répondit à son tour.
- J’ai senti la vie de la forêt, comme si elle me parlait, j’étais si bien comme dans les bras d’une mère, c’était si bon si apaisant, je baignais dans une source limpide et fraîche aussi pure que le cristal.
Ses yeux étaient devenus rêveurs au souvenir de ce qu’elle avait ressenti.
- Il faut faire attention, reprit Oroky, il est vrai que de voyager dans le monde des esprits peut produire un état de béatitude, mais il ne faut pas oublier qui nous sommes et d’où nous venons. J’ai connu des apprentis et même des shamans qui n’ont jamais pu revenir de leur rêverie.
La mise en garde était claire, et les deux jeunes gens hochèrent la tête.
- Soit dit en passant, lança le vieux koradji, il est surprenant qu’une fille de la forêt est une affinité avec l’élément de l’eau.
- L’eau ?
- Et oui, c’est ton affinité magique, tout comme ton camarade pour le feu.
Le shaman se releva en s’aidant de sa canne.
- Maintenant que la première étape est franchie, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet.
Les deux jeunes gens se relevèrent à leur tour, ils se rendirent compte que tous leurs muscles étaient endolories comme s’ils avaient couru pendant des heures sans s’arrêter.
- Un autre effet secondaire de cette méditation, renchérit Oroky, et encore vous êtes restés dans cet état que pendant deux petites heures.
Le temps qui était passé les surpris.
- Je ne m’étais pas aperçu que nous étions restés aussi longtemps en méditation, fit Anya.
- Là encore, c’est dû au voyage dans les limbes, durant une méditation, le temps n’a plus de prise sur vous. Le danger est vraiment réel de pouvoir se perdre dans cette semi conscience, mais ces voyages dévoilent les paroles des Dieux.
- Mais alors comment savoir si nous sommes allés trop loin dans notre exploration ? Demanda la jeune fille.
Le shaman hocha la tête.
- Tu commences à poser les bonnes questions, c’est très bien. Pour connaître tes limites, tu dois faire apprendre la résistance de ton cœur et de ton âme.
La réponse était énigmatique, laissant les jeunes gens interloqués.
- J’ai quand même l’impression que tout n’a pas encore été compris, reprit Oroky, ce n’est pas bien grave, vous êtes là pour apprendre.
Il s’étira en poussant un glapissement de contentement. Onèan attendit que l’attention de leur professeur se retourne vers eux pour lui poser une question.
- Alors maintenant, que faisons-nous ?
- Je vous ai laissé faire pour votre premier contact avec la magie, à partir d’aujourd’hui et pendant plusieurs jours je vais vous apprendre à trouver en vous la force d’utiliser cette magie. Se sera peut être long, mais si vous ne maîtrisez pas la base, jamais vous ne pourrez l’apprivoiser correctement.
- Nous allons encore méditer ? Demanda Anya.
- Entre autre, répondit Oroky, mais pas seulement, vous allez réapprendre à respirer, à sentir, à regarder autrement qu’avec vos yeux.
- C’est ce que tu appelles les bases ? Questionna Onèan.
- Entre autre, répondit le shaman en souriant, levez vous maintenant, et suivez-moi pour recevoir votre premier cours.
L’écuyer chassa les derniers bribes de douleur qui le lançaient encore, il se rendait compte seulement maintenant que le chemin serait très long pour manier la magie comme son père. La koradji lui tendit une main pour l’aider à se relever, il sourit et la saisit pour se remettre sur ses jambes endolories. L’apprentissage ne faisait que commençait pour les deux jeunes gens.
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Lynaïs et Brom quittèrent le bastion des chevaliers protecteurs encore plus confiant qu’à leur entrée. Grâce à l’aide de Sir Nartero, ils passèrent beaucoup plus facilement tous les points de contrôles jusqu’à la sortie du quartier réservé au militaire. Avant de les quitter, le chevalier leur donna les dernières instructions.
- La prochaine fois que vous essayez de rentrer dans cette partie de la cité, allez directement à un poste tenu par les chevaliers protecteurs, en citant mon nom vous passerez plus facilement.
- Merci Sir Nartero.
- Edwin j’ai dit, vous êtes bien comme votre ami.
Les jeunes sourirent.
- Quand pensez-vous que nous pourrons partir ? Demanda Lynaïs plus sérieuse.
- J’ai plusieurs choses à faire, il faut d’abord que je trouve une excuse pour départ des trois écuyers, ça ne va pas être facile sans attirer l’attention. Une fois cela fait, nous pourrons mieux préparer le départ pour la mission de sauvetage.
- Cela prendra plusieurs jours alors.
- J’en ai peur, mieux vaut que vous ne quittiez pas trop votre auberge pour le moment se sera plus prudent. Je vous contacterais pour convenir d’un rendez vous.
- Très bien, nous attendrons un message de votre part.
Après un dernier signe, ils se séparèrent, le chevalier vers le quartier de l’armée et les deux jeunes gens en direction de leur auberge. Ils préférèrent attendre d’être revenu à leur appartement pour parler du projet, en plus ils savaient très bien que deux elfes les attendaient là bas avec impatience.
Lynaïs et Brom marchèrent rapidement en évitant les ruelles sombres, privilégiant les grandes avenues pour éviter au maximum les mauvaises rencontres. Même s’ils ne connaissaient pas très bien la ville, ils avaient repéré le chemin le plus rapide et le plus facile pour retourner à leur auberge. Ils franchirent la porte avec soulagement, regardant discrètement derrière eux pour vérifier qu’ils n’étaient pas suivis.
Le patron de l’auberge les salua en remarquant leur retour dans son établissement, il affichait un grand sourire très étrange. Lors de leur première arrivée, l’homme avait été particulièrement suspicieux, tout le contraire de ce qu’ils voyaient à présent.
- Voilà ceux qui ont rendu ma journée magnifique, vous pouvez rester autant que vous voulez ici.
Les jeunes gens étaient surpris de cet accueil.
- Pourquoi une telle réception ? Demanda Lynaïs.
- Regardez donc la salle.
L’établissement était bondé, pas une table n’était libre, tous les regards étaient dirigés vers un couple d’elfes. La curiosité avait poussé bon nombre de personnes à venir voir les étrangers.
- C’est une véritable mine d’or, ils consomment beaucoup et il y a de l’animation dans mon auberge. Je gagne autant en une soirée qu’en une semaine, avec plusieurs jours comme cela et je me ferais un joli pactole.
La jeune fille fit grise mine, leur passage discret en ville était fichu. Ils allaient devoir redoubler de prudence pour éviter les ennuis et certaines personnes malveillantes comme les membres de l’Inquisition. Les jeunes gens rejoignirent leurs amis en traversant la salle, obligés de repousser les autres convives pour pouvoir approcher.
Le visage de Karez s’illumina quand il vit arriver leurs compagnons, il était soulagé qu’il soit de retour sans avoir eu des problèmes. Mais il y avait une autre raison, le pauvre elfe n’arrivait plus à se sortir du guêpier dans lequel il se trouvait.
- Vous voilà enfin, je me demandais ce que vous faisiez.
- Nous avons mis plus de temps pour revenir afin d’éviter les rues trop sombre.
- Alors avez-vous pu rencontrer quelqu’un dans le quartier militaire ? Demanda Karez avec la voix basse.
- Oui, répondit en chuchotant Lynaïs, mais il vaudra mieux en parler quand nous serons plus tranquilles.
Ils sursautèrent quand Elifain se mit à rire soudainement en s’affalant que sa chaise. Brom essayait de la soutenir pour qu’elle ne tombe pas de son siège.
- Je crois qu’elle a un peu trop abusé du vin offert par les clients, lança timidement l’elfe dépassé.
- Mais que s’est il passé à la fin ?
- Et bien, au départ, nous avons écouté ce que tu avais demandé, en restant bien sagement à notre table sans quitter les lieux. Les quelques clients se rapprochèrent de nous en découvrant notre identité, voulant en savoir plus sur nous.
L’archer parut gêné.
- Et ensuite ?
- Nous avons perdu le contrôle de la situation.
Brom tentait de calmer Elifain qui manquait de s’écrouler sur le sol prise d’un fou rire qui s’entendait dans toute la salle. Les autres convives se retournaient en cherchant à voir les elfes, même à Paragahi, leur présence n’était pas commune.
- Mais comment as-tu laissé Elifain terminer dans cet état ? Demanda le forgeron en redressant la jeune fille sur son siège.
L’elfe se collait maintenant à Brom en tentant de s’agripper à son épaule en murmurant des paroles incompréhensibles. Le jeune homme sentait le rouge lui monter aux joues en sentant la proximité de sa camarade.
- Quand les gens sont venus nous parler, nous avons été séparé, se défendit Karez, et au moment où je m’en suis rendu compte, il était déjà trop tard, elle était saoule.
- Mais tu sais combien de verres elle a bu ?
- Pas vraiment, beaucoup, c’est sûr.
- Bon, alors mieux vaut la ramener dans sa chambre, nous discuterons de ce qui s’est passé aujourd’hui quand elle se sentira mieux.
Elifain avait la tête en arrière, regardant le plafond les yeux dans le vague.
- Très sage, renchérit Brom.
Karez et le forgeron soulevèrent leur camarade qui n’était plus qu’un poids mort entre leurs bras. Les clients de l’auberge poussèrent une clameur de déception en les voyant partir. Mais les voyageurs avaient vraiment besoin de se retrouver un peu seul après toute cette agitation, et Elifain de beaucoup de repos.
Alors qu’ils montaient l’escalier pour rejoindre leurs chambres, Lynaïs soupira, la soirée allait être beaucoup plus longue qu’elle ne l’aurait cru. Elle commencerait à faire le bilan avec Karez et ils verraient demain ce qu’ils pourraient faire pour la suite de leur quête.
A une table proche des jeunes gens, un homme se tenait dans l’ombre, il passait complètement inaperçu dans la foule. Un verre posait près de lui, il n’en avait presque pas touché une goutte pour garder l’esprit clair. Au départ, il n’était là que pour suivre les deux elfes, il était toujours bon de suivre des étrangers, surtout les nouveaux venus dans la cité.
Mais là, l’espion avait fait une véritable découverte à laquelle il ne s’attendait pas. Son maître allait être satisfait de la nouvelle, et il devait lui rapporter le plus rapidement possible. Il profita qu’un groupe de convives sortent pour leur emboîter le pas, aussi discrète qu’une ombre. Une fois dans la rue, l’homme se mit à marcher à grande enjamber, prenant tous les raccourcis qu’il connaissait pour arriver plus vite.
Il franchit plusieurs postes de gardes sans qu’ils n’osent poser de question, les soldats avaient trop peur de l’uniforme qu’il portait sous son ample cape. Il atteint rapidement un bâtiment noir et menaçant, toutes les fenêtres étaient pourvues de grilles en fer forgé couverte d’épines acérées. Les rebords des ouvertures et des murs étaient recouverts de verre cassé.
Sans éprouver la moindre crainte, l’homme pénétra dans ce bâtiment où même la lumière semblait trembler sous l’ombre angoissante qui entourait les murs. Après plusieurs escaliers, il frappa à une porte close quelques coups brefs mais fermes, il entra sans attendre de réponse. Un homme était debout devant une fenêtre, regardant dans une direction bien précise, celle de la forêt de Veraï. Il se tourna subitement vers le nouveau venu, de la colère dans les yeux.
- J’avais dit de ne pas me déranger, c’était valable pour toi aussi Hock !
- Je sais bien, répondit Duncan, mais j’ai là une nouvelle qui va vous réjouir au plus haut point.
Keridan de Cerissac se redressa.
- Et c’est quoi cette nouvelle ?
- Vous ne devinerez jamais qui accompagne les deux elfes qui sont arrivés en ville il y a peu, l’amie de Terrenoir, l’archère.
Le noble changea d’humeur immédiatement, il afficha un sourire gourmand sur les lèvres.
- Quelle coïncidence, tu as bien fait de venir, tu viens de me rendre le sourire.
Il se mit à rire à gorge déployée.
- La chasse va pouvoir reprendre.
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