Bonjour ^^
Le Concile doit maintenant réfléchir sur la demande du petit groupe venu du Conglomérat. Patinil a donné d'elle même pour faire pencher la balance en leur faveur, dévoilant le calvaire qu'elle avait vécu.
Maintenant, les jeunes gens sont en attente et les heures vont leur sembler bien longue.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 44
La décision du Concile
Dés leur retour, les jeunes gens furent accueillis par les soldats qui s’étaient regroupés dans la salle commune au rez de chaussée. Ils attendaient avec impatience le résultat de l’assemblée qui désignerait leur sort ici. Pas autant préoccupé par la magie que les jeunes gens, les guerriers préféraient savoir ce qui allait advenir d’eux.
- Alors, où en sont les vieux mages ? Demanda Caner Tyuro.
- Pour le moment nous devons attendre, lança Mel, ils sont en cours de délibération et apparemment ils peuvent parfois prendre leur temps pour avoir une réponse.
- Il y a rien à faire donc ? Fit Mund Hasra avec sa morgue habituelle.
L’écuyère répondit par la négative.
- Pourquoi Mademoiselle Ojir est dans un tel état de nervosité ? Reprit le sergent en la regardant.
Patinil était assise sur un des canapés, les jambes repliées contre elle, son regard était perdu dans le vague. Mel soupira, elle avait encore le souvenir de ce qui s’était passé quelques temps auparavant.
- Le déroulement de la réunion a eu quelques rebondissements.
- De là à la mettre dans cet état, je suis surpris, fit le soldat avec inquiétude.
Mel aussi était inquiète, mais elle ne voulait pas le montrer.
- Ne vous en faites pas, pour le moment nous devons attendre, il n’y a rien d’autre à faire.
Les soldats se retournèrent pour retrouver leurs canapés en discutant ensemble, Caner Tyuro resta quelques instants de plus.
- Il n’y aurait pas un lien avec ce qui lui est arrivé dans les montagnes ?
L’homme faisait preuve d’une grande sagacité.
- En partie, mais rien de grave, répondit la jeune fille.
Caner Tyuro fit un hochement de la tête, puis il se retourna pour rejoindre ses compagnons qui s’étaient réinstallés. Mel allait de surprise en surprise avec cet homme, bien qu’il paraissait bourru et retord au premier abord, il faisait preuve d’une grande justesse d’esprit.
L’écuyère rejoignit Ekart, elle affichait un visage sévère quand elle se présenta devant lui, les poings sur les hanches.
- Pourquoi ne l’as-tu pas empêché de faire ça ?
Le jeune homme baissa ses épaules.
- Je ne voulais pas qu’elle le fasse aussi, je sais bien ce qu’elle ressent, je l’ai bien vu.
- Mais tu n’avais pas un autre plan.
- Pour qui me prends tu, évidemment que j’en avais un, mais tu sais comme elle est têtue.
Le jeune diplomate posa les papiers qu’ils avaient emmenés sur la table.
- Malgré tout, reprit Ekart, je dois reconnaître qu’elle a fait un effet particulièrement important auprès des mages.
Mel foudroya du regard le jeune homme.
- Mais à quel prix ? Tu penses à Patinil.
- Ne t’inquiète pas, intervint la jeune fille qui les écoutait depuis quelques minutes.
Patinil avait lâché ses jambes, en les reposant sur le sol, elle se tenait bien droite dans son fauteuil comme elle en avait l’habitude.
- Il n’y est pour rien, j’ai fait mon choix, nous n’avions pas de meilleur moyen de les faire changer d’avis.
L’écuyère s’assit près de la jeune diplomate.
- Tu devrais aussi te préoccuper de toi.
Elle se contenta de sourire en posant une main amicale sur celle de son amie pour la rassurer. Mel ne répondit pas et sourit à son tour, elle trouvait la jeune fille si courageuse malgré tout ce qui lui était arrivée. Le silence s’installa dans la salle commune, chacun attendant dans son coin la décision sur leur sort.
Le dîner avait été servi depuis quelques temps déjà, et aucune nouvelle n’était parvenue jusqu’à eux. Ekart avait pourtant usé de son charme pour en apprendre plus auprès des personnes qui venaient leur apporter le repas. Pourtant ils ne dirent mots, entrant et sortant de la pièce sans émettre un son.
Enfin, des coups furent frappés contre l’huis de la porte, faisant bondir tout le monde dans la pièce. Ils se regardèrent tous les uns et les autres, ils se demandaient bien ce qui allaient advenir d’eux, la réponse était derrière la porte.
- C’est bien la première fois qu’ils prennent la peine de frapper à la porte, plaisanta Mel avec une petite voix.
- Bon ou mauvais signe ? Demanda Patinil.
- Nous allons être fixés, répondit Ekart en se redressant, entrez !
La porte s’ouvrit, Nertas entra suivit des trois premiers sages du Concile, Endarius en tête. Aucune émotion particulière n’était visible sur leur visage, même le vieil ermite cachait très bien ses sentiments. Les voyageurs trépignaient sur place en connaissant enfin la réponse, Ekart n’en pouvant plus les aborda de front.
- Madame, Messieurs, bonsoir, j’espère que vous venez avec de bonnes nouvelles.
Le premier Maître regarda le diplomate avec une pointe d’amusement.
- Que d’empressement et de curiosité, êtes vous si pressés ?
Des regards noirs lui répondirent le faisant sourire.
- Cessez de rire à leurs dépends, lança la seconde Maître avec agacement.
- Ne vous énervez pas chère Malna, j’en viens au fait.
Endarius ferma les yeux un instant.
- Les délibérations ont été longues et particulièrement agitées, nous n’avions pas vu ça depuis le débat sur l’expansion de la barrière de sécurité de la vallée.
Le troisième Maître hocha la tête, se souvenant de ce jour là.
- Une sacrée séance, renchérit Norin.
- Et ? Demanda Ekart impatiemment.
Le premier maître leva une main.
- J’y viens, j’y viens, nous avons pu trouver un compromis entre ceux qui étaient contre votre venue et ceux qui étaient pour. Vous allez pouvoir rester parmi nous et trouver les réponses à toutes vos questions, et même plus.
Les jeunes gens poussèrent un petit cri de joie, ils avaient réussi à être admis dans la vallée cachée des mages. Les soldats eux même poussèrent des exclamations de joie, bien que moins volontaire que les diplomates, ils voulaient vraiment découvrir cette vallée que personne n’avait encore jamais vu.
- Vous avez parlé de compromis, reprit Patinil une fois la joie passée.
- Oui en effet, répondit Endarius, rien de terrible je vous assure.
Il sortit des pans de sa robe un parchemin orné de plusieurs sceaux.
- Ce document a été rédigé en toute fin de séance, il regroupe toutes les clauses qui ont été demandées pour assurer votre séjour parmi nous.
Le mage s’approcha de la table toute proche pour le dérouler devant eux pour qu’ils puissent tous le voir.
- Nous pouvons connaître les exigences ? Demanda Ekart.
Le diplomate n’aimait pas avoir des limites et il espérait bien pouvoir passer outre comme il en avait l’habitude.
- Suivez les s’il vous plait, n’est ce pas mon cher Ekart.
Le jeune homme comprit que le mage avait lu dans ses pensées, il était bien attrapé. Il répondit simplement en souriant, se promettant de faire plus attention à ses pensées à l’avenir.
- Alors, pour votre séjour, nous allons vous permettre de loger dans une auberge proche du centre de la cité. Vous serez sous surveillance permanente, c’était l’une des principales exigences des contres, vous serez tout le temps accompagné d’un membre de la sécurité de la vallée, dans la mesure du possible.
Les voyageurs ne pensaient pas qu’ils pouvaient rester ici, alors la présence d’un chien de garde était peu de chose en comparaison.
- Ensuite, quand vous désirerez consulter des archives ou n’importe quel document, vous devrez être accompagné d’un membre du Concile qui vérifiera le contenu de toutes vos notes.
- Cela parait normal, répondit Patinil en hochant la tête, autre chose ?
- Une dernière chose importante, le reste étant de petits détails, vous devrez raconter comment se trouve le Conglomérat actuellement, lança Endarius en souriant.
Les voyageurs les fixèrent avec incrédulité.
- Vous voulez que nous vous parlions du Conglomérat ! Mais pourquoi une telle exigence, je trouve ça bien étrange, lança Mel.
Endarius sourit, s’attendant à une telle réaction de la part de leurs invités.
- Nous avons peu de visite de l’extérieur, même si nous pouvons voir ce qui s’y passe grâce à des moyens magiques. Il est toujours agréable de se renseigner sur les derniers changements avec les habitants eux même, ne le pensez vous pas ?
Les voyageurs sourirent, ils ne s’attendaient pas à devenir un tel centre d’intérêt pour toute la cité.
- Si toutes ces conditions vous satisfont, nous allons pouvoir vous emmener vers vos nouveaux logements.
Ekart se tourna vers ses compagnons.
- Qu’en pensez-vous ? Demanda-t-il.
- Nous n’aurons pas d’autres chances, nous en avons trop fait pour tout perdre en une fois, répondit Patinil.
- Je suis d’accord avec toi, répondit Mel avec assurance.
Les soldats hochèrent la tête à leur tour, ils avaient hâte de sortir de cet endroit devenu bien exigu.
- De plus je suis persuadé que ces conditions seront vite oubliées, lança Endarius.
Malna poussa une exclamation d’agacement.
- Vous n’allez pas commencer à changer les règles.
Le mage regarda sa collègue.
- Allons, je suis le Premier Maître du Concile, je suis là pour faire en sorte que les décrets sont bien suivis pour la sécurité d’Alantaria.
- Et vous en faites qu’à votre tête, acheva Malna d’une voix monotone.
Le mage se contenta de faire un geste en l’air.
- Passons, passons, maintenant que toutes les personnes présentes sont d’accord, reprit Endarius, nous allons pouvoir partir pour votre prochain logement.
- Et pour nos armes ? Demanda Mel.
- Je ne peux pas vous les rendre pour le moment, fit le premier maître, vous n’en aurez pas besoin ici de toute manière.
La jeune fille aurait préféré les récupérer.
- J’imagine que nous n’avons pas le choix.
- Vous n’avez rien craindre dans cette vallée, lui répondit Malna, si des fois vous avez besoin de les reprendre, elles vous seront redonnées, soyez en sûr Ecuyère.
Mel regarda la femme dont le regard semblait la mettre à nu.
- Très … Très bien.
- Je pense que vous n’avez plus de questions, nous allons donc pouvoir nous mettre en route, acheva Endarius tout souriant.
Les voyageurs réunirent aussitôt leurs affaires, ils n’eurent pas besoin de beaucoup de temps, ils avaient déjà tout préparé. Bien qu’ils n’étaient sûrs de rien, les membres de l’expédition diplomatique avaient tout de même fait leur valise en cas de départ avant d’apprendre le résultat du Concile.
Tous furent rapidement de retour dans la salle, chargé de sac. Endarius ouvrit la porte et sortit à son tour, suivit par les autres mages et les voyageurs, désormais libre de quitter la maison aux fenêtres sans teint.
Dehors, la nuit était tombée, mais des lanternes étaient allumées dans les rues. Un petit groupe de garde était réuni sur la place, ils étaient là pour escorter les étrangers. Mel remarqua la finesse de leur armement, des hallebardes scintillantes sous la lueur des torches et des armures de plaques bien ajustées.
- Qui sont-ils ? Demanda l’écuyère à Nertas près de lui.
- Vos anges gardiens le temps de votre séjour ici, la garde spéciale de la cité, il ne faut pas se fier à leur apparence, ils manient aussi bien les armes que la magie.
Mel les regarda avec intérêt, elle se promit d’en savoir plus sur la personne qui créait les armes de ces soldats. Les hommes se déployèrent autour d’eux dans un ensemble parfait, faisant sourire les soldats de la forteresse du corbeau.
- Ils se croient à la parade ceux là, murmura Dyante Habifa en pouffant de rire.
- La discipline je pense, répondit Caner Tyuro.
- N’empêche, sur un champ de bataille, je ne donne pas cher de leur peau.
- Ne te fie pas à tes yeux, lança le sergent, j’ai bien l’impression qu’ils savent très bien se servir de leur arme, ils les tiennent très correctement.
- Je demande à voir quand même.
Dyante Habifa n’était pas très convaincu.
- Vous allez nous attirer des ennuis, intervint Mel dans un souffle, ce n’est pas le moment de les mettre en colère.
Ils se turent sur un regard de l’écuyère, se n’était pas le moment de froisser ceux qui les garderaient. Apparemment les gardes n’avaient rien entendu ou préférèrent ne pas répondre à la moquerie. Le premier Maître du Concile fit un geste, ils se mirent alors en route dans les rues chatoyantes de la cité.
Sur le chemin, les passants les regardaient avec étonnement, les enfants les suivant en courant pour mieux les observer. Les soldats de la forteresse ne s’en apercevaient même pas, trop occupé à découvrir enfin la cité cachée des mages. Ils s’émerveillaient de la moindre nouveauté qui s’offrait à leurs yeux. Les jeunes gens qui étaient déjà sortis tentaient d’en apprendre un peu plus sur ce qu’ils pourraient faire dés le lendemain.
- Nous pourrons commencer nos recherches au matin ? Demanda Ekart en se portant à la hauteur d’Endarius.
- Et bien, nous n’avons encore pas tout préparé, mais normalement dans la matinée vous pourrez voir la bibliothèque du Concile, je serais même disponible pour vous servir de guide.
- C’est vraiment très généreux de votre part, répondit Patinil en souriant.
Les deux jeunes filles avaient rejoint les mages en tête pour participer à la conversation.
- J’aurais quelque chose à te proposer, fit Malna la deuxième Maître.
La diplomate la regarda sans comprendre.
- Pour nos recherches ?
- Il n’y a aucun rapport avec vos questions, bien qu’elle puisse te donner un exemple de la magie que tu recherches, c’est en particulier pour toi. Cette demoiselle pourra te suivre, tu auras besoin de quelqu’un je pense.
- Ne te gène pas, intervint Ekart, je commencerais seul au départ, cela ne me dérange pas.
- Je t’accompagnerais, ne t’en fais pas, renchérit Mel en souriant.
Hésitante, Patinil finit par hocher la tête, bien qu’elle se demandait bien pourquoi elle voulait la voir en particulier.
- Je veux bien venir vous voir, même si je me demande pourquoi moi en particulier.
- Tu verras une fois sur place, répondit Malna.
Le groupe traversa le quartier et déboucha sur une nouvelle place. Il y avait plus de monde, de la musique sortait des échoppes en marge de la place, au centre de la surface pavée, des kiosques et des jardins bien entretenus donnaient un air de fête à toute la zone. Ils se dirigèrent directement vers une grande bâtisse à la façade en bois et torchis, peinte d’un vert tendre. Les poutres de bois semblaient très vieilles, des bacs de fleurs étaient accrochés à toutes les fenêtres.
- Voici l’établissement où vous logerez le temps de votre séjour, « la Table d’Argent », lança Endarius en montrant le bâtiment.
- C’est grand ! Répondit Mel en écarquillant les yeux.
- C’est l’auberge la plus renommée de la cité, reprit Nertas, j’y descends de temps en temps quand je viens ici, j’aime beaucoup l’ambiance qui y règne.
Ils entrèrent dans la grande salle commune, spacieuse elle aurait pu contenir une centaine de personnes sans qu’ils ne soient serrés. Des tables en chênes étaient disposées dans la salle avec une demi-douzaine de chaises autour. Une myriade de candélabres illuminait la pièce, comme autant d’étoiles dans le ciel.
Un homme vêtu d’un tablier à carreaux les accueillit les bras ouverts, il avait un embonpoint très prononcé mais ce qui n’avait pas l’air de le déranger. Portant un costume ample, les plis volaient autour de lui comme des vagues bleu nuit.
Son visage était rond avec des yeux marron toujours rieurs, l’homme était connu pour sa bonne humeur. Sa porte était toujours ouverte pour les voyageurs de passage, la plupart des habitants d’Alantaria était venu au moins une fois entre ses murs.
- Endarius, c’est un plaisir de vous recevoir.
- Maître Donler, merci d’avoir accepté de louer une partie de tes chambres au pied levé.
- Ce n’est rien, je n’ai pas trop de monde en ce moment. C’est bien dommage parce que j’aime tellement entendre les étages s’animaient par la présence de mes invités.
L’homme afficha un air de profonde déception.
- Alors imaginez, quand votre message est arrivé sur mon comptoir, mais c’était plus qu’une bonne nouvelle, c’était une bénédiction.
Il regarda derrière le mage.
- Voilà donc les voyageurs venus du Conglomérat ?!
- Oui, nous les avons guidés jusqu’ici.
- Bien, je viens juste de préparer l’étage comme vous me l’avez demandé.
Endarius se retourna vers les invités.
- Nous allons vous laissez vous reposer pour ce soir, je pense que vous devez tous en avoir besoin. Demain matin, je viendrais vous chercher Ekart pour que vous commenciez vos recherches en ma compagnie.
- Je serais prêt, répondit le diplomate.
Malna se pencha vers Patinil.
- J’enverrais mon apprentie pour vous guider jusqu’à mon manoir, vous n’aurez pas besoin d’escorte militaire ainsi.
La jeune fille hocha la tête.
- Je vois que toi aussi tu te mets à outrepasser les accords, intervint Endarius.
La magicienne fit un geste vague.
- Mon apprentie passera les chercher, elle les surveillera très bien.
- J’en suis persuadé, répondit le premier maître amusé.
Il regarda les voyageurs d’un signe de la tête.
- Je vous souhaite à tous une très bonne nuit, et reposez vous bien en vu de la journée prochaine.
Les trois maîtres du Concile des sages les quittèrent après ce dernier salut, Nertas allait partir à son tour, mais il ne voulait pas le faire sans les saluer.
- Je pense que j’en ai terminé ici, je vais retourner dans mes montagnes.
- Pourquoi ne pas rester avec nous, demanda Mel, vous pourriez nous aider à nous guider dans la cité.
Le mage hésita quelques instants avant de reprendre la parole.
- J’ai autre chose à faire que de faire guide touristique pour une bande de gamins délurés, j’ai des occupations bien plus importantes m’attendent.
Ekart se dressa devant lui et il s’inclina avec beaucoup de sérieux.
- Je tiens à vous présenter mes plus sincères remerciements pour votre aide, sans vous Nertas, nous n’aurions jamais pu arriver jusqu’ici.
Le mage était totalement pris au dépourvu, il se mit à rougir et il tenta de le cacher en prétextant une toux pour se mettre la main sur le visage.
- Bien, bien, il n’y a pas besoin d’en faire autant, j’ai fait ce que je pensais être le mieux pour tout le monde. Evitez de vous mettre encore dans les ennuis, je ne suis pas un protecteur qui apparaitra à chaque fois que vous aurez besoin.
Nertas fit un signe rapide de la main avant de sortir précipitamment de l’auberge pour ne pas montrer sa gêne. Les voyageurs s’empêchèrent de rire pour ne pas ennuyer plus celui qui les avait tant aidés depuis leur arrivée dans ces montagnes.
- Je crois bien que nous avons atteint notre objectif, lança Ekart fièrement.
- Tu as raison, répondit Patinil, à nous de saisir cette chance pour en découvrir le plus possible.
Le groupe de la forteresse avait franchi un grand obstacle, et ils avaient hâte d’être à demain pour poursuivre leur découverte de la cité des mages.
Le lendemain, les voyageurs s’étaient réuni au tour d’une table pour le petit déjeuner. Ils n’avaient jamais aussi bien dormi depuis qu’ils étaient partis de la citadelle il y a plusieurs semaines déjà. Il se dégageait de cette vallée une telle sérénité qu’une impression de sécurité les entourait totalement. Même si ils étaient libres d’aller et venir, les gardes d’Alantaria n’étaient jamais loin, disposés dans la salle aux sorties et dans les escaliers.
Malgré cette surveillance renforcée, les clients étaient nombreux pour profiter des services de l’Auberge. L’établissement semblait attirer plus de monde depuis que les voyageurs étaient arrivés, le patron s’en frottait les mains par avance. Il était rassuré de revoir autant de personne dans son auberge pour faire vivre la grande maison.
Ekart terminait son repas, il avait pris soin de préparer un sac pour partir le plus vite possible, il avait hâte de commencer ces recherches dans des archives que personne dans tout le Conglomérat n’avait pu jeter un œil.
- Tu me sembles bien exciter, remarqua Mel en le regardant.
- Et encore tu es loin de décrire ce que je ressens, répondit le jeune homme en souriant, je vais voir des documents qui ne sont pas sensés exister dans le Conglomérat.
- N’oublie pas que tu seras surveillé.
Le diplomate fit un geste vague devant le visage de l’écuyère.
- Je verrais bien une fois sur place, et toi Patinil, tu n’as pas l’air dans ton assiette ?
La jeune fille affichait un visage pâle, elle s’inquiétait un peu par rapport à cette invitation dont elle ne connaissait absolument rien.
- Je ne sais pas ce que me veut la magicienne Malna, même si Mel m’accompagne je m’interroge beaucoup.
- Et alors, l’inconnue n’est pas excitant !
La joie d’Ekart avait de quoi porter sur les nerfs, faisant soupirer les deux jeunes filles. Heureusement, l’apparition d’Endarius dans l’Auberge coupa court aux palabres du jeune homme. Il se leva immédiatement pour se porter au devant du mage.
- Bonjour à vous premier Maître, j’avais grand hâte de vous voir arriver.
- Je vois ça jeune diplomate, c’est pour ça que je me suis permis de venir un peu plus tôt que ce que j’avais pensé au départ.
- Je suis prêt à vous suivre.
- Une bonne chose.
Endarius prit le temps de saluer les autres étrangers, puis il emmena Ekart qui ne pouvait plus tenir en place. Ils quittèrent bien vite la salle, déjà en pleine conversation sur l’endroit où ils allaient.
- Quand il s’agit de découvrir des secrets, il est presque insupportable, commenta Patinil.
- Nous nous en étions aperçu, remarqua Caner Tyuro faisant rire les autres soldats qui se trouvaient en leur compagnie
- Je ne sais pas combien de temps nous serons partis, reprit Mel, mais vous avez quartier libre.
Une jeune fille qui commandait à des soldats vétérans était étrange à voir, les hommes s’en étaient accommodés connaissant le pouvoir des chevaliers protecteurs.
- Nous allons surement en profiter pour visiter la cité, répondit Tyuro, avec nos gardes du corps nous ne nous perdrons pas.
Mel se pencha vers l’homme à ses côtés.
- Essayez de vous lier d’amitié avec eux, murmura t’elle, je voudrais en savoir plus sur leurs armes.
Le sergent se mit à sourire.
- Nous essaierons, je vois que vous êtes aussi curieuse que vos deux amis.
- Ils déteignent sur moi peu être.
Une jeune magicienne entra dans l’auberge, elle portait une toge blanche aux bordures rouges, une ceinture de la même couleur à sa taille. La jeune fille avait un visage juvénile avec des cheveux châtains attachés en tresse. Elle portait également des lunettes qui la rajeunissaient encore plus. Elle avança vers la table des voyageurs venus de l’extérieur.
- Bonjour, je me nomme Siana, je suis l’apprentie de la deuxième Maître Malna, vous êtes Patinil Ojir et Mel Davard ?
- Oui c’est nous, nous vous attendions.
- Je dois vous guider vers la maison de ma maîtresse, si vous vous voulez bien me suivre.
Les jeunes filles se levèrent à leur tour de la table, elles n’avaient pas besoin de prendre quelque chose avec elles. Mel se trouvait un peu comme dénudée sans la présence de son épée au coté, ils étaient en sécurité mais elle aurait aimé sentir le fourreau de cuir contre sa cuisse.
Suivant l’apprentie, les deux jeunes filles quittèrent « la Table d’Argent » en direction du manoir de la deuxième Maître du Concile.
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