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Jeudi 31 mai 2012, 17:31


Voici une histoire écrite par Trimor et dont le titre est Chevalier - chapitre 45 - Réapprendre - Sous surveillance.

Bonjour ^^

Chapitre 45, la suite de Chevalier est avancée et j'espère qu'elle vous plaira.
Retrouvons Onèan, la formation de magie continue pour lui et sa camarade Anya. Oroky distille son savoir au compte goutte, pour qu'ils voient doucement la force grandir en eux.
A Paragahi, Keridan de Cerissac et de ses sbires sont sur les traces de Lynaïs et de ses compagnons. Ils veulent les piéger pour assouvir leur vengeance.

Bonne lecture ^^


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CHAPITRE 45
Réapprendre - Sous surveillance


Avec le long apprentissage qui attendait les jeunes gens, Oroky prit la décision de s’installer dans la vallée. Par ce moyen, le shaman espérait gagner de longues heures de voyage pour atteindre ce lieu reculé. Les protestations de Korahyn, le chef du village, furent vite balayées par la main d’Oroky, il lui lança qu’il suffisait d’envoyer un messager et il reviendrait aussitôt.
Pour préserver la pureté de la vallée, ils s’installèrent dans la forêt limitrophe, dans une clairière dégagée à l’abri des regards. Les connaissances des koradjis pour vivre dans les bois étaient très grandes, elles se transmettaient génération après génération. Onèan avait tout à apprendre pour pouvoir survivre ici, il suivait scrupuleusement les directives du shaman et d’Anya, emmagasinant le plus de choses possibles.
La hutte était rudimentaire mais suffisante pour trois personnes. Ils avaient emmené le minimum pour pouvoir vivre ici, un feu de camp pour préparer les repas et quelques provisions agrémentées par le produit de leur chasse. La vie loin du village plaisait Anya qui n’avait plus à faire les corvées de sa tante, elle pouvait enfin vivre telle une chasseuse de sa tribu comme elle avait toujours voulu.

Les journées étaient ponctuées par des exercices de relaxation et des entraînements intensifs, étonnant les jeunes gens. Mais Oroky ne cessait de répéter quand ils posaient des questions.
- Pour maîtriser la magie il faut avant tout connaître son corps et comprendre comment il fonctionne.
Le shaman était un maître exigent et il ne laissait jamais ses élèves se reposer. Ils les poussaient toujours plus loin aux limites de l’épuisement. Après une semaine de ce traitement, les jeunes gens avaient acquis des réflexes et une plus grande endurance. Le vieux koradji était satisfait, il trouvait maintenant que ses disciples étaient près à apprendre la suite de son enseignement.
Un soleil pâle se levait doucement, Oroky avait amené les jeunes gens au bord du lac, sur une terrasse de pierre qui surplombait les eaux. Le shaman avait apporté avec lui un grand parchemin retenu par des lacets de cuir. Sans attendre, il défit lentement les nœuds pour dévoiler aux yeux curieux de ses élèves son contenu. Des dessins représentaient une personne effectuant des gestes, comme une danse étrange.
- Qu’est ce que s’est ? Demanda Anya.
- Ce parchemin est la base qui vous permettra d’apprendre la magie.
Onèan croisa les bras.
- C’est de la magie ?
- Ne juge pas aussi rapidement quelque chose que tu ne connais pas, lança Oroky avec amusement.
- Il faut dire que j’aurais vu quelque chose de plus …
- Flamboyant peut être ?
Le jeune homme hocha la tête.
- Comme je vous ai dit, pour connaitre les bases de la magie il faut connaitre son corps, et cet exercice répond exactement à cela.
Le shaman montra de nouveau le parchemin.
- Comme tu me l’as fait remarquer ce n’est qu’un simple rouleau de cuir, mais c’est la base des techniques pour utiliser le flux de magie qui existe en vous.
Il s’approcha des jeunes gens pour mieux leur expliqua, d’un doigt il posa un bras sur la poitrine de l’écuyer.
- Souviens toi, je vous ai dit que la vraie magie est là, dans votre cœur, dans votre chair et votre sang.
Le vieil homme écarta les bras.
- Ces flux sont imperceptibles mais il faut que vous appreniez à les canalisez pour pouvoir puiser la force qui y réside.
Il désigna les dessins.
- Chaque position mise les unes après les autres vont vous ouvrir les portes de ces flux et donc de la magie. Vous allez apprendre chaque mouvement et vous allez les reproduire ensemble sur le même rythme, c’est bien compris ?
- Oui, répondit Anya, mais pourquoi ensemble ?
Oroky se redressa.
- Durant mon propre apprentissage, j’ai compris que de mettre deux personnes en concurrence les poussent à aller au-delà de leur capacité.
- Alors vous voulez que nous nous affrontions ? Fit Onèan un peu réticent.
- Je n’ai jamais dit ça, tu m’écoutes un peu ?
Le jeune homme préféra ne pas chercher à avoir le dessus.
- Je ne veux pas une bataille rangée, je suis plutôt désireux que vous vous entraidiez pour réussir les exercices rapidement.
Il les désigna.
- L’un comme l’autre, vous avez un pouvoir qui ne demande qu’à grandir, les deux flux ensemble vont s’épanouir et s’ouvrir à vos esprits. Est-ce un peu plus clair maintenant avec cette explication ?
Les jeunes gens acquiescèrent en silence.
- Bien, alors mettez vous au travail, je vais rester là pour la première journée, mais après je vous laisserez faire, c’est à vous de trouver l’harmonie des flux de votre corps.

Un à un, Oroky exécuta les gestes devant eux, avec lenteur et rigueur, il regardait avec attention ses élèves. Les jeunes gens comprenaient que c’était un travail très important car leur maître était encore plus critique qu’auparavant. Il y avait plusieurs dizaines de mouvements mêlant les pas et les bras, chacun exigeait une attention particulière et un grand calme.
Peu à peu, les deux jeunes gens commencèrent à se synchroniser, ils se regardaient se corrigeant mutuellement quand l’un d’eux faisait une erreur. Ils ne se quittèrent plus des yeux pendant de longues minutes, observant du regard les mouvements de l’autre. Tous les deux se mirent à rougir en même temps en s’en rendant compte, gêné ils se retournèrent brusquement brisant leur harmonie du moment.
- Vous allez oublier cette agaçante habitude de gamin, un peu de sérieux, lança Oroky.
- Désolé, répondirent ils en même temps en baissant la tête.
Le shaman secoua la tête en grognant de plus belle.
- Allez recommencer, et oubliez un peu cette gêne, vous vous connaissez depuis assez longtemps pour ne plus y faire attention.
Anya et Onèan se remirent au travail, essayant de suivre les directives de leur maître. Ils réussirent à dépasser leur confusion pour faire l’exercice ensemble. Bientôt de simples mouvements, ils se changèrent en une danse à la beauté tendre illuminée par le soleil levant.
Même Oroky ne pouvait se détacher de ce qu’il voyait, le vieil homme avait déjà vu cet art bien des fois, il l’avait lui-même pratiqué dans son jeune age. Et pourtant, pour la première fois, le shaman apercevait une harmonie parfaite entre eux, ils leur avaient suffit de quelques minutes et quelques regards pour se synchroniser.

Les jeunes gens remarquèrent les yeux brillants de leur maître, croyant à une nouvelle erreur de leur part.
- Il y a un problème, demanda Anya en ralentissant ses mouvements.
- Non absolument pas, continuez, lança avec empressement le shaman.
Ils se regardèrent sans vraiment comprendre, et ils se remirent alors à suivre les indications du parchemin dans un ensemble parfait. Oroky remarqua alors que même leur respiration était en harmonie, le souffle de la vie sur le même rythme. La magie naissait lentement dans leur corps comme deux flammes jumelles, l’intensité n’était pas tout à fait identique mais elles étaient semblables en tout point. Il avait fait le bon choix, il en avait enfin là une preuve solide et indiscutable juste devant ses yeux.
Le shaman quitta la plateforme pour les laisser s’entraîner, plus synchronisation sera bonne mieux les dangers pourront être évité. Maintenant il devait préparer la suite de leur enseignement, avec cette nouvelle étape franchie, il allait pouvoir commencer à plonger au cœur des arcanes et des secrets.


Le soleil se couchait sur la vallée, une nouvelle journée venait de s’achever pour les deux jeunes gens. Le soir était le seul moment pour eux de se relâcher enfin, Oroky leur laissait un peu de temps libre, bien sûr après avoir fait les quelques corvées de la vie dans la cabane. Le shaman les obligeait à les faire en grande partie pour leur entraînement, ils n’étaient pas dupes, le vieil homme ne voulait tout simplement pas le faire.
Onèan était parti dans les bois pour réunir du bois mort pour alimenter le feu, il avait prit une hachette avec lui pour le couper sur place. Oroky était assis près du feu, il préparait une pipe avec une herbe séchée qu’il était seul à connaître le secret. Anya était resté au campement également, elle avait donné un faux prétexte à son ami pour rester seul avec le shaman. La jeune fille avait une question à poser au vieil homme, une question qui lui brûlait les lèvres depuis le premier jour qu’ils étaient arrivés ici.
La koradji s’assit en face du shaman en le regardant, elle ne savait pas comment aborder la conversation.
- Tu veux me demander quelque chose peut être, demanda subitement Oroky sans lever la tête.
La jeune fille était un peu surprise, mais elle commençait à savoir que rien n’échappait au shaman.
- En effet Oroky, je n’arrivais pas à trouver le moment pour le faire.
- C’était simple à comprendre vu le prétexte que tu as donné pour laisser Onèan ramasser le bois seul.
Le vieil homme le va la tête après avoir terminé sa tache, il prit une brindille et alluma la pipe dont il aspira immédiatement une profonde bouffée.
- Alors, qu’y a-t-il ?
Anya reprit sa respiration avant de commencer.
- Je voudrais vous demander pourquoi je suis ici ? Je ne suis pas comme Onèan la magie est puissante en lui, c’est son héritage, et moi qui n’ai rien dans tout ça qu’est ce que je viens faire la dedans ?

Oroky sourit, il s’était posé la question à savoir quand elle allait enfin lui demander. Evidemment il avait parié sur une plus longue période mais la curiosité des jeunes était toujours aussi grande.
- Tu es parfaitement à ta place ici, n’en doute pas, je voulais attendre un peu avant de te dévoiler quelques secrets mais maintenant je n’ai plus le choix. Pour le moment je voudrais que tu gardes le silence sur ce que je vais te dire.
Anya opina de la tête sans rien dire.
- Bien, reprit le vieil homme, les mages paladins étaient toujours accompagnés de quelqu’un, soit un mage soit un autre chevalier, une personne proche de lui. Ils arrivent que le pouvoir d’un mage paladin soit si grand qu’il en perde le contrôle et devienne un berserker, un être dévastant tout sur son passage.
La jeune fille affichait de la surprise et de la peur mêlée.
- Alors Onèan pourrait …
- Il a un grand pouvoir, plus encore que son père je le sens, il a besoin de quelqu’un qui le connaisse et qui sache l’arrêter à temps.
Il désigna la koradji d’un doigt.
- La personne que j’ai choisi pour jouer ce rôle c’est toi, tu es parfaite pour le jouer.
- Mais je n’ai aucun pouvoir, et nous ne nous connaissons que depuis peu de temps, comment je pourrais être cette personne ?
- Crois en moi, même si tu ne t’en rends pas compte, tu as un pouvoir différent des autres que va te permettre de jouer le rôle que je veux te faire tenir à la perfection.
- Je n’aime pas faire des cachoteries à Onèan ainsi.
Oroky laissa une nouvelle bouffée de tabac s’échapper de sa bouche.
- Tu ne lui mens pas vraiment, je suis le menteur dans cette histoire.
- Mais pourquoi ne pas lui dévoiler tout simplement !
- J’ai mes raisons qui ne concernent que moi, répondit le shaman, tu n’as pas besoin de les connaitre pour le moment.
La réponse laissa la jeune fille dubitative, mais le vieil homme n’était pas du genre à en dire plus quand il parlait ainsi. Elle reprit alors la parole pour avoir plus de réponse sur sa présence dans cette vallée.
- Cela ne change pas le fait que je ne devrais pas être là.
Oroky soupira en enlevant la pipe de sa bouche, il se redressa en regardant la koradji qui ne l’avait pas quitté des yeux.
- Tu veux vraiment le savoir ?
- Evidemment.
Il poussa un nouveau soupir.
- Najie va me tuer, mais je n’ai pas le choix.
- Ma tante ?
- Oui, je lui avais fait une promesse, et je devais ne pas t’en parler avant qu’elle ne décide de le révéler elle-même.
Anya écarquilla les yeux.
- Et elle pensait attendre encore combien de temps, jusqu’à ce que je sois mariée peut être ?
- Avec Najie, personne ne peut savoir, elle a un sacré caractère.
Il prit une bouffée de tabac.
- Alors, quel est ce secret que je ne dois pas savoir ? Demanda la jeune fille.
- La famille de ta mère et de ta tante est issue d’une longue lignée de shaman, ta grand-mère était le shaman de ton clan, elle était respectée pour ses pouvoirs et ses capacités hors du commun sur le domaine de la magie.
La surprise se peignit sur le visage de la jeune fille.
- Mais, personne ne m’avait jamais parlé d’elle, ma grand-mère était une shaman ?
Le vieil homme hocha la tête.
- Je l’ai connu, elle était généreuse et toujours souriante, une femme vraiment très agréable avec qui j’aimais beaucoup discuter. Elle nous a quitté le jour de l’attaque de ton clan, elle n’a pas hésité à se dresser contre l’Inquisition, mais leur magie et leur nombre étaient trop grands.
Anya baissa la tête, le chagrin se lisant sur son visage.
- Elle s’appelait comment ?
- Naara, elle désirait faire de toi son apprenti quand tu aurais l’âge d’apprendre ton rôle futur.

Les révélations désarçonnaient Anya, elle tentait de remettre ses idées en place après les paroles du shaman. La jeune fille s’adressa à nouveau à Oroky avec une voix un peu cassée par l’émotion.
- Pourquoi ne m’as-tu pas pris comme apprenti ?
- Ta tante a préféré que tu sois élevée comme une jeune fille normale, mais tu ne dois pas la blâmer, elle a fait ce qu’elle pensait être le mieux pour toi. Elle a eu peur pour toi, peur que tu prennes des risques insensés.
La koradji garda le silence un instant avant de reprendre.
- Maintenant, je suis fixée sur la raison de ma présence ici, je n’en voudrais pas à ma tante, je sais qu’elle a tout fait pour mon bien.
Le shaman sourit.
- En prononçant ces paroles, tu ressembles à ta grand-mère.
Anya respira un grand coup et se reprit, elle se redressa pour faire face au vieil homme pour lui demander d’une voix assurée.
- Que devrais-je faire pour aider Onèan ?
- Tu vas apprendre à connaître ce jeune humain et sa magie.
- Seulement ?
- Oui, pour le moment, tu n’as pas besoin d’en savoir plus.
- Mais quand pourrais-je savoir s’il faut que j’intervienne ?
- Tu le seras par toi-même, ne t’en fait pas.
Le retour de l’écuyer coupa court à la discussion, le shaman se plongeant dans la fumée de sa pipe. Anya se retira dans ses pensées, elle savait maintenant pourquoi elle participait à l’entraînement du jeune homme. Pourtant la réponse énigmatique du shaman la laissait songeuse, elle se demandait bien ce qu’il voulait dire.


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Dés le lendemain, Sir Nartero se mit en quête d’une idée pour pouvoir permettre aux écuyers de quitter la ville. Il devait avant tout parler à chacun de leur tuteur pour les persuader et ensuite demander une autorisation auprès des dirigeants de la chevalerie. Dire que hier encore, il se morfondait dans son coin sans savoir quoi faire l’esprit vide, et maintenant il arpentait les couloirs d’un pas vif et la tête pleine d’interrogations.
Il n’y aurait pas de problème pour l’écuyer Nethael, il était proche de son ordonnancement, mais pour les deux autres, cela allait être plus compliqué. De toute façon le chevalier ne se faisait pas de soucis, il trouverait surement une solution. L’homme désirait que cette expédition, sans vraiment s’en rendre compte, l’espoir venait de revivre en lui.
Sir Nartero passa la matinée à convaincre les tuteurs des écuyers pour les laisser partir pour une quête. Bien que suspicieux, le talent verbal de l’homme couplé avec des mots particulièrement bien choisis avait un effet positif sur les chevaliers. Il avait maintenant avec lui trois documents signés de leur main permettant la sortie de la cité des écuyers. Mais il restait maintenant le plus difficile, convaincre la hiérarchie.
- Vous voulez laisser partir trois de nos écuyers dans une quête ?! Lança Sir De Lothe derrière son bureau.
Cet homme était le responsable des écuyers de la forteresse, il avait en charge la gestion de leur planning et de leur entrainement.
- Sir Nartero, reprit celui-ci, pourquoi ferais-je cela ?
- Ils ont besoin de se forger pour devenir des chevaliers, alors j’ai pensé qu’une quête objective pourrait les faire avancer.
Sir De Lothe poussa un grognement entre ses dents.
- Votre requête est bien étrange, et je n’ai pas entendu parler d’un village qui avait besoin d’aide à la frontière de la forêt de Veraï.
- J’ai mes sources vous savez bien, répondit Sir Nartero, j’ai un ami là bas qui m’a supplié de lui venir en aide, et j’ai bien trop de responsabilités pour m’y rendre moi-même. C’est pour ça que j’ai pensé à ses trois écuyers.
- Et pourquoi eux en particulier ? Je crois que l’écuyer Nethael sera bientôt ordonné chevalier.
- Justement, il pourra ainsi s’expérimenter dans une mission qu’il commanderait, les deux autres écuyers sont ses camarades, une très bonne expérience pour eux !
Sir De Lothe n’était pas franchement convaincu, il connaissait Sir Nartero pour ses nombreuses combines. Mais il était vrai que ses arguments étaient dans le vrai, avec un ordonnancement si proche, l’écuyer Nethael avait besoin de faire l’expérience d’une vrai mission.
- Bon, je vais voir avec leurs tuteurs s’ils sont d’accord et …
Sir Nartero posa les documents signés par les tuteurs des écuyers avec un grand sourire, l’homme fronça des sourcils.
- Je vois que vous aviez tout préparé.
- La demande est assez pressée, j’ai voulu accélérer les choses, j’aurais voulu qu’ils partent assez rapidement, demain ou le jour suivant si c’était possible.
- Et bien, c’est vraiment pressé, je vais voir ce que je peux faire.
- Je viendrais vous voir demain matin, répondit Sir Nartero.
- Comme vous voudrez.
Le chevalier quitta le bureau avec le sourire, il savait qu’en le poussant un peu, De Lothe laisserait les écuyers partir. Il n’y avait plus qu’à attendre demain et le petit groupe pourrait partir dès le matin d’après. Les risques d’être repéré seraient plus faibles s’ils agissaient le plus vite possible, Sir Nartero était satisfait de son travail. Il partit à la recherche des écuyers pour les informer de leur prochain départ.


Dans la cité, en plein quartier marchand, trois jeunes gens s’étaient regroupés sur une table dans la salle commune d’une auberge. Ils attendaient avec impatience des nouvelles de Sir Nartero pour enfin quitter cet endroit.
- Je ne pense pas que nous aurons des nouvelles aujourd’hui, lança Lynaïs.
- J’ai bien peur que non, renchérit Karez, nous allons encore devoir rester une journée de plus dans cette ville.
Brom était enfoncé dans sa chaise, le visage fatigué.
- Je suis d’accord avec toi, je n’aime pas rester à rien faire.
- J’ai l’impression d’être surveillé tout le temps, reprit l’elfe, c’est agaçant.
- Il faut être patient, nous n’avons pas le choix de toute façon, répondit Lynaïs.
Elle aussi en avait assez d’être bloquée dans cette auberge, plus de temps ils resteraient ici, plus ils auraient des chances d’être repérés par l’Inquisition.
- Comment va Elifain ? Demanda Brom pour changer de sujet.
- Elle est toujours clouée au lit, fit la jeune fille, elle n’arrive pas à se remettre de ses abus de hier soir.
Karez s’exclama.
- Elle n’est pas raisonnable, elle s’en souviendra pour la prochaine fois.
- Ce n’est pas gentil, répondit le forgeron, elle n’y est pour rien se sont les autres clients qui lui ont offerts à boire non ?
- Tu lui trouves tout le temps des excuses, elle n’est pas assez sérieuse, c’est tout.
- Tu es aussi fautif, tu étais avec elle, tu aurais pu la contrôler.
- Elle ne m’écoute jamais de toute façon.
Laissant les des jeunes hommes se disputer, Lynaïs soupira, elle avait du mal à tenir en place. Elle avait hâtes de quitter Paragahi et de s’enfoncer enfin dans les bois de Veraï pour partir à la recherche d’Onèan. Même si la perspective d’entrer dans ses bois l’effrayait un peu, mais elle voulait sauver son meilleur ami.
L’archère sentit des doutes surgir dans son esprit, avait elle été trop loin cette fois ? N’allait elle pas emmené ses compagnons vers une quête qui leur ferait courir des risques insensés ? La jeune fille ne devait pas se laisser aller à ce genre de pensées, elle était le moteur de leur groupe pour avancer toujours plus loin.
- Nous ne devons pas reculer, lança t’elle tout haut.
Ses deux amis stoppèrent leur échange pour se tourner vers elle, surpris.
- Qu’est ce qui t’arrive ? Demanda Brom.
- Rien, je rêvais tout haut, mais je suis de retour à la réalité.
Elle fixa ses compagnons.
- Laissons de coté l’aventure d’Elifain, je doute qu’elle n’abuse encore de la boisson avec le mal de tête qu’elle va avoir en se réveillant.
- Alors là, c’est assuré, plaisanta le forgeron en riant.
- Préparons la suite dés maintenant, expliqua Lynaïs.
- Nous ne savons même pas quand nous quitterons la cité, fit Karez.
- Nous allons dans la forêt de Veraï, nous devons bien nous préparer pour ne pas avoir de problème durant le voyage.
L’elfe soupira à la tirade de l’archère.
- Bon, voyons ce que nous aurons besoin pour la suite, finit il par répondre, mais je te jure Elifain va me le payer, nous travaillons alors que mademoiselle se repose.
- Il faudra d’abord que tu t’y mettes pour lui en vouloir de quelque chose, lança Brom.
Karez haussa les épaules sans vraiment y prêter attention. Les jeunes gens se mirent alors à discuter du voyage pour préparer la suite de leur expédition vers la forêt de Veraï.


- Alors le rapport des espions nous a donné quoi ? Demanda Keridan de Cerissac.
Pearce Nofolio se pencha sur une feuille devant lui.
- Ils sont partis depuis Winrya jusqu’ici directement, nous avons eu du mal à retrouver leurs traces, ils ne prenaient jamais des routes très fréquentées.
- Je me fiche de savoir par où ils sont passés, je veux savoir pourquoi ils sont là !
Le noble tapa du poing sur la table.
- Je ne peux pas intervenir tant que je n’ai pas un indice de leur fourberie contre le Conglomérat, les elfes sont pratiquement intouchables.
- J’ai envoyé plusieurs de nos hommes dans leur auberge et autour, lança Duncan Hock, s’ils entendent quelque chose ils viendront me le rapporter immédiatement.
Keridan quitta son bureau pour faire les cent pas devant sa fenêtre.
- J’ai la chance de tomber sur cette trainée mais je ne peux pas intervenir.
Ses subordonnées gardaient le silence, connaissant ses tendances à l’emportement.
- Hock, reprit le noble, je veux que tu supervises la surveillance à l’auberge.
Le jeune homme opina de la tête.
- Nofolio, toi tu vas voir tous les postes de gardes qui permettent de rentrer dans le quartier de l’armée, je veux savoir ce qu’ils ont fait depuis qu’ils sont à Paragahi et qui ils ont rencontré.
- Très bien, répondit Pearce.
- Si tu as une piste sérieuse, suis là et vois où elle te mène.
Les deux acolytes quittèrent avec empressement le bureau de leur maître. Le noble s’approcha d’un des murs et regarda la carte qui y était accrochée, s’était une représentation du Conglomérat. Sur la forêt de Veraï, dans une zone étaient marqué d’un point noir.
- Mon cher Onèan, ne t’inquiète surtout pas, tu vas bientôt être rejoint par tous tes camarades.
Keridan afficha un grand sourire de satisfaction.

 
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