CHAPITRE 25
Le Royaume des elfes des mers
- Deux hommes à l’avant, lança Zeïna.
Deux marins se précipitèrent à la proue du navire, ils grimpèrent sur le mât de beaupré pour être le plus près possible de l’océan.
- Que voyez vous ? Cria la jeune fille.
- Rien à plus de deux mètres, entendit elle par Trachedo Yago.
L’homme était près du pont supérieur, une chaîne de marins permettait de relayer les paroles de ceux qui se trouvaient à l’avant.
- C’est une vraie purée de pois, grogna Portyd à coté d’elle.
Zeïna acquiesça, elle ne l’aurait pas mieux traduit. Ils avaient navigué pendant trois semaines, en suivant les étoiles et les courants marins. Le voyage s’était bien passé, l’Aurore avait passé quelques tempêtes mais rien qui ne pouvait contrecarrer leur avancée en direction de leur objectif, le Royaume des elfes des mers.
Selon les cartes que la jeune fille avait pu dénicher, ils n’étaient plus qu’à quelques heures de navigation des premières îles qui formaient l’archipel de ce royaume. Pourtant, le matin même un brouillard épais leur était tombé dessus sans prévenir. Il s’était levé d’un seul coup laissant complètement aveugle les marins de l’Aurore Boréale. Le pont était lui-même plongé dans la brume, et mieux valait savoir où marchait de peur de tomber par-dessus bord. Si cela arrivait, il était presque impossible de retrouver le malheureux.
- Mme Tolado, lança la jeune fille, faites réduire les voiles, nous allons naviguer sous huniers et grandes voiles.
- A vos ordres.
La métis grimpa dans les cordages suivit des équipes de gabiers, les voiles étaient relevées ne laissant que celles demandaient par la capitaine. Zeïna préférait ne pas prendre trop de vitesse avec une navigation en aveugle.
La princesse elfe monta sur le pont auprès de la jeune fille, accompagné par le chasseur de pirate qui ne la quittait presque jamais.
- Princesse Noralia, je suis content de vous voir, fit la capitaine.
- Vous êtes arrivés dans le brouillard.
- En effet, j’aurais besoin de votre aide pour savoir la direction à prendre.
La petite fille hocha la tête.
- Vous n’avez pas à vous inquiéter, c’est seulement une brume magique qui est pour pousser les bateaux humains à ne pas approcher. Vous devez juste poursuivre votre route tout droit en gardant le même cap, vous devriez sortir du brouillard dans quelques minutes.
- Je vous remercie, retournez dans votre cabine, évitons que vous soyez découverte avant que nous vous ramenions à votre famille.
La princesse elfe quitta le pont que la recommandation de la jeune fille et disparut dans le navire pour se cacher des regards. La navigation en plein brouillard continua, les rapports des marins à la proue lui parvenaient avec une bonne fréquence. La capitaine ne voulait pas que l’Aurore se fracasse sur un récif, ou même pire éperonner un autre bateau.
L’homme oiseau dans son nid de pie s’agita soudainement.
- Le paysage se dégaaaaagee !
Des hourras retentirent parmi les marins rassemblés sur le pont, Zeïna se détendit en souriant. En effet la brume commença à se dissiper puis elle disparut complètement d’un seul coup comme lorsqu’elle était apparue plus tôt dans la journée.
- Je ne suis pas mécontent que nous soyons sortis de là, fit le second avec entrain.
- Je suis d’accord avec vous Mr Odell, renchérit Zeïna.
Les voiles furent déployés de nouveau et le navire prit presque immédiatement de la vitesse, une bonne brise soufflait par l’arrière. Le vent s’était étrangement renforcé au moment où ils avaient quitté la zone de brouillard.
- La navigation dans ces eaux est bien étrange, fit Zeïna.
- Il va falloir faire attention au courant, reprit Portyd, je n’aime pas cette magie que les elfes pratiquent, ce n’est pas naturel.
- Tu es bien superstitieux.
- Comme tous les marins Capitaine.
La jeune fille sourit.
- Continuons selon ce cap, nous devrions passer devant le premier îlot qui nous mènera vers l’île principale.
Le navire reprit sa route, il ne tarda pas à croiser au large de la première petite île qui délimitait le territoire du royaume secret. L’îlot n’était pas très grand, quelques arbres, des récifs tranchant et un atoll à la couleur azurée.
- Voiles en vue, par bâbord ! Cria Loan Nuit-Sauvage.
Zeïna se retourna dans la direction indiquée par la vigie, en effet un bateau venait de surgir de derrière l’île. Il n’était pas très grand, un sloop, mais il était plus rapide que l’Aurore qui ne pourrait pas l’éviter. La jeune fille prit sa lunette à sa ceinture et l’observa pour en connaître plus sur le nouvel arrivant.
- Ils sont nombreux sur le pont, je ne reconnais pas le pavillon, fit Zeïna.
- Attendez, je vais voir ça.
Portyd prit à son tour la lunette.
- C’est un emblème de capitaine marchand, je ne l’avais jamais vu encore, peut être un homme qui ne quitte pas le sud. Votre père n’allait pas souvent dans ces eaux donc je ne peux pas être sûr.
- Faites armer les marins qui ne sont pas de quart, je ne veux pas être prise au dépourvu.
- Je vais m’en charger.
- Une chose encore Mr Odell, que les hommes se cachent, je ne veux pas qu’ils sachent que nous les attendons.
Le second partit immédiatement transmettre les ordres.
- Mr Marslow, gardez le cap.
- A vos ordres capitaines.
Le sloop se rapprocha rapidement, il faisait force de voiles pour les rattraper plus vite encore. L’équipage du bateau était armé et près au combat, ils n’avaient pas l’air d’être belliqueux, mais ils ne semblaient pas vouloir d’une simple rencontre amicale.
Une fois que les deux navires étaient assez proche l’un de l’autre, le sloop fit réduire ses voiles pour rester au niveau de l’Aurore. Un homme prit un porte-voix à la main, il semblait être le capitaine du sloop.
- Ohé du bateau, nous sommes les gardes côtes du domaine marchand du seigneur Dé Koarha, déclinez votre identité !
Zeïna avait prit un porte-voix également, se serait plus facile pour répondre à son interlocuteur. Lantis Alaster et Cryanne Tolado s’étaient réunis autour d’elle, le second était caché avec la partie de l’équipage armée prête à surgir de la calle pour défendre le navire.
- Je n’aime pas le ton qu’il emploie, lança Lantis.
- Nous ne sommes plus dans le Royaume des elfes des mers ici, remarqua la métis.
- Apparemment ce noble marchand a décrété que s’était son territoire en tout cas, répondit la jeune fille.
Elle porta le porte-voix à ses lèvres pour répondre au capitaine du sloop.
- L’Aurore Boréale venant de Keloa, Capitaine marchand Dé Feryo de Calasta.
- Que venez vous faire ici ? Répondit immédiatement l’homme.
La métis ne put retenir un fou rire.
- Un navire marchand, qu’est ce que nous sommes venu faire ici ? Lança t’elle en riant de plus belle.
La jeune fille aurait bien voulu rire aussi si elle n’était pas dans une si mauvaise posture.
- Nous sommes venu ici pour faire du commerce avec la cité principale
La réponse n’arriva pas immédiatement, la capitaine devint nerveuse. Ils étaient à peine rentrer en territoire elfique qu’ils allaient peut être provoquer un incident avec les hommes du capitaine marchand qui avait envahi la zone. Portyd se montra, il fit signe à la jeune fille qu’il était prêt à intervenir avec les autres marins.
- Vous pouvez reprendre votre route, lança t’il avec son porte-voix, nous vous lançons un document que vous devrez présenter au capitaine du port.
A l’aide d’une petite catapulte sur le bordage, un tube de bois fut envoyé sur l’Aurore. Le tireur était doué car l’objet atterri parfaitement sur le pont du navire.
- Bonne route, lança de nouveau le capitaine avant d’ordonner à ses hommes de faire demi tour.
- Merci, répondit Zeïna en souriant.
Un des marins du bord lui apporta le tube de bois. En l’ouvrant elle découvrit un document qui permettait au navire de passer la frontière du territoire marchand de Koarha. Il montrait que l’homme avait fait du Royaume des elfes des mers son propre pays.
La capitaine était écoeurée.
- Je ne connais pas cet homme mais je le trouve particulièrement antipathique.
- Pour la discrétion de notre entrée, c’est raté, fit Lantis Alaster.
- Nous verrons bien, Mr Odell vous pouvez ranger les armes et laissez les marins se reposer. Je dois montrer le document à la princesse.
- J’ai bien peur que se ne soit pas une très bonne nouvelle, fit la métis.
- Je le crains aussi.
Zeïna quitta le pont pour rejoindre la cabine de Noralia, la petite fille était assise sur sa couche. Elle n’était pas à l’aise, obligée de se cacher au fond du navire pour rentrer dans son pays. La princesse se leva quand la jeune fille avait ouvert la porte.
- J’ai quelque chose à vous montrer.
La capitaine tendit à la petite fille le document qu’elle avait reçu un peu plus tôt du sloop.
- Son territoire marchand ! Mais il a volé nos terres.
Noralia était devenu rouge de colère, elle tremblait presque.
- Comment peut il appeler notre Royaume un territoire marchand ?!
- Il a maintenant prit une main mise complète sur l’île principale, répondit Zeïna, vous allez devoir rester cachée ici même à notre arrivée à Malath’Ryne, je suis désolée.
La princesse baissa la tête.
- Je n’ai pas le choix, mais j’essaierais de contacter quelqu’un tout de même, la nuit se sera plus facile.
- Très bien, je vous ferais venir quand nous serons arrivés.
La petite fille hocha la tête, elle se rassit sur le lit en silence. Zeïna quitta la cabine et referma la porta laissant seule la princesse en plein désarroi.
Deux tours dominaient la rade d’entrée du port de Malath’Rhyne, deux balistes étaient montées à leur sommet protégeant la baie. Les quais en pierre étaient parcourus par une série de braseros et des gardes patrouillaient sans arrêt. La cité des elfes était devenue une citadelle imprenable, que les humains tenaient au creux de leurs mains.
L’Aurore Boréale passa entre les tours sur voilure réduite, l’ambiance martiale de l’entrée du port n’était pas engageante.
- Et bien, la grande cité des elfes est bien sombre, murmura Cryanne.
- J’ai l’impression que le nouveau maître des lieux aime bien se sentir en sécurité, répondit Lantis.
Zeïna avait réuni les trois officiers sur le pont supérieur du navire, ils observaient la ville qui grandissait à leurs yeux.
- Vous avez bien fait cacher les armes en surplus à fond de cale ? Demanda la jeune fille au second.
- Oui Capitaine, j’ai demandé aux charpentiers de cacher au mieux la trappe qui y mène mais qu’elle soit accessible rapidement au cas où.
- Vous avez bien fait Mr Odell, même si j’espère que nous n’aurons pas besoin de prendre les armes pour sortir d’ici.
- Mais si les autorités viennent fouiller à bord, ils chercheront les caches secrètes et surtout celle où se trouve notre invité, lança Lantis.
La jeune fille se tourna vers le garde du corps.
- Je fais confiance à Maître Janferg pour faire disparaître cette cabine, de toute façon ils ne fouilleront qu’une fois le navire, et nous devons absolument les laisser faire.
- C’est risqué, fit remarquer Portyd.
- Mais nous n’avons pas le choix, répondit Cryanne, si tout se passe bien, nous serons partis d’ici dés demain.
L’ancre fut jeter, immédiatement une barque à fond plat parti du quai pour rejoindre le bateau qui venait d’accoster. Deux hommes en uniforme se tenaient debout à l’avant, une équipe de soldats en arme les accompagnaient. Les autorités n’avaient pas tardé à réagir à l’arrivée du bateau dans le port.
- Je veux que vous soyez tous à votre poste, lança Zeïna, je ne veux pas avoir de grabuge durant leur inspection.
Les officiers hochèrent la tête et ils se dispersèrent sur tout le navire pour surveiller les membres de l’équipage. La jeune fille avait revêtu sa veste et son chapeau de capitaine, elle demanda à Archord de rester à ses cotés pour avoir plus de poids.
- Capitaine Norlane, représentant du Seigneur Koarha, je viens inspecter votre navire.
Il monta à bord sans attendre d’y être invité, aussitôt suivi par une demi douzaine de soldat et son comparse en uniforme. La jeune fille n’aimait pas le manque de politesse de cet homme, il était sur son navire. Elle garda son calme malgré tout, elle devait aussi rester parfaite devant cet inspecteur.
- Bienvenu à bord de l’Aurore Boréale messieurs, Capitaine Dé Feryo basé à Calasta.
L’homme eut un mouvement de recul en voyant l’imposant kadji derrière la frêle jeune fille, mais il se reprit quand ses hommes arrivèrent derrière lui.
- Merci capitaine, nous sommes venus inspecter le chargement du navire et pour nous assurer que rien ne pourra entraver la sécurité de ces eaux.
- Quels dangers peut il nous arriver dans un port aussi bien gardé ?
- Les autochtones ne sont pas toujours très coopératifs avec sa seigneurie. Si nous pouvions commencer l’inspection ?
Norlane tendit la main sans rien ajouter, il désirait les papiers du navire. Zeïna n’aimait vraiment pas les manières de cet homme, mais elle coopéra avec bonne grâce. Il lut les documents avec intérêt, tournant toutes les pages sans en oublier une seule.
L’homme exigea ensuite de faire le tour du navire en sa présence, il fit enlever plusieurs caisses pour voir si rien n’était caché derrière. La soute à vivre et à matériel furent aussi fouillé, quand ils passèrent devant la cloison qui camouflait la cachette de la princesse, Zeïna retint son souffle, mais Norlane passa devant sans même jeter un coup d’oeil.
Le capitaine termina son inspection dans la cabine de la jeune fille, une fois la porte refermée, Zeïna fit sonner une cloche. Hina arriva portant un plateau avec des verres et de la nourriture. La capitaine avait demandé à sa servante de porter une robe très décolletée, l’effet était garanti sur ces deux inspecteurs qui ne regardaient qu’elle.
- Alors messieurs, est ce que tout va bien sur l’Aurore ?
Le capitaine Norlane se détacha de la contemplation d’Hina.
- Oui parfaitement, votre chargement est très attendu par ici, le café manque cruellement à cette île ainsi que les caisses de vivre et les tonneaux de vin, vous n’aurez aucun mal à les vendre sur le port. Je peux même vous permettre de le faire plus rapidement, je connais quelques marchands qui seraient très intéressés.
- Je voudrais en effet revendre rapidement mon chargement, j’ai un rendez vous que je ne voudrez pas manquer.
- Nous n’aurons donc pas le plaisir de vous voir à terre.
Zeïna afficha un de ses plus beau sourire.
- J’en suis profondément désolé, mais je crains de ne pas avoir le temps de profiter des jouissances de votre port.
Après quelques verres, les deux hommes finirent par quitter le navire, ils étaient totalement satisfaits de leur passage sur l’Aurore.
- Tout s’est bien passé, fit Lantis en approchant de Zeïna.
Les autres officiers les rejoignirent et ils regardaient les inspecteurs repartir en direction du quai.
- Nous avons du travail, lança la jeune fille, il faut absolument vendre toute notre cargaison aujourd’hui même, je ne veux pas rester longtemps ici, Mr Alaster vous allez accompagner Mme Hagus pour trouver un marchand, je ne veux pas qu’elle soit seule dans ce port.
Tout le monde se mit au travail, ce soir tout devait être terminé.
La nuit était tombée depuis plusieurs heures, cette ville n’avait pas vraiment l’air d’un port très joyeux, peu de chant et de cris ne filtraient du quai. Quelques auberges étaient ouvertes mais il ne semblait pas que l’ambiance soit vraiment à la fête. Des patrouilles de soldats en armes marchaient dans les rues et sur les quais, surveillant les allers et les venus. Peu d’elfes étaient visibles, ils préféraient se cacher pour éviter les ennuis.
Grâce à l’obscurité, la princesse put monter sur le pont, Zeïna l’attendait ainsi que les autres officiers du bord. La capitaine avait doublé les marins de garde sur le pont, tous étaient armés et prêt à se battre si il fallait. Une autre équipe était en alerte, attentif au moindre ordre de leur capitaine pour un départ rapide.
Noralia regarda avec tristesse la cité, elle voyait le grand palais qui dominait la ville là où était retenu son père. Elle était si près de lui et à la fois si loin, elle souffrait de ne pouvoir se promener dans son propre royaume.
- Vous allez devoir faire vite, fit Zeïna, il y a aussi des patrouilles sur l’eau.
La petite fille hocha la tête. Elle passa par-dessus bord en s’agrippant à une échelle de cordes jeté sur la coque aidé par un marin. Au ras de l’eau, une chaloupe attendit son arrivée, à l’intérieur, deux autres marins et Sarn Hacknel. La capitaine descendit à son tour pour les rejoindre, elle voulait voir ce qu’allait faire l’elfe.
La petite fille s’agenouilla sur le bord de l’embarcation et elle approcha son visage de la surface de l’eau. Elle fit une grimace avec un mouvement de recul.
- Que se passe t’il ? S’inquiéta Zeïna.
- Rien de grave, répondit Noralia, même l’eau de la baie à changer, une odeur de pourriture et de maladie.
Elle prit une profonde inspiration, et plongea le visage dans l’eau. Là elle se mit à chanter dans l’eau, un chant ancien que seul les elfes pouvaient entendre. Ce langage était le plus discret pour tenter de prendre contact avec ceux qui tentait encore de résister. La princesse se releva quelques minutes plus tard, son visage s’était radouci.
- Pouvoir reparler ma langue avec des compatriotes fait vraiment du bien.
- Alors as-tu pu contacter quelqu’un ? demanda Zeïna.
- Oui, il faut juste patienter quelques instants.
En silence, ils restèrent debout dans la barque attentif aux moindres sons. Soudainement un visage apparut dans l’eau et la tête d’un elfe sortit près de la chaloupe, sans un bruit.
- Princesse Noralia, je suis heureux de vous savoir en vie.
- Maître Seshui.
L’elfe avait un visage fin avec beaucoup de noblesse, sa peau verte se confondait avec l’eau de la baie.
- Merci d’avoir répondu à mon appel.
- Vous n’auriez pas du revenir ici, c’est beaucoup trop dangereux pour vous.
- Je suis en sécurité sur ce navire, grâce à Sarn Hacknel et au Capitaine Dé Feryo ainsi que tout son équipage, des gens courageux et charitable.
L’elfe afficha un regard dédaigneux, il ne supportait pas les humains. Mais il devait aussi se rendre compte que la princesse était en bonne santé. L’homme regarda la jeune fille qui portait l’uniforme d’officier, il paraissait surpris de voir une personne si jeune à ce poste.
- Merci à vous, répondit l’elfe dans l’eau, je m’appelle Maître Seshui je suis le sénéchal de sa majesté Lantelo Da’Hine.
- Capitaine Zeïna Dé Feryo, je ne pouvais pas la laisser ainsi.
- Princesse, vous ne pouvez pas rester ici, partez vous mettre à l’abri, reprit l’elfe.
- J’aurais besoin de savoir où se trouvent ma mère et les elfes qui ont fui.
Maître Seshui tourna la tête pour être sûr qu’aucunes patrouilles n’étaient proches, il se rapprocha de la petite fille.
- Rejoignez l’Havre D’Ynala, lança t’il d’une voix étouffée.
La princesse hocha la tête.
- Très bien, je m’y rendrais.
- Je dois vous laisser, je ne peux pas rester ici.
L’elfe semblait hésiter.
- Vous voulez me dire encore quelque chose, demanda Noralia.
- Oui, fit enfin le sénéchal.
Il regarda Zeïna.
- Si Demoiselle Noralia vous fait confiance, est ce que je peux aussi vous faire confiance.
- Oui je peux vous l’assurer.
- Vous partez demain ?
- Oui avant l’aube, les autorités sont déjà au courant, j’ai prétexté une cargaison urgente.
- Pourriez vous embarquer des réfugiés qui souhaitent s’enfuir en direction du Havre ?
La capitaine ne souhaitait pas mettre en danger son navire, mais elle comprenait la situation un peu mieux.
- Il faut qu’ils embarquent dans l’heure, nous ne devons pas attirer l’attention de gardes.
Le visage de Maître Seshui s’illumina d’un sourire.
- Merci de votre aide, je désespérais de pouvoir les faire partir, je fais le nécessaire pour les faire venir.
- Je fais préparer mon navire également, répondit la jeune fille.
- Bonne chance princesse.
Le sénéchal salua les occupants de la chaloupe rapidement et il disparut dans l’eau.
- Merci pour votre générosité Capitaine, fit Noralia.
- Remontez sur le pont, vous allez accueillir les réfugiés.
Tandis que la princesse remontait l’échelle de corde, Sarn Hacknel se pencha vers la jeune fille près de lui.
- Vous savez que par cet acte, vous prenez part à cette bataille.
- J’y avais déjà pris part au moment où j’ai choisi de vous emmener ici vous savez.
Zeïna afficha un sourire entendu, elle comptait de toute façon prendre part au conflit contre le capitaine marchand. La jeune fille ne supportait pas que quelqu’un trahisse l’idéale de l’océan qu’elle chérissait par-dessus tout.
L’aventure ne faisait que commencer pour l’Aurore Boréale.
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Nouveau chapitre, nous voilà dans le Royaume des elfes mais hélas, il n'est plus que le pâle reflet de lui même. Zeïna décide de prendre part au conflit au risque d'entrainer l'Aurore et son équipage dans un conflit bien plus dangereux qu'elle n'imagine.
Bonne lecture. |