Bonjour à vous ^^
Encore un chapitre revisité, avec des améliorations, des précisions et des petits ajouts.
Onèan continue sa formation de magie sous la houlette d'Oroky, le temps passe et son pouvoir grandit. A ses côtés, Anya comprend peu à peu sa propre magie qui sommeille en elle, mais aussi d'autres sentiments bien différents.
A Paragahi, la menace de l'Inquisition se précise pour Lynaïs et ses compagnons. Le piège se referme sur les aventuriers, et il ne semble pas y avoir d’échappatoire.
Bonne lecture ^^
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CHAPITRE 47
Liens - Espions et menaces
Au dessus du lac, le brouillard ne semblait pas vouloir quitter la surface formant comme un océan de brume sur toute la vallée. Depuis leur aplomb rocheux, Anya et Onèan avait l’impression de flotter dans une mer de nuages. Leur harmonie était devenue parfaite, les gestes venaient naturellement et ils ne faisaient maintenant plus aucune erreur.
Les deux jeunes gens s’étaient habitués à cette proximité, ils n’étaient plus gênés quand leurs regards se croisaient. Ils sentaient maintenant une énergie nouvelle les parcourir, après à peine une journée de pratique intense et d’exercices. Leur corps devenait brûlant, presque à la limite du tolérable, Oroky leur avait expliqué que c’était la magie elle-même qui s’éveillait en eux.
Après une heure d’effort, les jeunes gens s’arrêtèrent couvert de sueur, le cœur battant la chamade. Onèan ferma les yeux pour essayer de calmer le bouillonnement de son corps, un feu brûlant dans son ventre.
- Tu vas bien, s’inquiéta Anya.
La jeune fille ne portait qu’une brassière et une jupe courte, le cœur de l’écuyer s’enflamma à son tour. Bien qu’il commençait à s’y habituer, il était toujours autant troublé par la beauté de la jeune koradji.
- Oui, c’est juste cette chaleur qui m’envahit après l’exercice.
Anya tentait de comprendre le mieux possible l’humain après la révélation d’Oroky.
- Quelle sorte de chaleur ? Demanda-t-elle.
Un peu surpris de la question, le jeune homme se tourna vers son amie.
- Et bien, je sens au fond de moi comme un feu qui brûle dans mon corps, il n’y a pas spécialement de douleur, c’est seulement que je me sens troublé par un sentiment étrange que je n’avais encore jamais ressenti auparavant.
L’écuyer ne savait pas comme le décrire, il ne pouvait pas facilement expliquer une sensation aussi étrange que celle là.
- Et toi, ne ressens tu pas quelque chose pendant cette exercice ? Demanda à son tour Onèan.
- Si, mais ce n’est pas une chaleur, c’est plutôt comme une cascade d’eau qui se déverserait sur ma tête en recouvrant mon corps. Je me sens bien, apaisée, je dirais même purifiée, dans un état second.
- Comment pouvons nous être dans une si parfaite harmonie si nos ressentis sont si différents ?
- Nos éléments, répondit Anya, moi c’est l’eau et toi le feu, comme l’a dit Oroky, nous éveillons nos esprits à la magie sur le même rythme.
- L’harmonie vient alors peut être de ce rythme qui est identique entre nous renchérit le jeune homme en penchant légèrement la tête.
En le regardant ainsi, la koradji ne pouvait s’empêcher de l’observer, de le décrire, les révélations revenant sans cesse. Mais plus elle se rapprochait de lui, plus son esprit était troublé par sa présence, ses postures, son sourire. Pour changer de sujet et cacher son embarras, elle leva le museau vers le ciel, en humant l’air.
- Il va y avoir un orage je pense.
- Tu crois, il a fait si beau ces derniers jours.
- La forêt a besoin de pluie pour vivre et croitre.
- Nous devrions rentrer rapidement alors.
Les jeunes gens quittèrent l’aplomb rocheux, le chemin était étroit et avec le brouillard il n’était pas facile d’avancer rapidement. Ils progressèrent lentement par peur de déraper sur une pierre branlante.
- C’est la première fois qu’il y a un tel brouillard, remarqua Onèan, je ne pense pas que la pluie va tomber avec la brume.
- Je trouve ça étrange aussi mais cette vallée est différente du reste des bois que je connais.
Si tôt qu’elle eu terminé sa phrase, une goutte s’écrasa sur le sol près d’eux, suivit d’une véritable averse dissipant rapidement le brouillard. En quelques instants, le temps venait de changer surprenant les deux jeunes gens. Maintenant ils voyaient parfaitement le sentier, mais il était devenu glissant, ils ne pouvaient pas courir au risque de se rompre le cou.
Onèan et Anya arrivèrent complètement trempé en bas du chemin, ils avaient encore de la route pour atteindre le campement. La jeune fille indiqua une cavité non loin de là, même si elle n’était pas très grande, elle pouvait au moins les protéger le temps que l’averse passe. A grandes enjambées, ils atteignirent la petite grotte, le sol était sec et à l’abri de la pluie.
Les jeunes gens durent se serrer l’un contre l’autre pour être protégé des éléments. Ils reprirent leur souffle après leur course effrénée, Onèan se tenait contre le parement de la cavité les yeux levés vers le ciel.
- Une sacrée averse.
- Elle m’a surprit, habituellement je sens la pluie venir, mais pas cette fois.
- Comment fais tu ? Demanda l’écuyer.
- Notre nez est plus affûté que le tien, et surtout plus sensible au changement de température.
Onèan et Anya se regardèrent un instant sans rien dire, autour d’eux la pluie tombait sans discontinuer. Le jeune homme n’arrivait pas à se détacher des yeux de la koradji, ils étaient si proches que leur souffle se mêlait à chaque expiration. Gênés, ils tournèrent la tête au même moment, en bredouillant des excuses. Le silence se fit, toujours recroquevillés dans leur grotte, ils patientèrent sans bouger.
Anya frissonna en se frictionnant les jambes.
- Tu as froid ? Demanda Onèan.
- Un peu, répondit elle.
L’écuyer n’ayant rien pour la couvrir, il se serra un peu plus contre elle pour qu’elle profite de la chaleur de son corps. Elle frémit en le sentant si près, mais elle apprécia ce contact, elle ne comprenait pas ce sentiment de bien être qui l’envahissait tout doucement.
La fourrure de la jeune fille était douce sous les mains du jeune homme, il n’osait plus bouger pour ne pas l’ennuyer. Bien qu’il était craintif, il ne voulait pas bouger de cet endroit, il commençait à se demander si cette pluie n’était providentielle. Jamais Onèan n’aurait pu partager un tel moment avec son amie.
Le cœur d’Anya battait à tout rompre, sa respiration était plus rapide, elle ne savait pas ce qu’il lui arrivait. Une nouvelle chaleur l’envahit venu du plus profond de son corps, elle se retourna pour faire face à son compagnon. Ils se regardèrent quelques instants, puis comme poussait par leur instant ils se rapprochèrent l’un de l’autre en même temps, fermant les yeux. Leurs lèvres se joignirent en un doux baiser d’abord hésitant puis rempli de tendresse. La pluie, les bruits de la forêt, tout disparu pour les deux amoureux qui étaient plongés dans leur monde. Bien qu’il fut court cet instant sembla durer une éternité pour eux, leur cœur battant la chamade dans leur poitrine.
Les jeunes gens se séparèrent lentement, restant à se regarder sans dire un mot, de toute façon l’un comme l’autre n’aurait pas su quoi dire. Ils se serrèrent l’un contre l’autre, leurs doigts emmêlés en une tendre étreinte. Anya laissa sa tête sur l’épaule de son compagnon tandis qu’Onèan posa la sienne contre celle de la koradji. La pluie continuait de tomber inlassablement, rien ne pouvait troubler les deux jeunes gens perdu dans leur torpeur amoureuse.
L’averse cessa aussi soudainement qu’elle avait commencé, le soleil perça presque aussitôt les nuages. La jeune fille sortit de sa rêverie en première, elle remarqua alors que sa main était toujours jointe à celle de l’écuyer. Pourtant loin d’être étonné, elle se sentit rassuré, heureuse, et une chaleur nouvelle brûlait dans son cœur et dans sa tête. Onèan passa la tête à travers l’ouverture, voyant les nuages s’effilochaient lentement.
- Nous devrions rejoindre Oroky.
- Oui, il doit s’inquiéter, répondit Anya.
Elle se leva, lâchant enfin la main de l’humain, elle fit quelques pas pour se dégourdir les muscles de ses jambes ankylosées.
- Je suis restée trop longtemps sans bouger.
Onèan sourit en se rendant compte que ses propres jambes étaient toutes endolories.
- Je ne m’en étais pas rendu compte, lança t’il.
- Moi non plus, renchérit elle.
Ils marquèrent une pause en même temps, ils comprenaient en même temps pourquoi ils ne s’en étaient pas aperçus. Le jeune homme baissa la tête, rougissant légèrement, il ne savait pas encore comment vraiment aborder le sujet, et Anya était dans le même état.
- Retournons au campement, fit la koradji en se retournant.
- Oui.
Les deux jeunes gens se mirent à courir dans la prairie à en perdre haleine. Ecartant les bras non loin l’un de l’autre, leurs doigts se frôlèrent, ne se dérobant pas sous la caresse. En arrivant près du campement, ils se séparèrent volontairement et en même temps, cachant à nouveau leur gêne.
Le shaman les vit apparaitre au campement, même s’il ne leur dirait pas, il avait commencé à s’inquiéter pour eux. Préférant cacher ses sentiments derrière un visage courroucé, il les accueillit les poings sur les hanches.
- Et alors, vous cherchez à vous reposer au lieu de vous entraîner ?
- Nous avons été surpris par l’averse, nous avons du trouver un abri pour ne pas être complètement trempé, lança Onèan.
- A votre âge, être un peu mouillé n’est pas bien grave.
Le shaman remarqua tout de suite que quelque chose s’était passé entre eux.
- L’entraînement s’est bien passé sur le rocher ? Reprit il.
- Oui Oroky, je sens ma magie de plus en plus chaque jour qui monte en moi, répondit rapidement l’écuyer.
- Moi aussi, renchérit tout aussi vire la jeune fille.
Le vieil homme n’était pas dupe, il sourit préférant garder pour lui sa découverte.
- Comme je vois que vous vous êtes bien échauffé, allez donc faire vos exercices de respiration au pied du grand chêne, nous allons voir si vous avez vraiment fait des progrès en ce qui concerne la magie.
Le koradji les fusilla du regard les faisant bondir sur place, ils disparurent presque aussitôt en direction des pierres plates. Il secoua la tête en soupirant.
- Je savais bien que cela arriverait, lança Oroky tout haut pour lui-même.
Depuis qu’il les avait vus, le vieil homme avait compris que leur destin était lié, aussi inséparable que deux parties d’une feuille. Il avait seulement permis que tout se passe comme les dieux l’avaient décidé.
Malgré tout, il savait aussi qu’il aurait peut être du empêcher que leur relation commence. Les deux jeunes gens étaient bien trop différents pour qu’ils soient acceptés ainsi, et surtout dans un village koradji.
- La jeunesse, murmura Oroky.
Il prit son bâton et se mit en route pour le grand chêne. Il avait senti la magie grandir au creux de ces deux âmes, surtout pour l’humain. Cette flamme était déjà aussi grande que son père, alors que l’écuyer était encore si jeune. A n’en pas douter, il serait un puissant mage paladin, celui qui restaurera l’ordre ancien.
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Les deux soldats de l’Inquisition soulevèrent le garde et le plaquèrent contre le mur. Ils étaient réunis dans une impasse sombre, assez éloignée des regards indiscrets. Pearce Nofolio se posta devant l’homme affichant un visage fermé.
- Alors Tener, tu es heureux de nous voir j’espère.
L’homme tenta de répondre mais à moitié étranglé, il ne réussit qu’à produire un pitoyable gargouillis. Pearce indiqua aux hommes de le reposer, ils obtempérèrent en le laissant choir lourdement. Le soldat retrouva son souffle péniblement en toussant.
- Que voulez vous encore ? J’ai payé mes dettes.
- On ne paye jamais totalement ses dettes avec nous, tu le sais.
Le soldat ne put empêcher un frisson le parcourir de la tête au pied, mais pourquoi avait il contracté cette dette auprès de l’Inquisition ? Tout le monde le disait stupide même s’il s’en défiait, pourtant cette fois il commençait à le penser également.
- Je ne vous dois rien, et je ne vois ce que je pourrais faire pour vous, je ne suis qu’un simple soldat.
Pearce secoua la tête en soupirant.
- Allons, allons, mon cher Temer, tu as tant à offrir que l’Inquisition saura utiliser à bon escient, crois moi.
Il se rapprocha de lui, faisant se tasser le pauvre homme qui ne pouvait pas fuir au regard de celui qui le faisait face.
- A ce que je sache, tu as toujours des deux yeux et des deux oreilles, ainsi qu’un langue qui a besoin d’un peu de conviction pour s’épandre avec ses vieux amis.
Temer comprit alors ce qu’il attendait de lui.
- Vous avez besoin que je surveille pour vous les environs ?
Pearce afficha alors un sourire gourmand.
- Et bien voilà, tu vois quand tu veux.
Il saisit l’homme par le col pour qu’il se redresse, il plongea alors son regard dans celui de son nouvel informateur.
- J’ai besoin de quelques renseignements sur une personne ou plusieurs personnes qui seraient passées par ton poste de garde.
- Je … Je ne sais pas de qui …
L’homme de main de Cerissac s’approcha tout près de Temer.
- Tu ne sais même pas encore de qui je parle, attend un peu que je te les décrive avant de répondre.
Le soldat hocha la tête vigoureusement en gardant le silence.
- Je souhaiterais que tu tiennes à l’œil un groupe de jeunes gens, ils seront faciles à trouver parce qu’il y a deux humains et deux elfes. Pour les deux non humains, je ne pense pas que tu es besoin de description, ils ne sortent pas vraiment de l’auberge, l’un est un jeune homme de taille moyenne avec les cheveux bruns, l’autre est une jeune fille blonde très belle.
L’homme acquiesça, laissant Pearce poursuivre.
- Tu as surement plus de chance de voir les deux gamins avec eux, la première est une jeune fille aux cheveux noirs s’arrêtant au niveau des épaules, très belle et élancée, elle porte une tenue d’archère. Le jeune homme qui l’accompagne est une montagne de muscle, plus grand que moi, il a des cheveux brun mi long, ne quittant jamais sa camarade.
Pearce marqua une pause et il fixa le soldat avec intensité sans ajouter autre chose. L’homme finit par comprendre que celui-ci attendait une réponse de sa part pour savoir s’il avait déjà aperçu les suspects.
- Je vois passer beaucoup de monde par ici vous savez, je ne vois pas comment j’aurais pu me souvenir d’eux en particulier.
Un des hommes de l’Inquisition saisit soudainement la main du soldat et la plaqua au mur, il n’hésita pas à la transpercer d’une dague. Tener cria de douleur désespéré, il savait pourtant que personne ne viendrait à son aide avec la présence de l’Inquisition. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher sous le coup de poignard.
- Tu es sûr alors ?
Le soldat serra sa main ensanglantée contre lui pour arrêter le saignement.
- Je crois que j’ai entendu un de mes collègues me dire qu’il avait vu une jeune fille qui correspond à votre description.
- Pourquoi faut-il toujours en venir aux mains pour parler entre personne civilisée.
Pearce secoua la tête en poussant un soupir.
- Et cet ami t’a dit s’il savait où ce gentil couple que je recherche se rendait ?
L’homme opina de la tête.
- Il voulait aller vers le bastion des chevaliers protecteurs je crois, pour rencontrer une personne de leur connaissance.
Il lança un regard désespéré à son bourreau.
- Je ne sais rien d’autre, je vous jure, laissez moi partir, je continuerais à surveiller pour vous et je vous préviendrais si je les vois par ici.
L’homme paniquait.
- Je vous le promets !
Pearce fixa le couard avec intensité.
- J’espère pour toi que tu ne nous cacheras rien, sinon nous reviendrons pour t’expliquer notre mécontentement de manière moins douce.
- Je … Je vous le jure !
Le jeune homme fit signe aux soldats qui l’accompagnaient de laisser tomber cette loque. Le soudard récupéra sa dague en arrachant un nouveau cri de douleur de la part de leur proie. Sans un regard en arrière pour le blessé, le trio quitta l’impasse pour suivre la piste toute fraiche que leur avait indiquée leur informateur.
Pearce réfléchissait en chemin à cette nouvelle donné, que pouvez bien aller faire la jeune fille chez les Chevaliers Protecteurs ? Son ami était mort dans les bois, que venait elle chercher dans ce lieu ? Il devait se renseigner pour trouver des réponses à ses questions, et justement il avait la personne idéale entre ses murs pour lui venir en aide. Les sympathisants de l’Inquisition de retrouver partout, y compris dans ce bastion ennemi.
Après avoir marché du poste de garde jusqu’à l’emplacement du bastion, Pearce obtint sans problème l’autorisation d’entrer. Les membres de l’Inquisition avaient leur entrée presque partout, si une personne venait à leur refuser, elle ne résistait que très peu de temps.
Le jeune homme et ses hommes se retrouvèrent dans un bureau de la grande forteresse des chevaliers. L’homme qui lui faisait face était un simple comptable qui avait de très bonne relation, il était toujours au courant de ce qui se passait dans les couloirs du bastion. Le comptable avait des manières si obséquieuses que même Pearce le trouvait repoussant.
- Messire Nofolio, c’est toujours un plaisir de vous revoir.
- Un plaisir qui n’est pas partagé Borolt.
L’homme se fendit d’une courbette sans réagir à la réponse de son interlocuteur.
- Que puis je pour vous satisfaite messire ?
- Je suis pressé, j’ai besoin de renseignement maintenant.
- Bien sûr, je suis à votre entière service, mes oreilles et ma bouche sont à votre disposition comme toujours..
Le jeune homme expliqua à nouveau sa demande, décrivant les personnes qu’il cherchait, en appuyant sur la description de l’archère et du grand gaillard.
- Ce que je veux savoir avant tout, c’est pourquoi ils sont venus ici et à qui ils ont parlé ? Demanda Pearce d’un ton sec et sans appel.
- Oh oui, je vois de quoi vous parlez, il y a eu des allers et venus dans les couloirs qui ont un peu changé la routine de ce bastion.
- Allez au fait Borolt.
Pearce en avait assez d’être en sa compagnie et il savait Keridan d’une patience particulièrement infime. L’espion se confondit en excuse faisant des courbettes exagérées pour flatter son invité.
- Tout de suite messire Nofolio, ils étaient accompagnés d’un chevalier qui les a mené dans les quartiers des écuyers.
- Qui était-il ?
- Sir Edwin Nartero, il est originaire de Paraghi.
Le jeune homme s’intéressa un peu plus à la conversation, il savait que l’homme était le tuteur de Terrenoir.
- Et d’après mes sources ils auraient rencontré trois autres écuyers pendant un petit moment.
Pearce se mit à réfléchir, qu’est ce qu’ils étaient allé faire là bas.
- Est-ce qu’il s’est passé des faits étranges après cette rencontre ?
Borolt tapota sur la table pour essayer de se souvenir, il se figea soudain.
- Oui, une chose étrange je dois dire, Sir Nartero aurait demandé que ces trois écuyers puissent mener une mission à l’extérieur, dans un village qui aurait besoin d’aide près de la forêt de Veraï.
- Tu es sûr ! Lâcha le jeune homme en se levant d’un seul bon du siège où il s’était assis en début de conversation.
L’espion prit peur et recula, il n’était qu’un couard mais il savait survivre en servant les puissants.
- Je peux vous l’assurer messire, j’ai eu le document qui leur accordait le départ pour leur mission.
Pearce s’élança soudainement par-dessus le bureau et il prit l’homme à la gorge en le soulevant par le col de sa chemise.
- Leur départ, c’est pour quand ?!
- Dans … deux jours …
Il le relâcha en le jetant sur le sol sans se soucier de la réception de cette crapule. Ils n’avaient pas beaucoup de temps pour réagir. Le jeune homme sortit du bureau laissant la porte grande ouverte. Il quitta le bastion des chevaliers protecteurs par un accès dérobé beaucoup plus tranquille que la grande porte.
Les soldats de l’Inquisition qui l’accompagnaient lui emboîtèrent le pas sans lui poser de question. Travailler pour l’organisation à la serre d’aigle était dangereux et mieux valait ne pas en savoir trop sur ce qui se passait. Pearce courrait presque dans les rues, il voulait atteindre au plus vite le siège de l’Inquisition pour rapporter ces découvertes à son maître.
Il avait quitté la citadelle des chevaliers depuis moins d’une demi-heure et le jeune homme se retrouva de nouveau devant Keridan de Cerissac. Le noble l’accueillit avec la tête des mauvais jours, depuis qu’il savait une de ses proies non loin de lui, il ne cessait de maugréer.
- Qu’est ce qui te prend de débarquer dans mon bureau ainsi sans même frapper à la porte pour me prévenir ?
Pearce se rendit compte de son erreur, dans la précipitation il n’avait pas fait attention. Il se tint bien droit en espérant que la colère de son maître ne l’emporte sur sa raison.
- J’ai pu récolter des informations très importantes que je dois vous donner sans attendre.
Keridan posa ses mains à plat sur le bureau et se pencha dans sa direction en le fixant d’un regard noir.
- Je t’écoute alors, vite !
Le jeune homme se mit alors à raconter ce qu’il avait appris au cours de ses recherches. Il avait eu besoin de toute la journée, mais il espérait que ce qu’il apportait au noble allait effacer l’attente.
- Les informateurs qui t’ont renseigné étaient ils sûrs ?
- J’ai interrogé la plus part de nos contact, mais j’ai eu les meilleurs résultats avec un garde qui se trouvait à l’un des points d’accès au quartier militaire. J’ai pu ainsi remonter jusqu’au bastion des chevaliers et notre espion là bas, Borolt.
Pearce Nofolio avait craché ce nom avec dégout, ne cachant pas son aversion complète envers cette larve.
- Borolt est un verre de terre, mais il est fiable, fit Keridan, je ne l’aime pas non plus, un traitre reste un traitre, mais ses informations sont toujours justes.
Le jeune noble se mit à réfléchir quelques instants à ce qu’il venait d’apprendre, cherchant le moyen de l’utiliser au mieux.
- Alors comme ça ils vont près de la forêt de Veraï, je n’avais pas entendu de problème dans cette zone pourtant. Et toi ?
- Pas à ma connaissance, répondit Pearce.
Le noble réfléchit de nouveau, même avec des soupçons, il ne pouvait pas mettre en branle toute l’organisation. Le jeune homme avait une place d’officier dans l’Inquisition, mais pas encore assez haute pour donner un tel ordre.
- Pour le moment Hock n’est pas encore revenu pour faire son rapport, mais je vais tout de même commencer à faire les démarches auprès de mes chefs pour les faire bouger.
Keridan prit sa cape et ses gants sur le bureau.
- Prend un peu de repos, ensuite tu commences à réunir les hommes, je veux le maximum de soldats près pour se battre.
- Vous comptez organiser une arrestation en pleine ville ?
- L’Inquisition a tous les droits si elle soupçonne des dissidents, et je suis sûr qu’ils sont des opposants à l’Empereur.
- Et vous en aurez pour combien de temps d’après vous ?
- Toute la nuit assurément, mais fais en sorte que les soldats soient près à partir au lever du jour, tu m’as bien compris ?
- Oui Maître Cerissac, j’y vais de ce pas.
Le noble quitta son bureau en faisant claquer le talon de ses bottes sur le sol, l’approche de la curée le faisait presque trembler d’excitation.
Sir Nartero devait prendre son quart pour cette nuit, il n’avait pas pu dormir ou même se reposer aujourd’hui avec les préparatifs du voyage. Mais les obligations du service ne prenaient pas compte de sa fatigue, ni de ce qu’il faisait durant son temps libre. Il devait être de poste à l’entrée Nord, encore une garde longue et inutile à compter les gens qui passaient. De toute façon, le chevalier avait l’esprit en ébullition, il devait terminer de préparer le départ des écuyers et des jeunes gens à l’auberge pour la forêt de Veraï.
Le chevalier arriva à son poste avec les quelques soldats qui avaient eu la chance de se voir de garde pour cette nuit. Il remarqua alors qu’un des soldats qu’ils relevaient avait un bandage rouge de sang frais à une main.
Intrigué, Sir Nartero salua le chevalier qui était responsable de la garde de la journée. Il lui serra la main en souriant, et il demanda des précisions sur ce qui était arrivé à l’un de ses hommes durant la journée.
- Alors, il y a eu de l’animation pendant votre tour de garde ?
- Pas vraiment, toujours les mêmes personnes, pourquoi demandes-tu cela Edwin ?
- L’un des soldats semble avoir reçu une sacrée blessure à la main.
- Ah lui, je n’ai pas bien compris, apparemment il se serait blessé avec son arme de service mais ce n’est pas très clair.
- Etrange, répondit Sir Nartero, je ne vois pas comment il aurait pu faire ça.
En observant l’aspect de la blessure, le chevalier voyait très bien qu’une lame avait traversé la main et pas seulement le contact malencontreux du fil d’une épée.
- Si tu veux mon avis, répondit l’autre chevalier, je parie que l’oiseau a essayé de se blesser volontairement pour éviter son devoir et se la couler douce, mais avec moi ça ne passe pas. Je vais te lui coller un blâme, et je peux t’assurer qu’il ne s’en tirera pas comme ça.
Sir Nartero se contenta d’hocher la tête sans répondre, il était vraiment très intrigué par cette blessure suspecte. Il ne croyait pas qu’un homme puisse se faire une pareille mutilation seulement pour échapper à une garde.
Le chevalier et les soldats, qui étaient là depuis le milieu de la journée, quittèrent avec joie l’accès Nord pour se rendre vers les casernements. Sir Nartero ne quittait pas des yeux le blessé, cherchant à comprendre, quand il entendit l’un des soldats qui se trouvaient avec lui parler justement de cette personne.
- Ce Tener, c’est normal ce qui lui arrive, à force de se frotter à ceux qu’il ne faut, il finit par en payer le prix.
Le chevalier se tourna vers l’homme qui venait de parler et il l’interrogea aussitôt sur les paroles qu’il venait de prononcer.
- Qu’as-tu dit ?
Surpris, le soldat eut un mouvement de recul.
- Rassure toi, je voudrais juste savoir pourquoi tu as dit que c’était normal, tu sais quelque chose sur sa blessure ?
Le soldat se détendit, et répondit à son supérieur.
- Je ne sais pas qui exactement lui a fait ça, mais je connais peut être bien un rapport.
- Ce n’est qu’un simple soldat, lança le chevalier, qu’est ce qu’il a bien pu faire pour avoir une telle punition ? Il voit la femme d’un autre ?
L’idée fit rire les soldats, l’homme lui répondit.
- Oh non, Tener est marié, il ne va pas voir ailleurs, il a le démon du jeu par contre, et il doit de l’argent à pas mal de monde, et pas seulement à de bonnes personnes.
- Comment ça ?
Le soldat fut de nouveau gêné, il avait apparemment peur de parler, étonnant Sir Nartero.
- Et bien, qu’est qu’il y a ?
L’autre homme avec qui parlait le soldat au départ se rapprocha de son supérieur.
- Il a des relations plutôt conflictuelles avec les gars qui sont toujours habillés de noir, vous savez ceux de l’Inquisition.
Sir Nartero cacha sa surprise, répondant par un hochement de tête grave.
- Je vois, j’espère que je n’aurais pas de problèmes identiques cette nuit.
- Pas d’inquiétude, répondit le soldat, je préfère rester honnête et loin de ces sales types qui me font froid dans le dos.
Les deux hommes se mirent à leur poste pour la garde de la nuit, le chevalier lui n’avait pas bougé, il était en pleine réflexion. Il commençait sérieusement à se demander si Lynaïs et Brom n’étaient pas surveillés. Sir Nartero se souvenait qu’il avait raccompagné les jeunes gens jusqu’à ce poste de garde, celui là même qu’ils avaient emprunté pour entre dans le quartier militaire.
L’Inquisition était semble t’il sur leurs traces et ils allaient bientôt finir par les découvrir, ainsi que leur plan pour quitter Paragahi. L’inquiétude du chevalier monta d’un cran, il ne pensait pas que l’organisation à la serre d’aigle puisse réagir aussi rapidement. Il n’avait surement plus beaucoup de temps pour agir, peut être une journée pas plus.
Le chevalier ne pouvait pas se permettre de quitter son poste, mais dés qu’il aurait terminé son tour de garde il devait prévenir tout le monde. Le départ allait être précipité, la sécurité de tous était en jeu. Sir Nartero n’était pas tranquille, il avait déjà perdu son écuyer, il ne voulait pas perdre d’autres jeunes vies sous sa responsabilité.
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