Bonjour ^^
Chapitre tout nouveau tout remanié ouaiii ^^
J'espère qu'il va vous plaire en tout cas, nous allons suivre la suite de notre histoire avec Onèan d'un coté et Lynaïs de l'autre.
La relation entre Anya et l'écuyer débute doucement tandis que leur formation continue. Ils vont apprendre la magie et la douceur des sentiments pour les laisser croitre lentement.
A Paragahi, rien ne va plus, et Sir Nartero a compris qu'il devait absolument les prévenir. L'infâme Keridan est à nouveau à leur trousse et cette fois il ne compte pas les laisser s'enfuir aussi facilement.
Bonne lecture ^^
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CHEVALIER 49
La salamandre - Fuite
Une nuit sans lune baignait la vallée d’une étrange obscurité, le froissement des ailes des oiseaux nocturnes répondait au bruissement des petits animaux dans les sous bois. Oroky avait demandé à Anya et Onèan de se reposer dans l’après midi, le soir venu une cérémonie important allait avoir lieu.
Les deux jeunes gens attendaient près de l’arbre comme leur avait demandé le shaman. Ils restaient silencieux, l’un à coté de l’autre mais suffisamment éloigné pour ne pas se toucher. Depuis leur premier baiser, leur relation n’avait pas vraiment évolué, ils restaient toujours aussi indécis sur ce qu’ils devaient faire.
Onèan rompit le silence.
- Oroky t’a parlé de ce que nous allions faire ?
- Comme à son habitude, absolument rien, je me demande même s’il ne le fait pas exprès pour s’amuser à nous tourmenter.
- Venant de lui cela ne m’étonnerait pas.
Les deux gens rirent de bon cœur, puis à nouveau ils restèrent silencieux. Anya se tourna vers son compagnon.
- Onèan, je voudrais …
- Oui, répondit l’écuyer.
- Oroky nous a fait travailler deux fois plus depuis le jour de l’averse et nous n’avons pas vraiment reparlé.
Le jeune homme acquiesça de la tête.
- Mes sentiments pour toi sont clairs maintenant, fit Onèan en regardant dans les yeux son amie.
- Pour moi aussi.
Elle tendit la main vers lui qu’il saisit du bout des doigts, ce simple contact fit bondir le cœur des jeunes gens dans leur poitrine. Les doigts s’emmêlèrent avec tendresse, ils se rapprochèrent lentement l’un de l’autre, mais tout en gardant un espace entre eux.
- Qu’est ce que nous pouvons faire ? Murmura Anya.
- Apprendre l’un de l’autre.
La koradji rougit en baissant la tête.
- Je pensais surtout à ceux de mon village et les personnes de ton peuple, nous sommes de deux races différentes.
L’écuyer comprenait bien ce qu’elle disait.
- Ce ne sera pas facile, mais nous sommes ensemble.
Leurs yeux se croisèrent et leurs deux visages se rapprochèrent l’un de l’autre. Ils échangèrent un doux baiser, leurs mains s’étaient jointes sans qu’ils ne s’en rendent compte. Les yeux fermés, les jeunes gens ne pouvaient plus se séparer, ils ne voulaient pas arrêter ce moment de tendresse.
- Pour le moment, nous devons garder notre relation secrète, fit le jeune homme, nous n’avons pas le choix.
- Je me vois mal annoncer à mon oncle et ma tante que je suis avec toi, sans parler de la réaction de Korahyn si celui-ci l’apprenait.
Les deux jeunes gens frémirent en pensant à la colère que le chef du clan des Chênes Noirs pouvait laisser exploser.
- Et Oroky pourrait il nous soutenir ?
Onèan hésita.
- Il a déjà beaucoup fait pour nous, et cette affaire ne le concerne pas, nous devons nous débrouiller seuls.
L’écuyer saisit délicatement les mains de son amante dans les siennes.
- Tant que nous resterons ensemble, nous pourrons nous soutenir et affronter les obstacles qui se dresseront sur notre route.
- Oui, tu as raison.
Anya leva la tête vers Onèan qui se pencha vers a sa compagne, ils s’enlacèrent langoureusement en échangeant un baiser. La gêne des débuts était presque oubliée, et les doutes envolées pour l’un comme pour l’autre. Ils étaient sur les mêmes pensées, ils voulaient suivre leur cœur et leurs sentiments respectifs.
Le bruit du bâton d’Oroky se fit entendre sur le sentier caillouteux. Ils se séparèrent brusquement en se détachant les mains, leur cœur battait à tout rompre sous la peur de se faire prendre dans les bras l’un de l’autre. Les deux jeunes gens se regardèrent à la dérobade, ils auraient aimé pouvoir profiter plus longtemps de cet instant.
Le shaman arriva quelques minutes plus tard, frappant toujours le sol de son bâton en faisant tinter les colifichets attachés à la pointe.
- Bien vous êtes là à l’heure, fit Oroky.
- Nous vous attendions, s’empressa de dire Onèan.
Le shaman cacha son sourire, il avait fait exprès de faire du bruit en arrivant pour ne pas les surprendre dans une fâcheuse posture. En partant du campement où ils logeaient, le vieux koradji avait hésité à les trouver enlacer, mais il trouvait qu’il était encore tôt pour avoir une discussion avec eux au sujet de leur relation. Quand le temps serait venu de leur parler, il le ferait, pour leur bien et leur futur au sein du clan.
- Alors suivez moi, nous allons allez au bord du lac.
Suivant l’ordre du vieux koradji, ils approchèrent du centre de la vallée. Avec la nuit l’eau avait un aspect menaçant, la beauté du reflet du soleil n’était plus qu’un souvenir.
- Pourquoi ne nous avoir dit de nous rendre directement ici ? Demanda Anya.
- J’avais besoin de quelques ingrédients et le chemin était plus court en passant par le grand chêne. Tu as bien amené ton épée ?
- Comme vous me l’avez demandé, répondit Onèan.
- Nous allons pouvoir commencer alors.
Le shaman laissa tomber son sac sur le sol, il fouilla à l’intérieur et il en sortit une poignée de feuilles vertes.
- Anya allume un feu s’il te plait.
Tandis que la jeune fille était penchée vers le sol, Oroky se tourna vers le jeune homme.
- Mets-toi torse nu et assis toi sur le sol en méditant quelques instants, fait le vide dans ta tête comme je t’ai expliqué avant.
- Très bien.
L’écuyer s’exécuta de bonne grâce, suivant les directives du shaman. Il s’installa en tailleur sur le sol et il ferma les yeux. Il eut beaucoup de mal à trouver son calme, il pensait encore à la sensation du baiser avec Anya. Le jeune homme se força à faire le vide dans sa tête en mettant de coté les derniers moments de la journée.
Peu à peu, son esprit se laissa emporter par le flot de magie, le rythme de ses battements de cœur diminua lentement. Il se trouva dans un état proche d’une transe, la respiration mesurée, les muscles relâchés.
Oroky laissa son élève se concentrer, il se pencha vers le feu de la koradji. Des flammes orangées bondissaient sur le bois sec éclairant la petite plage, se reflétant à la surface du lac. Le shaman saisit la poignée de feuilles et il la jeta dans le foyer. Aussitôt une fumée âcre en sortit, envahissant l’air en quelques instants.
- Tu peux te lever Onèan.
Le jeune homme se releva, il regarda la fumée sortant des flammes.
- Quelle est cette odeur ?
- Une herbe qui va t’aider à trouver le bon chemin jusqu’à ton esprit intérieur.
L’écuyer préféra attendre la suite.
- Tire ton épée de son fourreau et laisse toi envahir par la magie, laisse la sortir en tenant l’épée devant toi.
- Très bien.
Le jeune homme tira l’arme qui avait appartenu à son père, il avait presque peur de la tenir entre ses mains. A nouveau il inspira profondément pour laisser la magie surgir en lui, elle était de plus en plus facile à ressentir. Onèan s’abandonna au pouvoir comme lui avait demandé Oroky, c’était la première fois qu’il allait aussi loin.
Il sentit une chaleur intense lui parcourir le corps, elle descendit dans ses bras comme attiré par l’épée qu’il tenait fermement à deux mains. Ses doigts se mirent à rougir, il trembla sous le coup de l’effort qu’il devait faire. Onèan serra les dents, en se concentrant au maximum pour ne pas perdre toute la magie accumulée.
Soudain l’épée des Terrenoir s’enflamma et une grande langue de feu surgit de la pointe. L’écuyer en resta bouche bée, Anya eut un mouvement de recul poussé par son instinct. Oroky resta bien droit devant le jeune homme, il avait étendu les bras devant lui en murmurant des paroles magiques.
La langue de feu fit plusieurs tours sur elle-même au dessus d’Onèan avant d’arrêter de grandir. Tout au bout, une tête de serpent se format, elle ondula lentement comme si celle-ci était vivante. Le shaman termina son sort et il relâcha ses épaules, il avait réussi à canaliser le puissant flux de magie que son élève avait créé.
- Qu’est ce que s’est ? Réussit à articuler Onèan remit de sa surprise.
- La salamandre, ta magie prend cette forme grâce à ton épée, c’est ton pouvoir.
Il se tourna vers la koradji restée un peu en arrière.
- Approche-toi Anya, tu vas devoir t’y habituer, j’ai contrôlé la décharge de magie et il te faudra apprendre à ton tour à le faire.
La jeune fille s’exécuta à son tour, elle avait un peu peur, mais elle était aussi émerveillée par cette langue de feu à l’allure de serpent.
- Qu’est ce que je dois faire ensuite ? Demanda Onèan.
- Tu es le mieux placé pour le savoir, c’est toi qui tiens cette épée.
- Mais comment veux-tu que je sache m’en servir par moi-même ?
Le shaman se permit de sourire.
- Une petite plaisanterie ne fait de mal à personne.
L’écuyer était curieux de savoir ce qu’il pouvait faire avec cette magie. Il voulut donner un coup d’épée dans l’air mais Oroky l’arrêta.
- Pour le moment tu n’arrives pas encore à la contrôler parfaitement pour faire des mouvements comme ceux là.
- Tu vois bien que tu as une idée de son usage.
- Pour qui me prends-tu ? Enfin pour le moment je veux que tu apprennes à connaitre la salamandre et que tu comprennes comment elle réagit à tes pensées.
L’écuyer était déçu, mais il suivit les consignes du shaman. Il se demanda s’il pouvait approcher de plus près la flamme, et aussitôt la tête du serpent descendit à sa hauteur.
- Il m’a obéit ! Je me demandais si je pouvais la voir de plus près et il a bougé tout seul.
- Je te l’ai dit, la salamandre est une partie de toi-même, elle t’obéira si tu la respectes. Cette magie que tu utilises se sert du cœur et de la force d’esprit de la personne qui la produit. Il faut que tu la considère comme une extension de toi-même.
Onèan affichait un regard rempli d’étoile en contemplant la langue de feu répondre à ses demandes. Anya s’approcha plus près du jeune homme pour mieux voir à son tour, elle était tout aussi curieuse que son ami.
- C’est du vrai feu ? Demanda-t-elle en observant l’épée.
- Oui, seul Onèan ne peut être brulé par sa propre magie, mais nous devons absolument ne jamais la toucher.
- Je me demande si je peux lui demander autre chose ?
- Essayes et tu verras, répondit Oroky, mais n’oublie pas, ce n’est pas un simple jouet mais un être doué de raison.
Le koradji laissa les jeunes gens s’amusaient avec le pouvoir de l’humain, il avait réussi à contenir la sauvagerie grandissante de cette flamme qui avait bien failli exploser. Le shaman devait maintenant accentuer son entraînement sur la maitrise de cette force qui habitait en Onèan. Il devait aussi préparer Anya à la contenir en utilisant ses propres pouvoirs qui sommeillaient en elle.
Oroky regarda le jeune homme faire tourner sur elle-même la langue de feu comme un fouet, il apprenait très vite. Le shaman n’en revenait toujours pas, il avait manqué lui-même de perdre le contrôle.
- Il changera le monde ! Murmura le vieil homme trop bas pour que les jeunes gens l’entendent.
La nuit noire était illuminée par la salamandre qui venait de renaitre une nouvelle fois de ces cendres.
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Sir Nartero cherchait son souffle, il avait peu de temps devant lui, peu être même qu’il était déjà trop tard. Il balaya cette idée immédiatement d’un revers de la main et il accéléra de nouveau sa course effrénée dans les rues encore désertes du quartier militaire de Paragahi.
Le chevalier avait enfin terminé sa garde de nuit, le soleil allait bientôt se lever et l’activité reprendre dans la ville. Laissant les soldats regagnaient leur caserne à leur rythme, il était parti devant pour revenir au plus vite au bastion des chevaliers.
L’homme devait agir vite, mais il ne devait pas confondre rapidité et manque de clairvoyance. Tout d’abord, il fallait prévenir les écuyers pour qu’ils se préparent immédiatement pour le voyage, et ensuite gagner l’auberge où se trouvait le reste des jeunes gens. Une fois tout le monde réuni, ils devaient s’échapper de la ville pour se mettre hors de portée de l’Inquisition.
Sir Nartero arriva enfin au siège de la chevalerie, il espérait ne pas avoir perdu trop de temps. Pour le savoir il devait pénétrer dans le bâtiment et vérifier qu’il n’y avait pas des soldats de l’Inquisition présents. L’homme franchit l’entrée d’un bond, il faillit percuter un garde en faction qui le regarda avec suspicion.
- Désolé, je dois me rendre immédiatement au cabinet d’aisance.
Le soldat sourit.
- Faites attention la prochaine fois messire, j’ai bien faillit vous blesser avec mon épée au passage.
- Encore désolé, je tâcherais de ne pas refaire la même chose.
- Bonne journée à vous.
Le chevalier repartit de plus belle, le bâtiment était vide à cette heure, le jour n’étant pas encore levé. Il marqua un temps d’arrêt pour vérifier qu’il n’y avait pas d’hommes cachés, mais rien ne semblait l’indiquer. Il fit un demi-tour pour prendre la direction des lieux d’aisance, puis une fois hors de vue il grimpa les escaliers.
L’homme voulait faire vite, mais il devait aussi être le plus discret possible, il ne fallait pas rameuter tous les gardes autour de lui. Il arriva au niveau de l’étage des écuyers, et enfin il eut de la chance pour la première fois depuis sa garde à l’entrée du quartier. L’écuyer Impa Dandeta se tenait devant lui, surprit de l’avoir vu apparaître aussi soudainement.
- Sir Nartero ?
- Dandeta, je suis content de te trouver, sais tu où sont tes deux camarades ?
- Dans leur quartier j’imagine à cette heure là.
- Bien alors tu vas les réveiller et vous préparez vos affaires, vous devez partir immédiatement.
- Comment sur l’instant ? Mais que se passe-t-il ?
- J’ai bien peur que l’Inquisition soit déjà sur votre piste.
L’écuyer afficha de la stupeur.
- Comment ont il fait aussi vite pour être au courant ?
- Je ne le sais pas moi-même mais de toute façon je ne peux pas t’expliquer maintenant le peu d’informations dont je dispose.
Il regarda le jeune homme dans les yeux.
- Pour le moment faite au plus vite, préparez toutes vos affaires pour le voyage et soyez prêt avant que le soleil ne soit complètement lève.
L’écuyer était un peu abasourdi mais il avait l’esprit assez vif malgré sa nuit de garde pour comprendre l’urgence du moment.
- Je vais les prévenir tout de suite, je dois être relevé dans quelques minutes justement.
- Hâtes le remplacement par ton collègue, c’est une question d’heures avant qu’ils ne soient à nos trousses je pense.
- Ces gens de l’Inquisition ont vraiment des oreilles partout, fit Impa Dandeta, nous avons pourtant été discrets.
- Ils n’ont apparemment pas besoin de plus de quelques soupçons pour passer à l’action.
L’écuyer acquiesça.
- Où nous nous retrouverons ?
Sir Nartero réfléchit rapidement.
- Le mieux serait que vous me rejoignez à l’entrée Nord de la cité, elle n’est pas très fréquentée à cette heure là.
- Nous y seront dans moins d’une heure.
- A tout de suite alors, et prenez des précautions pour ne pas être suivi.
L’écuyer hocha la tête et se retourna vers les dortoirs de ce niveau, le chevalier avait réussi la première partie de sa mission. Maintenant il devait se rendre à l’auberge des jeunes gens, il connaissait l’établissement. Hélas depuis l’arrivée de deux elfes, elle était devenue la nouvelle attraction à la mode.
Il y avait du chemin pour arriver jusqu’à ce quartier et à pied il mettrait trop de temps. Le chevalier décida de se rendre d’abord à l’écurie pour reprendre son cheval. Il gagnerait très facilement de précieuse minute grâce à lui, et les rues désertes ne lui poseraient pas de problème de circulation ou d’encombrement.
Le bastion de la chevalerie possédait ses propres écuries, chaque chevalier se devant d’avoir sa propre monture elles étaient particulièrement grandes. Des palefreniers étaient déjà au travail quand Sir Nartero passa l’entrée, l’un d’eux le salua en le voyant arriver.
- Bonjour Sir Nartero, vous êtes bien matinal.
- Bonjour Basté, j’ai une affaire urgente, je vais prendre ma monture.
L’homme fut soudain très ennuyé.
- Je suis désolé messire, mais nous n’avons pas encore changé le fer qui manque à votre cheval. Nous avons tant de travail hier que nous n’avons pas eu le temps de nous en occuper.
Le chevalier pesta, la malchance le frappait de nouveau.
- C’est une affaire vraiment urgente, je dois me rendre à l’autre bout de la ville, vous n’avez pas un cheval libre.
Basté se mit à réfléchir, quand Sir Nartero eut une idée.
- Je crois que nous avons encore le cheval de mon ancien écuyer ici.
- Oui, il n’a pas encore été renvoyé au près de sa famille, personne n’allant par là pour le moment.
- Je vais le prendre alors.
- Attendez, je ne sais pas si vous avez l’autorisation de l’utiliser.
Sans répondre au palefrenier, le chevalier se dirigea vers le box, la monture piaffa d’impatience elle n’était pas sortit depuis un long moment. Sir Nartero prit la selle et la posa sur le dos du cheval, il serra les sangles rapidement avec des gestes nerveux.
En donnant un dernier à-coup en mettant une sangle, un objet caché sous la selle tomba sur le sol. Le chevalier ne l’avait même pas remarqué tant il était bien camouflé, il avait du le déloger de sa cachette en mettant la selle. Intrigué, il se baissa pour le récupérer sous la paille où il avait disparu. Il eut la surprise de découvrir un livre relié de cuir, un ouvrage qui semblait avoir beaucoup voyagé en voyant son usure.
- Etrange, murmura Sir Nartero.
N’ayant pas le temps pour voir de quoi il s’agissait véritablement, le chevalier rangea le livre dans sa veste et termina d’harnacher la monture. Il grimpa sur le dos de l’animal sans attendre et le lança au galop dés qu’il sortit de l’écurie en faisant se relever un nuage de fumée. A l’horizon, le soleil se levait lentement, perdu dans les nuages, il était rouge comme le sang.
Le chevalier galopa à bride abattue dans les rues encore désertes de la cité, il passa le poste de garde sans prendre le temps de faire signe aux soldats de garde. Il faillit renverser plusieurs personnes qui ne se hottèrent pas assez vite de son chemin. Les passants lui lançaient des insultes, Sir Nartero n’avait vraiment pas le temps pour y répondre.
Grâce à la rapidité du cheval de son écuyer, il arriva plus tôt qu’il ne l’aurait cru à l’auberge qu’il cherchait. A peine arrêté, il descendit de la monture d’un bond ample et frappa à la porte de l’établissement en donnant de violents coups de poing.
Malgré l’heure très matinale, le gérant de l’auberge vint l’ouvrir, il baillait encore après une nuit trop courte. L’homme venait juste de se mettre au travail, et il se demandait bien qui venait l’importuné aussi tôt.
- C’est pourquoi ? Je ne suis pas ouvert pour le moment et je ne donne pas à boire aux fêtards de fin de nuit.
- Sir Edwin Nartero, désolé de vous déranger si tôt mais j’ai une affaire très urgente à régler avec quelques uns de vos pensionnaires.
L’aubergiste sembla suspicieux.
- Ils sont recherchés par l’armée ?
- Non, c’est juste une affaire personnelle, mais elle ne peut pas attendre un instant, je suis particulièrement pressé.
- Vous n’allez tout de même pas vous battre dans mon établissement.
- Non, rassurez vous pas du tout, je souhaite seulement les emmener au plus tôt vers un guide qu’ils attendaient, et hélas il doit partir maintenant et je dois les prévenir tout de suite, vous comprenez.
- Qui sont les personnes que vous voulez voir ?
- Les quatre jeunes gens arrivés le jour d’avant, ceux qui sont accompagnés par les deux elfes.
Ces clients avaient payé plusieurs jours à l’avance, l’aubergiste se frottait les mains en pensant à l’argent qu’il allait pouvoir se faire.
- Entrez donc, ils sont à l’étage, chambre 3 et 4.
Le chevalier grimpa les marches quatre à quatre, essayant de rattraper tout le temps perdu à la porte de l’auberge. Il frappa sans attendre sur la porte de la première chambre devant lui. Il insista plusieurs fois avant qu’enfin une personne se leva de l’autre coté. Brom encore les yeux ensommeillés ouvrit la porte.
- Sir Nartero ? Lança le forgeron surpris. Qu’est ce qui vous amène si tôt ?
- Il faut faire vite, vous devez partir, je crois que l’Inquisition est sur vos traces.
Le jeune homme comprit l’urgence soudaine, achevant complètement de le réveiller.
- Vous en êtes sûr ?
- Non mais il ne faut pas prendre de risque je vais réveiller les autres, préparez à vous à partir immédiatement.
Brom se retourna pour lever Karez, ils n’avaient pas une minute à perdre dorénavant.
A l’extérieur, l’arrivée soudaine du chevalier n’était pas passé inaperçue. Duncan Hock allait justement faire son rapport à son chef quand il déboula comme un fou dans la rue, s’arrêtant à la porte de l’auberge. Le jeune homme comprit tout de suite que d’une manière ou une autre l’homme avait découvert que l’Inquisition était sur leurs pistes.
Hock se tourna vers un de ses hommes près de lui.
- Va prévenir Maître Cerissac immédiatement, dis lui qu’il faut qu’il vienne tout de suite ici avec des renforts sinon ils vont partir.
- Très bien
- Prend mon cheval, tu iras plus vite.
Le messager saisit la bride de l’animal cachée dans une ruelle et partit au grand galop en direction du quartier militaire. Duncan Hock devait faire gagner du temps à son maître pour venir, il ne disposait que de trois hommes maintenant. Sans attendre il donna quelques ordres pour tenter de bloquer les deux cotés de la rue, il ne les laisserait pas s’enfuir aussi facilement.
Pearce faisait le tour de la salle de garde, tous les soldats qu’il avait pu réunir en un si court laps de temps étaient là. Une vingtaine d’homme attendait dans la pièce, appuyés contre le mur ou assis à une table, discutant en attendant les ordres. Le jeune homme n’avait pas pris beaucoup de repos après avoir quitté le bureau de Keridan, il savait qu’il devait faire vite pour réunir tous les hommes disponibles.
Pearce se demandait parfois ce qui le poussait à suivre le noble, peut être le fait que soit famille soit liée à celle de son maître, ou bien son manque d’ambition. Le jeune homme était loin d’être idiot, il était en tout cas bien plus intelligent que Hock qui agissait surtout en brute épaisse.
Pourtant depuis qu’il était entré dans l’Inquisition, il devait taire ses scrupules pour faire avancer les projets de Cerissac. L’homme qu’il avait torturé la journée d’hier ne lui avait rien fait, il avait comme un goût amer dans la bouche.
L’arrivée soudaine de Keridan le fit taire ses pensées, il n’avait pas à réfléchir mais il devait obéir à son supérieur, et il était maintenant là dans la pièce.
- Tu as bien travaillé Nofolio, je vois que tu as réuni une troupe solide malgré l’heure, je savais que je pouvais compter sur toi.
- A vos ordres Maître Cerissac.
- En plus j’ai une bonne nouvelle, j’ai eu l’autorisation du Maître Inquisiteur pour arrêter les amis de Terrenoir, il y a assez de présomptions d’insubordination pour le faire.
- Les hommes sont prêts à partir.
- Allons cueillir nos fruits bien mûrs.
Les soldats de l’Inquisition prirent leurs armes et ils sortirent dans la cour du bâtiment. Keridan en tête, accompagné de Pearce, ils se mirent en marche alors que l’aube n’était pas encore levée. Malgré le nombre, le noble ordonna une marche silencieuse, pour ne pas voir des gens interférer dans leur marche. C’était sa traque, c’était son combat, il avait hâte de voir la terreur dans les yeux de ses proies.
Quand enfin le soleil pointa, la colonne arriva au point de passage exclusivement utilisé par les membres de l’Inquisition. Encore un petit avantage qui leur permettait d’être plus rapidement dans n’importe quel endroit de la ville en très peu de temps. Un coursier au grand galop arriva sur eux, Keridan fit arrêter la progression pour voir de quoi il s’agissait.
- Maître Cerissac, j’ai un message de la part du caporal Hock.
- Que se passe-t-il ?
L’homme donna son message sans attendre, le noble poussa un juron de colère et de frustration.
- Ils ont été prévenus !
- Attendez, il n’est pas trop tard, fit remarquer Pearce, nous pouvons encore les prendre de vitesse en les devançant. Nous savons par où ils passeront pour quitter Paragahi.
- Oui tu as raison, ils ne nous échapperont pas aussi facilement.
La colonne se remit en marche plus rapidement tandis que le messager était reparti en sens inverse pour prévenir Hock du plan du noble. Keridan tremblait de rage et de plaisir à la fois, il aimait par-dessus tout la traque, surtout si elle était là pour attraper un des amis de ce maudit Terrenoir. Il accéléra à nouveau le pas à cette seule pensée.
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