Bonjour les lecteurs ^^
Je vous présente la suite de Chevalier.
Retrouvons nos amis au coeur des montagnes pour leur aventure à la découverte de ce nouveau monde.
Ekart est un magicien, il doit bien se l'avouer, il a choisi de prendre son nouveau destin en main et il va apprendre à se servir de ses pouvoirs.
Le traitement de Patinil continue, toujours aussi pénible, toujours aussi douloureux, mais les deux jeunes filles restent ensemble, affrontant la tempête.
Bonne lecture, et laissez un commentaire pour me donner vos impressions ^^
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CHAPITRE 50
Un nouveau monde - Mains jointes
- Il faut que tu prennes cette poudre dans ce pot.
- Celui qui se trouve sur la droite ?
Le diablotin avait le dos tourné, le nez plongé dans un livre ouvert sur une table. Il ne daigna pas répondre pour aider le jeune homme, se contentant de poursuivre ses explications, comme un professeur dictant sa leçon.
- Et ensuite tu récites la formule en lançant la poudre devant toi.
- Très bien.
Ekart mit le doigt que le chapitre du texte qui l’intéressait, il ne mit à réciter à haute voix les mots, les égrainant un à un en articulant chaque syllabe. Puis d’un geste ample, le jeune homme lança la poudre de minerais qu’il venait de prendre dans un récipient à sa disposition. Il visait toujours le mur que le premier maître lui avait indiqué pour s’entraîner.
Une énorme explosion retentit dans le laboratoire, balayant de son souffle tout ce qui se trouvait sur son passage. Le jeune diplomate fut projeté en arrière, tombant rudement sur le dos. Le pupitre où était posé le livre tomba, faisant voler le livre. Des feuilles furent projetées dans tous les sens, des verres et des fioles se brisèrent en mille morceaux.
Enoch se protégea à l’aide de ses ailes, évitant les objets volant. Peu après il se redressa observant le carnage, le fond du laboratoire n’était plus que désordre et chaos. La pierre était encore plus noircie qu’auparavant, des gravats jonchaient le sol au pied de la paroi. L’explosion avait été particulièrement forte pour arriver à abîmer le mur en granit.
- Mais … Mais qu’est ce que tu as fait ?
Le familier du premier maître volait dans tous les sens en se tenant la tête entre les mains. Ekart se releva en se frottant le dos, le choc l’avait rendu partiellement sourd. Il entendait un sifflement continuel dans les oreilles.
- Et bien, quelle explosion …
Le jeune homme tentait de reprendre ses esprits, il regarda son corps et ne vit aucune blessure à part peu être ses vêtements qui étaient légèrement roussis par endroit. Le diablotin apparut soudainement devant ses yeux, il ne souriait plus, affichant une véritable panique.
- Tu as pris quelle quantité de poudre de charbon ?
- Et bien je ne sais plus trop, une poignée je crois.
- Une poignée ?! Mais c’est seulement une pincée qu’il fallait prendre !
Le jeune homme regardait le carnage autour de lui, les yeux agrandis de surprise.
- A oui quand même.
- Je vais devoir tout ranger, tu as intérêt à m’aider.
Le diplomate se releva en secouant un peu la poussière qu’il avait sur lui.
La journée se terminait, il voyait même le soleil se couchait par la fenêtre. Il avait travaillé toute la journée sur les livres de magie, apprenant des sorts et réalisant même des essais, avec plus ou moins de réussite, trop parfois même.
Le premier maître avait du laissé le jeune homme seul dans son laboratoire privé en début d’après midi, une urgence à la frontière. Le mage avait confié la surveillance d’Enoch, son familier, pour qu’il puisse s’exercer à loisir dans son laboratoire privé en début d’après midi.
Mais pour le moment, la situation avait légèrement échappé au contrôle du familier. Maintenant ils tentaient de mettre un peu d’ordre dans le laboratoire qui avait tout l’air d’un champ de bataille. Une lumière vive apparut dans le bureau à coté signalant l’arrivée d’un visiteur, et un seul pouvait venir ici par cette manière.
- Oh non, le maître est revenu ! Non, non, non …
Le diablotin battit follement des ailes pour essayer d’aller plus vite, mais il ne réussit qu’à mettre un peu plus de désordre dans la pièce. Endarius franchit l’entrée de son laboratoire et vit le désastre de l’explosion. L’homme jeta un coup d’œil au mur noirci et son visage s’orna d’un grand sourire.
- Je vois que tu t’es bien entraîné.
Il entra dans le laboratoire butant dans un livre renversé.
- Enfin avec un peu trop de zèle je dois avouer.
- Désolé, fit Ekart en ramassant son pupitre et reposant le livre qui y était dessus.
Le mage était très amusé de voir l’embarras du jeune homme.
- Je suis désolé maître, je suis vraiment, vraiment désolé.
Le diablotin se confondait excuse, en voletant encore plus vite autour de la pièce.
- Calme-toi Enoch.
Endarius fit quelques gestes de la main en prononçant une formule magique. Immédiatement tous les objets à terre se remirent en place, les flacons et pot en terre cuite se reconstruisirent d’eux même. Les meubles se relevèrent et retournèrent dans le même état d’avant l’explosion. Même les pierres arrachées au mur reprirent leur place dans la paroi, le mur était intact.
Le laboratoire avait retrouvé son ordre comme si rien ne s’était passé. Ekart n’avait pas bougé de sa place, n’en croyant pas ses yeux. Le mage était fier de son petit effet, il avança vers une bibliothèque et redressa un livre mal remis.
- Voilà, maintenant que tout est rangé, nous allons pouvoir manger un peu.
Le diplomate se rendit compte qu’il n’avait pas beaucoup mangé de toute la journée.
- C’est vrai que j’ai faim.
- Tu dois user beaucoup d’énergie pour pratiquer la magie, surtout pour un débutant tel que toi. Viens suis moi.
Emboîtant le pas au mage, le jeune homme quitta le laboratoire et il traversa le bureau en sa compagnie. Le diablotin volait près de son maître, continuant de lui parler sans arrêt. Endarius ouvrit une autre porte et il dévoila une salle à manger privée, un repas avait été dressé sur la table. Le diplomate s’installa à une chaise indiquée par le mage. Ils s’installèrent pour manger, le familier se posant sur la table près du mage à l’opposée du jeune homme.
Après s’être servi, Endarius se tourna vers Ekart.
- Alors comment s’est passée cette première journée ?
- Je suis étonné, je ne pensais pas qu’un tel pouvoir sommeillait en moi.
- Ne t’avais je pas prévenu ? Tu dois me faire confiance, je sais qu’en toi il y a un pouvoir qui ne demande qu’à se développer.
Le jeune homme pencha la tête.
- Je sais que vous voulez me voir étudier avec vous, mais j’ai toujours mon projet et je tiens à le réaliser à bien.
La détermination se lisait dans ses yeux, faisant sourire le mage.
- Je ne t’ai jamais dit d’abandonner ce que tu souhaites, mais au moins le temps que tu sois là, laisse moi développer tes pouvoirs.
- Vous m’avez proposé de me préparer tout ce dont j’ai besoin, je n’aurais pas à me tracasser pour cela, et …
- Oui, fit le mage sachant très bien ce qu’il allait dire.
- Je suis curieux de savoir jusqu’où je peux aller.
- A la bonne heure, je suis content de t’entendre, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet. Tu pourras revenir demain à l’école au matin, je te préparerais des séances de travail.
- Je vais aller suivre les cours de magie ?
- Oui, répondit Endarius, je t’ai accordé un peu de temps mais je ne pourrais pas le faire tous les jours.
Il marqua une pause pour prendre une gorgée de vin, avant de reprendre la parole pour continuer son explication.
- Mais tu as besoin des bases pour maîtriser rapidement la magie.
- Se sera suffisant en si peu de temps ?
- Je ne te laisserais pas sans aide, je te donnerais des cours et des exercices supplémentaires tous les jours. Avec les bases et mon soutien, tu arriveras à gagner autant qu’une année entière d’étude d’un débutant.
Ekart hocha la tête, comprenant le but du premier maître. Le repas continua dans le silence, le jeune homme avait encore quelques interrogations et le mage s’en rendit compte.
- Tu as peut être encore une question ?
Le diplomate reposa sa fourchette sur le coin de son assiette en souriant.
- Rien ne semble vous échapper.
Endarius garda le silence, attendant que son nouvel élève lui parle.
- En effet, je me pose encore pas mal de questions, mais il y en a une qui me laisse perplexe. Plus j’ai étudié la magie, plus j’ai compris qu’une très grande puissance est capable d’être produite entre les mains des mages. Et je me demande comment vous avez pu perdre aussi rapidement face aux forces de l’Empereur.
Le mage s’adossa dans son siège en croisant les bras.
- Tu soulèves là une question très pertinente, et il y a plusieurs réponses à formuler pour expliquer cela.
Ekart prit un carnet pour prendre des notes, mais Endarius leva une main pour l’arrêter.
- Tu connaitras toutes l’histoire en détail, tu n’as pas besoin de prendre des notes. Pour faire le plus court, les dissensions entre les différentes tours de magie ont entrainé des querelles intestines qui ont fait tomber l’ordre établi.
- Les hommes de l’Empereur n’ont pas un peu exacerbé ces dissensions ?
- Tu as encore un fois tout compris, les premiers membres de l’Inquisition ont fait un travail formidable.
L’ironie perçait dans les propos du mage.
- Mais la magie à cette époque a connu un déclin inexpliqué, alors que la magie noire était restée la plus forte.
Le jeune homme comprenait mieux cette défaite rapide.
- Et maintenant ? Demanda Ekart.
- Comment ça ?
- Votre puissance n’est elle pas revenue ?
- Nous avons récupéré tous nos pouvoirs, mais nous sommes bien trop peu pour renverser l’Empereur, nous survivons plus que nous luttons contre eux.
Le mage sourit à son invité.
- Mais j’espère que votre venue va changer certaine chose.
- Vous êtes très confiant, j’ai l’impression.
- Plus que tu ne crois, mon cher Ekart.
Sur ces paroles, la fin du repas était arrivée, Endarius lui montra comment quitter le bureau par lui-même grâce à plusieurs téléporteurs. Le premier maître demanda à un garde d’accompagner le jeune homme jusqu’à son hôtel.
Avant de partir, le jeune homme s’inclina avec déférence devant son hôte.
- Merci pour cette journée et le temps que vous m’avez accordé.
- Se fut un plaisir, j’espère passer encore de très bon moment avec toi.
- J’en serais fort aise, au revoir Premier Maître.
- Au revoir jeune homme.
Le chemin de retour se fit rapidement, le soldat le mena directement jusqu’à l’auberge en prenant la route la plus courte. Ekart retrouva les soldats de la forteresse autour d’une des tables de l’établissement.
Les hommes le saluèrent en se levant de leur siège, il leur demanda de se rassoir en souriant, il n’y avait pas besoin de faire tant de politesse avec lui. Le jeune homme remarqua immédiatement l’absence des deux jeunes filles, il s’adressa à Caner Tyuro.
- Patinil et Mel ne sont pas encore rentrées ?
- Elles ne rentreront pas ce soir, nous avons reçu un message porté par un serviteur de la deuxième maître.
- Que se passe-t-il ?
- Nous n’avons pas de précisions, mais apparemment elles doivent rester là bas quelques jours, leurs affaires seront même emportées demain matin.
Ekart était intrigué.
- J’espère qu’il n’y a rien de grave.
- Nous ne pouvons pas faire plus pour le moment, répondit le soldat, mieux vaut attendre le lendemain.
- Oui vous avez raison, ce n’est ce soir que nous pourrons faire quelque chose de toute manière.
- Si vous voulez mon avis, elles ne risquent rien, reprit Caner Tyuro, les gens d’ici ne nous ne veulent pas de mal, après la journée que nous avons passée avec les gardes de la cité, j’en suis persuadé.
Les autres soldats hochèrent la tête d’accord avec leur camarade.
- Il est vrai qu’ils n’ont jamais été menaçants, j’en parlerais avec le premier maître. Je vous laisse, je suis trop fatigué pour veiller tard.
- Bonne nuit Monsieur Caras.
Les soldats saluèrent le diplomate qui prit les marches pour monter dans sa chambre. Malgré ce qu’il avait dit au soldat un peu plus tôt, il s’inquiétait pour ses deux amies, se demandant bien si elles allaient bien.
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Beaucoup plus tôt dans la journée, sur la propriété de la deuxième maître du Concile des sages, la grange silencieuse habituellement bruissait d’activité. Mel était agenouillée tout près du bord de la grande vasque qui prenait place au plus profond de la pièce. A l’intérieur, baignant dans un liquide étrange, Patinil affrontait ce qui était la plus difficile de toutes les épreuves qu’elle avait vécues jusqu’à présent.
Elle laissa échapper un nouveau cri de souffrance pure, les larmes coulaient sur son visage sans s’arrêter.
- Courage, articula Mel en tenant la main de son amie avec ténacité.
L’écuyère pleurait sans pouvoir s’arrêter, elle affrontait elle aussi la douleur sans avoir la possibilité de l’aider. Elle sentait la main de Patinil serrer avec force la sienne, Mel pouvait voir les veines de son cou saillir.
La jeune fille poussa un nouveau cri de douleur en se cabrant, son corps fut parcouru d’un spasme incontrôlable. Malna accourut immédiatement en se jetant presque au sol au coté de l’écuyère.
- Il ne faut pas que tu sortes de ce bain, à aucun prétexte.
- J’ai si mal, répondit Patinil en larmes.
- Je sais, mais si tu quittes ton traitement maintenant ton corps sera encore plus meurtri, tu ne peux plus revenir en arrière.
La diplomate ferma les yeux, et se crispa de nouveau sous les assauts de la douleur. Elle venait par vague grignotant peu à peu ses remparts de résistance.
- Vous ne pouvez rien faire pour l’aider, implora Mel.
- Je suis désolée, elle doit rester consciente d’un bout à l’autre du traitement, c’est important.
Patinil hurla de souffrance, ne pouvant plus contenir la douleur au risque de se mordre la langue. La jeune fille resserra sa main sur celle de l’écuyère, ses ongles s’enfoncèrent profondément dans la peau. Mel endura la souffrance sans rien dire, le sang coula des blessures, mais elle ne se plaignit pas.
- Je suis là Patinil, je reste près de toi.
L’écuyère se pencha le plus possible de son amie, posant son front sur celui de la diplomate. Le contact de la peau de Mel calma un peu la jeune fille, même si ce n’était que temporaire toute aide était précieuse.
Malna regarda les deux jeunes filles, elle comprenait que trop bien ce qu’endurait la diplomate. Bien que les cris de douleur lui rappelaient de très mauvais souvenir, la magicienne devait aussi rester impassible pour le bien de sa patiente. Elle remarqua que Sania blanchissait au fur et à mesure des cris, son étudiante ne s’était pas encore assez endurcie. Mais Malna savait comment l’aider, le travail était la meilleure des solutions.
- Sania, prépare la deuxième cuve s’il te plait.
La jeune étudiante avait fait un bond sur place quand elle avait entendu son nom.
- Tout de suite maîtresse !
Sania se précipita vers le deuxième bassin plus petit que le premier. Malna hocha la tête, avec l’esprit occupée, elle retrouverait son calme et la maîtrise de soit. La magicienne jeta un dernier coup d’œil en direction des deux jeunes filles toujours penchée l’une vers l’autre. La deuxième maître se mit à son tour au travail, elle devait préparer toute une série de plantes nécessaires pour la suite du traitement.
Quelques heures plus tard ponctuées par les cris de douleur de Patinil, la seconde partie de la phase de son pouvait commencer. Malna et Sania se mirent de part et d’autre du bassin, en tenant des sangles. La magicienne avait amené un ensemble de poulie, pour soulever la jeune fille hors du bassin.
- Mel, tu vas tenir sa tête bien droite hors de l’eau.
- Très bien.
Elle prit la tête de son amie dans une main pour la maintenir bien hors de l’eau. L’écuyère ne voulait pas lâcher la main qu’elle tenait depuis le départ. Malna prit une baguette souple et la passa sous le corps son patient, Sania se saisit de l’autre extrémité quand elle sortit de l’eau. Elles attachèrent chacune la baguette au portique au dessus de leur tête. L’opération fut renouvelée pour les jambes avec précaution.
- Sania, je compte à jusqu’à trois, à trois tu tires sur la corde.
L’étudiante hocha la tête.
- Tiens toi prête Mel.
L’écuyère affirma sa prise sans répondre.
- Un, deux, trois !
Patinil fut soulevée de l’eau sans effort, elle poussa un nouveau cri de douleur en tentant de bouger les jambes.
- Ne bouge pas Patinil, ordonna Malna d’un ton ferme.
La diplomate pleura en se crispant pour contrôler ses muscles sous l’effet de la douleur. Une fois que le portique ne bougea plus, la magicienne et son étudiante tirèrent sur une nouvelle corde. La patiente se souleva lentement et fut transportée avec douceur en direction du deuxième bassin. L’eau était beaucoup plus claire, des fleurs flottaient à la surface et un doux parfum s’en élevait.
- Je compte à nouveau, lança Malna.
Les deux jeunes filles s’étaient placées autour du bassin d’elles même sans attendre un ordre. La magicienne hocha la tête satisfaite.
- Un, deux, trois, descendez.
Patinil plongea dans le nouveau bassin, la diplomate poussa un soupir de soulagement au contact de l’eau. Elle se mit à pleurer à chaudes larmes sans pouvoir se contenir, mais des pleurs de bonheur cette fois. La jeune fille desserra son étreinte sur la main de Mel et elle se laissa aller dans l’eau en pleurant.
L’écuyère s’assit sur le sol et pleura à son tour, elle était soulagée de voir enfin son amie cessait de souffrir. Une chape de plomb sembla lui tomber dessus soudainement, sa tête se mit à tourner tout comme la pièce où elle se trouvait. Malna saisit son épaule pour lui éviter de tomber.
- Tu te sens bien ?
- J’ai juste eu un léger vertige, ce n’est rien d’important.
- Tu dois prendre du repos toi aussi.
- Non, ça ira je veux rester près de Patinil.
- Comme tu voudras.
La magicienne se releva.
- A quoi sert ce bain ? Demanda Mel.
- C’est un bain apaisant pour calmer la sensation de brûlure sur la peau, et pour l’aider à retrouver une tranquillité d’esprit
En effet, Patinil ne pleurait presque plus, elle avait fermé les yeux, sa respiration devenue plus lente et plus régulière.
- Elle va s’endormir toute seule, j’ai rajouté une plante qui va l’y aider, reprit la magicienne.
- J’espère au moins que toutes ses douleurs auront servi à quelque chose et que ce bain sera suffisant.
Malna regarda Mel avec insistance.
- Il faudra renouveler ce traitement pendant au moins dix jours.
L’écuyère écarquilla les yeux.
- Pour le moment, reprit la deuxième maître, nous devons soigner ta main.
- Ma main ?
Elle la regarda alors et aperçut les longues entailles rouges qui s’y trouvaient à présent. En voyant les blessures, l’écuyère se rendit compte de la douleur, le sang maculait sa main et celle de son amie, mais aussi son poignet.
- C’est Patinil qui m’a fait cela ?
- J’en ai bien peur, mais tu as tant souffert avec elle, que tu ne t’es pas aperçu de ta propre douleur. Je dois soigner ces entailles correctement avant qu’elles ne s’infectent, les mains humaines sont aussi dangereuses que la morsure d’un chien enragé.
Mel fit un hochement de tête, elle ne voulait pas quitter le chevet de son amie, mais elle devait aussi penser à se soigner. De sa main valide, la jeune fille s’appuya sur le sol pour se relever, elle eut un nouveau vertige, ses jambes étant encore fourmillantes d’être restées aussi longtemps sans mouvement.
- Suis moi jusqu’à ma table de travail, veux tu.
Malna la mena jusqu’à un bureau en bois, elle prit plusieurs pot en terre et les ouvrit d’une main experte.
- Approche toi et tend la main.
La magicienne se mit à essuyer le sang à l’aide d’un linge humide, faisant grimacer de douleur Mel.
- Tu es bien douillette soudainement, avec ce que ton amie a fait pourtant tu aurais du avoir mal.
- Je n’ai rien senti sur le coup, fit l’écuyère avec amertume, comment aurais je pu me plaindre alors que mon amie souffrait bien plus que moi.
La deuxième maître se remit au travail, terminant de nettoyer les plaies. Pendant qu’elle recevait les soins, Mel parla avec la magicienne pour lui demander la suite des événements.
- Il faudra donc que Patinil passe encore plusieurs fois par ce traitement ?
- Il n’y a pas d’autres solutions, répondit Malna sans lever la tête de son ouvrage, dix jours seront nécessaires pour effacer toutes les traces. Les blessures sont particulièrement profondes et je ne veux pas qu’elle endure cette douleur pour rien.
- Nous reviendrons demain alors.
La femme secoua la tête.
- Vous n’aurez pas besoin de refaire tout le chemin, ce soir vous resterez toutes les deux ici, je vais faire préparer une chambre.
- Une seule ?
- Je voudrais que tu restes avec elle cette nuit. De toute façon vous allez encore la partager pendant un peu plus de temps, je veux que vous restiez là durant toute la période des soins que je vais lui apporter, se sera plus pratique pour tout le monde.
- Il faudra prévenir nos compagnons.
- Ne t’en fais pas, je ferais porter des messages pour qu’ils soient mis au courant.
- Et pour nos affaires ?
- Je ferais amener vos bagages ici demain, allons, je vais tout préparer pour que votre séjour se passe le mieux possible, ne t’inquiète donc pas autant.
- Désolée, je suis là pour assurer la protection de cette expédition et …
- Tu fais un très bon travail, la coupa Malna, mais tu n’as rien à craindre avec nous, et surtout pas dans cette maison.
Mel finit par hocha la tête, comprenant qu’elle n’avait pas besoin d’être aussi suspicieuse avec la magicienne.
- Maintenant, arrête de bouger, je voudrais enfin terminer de refermer tes plaies pour que celles-ci se referment bien.
L’écuyère grimaça en sentant le contact d’un liquide transparent sur les blessures, elle se contrôla comme son amie l’avait fait auparavant. Elle devait le faire en l’honneur du courage que son amie fait preuve il y a peu.
Patinil entrouvrit un œil, elle avait perdu toute notion de temps. La jeune fille attendit que sa vue cesse de tourner pour essayer de voir où elle se trouvait. Elle était allongée dans un lit au drap doux avec une couverture chaude par-dessus. En tournant la tête elle tenta d’apercevoir ce qui l’entourait, un autre lit sur la droite du sien, du mobilier luxueux et une table où était posé un plateau repas.
Un vent frais balaya son visage, la jeune fille dirigea son regard en direction de la fenêtre ouverte. Le souffle provenant d’une grande baie vitrée qui donnait sur un balcon de pierre plongé dans la pénombre de la nuit, Patinil aperçut alors une personne sur la terrasse qui s’exerçait à des mouvements d’épée. Elle reconnut Mel, elle tenait un long bâton comme une lame et elle faisait des parades et des feintes, attaquant un ennemi invisible.
Elle observa un moment les mouvements de son amie, elle croyait voir une sorte de danse aux pas précis. La diplomate se rendit compte que s’était la première fois qu’elle voyait l’écuyère se battre, même si elle tenait qu’un simple bâton. Elle se releva lentement de son lit pour mieux la voir, le froissement des draps stoppa net la jeune fille sur le balcon. Mel quitta la terrasse et marcha en direction du lit.
- Je t’ai réveillé, je suis désolée.
- Non ne t’inquiète pas, où sommes-nous ?
L’écuyère reposa son bâton sur son lit avant de répondre.
- Encore au manoir de la magicienne, pour la suite du traitement elle pense que tu seras mieux pour poursuivre les soins.
- Très bien.
La diplomate essaya de s’asseoir, mais sa tête lui tourna et se rattrapa à Mel qui avait tendu les bras.
- Doucement Patinil, Malna m’a bien dit que tu ne dois surtout pas forcer pour le moment. Laisse-moi t’aider s’il te plait.
La diplomate se laissa faire, elle sentait encore tout son corps engourdi. Le souvenir de la journée passée dans le bain lui revint en mémoire, elle n’avait pas imaginé une telle souffrance.
- Tu as faim peut être, lança Mel en prenant le plateau pour le poser devant son amie.
Patinil remarqua le pansement sur sa main.
- C’est moi qui est fait ça ! Je suis déso …
- Ce n’est pas la peine, l’interrompit Mel, je suis là pour t’aider et tu n’as pas à t’excuser pour cette blessure. D’ailleurs je n’ai pas mal, tu as bien vu je m’entraînais avec mon arme il n’y a pas quelques minutes, et je ne sentais rien.
Elle agita sa main devant les yeux de la jeune fille pour lui prouver ses dires.
- Arrête, tu vas vraiment te faire mal si tu continues.
Patinil regarda l’assiette devant elle, son estomac lui rappela qu’elle n’avait pas mangé de la journée. Elle se mit à table avec appétit en silence, assistée par l’écuyère qui prenait son travail d’infirmière très au sérieux. Après avoir terminé son repas, la jeune fille blonde se laissa aller dans ses oreillers en soupirant. Même si elle avait dormi un long moment, elle se sentait lasse et incapable de faire un mouvement.
- Merci, fit Patinil.
- Pardon ? Lança Mel qui s’était retournée pour reposer le plateau sur la table.
- Merci d’être là avec moi, je n’aurais pas tenu sans toi.
- Je resterais jusqu’au bout, tu n’as pas à t’inquiéter.
Patinil prit la main de son amie et la serra dans la sienne. Un lien indéfectible se formait peu à peu entre les jeunes filles, aussi fort que leurs mains jointes.
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